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[musique d'action]
Je me rembourse de ce que la ville me doit.
[cris et coups]
[Gabriella] Cet enfant, en prison. On doit agir, Diego.
[Don Alejandro] La ville a besoin d'un défenseur à sa mesure.
J'ai bien peur que tu ne sois pas cette personne.
- Qui êtes-vous ? - Ben...
[Zorro] Zorro.
Et c'est qui, ce Zorro ?
Un type, euh...
[Gabriella] très ordinaire,
au final.
Je ne suis pas une femme de mauvaise vie. J'aime mon mari.
[musique triste]
[sergent] Deux moitiés de vie, ça fera jamais une vie entière.
[Zorro] Les gens l'adorent.
- [musique d'action] - Bonsoir !
[Zorro] On va pas les en priver.
Partez et je vous lâcherai.
[la musique se calme]
Je sais qui est Zorro.
[la musique s'arrête]
[un air solennel est sifflé]
[une porte s'ouvre et se ferme]
Je pensais que ce jour n'arriverait jamais.
"Qui est Zorro", de Julie Roué
♪ Entendez-vous au loin le galop ♪
♪ D'un étalon à toute vitesse ? ♪
♪ C'est le beau, le grand, le svelte Zorro ♪
♪ Qui vient sauver Los Angeles ♪
♪ La lune est sa seule complice ♪
♪ Quand il se faufile avec adresse ♪
♪ Un bandit attaque ♪
♪ Il l'esquive sans même froisser sa veste ♪
♪ Qui est Zorro ? ♪
♪ Qui est Zorro ? ♪
♪ Derrière le masque, Un homme, un dieu ♪
♪ Ou un brigand ? ♪
♪ Qui est Zorro ? ♪
♪ Qui est Zorro ? ♪
♪ Un chevalier moderne Qui fait régner la justice ♪
♪ Sans jamais verser le sang. ♪
[la musique s'arrête]
[des oiseaux pépient]
[Zorro grogne de plaisir]
[Gabriella gémit]
- [ils respirent fort] - [musique douce]
Il est déjà matin.
Oui, mais rien ne presse.
[ils gémissent]
[la musique s'arrête]
[Zorro gémit] [bruit de bisou]
- Zorro ? - Qui d'autre ?
Mon mari peut arriver à tout instant.
Ne vous inquiétez pas.
Qu'est-ce que vous en savez ?
Bien sûr, qu'est-ce que j'en sais ?
- [Gabriella] Allez, allez ! - Ouais.
[musique trépidante]
Non, non, pas par là !
Évidemment.
[la musique s'arrête]
Quand pourrai-je vous revoir ?
Est-ce bien raisonnable ?
Absolument pas.
[musique d'action]
[le cheval hennit]
[les sabots s'éloignent] [le cheval hennit]
[le cheval hennit]
[le cheval hennit]
[entre ses dents] Rentre.
Allez.
Rentre.
[Zorro] Allez, chérie.
Rentre.
[la musique s'arrête]
[il ricane]
Allez !
[le cheval hennit]
Chut, Tornado, Tornado !
Chut.
[Zorro] Bernardo ?
[Zorro, essoufflé] Ah, Bernardo !
Si tu savais...
Quelle femme exquise !
Quelle nuit nous avons passée, c'était...
[Zorro souffle]
Je ne peux pas tout te raconter, bien sûr, mais...
Son odeur, sa peau...
Pas un seul mot échangé et pourtant,
nous n'avons cessé de nous déclarer notre amour.
J'avais oublié son corps, Bernardo.
[Zorro] Elle avait oublié le mien.
Les ravages de 17 ans de vie commune et de chambre à part.
Mon honneur d'Espagnol m'interdit de tout te révéler, bien sûr, mais...
nous ne nous étions jamais autant donnés l'un à l'autre.
Jamais.
Ce que Gabriella lui a donné cette nuit est un cadeau divin.
Une faveur inestimable.
L'abandon.
Elle s'est abandonnée à lui.
Totalement.
Sans une seule pensée pour moi.
