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Zulu
...
Musique sombre.
...
La porte se ferme.
...
-Bénissez-moi, mon Père, car j'ai péché.
-A quand remonte votre dernière confession ?
-Cela fait 15 ans.
Je crains d'avoir délaissé Dieu.
-Est-ce vraiment le cas ?
-Je souhaite me venger
d'un préjudice immense que l'on m'a fait subir.
-Que vous a-t-on fait, mon fils ?
-On m'a dérobé 15 années entières de ma vie.
Et la seule femme que j'ai aimée m'a été enlevée en même temps.
Maintenant, c'est l'heure de ma vengeance.
Musique épique.
...
-Profondeur ?
-Y a trop de bosses !
-Le capitaine veut te parler, Edmond !
-Je ne t'entends pas !
-Le capitaine veut te parler. Tout de suite !
-Jean, prends ma place. Maintiens la barre. Cap à 270.
-Attention !
-Comment va-t-il ?
-Je crains qu'il ne passe pas la nuit.
-Vous m'avez demandé ?
-Où sommes-nous ?
-Nous venons de passer le cap Corse.
-Et le grand mât ?
-Il est pratiquement réparé. -Ecoutez-moi, Edmond.
Il ne s'agit plus d'une question de jours,
mais d'heures.
Je voudrais que vous preniez le commandement du Pharaon.
-Je suis son supérieur, capitaine. Ce devoir devrait me revenir.
-Votre devoir, Danglars, est d'acheter
de la marchandise et de la protéger.
Le mien est de conduire ce bateau.
C'est Edmond Dantès
qui fera office de capitaine, désormais,
jusqu'à ce qu'on atteigne Marseille.
Est-ce bien clair ?
-C'est clair, monsieur.
-Maintenant, laissez-nous. Vous, Edmond, restez.
Ouvrez le coffre, là-bas.
Il y a une lettre scellée à l'intérieur.
Non. Mettez-la à l'abri dans votre poche.
Il faut que vous la remettiez à quelqu'un de très important
à Paris.
C'est une affaire urgente, Edmond.
-J'accomplirai mon devoir, monsieur.
A qui dois-je la remettre ? -(Approchez plus près.)
Maintenant, je vous demande de remonter
et de nous ramener chez nous.
-Oui, monsieur.
Est-ce que vous m'entendez ?
-Oui, monsieur !
-Levez la grand-voile !
-Allez ! On lève la grand-voile !
-Le mât ne tiendra jamais avec ce vent !
-Nous n'avons pas le choix !
Il nous faut sortir de cette tempête.
Levez la grand-voile !
-On y va, monsieur ! Entendu !
-Quelle idée ! Vous êtes fou ?
La voile est presque en lambeaux !
-Allez les aider ! Il faut gagner en vitesse !
-Vous me donnez des ordres ?
-Je suis le responsable, Danglars ! Faites ce que je vous dis !
Montez les aider ! Je vais nous sortir de là !
...
Attachez-la bien pour le moment.
Nous la réparerons demain.
Jacques. -Oui, capitaine ?
-Il faut décharger. -Oui.
-Descendez la marchandise pour M. Morrel.
M. Morrel ! -Edmond.
Je vous ai vu entrer dans le port depuis mon balcon,
mais je n'ai pas aperçu le Cne Leclère.
-J'ai de mauvaises nouvelles.
Le capitaine Leclère n'est plus parmi nous.
Il repose en mer depuis trois jours.
-C'est vous qui avez ramené Le Pharaon ?
-Oui, monsieur.
-Dieu vous bénisse.
-M. Morrel, puis-je me soustraire
à mes obligations pour aller rassurer mes proches ?
-Bien sûr. Filez donc ! -Merci.
-Nous nous verrons plus tard. -Oui.
Mercédès !
-Edmond ?
Oh, mon Dieu.
Oh, mon Dieu.
Depuis quand es-tu là ? -Je viens tout juste de rentrer.
-Oh, mon Dieu.
Nous avions perdu espoir que tu reviennes.
-Je suis là. Je suis là. -Tu as plus d'un mois de retard.
-Nous avons traversé les pires tempêtes.
C'est de penser à toi qui m'a permis de tenir.
-Tu ne peux plus repartir tant que nous ne serons pas mariés.
