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...
Clignotant. Sanglot.
-Vika !
... Ma petite soeur ! Vika !
*-La Russie a lancé une attaque contre notre pays.
*Les premières frappes ont visé les centres militaires de Kyiv,
*Dnipro et Kharkiv.
-Il était une fois...
Téléphone. ...un père qui avait deux filles.
... La première était dévouée...
... -Vika !
... -La seconde paresseuse.
Pleurs. -Ma petite soeur, t'es où ?
-Un beau jour, leur père décida de se rendre à la foire.
-Vika !! -Laissant aux deux filles
le soin de s'occuper de la maison.
La fille dévouée se mit immédiatement à la tâche.
La seconde...
-Vika !! -...se cacha pour ne pas entendre
les demandes d'aide de son aînée. -Réponds-moi !
-Olya. Ca ne sert à rien. Venez. C'est trop dangereux.
-Lâchez-moi ! -N'y allez pas.
-La paresseuse ne pouvait hélas entendre les appels de sa soeur
qui se trouvait alors dans une grande infortune.
...
*-En cas
*d'invasion russe, nous ne pourrons compter que sur notre armée.
*C'est de plus en plus évident. Le soutien extérieur se limite...
Bip. -Merci beaucoup.
*-Lors de notre édition spéciale... -J'avais réservé ma place !
-C'est complet. -Je fais comment ?
*-Comment gérer nos angoisses ? La question nous préoccupe tous.
*Je ferai un live sur ce thème demain
*depuis Kharkiv où je vais.
*On pourra échanger et s'aider mutuellement.
*D'ici là, bonne nuit à tous.
*Souhaitez-moi bonne route.
*-Très heureux de vous retrouver.
*On commence en musique...
-Kolya, j'ai pas trouvé de place dans le bus.
Je rentre.
C'est ce que j'essaie de t'expliquer. Bah non.
Notification. Ou bien je prends un bus à Poltava.
*Variété.
*... Tu penses ? OK.
On fait ça. -Départ pour Poltava !
-J'arrive ! -Vous vouliez aller
à Kharkiv ? Mademoiselle !
-Dans un village à côté.
-Je vais à Kharkiv. Je vous emmène ?
-Vous montez ou pas ?
*...
-Combien vous prenez ? -Rien. Venez.
*Trio Marenych, "Maki chervoni".
-Vous avez une page Insta ?
*...
-J'ai l'air d'une criminelle ?
-Non. Je demandais par curiosité. J'aimerais savoir
avec qui je voyage. -Cherchez
Lydia Monarstyrska.
-Waouh ! 30 000 followers ?
"Gestalt-thérapie". C'est quoi, en fait ?
-Je suis psychologue. -C'est vrai ?
Je suis fan de psychologie. -Ah oui ?
-Ouais. Aujourd'hui tout le monde est psychologue.
On est obligé de se comprendre et de comprendre les autres.
C'est presque une question de survie.
-Vous, c'est quoi votre domaine ? A part la psychologie.
*...
-Vous êtes une princesse ?
Je dois vous baiser la main ? -Non, mes ongles !
Regardez ça. Attendez.
-Hmm.
-C'est magnifique, hein ? Je viens de m'installer en ville.
J'adore être manucure.
Je crois que c'est ma vocation. -Hmm...
-Comme on dit,
"Choisis un métier que tu aimes
"et jamais tu ne travailleras." C'est pas vrai ?
-En général, oui.
-Si vous avez envie d'une manucure,
venez me voir. -Avec plaisir.
-J'ai installé mon salon à la maison.
Kolya, ça le gonfle un peu. Il est crevé quand il rentre
du boulot. -C'est qui, Kolya ? Votre mari ?
-Hmm. Plutôt mon concubin.
*...
Ca vous choque ? -Moi ? Pourquoi ça me choquerait ?
-Il est encore chaud.
Kolya et moi, on devait se marier.
Sauf que la fête et tout, on n'a pas les moyens.
Et moi, je veux que ce soit mon plus beau souvenir.
Vous en voulez ?
-Non, merci. -Vous allez le regretter.
Mmm... Comment ils arrivent à les faire aussi gonflés ?
-Ils font lever la pâte avec du petit-lait.
-Ah bon ? Et vous, vous êtes mariée ?
Téléphone.
-Je dois répondre.
*-Coucou, maman. -Coucou, ma chérie.
