Afrikaans
Akan
Albanian
Amharic
Arabic
Armenian
Azerbaijani
Basque
Belarusian
Bemba
Bengali
Bihari
Bosnian
Breton
Bulgarian
Cambodian
Catalan
Cebuano
Cherokee
Chichewa
Chinese (Simplified)
Chinese (Traditional)
Corsican
Croatian
Czech
Danish
Dutch
English
Esperanto
Estonian
Ewe
Faroese
Filipino
Finnish
French
Frisian
Ga
Galician
Georgian
German
Guarani
Gujarati
Haitian Creole
Hausa
Hawaiian
Hebrew
Hindi
Hmong
Hungarian
Icelandic
Igbo
Indonesian
Interlingua
Irish
Italian
Japanese
Javanese
Kannada
Kazakh
Kinyarwanda
Kirundi
Kongo
Korean
Krio (Sierra Leone)
Kurdish
Kurdish (Soranî)
Kyrgyz
Laothian
Latin
Latvian
Lingala
Lithuanian
Lozi
Luganda
Luo
Luxembourgish
Macedonian
Malagasy
Malay
Malayalam
Maltese
Maori
Marathi
Mauritian Creole
Moldavian
Mongolian
Myanmar (Burmese)
Montenegrin
Nepali
Nigerian Pidgin
Northern Sotho
Norwegian
Norwegian (Nynorsk)
Occitan
Oriya
Oromo
Pashto
Persian
Polish
Portuguese (Brazil)
Portuguese (Portugal)
Punjabi
Quechua
Romanian
Romansh
Runyakitara
Russian
Samoan
Scots Gaelic
Serbian
Serbo-Croatian
Sesotho
Setswana
Seychellois Creole
Shona
Sindhi
Sinhalese
Slovak
Slovenian
Somali
Spanish
Spanish (Latin American)
Sundanese
Swahili
Swedish
Tajik
Tamil
Tatar
Telugu
Thai
Tigrinya
Tonga
Tshiluba
Tumbuka
Turkish
Turkmen
Twi
Uighur
Ukrainian
Urdu
Uzbek
Vietnamese
Welsh
Wolof
Xhosa
Yiddish
Yoruba
Zulu
Jouvencelles, venez vite !
Ecoutez le sage ermite ! Il va paraître en ces lieux.
Qu'en rentrant à l'ermitage, il reçoive à son passage
nos offrandes et nos vœux.
L'on respecte sa science car il donne l'opulence, le savoir et des époux.
Taisez-vous ! Du silence !
Il faut craindre sa puissance, J'ai l'honneur de le servir.
- Il faut craindre sa puissance. - Vous riez ?
Ah, quel plaisir !
- Quand on rit de ma puissance... - Sire Robert, calmez-vous !
... c'est le ciel que l'on offense.
Nous allons obéir tous, mais apaisez votre courroux !
Placez là, sous cet ombrage,
et des fruits et du laitage.
Allons, vite, à l'ouvrage !
Préparons sous ce feuillage nos fruits les plus délicats.
- Allons vite ! - Patience ! - Mais plus vite !
Patience, Sire Robert, patience. Surtout ne vous fâchez pas !
Placez aussi sur la table quelques flacons de vin vieux !
Car c'est un présent des cieux.
Quand madame la comtesse
est, hélas, dans la tristesse,
pourquoi donc ces chants d'allégresse
de la part de ses vassaux ?
Quand on aime sa maîtresse, on s'afflige de ses maux !
Elle veut au bon ermite dans ce jour rendre visite.
Pour que du mal qui l'agite
il cherche à la délivrer.
- Quel bonheur ! - Elle est sauvée. - Quelle allégresse ! - Oui, la comtesse...
- Le ciel vient de l'inspirer. - ... ne pouvait mieux rencontrer !
Vous croyez que sa science peut nous rendre l'espérance ?
Rien n'égale sa science : Mainte veuve, grâce à lui,
a retrouvé son mari.
Ah ! Je veux aussi l'entendre,
Près de lui je veux me rendre,
s'il est vrai qu'un cœur trop tendre par lui puisse être guéri.
- Ce saint homme que j'implore... - Il pourrait bien plus encore !
- ... à nos vœux rendra l'espoir ! - Rien n'égale son pouvoir !
Que les destins prospères
accueillent vos prières !
La paix du ciel, mes frères,
soit toujours avec vous, oui !
Que les destins prospères
accueillent vos prières !
La paix du ciel, mes frères,
soit toujours avec vous !
Veuves ou demoiselles,
dans vos peines cruelles,
venez à moi, mes belles :
obliger est si doux !
J'accorde les familles.
Et même aux jeunes filles,
je donne des époux...
Oui, venez tous !
Venez.
Que les destins prospères
accueillent vos prières !
La paix du ciel, mes frères,
soit toujours avec vous !
Venez à moi, mes belles,
dans vos peines cruelles.
Je donne des époux.
Je viens à vous...
Parlez, dame... trop respectable.
Vous aussi, mes enfants...
À vos vœux, favorable, je puis tout accorder.
Parlez ! Tous vos souhaits seront comblés.
Ah ! Quel saint personnage ! C'est le bienfaiteur du village !
De grâce, parlons tous l'un après l'autre.
Quel désir est le vôtre ? Que me demandez-vous ?
