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RAPPEL HISTORIQUE

L'�le de Gaillardie fut d�couverte en 1720

quand un vaisseau anglais charg� d'oranges

fon�a dessus dans le noir.

La Grande-Bretagne gagna une colonie, le capitaine perdit son permis.

et les habitants mang�rent de la marmelade pendant des mois.

Quel cadeau empoisonn� pour la Grande-Bretagne !

La famille royale �tait divis�e en deux clans ennemis.

Le nord et le sud se livraient une guerre incessante.

Seule la haine des anglais les r�unissait

Apr�s 200 ans de tourmente,

La Grande-Bretagne fut ravie d'accorder son autonomie � l'�le.

Suite � un malencontreux oubli

son repr�sentant sur place n'en fut pas inform�,

et en 1959, dans la plus pure tradition du service diplomatique,

il �tait toujours en place.

Top secret Extr�mement urgent

Minist�re des Colonies

La Gaillardie ?

Inconnu ici. Essayez aux Affaires Etrang�res

Alors ?

Les archives.

J'ai trouv� la Gaillardie.

C'est du ressort du service "Territoires divers".

M.Carlton-Browne.

TERRITOIRES DIVERS. M.CARLTON-BROWNE

Courrier entrant

Courrier sortant

Cadogan.

- Ton th�. - Merci, m�re.

Arthur, buvez le v�tre, il va refroidir.

Quelles nouvelles ?

- Hartington est mort. - Hartington ?

Ils avaient istanbul quand nous avions Belgrade.

- Combien de paragraphes ? - Deux.

Seulement ?

- Mildred sera d��ue. - Que disent-ils ?

Je paie d�j� ton journal, je ne vais pas te le lire !

Qu'as-tu fait encore !

Je vais r�pondre.

Laisse !

Je ne l'ai pas fait expr�s. C'�tait un accident.

Comme d'habitude.

On t'attend au minist�re. C'est urgent.

Urgent ? Impossible.

Tu as beau te pr�tendre d�bord�,

m�me dans ton service, quelque chose peut arriver.

Alors arr�te de tra�ner !

File !

Tant qu'il reste de la porcelaine.

N'oublie pas qu'Angela Chessignton est en ville.

Elle voudra te voir.

Quand ? Je d�jeune au club entre 12h et 15h,

et je joue au squash avec Binkie � 17h.

Ou alors pour le th�, vers 16h ?

Qu'elle n'oublie pas son imperm�able.

Pourquoi ? Il fait beau.

File donc !

Parfois, je me demande ce que j'ai engendr�.

Une �pouse comme Angela lui ferait du bien.

Mais il ne s'int�resse pas � elle.

Elle a de la moustache.

�a peut s'arranger.

Il manque totalement d'ambition. J'abandonne.

S'il dirige ce service, c'est qu'on l'appr�cie.

"Territoires divers" ? "Le placard", on l'apellait !

Carlton-Browne ?

- Le ministre vous attend. - Moi ?

Depuis 10h.

C'est un canular ?

- Un pli est arriv� de Gaillardie. - Qu'est-ce donc ?

Une ancienne colonie.

Dans ce cas, ce n'est pas mon affaire.

Il faut croire que si.

- Qui est notre homme sur place ? - Personne, normalement.

L'exp�diteur, Davidson, aura�t d� rentrer en 1916.

�a peut �tre un probl�me, il n'a pas l'air tr�s r�actif.

- De quand date son dernier envoi ? - Du couronnement de la Reine.

Quel manque de s�rieux ! �a remonte � six ans !

Pas cette reine. Victoria.

Entrez.

Le message d�cod�.

- Et le th� ? - Je vais me renseigner.

�coutez-moi �a.

"Trois danseurs d'une troupe cosaque..."

"en visite officielle sur l'�le"

"m'apparaissent n'avoir aucun sens du rythme.Stop."

"Il s'agit d'un �minent scientifique et de deux ing�nieurs des mines."

Des ing�nieurs qui dansent ? �a ne vous para�t pas louche ?

Finement observ�.

�a continue. "Attends instructions et nouvelles de mon salaire."

Que de soucis ! On ne le paie pas ?

Plus depuis 40 ans.

Quel manque de s�rieux ! La comptabilit� va m'entendre.

Et renseignez-vous pour le th�.

Bien, CB.

Je dis au ministre que vous arrivez ?

J'imagine.

Un instant !

O� se trouve la...Gaillardie ?

Vous feriez mieux de vous renseigner. Il va vous le demander.

O� se trouve la Gaillardie ?

Sur le 33�me parall�le, bien entendu.

Elle b�n�ficie de la clause de la nation la plus favoris�e.

Son roi est fiable ?

Tout porte � le croire.

Son tailleur est anglais.

C'est un peu l�ger, non ?

Son fils cadet est � Oxford.

Il vit ici depuis sa plus tendre enfance.

Ces Cosaques trament quelque chose. Le sol est riche ?

Y a-t-il eu une �tude ?

Eh bien ?

Y a-t-il eu une �tude ?

- Oui, en 1870. Mais elle a disparu. - O� �a ?

- Mang�e par les rats. - Quelle honte !

Pas les n�tres. Ceux du minist�re des Colonies.

Il y aura une enqu�te.

Coupons l'herbe sous le pied des Russes !

Il faut que nos experts se rendent sur place.

Mais comment ?

Un peu d'initiative, Carlton-Browne ! C'est votre service, apr�s tout.

Difficile de les d�guiser en danseurs cosaques.

Je sais bien.

J'attends de vous une id�e constructive.

Je pensais...

Bon d�but.

- Faisons appel au British Council. - Comment �a ?

Comment ? Une mission culturelle !

Qu'ils montent un spectacle. Nos experts voyageront avec eux.

Oui, �a pourrait marcher.

Mais le British Council ne doit rien savoir.

Occupez-vous en.

Je veux que ce spectacle reste dans les annales.

En pr�sence de sa Majest� le roi Loris,

le British Council vous convie � un festival de danse

T�chez d'�tre en mesure, sir John.

Je ne vois pas de femmes.

Il n'y a pas de femmes, p�re.

Ces Anglais...

Si tu n'y vois pas d'inconv�nient, je suis pr�t � m'�clipser.

Assassinat du roi et du prince

Flash : La Pravda accuse les Britanniques

d'avoir supprim� Loris et Junior.

