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...
Il tatoue.
Un téléphone sonne.
...
- Allô ?
-Tu m'entends ? - Non, pas bien.
-J'ai pas de réseau.
Je suis sur un cargo, tu dois me rejoindre.
-Quoi ? T'es pas à ton congrès ?
- Non. Ecoute-moi. Le cargo fait escale mardi prochain
à Rio. - Je dois venir à Rio ?
-J'ai déconné.
J'ai déconné grave. J'ai besoin de toi.
- Oui, je vais venir. Je viendrai.
-Le dis à personne.
- Je dis rien, je te jure.
Le son grésille. *-Il y a des places passagers.
L'Interlaken. C'est le nom du cargo.
Je t'entends plus, là. T'as compris ?
- Julia ?
- Je t'aime, tu sais ?
Générique.
...
...
- Mikael.
Grésillements.
Sonnerie.
-Centrale C&M Marine Carriers. A vous.
- Capitaine Adrian Wohnrau, pour Patricia Chambercy.
-Je vous mets en contact avec son comptable.
Mme Chambercy ne répond pas. Vous voulez qu'elle vous rappelle ?
- Trouvez-la. On vient de tuer un de mes hommes.
- Notre société C&M Marine Carriers
fondée il y a 25 ans à Genève par feu mon père Mathias Maurer
et sa compagne, Patricia Chambercy,
est un des fleurons de la marine marchande suisse et est prête
à relever les défis du XXIe siècle.
Le vent va tourner, c'est le cas de le dire.
En investissant aujourd'hui, vous pourrez devancer les géants
du secteur. Le projet EA, c'est une flotte
de cargos avec des voiles immenses
qui assurent 25% des besoins en énergie.
Combiné avec des moteurs qui tournent au biocarburant,
c'est une réduction de 65%
des émissions carbone qui se profile.
- Votre beau-fils est un vendeur hors pair.
- C'est mon associé, pas mon beau-fils.
Je n'ai pas épousé son père.
A propos, j'ai un autre cargo qui remonte du Chili au Mexique,
sans escale, cette fois.
- Nous avons décidé d'attendre la fin de la transaction
avant de nous engager sur d'autres voyages.
- Je croyais que vous vouliez davantage de livraisons.
- Mme Chambercy, cette marchandise est très précieuse pour nous.
- Le volume ne fait pas la qualité.
- Bonne journée.
- Hé.
Les Saoudiens veulent en savoir plus.
Ca va ?
- Le chef mécano de l'Interlaken a été tué par un matelot.
- Quoi ? - Si ça fuite dans la presse,
on est morts. Les banques vont nous lâcher.
- Qui est-ce qui... - Le commis de cuisine.
Florian Bonnel. - Celui que j'ai embauché ?
- Oui. On peut dire que t'as eu du nez sur ce coup-là.
Sirène de bateau.
- Oh, fait chier...
- Papa, après l'école, t'iras au cheval ?
- C'est maman qui viendra te chercher.
- Ca fait longtemps !
- J'ai rencontre parents d'élèves.
Finis de manger et va t'habiller.
- Hé ho !
On se calme, là, sur le chocolat.
Je vois plus le pain.
- Maman, tu sais, ma copine Chloé
a un chat avec des poils
blancs.
- C'est pas important, la couleur.
Ils sont tous jolis. - Moi, je veux un noir.
Le téléphone vibre.
...
Je l'aurai pour mon anniversaire ?
Je l'aurai
pour mon anniversaire ?
- Markovic. Dis-lui que tu travailles plus pour lui.
- Aurélie, c'est l'heure de la patrouille.
- Mueller va dire au revoir à son permis de conduire.
Il va ranger son SUV. - Ce sera que la troisième fois.
- On fait un pot, vendredi. Tu restes ?
- Ca y est, je suis intronisée ?
- Ca va, tu sais qu'on est contents de t'avoir, lieutenant.
- Merci.
- Tu t'ennuies pas trop ? C'est pas la Judiciaire.
- Non, ça me va très bien.
Regarde qui voilà.
Bonjour, M. Berthoud.
- Elle est où, ma maison ?
Elle était ici.
- On va vous ramener chez vous. - Mais c'est chez moi, ici.
- Non, plus maintenant. Vous me suivez ?
Brigadier.
- Lieutenant.