-Nous pouvons nous marier demain. -Nous devons d'abord annoncer
nos fiançailles.
-Bien sûr. J'oubliais.
Elle soupire. -Mon cousin...
-Fernand. Tu es revenu de l'école militaire ?
Et tu es lieutenant ?
Félicitations.
Est-ce que tout va bien ?
-Oui. Je suis seulement surpris de te voir, je pensais
que tu t'étais peut-être noyé.
-Fort heureusement, non.
-Eh bien, j'étais passé pour savoir s'il te manquait
quelque chose.
-J'ai tout
ce dont j'ai besoin.
-Tant mieux.
Je dois y aller. Je dois prendre mon service à la caserne.
Musique sombre.
...
Danglars.
-Que vous arrive-t-il ?
-Je reviens de la maison de Mercédès. Edmond était là.
Je ne peux pas la lui laisser ! -Calmez-vous.
-Vous ne comprenez pas.
Nous sommes catalans. C'est notre destin de nous marier.
Je dois y mettre un terme. C'est moi qu'elle doit aimer.
-Vous pouvez le provoquer en duel. -Je ne peux pas.
Si jamais je le tuais, elle se suiciderait.
-Danglars !
J'ai besoin de vous ! -J'arrive ! Une minute, M. Morrel !
Il aurait pu nous donner la journée.
-Votre navire est dans un sale état.
-Le Cne Leclère est mort.
-Oui, je sais.
-Et Morrel a ensuite promu Edmond comme capitaine.
Tout le monde
se moque de moi.
-J'ai d'autres inquiétudes en tête. -Fernand, attendez.
Je me demandais...
-Quoi ?
-Avant que Leclère ne meure, il a donné une lettre à Edmond.
En secret.
-Une lettre ?
-On pourrait peut-être s'en servir.
-Où voulez-vous en venir, Danglars ?
-Nous avons
une cause commune, non ?
-Oui. On dirait bien.
-"M. le procureur du roi est,
"par la présente, informé
"qu'au dénommé Edmond Dantès
"a été confiée une lettre par l'usurpateur Napoléon,
"avec pour instruction
"de la livrer
"au comité bonapartiste à Paris.
"Comme preuve,
"vous trouverez cette missive
"sur sa personne."
-"Ou dans sa maison".
-"Ou
"dans sa maison."
Comment dois-je signer ? Sans mettre nos noms.
-Que pensez-vous
de "signé : un ami du trône et de l'autel" ?
-C'est excellent.
"Signé :
"un ami du trône
"et de l'autel."
Voilà. Nous n'avons plus aucun souci à nous faire.
-Pourquoi écrivez-vous cela ? Edmond est un jeune homme bon.
Vous essayez de le piéger ? -Oui, bon.
Du calme, Caderousse, on s'amuse. -Comment ça ?
Vous pourriez lui gâcher la vie.
Vous l'accusez d'être un ennemi bonapartiste.
-Du calme. -Vous préparez un mauvais coup.
-Vous êtes satisfait ?
Tenez. Pour votre infâme piquette.
-Caderousse, viens m'aider en cuisine.
Musique mystérieuse.
...
-Fernand.
Ne faites rien de stupide.
Vous m'entendez ? Fernand !
Il porte un toast.
-J'aimerais...
J'aimerais dire devant vous
quelques mots me tenant à coeur. Tout d'abord,
M. Morrel, Mercédès et moi voudrions vous remercier
d'être le mécène
de notre fête de fiançailles.
Je ne pourrais rêver d'être au service
d'un meilleur homme et c'est pour moi un honneur
d'avoir la responsabilité
d'être le capitaine du Pharaon.
-Eh bien, merci pour ces très gentils mots, Edmond.
Ou devrais-je dire capitaine Dantès.
Rires.
Mesdames et messieurs,
levons nos verres à ce couple heureux.
Que leur union soit bénie.
A Edmond
et Mercédès.
-A EDMOND ET MERCEDES !
Musique guillerette.
...
-Danglars.
Vous n'avez pas levé votre verre à ce charmant couple.
Vous ne vous amusez guère ?
-Lorsque vous m'avez confié les cargaisons du Pharaon,
vous avez dit que c'était en vue de commander mon propre navire.