L'�ditorial du Times demande si la mort du roi Loris

ne serait pas imputable aux vis�es imp�rialistes de l'Est.

La Grande-Bretagne pleure son plus vieil alli�

Le guide de la Gaillardie

Qu'est-ce ? O� est-ce ? Pourquoi ?

Une beaut� gaillarde (105-60-100) pleine de vie

La pire demi-heure de ma vie � la Chambre !

Et demain, je devrai encore r�pondre � quatre questions !

Beaverbrook veut faire fermer le British Council

et pour couronner le tout, l'ONU veut un rapport d�taill�.

Qui a eu l'id�e idiote d'envoyer nos hommes l�-bas ?

- Le minist�re des Colonies ? - C'�tait vous, Carlton-Browne !

- Moi, monsieur ? - Oui, vous, monsieur.

Et vos experts ? Que disent-ils ?

- Rien. - Pourquoi ?

Ils ont disparu.

- Et Davidson ? - Qui �a ?

Celui qui aurait d� rentrer en 1916 !

Il a la goutte. Il est alit�.

"Il a la goutte" ! Alors qui sont nos contacts ?

C'est assez confus.

Il y a le nouveau roi, qui a grandi ici.

Au sud, son oncle, le grand-duc Alexis,

revendique lui aussi le tr�ne. Ils sont � couteaux tir�s.

Querelle de famille !

Il y a un gouvernement ?

Oui. Inspir� du n�tre.

Le premier ministre est un M.Amphibulos.

- Retors, apparemment. - Comment �a ?

- C'est un politicien. - Moi aussi.

Je voulais dire : il est flexible.

Il faut voir le jeune roi.

Justement, je l'ai appel� � Oxford hier soir.

- Vraiment ? - Nous avons rendez-vous ce matin.

Il sera l� dans...20 minutes.

Je vous assure que non.

A moins que son avion ne fasse demi-tour !

Il a d�coll� de Londres � 8H30 ce matin.

Il voyage incognito. Il faut l'apeller M.Jones.

M.Jones ?

Je vous sers un verre, M.Jones ?

Volontiers.

- Un vermouth sec ? - Une bi�re.

- Qui est-ce ? - C'est Melle Adrianos.

- O� descend-t-elle ? - Pas avant Durbos, il me semble.

On verra bien.

Une bi�re pour Sa Majest�.

- Un vrai British ! - Pas qu'un peu.

Votre bi�re.

- Vous �tes du sud. - Qu'en savez-vous ?

Les Gaillardes du sud sont les plus jolies.

- Que faisiez-vous en Angleterre ? - J'apprenais l'anglais.

- Votre accent est charmant. - Au contraire.

Votre anglais est parfait.

Normal, j'ai grandi l�-bas. C'est pour dire !

- Vous dire quoi ? - Tout.

Je veux tout savoir de votre vie.

Je vous ennuierais. Je ne connais m�me pas votre nom.

Il n'est pas tr�s facile � porter en Gaillardie. Je m'apelle...Jones.

Que lui avez-vous dit ?

Trois fois rien. Juste que les Russes avaient d�barqu�.

Au moins, on sait pourquoi il est parti.

Entrez, commissaire. J'en ai pour une minute.

Comment se fait-il que ce Carlton-Browne dirige ce service ?

Vous vous rappelez sir Arthur Carlton-Browne ?

- C'est son fils. - Je me disais aussi.

On va devoir faire avec.

Commissaire, qu'avez-vous d�couvert sur le nouveau roi ?

D'apr�s Oxford, c'est un jeune homme des plus ordinaires.

Deux colles pour incidents mineurs.

Il a fait entrer des filles.

- Il joue ? - Non, pas de jeux d'argent.

Je voulais dire, au cricket ?

Non, aucun sport collectif.

Membre du parti travailliste de la fac.

Un roi membre du parti travailliste ?

- Il n'a pas sa carte. - Peut-�tre.

Mais si les Russes l'apprennent !

On doit aller sur place.

Faire acte de pr�sence.

Ce jeune roi inexp�riment�,

dont le pays est un alli� historique du n�tre,

jamais nous ne l'abandonnerons dans l'adversit� !

Nous irons sur place.

A leurs c�t�s !

Dans leur dos ! Non, � leurs c�t�s.

Le monde entier sera t�moin !

Surtout l'ONU.

Quelqu'un doit se rendre � La Guardia.

- En Gaillardie. - Pardon ?

La Guardia est un a�roport new-yorkais.

Qui a parl� d'a�roport ?

- Vous. Vous avez dit... - Pas du tout. Je disais...

Que disais-je ? J'ai perdu le fil de ma pens�e.

Vous disiez que quelqu'un doit s'y rendre.

Exact.

S'ils ont une richesse quelconque, elle est pour nous.

Vous avez un nom en t�te ?

Vous �tes le chef de service. Ce sera donc vous.

Nous vous rappelons tous feu votre p�re.

Il n'est pas encore mort.

Heureux de l'apprendre. C'�tait un grand ambassadeur.

Cette mission est de la plus haute importance.

Si vous avez le moindre doute,

si petit soit-il,

quant � vos... capacit�s...

En aucune fa�on !

J'esp�re que vous avez raison. Je vous nomme ambassadeur provisoire.

- Partez sur-le-champ. - Tout de suite ?

Un emp�chement ?

Je vais rater Royal Ascot.

Votre charge requiert quelques sacrifices...

Bien s�r. Je saurai prendre sur moi.

- Vous voyagerez en avion de ligne. - Et ensuite ?

Nos hommes doivent v�rifier que l'�le poss�de bien un a�rodrome.

�a ne devrait pas �tre long.

Bonsoir.

Bellingham.

Minist�re de la Guerre ? Carlton-Browne, Affaires Etrang�res.

Un scotch ?

- �a s'annonce cotopn. - Oui, �a souffle.

- Je parlais de la Gaillardie. - Ah, �a ?

Slasher m'a dit que j'�tais conseiller militaire, rien de plus.

- Vous le connaissez ? - Non.

Un chic type.

Tiger Lyon-Gore a parl� de la Gaillardie au club.

- Il a �pous� une Tuddington ? - �a, c'est Buster.

Tiger a �pous� Cynthia Stoke-Furness.

- Artillerie par sa m�re ? - De tous c�t�s !

Qu'a-t-il dit ?

- Pardon ? - Qu'a-t-il dit sur la Gaillardie ?