*-Désolée. J'appelle tard.
*J'ai oublié le décalage horaire. -Une seconde.
*-Pardon ? -J'ai pas de mouchoir.
*-Maman ? -La boîte à gants.
Oui, chérie ? *-T'es pas seule ?
-Où ?
-Devant vous.
*-Allô ? -Je suis sur la route
avec une passagère. *-Tu vas où ?
-A Kharkiv.
*-C'est pas une bonne idée d'aller aussi près de la frontière.
*L'autre taré a pété les plombs. C'est tendu partout.
*Même ici en Allemagne. Pourquoi tu y vas ?
-J'adore ce groupe.
-Tu le sais bien.
*-Maman. -Je peux le mettre pas trop fort ?
*-Ca fait un an que tu te cognes à un mur. Tu crois vraiment que papa
*va lâcher l'affaire ? -J'en sais rien.
Mais le temps presse.
*-Oui, je comprends. Mais tu choisis mal ton moment.
*-Il était une fois un père qui avait deux filles.
*La première... -Je ne peux pas te parler.
Je te rappelle. *-La seconde
*était paresseuse. Un jour, leur père...
-Je croyais que vous cherchiez des mouchoirs.
Elle coupe et met la radio.
... *-Il était une fois
*un père qui avait deux filles.
*Il était une fois un père qui avait deux filles.
*La première était dévouée, tandis que la seconde...
-On va se mettre d'accord.
Elle range le CD. On a encore plus de 5h de route.
On va essayer de ne pas gâcher l'ambiance.
C'est déjà mal parti.
-C'est la voix de votre soeur ?
-Je préfère qu'on se taise.
Vous allez où ?
-Prendre l'air.
Elle déverrouille les portes.
-Merde.
Portière.
Sophia Loren, vous connaissez ?
On n'est pas loin de Poltava.
Ils ont tourné un film dans la région avec Sophia Loren.
"Les Fleurs du soleil". Ma soeur l'avait vu.
C'est peut-être le champ où ils ont tourné.
-"Pourquoi vous vous déguisez
"en Sophia Loren ?" Mon père nous disait ça
quand on sortait en boîte.
Vous avez
une petite soeur ? Alors vous savez de quoi je parle.
La mienne s'appelle Vika. Viktoria. La victoire.
Ttt ! Toute sa psychologie se résume dans son prénom.
Vous en voulez une ? -Non. Je ne fume pas.
-Moi, juste une par semaine.
Bien sûr,
c'était la plus petite, donc la plus gâtée.
Quand Vika fait une connerie, "C'est un accident".
Y a qu'elle qui a eu une belle robe pour le bal de promo.
Moi, on m'envoie comme apprentie et elle, on lui paie des études.
Si encore ça lui avait servi.
Dès que je kiffe un mec, elle fait tout pour essayer de le pécho.
Faudra bien qu'elle arrête
un jour.
Allez, on y va.
J'ai pas commandé un cryosauna.
-Elle est où, votre soeur ?
-Au village. Dans la maison de notre père.
Comme la princesse au petit pois.
C'est là-bas que je vais. J'ai une affaire
à régler.
-Vous avez coupé les ponts avec votre famille ?
-C'est une façon de dire les choses.
Elle m'a
maudite.
Elle a maudit
sa propre soeur.
-C'est une pratique d'un autre âge. Qui lance encore
des malédictions ? -C'est comme ça chez nous.
Kolya dit qu'on a rien à se reprocher.
-C'est aussi votre avis ?
-Fous-moi la paix.
*Pop.
-C'est quoi, cette musique ?
C'est un mariage
ou un enterrement ? -Prends ma clé USB.
J'ai récupéré des tubes sur Internet.
-Tu manges rien ? Mange. -Mets la chanson que j'adore.
Elle fredonne.
C'est drôlement plus amusant. -Oui.
*... -Silence, silence,
pour le père de la mariée.
Je me demande bien qui va avoir la maison.
-Bien que je marie
aujourd'hui ma fille cadette,
je tiens à vous dire...
Flash. ...que je vous ai toujours aimées
autant l'une que l'autre.
N'oubliez jamais
que vous devez veiller
l'une sur l'autre. Evitez
les querelles et les insultes, comme l'aurait souhaité
votre maman, paix à son âme.
Quand à mon tour je la rejoindrai, je veux
que vous partagiez cette maison équitablement.