- J'allais te rappeler. - Non, tu n'allais pas.
Le café est... - Meilleur
qu'à la PJ, oui.
- Tu serais surprise.
On a investi dans une nouvelle machine.
Je ne suis pas venu pour ce que tu crois.
Florian Bonnel, ça te dit quelque chose ?
- C'est pas mon heure de gloire.
Sirène de police.
- Arrête, Florian !
- Lâchez-le immédiatement !
- Ca va ?
- Ca va, ça va.
- Qu'est-ce qui s'est passé ?
- Ils sont venus m'emmerder et ça a dégénéré, regardez.
- Elle est où ? - Doucement.
- Sortez vos pièces d'identité.
Et vous aussi.
- Ma fille Julia a disparu depuis deux semaines.
Il sait où elle est.
- Vous la connaissez ? - Mais bien sûr !
C'est son petit ami ! Ils étaient à Istanbul ensemble,
il est rentré seul !
- Julia veut plus les voir. C'est des fous.
Ca se voit pas ?
- Vous savez où se trouve Julia ?
- Non. - Il ment ! Il le sait.
Il est arrivé quelque chose à ma fille.
- Arrêtez. Il y a deux jours, elle allait bien.
- Dis-nous où elle est ! - Monsieur...
- Tout le monde au poste.
- Non. Je pisse le sang, moi.
Je dois voir un toubib, j'ai le poignet pété.
- Ne l'écoutez pas. C'est un manipulateur.
- Appelle une voiture, emmène les parents.
Je passe aux urgences avec lui et j'arrive.
Il s'est passé quoi, exactement ? - Qu'est-ce que ça peut vous faire ?
- Vous avez tout intérêt à me donner
votre version des faits.
- Vous allez croire qui ?
Le tatoueur ou les bourges ?
- Vous fréquentez Julia depuis quand ?
- Bientôt deux ans.
- C'est du sérieux.
- C'est la première fille avec qui je peux vivre.
- Vous vivez ensemble
et vous savez pas où elle est ?
- On contrôle pas ce que fait l'autre.
On est libres. Aucun compte à rendre.
- C'est pas l'avis de ses parents.
- Ca les fait chier qu'elle soit avec moi, ils me détestent.
- Alors...
- Je sais que c'est une adulte,
mais Florian a une mauvaise influence sur elle.
- Que voulez-vous dire ? - Notre fille a étudié
le droit.
Elle a une maîtrise. Et tout ça pour quoi ?
Pour s'amouracher d'un tatoueur ?
Pour terminer dans une ONG antisystème ?
- Non, tu exagères, là. C'est bien, ce travail.
- S'il lui est arrivé quelque chose, on vous aura prévenus.
- Je vous propose d'attendre quelques jours
et on regarde comment ça évolue.
Vous l'avez dit, c'est une adulte.
- Vous m'avez pas montré votre carte d'identité.
Qu'est-ce qui s'est passé, à Istanbul ?
- Rien. Il s'est rien passé.
- M. Florian Bonnel.
C'est là-bas que vous l'avez vue
pour la dernière fois ? - Oui.
On devait passer une semaine tous les deux à profiter de la mer,
du soleil, tout ça. - Et ?
- Et je suis rentré seul, elle a continué de son côté.
- A faire quoi ? - A voyager. Elle est en congé.
- Bien sûr.
Et elle vous a appelé,
il y a deux jours ? - Oui.
Pour me dire que ça allait, que je lui manquais.
- Montrez-moi votre téléphone.
- Vous trouverez rien.
Son boulot lui fournit des téléphones trafiqués.
Elle laisse pas de trace.
- Ah ouais ? C'est quoi, son boulot ?
- Faire tomber des multinationales.
- C'est elle ?
- Oui.
- Je comprends que vous l'aimiez.
- Ecoutez, j'ai jamais fait de mal à Julia.
Vous pouvez me croire.
- C'est peu profond.
Vous changerez le pansement à la maison.
- C'est au poste qu'il va,
pas à la maison.
- Je dois vérifier qu'il n'y a pas de lésion interne.
On va faire un scanner pour écarter la commotion.
- Je vais pas pouvoir aller chercher
Anouchka, finalement. Je suis aux urgences.
Non, c'est pas pour moi.
Florian !
Stop !
Florian !
Florian !
...
