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Original subtitles

...

Sirènes, fracas, brouhaha.

-C'est pas vrai, lâche-moi ! -Calme-toi !

-Une mère avait un fils.

Voix déformée. -Monsieur ?

Vous m'entendez ?

-Lorsqu'il devint un homme, il tomba amoureux d'une jeune femme

et la présenta à sa mère. -Léa !

Léa, attendez !

Léa, il est peut-être en vie. -La jeune femme salua poliment

la mère et comme elle avait soif, elle lui demanda de l'eau.

-Léa ?

Léa, écoutez-moi ! Il est peut-être en vie !

-Mais la mère eut peur de la jeune femme,

car celle-ci portait la lune sur le front.

-Je m'en occupe.

-C'est alors que la jeune femme disparut.

...

*-8 morts, 8 disparus, 19 blessés.

*C'est le bilan provisoire du bombardement de Mykolaïv.

*Les envahisseurs russes ont lancé une attaque...

Téléphone. -Vous pouvez

mettre plus fort ?

...

*-L'un d'eux a été détruit

*par le feu... *-Maman ?

*T'es passée à la maison depuis le 24 février ?

-Non.

*-Fais attention à toi.

*On a installé Inga à Berlin.

*J'imagine que c'est elle. -Oui.

Mais Inga est...

quelqu'un de bien.

Prends soin d'elle.

*-OK. -Merci pour tout.

Téléphone. *-Enfin !

*Pourquoi tu décroches jamais ?

-Je suis occupée en ce moment. *-Inga transportait

*des documents importants, que lui as-tu dit sur moi ?

-Rien de spécial.

Rien qui pourrait te compromettre

plus que tes actes. *-C'est-à-dire ?

-On en parlera, salut. *-Lydia, non attends !

-J'ai compris quand j'ai conduit sa maîtresse à la frontière.

Il a imité ma signature.

J'ai tous les documents.

La fondation a reçu des fonds de la Russie,

de grosses sommes, je sais pas qui les a envoyées et pourquoi.

*-Lydia ?

-Il savait que ma soeur était dans le bus.

Je comprends pas comment tout est lié mais il doit être condamné.

*-Les tribunaux ne marchent plus. Tout s'est arrêté avec la guerre.

-Aide-moi, c'est ton domaine.

*-Il faut réunir les preuves. On le fera tomber le moment venu.

*D'accord ?

*A plus.

...

*Téléphone.

*...

-Allô ?

*-Lydia, bonjour. C'est Oksana Kovalenko.

-Qui ça ?

*-Je travaillais au théâtre de Louhansk.

*Tu peux mettre ta caméra ?

-Oksana !

T'as pas changé.

*-Merci, toi non plus.

*J'ai vu sur Insta que tu t'étais reconvertie

*dans le transport de personnes. Ca m'embête de te demander ça,

*tu pourrais m'aider ?

*Enfin, aider

*mes beaux-parents. -Hm.

*Ils sont à Vinnytsia. Ils viennent de sortir de l'hôpital et...

*En gros, c'est vraiment le bordel ici.

-Où faut-il les emmener ? *-A la frontière.

*Ils sont français.

-On pourrait pas prendre une route moins cabossée ?

-Il y a l'autoroute mais elle est complètement bouchée.

-Ah oui, d'accord.

Tant pis.

-Ca va ?

-Il va très bien.

-Oui, comme quelqu'un qui a une crise cardiaque.

-Dramatise pas, on t'a bien soigné. -Je dirais pas ça.

-T'aurais préféré

qu'on attende que ta Croix-Rouge arrive ?

Hélicoptère.

...

C'est quoi ça ?

-C'est la guerre.

-Vous connaissez la France ?

-Eh bien...

-Un peu !

-C'est ça.

C'est un très beau pays.

Et vous, comment vous vous êtes retrouvés

en Ukraine ?

-Eh bien...

Je travaille pour la Croix-Rouge.

Je suis coordinateur de missions de secours. Je suis arrivé

en Ukraine pour le boulot juste une semaine

avant le 24 février.

-Et vous, vous êtes dans le privé ?

-Léa est ici pour voir notre fils. -Pas seulement le voir.

Je voudrais...

surtout le sortir de cet enfer.

-L'invasion a commencé

et puis la Croix-Rouge a tout de suite organisé

une évacuation d'urgence de son personnel.

