All language subtitles for Filles.Du.Feu.S01E05.ENGLISH.720p.WEB.x264-AMB3R

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Original subtitles

-Qu'aurait fait ta mère ? -Une grande prière collective.

-On prie tous ensemble. -C'est le sabbat des sorcières.

-Isabelle est mon âme soeur. Vous êtes ma femme,

vous devez un héritier aux d'Urtubie.

Que faites-vous là ?

-Félicitations, mon cher cousin ! Votre femme est enceinte.

-Menez une expérience scientifique inédite : cherchez

ce qui fait d'une femme une sorcière.

-Je cherche mon mari, Pierre de Lancre.

-Je veux rester et vous fuir à la fois.

-Arrêtez-les toutes !!!

Pleurs.

-Que faites-vous là ?

-Non... -Catherine...

J'ai peur.

-Je suis désolée. -Isabelle !

Pourquoi être allée à cette fête des paysans ?

-Utilisez votre pouvoir, sortez-nous d'ici !

-J'empêcherai votre procès. -Y a pas de procès.

Ils ont été pris sur le fait et seront brûlés demain.

-Quoi ?

Pleurs.

...

(Isabelle...)

...

Cris de douleur, gémissements.

...

-Sois forte, c'est presque fini.

-Notre louve... Elle est où ?

-Elle est morte.

Des gardes l'ont tuée quand on s'enfuyait.

-T'as été blessée d'un coup d'épée.

-T'es sûre que personne

vous a suivis ?

J'ai peur

qu'on se fasse repérer. -Habitue-toi

à partager cet endroit.

On ramènera ici tous ceux que les gardes ont pris.

On ne les laissera pas mourir.

-Comment vas-tu les faire évader ?

-Damien s'en occupe.

...

Vent.

...

Cris de rapace.

...

-M. le Juge.

-Ah, mon Père...

Vous n'avez pas idée de ce qui m'arrive.

J'ai vu le sabbat des sorcières.

J'avais raison depuis le début, il existe.

Et j'ai vu le diable lui-même.

Je suis en train d'écrire un livre nouveau.

Le monde doit savoir ce qui se passe ici.

Vous qui aimez

la démonologie, écoutez ça.

"Le sabbat est l'occasion pour les sorcières

"de donner libre cours à leurs pratiques.

"Car les vénéneuses femmes sont des spécialistes des poisons.

"Elles en fabriquent avec des fleurs secrètes,

"avec de la chair d'enfants et des crapauds."

-Votre plume n'a pas changé.

Toujours aussi... Eclairante.

-J'aimerais voir les prisonniers.

-Pas d'extrême-onction pour les sorcières, la loi

l'interdit.

-Je ne pensais pas à elles,

mais à ces hommes qui ont été arrêtés.

Ils sont allés au sabbat parce que les sorcières

les ont ensorcelés.

Vous savez comme elles sont : de vrais serpents.

Peut-être que dans vos cachots se trouve un homme qui regrette.

Cette âme ne mérite-t-elle pas ses derniers sacrements ?

-Oui...

-Ouvrez-moi la porte, mon fils.

Le garde ouvre.

...

Et allez nous chercher de l'eau.

-Merci d'être venu !

-(Venez !)

Tenez.

L'exécution est prévue

demain matin, prenez-le !

-Tu veux qu'on tue

le garde ? Non, on ne peut pas

faire ça.

-On n'a pas

le choix.

-Vous êtes sûre ?

-Vous pensez : "Comment la noble du château

"qui n'a jamais tué un poulet

"pourrait tuer quelqu'un ?" Eh bien, je peux.

Je suis comme vous,

j'ai envie de vivre.

-Vous êtes vraiment marié ?

-C'est ce que je vous dis. Elle... Elle est ma femme.

-Je comprends pas.

Pourquoi vous me l'avez pas dit ?

-Ma...

Nous devons être raisonnables tant qu'elle est là.

Vous comprenez ?

Garder nos distances.

Mais vous restez mon alliée,

une alliée indispensable.

Si c'est à propos de la chasse, ma porte reste toujours ouverte.

Elle pleure.

...

-S'il vous plaît,

aidez-nous !

Gémissements.

...

-Quoi ? -Elle s'étouffe !

-Ah !

Ah...

-Vite !

Allez, vite, vite, vite !

Allez-y !