- Ce sont des choses qui arrivent.
On l'a retrouvé au milieu de l'Atlantique,
sur un cargo de la marine suisse. Il a été arrêté pour meurtre.
- Meurtre ? De qui ? - Un marin.
Un Norvégien, je crois.
Ca s'est produit entre Rio de Janeiro et Le Cap.
Eaux internationales,
pavillon suisse.
C'est notre juridiction qui s'applique.
Je dois trouver quelqu'un
pour aller le chercher au Cap, rapatrier le cadavre,
les pièces à conviction, etc.
Tu en dis quoi ?
- J'en dis une chose. Enfin, deux.
Je suis surprise et je suis plus à la police judiciaire.
- J'en ai discuté avec ta cheffe. Pour elle, c'est tout bon.
- Non, Markovic. Trouve un autre coursier.
- Arrête. Tu connais le suspect.
J'aimerais que ce soit toi.
- J'ai fait une promesse à ma fille et à mon mari.
Celle d'être rentrée à la maison pour 18h.
- Je te demande pas de revenir
à la PJ, juste de me rendre service.
Tu peux faire ça ?
...
-Cette caisse n'est pas une marchandise comme les autres.
Tu le sais bien. - Justement.
C'est une folie de la garder ici. Il faut la décharger au Cap.
- Non. Elle est attendue au Sri Lanka.
On doit aller jusqu'au bout. Je risque gros.
- Avec la police, c'est moi qui risque gros.
- Mais non, ils viennent pour le meurtre.
Ils fouilleront pas le bateau.
-C'est pas juste ça.
Tout mon équipage est à cran, tu comprends ?
J'ai enfermé le gamin pour l'isoler,
mais je ne peux pas garantir sa sécurité.
- Tu dois les tenir. C'est toi, le capitaine.
J'ai confiance en toi.
...
- Tu veux ?
- Non.
- Qu'est-ce qu'il y a, Gaspard ? - Il va me falloir un commis.
- J'ai demandé à la compagnie. Les patrons sont sous le choc.
- Je vais pas tenir, à ce rythme.
- Ca te fait une bouche de moins
à nourrir. - Putain, ce que t'es con.
T'y crois, que c'est le Suisse ?
- Bien sûr. Ce serait qui d'autre ?
- Bah... Moi ? C'est évident. Thorsten mangeait pour deux !
- Et buvait pour trois !
Ils rient.
- Salut.
- Salut.
- Je veux ça.
Je pensais...
Ici.
- Je peux ? - Hm hm.
- Ici, la courbe naturelle est mieux.
Juste sur la colonne, ça fait un mal de chien.
- OK. Ca me va.
Je me mets où ?
- Non, il faut que tu réfléchisses.
- Réfléchir à quoi ?
- Je sais pas, c'est ton corps.
Un tattoo, c'est pas un coup d'un soir,
c'est pour la vie.
- Non, c'est maintenant. Demain, j'aurai plus envie.
- Il joue à quoi, Markovic ? - A rien.
- A rien ?
Vraiment ?
Vous vous mentez tous les deux.
- C'est qu'un boulot de coursier.
- A l'autre bout du monde ?
Je te comprends pas, Aurélie.
- Si je l'avais arrêté, il aurait pas tué ce marin.
- Voilà, on y arrive... Markovic sait très bien
sur quel bouton appuyer.
Tu avais promis que tu te mettrais plus en danger.
- J'ai pas changé d'avis.
- Je veux que t'ailles mieux.
- Je vais mieux.
- Tu seras rentrée pour l'anniversaire d'Anouchka ?
- Promis.
- Je peux
vous poser une question ?
Comme je pars avec elle, j'aimerais savoir un truc.
- Pourquoi Aurélie
nous a quittés ?
Vous avez entendu parler de la ferme du Salève ?
- La descente
qui a mal tourné ?
- On avait préparé l'assaut, tout devait bien se passer.
C'est toujours ce qu'on pense. - Elle était avec vous ?
- Aurélie dirigeait le groupe qui devait intervenir.
Celui qui assurait nos arrières s'est tout pris.
Deux gars et une fille sont tombés,
dont une copine à elle avec qui elle avait fait
l'école de police.
Quelque chose s'est cassé.
Elle était plus la même. Elle voulait plus faire de terrain.
Elle a pas réussi à remonter la pente.
