All language subtitles for FR 1 Omar.la.fraise.2023.FRENCH.1080p.WEB.H264-FW.fre

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Original subtitles

Tu te rappelles, toi, de Serge, le géorgien, là ?

Sergev, là ? Celui qui était avec la strip-teaseuse, là, c'est ça ?

Ouais, la strip-teaseuse. Elle avait quand même 10 ans de formation classique, tu te rappelles ?

Bah, tu te souviens de son grand frère, le petit Tony ?

Ouais. Le petit qui était gentil, bien élevé...

Voilà.

Ouais.

Écoute, il y a deux jours, il s'est pris une balle de 11.43 dans le ventre.

Non.

- Mais si. - Oh, putain, ça doit faire mal, ça.

Bah, justement. Quand il est arrivé à l'hosto, bah...

Il avait tellement énervé les conviés.

Les mecs ont demandé aux infirmières de rien lui donner comme anti-douleur.

Ah ouais ?

Bah, du coup, il a prévenu son cousin.

Comment il s'appelle, déjà ?

Son cousin, c'est...

Le petit, là ? Le...

Non, le gros !

L'ancien toxico, là ?

Voilà, qui a les yeux verts. Hervé.

Hervé, voilà.

Donc, voilà.

Il lui demande de venir lui filer quelque chose pour le soulager.

Et, ouais, lui, il a pu rentrer...

Bon, bah, comme il a pu rentrer... Ouais, il est de la famille.

Ouais.

Donc, il rentre dans la chambre, il passe les contrôles de police.

Et là, je me demande pas ce qu'il lui a filé.

Il lui a injecté une dose de cheval.

Je sais pas de quoi.

Sauf que, bah, le petit Tony a fait une OD direct.

Non.

Si, si.

Oh, putain.

Il panique.

Hervé, avec le casier qu'il a, il voit le homicide par imprudence.

Et tout d'un coup, il a la brillante idée de maquiller ça en suicide.

Il attrape le petit Tony.

Il ouvre la fenêtre. Il le jette.

Et au moment où il le jette, l'autre, il lui ouvre un oeil.

Et il se met à hurler.

Et du coup, il est mort ?

Ouais, il est mort.

Il est tombé du 8e, quand même.

Mets le sac derrière et vérifie le leur.

Tu vois, ce petit, il t'aimait bien.

On a un mariage à Alger, s'il vous plaît.

Circulez.

Mais frère, pourquoi on l'appelle Homme à la fraise ?

Parce qu'il opère comme un dentiste.

Dépêche-toi ! Mets la blanche dans le sac !

Il est dans le sac.

Dépêche-toi !

Ils sont là, chef !

Tu les vois ?

Attrapez-le !

Allez !

Dépêchez-vous !

Tue-le !

Vas-y !

C'est qui ce vieux qui nous braque ?

Il faut récupérer la coke.

T'as pas honte ?

T'as sali mes chaussures.

Au voleur !

Au voleur ! Arrêtez-le !

Voleur, pourquoi tu voles ?

C'est péché de voler !

Enfant de malheur !

Le sac ! c'est mon sac, s'il vous plaît !

C'est mon sac !

C'est mon sac !

Pardon. Merci !

Merci ! Merci !

Bienvenue en Algérie !

Quand il se ballade dans les couloirs du métro,

il se cogne la tête à tous les panneaux,

Lampadaire ambulant, il marche à pas de géant.

Même s'il n'est pas lumineux, au moins il est marrant.

Et quand il mange, tu ne comprends pas.

C'est pas à base d'assiette, c'est à base de plat.

Aspirateur de frigo, désosseur de jambonneau.

Cache-tout chez toi, t'arrives à tout. Quel con.

On dit que dans le mouvement, mec, il y a des grands.

Au rappe, au graffiti ou en sedan.

Mais moi, je sais qui remporte le premier prix.

C'est Roger dans la partie.

Abiba !

Oui, bonjour, Roger.

Ça va, ma chérie ?

Comment tu vas ?

Oh, écoute, chui à chui, hein.

Qu'est-ce qui ne va pas ?

C'est Omar.

Qu'est-ce qu'il a, Omar ?

Il ne veut pas rester ici, là.

Il déprime, il veut rentrer en France.

Eh ben qu'il rentre !

Mais non, il ne peut plus rentrer.

Je ne peux pas dire pourquoi il ne peut plus rentrer.

C'est ici, ses racines.

Il doit reconnecter avec son histoire.

Et puis moi, comment je fais, maintenant ?

Depuis que je t'ai rencontré, je ne peux plus rentrer.

Qu'est-ce que tu fais, là ?

Ben, je coupe.

Je coupe les mauvaises herbes, regarde.

Arrête avec ces croyances.

Les mauvaises herbes, c'est plein de bonnes vitamines pour les plantes.

Ah bon ?

Il faut arrêter, il faut les laisser pousser.

Chez nous, on coupe.

On leur coupe la tête. On ne laisse rien.

Ça va ?

Voilà.

Pour te dire la vérité,

la plus belle fleur de ton jardin, c'est toi.

Merci. Merci, Roger. Merci.

T'as dépassé les bornes ! Vous me rendez fou !

Dès que j'arrive, je vais te régler ton compte !

Ta mère, c'est à part,

mais toi, tu vas payer !

Je t'ai dit de pas sortir...

Il t'arrive quoi ?

T'es un malade de crier comme ça, là.

Désolé, monsieur Omar, je croyais que tu dormais.

Mais bien sûr que je dormais.

La maison m'a appelé.

Mon fils s'est battu encore.

Je vais le taper pour lui faire comprendre qu'il ne faut pas se battre.

D'accord, d'accord, ouais.

Et ma piscine, alors ?

La piscine c'est réglé, Omar.

Je l'ai réglée.

Tu te fous de ma gueule ?

Je travaille nuit et jour.

Tu vas nager, Omar.

Inch'Allah.

- Ça va bien, mon frère, tranquillement ? - Ça va et toi ?

Je t'ai tout ramené.

Camembert, tout ce que tu aimes.

Cigares et tout.

Je te vois pas, ça me donne le mal de mer, tout ça.

C'est pas pratique pour le travail.

Et le taux de change qui fait qu'augmenter.