-Sauf qu'en chemin,

Christian a décidé que c'était le moment idéal

pour nous faire sa crise cardiaque.

-J'ai été hospitalisé à Vinnytsia.

-Vous vous sentez mieux ?

-On le soignera en France. Le plus important,

c'est de quitter ce pays.

J'aurais tellement aimé ramener

Simon à la maison. -Notre fils

choisit sa vie.

Et ça fait partie

de son travail. -Ouvre les yeux.

On n'en serait pas là

sans cette aventurière.

-Je te rappelle que grâce à cette aventurière comme tu dis,

on va enfin rentrer chez nous. Elle nous a trouvé un transporteur.

-La meilleure chose

de sa vie ! Si elle n'existait pas,

il aurait abandonné son travail

et serait revenu avec nous.

-Votre fils vit et travaille en Ukraine ?

-Oui.

A Kyiv.

Simon est correspondant de l'Agence France-Presse.

Il couvre les opérations militaires.

C'est un travail difficile et dangereux mais ça permet

de savoir ce qui se passe ici.

-Donc il a rencontré Oksana en Ukraine ?

-Oui, en Ukraine.

Mais c'est pas Simon qui l'a rencontrée

en premier.

C'est Christian.

On peut trouver

des toilettes ?

-Il vaut mieux attendre une station-service.

Les toilettes sur le bord des routes en Ukraine,

c'est une aventure.

-S'il vous plaît.

Mon Dieu !

Mais je vais mourir ! Non mais...

Non, non... C'est pas possible.

Christian ?

C'est juste... C'est innommable. Ils ont jamais nettoyé ici,

c'est juste... C'est intenable.

C'est quoi ce trou-là ? Non mais...

-Merci. -C'est pas possible !

Oh, je peux pas ! Je veux rentrer.

-Je me demandais comment vous avez connu

notre belle-fille.

-On est toutes les deux de la même ville.

-Ah, d'accord. -Et Oksana travaillait

au théâtre de Louhansk.

-Il y a eu des choses terribles au cours de cette évacuation.

-Qui vous en a informé ?

-J'ai coordonné l'évacuation de civils du Donbass,

il y a 8 ans et c'est à moi

qu'on avait confié l'évacuation du personnel des écoles,

des bibliothèques et des théâtres.

-Alors c'est votre bus qui a essuyé des tirs ?

Non. Non,

la Croix-Rouge est arrivée sur place 3 jours après.

La plupart des gens ont pris d'autres bus.

-Vous savez qui les a affrétés ?

-Non, on a emmené avec nous ceux qui restaient. Oksana et sa fille

se trouvaient parmi eux.

Je leur ai sauvé la vie d'une certaine façon.

-Ouais. Tu as fait plus

que les sauver.

Tu les as ramenées en France et tu les as installées

dans notre maison.

-Léa.

Ne transforme pas la réalité.

Essaye au moins d'être honnête.

On a offert un toit à une maman et à sa fille.

-Oui, comme tu dis. Et le lit dans lequel elle a sauté avec Simon,

c'était prévu aussi ça ?

Il était encore tout jeune.

-Mais qu'est-ce que tu racontes !

Il a initié la relation.

-Parlons-en de la relation, elle est magnifique !

Une mère célibataire

qui a dix ans de plus que lui !

Regarde où ils sont maintenant.

-Tu veux que je te rappelle pourquoi ils sont ici ?

Bouchon de champagne, rires. Ouh là !

...

On trinque ! -Pardon.

-Alors, peut-on savoir ce que, nous,

pauvres parents négligés, avons fait

pour mériter une invitation de notre fils au restaurant ?

-Euh...

Il y a plusieurs raisons, mais je vais commencer par la 1re.

Votre fils est l'un des meilleurs élèves du cours de journalisme.

-Fils,

on est fiers de toi. -Honnêtement,

on n'en doutait pas.

-Merci. Porte.

-Voici votre table.

-La deuxième.

Vous êtes prêts ?

-On meurt d'impatience. -OK.

J'ai été accepté à un stage d'été à France-Presse.

-Waouh ! -Simon.

-Si ça se passe bien, ils vont m'embaucher à temps partiel.

On verra.

-A la future star du journalisme français !

-Jamais deux sans trois,

mais honnêtement, deux raisons nous suffisent largement.