Au bout de six mois, elle a demandé sa mutation.
- Inspecteur Adama Drago. Content de vous rencontrer.
- Moi aussi. - Vous avez les salutations
de Carlo et Thierry, ils m'ont dit de vous dire...
Vous leur manquez.
- On s'est jamais rencontrés.
- Non, vous étiez partie quand j'ai commencé.
Ca fera bientôt six mois. - Oh ! Alors, vous êtes tout neuf.
- Oui, j'ai attendu longtemps.
- Et alors, on a quoi ?
- J'ai de quoi faire des relevés et la liste de l'équipage.
On a des photos du lieu du crime. Pas d'arme, à cause des douanes.
On peut en demander une à la police.
J'ai fait la demande
en votre nom.
- Et pour vous ? - Je suis pas autorisé.
- Ca devrait pas être utile.
Des ouvriers travaillent.
...
...
- Sur les photos, on se rend pas compte.
...
Il y a deux jours,
je savais pas que ça existait, la marine marchande.
- Capitaine Adrian Wohnrau. Mon second, Mikael.
Tonio, notre maître d'équipage.
- Lieutenant Aurélie Mercier.
Inspecteur Adama Drago. - Bienvenue,
malgré les circonstances. Je vous aurais volontiers
fait la visite, mais à quai, chaque minute en vaut deux.
Je suis ravi de vous voir prendre le relais,
lieutenant.
C'est la première fois
que j'ai dû appliquer l'article 57 alinéa 2.
Je vous rassure, j'ai tout consigné.
- Que savez-vous des circonstances du meurtre ?
- Florian a été trouvé sur le pont.
C'était lui, sans l'ombre d'un doute.
- Vous l'avez interrogé ? - J'ai essayé.
Il a refusé de me répondre.
- Pas de témoin direct ?
- Pas de témoin direct.
Un marin qui n'est pas de quart dort.
- Vous avez une idée du mobile ?
- Oh, vous savez, en mer,
ça peut très vite déraper pour rien.
- Trancher une gorge pour rien, c'est pas tous les jours.
- Voilà pour vous.
On l'a retrouvé
à côté du corps.
C'est le collier du gamin.
-"Du prévenu", capitaine.
- Il portait aussi ce pull sur lui.
- C'est le sang de la victime ? - Je suppose.
- Vous avez trouvé l'arme ?
- Je pense qu'il l'a jetée par-dessus bord,
mais j'en sais rien.
- Comment Florian Bonnel
s'est retrouvé dans votre équipage ?
- Il est monté à Rio il y a neuf jours.
- C'est vous qui l'avez engagé ? - Non, jamais.
Les recrutements sont faits par la compagnie, à Genève.
Le cuistot a tout de suite vu que le... prévenu
ne connaissait rien en cuisine.
Mais bon, pour couper des carottes...
- Bien.
Voilà comment ça va se passer.
La police sud-africaine va venir récupérer le corps,
le prévenu, et nous avec. Et entre-temps,
mon collègue et moi allons prendre les dépositions.
- Lieutenant,
j'ai plusieurs milliers de tonnes à charger avant 15h.
C'est le créneau qu'on m'a donné. Après, on lève l'ancre.
- Je le comprends.
Ne vous inquiétez pas, si tout le monde coopère,
vous serez à l'heure.
- On a déplacé le corps dans la chambre froide de secours.
On pouvait pas le laisser dans l'autre.
- Depuis quand la victime travaillait sur l'Interlaken ?
- Au moins une dizaine d'années.
Cette compagnie, c'est une grande famille.
A propos, autant vous le dire,
le capitaine, c'est mon père.
- Oui, on l'a vu sur la liste.
Et puis, l'accent.
- Merci. Vous pouvez nous laisser.
Hématome au niveau du maxillaire droit
porté par un objet contondant.
Adama, vous prenez les photos ?
Orifice large
au niveau du pharynx causé par un objet tranchant.
Entaille nette
indiquant une double lame.
Vraisemblablement, un poignard.
- Il était là.
- Vous avez nettoyé la scène du crime ?
- On a besoin de passer ici chaque jour.
- Et qui a pris ces photos ?
- C'est le second.
...
- L'extincteur était à sa place ?
- Oui, je crois.
- Adama, vous en relevez les empreintes ?