Allez !

Vite !

Pleurs, gémissements.

...

-(Vas-y !

(Va vers le château, tout droit.)

-(Tu viens avec nous ?) -(Non.)

-(Pourquoi ?) -(C'est pas le moment de parler.)

Allez !

-Allez, vite !

Allez... Allez, faites un effort.

-"Mon cher Pierre !

"Comme vous m'avez manqué ! Oh !

"Vous avez si bonne mine !"

Aboiements.

...

Mais...

Pierre ! Pierre ! Pierre !

-Que faites-vous là ? Vous êtes folle ?

Sortez ! -Mais qui est-ce,

à la fin ?

-La soeur de Mme d'Urtubie. Sortez !

-Ca concerne la chasse. Les prisonniers s'enfuient.

Aboiements.

...

-Allez jusqu'au vieux pont. Quelqu'un vous montrera le chemin.

Cor sonnant l'alarme.

...

On y va ! -Non,

Isabelle y est encore. -Pas le temps.

...

Gémissements.

...

-Je n'assiste pas à tous les bûchers.

Mais le vôtre, croyez-moi, je le regarderai

de bout en bout.

Dire que j'ai mangé

en face de vous tout ce temps !

Une sorcière !

Meurtrière ! Claquement de porte.

-Isabelle !

Attendez...

Isabelle...

Poussez-vous !

(Isabelle...)

Brûlez-moi avec elle.

Chuchotements. Oui...

Allez, De Lancre ! Courage...

Brûlez-moi avec elle.

-Si c'est ce que vous souhaitez.

-Oui.

-Tristan, que faites-vous ?

-Attendez !

Attendez...

Isabelle...

Je vais avoir un fils et...

Je peux pas le laisser sans père.

Hein ?

Non...

Vous comprenez ?

Oui...

Je suis père...

Isabelle...

Mon soleil...

Aidez-moi... Aidez-moi.

-Mais c'est vous,

Tristan, qui avez créé tout ça !

Vous qui avez fait venir le juge.

Vous ne vous souvenez pas ?

Le feu qui va me consumer, c'est vous qui l'avez allumé.

Vous savez, Tristan, le juge et vous,

vous êtes deux faces de la même pièce.

Des hommes modernes

qui pensez apporter la connaissance après des siècles d'obscurité.

Et dans votre monde moderne, l'homme est au-dessus de la femme.

Un monde de domination,

de hiérarchie...

Un palais fait pour les hommes...

Et construit sur le sang des femmes.

Mais je sais que vous perdrez !

-(Isabelle, mon ange...)

Embrasement.

...

Pleurs et cris.

...

-Je sais que vous êtes de cette race de femmes

qui séduisent les autres femmes.

Je vous ai vue.

...

J'ai promis à votre mari

de ne pas vous tuer.

Vous portez son enfant.

Hurlements.

En revanche, soyez sûre que toutes vos amies,

celles qui ont échappé à la justice et celles qui les y ont aidées,

vont mourir.

...

Croyez-moi.

...

Toux, gémissements.

...

-Je comprends pas ce qu'on fait là. Respiration difficile.

C'est pas le chef des gardes ?

-Si. Mais qu'est-ce qu'il fait là ?

-Le juge m'a fait amener ici pour me punir.

Il m'oblige à nettoyer

ce qu'a fait le médecin avec les entrailles des femmes

après chaque...

J'arrive même pas à le dire.

C'est atroce.

J'ai jamais rien vu d'aussi atroce.

-Bonjour !

Bonjour !

-Bonjour.

-Ravie de vous revoir.

Ca vous plaît, ici, chez nous ?

-Je n'ai pas eu l'occasion de tout visiter,

mais ça a l'air charmant, oui.

-Vous partez quand ?

Bordeaux doit vous manquer, vos amis

les princes,

princesses...

-Mon retour est fixé pour l'Assomption.

Eh bien, en attendant, bonne promenade.

Mon Père, c'est quand, l'Assomption ?

-Quand ce sera l'Assomption, tu verras, la Vierge sera décorée.

-C'est compris ?

Allez !

Approchez !

Comme je le dis à tous vos petits camarades,

M. Cariel, le médecin, est sur le point

de prouver une avancée scientifique majeure.

C'est pourquoi nous avons besoin de vous, de vous tous,

pour nous amener de nouvelles sorcières.