-Il y en a une troisième ?

-Et...

En fait, c'est la plus importante.

-La salade verte. -Merci.

-Merci.

...

-On attend quelqu'un ?

-Oui, Oksana devrait pas tarder.

-C'est donc un dîner d'adieu ?

-C'est-à-dire ?

-Bah oui, c'est vrai,

autant que je m'en souvienne, son visa est quasi périmé, non ?

-Ca fait déjà longtemps

qu'elle est là.

Chaque hospitalité a ses limites,

tout de même.

-Elle n'a pas demandé le statut de réfugiée ?

-Pas besoin.

Fracas.

On voulait vous l'annoncer ensemble mais vu la situation...

Vous voyez ce qui se passe

entre Okasana et moi ?

Bon !

Je l'ai demandée en mariage.

-Mon chéri...

T'es tout jeune,

t'as toute ta vie devant toi. Oksana, c'est...

Elle est très gentille mais... Vous vous êtes bien amusés,

ça suffit.

-Comment ça "bien amusés" ?

C'est pas un jeu. -C'est toi le jouet là-dedans.

Ouvre les yeux ! Elle ne veut

que les papiers. -Léa, arrête.

-Dès qu'elle les aura,

elle te quittera. C'est typique. -Arrête !

T'es fière de toi ?

On s'en va.

Viens, on y va !

-Léa !

-C'est ça que tu veux ? -Ne l'écoute pas.

-Me prendre mon fils ?

Je te laisserai pas faire !

-Et elle a tenu parole.

Le lendemain,

elle est allée à la préfecture

de police.

Elle leur a expliqué que le titre de séjour d'Oksana

en France avait expiré.

En faisant ça, elle espérait que Simon arriverait à l'oublier,

en quelques semaines.

Au lieu de ça, il l'a suivie.

Ca a déchiré notre famille.

On s'est retrouvés écartelés entre deux régions d'Europe.

Et c'est pas ce que je voulais, croyez-moi.

Et Léa...

Léa m'a convaincu que tout ce qui était arrivé était de ma faute.

Mais elle refuse d'admettre sa part de responsabilité.

-Christian.

Vous permettez que je vous pose une question ?

Qu'est-ce qui est le plus important pour vous ?

Le fait que Léa reconnaisse ses torts ou que votre famille

soit réunie ?

Vous savez...

Personne

ne peut prédire ce qui va arriver demain aux uns et aux autres.

Chaque instant est précieux.

Téléphone. C'est votre belle-fille.

Je réponds.

-On est à la frontière ? *-Lydia ? Les parents de Simon

*sont avec toi ? J'arrive pas à les joindre.

-Oui, ils sont avec moi. Tu veux leur parler ?

*-Oui, on vient de m'appeler.

*Simon tournait un reportage.

-Il est en danger ?

*-Une roquette a touché la maison, ils étaient en train de filmer.

-C'est pas vrai.

C'est pas vrai. *-Il est sous les décombres.

-Non, non. Il n'a rien ? *-J'y vais.

*Je sais pas

*s'il est encore en vie. -Ca veut dire quoi ?

Pourquoi ils disent rien ? *-Je sais pas.

-Attends. Pourquoi ils disent rien ?

Oksana ?

Que se passe-t-il ?

Qu'est-ce qui est arrivé à mon fils ?

-Arrête, arrête.

Elle pleure.

Arrête !

Non, non ! -Allez, calme-toi !

Voix du père au loin.

Sirènes.

...

-Allez, allez !

Dépêchez !

-Léa, non !

Des gens crient.

...

-Léa ?

Léa, il est peut-être vivant, vous m'entendez ?

Léa ?

Voix au loin.

...

-Je cherche mon mari. Il est français,

c'est un journaliste. Il était dans l'immeuble.

-Léa ?

-Je vous en prie.

-Léa, écoutez. Il est peut-être encore en vie.

Elle pleure.

...

-Je m'en occupe.

-Qu'est-ce que tu fais là ? C'est à cause de toi

qu'il est mort !

-Viens, calme-toi !

-Je te pardonnerai jamais !

-Ils disent qu'il y a une chance. Dites-lui ce que vous m'avez dit.

-Calme-toi, Léa, je t'en prie.

-Lâche-moi ! T'as toujours été

avec elle et contre moi !

