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Original subtitles

...

Mon Dieu, aide-moi.

Une femme avait un fils

qui passait son temps à jouer du violon.

La mère n'en pouvait plus.

C'est son bus.

Un jour, elle explosa :

"Tu n'as qu'à devenir un violon."

Vous le voyez ?

- Mon Dieu, aide-moi. - Tanya !

Son fils se transforma alors en violon.

Il est là !

C'est lui, arrêtez-les.

Arrêtez-les, je vous en supplie !

Il est là, arrêtez-les !

Anéantie, la mère perdit la raison.

Arrêtez-les, il est là !

Arrêtez-les !

Elle quitta sa maison

et partit sans se retourner.

Quant au petit garçon devenu un violon,

il resta dans la maison,

tout seul.

Un boum ! Vous avez entendu ?

C'est la voiture.

Elle fait ce bruit depuis deux jours.

Et si elle tombe en panne ? On est pressées.

- Tetyana Arkadiivna... - Tanya.

Ma Lydia, vous allez me vexer. Je m'appelle Tanya.

Simplement Tanya.

Ta-nya.

Très bien.

Ta-nya.

A quelle heure part votre petit-fils ?

Laissez-moi calculer.

Ca nous donne deux, trois.

Non...

Une heure et demie.

Dix minutes. L'aller-retour.

Encore 30 minutes, cinq heures du matin, plus...

Le garçon qui m'a contactée...

Une seconde. Ne m'embrouillez pas.

Myroslav, je crois. Il n'a pas précisé l'heure.

15h45. C'est le dernier délai.

lls ont d'abord le rassemblement.

Ensuite, l'appel.

Après, le chargement.

Et direction le front.

Mon Dieu, pourquoi cette guerre ?

Ils ont déjà leur Sibérie, leur Oural, leur toundra.

Pourquoi ils viennent nous embêter ?

Pourquoi mon enfant doit aller à la mort ?

Tanya...

Mince.

Non, non, non !

- Bref, voilà. - Courage.

Je ne veux pas voir Dima avant de comprendre tout le tableau.

Je te déconseille de le voir sans avocat. Sans moi.

Il ne me fera rien.

Tiens, au fait.

Stas, le directeur artistique du théâtre,

m'a mise en contact avec Andriy.

J'attends qu'il m'appelle.

Andriy, le parrain de ta fille ?

Oui.

Il est en lien avec l'attaque sur le bus ?

Je ne sais pas.

Mais il a convaincu les gens de monter dedans.

Natalia, en particulier.

Lydia... Pour l'instant, il n'y a pas de preuves.

Je te rappelle quand j'ai du nouveau.

- D'accord, à plus. - Salut.

Tanya !

Goujat !

Que faites-vous ?

Je dois absolument être à l'heure.

Ils en ont pour une heure.

Et s'ils prennent du retard, j'embrasserai le portail de la base ?

Il nous reste de la marge.

Vous verrez votre petit-fils avant son départ.

Je vous le promets.

Allons plutôt prendre un café.

Ils ont de l'instantané ?

On demandera.

Parce que le café moulu me donne les yeux rouges.

Comment est votre tension ?

Trop basse.

Les forces de défense aérienne ukrainiennes déclarent qu'hier,

14 cibles ont été neutralisées.

Il y a également du succès sur le front.

Un avion de chasse et un avion de combat ont été abattus.

Pavlo en joue.

Il a étudié la musique, mais...

Les armes l'ont emporté.

Il a choisi l'académie militaire.

Il a le droit à son violon ?

Il est premier lieutenant. Officier, à 25 ans.

Il donne des permissions,

il n'en demande pas.

Il voulait déjà être militaire, petit ?

C'est un vrai bonhomme, que voulez-vous !

Quand j'ai été agressée pour ma place au marché,

il n'a fait qu'une bouchée des racketteurs.

Je vous avais dit que je vendais des livres anciens ?

Maintenant, vous le savez. Vous passerez me voir à Odessa.

Vous vous croirez à Poudlard.

Je vends des livres captivants, mais aussi des investissements.

Depuis longtemps ?