Elle peut accueillir deux familles. Ne vous laissez surtout pas
empoisonner par le dépit
et les rancunes.
-Merci, mon petit papa.
-Je vois le partage d'ici.
La maison pour Vika
et la grange pour Olya. -C'est mauvais pour ton coeur.
Pose ça.
-Arrête. -Les baisers !
-Oh oui ! -LES BAISERS !
LES BAISERS ! LES BAISERS ! LES BAISERS !
LES BAISERS ! LES BAISERS !
LES BAISERS ! LES BAISERS ! LES BAISERS !
LES BAISERS !
UN...
DEUX... TROIS ! -Deux.
Exclamations de dépit. -Ca, c'est à cause de la musique.
-C'est pas drôle. -Allez, les jeunes.
-Non, papa. Ne fume pas. -Je fais ce que je veux.
*Variété. -Voilà de la musique !
*... Rires.
*...
-Tu regardes quoi là-bas, Kolya ? En face.
-Je peux pas regarder
où je veux ? -C'est pas la plus jolie vue.
-On va fumer
une cigarette ? -Mon père te paie pas pour fumer.
*...
-Vas-y, à toi. -Tiens.
Notre belle-soeur. Olya, viens goûter la viande.
-Je suis au régime.
-Ca se voit ! Il s'esclaffe.
-Imbéciles.
-Attends-moi !
-T'as assez de braises ? -Oui, ça devrait aller.
-Y aura assez à manger ? -Ca devrait aller.
Une porte claque.
-Les brochettes sont cuites ? -Pas encore.
-Sers-les crues. -T'es malade !
-Non. Ca va très bien.
-Fais gaffe, t'es en train de les cramer.
-Fais gaffe à ta robe. Je te rappelle qu'on l'a louée.
-Je demanderai à papa de me l'acheter.
Je la ferai retoucher.
Tu pourras l'avoir pour ton mariage.
Je crois que le photographe a flashé sur toi.
J'ai vu que tu l'avais rembarré. Il est vachement gentil,
comme mec. Il a changé
depuis son choc à la tête,
mais d'après les copines, le reste
fonctionne super bien. -Alors te gêne pas.
Ca t'en fera deux. -Viens chercher un ballon.
-Je veux le jaune.
-Non, il est à moi.
-Tu es encore en colère après moi ?
Ce qui est fait est fait. Je l'ai pas fait exprès.
Ca a dérapé pendant que tu t'occupais de papa
à l'hôpital.
Olya !
Pardonne-moi.
On va quand même pas se fâcher. On est soeurs, non ?
-Vika, lâche-moi ou je t'en colle une.
T'es complètement dingue ! T'as pensé aux autres ?
-Et alors ?
-Kolya. -Rien à foutre.
Ecoute-moi. C'est pas d'elle que je suis amoureux.
Quand je t'ai vue aujourd'hui...
Aussi belle...
et en colère... Dès que j'ai croisé ton regard,
j'ai su que tu étais la femme de ma vie.
-T'aurais dû m'attendre au lieu de te jeter dans les bras de Vika.
-C'est elle. Elle m'a ouvert ses cuisses.
Qu'est-ce que tu voulais que je fasse ?
Et maintenant... ce mariage...
Gémissements.
-On pourra pas vivre sous le même toit.
-Ton père a écrit un testament ? -Pas encore.
-T'inquiète, on trouvera une solution.
Oh, ce que t'es belle !
...
-Kolya... Cris de plaisir.
L'homme s'effondre. Arrête !
Cris de plaisir. Tu entends ?
L'homme gémit.
Oh, mon Dieu ! Non.
Il suffoque. -Merde !
-Papa !
... Papa ? Oh, c'est pas vrai...
Papa ? -Putain !
-Je t'avais dit de pas fumer.
On va appeler une ambulance. Vite !
Il étouffe ! -J'appelle. J'appelle.
-On va s'occuper de toi, papa. Je t'avais dit de pas fumer !
Grouille-toi ! -Gueule pas !
-Papa ?
Respire.
Respire. Ca va aller.
Pourquoi
tu m'écoutes jamais ? Aidez-moi, vous !
Vous voyez bien qu'il est par terre !
-Qu'y a-t-il ?
-Ca va aller.
-(Qu'est-ce que c'est que ça ?) -T'endors pas !
L'ambulance va arriver.
Tout va bien se passer.
