Afrikaans
Akan
Albanian
Amharic
Arabic
Armenian
Azerbaijani
Basque
Belarusian
Bemba
Bengali
Bihari
Bosnian
Breton
Bulgarian
Cambodian
Catalan
Cebuano
Cherokee
Chichewa
Chinese (Simplified)
Chinese (Traditional)
Corsican
Croatian
Czech
Danish
Dutch
Esperanto
Estonian
Ewe
Faroese
Filipino
Finnish
Frisian
Ga
Galician
Georgian
German
Greek
Guarani
Gujarati
Haitian Creole
Hausa
Hawaiian
Hebrew
Hindi
Hmong
Hungarian
Icelandic
Igbo
Indonesian
Interlingua
Irish
Italian
Japanese
Javanese
Kannada
Kazakh
Kinyarwanda
Kirundi
Kongo
Korean
Krio (Sierra Leone)
Kurdish
Kurdish (Soranî)
Kyrgyz
Laothian
Latin
Latvian
Lingala
Lithuanian
Lozi
Luganda
Luo
Luxembourgish
Macedonian
Malagasy
Malay
Malayalam
Maltese
Maori
Marathi
Mauritian Creole
Moldavian
Mongolian
Myanmar (Burmese)
Montenegrin
Nepali
Nigerian Pidgin
Northern Sotho
Norwegian
Norwegian (Nynorsk)
Occitan
Oriya
Oromo
Pashto
Persian
Polish
Portuguese (Brazil)
Portuguese (Portugal)
Punjabi
Quechua
Romanian
Romansh
Runyakitara
Russian
Samoan
Scots Gaelic
Serbian
Serbo-Croatian
Sesotho
Setswana
Seychellois Creole
Shona
Sindhi
Sinhalese
Slovak
Slovenian
Somali
Spanish
Spanish (Latin American)
Sundanese
Swahili
Swedish
Tajik
Tamil
Tatar
Telugu
Thai
Tigrinya
Tonga
Tshiluba
Tumbuka
Turkish
Turkmen
Twi
Uighur
Ukrainian
Urdu
Uzbek
Vietnamese
Welsh
Wolof
Xhosa
Yiddish
Yoruba
Zulu
-Beaucoup de femmes
Cris. seront condamnées.
-Je dois me dénoncer, je l'ai tué. -Ne fais pas ça.
-Vous en avez envie. Jeannette, ta fille
a hérité de notre mère. C'en est une !
-Les hommes doivent revenir. J'envoie un bateau les chercher.
Non !
-Arrêtez de vous mentir, Catherine.
Ce que vous subissez est horrible. -Je le hais.
-Mon don n'est pas mauvais.
Je dois apprendre à le maîtriser.
-Pour maîtriser ton don, reconnecte-toi au monde.
Quelque chose à l'intérieur de toi est bloqué.
-Ce n'est pas ma faute,
si la naissance de Morguy
s'est mal passée ?
Vrombissement.
-Laisse-la entrer.
Elle gémit.
Laisse le monde revenir en toi.
...
-Effectivement, elles bougent étrangement.
-Vous ne me dites pas
la vérité. Continuez de danser !
Vous ne vous êtes pas retrouvées
la nuit dans la forêt juste pour danser.
Encore !
Pourquoi des filles voudraient se retrouver dans la nuit ?
-Sorcellerie.
-Ou saphisme.
Les femmes qui jouent au jeu de l'amour avec d'autres femmes
sont les plus damnées
des damnées.
-On joue pas à l'amour.
-On vous dit la vérité. On s'est retrouvées
pour répéter notre danse pour l'Akelarre.
-Pour la quoi ?
-La fête de l'Akelarre.
-La fête de l'Akelarre ?
-Ca ne sonne pas
très chrétien.
-Qu'est-ce que cette fête ?
On sanglote.
...
-Maiana.
-Ma fille de 15 ans passe en procès aujourd'hui
car elle a eu le malheur de danser avec sa meilleure amie.