Elles sont rusées, soyez-le davantage.

Gémissements.

...

Elles sont malignes,

soyez plus malins qu'elles.

...

-Celle-là.

Cris, pleurs.

...

-Du calme !

...

Claquement.

-Vous aurez une prime pour chacune.

Allez !

-Ah...

Je suis prêt à tout quitter pour être avec toi.

Je sais que ton mari arrive bientôt.

Et j'ai pas envie que tout s'arrête.

Et toi ?

T'es pas obligée de me répondre maintenant.

Grincement et claquement de porte.

On approche.

...

Un homme. -Jeannette Elissalde !

Ouvrez !

Il frappe. Ouvrez !

-Qu'est-ce qui se passe ?

-On vient s'installer,

deux par maison. Le juge accélère la chasse, on doit vous suivre

partout. -Pourquoi ?

-Pour rapporter vos faits et gestes jour et nuit.

-Si mes calculs sont bons,

les marins seront de retour avant la prochaine pleine lune.

-On doit tenir jusque-là.

Hululement.

Cri.

Hululement.

-(Que la déesse vous accompagne.)

(Emmène ça à la montagne

(pour la blessure de la petite.)

Hurlement au loin.

-Celle-là.

-Non !

Hululement.

-Non !!!

Hurlements.

...

-Rapport sur Jeannette Elissalde.

-Jeannette Elissalde...

La fille de la sorcière

Gratianne Elissalde.

Et elle est déjà passée en procès.

-J'ai été disculpée. -Taisez-vous !

-J. Elissalde se lève à 7h pour assurer les tâches ménagères.

La poussière est pas toujours bien faite.

Ensuite, elle passe

beaucoup de temps à l'église, avec le prêtre, à faire des choses

religieuses.

-Rien de concluant, donc. A ce stade, nous ne pouvons pas

dire que c'en est une.

-C'est tout ?

Vos camarades auraient été plus sérieux que vous.

Grâce à leur travail, depuis ce matin,

on a trouvé 12 sorcières.

Les prochains jours, regardez-la mieux,

regardez-la bien.

Je sais pas pourquoi, celle-là, je la sens pas.

Elle pue la sorcière !

Et ne me décevez pas !

Il sort de la pièce et s'éloigne.

...

Bourdonnements.

...

Cris d'animaux, chants d'oiseaux.

...

Caquètements, basse-cour.

...

Chants d'oiseaux.

-Les marins devraient être revenus depuis longtemps.

Il a dû se passer quelque chose.

Oh... On n'aurait jamais dû envoyer ta fille sur ce bateau.

-Je suis sûre que Maïté est vivante.

Mais on ne peut plus attendre le retour des marins.

Faut tuer le juge.

-On n'a plus le choix.

La datura.

C'est elle qui m'a appelée cette nuit.

...

Tu mélanges ça

avec de l'eau dans une fiole.

2 gouttes suffiront.

-Vous êtes partie

pendant des heures !

Vous vous moquez de nous !

-Ca n'arrivera plus. Je suis désolée.

-On retourne voir le chef ? -Evidemment ! J'y vais.

-Attendez, attendez !

S'il vous plaît.

J'ai quelque chose à vous proposer.

Cette boussole a de la valeur,

je vous le promets.

Prenez, prenez

tout ce que vous voulez.

Hululements à l'extérieur.

...

T'inquiète pas, on rachètera plein de belles affaires à papa.

...

Plus personne n'entre ici, sauf les domestiques.

Ordre du juge.

-Qu'est-ce que c'est que ça ?

-C'est rien, c'est un clitoris, un organe

totalement inutile.

Regardez ça, plutôt.

C'est ce qu'on appelle un utérus.

Une théorie venue de Grèce antique

concerne cette partie du corps de la femme.

Certaines femmes auraient un utérus vivant,

qui serait capable de se décrocher

et de se balader dans tout le corps,

comme un animal fou.

-Mm !

Vous faites donc l'hypothèse

que les sorcières ont en commun ce problème d'utérus vivant ?

-Oui, M. le Juge. -Passionnant !

Un animal

dans l'animal...

Les sorcières étant inconstantes

de nature,

ce qui est dans leur corps doit l'être aussi.

-Je dois continuer mes expériences sur d'autres corps

pour prouver

ma théorie. -Bien sûr.