Parlons l'un après l'autre.
Silence ! Taisez-vous !
Silence !
Moi, je réclame pour que ma femme dans mon ménage soit toujours sage.
C'est bien, c'est bien...
Moi, je vous prie, j'ai tant d'envie qu'on me marie au beau Julien...
C'est bien, c'est bien...
Moi, je demande faveur bien grande, qu'aujourd'hui même l'époux que j'aime
ici revienne finir ma peine. Que je l'obtienne, c'est mon seul bien.
Qu'un bon ermite qu'on sollicite, qu'un bon ermite a de mérite !
Jeune fillette, et bachelette, dans ma retraite viendra ce soir.
Il faut nous rendre à l'ermitage. Rendons hommage à son pouvoir.
- Bonheur suprême : en ma retraite... - Et je demande...
de la tendresse, de la jeunesse, de la richesse : exaucez-nous !
Tout le village vous rend hommage. À l'ermitage nous irons tous !
L'un après l'autre, mes chers enfants.
Moi, je réclame pour que ma femme dans mon ménage soit toujours sage.
C'est bien, c'est bien...
Moi, je vous prie, j'ai tant d'envie, qu'on me marie au beau Julien.
C'est bien, c'est bien...
Moi, je demande faveur bien grande : qu'aujourd'hui même l'époux que j'aime
ici revienne finir ma peine. Que je l'obtienne, c'est mon seul bien.
Qu'un bon ermite qu'on sollicite, qu'un bon ermite a de mérite !
Jeune fillette, et bachelette, dans ma retraite viendra ce soir.
Oui, bon ermite, je sollicite faveur bien grande, et je demande
de la tendresse, de la jeunesse, de la richesse : exaucez-nous !
Tout le village vous rend hommage.
À l'ermitage, nous irons tous.
Saint personnage, tout le village vient rendre hommage à vos vertus !
De grâce, encore un mot.
Il s'agit de Madame.
Tandis que nos preux chevaliers, que l'amour de la gloire enflamme,
dans les champs musulmans moissonnent des lauriers,
leurs femmes et leurs sœurs,
bien qu'à la fleur de l'âge ont juré comme moi
de passer leur veuvage dans le château de Formoutiers.
(Où tant d'attraits sont prisonniers !)
C'est le château de la belle comtesse...
Dont le frère aux combats a suivi nos guerriers.
Et cette noble châtelaine
sur un mal inconnu qui cause notre peine veut aujourd'hui vous consulter.
(Ah ! Quel bonheur !) Près de moi, qu'elle vienne !
Mon devoir est de l'assister.
J'espère, dans mon zèle,
lui rendre le repos.
Retournez auprès d'elle, allez à vos travaux !
Je vais, en attendant, dans mon humble chaumière,
de ces jeunes beautés accueillir
la prière.
Saint personnage, tout le village vient rendre hommage à vos vertus !
Je ne puis plus longtemps voyager de la sorte.
Eh bien ! Reposons-nous sous ces ombrages frais.
Pourquoi m'avoir forcé de quitter notre escorte ? Et m'amener ici ?
J'avais bien mes projets...
Voilà donc le château de ma belle cousine !
Si je pouvais l'entrevoir... Quel bonheur !
Mais loin de partager l'ardeur qui me domine,
elle ferme à l'amour son castel et son cœur.
Eh bien ! Monsieur le gouverneur, reprenez-vous un peu courage ?
Maudit emploi ! Maudit message !
Monseigneur notre prince, auquel je suis soumis,
m'ordonne de chercher le comte Ory, son fils,
ce démon incarné, mon élève et mon maître,
qui, sans mon ordre hélas, loin de la cour s'est avisé de disparaître...
(Pour jouer quelque nouveau tour !)
On le disait caché dans ce séjour.
Comment l'y découvrir ? Comment le reconnaître ?
Vous devez tout savoir.
D'être son gouverneur n'avez-vous pas l'honneur ?
Ah ! Quel honneur !
Veiller sans cesse,
craindre toujours
pour son altesse
ou pour les jours...
Du gouverneur
d'un grand seigneur,
voilà le profit et l'honneur !
Quel honneur, quel honneur
d'être gouverneur !
À la guerre
comme à la chasse,
si quelque péril le menace, il faut partout suivre ses pas.
Il faut partout suivre ses pas, dût-il vous mener au trépas !
Veiller sans cesse,
trembler toujours
pour son altesse
ou pour les jours.
Du gouverneur
d'un grand seigneur,
voilà le profit et l'honneur.
Quel honneur
d'être gouverneur.
Et s'il est épris d'une belle,
il me faut courir après elle,
tout en lui faisant des sermons
sur le danger des passions.
Et s'il est épris d'une belle,
il me faut courir après elle tout en lui faisant des sermons
sur le danger des passions.
Veiller sans cesse,
courir toujours
pour son altesse
ou les amours.
Du gouverneur
d'un grand seigneur,
voilà le profit et l'honneur.
Quel honneur
d'être gouverneur !
Vous, notre appui et notre ami, bien grand merci !
J'irai toujours vous voir.
Ô bon ermite ! J'irai vous voir.
Ô saint prophète, soyez béni !
Puissant prophète, soyez béni !
Jeune fillette a, grâce à lui,
fortune faite et bon mari.
