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[musique d'action] [cri de Gabriella qui résonne]
Tout ça sous mes pieds.
Je le connais pas du tout, en fait.
Un palais royal.
[Don Diego] Pour notre roi d'Espagne.
[Gabriella] Tu n'as rien sur le cœur ? Un aveu en suspens ?
Là, comme ça, je vois pas...
Je veux qu'il souffre comme moi !
- Il nous regarde de là-haut. - [tintement]
[musique de "Qui est Zorro"]
Zorro est mort. Celui-ci est un imposteur.
[la foule s'exclame]
[bruit de bisou]
[criant] Arrêtez-le !
[des insectes bourdonnent] [quelqu'un sifflote]
[il arrête de siffloter]
Euh... Oui ?
[il ricane] "Oui", il est bien lui, hein ?
Ça enfreint la loi en toute impunité, hein ?
[garde] Regardez-moi ça. Un masque, hein, pour commencer.
Une épée, bravo, hein.
La loi est pourtant claire à ce sujet.
[criant] C'est interdit !
[autre garde] Oh, ça va pas ou quoi ?
[ils crient]
[garde] T'es crétin quand tu veux, toi !
"Qui est Zorro", de Julie Roué
♪ Entendez-vous au loin le galop ♪
♪ D'un étalon à toute vitesse ? ♪
♪ C'est le beau, le grand, le svelte Zorro ♪
♪ Qui vient sauver Los Angeles ♪
♪ La lune est sa seule complice ♪
♪ Quand il se faufile avec adresse ♪
♪ Un bandit attaque ♪
♪ Il l'esquive sans même froisser sa veste ♪
♪ Qui est Zorro ? ♪
♪ Qui est Zorro ? ♪
♪ Derrière le masque, Un homme, un dieu ♪
♪ Ou un brigand ? ♪
♪ Qui est Zorro ? ♪
♪ Qui est Zorro ? ♪
♪ Un chevalier moderne Qui fait régner la justice ♪
♪ Sans jamais verser le sang. ♪
[la musique s'arrête]
[musique angoissante]
[homme] Oui, y a une ressemblance.
Absolument. Je dirais même une ressemblance troublante.
[Don Diego renifle]
Non.
Mais on le relâche, alors ou... ?
Oui, ben oui.
Il a quand même enfreint votre loi.
Loi très bonne, par ailleurs.
Bon, ben... Gardez-le encore quelques jours.
Mais c'est mon métier ! Non, attendez.
[apiculteur] J'ai rien fait ! Non !
C'est bien.
Ferme, mais juste.
Il est impératif que l'imposteur soit arrêté
avant l'arrivée du vice-roi.
- Absolument. - Il faut des mesures radicales.
- Tout à fait. - On peut même faire plus radical.
[musique intrigante]
Vous pensez ?
Oui. Ça me semble indispensable même.
On pourrait fouiller toutes les maisons de la ville
et confisquer les capes et les sabres.
- Oui, ça, c'est bien ! - C'est simple, efficace.
Si on va par là, on peut même confisquer les chapeaux noirs.
- Pour être sûr. - [hommes] Ben oui, oui !
- Les vêtements noirs en général ? - Excellente idée, ça.
- Ça semble pas trop excessif ? - Non ! Pas du tout.
Il faut savoir employer la manière forte
quand c'est nécessaire.
Et le noir, c'est déprimant.
Ça fera d'une pierre deux coups.
Bon, ben je... Je l'édicte alors, j'en fais une loi ?
[hommes] Oui !
Bon !
[la musique s'arrête]
[sergent] "Par ordonnance de Don Diego de la Vega,
"alcade de Los Angeles,
"serviteur de Ferdinand VII, roi de Castille et de Navarre.
[musique solennelle]
"Il est défendu de porter ou de détenir des vêtements noirs
"ainsi que capes, chasubles,
"collants, peignoirs,
"foulards ou toilettes assimilées."
[en espagnol] Pas de vêtements noirs !
[instrumentale de "Qui est Zorro"]
[homme] À l'aide !
[le cheval hennit]
[la foule] Zorro ! Zorro !