Vas-y, aboule mes courses.

On peut s'arranger, s'il te plaît ?

S'il te plaît, fais le bon.

Il y a tout ?

Il y a tout. Il y a même les cigares de Roger.

Ça va.

Vous allez où comme ça avec mes courses, là ?

Mon argent ?

Je mange pas avec mon oreille, mon roro.

Qu'est-ce que t'as dit ?

Viens ici.

Enlève tes lunettes quand tu me parles.

Arrête de faire ta pleureuse comme ça.

Et sois content qu'on te prenne pas un pourcentage sur tes affaires.

Ouais, je sais.

T'es avec nous ou pas ?

Je suis avec vous.

Je plaisante.

Tu sais qu'on t'aime, toi.

Moi aussi, je vous aime.

Vas-y, mets-moi une.

Tu m'en mets une.

- Je peux te la mettre ? - Vas-y.

T'as juré en plus.

Je dis voilà. Ça va.

Viens.

Tiens. Ça, c'est cadeau.

Parce que tu fais du bon travail.

Et ça, c'est pour les semaines à venir.

Vous êtes des beaux, mon frère.

Merci.

Cet arbitre, c'est un âne !

Ils l'ont acheté. D'où ils le sortent ?

Ils l'ont acheté !

Salam, l'avocat.

Installez-vous. Je suis à vous dans cinq minutes.

C'est presque la fin du match.

Voilà.

C'est un âne.

Qui l'a ramené, celui-là ?

T'as fini ?

Ouais. Match de merde.

T'as l'air tendu un peu.

Non.

Peut-être l'effet du match.

C'est tout. Bon, comme on s'y attendait,

y'a pas de surprise dans votre affaire.

Ce qui nous donne une bonne et une mauvaise nouvelle.

La mauvaise ?

La mauvaise.

Omar,

t'as pris 20 ans ce matin à Paris par défaut.

Au G.I.,

non lieu, faute de preuve.

Comme on s'y attendait.

T'as une bonne nouvelle ?

Oui.

La patrie de ton père, l'Algérie,

la terre de tes ancêtres. Remercie Dieu d'être algérien.

Tu vas vivre ici comme un sultan !

Va te garder ici en sécurité, au soleil.

Je vais pouvoir crever ici, quoi.

Tu lui as parlé de son histoire ?

Au juge.

Tu lui as dit l'adas,

l'orphelin, tout ça ?

T'aurais dû trouver une solution.

Un bon avocat, ça trouve une solution.

C'est pas facile dans ton cas.

Omar plus connu sous le nom d'Omar La Fraise.

Accusé de vol avec violence commise en bande organisée.

Récidive de destruction en bande organisée

avec un moyen dangereux pour les personnes.

Récidive de recel en bande organisée

de biens provenant d'un vol.

Et récidive de participation...

Tiens ton passeport.

Fais voir.

On ne livre jamais un frère.

T'es bien Algérien.

Franchement, t'es beau. Regarde.

T'es 100% Algérien. Voilà, ça m'émeut.

Par contre, Omar,

maintenant t'es en sursis.

Si tu commets le moindre délit,

Je sais pas moi, par exemple...

une simple bagarre dans un bar,

ils te foutent au placard.

Mais c'est pour 20 ans de prison.

T'as pas une bonne nouvelle, là ?

Omar, l'Algérie,

c'est une terre d'opportunités.

T'as entendu ?

Tout est possible chez nous.

Tout est possible.

Oh !

Tête de ma mère,

on va devenir des entrepreneurs, toi et moi.

On va faire de l'oseille, mais comme jamais.

Illégal, frère.

Qu'est-ce que tu fais là, toi ?

Vas-y, toi, tu peux rentrer à Panam, t'es libre.

Depuis quand je te laisse ici tout seul ?

Hé, frérot, à la vie et à la mort.

Moi, je te laisse pas.

Par contre, comme colocataire, c'est vrai que...

Tu te sens un peu seul en ce moment, je le sais.

Allez, dis-le.

Moi, c'est vrai que je sors souvent aller niquer ailleurs.

Du coup, comme t'as pas de meuf...

Qu'est-ce que tu me parles de ça ?

Bah, je sais, la solitude, ce que ça fait.

Tu nous laisses pas, t'es qui toi ?

Allez, dégagez !

Le petit, là,

ça me rappelle quelqu'un.

Ah, mais je rentrais, moi, à l'époque.

Toi, tu rentrais ?

Avec ta petite queue de rat, là.

Ta nuque longue.

À la Tony Verrell, t'es sérieux ?

C'était un style, c'était un style.

Tu sais qu'ils m'appelaient pour négocier avec le portier ?

Les gens, ils pensaient que t'étais mineur.

Hé, t'as fait la puberté hyper tard, c'est vrai.

T'as eu du poil aux yeux, t'as dû avoir 20 piges.

Bon, vas-y, putain, t'as Parkinson ou quoi ?

On va pas y passer la nuit, là.

Ça y est, c'est bon. Vas-y, tiens.

Toi, tu me fais courir ?

Petit minable !

Vous savez qui je suis ?

Vous jouez aux grands avec moi ?

Tu frappes des enfants ?

Un grand guerrière comme toi.

Allez, bougez, bougez !

C'est ce jeune homme qui offre la bouteille.

Oh, les hommes !

Omar, Roger !

C'est un honneur de vous rencontrer.

Wallah, vous êtes deux légendes.

Vas-y, viens t'asseoir.

Et dis-leur qu'ils viennent s'asseoir eux aussi, là.

Asseyez-vous, là.

Alors, c'est gentil, la bouteille ?

Mais y a du monde ici, on a soif, nous !

Regarde, les demoiselles, elles ont plein à boire.

C'est vide !

Ouais, ouais, j'ai vu, j'ai vu, on est full, on est full.

Asimo ! ramené tes bouteilles !

T'es d'où, toi ?

Liège. Près de la ligne 27.

T'es belge ?

Ouais, je suis belge.

Ça s'entend pas, ou quoi ?

Pourquoi tu me fais des clins d'oeil quand tu me parles ?

Tu veux me baiser ?

Tu veux le baiser ?

Mais non, Roger. Omar, non.

Loin de là.