Je vois paraître minois joli.
Ah ! Mon cher maître doit être près d'ici.
Jeunes fillettes, de grâce, dites-moi...
Depuis quel temps dans ce village ce bon ermite est-il venu ?
Voilà huit jours...
- (Qu'ai-je entendu ? Voilà huit jours.) - Pas davantage !
(... que notre maître a disparu.) C'est bien huit jours ?
- Oui, c'est huit jours. - C'est bien huit jours ? - Pas davantage.
(Voilà huit jours que notre maître a disparu !)
Cette aventure fort singulière
cache à mes yeux quelque mystère.
Ce bon ermite que l'on révère,
au fond de l'âme est-il sincère ?
Lui qu'on adore, lui qu'on implore,
serait-ce encore le comte Ory ?
Ruse anodine,
je te devine.
Oui, j'en suis sûr, c'est encore lui !
Mais qu'a-t-il donc, ce voyageur ? Il n'a pas l'air de bonne humeur.
Lui qu'on adore, lui qu'on implore...
Il faut nous éloigner aussi, sortons d'ici, partons d'ici !
- Serait-ce encore le comte Ory ? - C'est encore lui !
Cette aventure fort singulière
cache à mes yeux quelque mystère.
Ce bon ermite que l'on révère,
au fond de l'âme est-il sincère ?
Lui qu'on adore, lui qu'on implore,
serait-ce encore le comte Ory ?
Ruse anodine,
je te devine.
Oui, j'en suis sûr,
oui, j'en suis sûr, c'est encore lui.
Sortons d'ici, partons d'ici !
Cet ermite, ma belle enfant, où pourrais-je le voir ?
Ici même... à l'instant. Il va venir.
Madame la comtesse a désiré le consulter.
- Vraiment ? - Sur un mal inconnu qui l'accable et l'oppresse.
Merci, ma belle enfant. Il doit donc venir dans l'instant !
Elle va venir dans l'instant !
(Cette belle comtesse au minois séduisant !)
(Ceci me semble encore une preuve plus forte.)
Attendez-moi. Je vais retrouver notre escorte.
(Puis ensemble nous reviendrons)
(pour confirmer ou bien dissiper mes soupçons.)
Je vais revoir la beauté qui m'est chère...
Mais comment désarmer cette vertu si fière ?
Comment en ma faveur la toucher aujourd'hui ?
Si cet ermite, ce bon père, voulait m'aider...
Oh non ! Ce serait trop hardi...
Allons ! Ne suis-je pas
page du comte Ory !
Salut, ô vénérable ermite !
(C'est mon page. Sachons le dessein qu'il médite.)
Qui vers moi vous amène,
ô charmant Isolier ?
(Il me connaît !)
Tel est l'effet de ma science.
Un aussi grand savoir ne peut trop se payer.
Et cette offrande est bien faible, je pense.
N'importe... À moi vous pouvez vous fier.
Parlez, parlez,
beau page !
Une dame de haut parage
tient mon cœur en un doux servage.
Et je brûle...
Et je brûle pour ses attraits.
Je n'y vois point de mal.
Après...
Après !
Je croyais avoir su lui plaire,
et pourtant son cœur trop sévère
se dérobe...
... se dérobe à mes projets !
Je n'y vois point de mal.
Après...
Après !
Et jusqu'au retour de son frère qui des croisés suit la bannière,
aucun amant, aucun mortel
- ne peut entrer dans ce castel. - (Celui de la comtesse...)
(Ô ciel !)
Pour y pénétrer comment faire ?
J'avais bien un moyen fort beau, mais je le crois trop téméraire.
Parlez, parlez, beau jouvenceau !
Je voulais d'une pèlerine
prenant la cape et le manteau, m'introduire dans ce château.
Bien ! Le moyen est nouveau,
oui, le moyen est nouveau.
(On peut s'en servir, j'imagine.)
Noble page du comte Ory,
serez un jour digne de lui !
(Voyez donc le traître !)
(Oser jouter contre son maître !)
(À l'espoir je me sens renaître.)
(Quel bon moyen, Quel coup de maître !)
- Mais je le tiens et l'on verra - Oui, je le tiens et vois déjà
- qui de nous deux l'emportera. - que son pouvoir me servira.
Je le tiens !
Mais d'abord ce projet réclame vos soins pour être exécuté.
- Comment ? - Par cette noble dame vous allez être consulté.
C'est qu'il sait tout, en vérité !
Dites-lui que l'indifférence cause, hélas, son tourment fatal.
J'entends ! J'entends. Ce n'est pas mal...
Et pour guérir à l'instant même,
dites-lui qu'il faut qu'elle m'aime.
J'entends ! J'entends. Ce n'est pas mal...
Je lui dirai qu'il faut qu'elle aime. (Mais un autre que mon rival !)
Dites-lui bien qu'il faut qu'elle m'aime !
Noble page du comte Ory,
serez un jour
digne de lui !
(Voyez donc le traître !)
(Oser jouter contre son maître !)
(À l'espoir je me sens renaître !)
(Quel bon moyen, quel coup de maître !)
- Mais je le tiens et l'on verra - Oui, je le tiens et vois déjà
- qui de nous deux l'emportera. - que son pouvoir me servira.
Je le tiens...
Isolier dans ces lieux !