-Le mari de sa soeur ! -Reste avec moi.
-Je te maudis !
-J'ai loupé quoi ?
-Evidemment, on a dû quitter le village avec Kolya.
Mon père est mort peu après.
-Vous êtes allée
à l'enterrement ? -Evidemment.
Là, Vika m'a dit qu'elle gardait la maison pour elle,
qu'il était pas question
de la partager. -Hmm.
Vous avez essayé de vous excuser ? -Ttt !
Comme si c'était ma faute.
J'y suis pour rien si elle a voulu me piquer mon mec.
Et c'est moi qu'il aime.
C'est moi qu'il préfère. J'y suis pour rien.
Je l'ai pas obligé.
Quand on passe sa vie à s'écraser, on perd tout, on n'a plus rien.
Je sais que les psys prennent pas parti, mais un peu de compassion.
Vous aussi, vous avez une soeur. -J'avais.
-Vous vous êtes disputées ? Ca veut dire oui ou non ?
Bip.
...
-Il faut refaire le plein. -Je ne peux pas vous servir.
-Mais les pompes sont ouvertes. -Désolé.
*-Le Kremlin n'a pas réagi. Mais les actions engagées...
-Tu nous as mis le plein ? -Oui.
-Merci. -Excusez-moi.
Pourquoi on ne vend pas de carburant aux civils ?
-Il est réservé à l'armée.
Ordre du gouvernement.
-On n'est pas sous la loi martiale.
*-Jusqu'où Poutine est-il prêt à aller ?
*A quel prix sera-t-il contraint d'arrêter...
-Vos papiers, s'il vous plaît.
*-Les experts... -Quoi ?
*-...s'efforcent d'y répondre. -Vos papiers,
s'il vous plaît. *-...est en duplex avec nous.
*Bonsoir. Comment cette attaque
*est-elle perçue ? *-Bonsoir, Oxana.
*-Ici, la reconnaissance de cette pseudo-République
*soulève bien plus de questions que de réponses.
*L'incompréhension prédomine en Russie,
*y compris
*parmi l'élite. Les oligarques qui naviguent dans les hautes sphères
*craignent qu'une guerre en Europe
*ne détruise leur vie confortable. -On doit fouiller votre véhicule.
-Pour quelle raison ?
-A cause de votre adresse.
Vous êtes de Louhansk,
région occupée par des séparatistes et des Russes.
-Vous plaisantez ?
*-Cette irritation ne devrait pas faciliter...
-Pourquoi Kharkiv ? -C'est privé.
-Et plus concrètement ?
-Pour divorcer.
-Faut nous comprendre.
Il y a beaucoup de saboteurs.
On fouille les voitures à la recherche d'armes ou autres.
Simple routine.
-Y a quoi
dans votre sac ? -Il y avait un borek.
-Ouvrez-le.
...
C'est à vous cet argent ?
-Oui.
-Vous allez où avec cette somme ?
-Chez moi, à Zolotchiv.
-Et pourquoi ?
-Me le confisquez pas.
Je vous en prie. -Aucune raison de paniquer.
-Je peux pas leur dire.
J'ai honte.
-Hmm. Ho, les gars !
-Quoi ? -Cuisinez-moi
la demoiselle. -Pourquoi ?
-Elle se dirige vers la frontière avec une jolie somme.
-C'est peut-être une saboteuse. -Olya.
-C'est pour le juge ! Pour avoir la moitié
de la maison ! -Attention !
Déflagration.
Sifflement d'oreille. Alarme de voiture.
-Grouille ! On se casse !
... -Go ! Go ! Go ! Vite !
-Montez. Vite.
Alarme de voiture. -Démarre !
-Vite.
... Montez, allez !
-Roule ! Vas-y !
*-La Fédération de Russie a attaqué l'Ukraine.
*Le Kremlin a annoncé le lancement d'une opération spéciale...
-Plus vite !
*-Pour "libérer l'Ukraine". Elle coupe.
-On retourne au point de départ.
Il nous reste de quoi
faire 70 km. Après, on verra.
-Pourquoi "J'avais" ? -De quoi vous parlez ?
-Où est votre soeur ?
Bip.
Elle est morte ?
Arrêtez-vous. ...
Je dois rentrer chez moi. -C'est ce qu'on fait.
-Je parle de la maison de mon père.
-C'est trop dangereux. -Il faut que je retrouve Vika !