- Qui donc ? - Tiger Lyon-Gore.

- Il a dit quelque chose ? - Ce n'est pas ce que vous avez dit ?

Tiger ? �a m'�tonnerait. Il ne dit jamais rien.

Je vois. Vous avez mentionn� Buster, le fr�re de Tiger.

- Ce n'est pas plut�t Thruster ? - Quel Thruster ?

Thruster Stoke-Furness, le beau-fr�re de Tiger.

Vous parlez de l'ADC du DADNI ?

Lui-m�me.

Le d�ner !

Un �missaire anglais en Gaillardie

Vives protestations de l'URSS

"Une simple visite de routine"

Des pr�sidentielles en 78.

Petit d�jeuner ?

Je prendrai du porridge, des oeufs au lard,

toasts, beurre, marmelade et caf�. Et vous, CB ?

Vous allez utiliser votre sac en papier ?

Nous atterrissons dans 30 min.

Dieu merci !

Soulagez-vous. Le prochain vol risque de secouer un peu.

Vous pourriez me faire du pain perdu aussi ?

Deux tranches.

Pas encore.

Je m'en doutais.

M.Amphibulos, premier ministre.

Au nom du roi Loris,

je vous souhaite la bienvenue en fanfare.

Effectivement.

Notre gouvernement se soucie �norm�ment de la Gaillardie.

Tant mieux. Tant mieux !

- Bienvenue, g�n�ral. - "Colonel" Belligham.

F�licitations !

Je vous pr�sente mon beau-fr�re, le ministre Narcos,

Agriculture, Travaux publics et Ponts et Chauss�es.

Mon cousin, M.Archipelagos, chef de la police,

ministre de la Marine et des Distilleries.

Les autres, peu importe. Vous les verrez plus tard.

Venez passer en revue la garde d'honneur.

Notre arm�e moderne a pris comme mod�le votre unit� d'�lite.

Debout ! C'est pas le moment de dormir !

Votre voiture.

- Je vous dis � bient�t. - Bien entendu.

A vous aussi, G�n�ral.

Amusez-vous bien.

R�sidence du Conseiller britannique

Son Excellence, M. l'ambassadeur.

Excusez-moi de ne pas me lever.

Bien entendu.

- Voici le colonel Belligham. - Tr�s honor�.

Je suis tr�s �mu, messieurs.

Vous �tes les premiers officiers anglais

que je vois depuis 57...59 ans.

Un verre de mad�re ?

- Excellente id�e. - Merci beaucoup.

Bienvenue sur l'�le.

Auriez-vous l'amabilit� d'aller fermer la porte ?

La porte ?

On ne doit pas �tre entendus.

Je vois.

Bellinghmam, s'il vous pla�t.

Ils creusent.

Toutes mes excuses.

O� �a ?

Partout ! L'�le es cribl�e de petits trous.

Quelle forme ont ces trous ?

Je n'en sais pas plus.

Vous entendez ?

- Des petits trous, partout ! - Seigneur ! Il nous faut une carte.

- Une carte ? - Pour noter les trous.

Cela nous permettra de d�cider...

- Quoi donc ? - Je ne sais pas.

Une carte, c'est toujours utile. �a donne des id�es.

A mon avis, ce sont des imposteurs.

De faux Cosaques.

Non, je parlais des membres du British Council.

Ce sont eux qui creusent ?

En permanence. De vrais taupes !

Et les Russes alors ?

Apparemment, ils ne creusent plus.

Mais j'ai appris quelque chose.

Ils ont envoy� un message � Saint-P�tersbourg.

Saint-P...?

Ne vous levez pas.

Je vous pr�sente M. Carlton-Browne,

ambassadeur extraordinaire.

Ainsi que l'attach� militaire, le colonel Belligham.

Au nom de mon gouvernement, je vous pr�sente nos f�licitations.

Je vous assure que la Gaillardie

garde, dans le coeur des Britanniques,

l'affectueuse place qu'elle a toujours eue.

C'est tr�s gentil.

Asseyons-nous.

Autant discuter assis, vous ne trouvez pas ?

Une tasse de th� ?

Une tradition anglaise ch�re � mon coeur.

- Tout va bien ? - Pardon. Tr�s bien, merci.

Alors, M. Carlton-Browne ?

Votre Majest�, mon gouvernement et le peuple britannique

se soucient beaucoup de votre �le.

C'est tr�s sympa de leur part.

Je croyais que personne ne nous connaissait.

Vous fumez ?

Vous avez arr�t� ?

Oui. Je veux dire, non merci.

Je me permets de vous rappeler l'existence du trait�.

Je connais ce trait�.

C'est pourquoi la pr�sence d'une autre puissance...

- Vous voulez dire les Russes ? - Oui.

Dites-le, alors.

Si on tourne autour du pot, on n'arrivera � rien.

- D�sol�. - Ce n'est rien.

Puis-je dire un mot ? Je d�bute dans le m�tier.

Il y a 15 jours, je fr�quentais les pubs.

J'allais entamer mes �tudes de m�decine.

Soudain, j'apprends que je suis roi.

�a fait un sacr� choc.

- Votre Majest�... - Je m'en suis remis.

Je me suis un peu renseign�.

Le pays est tr�s pauvre.

Ni �coles, ni h�pitaux, ni routes, ni toilettes.

- Rien ! - Le minist�re des Travaux Publics...

Je finis.

Or, deux grandes puissances s'int�ressent soudain � nous.

�a m'intrigue.

- Nous ne nous int�ressons qu'�... - Je n'en doute pas.

Je n'ai rien d'un politique. Dites-moi clairement

ce que vous convoitez.

Majest�, nous ne convoitons rien du tout.

Si ce n'est votre accord,

au moins de principe,

pour le renouvellement, le renforcement

des liens ind�fectibles qui nous unissent.

Exprimez-leur ma gratitude pour leurs voeux.

Merci, et puis... C'est tout ?

Tant que je ne saurai pas pourquoi l'�le attire soudain les convoitises,

je serais sot de m'engager.

Certes, mais...

Je vous souhaite un bon s�jour.

Colonel Belligham.

J'ai une lampe � ultraviolets.

- Elle vous soulagera. - Merci, Votre Majest�.

Amphibulous, j'aurai un mot � vous dire.

Bien, Votre Majest�.

Jamais, malgr� mon exp�rience, je n'ai...

Ne vous faites aucun souci. Tout va s'arranger.