Mon ami, nous allons

révolutionner l'Histoire.

C'est dans quel sens, ça ?

-C'est comme ça...

-Mais vous pouvez pas me laisser ici !

-Une femme sur un bateau,

ça porte malheur, surtout

quand elle saigne.

Nos galères, c'est à cause de toi !

-Mais y a personne autour !

S'il vous plaît...

S'il vous plaît ! S'il vous plaît !!!

-Oh...

Une cloche sonne. Elle s'éloigne.

-Merci.

-C'est pour votre route jusqu'à Bordeaux.

C'est pour la route.

-Je ne pars pas.

Je me plais bien, ici.

-Vous pouvez pas rester ici.

Pierre et moi, on s'aime. Voilà.

C'est comme ça. C'est pas contre vous.

C'est pas de sa faute, ni de la mienne.

C'est Dieu...

C'est le destin qui l'a voulu.

Faut nous laisser tous les deux, maintenant.

Elle soupire.

-Ma pauvre petite...

Je m'en doutais

depuis un moment.

C'est pour ça que je reste.

-Vous le saviez ?

-J'ai un bon instinct pour ces choses-là.

Vous faites peine à voir.

Vraiment.

Je parie qu'il ne vous paie même pas

pour coucher avec lui.

Vous êtes plus pitoyable qu'une prostituée.

Moi, au moins, en échange,

j'ai de l'argent,

mon château...

Et même une deuxième demeure en province.

Et vous,

vous n'avez rien.

Il va repartir avec moi.

Et vous, vous n'aurez rien.

Elle s'éloigne.

...

Il soupire.

-Tristan...

-C'est bon.

Comment...

Comment va mon fils ?

-Bien. Très bien, même. -Je veux

le sentir.

-Non.

Ca porte malheur.

-Ah ? -Oui. Il pourrait

naître sans bras.

-Alors laissez-le

tranquille.

Il est tout ce qui me reste, vous comprenez ?

Il soupire.

Ce juge...

Non, ce rat !

C'est un rat, bordel !

Il m'a pris

l'amour de ma vie.

Il pleure.

...

Il est pire que la peste. Un jour, il arrive,

et il extermine mon peuple.

-Oui...

Il ne nous reste presque plus de domestiques.

-Il les a tous brûlés.

Regardez cette table.

Regardez-moi. Ca fait 10 jours qu'on m'a pas changé mes vêtements.

Je pue le mouton crevé.

...

-Je vais nous trouver des gens.

-Vous y arriverez pas. -Si. Je m'en occupe.

-C'est vrai ?

Elle s'éloigne. Merci, Catherine.

...

Imitation de roucoulement.

-C'est qui ? -Catherine.

-Qu'est-ce qui se passe ?

-On monte la garde.

Hier, on a vu des soldats pas très loin.

-Je vais empoisonner le juge.

J'ai besoin d'aide.

-Pff...

-Quoi ?

-Je me disais bien :

"Si elle est venue ici,

"c'est qu'elle a besoin de quelque chose."

Depuis que je suis là, t'es jamais venue me voir.

J'avais cru bêtement que...

Que ça avait compté pour toi aussi,

ce qui s'était passé.

Je comprends pas. Que t'ai-je fait ?

-Quand je t'ai vue en prison,

j'ai cru que mon coeur allait s'arrêter.

Je veux pas ressentir des choses comme ça.

Je peux pas.

Je suis pas faite pour ça, c'est trop pour moi.

Je l'ai toujours su, je...

C'est plus simple pour moi d'être toute seule.

Bon...

Tu vas m'aider ?

J'ai besoin de deux personnes

que le juge a jamais vues.

Il remplit les verres.

...

-Que vous arrive-t-il aujourd'hui.

-Nous en parlerons plus tard.

-Comme vous voudrez, ma chère.

-Ah !

J'ai fait percer

ma meilleure barrique.

On a des nouveaux serviteurs. Ha ha...

Allez !

-Vous...

Je vous ai vu

quelque part.

-Non,

je ne crois pas.

Où avez-vous trouvé vos nouveaux serviteurs ?

-A Bordeaux.

Vous avez brûlé tous les autres.

Plus personne ici veut travailler

pour nous, à cause de vous.

-Puisque vous êtes nouveau,

pour nous assurer que vous êtes digne de confiance,

buvez cette coupe.