Pas un remords, rien. Elle a rayé...
17 ans de vie commune, comme ça.
Mais qui est capable d'une telle infamie ?
Non, non. Non, ça, c'est trop facile.
Non, non. C'est pas à moi de décider pour elle.
C'est à elle de faire son choix. Personne d'autre.
[ses pas s'éloignent]
[musique solennelle]
[ambiances du marché]
[homme] Au voleur !
[homme] Au voleur ! Sergent ! Arrêtez, ce malfrat !
Désolé, j'ai plus urgent à faire.
Il est pas un petit peu tôt pour aller jouer à la roulette ?
Mesdames, messieurs, je vais arrêter Zorro !
[musique de suspense] [la poule caquette]
Il a dit quoi ?
[la musique s'arrête]
[Don Diego] Bonjour.
Bonjour.
Baltasar Gracián.
L'ouvrage le plus instructif de notre bibliothèque.
[Don Diego] Très bon choix, mon garçon.
Sur quelle pépite de sagesse es-tu tombé ?
Po... Pour...
[avec un accent] Un... un...
un... seul...
Montre-moi.
Seul.
Bonjour, mon amour.
[Gabriella] C'est une belle journée qui s'annonce, non ?
Tu as l'air d'avoir passé une belle nuit.
Oh, divine.
[Gabriella] Enfin, je...
Je veux dire, j'ai bien dormi.
Tant mieux, tant mieux.
Moi, j'ai passé une nuit d'horreur.
Fâcheux.
[Don Diego] Oui, tout ce raffut, ça...
ça tapait, ça grognait.
Que lis-tu, mon enfant ?
Pour... un...
Elle est compliquée, celle-là.
Tu devrais en choisir une autre.
C'était infernal.
Tu n'as donc rien entendu ?
Absolument rien.
Oh, c'est étonnant
parce que ça semblait résonner à des kilomètres à la ronde.
Ah ?
[Don Diego] Oui. Comme ça, là...
[tapes régulières sur la table]
Plus fort même.
Comme ça.
C'était plus ça.
[il tape plus fort]
[la vaisselle tremble sur la table]
Parfois ça se calmait, puis ça reprenait.
Ça se calmait, puis ça reprenait comme ça.
Alors je me demandais, pourquoi ?
[s'énervant] C'est quoi ? C'est quoi, ça ?
C'est...
Sûrement des... sangliers.
Ah oui, ça peut être que ça.
[Don Diego] Des sangliers.
[Nakaï, avec un accent] "Pour un seul mensonge,
on y perd tout ce qu'on a de renom."
Bravo, mon garçon.
[une porte s'ouvre]
[domestique] Monsieur, le sergent veut vous parler.
C'est pas le moment.
C'est-à-dire qu'ils sont...
très nombreux.
[ensemble] Comment ça?
[musique solennelle]
Bien, bien, bien, bien.
Mesdames, messieurs,
si je vous ai tous réunis ici aujourd'hui,
[élevant la voix] c'est pour arrêter Zorro !
[la musique s'arrête] [la foule murmure]
[sergent] Je sais ce que vous pensez.
Que cette traque vire à l'obsession ?
Vous vous demandez si cette ardeur
à vouloir débusquer Zorro
n'est pas en fait une couverture.
Ne serais-je pas moi-même Zorro ?
Je vous comprends.
Car il m'est arrivé moi-même d'avoir ce doute.
[sergent] Mais...
la chasse est terminée.
J'ai mené mon enquête, pas à pas,
et j'ai maintenant une certitude.
Zorro se trouve parmi nous,
en ce moment même,
dans cette hacienda.
[musique de suspense] [la foule s'exclame]
[la musique s'arrête]
Laissez-moi vous raconter une histoire pas si lointaine,
puisqu'elle débute le 12 avril de cette année,
1821.
Ce 12 avril, la caravelle Marco Polo franchit
les dernières vagues capricieuses de l'océan Pacifique
pour venir accoster
dans notre très cher port de Monterey,
afin d'y décharger sa précieuse marchandise.