La ligne 27, c'est le fourgon Brinks.

À deux pas de la cité, on a parlé de St-Angoulême depuis foule d'années.

Depuis foule d'années, tu parles ?

Tu parles de moi depuis foule d'années ?

- Tu parles avec qui ? - Avec les frères.

Tu parles, t'ouvres ta bouche, toi !

Tu fais quoi ? Tu m'accuses ? Il m'accuse, en fait !

Tu veux le baiser ?

Mais non, gros. Mais non.

Là, y a R, les gars. Arrêtez de tilter. Y a R.

Moi, à côté de vous, je suis rien du tout, les gars.

Quoi ?

Tu ramènes même pas un peu de respect pour mon ami ?

Tu me respectes pas, là ?

Et lui, là ? Pourquoi il reste debout ?

- Vas-y, assois-toi ! - Pourquoi tu restes debout, toi ?

Sofiane, assieds-toi !

Tu te fous de ma gueule, ou quoi ?

Pourquoi t'as ta jambe ? T'es handicapé ?

- C'est quoi, ton problème ? - Assois-toi, toi !

Assieds-toi !

Assis ! On t'a dit !

- C'est quoi, ça ? - C'est quoi, ça ?

T'es un fou, toi !

Qu'est-ce que tu fais, là ?

Tu sais quoi ? Je vais te faire montrer, maintenant.

Je vais te faire montrer l'intimidation.

On est là, nous !

- On est là ! - Qu'est-ce que tu crois, quoi, avec ta petite épée, là ?

T'as cru que t'étais un chevalier, ou quoi, là ?

- Vas-y, ramasse, s'il te plaît. - Bouge d'ici !

Le Pêche, tu t'en vas !

Ils sont sans respect, ces mecs. C'est pas possible.

De toute façon, tu sais quoi ?

Ouais ?

C'est une bonne soirée.

Ouais, excuse-moi.

Karim, c'est un dealer de Paris.

Il a investi dans cette biscuiterie, ici.

Il exporte des gâteaux, en gros.

Son business est vraiment légal.

Et ça marche très, très bien.

Lui, il voulait te rencontrer.

Il a envie de t'avoir à ses côtés.

Il se paye ta réputation pour avoir de la sécu.

Omar, avec ce boulot,

t'envoies un très beau message aux autorités.

Moi, je suis content de recevoir la légende,

Omar La Fraise.

Par ailleurs, ça me fait vraiment plaisir.

Après, comme on l'expliquait, là, on était en train de dire,

le plus important, ici, c'est de se faire respecter.

Alors, tu vas monter une entreprise,

t'essaies de faire ton business,

très vite, on essaie de te niquer, tu vois ?

Là, au moins, avec toi, ils oseront pas.

Dans ce pays, tu veux devenir millionnaire ?

Faut commencer milliardaire.

Je te le dis.

Du coup, c'est le bureau d'Omar, ici, non ?

Ouais, tout à fait.

T'as le bureau, poste de contrôle,

tu peux surveiller les employés.

De toute façon, on s'en fout.

T'es pas obligé de surveiller tout le monde.

Tu fais ton tour dans l'usine,

tu te promènes,

les employés voient qu'il y a un patron,

même quand je suis pas là.

Comment ça ?

Comme je te disais, Omar,

l'idée étant que Karim a ses affaires à Paris,

il est rarement là.

Mais il a dit, quand je suis pas là.

Quand il est là, je suis quoi, moi, du coup ?

Ça change rien, t'es toujours le patron,

y a pas de galère, croyez-le.

Du coup, c'est quoi, notre relation de travail, toi et moi ?

On est associés, c'est ça ?

Bon, les formalités, c'est réglé.

Alors, on reparlera plus tard, OK ?

Merci, Karim.

Samia Tellez, s'il te plaît.

Samia, je te présente Omar.

Bonjour.

Omar Zerouki, le nouveau gérant associé.

Ici, c'est le tapis de refroidissement à la sortie du four.

Les biscuits sont exposés à l'air libre

avant de passer à l'emballage de l'autre côté.

Là, c'est dégueulasse, va falloir balayer.

Moi, je suis habitué à des grosses usines.

Pour moi, c'est un peu artisanal, votre truc.

Ce que je veux, c'est appliquer les méthodes américaines.

Les chinois aussi, ils sont forts.

Je vais vous apprendre.

Balayer pour trois ans, mon prouya,

on ne fait pas découler une physique ici.

Et toi, c'est quoi ton rôle exactement ?

Je supervise toute la production

et je m'assure qu'à chaque étape, ce soit bien fait.

T'es un peu la chef, quoi.

Ouais.

Maintenant, c'est moi ton chef.

Je vais te former, tu vas devenir top, top.

Merci !

À 12 ans, au collège,

le petit Omar se prend un gifle d'un instit.

Insolence, provocation,

on ne sait pas très bien le pourquoi du comment.

Le lendemain, Omar revient avec des fraises à la main

pour s'excuser.

Le prof en mange.

Il les avait remplies d'aiguilles à coudre.

C'est à partir de ce moment-là,

on l'appelait Omar la fraise.

L'honnêteté,

ça ne paye pas.

Ok.

Ça rapporte rien.

Vas-y, joue.

Ça va, tranquille, on se met bien, là.

Ça va, le boulanger ?

Je vais me chercher un verre.

Y a de l'oseille à faire avec le pâtissier, là.

On va lui faire un travail.

Vas-y, arrête de dire des conneries, là.

Tous les jours, ils livrent 2 tonnes sur toute la côte, t'imagines ?

Moi, je m'y connais, en restauration de soins, en 96.

Mais tu t'y connais rien, en restauration,

t'as planté toutes nos affaires.

À l'époque, je t'ai dit, pas la restauration, c'est compliqué.

Les laveries, c'est une bonne idée.

Mais c'est de la merde, les laveries !

Je te dis qu'il y a du pognon à faire, putain !

Mais t'es pas là-bas pour lui prendre son affaire !

On est juste associés !

Qu'est-ce qu'il est con, putain, quand il est comme ça...

Il t'a dit quoi, l'avocat ?

Si tu bouges une oreille,

tu vas voir, tu vas repartir au placard.

20 piges, ici, tu sais ce que ça représente ?