Sur le mal qui m'agite, je venais consulter aussi le bon ermite.
Je dois à tous les malheureux mes consolations,
mes conseils et mes vœux.
En proie à la tristesse
ne plus goûter d'ivresse
au sein de la jeunesse,
souffrir, gémir sans cesse...
Voilà quel est mon sort !
Se flétrir... Se flétrir en silence...
N'espérer, n'espérer que la mort !
Hélas, hélas,
quelle souffrance !
Ô peine...
horrible !
Vous que l'on dit sensible,
daignez, s'il est possible,
guérir le mal terrible
dont je me sens mourir !
Soulagez ma douleur,
rendez-moi le bonheur !
Ah, rendez-moi, rendez-moi le bonheur !
Soulagez ma douleur !
Calmez tant de souffrance, calmez tant de douleur !
Faut-il mourir de ma souffrance ?
Et que votre science lui rende le bonheur !
Hélas, hélas, plus d'espérance !
- Calmez tant de douleur ! - Ciel !
Ô peine...
horrible !
Vous que l'on dit sensible,
daignez, s'il est possible,
guérir le mal terrible
dont je me sens mourir !
Soulagez ma douleur, rendez-moi le bonheur !
Calmez tant de douleur !
Vous avez entendu sa touchante prière !
Voici le vrai moment, songez à moi, mon père !
Si dans mon assistance vous avez confiance,
je puis en conscience guérir votre douleur
du mal qui vous dévore la source est dans le cœur.
Aimez, aimez encore pour renaître au bonheur !
D'un éternel veuvage un serment fut le gage.
Et j'irais le trahir ?
Plutôt, plutôt mourir !
Le ciel vous en dégage. Il ordonne que de vos jours,
la flamme se rallume au flambeau des amours.
Céleste Providence !
Je te bénis de ta clémence.
Ô bon ermite, votre mérite
à mes beaux jours viendra toujours.
Toujours !
Votre mérite
à mon secours viendra toujours.
Isolier, que ta présence
fait naître un doux émoi !
Cher Isolier !
Je veux t'aimer, je veux n'aimer que toi.
Déjà je sens les feux brûlants de la jeunesse
par la tendresse se rallumer.
On voit que sa parole paraît la ranimer !
Le mal qui la désole commence à se calmer.
Ô bon ermite,
votre mérite
- en mes beaux jours vivra toujours. - Toujours.
Votre mérite, à mon secours
viendra toujours.
Isolier, que ta présence...
Cher Isolier...
je veux t'aimer, je veux n'aimer que toi.
Le mal commence à se calmer.
- C'est bien... Je suis content. - Encore un mot, de grâce.
D'un grand péril qui vous menace je dois vous prévenir !
Il faut vous défier.
- De qui ? - De ce jeune Isolier.
- Ô ciel ! - C'est le fidèle page de ce terrible comte Ory,
dont les galants exploits... Mais ici, devant lui,
je n'oserais en dire davantage.
- Entrons dans ce castel. - Mon cœur en a frémi...
Ô mon sauveur !
Ô mon unique appui !
Venez, venez !
Nous saurons bien le reconnaître !
Avançons !
Qu'ai-je vu ? C'est Raimbaud, le confident, l'ami de notre maître !
Taisez-vous donc, ne dites mot !
Plus de doute, plus de mystère,
c'est monseigneur, c'est lui !
Misérable ! Crains ma colère !
C'est le comte Ory ! Le comte Ory !
Eh bien... Oui...
Le voici !
Ciel !
Ô terreur ! Ô peine extrême !
Quel indigne stratagème !
- Ô terreur ! Ô peine extrême ! - Plus d'espoir !
- Mon cœur bat d'effroi, d'horreur ! - Tout s'oppose à mon bonheur !
- Le dépit augmente encore. - Ah ! Quel effroi...
- Ah, l'espoir me fuit encore... - Quel effroi
saisit mon cœur !
Ô terreur ! Ô peine extrême !
- Tout s'oppose à son bonheur. - Son cœur bat d'effroi, d'horreur !
- Ah ! Quel malheur ! - Quel effroi !
- Plus d'espoir. - Ah, quel effroi !
- La rage est dans mon cœur ! - La rage est dans son cœur !
Cet écrit, noble châtelaine, vous vient de lointains pays.
Il apporte, j'en suis certaine,
des nouvelles de nos maris.
- Encore une disgrâce ! - Lisez, cédez de grâce.
- Seigneur, adieu plaisir ! - Cédez à mon désir !
Madame et sœur chérie, la croisade est finie,
et dans notre patrie nous retournons enfin.
La croisade est finie,
- et tous dans leur patrie ils reviennent enfin. - Fatal destin !
On nous a vus sans crainte purger la Terre Sainte
et notre épée est teinte du sang des Sarrasins.
Nous partons pour la France et nous suivrons, je pense,
à deux jours de distance ce messager certain.
Telle est notre espérance. Ils suivent vers la France,
à deux jours de distance, ce messager certain.
Vous viendrez, ô seigneur comte,
partager nos transports ?
Je partage vos transports !
Partagez, partagez nos transports !
Sachons venger ma honte
par de nouveaux succès !
Un jour me reste encore :
qu'il serve à mes projets.
- Allons, partons ! - Quand mon cœur tremble encore
de ses affreux projets...