Ce soir, vous et le g�n�ral, venez d�ner chez moi.

Un d�ner entre amis,

cartes sous table.

- Merci beaucoup. - � ce soir, alors.

Ivan, ma veste en tweed.

Quelle perte de temps !

Perdre du temps ainsi,

c'est plus que profitable !

Vous savez,

je croyais m'y conna�tre endiplomatie,

mais vous, vous �tes un g�nie !

F�licitations.

� quel sujet ?

Vous leur avez fait croire que les Russes �taient l�.

Ils vont devoir se montrer g�n�reux.

Les Russes vont surench�rir.

Nous deux, on compte les points.

A vous la Rolls, � moi la Cadillac. Tout le monde y gagne !

Et le peuple, il gagne quoi ?

Le peuple ? Des toilettes !

Ou ce dont vous avez parl� � M. Carlton-Browne.

Des toilettes, �a les rendrait fous de joie.

Je vois.

Comment va-t-on distraire nos invit�s britanniques ?

Je les ai invit�s � d�ner ce soir.

Ne faites aucune promesse. De la tenue.

Ne vous en faites pas. Tenue et dignit� avant tout.

Quelle f�te ! Allez, CB, � vous !

- Quelle est votre sp�cialit� ? - Plus tard.

Il fait un num�ro au poil quand il est so�l.

Alors c'est le moment de porter un toast.

A la grandeur de l'angleterre et � sa g�n�rosit�.

Je vous remercie.

Cul sec ! Sinon, vous risquez d'�tre un peu...

D�licieux.

C'est du "gouzanious". Vieilli trois semaines enti�res !

Et maintenant, la musica !

Discutons un peu.

Ma meilleure f�te depuis l'�cole militaire !

Vous m'en voyez heureux.

Maintenant, parlons de ce que vous voulez.

Que le trait� soit respect�.

Pour vous.

Pour vous.

Pour moi ? L'ambassadeur britannique ?

Rien du tout !

Formidable ! F�licitations !

Des gens int�gres comme nous, c'est rare !

Combien votre gouvernement est-il pr�t � donner ?

A donner ?

Tout d�pendra de l'attitude du roi.

Le roi est tr�s jeune. Il n'a aucune exp�rience.

Il ne comprend pas ma fa�on de faire.

Mais vous, vous �tes intelligent.

Vous avez tr�s bien compris.

C'est pourquoi je vous demande...

Joli num�ro !

M.Carlton-Browne...

Pardon ! Vous disiez ?

Que vous aviez compris.

Parfaitement.

Ne vous souciez pas du roi.

C'est son oncle, le grand-duc, qui pose probl�me.

Lui, il est comme... Comment dit-on...

Un �l�phant dans un magasin de porcelets !

Je suis certain qu'il est d�j�

en pourparlers avec les Russes.

Les Russes ?

Il n'y a pas une minute � perdre !

Vous allez bien ?

Vous avez entendu ? Les Russes n�gocient avec le grand-duc !

Nom d'un chien !

Il faut agir.

- Il faut montrer les dents. - Les dents ?

Faire une d�monstration de force. C'est ce qu'aurait dit Slasher.

C'est �a. Une d�monstration de force.

C'est pourquoi il nous faut faire �talage de notre force.

Je ne vois pas l'int�r�t.

Qui essaie-t-on d'impressionner. Les Anglais ? Les Russes ?

Je doute que notre arm�e leur fasse peur !

- Reste le grand-duc. - Je sais.

Pourquoi ne pas tenter de faire la paix avec lui ?

J'ai ici des rapports qui me viennent du sud.

Il amasse des mitraillettes, des fusils, des grenades !

Il va vous causer les pires ennuis.

Possible, mais �a vaut le coup d'essayer.

- Je l'ai pri� de venir. - Quand ?

- Ce matin. - O� �a ?

Ici ?

Le conseil des ministres n'approuvera jamais.

Tant pis pour eux. Il arrive.

Il arrive ?

C'est formidable ! On va pouvoir l'arr�ter.

Je lui accord� un sauf -conduit.

Encore mieux ! Il ne se m�fiera !

C'est hors de question !

Peu importe. Il ne viendra pas.

- Oncle Alex, bienvenue. - Tr�ve de politesses.

Assis, Amphibulos. Ne tente rien si tu tiens � la vie.

Je vous ai promis l'immunit�.

Je n'en ai pas besoin. J'ai pris mes pr�cautions.

Elles sont dehors.

Maintenant que ton p�re est mort, et je ne vais pas le pleurer,

je ne compte plus me battre.

Justement, je comptais...

Peu importe.

La seule chose � faire pour toi, c'est d'abdiquer.

En votre faveur ?

L'h�riti�re de la couronne, c'est la princesse Ilyena.

Merci de me pr�venir.

Un signe de ma part, et le peuple se soul�vera.

Moins par amour pour moi que pour se d�barrasser de �a !

C'est le peuple qui m'a �lu.

Preuve de son imb�cilit� !

Le scrutin universel, �a vous d�pla�t.

Tu en es la contre-publicit� vivante !

- Votre Majest�... - Tais-toi !

Tes ennuis ne font que commencer.

Suis mon conseil, abdique. Je pourvoirai � tes besoins.

Trop aimable. Et si je refuse ?

Tu t'en mordras les doigts.

Alors ?

Je dois y r�f�chir.

Tu as jusqu'� la fin du mois !

Oncle Alex !

�a fait 14 ans que je n'ai vu Ilyena.

- Puis-je la voir ? - Impossible. Elle porte le deuil.

Pardon. J'oubliais.

N'oublie pas ce que je t'ai dit, ou tu finiras comme les autres.

Dans un h�tel, au Portugal.

Allons-y.

La politesse n'est pas son fort.

Vous voyez maintenant ?

Oui. Effectivement, une d�monstration de force s'impose.

- Qui a construit ces tribunes ? - Le ministre des Travaux Publics.

- Votre cousin. - Tr�s �loign�.

- Il a manqu� de temps. - Et de clous !

Comptez sur moi pour lui remonter les bretelles.

Regardez qui est l� !

Amiral, regardez qui mouille dans les parages.

On est arriv�s � temps.

Content de vous voir, oncle Alex.

- Je viens �valuer votre arm�e. - Moi aussi.

Ilyena, asseyez-vous.

Des chaises.

Asseyez-vous devant,

qu'on voie bien que vous �tes derri�re nous.