-Qu'imagine encore votre esprit

malade ?

-Buvez cette coupe et nous serons fixés.

-Je ne peux pas. L'alcool me donne

la nausée.

Il tape du poing. -Obéissez, nom de Dieu !

Allez, buvez !

Obéissez ! -Tristan !

Verre brisé.

Voilà, bravo !

-Et vous, buvez donc !

-Ben, voilà !

-Vous êtes satisfait ?

-Vous serez désormais mon goûteur personnel.

Ainsi nous serons tous beaucoup plus sereins.

Ressac.

...

-Faut le tuer quand il dort. -Impossible.

Des gardes surveillent sa chambre.

Il garde sa lampe allumée toute la nuit,

par peur du diable.

-La lampe à huile, c'est parfait.

-Quoi ?

-Ajoute le reste de la datura dans la lampe,

le poison se diffusera dans sa chambre toute la nuit

et l'asphyxiera.

Il se rendra compte

de rien. -(Tu as vraiment l'esprit

(du mal. C'est brillant.)

-Votre soeur travaille à l'église ?

-On a plus de travail, elle donne un coup de main.

Claquement de porte.

Elle s'éloigne.

Ton corps me manque.

Je sais que t'as besoin de savoir ce qu'on va devenir.

Zuria !

Zuria, attends !

Je te demande pardon. Regarde-moi.

S'il te plaît, regarde-moi.

Papa va bientôt revenir.

Et on sera à nouveau tous ensemble.

Tout rentrera dans l'ordre, attends !

Elle crie, grogne et tape. Aïe !

Ca suffit !

Ecoute-moi.

On peut pas rester ici, c'est trop dangereux.

Cris.

...

-Qu'est-ce que vous faites ?

-Pardon, je...

J'ai vu que vous n'aviez plus beaucoup d'huile.

Les domestiques manquent, je la change donc moi-même.

Tout va bien ?

-Oui.

Tout va bien.

C'est comme ça.

C'est le mariage.

Les hommes ont besoin d'aventures, que peut-on y faire ?

-Si j'étais vous, je dormirais pas avec lui ce soir.

-Je sais pourquoi vous me dites ça.

Vous voulez que je le laisse seul

pour que votre soeur puisse le rejoindre !

-Pierre !

Oh !

-Vous avez parlé

à ma femme !

-Pierre, j'y suis pour rien.

Elle nous prive l'un de l'autre.

-J'ai passé la nuit à argumenter pour sauver mon mariage !

Vous croyez que je n'ai que ça à faire ?

Gérer des disputes

matrimoniales

de bas étage ?

-Pierre...

-Comment vous faites

pour être avec lui ?

-Je suis étonnée de devoir vous l'expliquer.

Dans cette guerre qu'il mène

contre les femmes, les hommes gagnent.

Et moi, j'ai bien réfléchi.

Je préfère être du côté des vainqueurs.

Parce que, de ce côté-là, je suis protégée.

De plus,

je suis la femme d'un juge. Qui oserait me faire du mal ?

-Ah !

Rassemblez

vos affaires et quittez le château.

-Mais Pierre...

Je n'ai plus nulle part où aller, moi.

-Ca, ma chère, ce n'est pas mon problème.

Il sort en claquant la porte.

-Il faut d'ailleurs

être stupide pour agir autrement dans un tel monde.

Vous, par exemple,

votre mariage et votre condition vous sauvent.

-Ma condition ?

-N'êtes-vous pas enceinte ?

-Si. Bien sûr. -Alors arrêtez de grogner !

Remerciez plutôt le Ciel.

Elle sort.

Basse-cour. Propos à voix basse.

...

-La chambre ?

-D'accord.

-Ah, il gagne !

Rires.

...

-Voulez-vous manger

quelque chose ? -Oui...

-Yorick, viens avec moi

pour choisir.

Allez !

J'aime pas que tu traînes avec ces deux-là.

-Ecoute, maman, à chacun sa vie.

-Te fie pas à ces types.

-Que dois-je faire ? Maïté devrait être revenue.

J'y pense tout le temps !

Ces gars-là sont pas futés mais ça me vide la tête.

-On continue ?

-Ca va ?

Propos indistincts en langue étrangère.

...

-S'il vous plaît...

...

S'il vous plaît.

Je cherche mon père.

-Courage, Maïté.