Mobiliers et vins français,
marbres et ferronneries italiennes,
fruits et animaux africains...
Il va pas tous nous les faire ?
[sergent] Et...
18 mètres de soie orientale
de couleur noire comme la nuit.
[musique angoissante]
[murmures de la foule]
Mais pour comprendre l'importance de ce tissu,
il faut faire un bond en arrière.
[musique de suspense]
[sergent] Le 16 mai, jour de l'attaque de la garnison
par l'infâme Zorro,
j'étais à une de ces stupides démonstrations de fleuret...
[trois tintements d'épée]
[la musique s'arrête]
quand...
[bruit de tissu]
Une déchirure.
- Une déchirure ! - [la foule] Oh !
[bruit de déchirure] [un garde crie]
[la musique reprend]
Un lambeau de tissu.
De soie orientale, noire comme la nuit.
[la musique s'arrête]
[sergent] C'est l'intarissable orgueil de notre homme masqué
qui le perdra.
Car, dans la nuit du 17 mai,
soit le lendemain de l'attaque de la caserne,
notre très cher Zorro revenait faire le beau dans nos rues
avec dans le dos, une cape
flambant neuve.
[musique de suspense]
[sergent] Ce qui prouve
qu'un déguisement révèle parfois
plus qu'il ne cache.
[la musique s'arrête]
Zorro a le goût du costume.
Voilà qui est... difficilement une nouvelle.
Et encore moins un indice sur son identité.
Vous ne devriez pas m'interrompre, Don Diego.
Car la chute de mon histoire vous concerne tout particulièrement.
[musique de suspense]
[sergent] Mon instinct de chasseur m'a permis
de trouver l'ultime preuve.
[sergent] La toute petite faute d'inattention
qui devient l'erreur fatidique.
Ceci, mesdames et messieurs,
est le bordereau de livraison
des 18 mètres de soie orientale noire comme la nuit.
[sergent] Bordereau dont l'adresse de livraison est...
Tiens, petit, lis, à haute voix.
[la musique s'arrête]
Di...
dix... dix...
[Nakaï] dix-huit mètres...
[Nakaï] Dix-huit mètres de s...
Mètres de soie noire, oui, et ?
[Nakaï] À d... à dest... à destination...
À destination de l'hacienda de Don Diego de la Vega !
Oh...
[Gabriella] Nous n'avons jamais commandé une telle quantité de tissu.
Qui a signé au bas de cette page ?
Señora.
[sergent] Je vous remercie de me poser cette question.
[sergent] Ce document est signé
d'une seule et unique lettre.
[la foule] Un Z ?
[presque inaudible] Non.
Un B !
[musique trépidante]
Un B comme Bernardo !
[le cheval hennit] [rire machiavélique]
[roulement mécanique]
[la musique s'arrête]
[il soupire]
[Don Diego] Bravo, Sergent.
Le temps d'une seconde, j'ai failli y croire.
[il rit] Ce Bernardo en bandit masqué...
D'autant plus que j'ai bien peur qu'il ne passe jamais aux aveux.
- Pourquoi ça ? - Parce qu'il est muet.
[la foule éclate de rire]
Oui, il reste encore des détails à élucider, mais...
Non, mais je plaisante pas !
[la foule rit]
Un B comme Bernardo !
[les rires s'éloignent]
[Don Diego] Et sa brouette, c'est Tornado ?
Je vous ai trouvé très bien.
- [musique de tension] - [murmurant] Bernardo...
[des oiseaux pépient]
[la musique s'arrête]
Bernardo ?
Attrape.
Dis donc, je ne te connaissais pas d'aussi bons réflexes, Bernardo.
[elle respire fort]
Pardon, tu disais ?
[musique intrigante]
Évidemment.
Et...
tu n'aurais pas quelque chose à m'avouer ?
Non ?
[musique mystérieuse]
Comment as-tu fait pour me cacher tes sentiments si longtemps ?
[murmurant] Rejoins-moi.
[la musique s'arrête]
[les fruits tombent]
[musique intrigante]
[elle respire fort]
[la musique devient romantique]
[Gabriella] Déjà ?