Asseyez-vous pr�s du roi.

Bonjour ! Au revoir !

Vous allez assister au d�fil�

de nos h�ro�ques forces gaillardes.

Chaque coprs passera m�ticuleusement devant vous au moment opportun.

Pendant qu'ils d�fileront, je commenterai leur passage.

Les piolets ouvrent la marche.

Ils font les routes sur lesquelles passe l'arm�e,

et aussi des trous.

En temps de guerre, l'arm�e a besoin de trous.

Pour les tranch�es. Entre autres.

Prenez note : ils ont besoin de bottes.

Et d'un sergent-chef.

Ces h�ro�ques demoiselles font partie des T�V,

les "Tireuses d'�lite � V�lo",

la garde rapproch�e du roi.

Un sergent-chef ne s'en sortirait pas !

Il n'en sortirait pas vivant, en tout cas.

L'arm�e de l'air !

Ces pilotes "h�rotiques" sur leurs oiseaux de fer,

nous les apellons avec fiert�

les pionniers de l'air !

La vache !

D'o� sortent ces coucous ?

Un cadeau de la Grande-Bretagne pour notre aide en 14-18.

- �a fait bien, hein ? - En vol, �a aurait �t� mieux.

- Ils n'ont pas de moteur. - Quoi ?

Ils se sont...envol�s.

Que vois-je ?

Loin du front, il y a les civils combattants !

Saluons ces braves citoyens qui d�fendent nos foyers !

Fini la marche � pied ! De nos jours, les soldats roulent !

Notre infanterie motoris�e est la plus moderne du monde !

Ils n'�taient pas cens�s �taler leur force ?

Venez donc m'aider !

Il semble qu'il y ait une petit probl�me technique.

Vous �tes le ministre de quasiment tout.

A cause de vous, on est pass�s pour des idiots !

Qui a eu cette id�e brillante ?

Je suis pass� pour un idiot !

Le roi est un idiot. Les britanniques aussi.

Le bois �tait pourri.

L'entrepreneur ne devait l'utiliser que pour les tribunes publiques.

Les gens sont si malhonn�tes !

Votre cousin aussi. Ces tribunes �taient minables.

Je ne m'attendais pas � un d�fil� si minable !

Difficile de faire plus minable que le minable sieur Amphibulos !

Vous avez bien vu, on a besoin d'argent.

Acceptez l'offre des Anglais.

Sinon, les Russes vont si bien armer votre oncle

qu'il vous d�tr�nera !

Que ce soit bien clair :

Je ne vendrai pas mon pays � une puissance �trang�re !

Il n'a pas la carrure d'un roi.

Il n'a rien demand�.

Il sera bient�t lib�r� de ce fardeau.

Pauvre petit. Que va-t-il faire maintenant ?

Et maintenant, que fait-on ?

Nos amis am�ricains doivent doivent bien rigoler.

�a m'�tonnerait. L'Amiral a la jambe dans le pl�tre.

Votre Excellence, M.Archipelagos d�sire vous voir.

- Qui �a ? - Le chef de la police.

Faites-le entrer.

Bellingham !

Enchant�. En quoi puis-je vous aider ?

Je vois. C'est plus dans vos cordes.

Ah bon ?

Le consul ?

Je crains qu'il ne soit d�j� couch�.

Il a un lumbago.

Je voulais dire :

Il ne parlait pas plut�t du Council ?

La police devait retrouver leur trace.

Exact.

Vous parlez du British Council ?

Vous savez, les danseurs ?

Ils creusent encore.

Il nous faut une carte.

Excellente id�e.

Montrez-nous sur la carte...

The "trou" ?

Et ce dernier pr�l�vement ? Vous l'avez analys�, Griffith ?

Oui, sir John. Une d�couverte surprenante.

C'�tait quoi ?

Du sel d'Epsom.

Mon sac � dos doit �tre trou�.

On a cribl� cette �le de trous, en vain.

Si on ne trouve rien ici, on aura perdu notre temps.

Que fera-t-on, alors ?

On est entr�s en dansant. On sortira en dansant !

Vous avez entendu ? �a vient de l� bas !

Attendez-moi ici. Je pars en reconnaissance.

- CB, les ruskofs sont l� ! - Ils creusent ?

Non, mais on est sur la bonne voie.

La preuve !

Ce sont eux.

Qu'est-ce que c'est ? De la nitroglyc�rine ?

Chanel n�5.

- �a appartient au British Council ? - On entend de telles choses...

Regardez !

Les Fran�ais sont l� aussi !

En gros, il ne manque que nos hommes !

�a devient dangereux, non ?

Redoublons de prudence, ou cette affaire va faire du bruit.

Venez !

"Fouille approfondie a r�v�l�..."

"que toutes les grandes puissances forent. Stop."

"Ai �t� inform� que les troupes du grand-duc..."

"continuent leur progression."

"Demande conseils."

"Demande conseils !"

Des conseils !

Envoyez un c�ble.

"F�licitations pour avoir transform� incident en crise grave. Stop."

"Etes cens� nous conseiller, pas le contraire. Stop."

"Que suis-je cens� dire," soulign�,

"� l'ONU la semaine prochaine ?"

Le ministre attend une r�ponse. Il fait un discours dans une semaine.

Vous savez,

il fut un temps...

o� il suffisait d'un mot de la Grande-Bretagne

pour qu'un mur s�pare deux peuples.

Il me vient une id�e.

Une partition.

C'est une id�e lumineuse !

Je n'y aurais jamais song�.

F�licitations.

Ici, ch�rie.

Il a �t� dit fort justement que l'Est est l'Est

et l'Ouest, l'Ouest.

N'oublions pas pour autant qu'il existe un Sud et un Nord.

Le loup gratte � la porte,

affam�, pr�t � en d�coudre.

Mais le lion n'est pas encore dispos�

� s'endormir pr�s de...

- O� en �tais-je ? - "Pr�s de l'agneau".

Mes notes, imb�ciles ! O� sont-elles ?

L'Histoire montre

qu'une maison divis�e finit par s'effondrer.

Si les Gaillards se d�chirent,

il faut les s�parer.

Messieurs, pour pr�server la paix en Gaillardie,

que dis-je, la paix du monde entier...

nous demandons que le pays soit divis� en deux.

Sur requ�te de la Grande-Bretagne,

faut-il, entre le sud et le nord,

tracer une ligne de d�marcation ?