Le moment
me semblerait opportun, monsieur.
-Vous n'avez fait avec nous qu'un voyage.
Edmond navigue avec moi depuis qu'il est enfant.
Votre tour viendra.
-Il y a aussi autre chose dont je voulais vous parler.
-Quoi ? -Lors de notre voyage retour,
le capitaine Leclère a demandé
à ce qu'on mette le cap sur l'île d'Elbe.
J'ai essayé de l'en dissuader
et le jeune Dantès ne m'a pas beaucoup aidé.
-Elbe n'était pas sur votre route. -En effet.
-Pourquoi voulait-il
s'y rendre ?
-Napoléon Bonaparte, apparemment.
-Il a parlé à Bonaparte ?
-Le matelot les a vus discuter ensemble comme de vieux amis.
-Je vous en prie, gardez tout cela pour vous.
Maintenant que Napoléon a été exilé,
tout le monde est devenu royaliste.
-Je propose de lever notre verre à notre roi
qui a enfin réussi à nous sauver des excès de Napoléon.
Que son règne dure longtemps. Au roi !
-AU ROI !
-Et à votre éternel bonheur, Renée.
-Merci, Gérard.
-M. de Villefort, nous sommes royalistes.
Nous détestons le bonapartisme et n'autoriserions pas notre fille
à épouser quelqu'un ayant ces tendances.
-Comme Renée le sait, ma loyauté envers la Couronne
est si grande qu'elle m'a fait renoncer au nom de mon père.
-Donc vous n'utilisez plus le nom Noirtier de Villefort ?
-Non, maintenant, c'est seulement "de Villefort".
J'ai même du mal à me résoudre
à prononcer le nom de Noirtier.
Mon père avait
des opinions politiques éloignées des miennes et cela m'embarrasse.
Au roi.
-AU ROI !
Musique dansante.
...
-Edmond.
Puis-je danser avec ma cousine ?
-Evidemment. Je t'en prie.
-Nous sommes catalans, Mercédès. Nous n'épousons pas des étrangers.
Nous restons entre nous. C'est la loi.
-Ce n'est pas la loi, mais une coutume
et je n'ai pas à y obéir.
-Félicitations, mon fils.
-Merci, père.
-Le mois dernier,
Mercédès a demandé de vos nouvelles chaque jour.
-Vous avez encore le temps de changer d'avis.
-A propos de quoi ?
-Voulez-vous devenir la veuve d'un capitaine ?
-Comment pouvez-vous dire cela ?
-Il ne sera jamais plus que capitaine.
Moi, un jour, je serai général.
Avec moi, vous aurez un avenir.
-Ca suffit !
-Tout va bien ? -Oui, ça va.
-Hé. Il est ivre.
-Caderousse
vous a vu quitter la taverne avec la lettre en main.
Qu'en avez-vous fait ?
-Ce que vous espériez.
Voici pour votre aide.
Et pour le désagrément.
-Mais sans conséquence, semble-t-il.
-Nous verrons.
Musique sombre.
...
Il chuchote.
-Comment osez-vous venir ici ? -Vous allez comprendre.
On a trouvé cela sur le bureau des plaintes.
Personne ne sait d'où ça vient.
-Vous avez ce Dantès dans vos cellules ?
-Pas encore. Je préférais vous informer d'abord.
-Trouvez-le et emmenez-le.
Conduisez-le sous bonne garde à mon bureau.
-Edmond, voici pour vous et Mercédès.
Pour commencer votre vie ensemble.
-Vous nous avez déjà trop donné. -Ouvrez donc.
-Monsieur... -Je vous en prie. Vous le méritez.
-Puis-je vous la confier, père ?
...
Mercédès, j'ai promis au capitaine Leclère
que je livrerais une lettre à quelqu'un à Paris de sa part
et je me demandais si tu voudrais venir avec moi ?
On pourrait partir pour une semaine,
ou même plus.
Ce serait notre lune de miel.
-A Paris ?
Je ne suis jamais allée à Paris.
-Moi non plus.
Puisque nous serons mari et femme, nous pourrons voyager ensemble.
-C'est bien ici que vit Edmond Dantès ?
-Mais il est pas là pour l'instant. Il est chez M. Morrel.