[sergent] "Par ordonnance de Don Diego de la Vega,
il est illégal de cabrer sa monture sans motif valable."
[faux Zorro] Hé !
[le cheval hennit]
[coup de fouet]
[sergent] "Par ordonnance de Don Diego de la Vega,
il est formellement interdit de rire à cheval !"
[la musique s'arrête] [bruit de pet]
[musique de suspense]
[rire inaudible]
[bruit de pet plus long]
[ils éclatent de rire] [instrumentale de "Qui est Zorro"]
[la musique s'arrête]
J'ai un doute quant à l'efficacité de ces derniers édits.
[hommes] Non.
N'en ayez point, Don Diego.
Faut laisser le temps à la loi de faire effet, c'est tout.
Bonjour, messieurs.
Bonjour, ma chérie.
Bonjour, mon amour. Tu passes une bonne journée ?
Comme tu le vois.
[Gabriella] Oh, là, là.
Tout le travail que cela te donne, cette résurrection de Zorro...
Ce n'est pas Zorro. Et il n'a pas ressuscité.
Ça n'existe pas, les résurrections.
Ne blasphème pas, mon chéri, ça s'est déjà vu. N'est-ce pas ?
[hommes] Oui.
[Gabriella] Mais j'y pense juste...
Je pourrais sûrement t'aider.
Où a-t-on vu Zorro pour la dernière fois ?
Il me suffirait d'un bref entretien avec lui
pour savoir s'il est revenu d'entre les morts
ou si c'est un imposteur, comme tu le soupçonnes.
Mmh.
Je vois que tu portes les gants de notre mariage.
Tu as remarqué ? Oui, j'attendais une belle occasion.
Tu es magnifique.
Mais le vice-roi n'arrive que dans quelques jours.
Oui. Mais c'est pour toi que je me suis faite belle.
Ah !
Quelle chance j'ai !
[musique de tension]
Bon... je te laisse à ton travail.
[chuchotant] Ne t'épuise pas, mon amour.
Et pense à ma proposition.
Messieurs.
[hommes] Madame.
Mon amour.
[il crie en espagnol] [la musique devient sombre]
[l'homme au fouet crie des ordres]
[en espagnol] Allez, dépêche-toi !
[les ordres et les coups de fouet continuent]
Vamos!
Rápido, rápido!
[la musique s'arrête]
Ne perdez pas espoir, compañeros.
Zorro va venir nous délivrer du joug de l'oppresseur.
Il peut pas laisser durer cette injustice.
Vous savez, Zorro a la passion de l'égalité entre les hommes.
Dis-moi, t'es pas le petit jeune
qui s'est fait adopter par les de la Vega ?
[les hommes rient]
Non, pas du tout. Je suis comme vous. Je partage votre sort.
Dans ce cas, ferme ta gueule !
J'en peux plus de t'entendre. "Zorro par-ci, Zorro par-là".
[il crache]
- Je disais juste que... - Travaille !
[musique calme]
[il respire fort]
[la musique s'arrête]
[homme] Hola, señora.
Ils l'ont bien faite, cette place.
Puis, c'est beaucoup mieux avec le petit...
[Gabriella] Oui ?
Je peux vous aider ?
Ben, on vous surveille.
Pas du tout. On est là pour assurer votre sécurité.
Ma sécurité ?
Oui.
Ordre de Don Diego. Si jamais Zorro veut vous attaquer.
Pourquoi Zorro voudrait-il m'attaquer ?
Ah ben ça... On n'a pas compris non plus.
C'est un ordre de Don Diego, votre mari.
Il nous a dit de ne pas vous laisser seule
et de se méfier des sangliers.
Sangliers, oui.
[musique intrigante]
Quel mari prévenant.
[la musique s'arrête]
[bruits de mastication]
Je suis désolée, vous allez terriblement vous ennuyer avec moi.
Je mène une vie banale de femme d'intérieur.
- Ça ne nous dérange pas. - Aucun problème.
Oui, mais vous êtes des hommes de terrain, n'est-ce pas ?
Vous, ce que vous aimez, c'est l'aventure,
c'est l'action, les combats. Non ?
Vous avez mieux à faire.