J'étais bibliothécaire pendant l'URSS.

Quand la bibliothèque a fermé, j'ai emprunté une partie des fonds.

Ne le répétez pas.

Comptez sur moi.

Ils les auraient jetés.

Moi, je les ai conservés.

J'ai beaucoup de littérature ukrainienne.

J'admire Stous, Khvyliovy.

J'aime beaucoup Rylski.

Au marché, je suis surnommée "l'Odessite obsédée par l'Ukraine".

Ravie de vous avoir rencontrée.

Pourquoi ?

Si des gens me disent qu'Odessa est une ville aux racines russes,

je vous les présenterai.

Ou à mon petit-fils.

Il leur remettra vite les idées en place.

Sainte Vierge Marie... Comment va-t-il faire, tout seul ?

Et le garçon qui m'avait demandé de vous aider, Myroslav ?

Je croyais qu'ils étaient camarades.

Effectivement.

Ce n'est qu'un camarade.

Pardonnez-moi.

Je dois décrocher.

- Salut, le parrain. - Salut.

Tu m'évites ou quoi ?

Non, j'ai évacué ma famille et le réseau est mauvais.

Je viens seulement d'en capter.

Dis-moi plutôt comment va ma filleule.

Elle est à Berlin. Elle va bien.

Dasha aimerait que son parrain prenne des nouvelles directement.

Tu sais bien, on s'est un peu éloignés.

C'est pour ça que je t'appelle.

Dis-moi. Dima et toi, pourquoi vous vous êtes brouillés ?

Bonne question. Tu sais ce qu'on dit sur ces années.

Elles étaient turbulentes. Pourquoi ?

Simple curiosité.

Tu lui étais si dévoué, puis tu as disparu.

Tu l'aurais même torché, s'il te l'avait demandé.

Lydia, tu dérailles ?

Pour faire embarquer les employés du théâtre,

tu étais au garde-à-vous.

Pardon, Madame ?

Tu savais que le bus serait ciblé ?

Lydia...

Que ma soeur serait tuée ?

Je t'entends mal. Je peux te rappeler plus tard ?

Qu'est-ce qu'elle vous a fait ?

Attendez, je vous dis !

Les garçons disent que la voiture est prête.

On y va ?

Pardonnez-moi.

Parfois, on attend une conversation.

Mais quand elle a lieu...

on regrette de l'avoir initiée.

A 3h15 du matin, j'ai reçu un appel de l'étranger.

Quand on reçoit un appel local, les sonneries sont plus espacées.

Quand l'appel vient de l'étranger, le téléphone s'emballe.

J'ai tout de suite su que c'était elle.

C'était en 98.

Ma Rita a appelé de Chicago pour dire qu'elle ne reviendrait pas.

"Elève Pavlo toute seule. Moi, je chercherai le bonheur ici."

Votre fille ?

Elle est tombée enceinte par accident.

Après son accouchement,

j'ai tout de suite su qu'elle ne s'occuperait pas de lui.

Et voilà.

Elle ne vous a pas aidée ?

Ben voyons !

Elle pensait réussir. Trouver un mari, un travail.

Elle a téléphoné pendant quelques années,

puis elle nous a oubliés.

Vous avez eu la vie dure.

Je me suis démenée comme un forçat.

Les livres, l'aide aux personnes.

J'ai fait toutes les heures de ménage imaginables et inimaginables.

Je n'ai rien dit à Pavlo.

Mais à force, centime après centime,

je gagnais de quoi l'habiller pour l'hiver.

Il demandait sa mère ?

Petit, il regardait ses photos et demandait de ses nouvelles.

Puis quand il a grandi,

il a jeté les albums pour ne plus avoir de souvenirs.

C'est peut-être ça qui l'a influencé.

On avance, et je me demande...

Quelle est mon erreur ?

Quand ai-je failli dans son éducation ?

Le prochain titre arrive à l'antenne.

Souvenez-vous des chansons qui ont marqué les temps de paix.

Tanya, vous avez élevé un homme fort.

De quelle erreur parlez-vous ?

Vous ressemblez à ma mamie !