Celui seul que j'adore
va me rendre la paix !
Venez, amis, retirons-nous, et dans notre retraite,
assurons ma conquête, et du destin bravons les coups !
À tout ce qu'il projette, avec adresse opposons-nous !
(Sachons parer ses coups !)
Déjà ton cœur dans la douleur n'a plus rien qui m'alarme.
Un espoir plein de charme a déjà fait battre mon cœur.
Celui qui sut toucher mon cœur va me rendre au bonheur.
- L'espoir fait palpiter mon cœur... - Je sens battre mon cœur...
de joie et de bonheur !
Repartons en silence. Il faut avec prudence éviter la vengeance du seigneur châtelain...
- Allons, sortons ! - Allons, rentrons !
Aux chants de la victoire, allons mêler nos voix !
Des preux, chantons la gloire et les brillants exploits !
Venez, amis, retirons-nous, et dans notre retraite,
assurons ma conquête et du destin bravons les coups !
À tout ce qu'il projette avec adresse, opposons-nous !
Sachons en dépit des jaloux...
À tout ce qu'il projette avec adresse opposons-nous.
... du sort braver les coups.
Déjà le sort dans sa rigueur n'a plus rien qui m'alarme.
Un espoir plein de charme a déjà fait battre mon cœur.
Celui qui sut toucher mon cœur va me rendre au bonheur.
- L'espoir fait palpiter mon cœur. - Je sens battre mon cœur.
Je sens déjà battre mon cœur d'amour et de bonheur.
Repartons en silence. Il faut avec prudence éviter la vengeance du seigneur châtelain.
- Allons, sortons. - Allons, rentrons.
Allons, allons, partons !
- Chantons tous leurs exploits ! - L'amour sourit à nos exploits !
Dans ce séjour calme et tranquille,
s'écoulent nos jours innocents.
Et nous bravons dans cet asile
les entreprises des méchants.
Et nous bravons dans cet asile
les entreprises des méchants.
J'en tremble encore quand j'y pense.
Quel homme que ce comte Ory !
De la vertu, de l'innocence, c'est le plus terrible ennemi.
C'est le nôtre... Dieu ! Quelle audace !
D'un saint homme prendre la place
et me parler de mon mari !
Par bonheur, nous pouvons sans crainte
le défier dans cette enceinte,
qui nous protège contre lui.
Dans ce séjour calme et tranquille,
s'écoulent nos jours innocents.
Et nous bravons dans cet asile
les entreprises des méchants.
Écoutez !
Le ciel gronde.
Oui. La grêle et la pluie ébranlent les vitraux de ce noble castel.
D'effroi je suis saisie...
Apaise ton courroux !
Grand Dieu, protège-nous !
Grand Dieu !
Nous sommes à l'abri !
Que je rends grâce au ciel !
Et moi, lorsque l'orage éclate avec furie,
au fond du cœur, combien je plains
le sort des pauvres pèlerins !
"Noble châtelaine,"
"voyez notre peine."
"Et dans ce domaine,"
"dame de beauté,"
"pour fuir la disgrâce"
"dont on nous menace,"
"donnez-nous par grâce"
"l'hospitalité..."
Voyez qui ce peut être,
et qui frappe à cette heure.
Jamais le malheureux qui vient nous supplier
n'a de cette antique demeure
imploré vainement le toit hospitalier.
Grand Dieu, grand Dieu !
Dans ta bonté suprême,
apaise, apaise cet orage affreux !
En ce moment, celui que j'aime est peut-être aussi malheureux.
Grand Dieu !
Dans ta bonté suprême,
apaise cet orage affreux !
"Noble châtelaine, voyez notre peine."
"Et dans ce domaine,"
"dame de beauté..."
Grand Dieu !
Dans ta bonté suprême, apaise, apaise
cet orage affreux !
- En ce moment, celui que j'aime... - En ce moment, l'époux que j'aime...
... est peut-être aussi malheureux.
Quand tomberont sur lui les vengeances divines ?
- Quelle horreur ! - Qu'avez-vous ?
Dieu ! Quel crime inouï !
Mais qu'est-ce donc ?
Encore un trait du comte Ory !
De malheureuses pèlerines qui, fuyant sa poursuite et cherchant un abri,
pour la nuit seulement demandent un asile.
Que nos secours leur soient offerts !
J'ai prévenu vos vœux !
Ce soin m'était facile.
On aime à compatir aux maux qu'on a soufferts.
Ces dames sont-elles nombreuses ?
Quatorze.
C'est beaucoup.
Mais quel air !
Quel maintien !
- Leur âge ? - Quarante ans.
- Leurs figures ? - Affreuses.
Ce comte Ory n'a peur de rien.
Je les ai fait entrer au parloir en silence.
Elles tremblaient encore de froid et de frayeur.
L'une d'elles pourtant, dans sa reconnaissance,
de vous voir un instant demande la faveur.
Mais c'est elle, je pense !
Elle approche.
C'est bien. Laissez-nous un instant.
Entrez...
Ne craignez rien.
Ragonde avait raison. Quel modeste maintien !
Approchez, approchez, madame.
Ah ! Quel respect,
madame,
pour vos vertus m'enflamme...
Souffrez que de mon âme,
j'exprime ici l'ardeur !
L'ardeur !