Une seconde sans vous est un supplice.
[la musique s'arrête]
[Bernardo soupire]
[Zorro] J'ai bien peur que votre mari ait des soupçons.
Il est d'une grande finesse. Il voit tout et ne dit rien.
Mais non... il ne se doute de rien.
Pour ça, il faudrait qu'il y ait encore un peu de passion.
Je ne crois pas qu'il faille le sous-estimer.
J'ai rarement vu un homme aussi vif d'esprit.
Oh, pas si vif !
Depuis quelque temps, il disparaît la nuit.
Il croit que je ne me doute de rien,
mais je sais qu'il retrouve des galantes compagnies en ville.
[Zorro] Mmh.
Tu dois le savoir, non ?
Mais comment ai-je fait
pour te côtoyer tout ce temps sans te voir ?
[bruit de porte]
Votre mari ! Vite !
[musique de suspense]
Mais... Zorro !
[Bernardo soupire]
[la musique s'arrête]
[Gabriella a le souffle coupé]
[chuchotant] Il est si rapide.
[une porte s'ouvre]
- [Don Diego] Tu les as entendus ? - Hein ?
Les sangliers ?
Euh...
Non, je...
je n'ai rien entendu.
C'est bizarre parce que...
on a l'impression qu'ils venaient d'ici.
Tu me le dirais s'ils étaient passés dans ta chambre ?
- Qui ? Quoi ? - Les sangliers.
Oui, bien sûr.
Mais je n'ai pas croisé de sangliers, Diego, je te le jure.
De toute façon, je les trouverai.
Rien ne m'échappe bien longtemps dans cette hacienda.
C'est certain.
Bizarre, quand même.
Parce que c'est gros un sanglier.
[Don Diego, criant] C'est gros, je devrais le voir, merde !
[Gabriella halète]
[la porte s'ouvre]
Vous avez vu ce pauvre homme ? Obnubilé par les sangliers.
Il est en train de devenir à moitié fou.
Il nous faut juste être plus prudents.
Cette situation est insupportable, Gabriella.
Ce jeu de cache-cache nous rabaisse tous.
Lui, vous et moi.
Vous devez lui parler de nous.
Quoi, là, maintenant ?
Le plus tôt sera le mieux.
Bien sûr, mais...
- Alors, laissez-moi m'en charger. - Non, non, non. Je...
Je vais lui parler, moi. C'est mieux.
Courage, mon amour.
[musique dramatique]
[ses pas s'éloignent]
[la musique s'arrête]
[ambiances du marché]
[musique solennelle]
[garde] Mais on est vraiment sûrs que c'est lui, Sergent ?
Pour l'avoir croisé une ou deux fois, c'est pas le même gabarit.
Et le parfum aussi.
Parce que Bernardo, il a une odeur un peu...
Il sent la terre, quoi. Il sent le... la sueur,
il a une odeur un peu âcre.
Ouais, c'est ça, c'est âcre.
Oui. Alors que Zorro, pardon, mais c'est beaucoup plus fleuri,
c'est tout en fraîcheur,
c'est autre chose quoi, Sergent, rien à voir.
Vous allez pas vous y mettre aussi ?
[sergent] Puisque je vous dis que c'est lui.
[chuchotant] Exécution.
[gardes] Ouh !
[la musique devient stressante]
[gardes] Oh !
[le cheval hennit]
[coup de sabot] [les gardes crient]
[ils soupirent]
Ah ! Ce qu'il nous a mis...
Ben, vous aviez raison, Sergent.
Il est très fort.
[homme] Hola, Bernardo !
[musique intrigante]
[il marmonne]
[la musique s'arrête]
[Don Alejandro] "L'histoire de la comptabilité." Mmh...
C'est bien, ça.
Saine passion.
Oh, là, là.
Comme c'est écrit petit.
Mais t'as toujours eu de bons yeux.
Et une belle écriture.
Bon, qu'est-ce qu'il y a, père ?
Écoute... j'ai une mauvaise nouvelle à t'annoncer.