Dieu m'en garde.

Femme de ménage !

Il y a quelqu'un ?

Cabine en cours de nettoyage !

Pavlo ?

Que fais-tu là ?

Mamie...

Voici Myroslav.

Mon copain.

J'aurais dû te le dire il y a...

Mamie !

Mamie, voici Myroslav.

Mon copain.

Mamie !

C'est mon copain.

Mamie !

C'est mon copain.

Le matin, ils sont arrivés chez nous ensemble.

Pavlo a ressorti la même histoire.

Il avait tout compris depuis longtemps.

Il ne sortait avec des filles que pour cacher ses...

Oh, Sainte Vierge Marie.

Pourquoi vous ne l'avez pas accepté ?

Vous plaisantez ? Comment les accepter ?

Il était normal, puis d'un coup...

La Cage aux folles !

A la télé, c'est différent.

Ce sont des stars, ils cherchent à se donner un genre.

Mais dans la vraie vie...

Voyons !

Comment il s'est mis ces bêtises dans la tête ?

Pourquoi s'agirait-il de "bêtises" qui viendraient d'ailleurs ?

Vous aussi, ma petite Lydia ?

Je pensais que vous étiez une femme raisonnable.

Les "valeurs" européennes vous ont contaminée ?

Elles devraient nous dire comment vivre, qui aimer ?

Juger de l'extérieur, c'est facile.

Vous penseriez autrement si vous aviez connu ce tracas.

Je l'ai connu.

A 15 ans,

ma fille m'a avoué qu'elle aimait les garçons et les filles.

Mais c'est une fille !

Et alors ?

Votre fille n'est pas dans l'armée.

Là-bas, on peut se faire tuer pour ça.

Dieu le protège.

On ne peut pas les contourner ?

Vous n'avez pas vos papiers ?

Si, je les ai tous.

Je vérifie le coffre.

Je vous en prie.

Que contient l'étui ?

Un violon ! C'est évident, non ?

Vous doutez d'une vieille dame ?

Ne discutez pas, montrez-lui.

C'est pour mon petit-fils. Il est officier, vous êtes collègues.

Taras !

Viens voir.

Ouvrez cet étui.

Je vais l'appeler. Il est en poste à Kyiv.

Ouvrez cet étui.

Je l'ai acheté clandestinement à un type trouvé sur Internet.

Mon Pavlo en a besoin pour se défendre.

Allez.

Ouvrez cet étui.

Sortez du véhicule.

Je lui demande d'ouvrir l'étui. Elle refuse.

Les gars, vous voulez rire ?

Vas-y.

Sainte Vierge Marie !

Quelle idiote ! Je me suis fait avoir !

Il le tenait de l'Afghanistan !

Que vais-je apporter à Pavlo ?

Mon Dieu...

C'est mieux comme ça.

Si c'était un vrai, ils nous auraient arrêtées.

Il nous reste une heure.

C'est encore loin ?

On arrivera en retard, on arrivera en retard...

Calmez-vous.

On arrivera en retard, tout est perdu !

Vous ne vous parlez plus depuis 6 mois, pourquoi maintenant ?

C'est lui qui ne me parle plus !

Parce que vous le rejetez.

Qu'est-ce que je rejette ?

Mon petit-fils, le sang de mon sang, ou ses idées bizarres ?

Je ne lui pas torché les fesses pour qu'il aille se les faire...

Oh, Sainte Vierge Marie !

Ce n'est pas une maladie,

ni un choix.

C'est sa nature.

Pavlo ne la changera pas, même s'il en avait très envie.

Il pourrait au moins essayer.

Il a déjà essayé avec des filles.

Peut-être qu'il est tombé sur la mauvaise.

Moi, je peux lui en choisir une.

Pavlo est adulte.

A 25 ans, il sait forcément qui l'attire et qui ne l'attire pas.

Vous n'y changerez rien.

Que dois-je faire, alors ?

Vous devriez plutôt vous demander

si vous devez faire quelque chose.

Plusieurs années plus tard,

une vieille femme sans enfant

s'installa dans la maison.

Elle remarqua le violon,

qui se mit à lui parler.