Votre prudence, votre obligeance
nous a sauvé l'honneur.
Je suis heureuse et fière
d'avoir d'un téméraire
soustrait à la colère
une vertu si chère !
Vertu !
Oui, je suis fière qu'à sa colère
échappent tant d'attraits.
En mon cœur, rien n'efface tant de charmes et de grâce.
Cette main que j'embrasse vous l'atteste à jamais.
Que faites-vous ? Ah, de grâce !
De ma reconnaissance,
quoi ! L'excès vous offense ?
Et sans votre assistance...
Hélas ! Lorsque j'y pense... Quel était notre sort !
Hélas ! Lorsque j'y pense,
- d'effroi, j'en tremble encore ! - Calmez...
- ... calmez votre âme ! - Ah ! Madame !
Quel excès de frayeur !
- Ah ! Quel excès d'ivresse ! - Il faut avec adresse...
- D'où vient cette tendresse ? - ... modérer...
- Pourquoi cette tendresse ? - ... ma tendresse...
- (La crainte encore l'oppresse...) - De quelle douce ivresse...
- (Quoique si loin de lui.) - ... malgré moi, j'ai frémi !
- Vous pouvez sans crainte... - Quoi ! Vous osez sans crainte
... braver le comte Ory ici !
- Vous pouvez sans crainte - Quoi ! Vous osez sans crainte
braver le comte Ory !
On le dit téméraire.
Je brave sa colère.
- On prétend qu'il vous aime. - Lui ! Ah ! Quelle audace extrême !
Pour obtenir sa grâce, s'il tombait à vos genoux,
Madame, que feriez-vous ?
D'une pareille audace,
la honte et le mépris seraient le prix.
Ce téméraire qui croit nous plaire,
en vain espère être vainqueur.
Moi, je préfère l'amant sincère
qui sait nous taire sa tendre ardeur.
Mais on doit rire du faux délire
et du martyre d'un séducteur.
Ce téméraire qui croit nous plaire
en vain espère être vainqueur,
en vain espère séduire mon cœur.
Beauté si fière, prude sévère,
bientôt j'espère toucher ton cœur.
Je ris d'avance de sa défense.
Ma résistance est de rigueur.
Puis l'heure arrive où la captive,
faible et plaintive, cède au vainqueur.
Beauté si fière, prude sévère,
bientôt j'espère être vainqueur,
Bientôt j'espère toucher ton cœur !
- Il faut d'avance être en défense. - En confiance, on peut d'avance...
- La confiance n'est pas prudence ! - ... braver, je pense, son insolence.
La confiance n'est pas prudence !
Ce téméraire qui croit nous plaire
en vain espère séduire mon cœur.
Moi, je préfère l'amant sincère
qui sait nous taire sa tendre ardeur.
Mais on doit rire du faux délire
et du martyre d'un séducteur.
Ce téméraire qui croit nous plaire
en vain espère être vainqueur,
en vain espère séduire mon cœur.
- Voici vos compagnes fidèles. - Je les entends. Ce sont eux...
Ce sont elles !
Mes chevaliers, sous ces humbles habits !
J'ordonne qu'on vous serve et du lait et des fruits.
Quelle bonté céleste !
L'ordinaire est frugal, et le repas modeste
pour d'aussi nobles appétits.
- Ah ! La bonne folie ! - C'est charmant ! - C'est divin !
Le plaisir nous convie à ce joyeux festin.
- C'est charmant ! - C'est divin !
Le plaisir nous convie à ce joyeux festin.
L'aventure est jolie, n'est-il pas vrai ?
Monsieur mon gouverneur ?
Je pense comme monseigneur.
- Mais si le duc... - Mon père...
... apprend cette folie, ma place me sera ravie !
Il faut donc prendre garde.
Eh ! Mais c'est ton emploi.
Tu veilleras pour nous,
et nous rirons pour toi.
Rien ne nous manquera, je pense,
car sagement j'ai su choisir
mes compagnons pour le plaisir,
mon gouverneur pour la prudence.
Qui peut vous inspirer pareilles extravagances ?
C'est mon page Isolier... Mon rival ! - L'imprudent !
Qui, ne connaissant point l'objet de ma tendresse,
m'a conseillé tantôt
un tel déguisement
pour mieux enlever sa maîtresse.
Et le ciel le punit.
En me récompensant !
- Ah ! La bonne folie ! - C'est charmant ! - C'est divin !
Le plaisir nous convie à ce joyeux festin.
- C'est charmant ! - C'est divin !
Le plaisir nous convie à ce joyeux festin.
Ah ! La bonne folie !
Eh ! Mais quelle triste observance !
Rien que du laitage et des fruits.
C'est le repas de l'innocence, Mesdames.
Point de vin !
- En voici, mes amis. - C'est Raimbaud !
En héros j'ai tenté l'aventure,
et je viens avec vous partager ma capture.
Approchez ! Écoutez
le récit des exploits que pour vous j'ai tentés.
Dans ce lieu solitaire, propice au doux mystère,
moi qui n'ai rien à faire, je m'étais endormi.
Dans mon âme indécise, certain goût d'entreprise
que l'exemple autorise vient m'éveiller aussi.
Quoi ! Raimbaud s'en mêle aussi !
C'est le seul moyen d'être digne d'un pareil maître,
et je veux reconnaître ce manoir en détail.