Voilà où en on est.
Toi, tu es le plus chanceux de nous tous.
Tu as réussi à passer.
Je pourrais donner mon sang pour qu'elle puisse partir.
Rentre à Bayonne, tu ne peux plus rien pour nous.
-Jeannette, tu es une sorgin,
tu peux aider les marins à revenir.
-Comment ?
-Qu'aurait fait ta mère ?
-Elle aurait fait une grande prière collective.
C'est bientôt l'Akelarre.
Je peux
le faire.
-L'Akelarre, ça dure
toute une nuit.
D'abord, on prie
tous ensemble.
On demande des choses
à la déesse.
On lui demande
que le blé devienne doré,
que les orages ne soient pas trop forts,
que les boucs et les chèvres
fassent plein de petites chevrettes.
Tout ce qu'on veut.
La déesse a de grands pouvoirs.
Puis la musique commence.
Et là, on danse, on chante. On saute au-dessus du feu.
On fait l'amour
dans le noir,
sur le sable ou même dans l'eau.
Puis on se met des baguettes entre les jambes, qui font voler.
Et on vole...
au-dessus de la mer,
au-dessus de la montagne.
-Mais Marguerite,
vous réalisez ce que vous me racontez ?
Vous me décrivez là le sabbat des sorcières.
-Ah bon ?
-Les ouvrages en parlent, mais aucun démonologue n'y a assisté.
Nous allons laisser les sorcières organiser leur fête,
puis toutes les prendre sur le fait.
Des dizaines d'un coup.
On frappe. -Catherine, ouvrez cette porte.
Cessez de vous faire désirer. Catherine, ouvrez !
-Croyez-moi, c'est le bon moment.
-Catherine ! ...
Martèlements.
Catherine ! ...
Que faites-vous là ?
-Félicitations, cher cousin, votre femme est enceinte.
-Quoi ?!
Il rit.
C'est pas vrai, déjà ?!
-Vous pouvez être fier. -Je vais être père.
Je vais être père ! Père !
Je vais être père.
Hé ! Hé !
Je vais être père ! Ecoutez la bonne nouvelle !
Je vais être père !
-C'est bon, il ne reviendra plus.
-Merci.
On vient.
-Que faites-vous là ? -Je viens voir Maïté.
Elle a été peste avec moi, mais je me soucie de sa santé.
-Je vais l'examiner.
-M. Cariel est un grand médecin.
-Vous ne pouvez pas entrer, Maïté va très mal aujourd'hui.
-M. Cariel va lui faire une saignée. Ou des sangsues ?
-Laissez-moi faire.
-Elle a plein de boutons.
Des sortes de grosses pustules, c'est horrible.
Elle ressemble à un crapaud.
-Ca n'existe pas, ça. -Hélas, si.
Vous décrivez un cas de variole. La peau est mouchetée de pustules.
Cette maladie est hélas
très contagieuse. Je risquerais
d'infecter tout le château, en l'examinant.
Je reviendrai avec une tenue adéquate pour me protéger.
-On garde le cap.
Plus vite ! Allez !
Yorick.
Yorick,
tu vas préparer le repas,
on commence à avoir faim.
-Voilà, mon cher,
vos nouveaux appartements.
J'aimerais que vous meniez ici une expérience scientifique
que personne n'a encore osé tenter.
Vous découperez
des corps de sorcière et vous chercherez à l'intérieur.
Compris ?
Vous chercherez ce qui fait d'une femme une sorcière,
scientifiquement. -C'est passionnant.
Certains disent que c'est contre Dieu, d'ouvrir un corps.
-Parfois, il faut être contre Dieu pour être avec la science.
-Oui.
-Vous choisirez vos 1ers sujets parmi les femmes prises au sabbat.
-Très bien. -Il y aura du choix.
-Nous connaîtrons bientôt le lieu
de cet Akelarre. Voilà.