Etats- Unis ?

Pakistan ?

Argentine ?

Japon ?

URSS ?

Comment se fait-ce ?

Messieurs,

le long du 33�me parall�le, une ligne sera trac�e.

Vous �coutez la BBC.

Voici le journal de 8h.

Le roi de Gaillardie est attendu � Londres aujourd'hui.

Le gouvernement l'a invit�

en vue de renforcer nos relations avec la Gaillardie du nord.

Le ministre des Affaires Etrang�res et M. Carlton-Browne,

notre ambassadeur extraordinaire, tout juste rentr� de Gaillardie,

iront l'accueillir � l'a�roport.

Il est furieux qu'on ait coup� son pays en deux.

Faudra lui passer de la pommade.

L'id�al serait de le marier � une fille de chez nous.

- J'ai r�fl�chi � la question. - Vous avez une id�e ?

Une cousine � moi, lady Angela Gore-Chessington,

apparent�e au duc de Suffolk.

J'ai une photo sur moi.

Le clich� est un peu flou.

Elle fait de la chasse � courre.

- C'est elle, l� ? - Le clich� est de pi�tre qualit�.

�a, c'est son rabatteur. Elle est � gauche.

Extr�mement fortun�e.

Il lui faut bien �a.

D�roulez-lui le tapis rouge.

Si vous d�sire quoi que ce soit...

La r�unification de mon pays.

- Une r�union est pr�vue. - La r�unification aussi ?

- Nous vous offrirons toute l'aide... - Je veux la r�unification.

Ce jeune homme va nous poser probl�me.

Sir John Farthing et son �quipe sont l�, M. le ministre.

L'�quipe canadienne de hockey ?

Nos experts de Gaillardie.

Qu'ils entrent !

Tufton-Slade ?

Sir John ?

Tr�s cher ami ! Venez vous asseoir.

Nous �tions tr�s inquiets.

Asseyez-vous. Une cigarette ?

Je fume la pipe.

- Racontez. - On en a trouv�.

- Non ! - Si !

Fantastique !

- Des gisements importants. - Vraiment ?

Gigantesques ! Comparativement.

Merveilleux.

Dites-moi...

on en fait quoi ?

- De quoi ? - De ce...truc.

Le cobalt ?

Du cobalt. Je vois.

Bien s�r, c'est...

une nuance de bleu ?

C'est ce qui permet d'obtenir une bombe H, bleue ou pas !

Vous avez d�sormais de quoi faire sauter la plan�te enti�re.

C'est sensationnel !

Mon cher ami, on ne vous remerciera jamais assez.

- Le ministre veut une carte. - Servez-vous.

Mission r�ussie !

Farthing a trouv� de quoi faire sauter le globe.

Quel triomphe pour vous ! F�licitations.

J'ai fait de mon mieux.

- Motus et bouche cousue, hein ! - Bien entendu.

Grande nouvelle !

CB a r�ussi.

On a de quoi faire sauter la galaxie !

Quoi ?

C'est horrible.

Vous voyez tout en noir !

Voil� la carte.

Pourriez-vous localiser l'endroit exact du gisement ?

C'est l�. Juste ici.

Mais...c'est au sud !

Evidemment.

- Vous en �tes bien s�r ? - Certain !

Vous avez entendu ?

On a la mauvaise moiti� !

Je comprends tr�s bien.

Mais �a fait deux semaines que le roi attend.

Vous l'avez fait venir de toute urgence, et depuis, rien !

Non merci. Sa Majest� n'a pas envie de visiter la Tour de Londres.

Il a d�j� visit� la centrale �lectrique hier.

Et il d�teste le Albert Memorial !

Je vous en prie.

Il demande simplement � �tre re�u au minist�re !

C'est exact. Merci. Au revoir.

Alors, quelle est l'excuse aujourd'hui ?

Le ministre est enrhum�.

Hier, c'�tait sa voiture, avant-hier, ses conseillers.

- Ils ont promis de faire le maximum. - Ils en sont loin !

Il se trame quelque chose. Je veux savoir quoi.

Je vais au minist�re. A tout � l'heure.

Si Sa majest� le permet, nous allons nous occuper des fleurs.

Elles viennent d'arriver.

Pardon pour le d�rangement. Il semble qu'il y ait eu erreur.

Il para�t que le roi de Gaillardie est ici ?

C'est exact. Mais j'ai cru comprendre qu'il �tait sur le d�part.

J'esp�re que la chambre vous plaira.

Pardonnez-moi.

CONFERENCE EN COURS

Il est possible,

et j'emploie "possible" � bon escient,

que nous soyons pr�ts � payer.

Je propose 17 millions.

Je pensais � 2,5 millions.

Vous devez pr�venir le ministre.

Le roi de Gaillardie est ici !

Le ministre parle au grand-duc

- Il veut le voir. - Impossible.

En attendant, il est dans l'antichambre.

- Le ministre ? - Ce n'est pas ici.

A droite, au bout du couloir.

- Redemandez l�-bas. - Merci.

- O� est-il ? - Il �tait l�, pourtant.

- O� est le roi ? - Qui ?

Le roi de Gaillardie !

Un type cherchait le ministre � l'instant.

Le voil� !

Veuillez m'excuser. C'est le manteau.

C'est la porte du milieu.

Entrez.

- Votre Majest�, puis-je vous voir ? - Plus tard.

- C'est urgent. - Je viens voir le ministre.

- Je comprends. Malheureusement... - Laissez-moi passer !

- Je m'excuse mais... - Moi aussi !

Votre Majest�, je dois vous demander de...

C'est tout ce que je voulais savoir.

Pourquoi diable l'avoir amen� ici ?

Moi ?

Dites � Sa tr�s gracieuse Excellence le grand-duc

que j'ai beaucoup � lui offrir.

Le roi n'est plus un obstacle.

Les Britanniques l'ont laiss� tomber.

Tout est simple d�sormais.

Expliquez � votre oncle

qu'avec moi derri�re le tr�ne

et lui, devant,

vous avez...Comment dit-on d�j� ?

Vous avez touch� le grelot !

Vous serez couronn�e reine, et le gamin,

un �ne b�t� s'il en est, sera chass�.

- C'est tout ? - Oui. N'oubliez pas.

Tr�s bien.

- Ilyena, tu dois te pr�parer. - Pourquoi ?