-Edmond. -Oui ?
-Demain, tu mettras une bague à mon doigt
que je garderai pour toujours et qui me rappellera ton amour
quand tu seras loin pendant tes voyages.
Donc moi aussi, j'ai quelque chose à t'offrir
pour que tu penses à moi lorsque tu seras loin.
Elle appartenait à mon père.
-Elle est splendide. -Ouvre-la.
Elle te donnera l'heure à la perfection.
Toutes les heures pendant lesquelles tu me manqueras.
-Merci.
Musique joyeuse.
...
-Que vous avais-je dit ?
-Qui est Edmond Dantès ?
-C'est moi. -Nous venons vous arrêter.
-Pour quelle raison ? -Vous le saurez bien assez tôt.
-Que voulez-vous dire ? -Que se passe-t-il ?
-C'est un ordre de M. de Villefort, le substitut du procureur.
Venez et ne tentez aucune folie.
-Monsieur. Monsieur !
-Edmond, que se passe-t-il ? -Je ne sais pas.
-Je pars avec eux.
Je reviendrai avec Edmond.
-Il s'agit d'un malentendu. Continuons.
-Que se passe-t-il ?
-Occupez-vous de lui.
Que faites-vous ici, Caderousse ? -Vous avez donné
cette lettre à la police.
Oui, vous deux, vous l'avez fait.
Je leur dirai que vous avez écrit cette lettre.
-Faites cela et je vous arrache le coeur
pour vous le montrer alors qu'il bat encore.
-Rentrez chez vous, Caderousse.
Et faites comme si tout cela n'était jamais arrivé.
-Est-ce lui, Dantès ? -Oui, monsieur.
-Je suis M. de Villefort, substitut du procureur de Marseille.
Suivez-moi. Vous, restez ici.
Mettez-vous là.
Vous célébriez vos fiançailles lorsqu'on vous a arrêté ?
-Oui, monsieur.
Je me marie demain.
-C'est charmant. Et vous êtes marin ?
-Je rentre d'un voyage de 4 mois.
-Un voyage ? Où cela ?
-Egypte et Constantinople.
-Euh, j'ai été informé
du fait que vos opinions politiques
étaient extrêmes.
-Je n'ai pas vraiment d'opinions politiques.
-Avez-vous aimé Napoléon ? -Comme tout le monde.
-Et vous aimez votre roi, non ?
-Bien sûr.
-Avez-vous
des ennemis ? -Comment ça ?
-Répondez.
-Pas à ma connaissance, monsieur.
-Pourtant, quelqu'un semble décidé
à vous attirer de sérieux problèmes.
-Par quel biais ?
-Une personne a déposé cette lettre à la police, aujourd'hui,
où il est écrit que vous avez été chargé d'une lettre
de l'usurpateur Napoléon
avec pour instruction de la livrer au comité
bonapartiste de Paris.
-Puis-je la voir ? -N'avancez pas.
Le Pharaon a-t-il fait une halte sur l'île d'Elbe,
lors de son voyage de retour depuis l'est ?
-En effet, monsieur, oui. -Pourquoi ?
-Feu notre capitaine...
-Parlez.
-Il voulait présenter ses hommages à Napoléon Bonaparte.
Le capitaine Leclère était dans la marine impériale
et je crois qu'ils se connaissaient.
-Et a-t-il
présenté ses hommages à l'usurpateur ?
-Je le suppose.
Je ne l'ai pas accompagné sur l'île, donc je...
Il soupire.
-J'imagine que vous avez des témoins de tout ceci ?
-L'équipage du Pharaon vous le dira.
J'étais sur le navire.
-Avez-vous, oui ou non, été chargé
d'une lettre avec pour instruction
de la livrer à une ou plusieurs personnes à Paris ?
-Je l'ai été,
monsieur.
-Où est cette lettre ?
-Eh bien, elle est là. Je l'ai sur moi.
-C'est le sceau de l'usurpateur. -Ca, je ne pourrais le dire.
-Et vous ne l'avez pas lue ?
-Le sceau n'a pas été brisé.
Que dit-elle ?
-Si elle était tombée
entre de mauvaises mains,
elle aurait causé des dommages irrémédiables
au roi et à notre pays.