[garde] C'est beau, ces tapisseries.
C'est vous qui les avez fait faire, ou... c'était... déjà là ?
[musique intrigante]
[garde] Oui, c'est important d'avoir un bel intérieur.
C'est primordial de se sentir bien chez soi.
Et c'est pas qu'une question d'argent, hein.
On peut être très exigeant avec peu.
Je dirais même qu'on doit être d'autant plus exigeant
quand on a peu de moyens.
Ça fait quand même un moment qu'elle est partie là, non ?
[la musique s'arrête]
Ah, tu trouves ? Je t'écoutais, j'ai pas vu le temps passer.
Ça fait quand même un bon quart d'heure...
C'est bizarre, non ?
Surtout pour de l'eau chaude.
Ben ouais, voilà.
On doit aller la chercher ou ça se fait pas ?
- Ben, non. - Hein ?
- [il pouffe] - Ouais...
Faudrait pas qu'elle se sente épiée chez elle.
Ben oui...
Señora de la Vega ?
[musique intrigante]
Señora ?
Ouh-ouh ?
On veut pas vous épier, hein.
Bravo, c'est bien. C'est fin, ça.
Oh, c'est beau, ça. Ouais.
Ça, ça irait bien chez moi, ça.
[il rit]
Même la cheminée, je prends tout, moi.
[bruit de mécanisme]
[la musique devient mystérieuse]
Mais...
Señora de la Vega ?
[musique intrigante]
[elle souffle]
Señora de la Vega ?
Oh ben !
Si on vous trouve avec ça, vous risquez la prison direct.
[l'autre garde] Oui... Vous imaginez pas,
mais y a des gens qu'on embarque pour moins que ça.
[garde] Vous vous rendez pas compte.
[la musique s'arrête]
Je sais que vous avez un lien particulier avec lui, mais...
[l'autre garde] Vous avez une relation spéciale.
Oui, enfin, ça ne nous regarde pas.
Mais tout à fait.
- D'ailleurs, on va pas juger. - Exactement.
C'est très délicat de votre part, messieurs.
[garde] Non, c'est bien normal. On a tous droit à...
à notre petit jardin secret.
[Gabriella] C'est ça, c'est...
[chuchotant] mon petit jardin secret.
On dira rien parce que c'est vous, mais...
faut qu'on débarrasse tout ça.
Vous avez de la chance d'être tombée sur nous.
[garde, riant] Y en a d'autres qui auraient été...
[le garde gémit et rit]
[musique triste]
C'est pas possible, c'est fait en quoi ?
[des oiseaux pépient] [un coq chante]
[la musique s'arrête]
[bruits de pas]
Hé oh, debout, là !
Allez, allez, allez, allez, allez !
[contre-maître] Faut vous réveiller, là !
Hé oh ! C'est pas parce que vous êtes sous-payés
qu'il faut pas bien faire le travail !
[contre-maître] Moi aussi, je suis sous-payé !
[ouvrier] C'est Zorro ! Y a Zorro, il arrive !
- [musique intrigante] - [ouvrier] Il est de retour !
[ouvrier] C'est lui !
[ouvriers] C'est Zorro, c'est lui !
[faux Zorro] Oui...
C'est moi ! Je suis Zorro !
Je suis venu vous délivrer,
et arrêter les injustices.
- C'en est fini de vos souffrances ! - Attention !
Derrière toi, Zorro !
[la musique s'arrête] [rire machiavélique exagéré]
[il crie tout seul] [son épée ne touche rien]
Vous ne pouvez rien contre moi !
Je suis Zorro !
[tintement d'épée]
[musique sombre]
Lâchez-moi, lâchez-moi !
Ben, on l'a arrêté ?
[le faux Zorro gémit]
[le faux Zorro respire fort] Allez, laissez-moi partir.
Vous n'avez aucune chance contre moi, je suis Zorro.
Bon, procédure habituelle.
[la musique s'arrête]
[musique solennelle]
[un cheval hennit]
[plusieurs chevaux hennissent]
Don Félix !
Don Félix !
Toute la ville de Los Angeles se joint à moi
pour vous souhaiter la bienvenue.