Et y a pas de remise de peine, hein.

Tu vas te les taper jusqu'au bout.

Et là, ils seront pas conciliants, frérot.

- Donc ? - Arrête, là.

Tu sais, je vais te dire, quand le coeur ne va pas,

faut soigner l'estomac.

Voilà, tonton Roger va te préparer à manger, tiens.

Puisque t'as envie de bouffer ?

Je vais lui faire une petite surprise.

Alors ?

Moi, ce que j'aime bien faire,

c'est que je prends une petite tranche de raclette,

un petit serrano, tu vois ?

De la bonne sèche.

Et je fais tout cuire en même temps.

C'est pas du beau travail, ça.

On va faire de l'oseille avec cette couque.

Non, je suis d'accord, mais on va le faire une fois, on s'arrête.

Une fois, quoi, une fois ?

T'es fou ou quoi ?

On a des frais.

Tu crois que c'est gratuit, tout ça.

De quoi tu parles, là ?

Tu veux te lancer là-dedans ?

Je parle de travail.

Mais c'est pas du travail, ça, c'est la mort.

Mais c'est la mort, mais c'est...

Mais tu vas te faire balancer dans six mois, un an.

Mais qu'est-ce qu'il prend, là ?

T'as oublié, ou quoi ?

Putain ! Hé, hé, hé, Omar, s'il te plaît, arrête.

De quoi je te parle de travail ?

Mais c'est pas du travail, ça !

Mais tu crois que je vais passer ma vie au bord de la piscine

où y a pas d'eau, t'es ouf, toi ?

Ou à faire du sport, à aller faire la tournée des cabarets ?

Je commence à me faire chier !

Frère, je tiens à toi.

Ça, c'est même pas en rêve.

Moi, si je suis derrière toi, c'est pour te protéger.

Je surveille ton dos, moi.

J'ai pas envie que tu fasses des bêtises, c'est tout.

Faut se ressaisir tout de suite, là.

Je t'ai jamais demandé quoi que ce soit.

Là, je te demande de faire attention à tes fesses, d'accord ?

Joue pas à ça.

On n'est pas chez nous.

C'est tout. On n'est pas chez nous.

T'es rentré à 15h

et t'as même pas chargé la marchandise dans la voiture !

Tu te moques de moi !

Mets-les en pile pour pas qu'ils tombent.

La prochaine fois, je te dirai de te débrouiller.

Je t'ai demandé de charger la voiture.

Et rien n'est fait, on est en retard pour la livraison !

Qu'est-ce que tu fais, là ? Sors de ma voiture.

Ok, je voulais juste t'aider, moi.

Sors de ma voiture !

Ok !

Eh, ça va, hein ?

Il va bien falloir les décharger, ces cartons, quand même.

Excuse-moi si je t'ai fait peur.

Je n'ai pas eu peur.

Akram mon frère.

Samia, bienvenue.

- Ça fait un bail ! - J'avais beaucoup de travail.

- Ça va, les affaires ? - Comme d'hab.

- Combien t'en as ? - J'ai 49 boîtes. Et une pour toi.

- Combien, 50 ? - Non, 49.

C'est 60 ?

Je vais les compter sinon...

- Vas-y. - Une par une.

Je te jure, c'est 49.

Pas cher, franchement.

Je te vois bosser, tu te débrouilles superbement, franchement.

On n'essaie même pas, on bosse, ça suffit.

Je le fais parce que c'est toi...

C'est réglé ?

C'est bon.

Que Dieu te garde.

Je sais pas qui c'est, je te le jure.

Bienvenue chez nous !

Merci de nous avoir sortis de la merde au cabaret.

Ici, c'est notre maison et t'es chez toi.

On a tout, le shit, la came,

la blanche, les cachetons.

Tout ce que tu veux.

Cette maison, c'est la tienne.

Comment tu l'as calmé au cabaret...

Ça se voit que t'es un chef !

Il mérite grave !

Djamel, tu nous mets bien ?

Ah oui ?

Et ça va avec les flics qui ne viennent pas vous faire chier, ici ?

Ça fait longtemps qu'il n'y a pas de police ici.

T'es avec nous. T'inquiète, mon ami !

Allez, pour Mbappé, pour Ronaldo !

500 si tu perds, 1000 si tu gagnes !

Combien tu veux miser, frère ?

2000 dinars pour Mbappé. Comment tu t'appelles ?

Kader.

Et toi, mon frère, combien ?

Faites vos jeux !

Sur Mbappé ou Ronaldo !

Allez, on mise !

Un combat exceptionnel aujourd'hui !

Et toi, frère ?

Vas-y, tiens.

On risque de ne pas pouvoir assurer le ferry de ce soir.

Le fournisseur a augmenté ses prix.

Et Fabien n'a pas pu venir parce que son fils est malade

et je stresse.

T'inquiète, je vais gérer.

Tranquille, ici c'est le café.

Ça raconte des blagues.

Omar, s'il te plaît, j'ai besoin de toi.

Là, le fournisseur qui nous fait ça, normalement, c'est ton travail.

Quand je suis pas là, il y a des galères.

Fais juste en sorte que ça avance.

C'est pour ça que je te paye, non ?

Voilà.

Sérieux, merci, grave.

Merci beaucoup trop.

C'est pour ça que je te paye.

C'est pour ça que je te paye.

Je suis qui ? Je suis ta puce, moi.

Viens, vas-y, viens.

C'est pour ça que je te paye.

Ouais, c'est moi, bébé.

Au fait, j'ai quelqu'un pour refourguer la farine.

Mais c'est moi qui vais la revendre.

Ah ouais, t'avances tout seul, toi.

Je n'avance pas tout seul, je te le dis.

Moi, je ferais rien sans toi.

Ah, moi ça, je le ferais sans toi.

Laisse passer ! C'est Omar.

Comme ça, tu ne fais rien sans moi.

Tu veux quoi ?

On le brûle ?

On l'égorge ?

Ou on lui tire dessus ?

Tu me le gardes juste au chaud.

C'est toi qui décides.

Combien de temps ?

Tant que t'as de l'argent !

Vous êtes des durs.

Celui qui veut du poisson doit se mouiller les fesses.

Mais qu'est-ce qu'il s'est passé ?