-Je n'en avais aucune idée. Dieu soit loué, il n'en est rien.
-En effet.
Bien, je crois
que nous en avons fini.
Vous êtes libre.
-Oh. Merci, monsieur.
-Je suis navré qu'on vous ait importuné, un jour comme celui-ci.
-Oui. Merci.
-Une dernière question.
A qui étiez-vous censé confier
cette lettre ?
-A un certain M. Noirtier,
à Paris.
-Revenez.
-Oui, monsieur ? -Je dois me renseigner
sur ce Noirtier avant que vous partiez. Inspecteur !
Faites sortir M. Dantès
et attendez avec lui les instructions à venir.
-Désolé, monsieur,
je ne comprends pas. -Sortez.
En fait, j'ai même du mal
à me résoudre à prononcer le nom de Noirtier.
Mon père avait des opinions
politiques très éloignées des miennes.
Musique mystérieuse.
...
-Pourquoi cela dure si longtemps ? -Je connais bien le commissaire.
Je vais aller mettre fin à cette mascarade.
-Je reste ici.
J'attends Edmond.
-Capitaine Dantès,
M. de Villefort tient à s'excuser de vous avoir détenu inutilement.
Je vais vous escorter en voiture jusqu'à la maison de M. Morrel.
-C'est parfait. -Suivez-moi.
-Puis-je être délivré de ceci ?
-Quand nous arriverons.
Montez.
-Edmond ! -Mercédès.
Il me ramène chez M. Morrel. -Asseyez-vous.
-Je te retrouve là-bas.
-Edmond !
Edmond !
-Le marquis est-il là ? -Il se prépare au coucher.
-Dites- lui que je dois le voir. C'est urgent.
-Où m'emmenez-vous ?
...
-Sortez, Dantès.
-Je n'irai nulle part sans explication.
Pourquoi suis-je ici ?
-Edmond ! -Enlevez-moi ça.
-Edmond, que se passe-t-il ? -Retenez-la.
-Mercédès ! -Que se passe-t-il ?
-Je n'en sais rien du tout ! -Où t'emmènent-ils ?
-C'est un malentendu.
-Edmond ! -Retenez-la !
-Edmond !
-Je reviendrai te chercher ! -Je t'attendrai, Edmond !
-Allez-y.
-M. de Villefort, que venez-vous faire ici
à cette heure ? -Mes excuses, monsieur.
Mais l'affaire qui a réclamé ma présence, tout à l'heure,
a mis à jour un espion de Napoléon.
Le roi court un grave danger.
Je dois aller à Paris pour lui parler, mais pour cela,
j'ai besoin d'une lettre d'introduction.
-Où est mon fils ?
-Ils l'ont emmené.
M. Morrel est-il revenu ? -Pas encore.
-Mercédès,
où l'ont-ils emmené ? -Au large.
-Je vais demander ce qui se passe
à mon supérieur. -Merci, Fernand.
Venez, M. Dantès, il est tard. Il faut rentrer.
-Mais qu'a donc fait Edmond ? Je ne comprends rien.
Qu'a bien pu faire mon fils ? -J'en sais rien.
Musique dramatique.
...
-On y est presque, monsieur. -Non, pas le château d'If.
...
-Bonjour, M. le gouverneur.
-C'est un de ceux-là ? -Hm.
-Monsieur, je n'ai été accusé d'aucun crime.
-Ce n'est pas ce que dit ce formulaire.
-Que dit-il, alors ?
-Il dit que vous êtes un espion de Napoléon.
-Mais c'est un mensonge. Vous devez me croire.
-Les gens comme vous disent tous ça.
Les prisonniers politiques vont au cachot.
Qu'on l'y emmène.
...
-Enlevez les menottes au prisonnier.
...
Entrez.
...
Musique triste.
...
On frappe à la porte.
-Vous êtes matinal, père.
-Qu'est-ce qui t'amène à Paris ?
-Qu'avez-vous à la main ?
Vous avez saigné.
-En effet.
Ce n'est rien.
Je me suis coupé, hier soir, sur une rambarde rouillée.
Tu veux un café ?
-Non. Je suis ici pour une affaire urgente,
mais je devais vous parler avant.
-Quelle est cette affaire ?
-Je suis venu prévenir le roi d'un complot contre lui.