Vive le vice-roi !
[foule, sans enthousiasme] Vive le vice-roi.
Vive le vice-roi !
Allez !
Oui, oui...
[la foule applaudit et acclame le vice-roi]
Votre palais est presque fini.
On termine la confection des rideaux, il y a encore un peu de...
Et ça, c'est quoi ?
Mais lâchez-moi !
Un bandit sans importance capturé par mes hommes.
Oui... le Zorro.
[le père de Nakaï gémit]
J'ai entendu parler de ce vaurien qui défie la Couronne d'Espagne.
- [ils rient] - Oui, mais...
Je suis satisfait d'apprendre sa capture.
Oui, ben voilà, il est arrêté. Voilà, c'est fait.
Si vous voulez, je peux vous montrer le palais.
[Nakaï crie] Non, non, non !
[Nakaï] Ce n'est pas Zorro, c'est mon papa !
Qu'est-ce qu'il dit ?
Ce n'est pas le Zorro ? Qu'est-ce que ça veut dire ?
C'est une mise en scène pour se moquer de moi ?
Quoi ?
Es-tu celui qu'on appelle le Zorro ?
[il soupire]
Eh bien...
Oui, Majesté,
je suis bien Zorro.
Pendant des années,
je me suis déguisé pour combattre les injustices.
Ma famille me prenait
pour une sombre fripouille alcoolique et menteur,
mais tout cela est faux.
La vérité, c'est que je suis le héros des pauvres gens.
Mais honnêtement, je suis soulagé
d'être découvert.
Maintenant, mon fils
va pouvoir savoir qui je suis réellement.
[musique triste]
Et s'il veut rentrer,
qu'il sache que la maison de Zorro lui sera toujours ouverte.
Bon.
L'affaire est entendue, cet homme est le Zorro.
Il sera pendu demain.
[Nakaï] Hein ? Quoi ?
[père de Nakaï] Majesté ! Majesté, il y a méprise.
Cela me coûte de faire cet aveu,
mais en vérité, je ne suis pas Zorro.
[musique dramatique]
J'aime fêter mon arrivée avec une bonne pendaison.
C'est-à-dire que nous avons prévu un concert et une messe.
Une pendaison, c'est mieux.
Ça marque les esprits.
J'ai parlé.
Non, Majesté, c'est... C'est une mascarade !
- Diego ! - Majesté... j'ai jamais été Zorro !
Je suis pas Zorro ! Je suis le papa de Nakaï !
[faux Zorro] Majesté !
[sergent] C'est le nôtre !
[garde royal] Laissez faire les spécialistes.
[père de Nakaï] C'est pas moi !
[des criquets stridulent]
[la musique devient trépidante]
[bruits de pas] [la musique s'arrête]
Que vas-tu faire ?
Que veux-tu que je fasse ?
Aucune lettre n'arrivera à temps en Espagne pour empêcher l'exécution.
Mais tu as bien une idée ?
Je te connais, tu as toujours un plan en tête.
Peut-être, oui.
Eh bien ?
Quel est-il, ce plan audacieux ?
- Tu veux vraiment le savoir ? - [elle chuchote] Oui.
Messieurs, laissez-nous.
Ben... vous êtes sûr ?
[garde] Parce que nous, on dit rien.
On est muets, comme votre serviteur.
Sortez.
[la porte se ferme]
Alors ?
Que vas-tu faire ?
Rien du tout.
Comment ça, rien du tout ?
Ah, si. Je vais me délecter du spectacle.
Pardon ?
Ben oui.
Le vrai faux Zorro, qui traîne en ville,
va se sentir obligé d'intervenir pour innocenter ce pauvre type.
Et je serai aux premières loges pour assister à son arrestation.
[il respire fort]
Et à sa pendaison.
Ça arrive quand on enfile un costume trop grand pour soi.
Faut juste espérer que ça ne soit pas un ami à toi.
J'en doute.
Évidemment.
Tu n'as plus d'amis, seulement des sujets.
[ses pas s'éloignent]
[musique solennelle]
[elle gémit]
[elle crie]
[elle respire fort]
[cliquetis des chaînes]
[elle respire fort]
[la musique s'arrête]
[la porte grince]
[une planche glisse]
[il pose la planche]
Merci, Bernardo.