Je pars, je m'oriente, à mes yeux se présente
une chambre élégante, c'est celle du travail.
Et quel est ce travail ?
Une harpe jolie, de la tapisserie,
près d'une broderie j'aperçois un roman !
Même en une chambrette, j'ai, dans une cachette,
cru voir l'historiette du beau Tirant le Blanc.
Quoi, vraiment ? Un roman ?
Je sors de l'oratoire et j'entre au réfectoire
où rien ne me fait croire à l'espoir d'un festin.
Marchant à l'aventure sous une voûte obscure,
j'entrevois l'ouverture d'un affreux souterrain.
Un affreux souterrain !
Une beauté naïve peut y gémir captive.
Je m'élance et j'arrive dans un vaste cellier
dont l'étendue immense et la bonne apparence
attestent la prudence du sire de Formoutiers.
Pouvait-on mieux tomber !
Arsenal redoutable, qui fait qu'on puise à table
un courage indomptable contre le Sarrasin.
Armée immense et belle, d'une espèce nouvelle,
plus à craindre que celle du sultan Saladin...
C'est charmant, c'est divin !
Près des vins de Touraine, je vois ceux d'Aquitaine,
et ma vue incertaine s'égare en les comptant.
Là, je vois l'Allemagne, ici brille l'Espagne,
là, frémit le champagne, du joug impatient.
C'est divin, c'est charmant !
J'hésite, ô trouble extrême. Ô doux péril que j'aime.
Et seul avec moi-même contre tant d'ennemis,
au hasard, je m'élance. Sans compter, je commence.
J'attaque avec vaillance à la fois vingt pays.
Sans compter, je commence. J'attaque avec vaillance
à la fois vingt pays.
Quelle conquête pour moi s'apprête !
Mais je m'arrête. J'entends du bruit.
Quelqu'un s'avance, vers moi s'élance.
De notre course, les murs frémissent.
Ils retentissent. On me poursuit.
On crie : "Arrête ! Arrête !" L'écho répète
ces cris d'alarme. Je fuis soudain.
Quel jour de fête, ô mes amis ! Quel jour de fête !
Ô mes amis, de ma conquête voilà les fruits !
De sa conquête, prenons les fruits !
Quel jour de fête, ô mes amis ! Quel jour de fête !
Ô mes amis, de ma conquête, voilà les fruits !
De sa conquête, prenons les fruits !
Oui ! Prenons les fruits, mes amis !
Du fruit de sa victoire, il fait hommage à l'amitié.
Dans sa conquête et dans sa gloire,
soyons tous de moitié.
Buvons, buvons, buvons soudain !
Qu'il avait de bon vin, le seigneur châtelain !
Pendant qu'il fait la guerre au Turc, au Sarrasin...
... à sa santé si chère, buvons ce jus divin.
Buvons !
Qu'il avait de bon vin, le seigneur châtelain !
Buvons ce jus divin jusqu'à demain !
Quelle douce ambroisie !
Célébrons tour à tour le vin et la folie,
le plaisir, oui, le plaisir et l'amour !
Qu'il avait de bon vin, le seigneur châtelain !
Buvons ce jus divin jusqu'à demain !
On vient ! C'est la tourière !
Silence ! Taisez-vous !
Mettez-vous en prière, ou bien c'est fait de nous.
Toi que je révère,
entends ma prière.
Ô Dieu tutélaire,
viens dans ta bonté
sauver l'innocence
et que ta puissance
un jour récompense
l'hospitalité !
Elle a disparu.
Réparons bien le temps perdu.
Buvons ce jus divin jusqu'à demain !
Qu'il avait de bon vin, le seigneur châtelain !
Buvons ce jus divin !
Elle revient. Silence !
Quel doux recueillement !
Combien je les admire !
Du repos voici le moment. Que chacune de vous, Mesdames,
se retire dans son appartement.
Adieu, noble comtesse...
Ah ! Si le ciel m'entend,
bientôt viendra l'instant, peut-être,
où je pourrai vous faire connaître
ce qu'éprouve pour vous
mon cœur reconnaissant.
Oui, c'est une bonne œuvre
et qui, dans notre zèle, doit nous porter bonheur.
On sonne à la tourelle. Qui vient encore ?
- Un page. - Un page dans ces lieux,
dont l'enceinte est par nous aux hommes interdite !
Je veux savoir quel est l'audacieux...
C'est moi, belle cousine, et point je ne mérite
le fier courroux qui brille en vos beaux yeux.
Qui vous amène ici ?
Le duc, mon maître.
Il m'a chargé de vous faire connaître, à ces dames, à vous...
qu'aujourd'hui, cette nuit,
leurs maris, votre frère, arrivent à minuit.
Quoi ! Nos maris ! Bonté divine !
Ils reviennent de Palestine
et veulent en secret vous surprendre ce soir.
Ah ! Cet heureux retour comble tout notre espoir.
Le duc le croit aussi.
Mais il pense en son âme
qu'un mari bien prudent prévient toujours sa femme.
Un bonheur trop subit peut être dangereux.
Quoi ! Nos maris enfin reviennent dans ces lieux !
Ah ! Le ciel le devait à nos vives tendresses.
- Je cours en prévenir nos aimables hôtesses. - Et qui donc ?