Je me baladais tranquillement dans l'hacienda,
je passais de mur en mur,
et je me suis retrouvé, complètement par hasard,
dans la chambre de Gabriella.
Vous faisiez quoi dans la chambre de ma femme ?
C'est pas la question.
Écoute, mon grand, c'est pas facile,
mais je me dois de te dire,
je crois bien que tu gobes les mouches...
Pardon ?
Ce que je veux dire, c'est que...
te voilà escargot.
Me voilà escargot ?
Ça ne veut rien dire, père. Votre condition spectrale
commence à amoindrir vos capacités intellectuelles.
Je vais être plus clair.
Tu es logé à l'enseigne du Minotaure.
Mmh...
- Tu comprends ? - Pas le moindre mot.
T'es bonjean.
T'es jonquille.
[chuchotant] Jonquille... ?
Le plus heureux des trois.
T'es cocu ! Zorro se tape ta femme, tu comprends maintenant ?
- [riant nerveusement] Ah ! Ça... - Quoi "ça" ?
Tu vas quand même pas laisser
l'honneur de la famille être souillé de la sorte ?
Qu'est-ce que vous voulez que j'y fasse ?
Mais tu fermes ton livre, tu montes sur ton grand cheval
et tu vas le provoquer en duel !
Ce n'est pas possible, père. Je ne peux pas le provoquer en duel.
Je...
Évidemment.
Le sagouin est une fine lame et tu n'as aucune chance face à lui.
Il faut surtout prier pour que lui ne te provoque pas en duel.
[musique sentimentale]
Fuis, mon fils.
Fuis, avant qu'il ne soit trop tard.
[la musique s'arrête]
[Gabriella] Diego...
Diego. Diego...
[elle se racle la gorge] Diego.
Diego.
[elle souffle]
Bernardo et moi...
Zorro et moi...
Oui, Bernardo... Je suis aussi surprise que toi.
[elle souffle] [des pas s'approchent]
[elle chuchote] Mais non, pas ici, enfin !
[Don Diego souffle] Encore des oranges ?
Il devient urgent de diversifier nos cultures.
Mmh ?
- Diego ? - Oui ?
J'ai quelque chose à te dire.
- Parfois, le... - [il renifle]
La vie nous...
nous offre des défis nouveaux
que nous ne pensions jamais devoir relever.
Et...
Continue, je t'en prie.
Je sens que Nakaï a besoin de toi.
Je...
Je sais que cette paternité est aussi nouvelle que soudaine, mais...
Je sens que Nakaï est en demande.
Oui... Tu as raison, ma chérie.
Je vais le trouver de ce pas.
Merci de ta franchise.
[ses pas s'éloignent]
[chuchotant] Ne me regarde pas comme ça.
[chuchotant] Je te jure que j'allais lui dire,
mais c'est pas si facile, comprends-moi.
[chuchotant] Mais parle-moi, au moins.
[chuchotant] Il n'y a rien de pire que ce silence,
ce mépris.
[chuchotant] Dis-moi quelque chose.
[chuchotant] J'ai une idée, mon amour. Fuyons.
Partons loin d'ici. Rien que tous les deux.
Le bonheur absolu pour l'éternité.
Mais attends-moi !
[bruit de vent] [musique romantique]
[chuchotant] Mais comment fais-tu ?
Un magicien ne dévoile jamais ses tours.
Oh, tu vas me rendre folle.
[Gabriella gémit]
[la musique devient calme]
[ambiances du bar]
[des gens s'exclament]
Il a un vrai problème de double personnalité.
Et quand c'est moi qui le dis...
[il soupire]
[il tapote son verre sur le bar]
Bon, allez.
[il souffle]
[des coyotes glapissent au loin]
[jouant mal] Oh non, quel malheur...
Oh non, quel malheur !
Euh...
Nous sommes attaqués.
Oh non, quel malheur...
Et je suis tout seul pour garder la garnison.
[musique intrigante]
[bruits de bisous]
[un cheval souffle]
[un cheval hennit] [bruits de sabots]
[garde, jouant mal] Yah ! À l'attaque !