Où sont les gardes ?

-Ils ont été convoqués.

Ils m'ont demandé de te surveiller.

Ils font confiance à un homme d'Eglise.

-Il faut que je te parle.

-Je t'écoute.

-Je peux pas rendre mes enfants malheureux

après ce qu'ils ont vécu.

Tu sais, ce que tu dis,

qu'on pourrait avoir une deuxième chance...

Je peux pas faire ça.

C'est impossible.

Pas dans cette vie-ci, en tout cas.

Elle pleure.

Elle s'éloigne et sort.

...

On entre.

-Catherine ?

Pierre ne m'aime plus.

-Il t'a jamais aimée, Morguy.

C'est pas de l'amour. -Si.

Il devait m'épouser.

C'est mon père qui m'a envoyé un mari.

-Ton père ?

-Il veille sur moi, tu sais.

-Mais réveille-toi, Morguy !

T'as toujours été fascinée par ton père.

D'accord, c'était un seigneur de passage...

-Un seigneur ?

-Mais il a forcé maman !

Il l'a forcée et il est parti. -Tu mens.

-Non.

-Tu mens.

Je suis désolée, je voulais pas dire ça comme ça.

Mais c'est pour t'ouvrir les yeux.

Regarde où ça te mène.

Elle pleure.

...

Elle soupire.

-En conclusion, Jeannette Elissalde est dévouée à l'Eglise

et il n'y a pas encore lieu de craindre

de la sorcellerie. -En revanche,

nous avons constaté que Zuria Elissalde,

fille cadette de Jeannette, 8 ans,

correspond par bien des aspects à la définition des sorcières.

-Quoi ? -D'abord,

l'enfant ne prononce aucun mot mais grogne comme un animal.

-Selon le frère aîné,

elle fait sécher des plantes. Pour des potions ?

-J'ai dit ça parce qu'elle range jamais

sa chambre ! Tous les enfants cueillent

des plantes. -Le juge sera

très content de la faire passer

à la question. Emmenez-la

au château. -Ne la touchez pas !

C'est pas elle que vous voulez.

Tout ça,

toutes ces plantes, c'est à moi.

Je les avais cachées dans sa chambre.

C'est moi qui les cueille

pour en faire ces potions,

qui sont en fait des remèdes servant

à soigner mes semblables

et à apaiser leurs maux.

J'en peux plus de devoir me cacher pour faire le bien.

J'ai pas à avoir honte de connaître ce qui soigne.

Il rit.

-Gardez un peu

de votre poésie pour le juge, madame.

Allez !

...

-Dure journée ?

-Oui...

Comme toutes les autres, d'ailleurs.

Si ma femme était pas enceinte,

je me serais déjà jeté dans le fossé.

-Etes-vous bien sûr que votre femme est enceinte ?

Elle se ressert.

...

On entre.

-Catherine...

Vous m'avez menti !

Vous n'êtes pas enceinte.

-Arrêtez ! Arrêtez ! -Embrassez-moi.

-Lâchez-moi ! Sortez d'ici !

Arrêtez ! Non !

-Allez !

-Oh !

Ah !

Non ! Ah !!!

Elle crie.

Cris étouffés.

Morsure.

-Ah !!!

Il tousse.

...

-Oh non...

Oh !

-Je vais prévenir Catherine qui saura quoi faire.

Zuzu, ils sont partis.

Ils reviendront pas.

Tu risques rien.

J'ai pas le choix, je dois y aller.

On va sauver maman, je te le promets.

Prends-le. C'était le préféré de Maïté.

Il va te protéger.

Il s'éloigne.

...

-Ecoutez ça...

"Le malin esprit attire plus facilement les femmes..."

-Monseigneur... -"Que les hommes..."

Ah... "Frida Irigoyen.

"Naya Fetcherra.

"Jeannette Elissalde" ? -Oui.

Elle a avoué soigner les villageois

avec des potions qu'elle fabrique avec des plantes.

-Monseigneur, me permettez-vous de commencer par celle-ci

pour mes recherches ? -Bien sûr.

Dire qu'elle a joué les femmes d'Eglise

devant nous !

Trouvez-moi ce prêtre !

Il est forcément mêlé à tout ça.

Et amenez sa petite aussi !

Quand une branche est aussi pourrie,

les bourgeons ne peuvent être sains.

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