M.Carlton-Browne veut te pr�senter son cousin, un riche h�ritier.

Entrez, Amphibulos.

L'apr�s-midi a �t� bon ?

Votre Majest�, j'ai...

...dormi.

Il dit que les Britanniques ont trahi le roi.

Je le sais.

Il dit que vous �tes faits pour vous entendre.

Tiens donc !

J'ai l'impression qu'il a raison.

Que dis-tu ?

Je trouve vos petites manigances abjectes !

Attendez-moi !

Melle Adrianos ! Vous vous souvenez de moi ?

Bien s�r, M. Jones.

Comme on se retrouve !

Vous �gayez mon triste s�jour.

O� allez-vous ?

Nulle part.

Je peux venir ?

- Vous connaissez le vieil ours ? - Oui.

- Et Ilyena ? - Tr�s bien.

Dans mon souvenir, c'est une petite peste acn�ique.

Entrons.

Comme vous voudrez.

Le ministre m'a donn� trois jours pour r�gler cette affaire.

Si tu l'�pouses, tu devras vivre l�-bas six mois par an.

- Il y a du gibier ? - A part les indig�nes ?

Tr�s amusant !

Le jour des �lections partielles approchant,

l'excitation est � son comble � Gosford Green.

Merci. Je cherchais � �viter quelqu'un.

Ici, une m�nag�re ordinaire donne devant la cam�ra

son opinion sur l'actualit� br�lante.

Que pensez-vous de la guerre froide ?

Pardon ?

Trouvez-vous que la situation internationale s'am�liore ?

Ben...Je sais pas trop.

Bien s�r.

Pensez-vous que nous allons remporter la bataille de l'exportation ?

Ben...Difficile � dire.

Apparemment.

Dans le quartier, vous demandez de nouvelles �coles.

- Oui ! - �a vous tient � coeur ?

Ben...Faut que j'y r�fl�chisse.

Merci beaucoup pour votre aide.

Gr�ce � vous, nous savons mieux � quoi pensent les m�nag�res.

- Je vous remercie. - Y a pas de quoi.

De l'�le de Gaillardie, dont le roi a �t� assassin�,

nous arrivent des visiteurs...

- Allons-y. - Je veux voir �a.

- Taisez-vous un peu ! - Pardon.

Embo�tant le pas au jeune roi,

le grand-duc Alexis vient n�gocier avec le gouvernement.

Tout le gratin est l� pour l'accueillir.

La princesse Ilyena l'accompagne.

Sa gr�ce et son charme ont ravi

tout un chacun.

La venue de la princesse

et du grand-duc en Angleterre

permettra de consolider les relations entre les deux �les.

Je vois.

Pardon. Je m'en veux horriblement.

�a suffit ! J'appelle le responsable.

Ne vous fatiguez pas. On s'en va.

Alors, Melle Adrianos ?

Je suis navr�e.

Je ne voulais pas vous mentir...

...M. Jones.

S'il vous pla�t. Je peux tout vous expliquer.

Y a int�r�t. Taxi !

Oncle Alex va �tre furieux.

Encore mieux !

Une autre bouteille.

- Il n'est pas habill� ! - C'est le roi de Gaillardie.

Et alors ? Pas de complet-veston.

Il a command� une deuxi�me bouteille.

Entendu, mais pas de ch�que.

Votre ni�ce sera bient�t pr�te ?

J'ignore ce qui lui prend tant de temps.

Ilyena !

- Elle est jolie ? - Tu verras.

Vous m'en voyez confus,

mais ma ni�ce a disparu.

- Ilyena. - Oui ?

Imagine que tu diriges une petite affaire familiale.

Tu apprends qu'une grosse soci�t� veut te racheter

et qu'un parent va reprendre ton poste.

Et que ton g�rant n�gocie avec eux derri�re ton dos ?

Exactement.

Que ferais-tu ?

Je n'en sais rien.

Je me disais...Et si tu laissais les actionnaires d�cider ?

Tu veux dire...

C'est une super id�e.

On devrait fusionner, tous les deux.

Bonne nuit, Votre Majest�.

Bonne nuit, ch�rie.

Tu as vu le grand-duc ?

Je n'arrive pas � le joindre. C'est curieux.

C'est mon th� ?

Et la fille ?

Le d�lai est �coul�, et tu ne l'as toujours pas vue.

Que va dire le ministre ?

Carlton-Browne !

Dans mon bureau !

M. le ministre ?

Qu'avez-vous encore fabriqu�, Carlton-Browne ?

Vous aviez trois jours pour r�gler cette affaire. R�sultat ?

Le roi a fil� en douce.

et m'a envoy� un c�ble des plus d�sobligeants.

La princesse, vraisemblablement horrifi�e par votre cousin,

s'est enfuie elle aussi.

Tout comme le grand-duc.

Et pour couronner le tout, la r�volution vient d'�clater.

Trois fugues, des n�gociations qui tombent � l'eau

et une r�volution.

Incroyable !

C'est le mot.

Vous avez un don. Quoi qu'on vous confie,

vous arrivez � provoquer une crise en moins de 24 heures.

Il est trop tard pour reculer d�sormais.

Nous allons envoyer l'arm�e.

Qui �tait le militaire qui vous accompagnait ?

Belligham ?

Il commandera nos troupes. Il conna�t le pays.

Je veux les ministres de la Guerre, de la Marine, de l'Aviation

et le chef de cabinet.

Dans cet ordre.

Carlkton-Browne, cette perspective me glace le sang.

Mais mes hommes �tant retenus � l'ONU

ou terrass�s par la grippe,

je me vois contraint de placer le sort de ce pays

entre les mains de l'homme le plus incapable

qui soit.

Qui donc ?

Vous, esp�ce de...

Esp�ce de fl�tan stupide !

L'Histoire montre

qu'une maison artificiellement coup�e en deux finit par s'effondrer.

Messieurs, pour r�tablir la paix en Gaillardie,

que dis-je, dans le monde entier,

nous demandons que soit effac�e la ligne de d�marcation.

Sur requ�te de la Grande-Bretagne,

faut-il, entre le nord et le sud,

effacer la ligne de d�marcation ?

Etats-Unis ?

Pakistan ?

Argentine ?

Japon ?

URSS ?

Non !

Je me disais aussi.

Que raconte-t-il ?

"L'URSS soutient la r�volte du peuple contre l'agression fasciste."