Il est 8h, Omar.

Tout le monde va arriver d'ici 30 minutes.

Debout ! Allez, dehors !

Dehors !

Dehors avant que j'appelle la police !

Dehors !

Dehors !

Emballe-les dans un sac poubelle et tu me suis.

T'es une vraie fédulogie, toi.

Attends un peu que je te cuisse.

Mon pote !

J'ai de l'Arzam.

En Algérie, on a beaucoup de paranos.

Alors on prend de l'Arzam pour calmer nos délires.

J'ai du Sarouk.

Tout le monde y trouve son bonheur.

Et le top du top, tu mélanges Arzam et Sarouk !

Tu fumes, tu sniffes.

Et pour remonter, tu prends du Zerga.

Là, tu baratines tout le monde.

Même ta mère, tu peux la vendre.

Vas-y, tu gardes tout.

- T'as pas intérêt de nous tuer. - Qu'est-ce que tu fais ?!

Voilà.

T'es où, t'es où ? Ah, oui !

Je te rejoins, je te rejoins.

T'es en sortie de route ?

Non, ça compte pas, ça compte pas.

- On n'a pas dit. On n'a pas dit. - Là, il n'y a pas d' "allité".

Non, là, on va la tracer.

Avant même que tu m'en parles, tu fais des règles de ton côté

et après, tu veux me parler de Victoire ?

Vas-y, prends-la, la Victoire.

Moi, je te prends en revanche. Je te donne deux pénalités.

- Non, non, je recommence. - 2 pennalités.

Non, je recommence. C'est vrai, j'ai mis deux fois.

Attends, je recommence.

Les bons moments !

On peut parler un peu des bons moments.

Les mauvais moments...

Je sais, moi, que t'as sacrifié beaucoup de choses pour rester ici.

Je sais aussi que...

Non, je sais.

Je sais.

Toujours en retard !

Dépêche-toi, fais attention à la marche.

Même quand on est à l'heure, on est retard.

Vous allez me rendre folle !

Sans parler des invités...

T'as des nouvelles du patron ?

Non.

Mais t'inquiète, je suis là maintenant.

Et alors ?, t'es un français, tu ne peux pas rester.

Pourquoi tu dis ça ?

Tu vas voir, tu vas partir.

Tu veux que je parte ?

Les français, les chinois, y'en a qui restent, y'en a qui partent.

C'est comme ça.

Ouvrez-moi cette porte maintenant !

Ouvrez j'ai dit !

Allez, dégagez !

Oh là là !

Oh les salauds !

Qu'est-ce qu'ils t'ont fait ?

Comment tu m'as retrouvé ?

J'ai des oreilles dans la rue, t'as vu ?

Je les ai mis à la menthe.

Pourquoi ils m'ont fait ça ?

C'est des oufs, c'est...

À mon avis, ils voulaient te faire chanter.

Tu sais, les français qui viennent ici, qui font trop d'oseille, ça les énerve, t'as vu ?

Putain.

Je suis venu au soleil faire ma retraite pour des gâteaux.

Merci, frérot.

De rien.

C'est normal, c'est normal.

Y'a des nouvelles pour la vente, là ? On va pas garder la coque éternellement.

Pourquoi t'es pressé ?

Bah ouais, je suis pressé, ouais.

On manque d'oseille.

Non, on l'a juste décalé.

T'inquiète pas.

Oh, le bâtard, il m'a fourgué une fausse.

Merde.

T'as réservé où ?

Plutôt poisson, non ?

Poisson, c'est bien pour les femmes.

Après, t'as vu, s'il y a pas de poisson, on mangera autre chose, c'est pas le problème.

Bah moi, j'ai trois choses à te dire.

La première,

Sobriété.

La deuxième,

humilité.

Ouais, ouais.

Et la troisième, c'est la plus importante,

simplicité.

T'as capté ?

Ouais, t'inquiète.

Je comprends pas comment ça marche, ce truc, je te jure.

Tu vois, sur le côté droit, là, y'a un écrou, un gros.

Ouais.

Tu le dévisses et tu le retires, complètement.

Ça devrait marcher.

Oh, putain de sa mère !

Putain !

Chef, chef !

C'est quoi, ça ?

Bah, c'est pour te remercier de m'avoir sauvée la dernière fois avec les gamins.

Y'a pas de rendez-vous fournisseur.

C'était pour que je vienne.

Eh ouais.

Mais on faisait une table sec et c'était réglé.

Bonsoir, madame.

Bonsoir, monsieur.

Je suis à votre service aujourd'hui.

Nous avons des plats magiques, madame.

Nous avons la haute gamme.

Nous avons des poissons frits 100%, madame.

Nous avons le calamar, le rougi, le merlan et le sard.

Madame, madame, c'est la haute gamme.

Si vous avez besoin de quelque chose, je suis à votre service, madame.

Pourquoi t'as choisi la pâtisserie ? C'était venu comment, ça ?

Je ne fais pas de pâtisserie.

Tu fais pas de pâtisserie ?

Bah, un peu, quand même.

Non.

Je sais pas cuire un oeuf, alors là, les gâteaux.

Ah bah, moi, j'adore cuisiner.

Les pâtes au thon ?

Ah, plein de plats. Je connais plein de trucs.

Tu sais, moi, je veux mon indépendance.

Je prends le boulot là où il est.

Et toi ?

Moi, bah, j'ai été industriel à Hong Kong pendant plusieurs années.

Tu connais ?

Hong Kong ?

Ouais.

C'est un fruit ?

Tu te moques de moi, en fait.

Tu me crois pas.

Chouïa, pas vraiment.

Tu vendais des menottes ?

Mais non, mais attends.

Mais ça, c'est un vieux truc, ça.

T'as trouvé ça où ?

J'étais innocent, on m'avait monté un chantier.

C'était une sale histoire.

Ah, ça me fait mal de revoir ça.

Vas-y, enlève, enlève, enlève.

Officiel.

Mais je te jure, écoute, j'ai...

Pour tout te dire, voilà, je t'explique.

J'étais un peu dans la politique.

J'ai connu des gens, j'ai commencé à déranger et tout et...

Je me suis retrouvé dans la merde.

Mais ça, ça y est, c'est fini, ça. Terminé.