[l'autre garde, jouant mal] On va tout voler !
[sergent, jouant mal] Oh non ! Quel malheur !
Et moi qui suis tout seul ce soir pour garder la caserne.
C'est vraiment pas de chance.
Il faut chercher Zorro ! Vite !
[garde] À nous la poudre !
[l'autre garde] On a dit de la prendre, la poudre ?
[jouant mal] Tu vois bien... qu'on se fait attaquer ?
Ces bandits à l'allure belliqueuse vont nous dérober la poudre à canon.
[jouant mal] Il faut chercher Zorro !
[des criquets stridulent]
[garde] Comme il dit, on est belliqueux et on va tout voler !
- [un cheval hennit] - [sergent] C'est qui, eux ?
[bandits] Yah ! Yah !
[sergent] Non, non ! Vous allez faire foirer mon plan !
Oh ! Sortez de là !
- [sergent] Sortez ! - [bandit] Attrapez la poudre !
[explosion]
[musique tragique]
À l'aide !
[sergent] Zorro !
[la musique devient trépidante]
[le cheval hennit]
[la porte grince]
[la musique s'arrête]
[Gabriella gémit] [le lit cogne]
[elle gémit] Oh, Bernardo !
[Gabriella] Oh, Bernardo !
[elle gémit]
[elle crie] Ah, Bernardo !
[Gabriella est essoufflée]
[Zorro] Euh...
Mais vous êtes qui alors ?
Hein ? Moi, c'est Zorro. Je m'appelle Zorro.
Mais lui, c'est qui ?
Ben, c'est Bernardo, c'est ça ? Il s'appelle Bernardo ?
Oh !
Oh j'avoue, je suis soulagée.
[aucun son ne sort de sa bouche]
[imitation de détonations]
Vous pouvez lui dire de partir ? Ça devient gênant.
Oui, Bernardo...
Bernardo...
[sèche] Bernardo.
[Gabriella se remet à gémir]
[Gabriella] Attention au bruit du lit.
- [Zorro] C'est le sanglier. - [ils rient]
[rire triomphal de dehors] Ah ! Pris la main dans le masque.
- [musique d'action] - T'es tombé dans mon piège.
Je dirais même plus, dans le piège de mon piège !
Regardez,
il a même pas eu le temps d'enfiler sa tenue ridicule.
[la musique s'arrête] [il rit dans sa barbe]
[le sergent souffle]
Qui êtes-vous ?
Zorro. Ça suffit maintenant.
Donc c'est pas Bernardo... ?
Ça, je l'ai toujours dit.
[Gabriella] Aïe.
[sergent] Señora de la Vega ?
Euh... Oui ?
C'est encore ma chambre.
Serait-il possible d'avoir un petit peu d'intimité ?
Oui, oui, bien sûr, bien sûr !
Allez, allez !
Mais non, non, non !
C'est le moment ou jamais ! Attrapez-le !
[garde] Euh... Lequel ?
Celui-là !
Incapables !
[musique d'action]
[coup de fouet]
[Gabriella crie]
Il est là.
Non, non ! Pas ça.
Oui, ça, oui.
[Gabriella crie]
[la musique s'arrête]
[sergent] Bon.
[un air solennel est sifflé]
Finie la rigolade.
[légers chocs métalliques]
[Zorro ricane]
[tintements d'épée]
[la musique s'arrête]
[Zorro ricane]
[tintements d'épées en rythme]
[le rythme ralentit]
Bon, allez.
- [sergent] Rattrapez-le ! - [garde] Oui, Sergent.
[sergent] Et vous cernez l'hacienda !
[musique trépidante]
- [garde] Il est là ! - [autre garde] Il est où ?
[autre garde] C'est Zorro, il est là !
- [garde] C'est fermé. - [autre garde] Faites le tour.
[la musique s'arrête] [des pas descendent les marches]
Allez, dépêche-toi.
[musique de suspense]
[propos inaudibles]
[la musique s'arrête] Ah, ben non.