Quatorze vertus... que le comte Ory, votre maître, poursuivait.
De terreur, tous mes sens sont émus. Achevez.
Ce sont peut-être des pèlerines ?
Oui, vraiment.
C'est fait de vous. Sous ce déguisement,
vous avez accueilli le comte Ory lui-même,
- et tous ses chevaliers. - Ô ciel !
- Terreur extrême ! - Que dire à mon mari,
trouvant en ses foyers sa chaste épouse
avec quatorze chevaliers ?
Hélas ! À quel péril sommes-nous réservées !
Une heure seulement, et vous êtes sauvées.
On va vous secourir.
Il faut gagner du temps.
Hélas ! Hélas ! Je tremble !
Plus terrible à lui seul que les autres ensemble...
Ce comte Ory...
Le voici.
Je l'entends.
Ne craignez rien !
Au péril de ma vie, je vous défendrai contre eux tous.
D'effroi, je suis toute saisie.
Dame tant chérie !
Âme de ma vie !
Ne craignez rien,
je suis auprès de vous.
À la faveur
de cette nuit obscure,
avançons-nous,
et sans la réveiller.
Il faut céder
au tourment que j'endure.
Amour me berce
et ne puis sommeiller.
Avançons-nous,
et sans la réveiller.
Il faut céder
au tourment que j'endure.
Amour me berce,
et ne puis sommeiller.
D'amour et d'espérance
je sens battre mon cœur.
- La nuit et le silence... - La nuit et le silence...
- ... assurent mon bonheur. - ... redoublent sa frayeur.
La nuit et le silence
assurent mon bonheur !
Parlez- lui.
Qui va là ?
C'est moi.
C'est sœur Colette.
Seule et dans cette chambre
où je ne puis dormir,
tout me trouble, tout m'inquiète.
J'ai peur... J'ai peur.
Permettez-moi... Permettez-moi...
... près de vous de venir.
Ah ! Quelle perfidie !
Ah ! Quelle perfidie !
Ô moment plein de charme !
Quand on est deux,
- on a moins peur. - (Oui, lorsqu'on est deux !)
Ah ! Je n'ai plus d'alarmes.
Que faites-vous ?
Pour moi, plus de frayeur.
Plus de frayeur
quand cette main est sur mon cœur...
(Il presse ma main sur son cœur !)
Beauté sévère, laissez-le faire,
son bonheur ne vous coûte rien.
Grand Dieu ! Quel bonheur !
Quel bonheur est le mien !
D'amour et d'espérance,
je sens battre mon cœur...
De crainte et d'espérance,
je sens battre mon cœur.
La nuit et le silence redoublent ma frayeur...
La nuit et le silence
assurent mon bonheur.
La nuit et le silence
redoublent mon erreur.
Maintenant, je vous en supplie,
sœur Colette, rentrez chez vous.
Vous quitter, c'est perdre la vie.
Je demeure à vos genoux.
Je tremble, ô ciel ! Que faites-vous ?
Sachez le feu qui me dévore. C'est un amant qui vous implore.
Ah ! Grand Dieu, quelle trahison !
L'amour qui trouble ma raison doit me mériter mon pardon.
Ne m'ôtez point, je la réclame, cette main que ma vive flamme...
Ah ! Comme vous me pressez ! Laissez-moi !
Vrai dieu ! Madame !
Peut-on vous aimer assez ?
J'entends d'ici le bruit des armes,
le clairon vient de retentir.
J'entends d'ici le bruit des armes,
le clairon vient de retentir !
- Plus de frayeur et plus d'alarmes. - Ah ! Quel danger...
- On vient enfin nous secourir ! - Faut-il courir ?
On vient enfin nous secourir.
J'entends d'ici le bruit des armes.
Oui, le clairon vient de retentir !
Plus de frayeur et plus d'alarmes.
- On vient enfin nous secourir. - Quel danger faut-il courir ?
J'entends d'ici le bruit des armes,
le clairon vient de retentir...
Ô ciel ! Quel est ce bruit ?
L'heure de la retraite.
Car il faut partir, monseigneur.
- C'est mon page Isolier. - Celui que sœur Colette
embrassait avec tant d'ardeur.
Je suis trahi ! Crains ma colère !
Craignez celle de votre père ! Il arrive dans ce castel.
Entendez-vous ces cris de joie ?
Ô ciel !
Vous qui faisiez la guerre aux femmes,
vous voilà donc nos prisonniers !
Oui, nous sommes vaincus !
À vos pieds, noble dame,
je demande merci pour tous mes chevaliers.
Pour leur rançon, qu'exigez-vous ?
Un gage. Votre départ...
Évitez le courroux de leurs maris.
Par un secret passage, je vais guider vos pas.
Et votre page fermera la porte sur vous.
C'est lui qui nous a joués tous.
Écoutez ces chants de victoire...
Ce sont de braves chevaliers
que l'amour ainsi que la gloire
ont ramenés dans leurs foyers.
À l'hymen cédons la victoire
et qu'il rentre dans ses foyers !
Quittons...
... ces lieux hospitaliers...
Honneur aux fils de la victoire,
honneur aux braves chevaliers.
Que l'amour ainsi que la gloire
ont ramenés dans leurs foyers.
Can't find what you're looking for?
Get subtitles in any language from opensubtitles.com, and translate them here.