Et les braquages du boulanger, tu le fais toujours ?

C'est rien, ça.

Attends, c'était des petits gamins des rues.

Ils avaient pas mangé depuis trois jours.

T'es comme ça, toi.

La main sur le cœur.

Ouais, enfin...

Il aime bien se balader aussi, des fois.

Non, mais sur le cœur.

Avant tout, sur le cœur.

D'ailleurs, en parlant de cœur,

il est comment le tien ?

Dur comme de la pierre.

Ouais, ça se voit.

Qu'est-ce qu'il s'est passé dans ta vie ?

T'es arrivé quoi pour être comme ça ?

Normalement, tu devrais avoir, je sais pas,

quatre, cinq enfants,

trois chefs dans le jardin,

une bague au doigt...

Plutôt couper le doigt.

Ah oui, carrément ?

Mais du coup,

qu'est-ce qui te tient dans la vie ?

Je me consacre à mon association.

On distribue de la nourriture aux pauvres de mon quartier.

Sinon, côté cœur, je suis partie le soir de mon mariage.

Sérieux ?

Ouais.

Il s'est passé quoi ?

Je t'oblige pas, si tu veux pas en parler.

Pas obligé.

C'était une belle fête dans une très grande salle.

Les bouquets de fleurs sur les tables des invités.

Les alliances éclatantes.

Je me souviens, j'étais recouverte d'or.

Tu devais être magnifique.

La lumière qui me cognait,

la musique à fond.

Tout le monde dansait, les enfants qui couraient partout.

Et je vois ma mère, elle a les larmes aux yeux.

Et moi, j'étais figée comme une statue.

Je fixais...

Je fixais une peinture.

Des dunes à l'infini.

Ils ont posé le trône, je me suis levée, je suis partie.

Et t'es allée où ?

Nulle part.

Disparue en robe blanche.

J'ai tout plaqué.

Et depuis, je refais ma vie.

Merci pour ce guet-apens.

Vous êtes en état d'arrestation.

Je partirai en cavale.

Je t'en empêcherai, moi.

Il me reste toujours des menottes à la maison.

Non, je les ai plus.

D'ailleurs, j'ai jamais eu de menottes. Je, je..

Salut.

Samia ?

Eh oh, Samia ?

Samia !

Samia !

T'as vu, je suis venu te voir.

Je suis venu pour te voir, toi.

Samia.

T'es magnifique.

T'es magnifique.

Samia.

Omar.

Omar, tu peux te rapprocher ?

Omar.

Vas-y, parle.

C'est compliqué, Omar.

Le voisin qui a porté plainte,

c'est un barbu.

Il faut qu'il retire sa plainte pour que tu sortes.

Hé toi, là ! Dors !

Dors, je te dis !

Je le répéterai pas !

Je t'échange un verre contre un paquet de clopes.

Si je parle à mon voisin, il retire sa plainte.

C'est génial.

Super.

Je reviendrai plus tard.

Réfléchis bien.

Réfléchir à quoi ?

Attends !

J'ai réfléchi, ça y est, j'ai réfléchi.

Je suis désolé.

Personne ne peut t'emmerder. T'es indépendante.

Tout ce que tu veux, dis-moi.

Je ne veux pas d'un homme qui hurle en bas de chez moi.

Compris ?

Et à chaque fois que tu feras de la merde, je te remettrai en prison.

J'étais inquiet, frérot.

J'ai cru que t'allais rester ici à vie.

Regarde-moi ça.

Attends, tu pues, frérot. Tiens, tiens.

Mon pote, ça va ?

Qu'est-ce que t'as aujourd'hui ?

Des courgettes.

Non, merci.

Salut, mon frère.

Donne-moi un thé.

Loué soit-Il, bienvenue.

Deux thés.

Merci.

Que Dieu te le rende.

- Au revoir ! - Avec plaisir.

Tu te débrouilles bien quand même, non ?

Fais-m'en deux.

Voilà.

Deux sandwiches.

Je vais jamais la serrer.

T'as pas compris ?

Cette fille, elle est sérieuse.

Elle sait exactement ce qu'elle veut.

Elle a pas tout quitté comme ça pour trouver un porte-monnaie.

Elle est déterte à capot.

Qu'est-ce que tu connais en femmes, toi ?

Et puis...

Quoi ?

Non, rien.

Vas-y, raconte.

Oublie.

Vas-y, dis.

Bon, t'as vu ?

Elle aime l'association de quartier.

Oui.

Elle s'occupe des gamins.

Et à peine tu déconnes, elle te met à l'amende.

C'est un Aska.

Bah, non, toi.

Mais si.

Mais non.

Renseigne-toi sur elle, mon vieux.

Et écoute papa.

Salam aleykoum, la comptabilité.

Mesdames, je vais vous demander de sortir un instant.

J'ai besoin de m'entretenir un peu avec monsieur.

Merci beaucoup.

Ça va ?

Ça va.

Bonjour, monsieur Omar.

Je suis à votre disposition.

T'es un mec sérieux, toi.

On me dit le plus grand bien de toi.

Si vous savez.

C'est-à-dire que nous, on fait un travail professionnel, monsieur Omar.

Et c'est qui le patron, maintenant ?

C'est moi ou c'est pas moi, le patron ?

Le patron, c'est vous, le patron.

Alors, j'espère qu'il n'y a pas des trucs louches dans l'entreprise.

Parce que moi, j'aime pas ça, les trucs louches.

Auxibila, il n'y a pas des trucs louches.

Je jure sur la tête de ma femme et de mes enfants.

Moi, j'aime pas les problèmes.

Il n'y a pas de problème.

Allez.

Samia.

C'est une grande maligne.

Raconte.

Officiellement, on produit 10 000 pièces par jour.

Samia, elle produit 11 000 pièces.

Elle fait beaucoup travailler tout le monde.

Elle garde 1 000 pièces pour elle.

Comme ça, à l'arrivée, il n'y a rien qui manque.

Mais personne ne s'en rend compte.

Non, personne.

Et toi, tu la balances comme ça, tranquille.

Parce que c'est...

Écoute-moi bien, maintenant !

Tu parles de ça à qui que ce soit, je te tue !