"Elle envoie 11 porte-avions et 9 croiseurs"

"en visite de bonne volont�."

Et nous, on a envoy� Carlton-Browne !

On n'a que trop attendu. Approchez-vous tout le monde.

Pardon pour le retard.

- O� �tiez-vous pass� ? - Chercher mes bouchons d'oreilles.

Ecoutez-moi bien. Voil� le tableau.

La r�volution a d�but� au nord

et descend au sud sans rencontrer d'opposition.

Le QG des rebelles se trouve ici.

Ils ne savent pas qu'on est l�. �a va �tre du g�teau.

On est exactement sur leur ligne de progression.

Nous attaquerons � 2 h.

A 2h20, leur poste avanc� tombe.

A 4h05, on est au QG des rebelles, qu'on fait tomber � 4h40.

On juge les chefs, on les ex�cute,

et on rentre petit-d�jeuner.

- Des questions ? - A quelle heure, le petit d�j ?

- Pour vous, n'importe. - Il se prend o� ?

Et vos vivres ? On ne vous a pas compt�.

C'est bon ? Synchronisation des montres.

J'ai 1h35 et 15 sec.

- J'ai 1h35 et 16 sec. - J'ai dit 15.

- Plus le temps de le dire. - J'ai parl� plus d'1 seconde !

Quelle heure avez-vous ?

1h35 et 28 sec.

- 29 - 31

Taisez-vous !

CB, quelle heure avez-vous ?

Ma montre s'est arr�t�e.

R�glez vos montres � 1h36.

L'heure J est 1h40 moins 2 plus 3.

Compris ?

Rompez. D�fense de fumer.

Vous n'avez pas dit : "d�fense de fumer" ?

En rang derri�re moi.

- Belligham, qu'est-ce donc ? - Quoi ?

Ecoutez.

Ici Rollo. Message bien re�u. Termin�.

- Attaque du poste avanc� en cours. - Pile � l'heure !

Inutile de s'inqui�ter. On les suit dans 30 min.

Ici Rollo.

R�pondez !

Ici Rollo.

Vous me recevez ?

R�pondez ! A vous.

- Quelles nouvelles ? - On a perdu le contact.

- On a �t� coup�s en plein message. - Salet� de radio !

Toujours en panne quand on en a besoin.

Un profane en la mati�re croirait que les tirs de rapprochent.

Simple illusion sonore.

C'est d� aux montagnes.

Bien s�r.

- Oui ? - Une troupe avance vers nous.

- Par o� ? - Par l�.

- On est attaqu�s ! - O� ?

- L�-bas. - Balivernes !

- O� �a ? - L�-bas.

A couvert !

Ouvrez-moi !

Vous lambiniez ou quoi ?

- On est attaqu�s ! - Il n'y a pas de rebelle par ici.

Et �a, c'est quoi ?

Une force rebelle inconnue !

- Que fait-on ? - On n'a pas le choix.

Tenez. On va leur balancer �a.

Si je suis arm�, ils me tueront.

- Ils vous tueront de toute fa�on. - Ils n'oseraient pas ! Si ?

Ecoutez. les tirs ont cess�.

�a remarche ! Attaque en cours.

- Poste avanc� encercl�. - Silence !

Gare !

Vite, ouvrez la porte !

Major Miller !

Vous encerclez votre propre QG ?

C'est une honte !

On a d� tourner en rond.

Mettez-vous aux arr�ts.

Capitaine Bowles !

On reprend tout du d�but. L'op�ration continue.

En rang derri�re moi, les gars,

Au pas de course !

Une chance qu'on ne soit pas morts !

�a se discute.

Aucun signe de la compagnie A sur ce flanc non plus.

- C'est �trange. - On n'a qu'� les attendre ici.

On a pris assez de retard comme �a ! Si �a se trouve, ils sont devant.

Fermez la marche.

Allons-y.

Une campagne, c'est toujours comme �a ?

Comme quoi ?

- La pagaille. - Ce n'est pas le cas.

Tout se d�roule comme pr�vu.

Si on arrive avant l'aube, on peut encore les prendre au d�pourvu.

L'effet de surprise, c'est capital.

Ils ne verront rien venir !

Carlton-Browne !

M. Carlton-Browne ! Et vous, colonel.

Pardon, "g�n�ral". Vous avez pris du galon.

Quelle surprise !

- O� alliez-vous comme �a ? - Euh...

Nous ?

Asseyez-vous. Vous semblez fatigu�s.

Je pr�f�re rester debout.

Alors, M. Carlton-Browne ?

Nous avons entendu parler d'une r�volution.

Et vous �tes venus � ma rescousse ?

Voil�.

C'est gentil, mais c'est moi qui l'ai foment�e.

- Quoi donc ? - La r�volution.

Votre ministre m'y a pouss�. �a se passe tr�s bien.

Ravi de l'apprendre.

On dirait que la victoire est � nous !

Je vais m'asseoir finalement.

Je vous en prie.

Vous connaissez ma fianc�e, la princesse Ilyena.

Ils sont venus nous f�liciter au p�ril de leur vie.

Quel courage !

Il faudra les r�compenser de leur bravoure.

Bien entendu.

la Gaillardie n'oubliera jamais ce que vous avez fait pour elle.

Nous vous remettons l'Etoile d'Illicium, 3�me classe.

Vous ne vous y attendiez pas, hein ?

Un seul nuage assombrit notre bonheur.

Pour des raisons de sant�, le grand-duc Alexis

a d�cid� de passer ses vieux jours dans un h�tel au Portugal.

M. Amphibulos, dans un �lan de g�n�rosit�,

a choisi de l'accompagner.

Et maintenant, M. Carlton-Browne va donner le coup d'envoi

du match amical qui marquera le d�part

de nos visiteurs am�ricains et sovi�tiques.

- Merci, M.Carlton-Browne. - Votre Majest�.

Combien de paragraphes ?

- Aucun. - Aucun ?

Il y a un petit �ditorial.

"D�s sa sortie de l'h�pital, Cadogan de Vere Carlton-Browne,"

"se rendra � Buckingham Palace"

"pour y �tre fait chevalier, une distinction que lui a valu"

"son combat pour faire r�gner la paix dans le monde."

"Sa gestion habile d'une situation �pineuse"

"est un nouveau triomphe pour la diplomatie britannique."

Nous remercions les habitants de Gaillardie-Shepperton Studios,

Middlesex, Angleterre.

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