Vous savez qui a un poignard, à bord ?
- Tous les matelots. C'est de l'équipement basique.
- Même les hommes en cuisine ? - Non, mais ils ont des couteaux.
Le gamin
n'avait qu'à se servir. Vous voulez que je demande
au cuistot s'il lui manque quelque chose, un couteau ?
- C'est pas la peine.
On a étudié la liste
de l'équipage. C'est pas des enfants de choeur.
- On peut dire ça, oui.
- Le cuisinier a un casier, un matelot a fait la guerre
du Kosovo et votre maître d'équipage
a fait la Légion étrangère.
- Il sait donner
des ordres et les suivre. - Et votre passagère ?
Famke Weber, 20 ans de prison pour terrorisme.
- Croyez-moi ou pas,
c'est la plus tranquille de tous.
Jamais rien à signaler.
Il n'y a pas de cellule à bord,
alors on a vidé un entrepôt de tous ses objets
pour éviter qu'il fasse des bêtises.
Il sera content de vous voir.
Ca fait quatre jours qu'il est enfermé.
- Merci, capitaine, vous avez fait votre travail,
et maintenant, nous sommes en charge.
- Loi fédérale sur la navigation sous pavillon suisse, article 57.
- Thorsten était un ami. Je veux savoir.
- Je vous tiens informé.
- C'est vous ?
C'est vous qu'on a envoyée ?
- Bonjour, M. Bonnel. Je suis le lieutenant Mercier.
Voilà l'inspecteur Drago.
Nous allons vous rapatrier en Suisse.
Vous allez être transféré à terre,
et ensuite, nous prendrons un vol pour Genève.
- Non.
- Vous êtes suspecté d'avoir tué un homme, c'est très grave.
- C'est faux, j'ai pas tué Thorsten.
Je sais que tout m'accuse, mais c'est pas arrivé.
Vous devez me croire.
- La dernière fois, vous vous êtes enfui.
- J'avais un avion à prendre.
- Résultat, moi aussi. 13h de vol.
J'aurais pu m'en passer.
Maintenant qu'on est là,
on veut bien entendre votre version.
- Thorsten m'est tombé dessus.
Ce soir-là, j'ai commencé à chercher Julia.
Je suis descendu pour la première fois dans les cales
et ça a pas plu à Thorsten.
- Franchement, j'ai failli y passer.
- Heureusement,
il y avait un extincteur.
Après, dans ma cabine, je revoyais les images en boucle.
J'ai compris
que si je le laissais là-bas, il allait y passer,
donc j'y suis retourné.
Quelqu'un était passé et lui avait fait sa fête.
Là, j'ai oublié de ramasser le collier.
Il vomit.
C'était le tour de garde d'Andrzej, c'est lui qui m'a trouvé.
Je sais pas qui a fait ça et je sais pas pourquoi,
mais c'est pas moi.
Vous me croyez pas,
je le vois bien.
- C'est pas mon travail, de vous croire.
C'est celui de votre avocat. Je dois vous ramener
en Suisse. - Non.
Je peux pas descendre.
Je dois rester à bord. - Impossible. Le cargo repart.
- Julia.
- Quoi, Julia ? - Ma copine.
- Celle de la photo ? - Oui.
Elle est montée sur ce cargo.
- Elle était ici, sur ce cargo ? - J'en suis certain.
Quelque chose est arrivé à Julia.
- Vous avez demandé à me voir ?
- Entrez et fermez la porte.
- Oh...
C'est Mikael.
Il était mignon ! - Vous êtes ici sur un cargo
de la marine marchande, pas sur un bateau de croisière.
- Pourquoi vous me dites ça ?
- A cause de votre comportement déplacé envers certains
membres de l'équipage.
- Pardon ? - Ca n'a rien d'amusant
et ça doit cesser immédiatement.
- Aucun problème.
- Vous descendez demain
à Dakar. - Mais pourquoi ?
Parce que vos hommes ne savent pas se tenir ?
J'ai payé jusqu'au Cap,
je descends au Cap. - Je ne vous demande pas votre avis.
C'est moi qui commande.
Vous descendrez demain discrètement.
- Discrètement ?
Vous vous occupez bien de votre fils.
- Pour qui vous vous prenez ?
- Vous savez pas qui je suis
ni ce que je sais !
Julia claque la porte.
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