Samia, je vais te demander de me rendre ton badge

et de plus revenir au bureau, t'es licenciée pour faute grave.

Pourquoi ?

Tu m'expliques pourquoi on a 1 000 pièces qui disparaissent tous les jours ?

De quoi tu parles ?

On fait 11 000 pièces par jour, on enlève 10 000 tous les jours.

Et alors, les 1 000 pièces qui restent, elles vont où ?

On les garde en cas de famine en Algérie, c'est ça ?

C'est du banditisme, ça.

Hambok, dis-moi que c'est une blague.

J'ai tout, j'ai les preuves, j'ai les vidéos, j'ai tout.

Donc maintenant, tu me rends ton badge et tu reviens plus.

C'est fini, t'oublies ton projet de moi en prison, là.

Je rigole !

Une blague, ça y est !

C'est des gâteaux, j'en ai rien à foutre, moi !

Je vais t'envoyer quoi, aux assises de la pâtisserie orientale ?

Tribunal de l'Azlabia.

Mais c'est pas bien, quand même.

Il ne faut pas faire ça.

Mais tu oses me faire la morale ?

Et quoi, du chantage ?

C'est pas du chantage, c'est une blague, je te dis, c'est bon.

Tu sais pourquoi je vole ?

Non, je sais pas, non.

Pour les enfants de mon quartier.

Bah, super.

C'est bien.

On peut même voler tout le magasin, ma badge, si tu veux.

J'ai parlé au comptable.

Je lui ai dit, il ouvre sa bouche, je le tue.

C'est vrai ?

Je le tue.

C'est gentil.

Ça, c'est du Clemsen.

Le meilleur vin d'Algérie.

Très bon vin.

Le meilleur vin.

Qu'est-ce que je vois, là ?

Constantine.

Et ses mille ponts.

Fais attention, tombe pas.

La ville du vieux rocher.

Et là, j'aperçois doucement, là-bas.

Schleff !

Et son Sirocco.

Qui brûle le visage.

L'autoroute est à l'ouest, direction Oran !

Et ses cabarets.

On danse.

L'aïon turc et l'aïon.

On danse.

On danse.

On danse.

On danse.

On danse.

On danse.

On danse.

On danse.

On danse.

On danse.

On danse.

Qu'est-ce que je vois, là-bas, au loin ?

Regarde.

Le tic-turac.

Et ses neiges. Sous les cimes.

Regarde, c'est beau, putain.

On danse.

On danse.

On danse.

On danse.

Qu'est-ce que je vois, là-bas ?

C'est le Mirage ?

Non, non.

C'est Omar la fraise.

C'est le fraisier d'Omar.

Lui.

Oh, je le vois, je le vois.

Il est là, lui.

Il est beau, il est beau.

Il est très beau.

Il est beau.

C'est notre ferronnier.

Il nous fabrique les haches, les couteaux,

les sabres de samouraïs...

Tout ce que tu veux.

Et vous voulez faire quoi avec tout ça ?

Pompe à essence.

- Mais comment ? - Comme ça !

Vous voulez braquer une station-service à l'arrache, comme ça ?

On va les niquer, ces bâtards.

Hé, mais les gars.

Braquer, c'est un métier, hein.

Genre !

Vous, là, vous êtes une équipe.

Vous pouvez tout faire. Il n'y a pas de limite.

Vous pouvez tout braquer.

Mais pour ça, il faut être professionnel.

C'est ça, le secret.

Comment j'ai réussi, moi ?

Comment j'ai réussi ma vie ?

Comment j'ai réussi ma carrière dans ce métier ?

Vous avez une idée ?

On était gentils.

Il faut être gentils.

Pas de victimes, pas de sang, rien du tout.

Des fois, on bouscule un peu les gens.

On leur fait peur. Mais c'est tout.

Et on donne tout pour l'équipe.

On ne garde pas pour soi.

À la vie, à la mort.

C'est comme ça.

Alors, comment ça se passe, maintenant ?

C'est ça que vous voulez savoir.

Il y en a un qui guette.

Ou deux, trois, comme vous voulez.

Un qui gère le véhicule.

Un qui bloque l'entrée.

L'autre qui gère les otages.

Mais surtout, il faut faire ses lacets, bordel de merde.

Réglé !

Ben oui, réglé.

Éloignez-vous !

Viens là ! T'ouvres pas ta caisse ?

Viens là !

Tais-toi !

La police ! Bougez !

M'approchez pas ou je me tue !

Je vais me tuer !

Jette le couteau ! Petit, fais pas ça !

Laissez-moi partir !

Laissez-moi partir !

Un, deux !

Un, deux !

Trois, quatre !

Bouba !

Vous la connaissez, cette chanson !

Oui !

3, 4 !

Bouba !

3, 4 !

Bouba !

5, 6 !

Oui !

Wow !

Vous êtes très forts !

Allez, on recommence ?

Oui !

1, 2, 3 !

3, 4 !

3, 4 !

Bouba !

3, 4 !

Merci, mon frère.

T'as vu, je m'améliore.

Tiens, voilà.

Voilà, très bien.

Sachez que je suis très content de vous rencontrer

parce qu'il m'a beaucoup parlé de vous.

Il m'a dit que vous étiez quelqu'un de très sérieuse

et que dans le travail, vous êtes irréprochable.

C'est rare quand il me parle de quelqu'un de cette manière.

Et il faut savoir quelque chose sur Omar.

Pour moi, Omar, au-delà d'être un ami,

c'est quelqu'un qui porte en lui de l'humanisme,

de la joie de vivre.

Son amitié, elle me porte chaque jour.

Chaque jour, j'ai envie d'aller plus haut.

Et ses racines, je veux qu'il renoue avec.

Si je ne l'avais pas rencontré,

je peux vous faire une confidence ?

Je ne le dis jamais.

Mais j'aurais très certainement été en prison.

Aux Habs ?

Aux Habs.

Par contre, Samia, il faut que je te prévienne, c'est un peu spécial.

C'est quoi ?

C'est du jus de serpent.

Hein ?

Oui, on adore.

Mais ça peut piquer un peu au fond de la gorge.

Il y a des gens qui trouvent ça un peu fort.

Tu nous as servi quoi ?

Le jus d'Abdelaziz.