Ben, elle est où, la main ?
[la musique reprend]
[amusé] Oh, ben elle est là !
[le garde gémit]
[la musique devient trépidante]
[le garde s'effondre]
[la musique s'arrête]
[musique trépidante]
[chuchotant] Il est fait ! Garde la porte.
[garde] Ouh, là. Bonsoir.
[Don Diego] Que faites-vous dans ma chambre ?
- [Don Diego] Sortez ! - [garde] Pardon. Je savais pas.
Et alors ?
C'était pas lui.
Mais j'ai réveillé Don Diego. Il était pas content.
C'est pas possible, attends...
[garde] Dites-moi, on cherche... [il crie]
[bruits de bagarre] [trois tintements]
[la porte s'ouvre]
[la musique s'arrête]
[il glousse]
Ben tu trouves ça marrant ?
[la musique reprend]
- [sergent] Où est Zorro ? - [Gabriella] Je ne sais pas.
- Vous le cachez. - Non, je ne le cache pas.
Où est... Ça va, toi ! Ouh, alors là.
[Bernardo soupire]
- Où est Zorro ? - Je ne sais pas.
Si vous parlez pas devant moi,
vous avouerez devant votre mari.
- [criant] Où est Zorro ? - Je sais pas !
Sergent !
Don Diego, mille excuses.
Nous avons découvert Zorro avec votre señora dans votre lit.
[sèchement] Sortez de chez moi.
Mais señor ...
[Don Diego] Sortez. Sortez de chez moi.
Je vous assure qu'elle vous trompe avec.
[criant] Sortez !
[Gabriella soupire]
[les pas s'éloignent]
[Don Diego soupire] [musique dramatique]
[Gabriella soupire]
[le vent souffle] [des oiseaux pépient]
[la musique s'arrête] [Gabrielle soupire]
[elle sanglote]
Tu pars ?
[à voix basse] Je suis désolée, mon ange.
[elle respire fort]
[murmurant] Diego...
[Gabriella] Diego ?
Diego ?
[Gabriella respire fort]
[musique triste]
[Don Diego, en off] "Mon amour,
"durant cette longue nuit sans lune,
"la colère a laissé place à un grand vide,
"puis à une triste réflexion.
"Je ne suis plus l'homme qu'il te faut.
"À notre quotidien confortable, mais saupoudré d'ennui,
"tu as préféré une vie d'aventure avec un homme héroïque et fougueux,
"à la musculature saillante,
"au gainage proche de la perfection
"et au charisme sans faille,
"qu'il m'arrive parfois d'admirer.
"Comment t'en vouloir ?
"C'est donc en toute conscience que j'ai décidé de me retirer
"pour vous laisser vivre pleinement votre amour.
"Je suis certain qu'ensemble,
"vous saurez élever notre petit Nakaï
"vers le fabuleux destin qu'il mérite.
"Vous prendrez aussi bien soin de notre belle hacienda,
"dont les murs commencent à se déliter.
"Ci-joint, l'estimation de menuiserie.
"Le chiffre est corsé, "mais le chantier est nécessaire."
[la musique devient dramatique] [le cheval hennit]
[Don Diego] "Enfin, je vous laisse les clés de Los Angeles,
"la bien-aimée qui, entre vos mains,
"atteindra toute sa grandeur."
[ambiances du village] [le cheval hennit]
[le cheval hennit] [Zorro ricane]
Bonjour.
Superbes, les hortensias.
Euh... Merci.
[Bernardo souffle]
[Don Diego] "Évidemment, tout ceci doit te paraître bien anecdotique
"en comparaison de la passion qui anime ton cœur,
"et c'est bien normal.
[des pas approchent]
"Car l'amour est le but suprême de l'existence.
"Mais j'ai appris à mes dépens
"qu'il est suprêmement difficile d'aimer,
"et d'être aimé.
"Me voilà comblé de savoir que tu y es parvenue.
"Adieu, Gabriella.
"Sois heureuse."
[la musique s'arrête]
[musique de "Qui est Zorro"]
[la musique s'arrête]
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