"Tu veux être ma maman ?"

Désolée.

Allez-y, sortez.

- Je n'y arrive pas. - Laissez cet étui !

Non, non ! Les garçons !

Je veux voir mon petit-fils.

Arrêtez !

Entrée interdite.

Ouvrez !

Vous m'entendez ?

Je suis arrivée, ouvrez-moi !

Ouvrez !

Pavlo ! Mon Pavlo chéri !

C'est Mamie !

C'est Mamie !

Je suis arrivée !

Ils sont déjà partis.

Pardon ?

Comment ça ? On est à l'heure, j'ai tout calculé.

Vous avez cinq minutes de retard.

Myroslav...

Mon trésor...

Ca y est, je suis votre trésor ?

Mais fais quelque chose !

Faire quoi ? Je vous ai trouvé un chauffeur.

Pavlo n'était pas au courant.

Appelle-le.

Appelle-le et dis-lui de s'arrêter, d'attendre !

Vous croyez qu'ils attendront ?

Il part pour une zone difficile.

"Difficile", c'est-à-dire ?

Je vous ai plus aidée que vous ne le méritez.

Mais je...

15h45...

Par où il est parti, et dans quel véhicule ?

- Ca change quoi ? - Je veux aider.

Aider qui ?

Cette vieille folle qui voulait le faire interner ?

Je regrette d'avoir imaginé leur réconciliation.

Elle a seulement besoin de temps.

Elle acceptera. Vous y étiez presque.

A part Tanya et vous, Pavlo n'a personne.

Aidez-la.

En bus, direction Boryspil.

Vous me montrerez ?

Mon Dieu, aide-moi.

Mon Dieu, aide-moi.

C'est son bus.

Mon Dieu, aide-moi.

Tanya, vous le voyez ?

Tanya !

C'est lui !

C'est lui, arrêtez-les !

Arrêtez-les, je vous en supplie !

C'est lui, arrêtez-les !

Arrêtez-les, il est là !

Arrêtez-les !

Mon Dieu, aide-moi.

Mamie !

Qu'est-ce que tu fiches ici ? Tu es bête ou quoi ?

Oui, ta mamie est bête.

J'ai été très bête.

Vous avez réussi.

La femme berça le violon.

Elle vit alors apparaître, dans ses bras,

un adorable petit garçon qui devint son fils pour toujours.

Nous suivons la situation à Kharkiv.

De nouvelles informations suivront.

L'Ukraine résiste,

malgré les projections des experts occidentaux,

qui avaient prédit une prompte capitulation.

C'est grâce à notre armée

et à l'esprit invincible de notre peuple.

Le mérite revient à chaque Ukrainien qui s'active sur son front.

Nous accueillons Dmytro Mazour,

fondateur de la fondation Famille ukrainienne,

qui vient en aide aux Ukrainiens

qui fuient les zones de guerre,

notamment depuis les régions de Donetsk et Louhansk.

Dmytro, vous nous entendez ?

Oui, oui.

Oui, je vous entends.

Dmytro, comment gérez-vous l'afflux de personnes

qui fuient leurs maisons ?

Notre fondation...

depuis déjà huit ans,

depuis sa fondation,

aide les Ukrainiens.

Actuellement, les gens fuient principalement l'est de l'Ukraine,

et nous faisons tout notre possible pour les accompagner.

J'écoute.

Lydia. C'est Andriy.

J'appelle depuis un autre numéro, c'est plus sûr.

Je regarde les infos.

Moi aussi.

Ca t'a rappelé des souvenirs ?

Ou ta conscience s'est réveillée ?

Je ne savais pas, pour le bus.

Je te le jure.

Sur ce que tu veux, même sur la vie de mes enfants.

Lydia ?

Tu m'entends ?

Et lui ?

Il savait ?

Il m'a prévenu que si je...

Si je parlais, il...

Lydia, pardonne-moi.

Parle.

Je crois bien qu'il a...

donné l'ordre de tuer ta soeur.

Sauvez-vous la vie.

Lydia ?

Sous-titres : Anna Mouminova pour france.tv studio

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