Mais je ne savais même pas que ça existait.

En plus, dans mon pays.

Oui.

T'es un vrai Algérien.

Santé.

Ça pique, ça pique, ça pique un peu.

Ne prends pas, non.

Comme tu veux.

C'est du citron.

Le citron d'Abdelaziz.

C'est lequel le nôtre ?

Regarde et choisis sans réfléchir.

Elle n'est pas en platine, cette idée, elle est en or.

On va créer le PMU algérien, tu vois ?

T'as capté ?

On va filmer les courses de chameaux,

les diffuser sur la chaîne nationale,

dans tout le Maghreb, dans tout le Moyen-Orient.

Ça va être un carton. Et puis surtout, c'est une affaire saine.

Ça sera propre.

C'est une retraite pour nous. Assurée.

T'en penses quoi, Samia ?

Ouais, peut-être.

Ouais, peut-être. T'as vu, elle a dit oui.

L'Algérienne des jeux.

L'Algérienne des jeux.

Elle a trouvé le nom, c'est ça.

L'Algérienne des jeux.

Voilà...

Merci, c'était bien.

Mademoiselle Samia est priée de retourner à son poste de travail.

On ne la paye pas pour compter les nuages, s'il vous plaît.

Plus d'amendes, Mademoiselle Samia, plus d'amendes.

Allez, on est généreux ici aux pâtisseries...

Mais oui, c'est bien.

Un, deux ! Un, deux !

Trois !

Allez !

Encore une !

Sérieusement, même pas coup de main ?

Désolé.

Tu m'emmènes où, là ?

Suis-moi.

T'inquiète !

Y a pas grand chose chez toi.

Ça joue les vie comptes, mais le compte est vide.

T'as laissé toute ta vie en France.

T'as appris à cuisiner quelque part ?

En prison.

Ah, c'était à Hong Kong ?

Tu vis complètement seul ?

Je veux dire, t'as personne ?

Libre comme l'âme.

C'est qui ?

Roger m'a dit que s'il revient pas, tu dois aller le chercher là.

Que s'est-il passé ?

Je voulais refourguer la coque à cette salope de vieux.

Putain ! Mon Roro, tu pisses le sang, là !

Tu vas où, là ? Qu'est-ce que tu fais ?

On va bientôt arriver.

T'es où ?

Chez le docteur Chicly.

Non, non, non, non. Même pas chez Stoker.

Respire, Roro, respire.

Allez !

On est bientôt arrivé, ça va.

T'es balaise.

Oui, oui, je sais.

Toi, t'es beau, là. Regarde ta gueule.

Je me demande si...

Ce serait pas le moment d'aller voir la mer, là ?

Tu m'emmènes voir la mer ?

Omar !

Omar !

Omar, ouvre la porte !

Omar, la porte !

Omar, la porte !

Il est où le vieux ?

Dis-moi qui c'est qui l'a fait, enculé de ta mère !

Enculé de ta mère ! Dis-moi !

Non, non, c'est pas moi.

Tu veux rien dire, tu veux tien dire ?

Parle-moi, je te dis !

Parle-moi, maintenant !

Roger ?

Hé, mon pépère, je te parle.

Bien, hein ?

L'idée, là... La tertiaire des dromadaires et tout, là.

Tu t'entoures bien, tu prends les gens de confiance.

On est tous dans la même sauce tomate, maintenant, pas vrai ?

Quand j'étais petit, j'habitais avec ma mère à Vénitio.

Dans un bidonville.

Y avait un facteur.

Un type, tout le monde le connaissait, hyper apprécié.

Il avait mis des...

Des numéros sur nos baraques pour nous donner des adresses.

Un fou, je te jure.

Toutes les semaines, il venait avec sa voiture.

Remplie de produits.

Il les achetait lui-même.

Il les revendait au même prix.

Parce que... On avait pas de... De commerce autour, tu vois.

Y avait rien.

On lui donnait de son temps.

Pas...

Près de nous, normal, on lui jouerait des trucs, t'as vu.

Toi, tu lui jouerais des trucs ?

Pour mon association.

À la mort de ma mère...

Au cimetière...

Y avait le facteur et Roger.

Quand je suis parti, le facteur, il m'a dit...

Au revoir, la fraise.

Il avait compris que c'était moi qui lui jouait des fraises.

Pour ma mère. Elle adorait les fraises.

Depuis ce jour-là, Roger m'appelle Omar, la fraise.

J'avais 12 ans, il en avait 15.

Si t'es un musulman...

Sinon, on peut pas l'enterrer, hein.

Oui.

Il s'est converti ?

Oui.

Avec témoin ?

Oui, mais ils sont en France.

Ils sont en France.

Si Roger...

L'ermite.

Roger l'ermite.

C'était un bon musulman ?

Le meilleur.

Mon Dieu, accordez-lui sa place au paradis.

Mon Dieu, accordez-lui votre miséricorde et votre clémence.

Mon Dieu, accordez à ses proches le courage et la sérénité.

Mon Dieu, ne nous privez pas de son dû.

Mon Dieu, ne nous soumettez pas à la tentation.

Mon Dieu, pardonnez-lui ses péchés.

Faisons-lui des prières, mes frères.

Sardines.

C'est quoi ces sardines, hé ?

C'est interdit de les pécher, les petites sardines, comme ça.

J'ai vu ça à la télé.

C'est pas bien !

C'est quoi les trois animaux les plus intelligents du monde ?

Les éléphants, les baleines et les dauphins.

C'est quoi les trois animaux les plus massacrés dans le monde ?

Les dauphins, ils les massacrent tellement, la mer elle est rouge, tu vois.

Ils tuent les dauphins pour devenir des hommes.

Tu me prends pour un âne, c'est ça ?

C'est pas possible.

Ça va, tu vas bien ? Tranquillement, la famille.

Tranquillement. Grâce à Dieu. Ça va, tu vas bien ?

Samia, je te présente Kiki, c'est mon fournisseur officiel de camembert.

Je te ramène tout ce que tu veux, madame. Tout !

Pour les amis d'Omar, je fais des miracles, madame.

C'est bon à savoir, mais ça va, j'ai tout ce qu'il me faut.

OK. Et il est où, Roger, là ?

Montez tous !

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