-Je t'en prie, arrête.

-C'est à cause de toi tout ça.

-Arrête, calme-toi !

-T'as toujours été de son côté.

Puisque mon fils est mort, je ne veux plus exister.

-On n'en sait rien pour l'instant. -T'as toujours été de son côté.

Brouhaha, sirènes.

...

-On va le mettre là.

Pose.

-Ca va, je vais bien. Ca va.

Je vais bien.

C'est bon.

-Simon ?

-Un autre brancard !

-Je veux mon fils !

-Vous pouvez pas avancer, laissez-nous travailler.

-Léa. -Laissez-moi passer.

-Il est là !

Christian !

Venez, dépêchez-vous !

...

-Il fait un malaise ! -Papa ?

Papa ?

-On le monte dans l'ambulance.

-Vous l'emmenez où ?

-On l'embarque.

-C'est bon ? On lève !

-Christian ?

-Doucement.

-Papa ?

-C'est bon,

on y va !

Sirène.

...

-On fait le maximum. -Je veux le voir.

Essayez de me comprendre. Aide-moi, toi !

C'est mon fils.

Je veux le retrouver, je veux le voir.

-C'est bon !

On y va ! Votre fils et votre mari sont

dans une ambulance. Ecoutez-moi ! Simon et Christian

sont dans une ambulance !

Montez dans ma voiture !

...

-Qu'est-ce que t'as fait ?

Téléphone.

... -Léa ?

Votre mari vous appelle.

...

Christian,

c'est Lydia.

*-Le pouls ? -Ca va ?

*-Pose-lui 2 VTP. *-Ma mère est là ?

*-Oui, tout de suite !

*-J'appelle le réanimateur.

-Simon ?

Mon bébé.

*-J'ai pris le téléphone de papa, je vais bien.

*Oksana est avec toi ? -Oui.

Je suis là, mon chéri. Comment va Christian ?

*-De l'adrénaline.

*-Il est inconscient.

*Les médecins essaient de le réanimer.

*Maman, t'es là ?

*-Vas-y, prends le relais maintenant.

*-Maman ?

*-Il est pas encore stabilisé.

...

-Quand le fils perdit sa jeune promise

avec la lune sur le front, la mère comprit son erreur.

Elle donna de l'eau à une colombe

qui n'avait qu'une aile et qui s'était posée sur sa fenêtre.

Aussitôt, l'oiseau prit la forme de la bien-aimée de son fils

et la mère l'aima à son tour comme sa propre fille.

*-Tu veux dire que

*Natalia aurait pu attendre les bus de la Croix-Rouge ?

-Ouais.

Mais elle est partie plus tôt. *-Tu sais pourquoi ?

-Elle a dû s'enfuir parce qu'elle était contre les séparatistes.

Tous les gens dans ce bus étaient contre eux.

Je trouve ça étrange.

*-Natalia savait que cette évacuation était risquée.

-Hm.

Merci, Nadia.

Porte.

Je te rappelle si jamais j'ai du nouveau.

Elle raccroche.

Comment ils vont ?

-Christian n'est pas encore tiré d'affaire.

Et Simon veut reprendre le boulot.

-Et Léa, elle tient le choc ? -Elle fait la tête,

mais plus pour les mêmes raisons.

-Elle retrouvera le sourire dans quelques jours.

-Merci pour tout.

-Oksana, attends.

Pourquoi t'as pas quitté Louhansk dans le même bus

que ma soeur ?

-Je... Je sais plus. Ca fait longtemps.

-S'il te plaît, j'ai besoin de savoir.

-Lydia.

-J'ai pas pu la sauver.

-Stas les a convaincus de partir plus tôt.

-Stas ?

-J'ai regroupé le personnel du théâtre comme vous l'avez demandé.

Pour l'instant, je reste ici. -D'accord, Stas. Allez, au revoir !

-Le directeur du théâtre ? -Oui.

Il avait organisé une réunion d'urgence avec tout le monde.

Ma fille avait la rougeole, on était à l'hôpital.

Du coup, j'ai loupé la réunion et le bus.

La rougeole nous a sauvé la vie.

Lydia ?

Essaie de passer à autre chose.

Tu le sais bien, tu es psychologue.

-Bien sûr.

Bien sûr.

Attends !

Tu as gardé le numéro de Stas ?

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