Arrêtez-vous !
S'il lui arrive quelque chose, je m'en voudrai toute ma vie.
Vous avez compris ?
Arrêtez la voiture !
Tout de suite !
Bip.
Vous faites quoi ?
-Appelez votre soeur.
Je vous emmène.
Appelez-la
tout de suite !
Bip. Vous attendez quoi ?
... *Appel sortant.
*... -Vika, putain !
Décroche ! *-Allô ?
-Tu m'entends ?
*-Ca capte mal. -Tu m'entends ?
Allô ?
Vika !
Bip. *-Dans le Donbass,
*l'armée ukrainienne a abattu six avions russes,
*un hélicoptère... -Vika !
*-...plusieurs camions...
-La soeur dévouée prit le seau et partit chercher de l'eau.
Hélas elle tomba dans le puits.
-Vika !!
Réponds-moi ! -Olya. Venez avec moi.
Ca ne sert à rien. -Vika.
-Venez. On s'en va. -Vika !
-Elle cria pour appeler sa soeur à l'aide. En vain.
Car la petite paresseuse
s'était cachée pour échapper aux corvées.
-Mon Dieu... Vika...
Mon Dieu, non...
Mon Dieu...
Mon Dieu...
Aboiements lointains.
Oh non.
Non. Non. Non, non, non...
Qu'est-ce qui s'est passé ici ?
Olya pleure. Aboiements.
Ma petite Vika, qu'est-ce qui t'est arrivé ?
...
-Olya.
-Papa, qu'est-ce qu'ils nous ont fait ? Vika !
... Ils ont tout détruit.
Ils ont détruit la maison. -Olya !
Qu'est-ce que tu fiches par terre
comme un tas de foin ?
-Madame Galya !
Madame Galya ! Où est Vika ?
-Je l'héberge dans ma cave
depuis le bombardement.
Vika !
Vika !
-La voiture de papa est dans le garage. T'es débile
d'être restée ici. -J'ai peur de conduire toute seule.
Pleurs et rire mêlés.
-Tu me pardonnes ?
-Et toi ?
...
-Tu vas casser ma clôture.
... Fais attention.
...
-Mais au bout d'un moment, la paresseuse en eut assez.
Elle quitta
sa cachette et aida sa soeur à sortir du puits.
*A compter de ce jour, les deux soeurs travaillèrent ensemble
*et leur maison devint la plus belle de tout le village.
Moteur. -Avance. Voilà. Braque à gauche.
Voilà. Tout droit.
Voilà, c'est parfait.
Sois prudente. Roule pas trop vite. Il y a des fous sur la route.
Fais attention. -C'est promis.
-Bonne route. -Vous allez quand même à Kharkiv ?
-Hmm.
-Kolya m'a même pas
appelée. Il a dû ronfler toute la nuit.
Sans entendre les bombes.
Eh bien, qu'il dorme.
Tant pis.
-Je n'ai pas réussi
à la sauver. -Qui ça ?
-Ma soeur.
-C'était elle,
la voix sur le CD ?
Moteur. -Olya ! On y va !
...
-Merci pour votre aide.
...
-Dépêche-toi !
...
-Au revoir, mes chéries. Que Dieu vous garde.
Elle démarre.
...
-Aujourd'hui, je vais vous expliquer
*comment gérer vos angoisses.
*La mienne a commencé il y a 8 ans.
Le jour où j'ai perdu quelqu'un que j'aimais.
Quand c'est arrivé,
*je me suis rendu compte que ma formation ne servait à rien.
J'étais sur la route quand la guerre a démarré.
En fait,
cette angoisse ne m'a pas incitée à me cacher. Elle m'a poussée...
à agir.
*Ce n'est plus le moment de sonder les âmes
*ou de donner des conseils. Aboiements.
... *Je me propose
*de vous accompagner où vous voulez avec ma voiture.
*Envoyez-moi simplement un message. -Dima.
-Hmm ? -T'as pas vu le manteau d'Eclair ?
*-Les gares sont saturées. -C'est ta femme ?
*-La gare de Kharkiv a subi de gros dégâts.
-Je sais qui va t'accompagner. *-C'est là que je vais.
*Je ne vous demanderai pas d'argent pour le transport.
*Ce n'est pas le moment.
*Priorité sera donnée aux femmes,
*aux enfants, aux personnes âgées et aux handicapés.
...
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