Une lettre compromettante de Napoléon
vous étant adressée, père, est parvenue entre mes mains.
Heureusement, j'ai réussi à la détruire
et j'ai fait taire son porteur,
pour que votre cou ne subisse pas la lame de la guillotine.
-Qu'y avait-il dans cette lettre ?
-Il vaut mieux que vous ne le sachiez pas.
-Je peux le deviner.
Napoléon prépare son évasion de l'île d'Elbe, non ?
-Qui vous l'a dit ?
-Je connais des gens partout, Gérard.
-Alors, c'est vrai ?
-Il s'est déjà échappé.
Il a débarqué en France, il y a 3 jours, avec 700 hommes.
-C'est impossible.
-Il marche vers le nord.
Les officiers lui prêtent tous allégeance.
Il a déjà avec lui 6 000 hommes prêts à se battre.
-Oh, mon Dieu.
-Bientôt, il fera sa grande entrée à Paris.
Je te suggère de courir voir ton petit roi
et de lui parler de cette lettre, séance tenante.
Sois sûr, Gérard, que tu ne fais pas cela
pour protéger le roi,
mais seulement pour faire avancer ta carrière.
Je te regarde faire de loin.
Tous ces hommes que tu as condamnés pour des "raisons politiques"...
Cela ne te fait aucun effet ?
Pourquoi es-tu si impitoyable ?
C'est de l'ambition ?
-Non, ce que je fais, je le fais au nom de la loi.
-C'est faux. Tu n'agis que par ambition.
C'est pour cela que tu as changé ton nom,
que tu t'es débarrassé de "Noirtier", M. de Villefort.
Va-t'en.
Va dire à ton roi de fuir la France
tant qu'il en est temps.
-Je ne parlerai pas du destinataire de la lettre.
Il rit.
-Evidemment que non.
Si tu le faisais, cela détruirait ta carrière.
Tu deviendrais pire qu'un parasite au regard de la loi,
tout cela à cause de mon nom,
le nom de Noirtier que je suis fier de porter.
Musique mélancolique.
...
-Qu'a dit votre officier supérieur ?
-Il va se renseigner.
Je lui ai dit que c'était important pour moi.
Vous n'avez pas dormi ?
-Comment puis-je dormir sans savoir où est Edmond ?
-Où allez-vous ? -Je vais essayer de comprendre.
Alors ?
-M. de Villefort est parti à Paris pour une affaire urgente.
-Vous avez parlé à l'inspecteur ?
-Oui. Il n'est au courant de rien à propos du bateau.
-Ils l'ont conduit en mer. J'étais là.
Et s'ils l'avaient conduit à la prison du château d'If ?
-Mais il n'y a aucune raison.
Tic-tac de la montre.
...
-Entrez.
L'avez-vous trouvé ?
-Non.
-Il doit bien être quelque part.
Il n'a pas pu...
disparaître.
Il reviendra bientôt.
Vous verrez.
Il passera cette porte.
Comme il le fait toujours.
La porte s'ouvre.
-Donnez son uniforme au numéro 34.
Enfilez ça.
-Je ne devrais pas être là !
-N'élevez pas la voix
devant moi. Jamais.
-Faites ce qu'on vous dit, numéro 34.
-J'ai établi une règle
selon laquelle aucun détenu ne doit sortir vivant des cachots.
Je suis ici depuis 6 ans et depuis, cette règle est respectée.
J'attends de vous que vous vous y soumettiez.
Dépêchez-vous.
Ni eau ni nourriture pendant 2 jours.
La porte se ferme.
-Mercédès.
Mon supérieur a finalement découvert
ce qui était arrivé à Edmond.
-Dites-le-moi.
-Il a été accusé de trahison et emmené au château d'If.
Ils le retiennent là-bas depuis.
-Mon Dieu.
-Personne n'en est jamais revenu vivant.
Il est peut-être déjà mort.
-Non !
Pas Edmond.
Il sait que j'attends qu'il revienne.
Il me reviendra. Vous verrez.
Votre officier, il est sûr qu'ils l'ont emmené là-bas ?
-Tout à fait sûr.
Il sanglote.
...
Musique dramatique.
...
-Pourquoi, Seigneur ?
Pourquoi ?
...
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