[ses pas s'éloignent rapidement]
[musique stressante]
[il respire fort]
[Don Félix] Chers habitants de Los Angeles,
- [la musique s'arrête] - ... merci pour votre accueil.
Et merci à Don Diego, votre maître.
Enfin, votre maître en dessous de moi.
Au-dessus de moi, il y a Don Ferdinand d'Espagne,
mais il est loin.
[Don Félix] Et Dieu, qui est encore plus loin.
Sinon, c'est moi qui suis le plus haut placé.
Voilà.
C'était pour bien rappeler ces points importants.
Bon.
J'espère que vous apprécierez cette exécution
qui, je n'en doute pas,
sera suivie de beaucoup d'autres.
[Don Félix] Merci.
[musique de tension]
[le faux Zorro respire fort]
[cliquetis métalliques]
[la musique s'arrête]
[silence] [le vent souffle]
[ses pas sont étouffés]
[musique trépidante]
[père de Nakaï] Aaah !
[applaudissements, acclamations]
Mais... c'est le mi-fouet !
[Gabriella gémit]
[musique de suspense]
Gabriella !
[le garde gémit de douleur]
[Don Diego] Arrêtez !
[le public se tait] [la musique s'arrête]
Ce n'est pas le vrai Zorro !
Quoi encore ?
[silence]
[musique de suspense]
Car le vrai Zorro, c'est m...
[la musique s'arrête]
C'est moi, le vrai Zorro !
Non, non, non. Ce n'est pas lui non plus le vrai Zorro.
[le père de Nakaï crie] [la foule s'exclame]
Allez, qu'on en finisse.
[Don Félix] Tuez tous les Zorro !
[musique d'action] [tintement d'épée]
[en espagnol] Tais-toi !
[l'homme gémit [la foule s'exclame]
- [tintements d'épées] - [la foule] Diego ! Diego !
[note calme]
[le garde gémit]
[la musique s'arrête]
On fait quoi, Sergent ?
Tant qu'on nous donne pas d'ordre,
on bouge pas.
On laisse faire les spécialistes.
[la musique reprend]
Je comptais te le dire, je t'assure.
Quand ? Avant ou après ton faux enterrement ?
- Je suis désolé, Gabriella. - Désolé de quoi ?
De m'avoir séduite en te faisant passer pour un autre ?
Ou d'avoir tué mon amant ?
Ou de m'avoir prise pour une idiote en général ?
J'ai pas dû beaucoup insister pour te séduire.
C'était un baiser de rien du tout.
Y a eu un deuxième et ça s'est pas arrêté là.
C'est toi qui as débarqué dans ma chambre.
Tu me reproches d'avoir réalisé ton désir.
[criant] Pardon ? Pardon ?
Pardon ?
Attends, je me suis comporté comme un vaurien.
Je voulais juste retrouver ton amour.
- Pardon, pardon, pardon ! - [la musique s'arrête]
Mais je t'aimais, Diego, je t'aimais !
J'aimais ton sens de la justice, de la vertu,
même ta maladresse, je l'aimais !
[acclamations de la foule]
Et Zorro ?
Zorro aussi, je l'aimais, j'aimais son courage,
j'aimais son panache, j'aimais sa légèreté.
Alors si tu nous aimais séparément,
peut-être que tu pourrais nous aimer en même temps ?
Regarde, j'ai plus de masque.
Faudrait que je sois folle.
Les deux hommes qui m'ont fait le plus souffrir.
[le garde crie]
[les gens se bagarrent]
[la foule scande] Révolution ! Révolution !
[criant] Vive la révolution !
Don Félix ?
Don Félix !
[les nobles crient]
[musique rythmée]
Vive la révolution ?
[la musique s'accélère]
Vive la révolution !
[la musique s'arrête]
[le brouhaha de la foule est étouffé]
[silence]
[bruit de tissu]
[Don Diego] Ça va aller, n'est-ce pas ?
[la porte se ferme]
[Don Diego respire fort]
[Gabriella, faiblement] Je...
J'ai appris à mes dépens que le vice est divorce des vertus.
Diego était juste, mais lâche.
Zorro, courageux mais faux.
Promets-moi d'assumer qui tu es.
Tout entier.
Gabriella ?
Gabriella ?
[bruit de pas]
[musique mélancolique]
Entre.
[Diego] Tu es bien sûr de toi ?
Oui, Don Diego.
Ton départ va laisser un grand vide dans cette hacienda.
Tu n'allais pas partir sans me dire au revoir ?
[la musique s'arrête]
[musique calme]
[ambiances du marché]
[marchand] On n'hésite pas.
[marchand] Allez, messieurs-dames, allez !
[marchand] Y en aura pas pour tout le monde, messieurs-dames.
N'oubliez pas votre petit drapeau.
Oui, deux pesos. Prenez, monsieur.
Voilà !
Qui n'a pas son drapeau n'est pas un vrai révolutionnaire.
Ne touche pas, toi, petit !
[les enfants, criant] Nakaï !
[la musique s'arrête] [les parents s'exclament]
[mère] Fils, tu les as ? Tu les as, les papiers ?
[père] Laissez-lui de la place, enfin !
[mère] Viens, viens.
[père] Bon. Allez, fils, lis-nous ça.
[mère] Vas-y.
Qu'est-ce qu'il y a, là-dedans ?
[Nakaï respire fort]
"Par la présente,
"la communauté de Los Angeles atteste que vous êtes doué de raison,
"et par là même, citoyen de l'Empire mexicain indépendant,
"apte à accéder à toutes les charges officielles
"et à tous les commerces légaux."
- [ils crient de joie] - Enfin !
[le père rit]
Hé ! Tout ça, c'est beaucoup grâce à moi, hein ?
Chut !
Il faut se trouver un patronyme pour ces papiers.
- Un quoi ? - Un nom de famille,
comme les aristocrates.
Justement, j'avais pensé à quelque chose...
Yuma María Concepción Juan de Espumiceno
Estanislao de Rivera
Barrientos Ortega y Rodríguez.
Et ça donnerait comme ça pour toi, mon fils :
"Nakaï María Concepción Juan..."
Il n'y a pas assez de place.
Moi, je veux m'appeler Bianca.
Tu marques là "Bianca".
Vas-y.
Il n'y a pas de papiers pour les femmes.
[mère] Hein ?
Mais... tu n'auras pas de nom,
mais tu pourras utiliser le mien, ça me dérange pas.
Roh...
Bon, Yuma de la Rivera, ça te plaît ?
Oui, c'est bien, c'est humble, quoi, hein ?
[musique douce] [un crayon gratte le papier]
Oh, ça...
[le père respire fort] Ça fait quelque chose.
Regarde, ma chérie.
C'est mon nom.
Notre nom.
[père] Notre nom. C'est fou.
Ça change rien, mais...
ça change tout.
Et là, qu'y a-t-il d'écrit, là ?
En dessous.
" Señor Yuma de la Rivera..."
C'est moi !
"... est attendu à la caserne centrale de Los Angeles
"pour rejoindre l'armée révolutionnaire mexicaine
"et défendre, au péril de sa vie,
"le Mexique indépendant contre l'occupant espagnol."
[tous rient]
C'est obligatoire, ça ?
Ben oui, t'es un citoyen, c'est ton devoir, hein.
Allez, bonne révolution, mon chéri !
On se voit à ta prochaine permission, hein ?
Allez, vas-y !
["Qui est Zorro", par la fanfare]
Bravo !
[acclamations de la foule]
Sergent.
[sergent] Garde à vous !
[un cheval hennit]
[la foule acclame Zorro]
[la foule se tait] [la fanfare s'arrête]
[la foule murmure]
[le cheval hennit] [l'autre cheval souffle]
[silence]
[le cheval hennit]
[la foule l'acclame] [les sabots s'éloignent]
[homme] Viva Zorro!
[version héroïque de "Qui est Zorro"]
[hennissement étouffé]
[hennissement étouffé]
[version sifflée de "Qui est Zorro"]
[la musique s'arrête]
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