Installez-vous.
-Bonsoir,
mon chéri. -C'est pas trop tôt.
Morguy et le médecin
sont venus pour soigner Maïté.
J'ai dit que c'était contagieux.
-Bon réflexe. -J'ai juste gagné du temps.
Ils vont revenir. Ils sont pas bêtes, maman.
Ils se rendront compte
que Maïté a tout simplement disparu
et que 5 autres personnes du village se sont volatilisées.
-J'ai une idée pour qu'ils ne reviennent plus.
...
-C'est ma faute.
J'aurais dû insister
pour que M. Cariel la soigne.
Il aurait pu la sauver.
-Non.
Je ne crois pas.
C'était la décision de Dieu, tu sais.
-La dernière fois qu'on s'est vues, on s'est dit des horreurs.
-Mais tu ne le pensais pas. Pas vrai ?
Elle t'aimait
beaucoup.
Je te promets.
-Je peux la voir ?
-Non.
C'est impossible. -Ca ne se fait pas, Morguy.
-Mais pourquoi ?
Le cercueil n'est pas encore scellé.
-Ma fille a eu la variole.
Elle a le visage couvert de pustules.
Elle est défigurée.
Je préfèrerais que tu gardes une belle image d'elle.
Tu comprends ?
-Comme quand on était petites.
Au revoir, Maïté.
-Allons-y.
Vous avez été très courageuse.
-Pierre,
si mes soeurs allaient à l'Akelarre
et qu'elles se faisaient attraper.
Je ne voudrais pas qu'un autre membre de ma famille meure.
-Ma très douce,
les femmes qui iront au sabbat sont des sorcières.
Les sorcières méritent la mort.
Vous n'êtes pas comme elles, Marguerite.
Vous n'avez pas le même père.
Vous êtes issue d'une autre lignée.
Vous devez les oublier, à présent.
Ce n'est pas vraiment votre famille.
Ce ne sont pas vraiment vos soeurs.
Brouhaha.
-On fera l'Akelarre à la Pointe aux corbeaux.
La crique est difficile d'accès.
Elle n'est sur aucune carte, le juge ne nous trouvera pas.
-Il me donne envie de vomir.
Tu l'as vu avec Morguy ? -Oui.
-Il pourrait être son père.
-Je me suis souvenue d'une chose.
Son père, enfin...
si on peut appeler ça un père, c'était un seigneur espagnol,
qui avait suivi maman, en lui disant qu'il était malade.
Et puis...
il l'a violée.
Tu t'en souvenais ?
On a préféré oublier.
-On devrait le dire à Morguy ?
-Je ne sais pas.
Maman ne lui avait rien dit car elle avait honte.
-Pourquoi ils font tous ça ?
-Pourquoi tu dis ça ?
Catherine ?
D'Urtubie aussi, il te...
-C'est fini, ne t'inquiète pas.
Il me croit enceinte.
On imite un loup.
...
-Je suis homme à tête de loup
et je meurs de désir pour vous.
...
-Vous êtes ridicule.
-Oh... ma biche...
Vous me peinez. Vous m'avez tant manqué.
-Pourquoi vous êtes-vous privé de ce plaisir ?
-Mon devoir d'époux. -Que vous avez pris au sérieux.
-Vous croyez que j'avais du plaisir ?
Mon soleil,
je ne pensais qu'à vous.
Elle n'a aucune de vos dispositions pour la sensualité.
Mais, heureusement, grâce à ma virilité hors du commun,
je peux maintenant me consacrer entièrement à vous.
Hurlement d'un loup.
-Rendez-vous à la Pointe aux corbeaux.
Il faut qu'on soit nombreux. -On sera là.
Tu peux compter sur nous. Je passe le mot aux voisins.
(Rendez-vous à la Pointe aux corbeaux.)
-Pourquoi j'aurais le droit à un laissez-passer pour partir,
alors que vous êtes coincées ici ?
Et puis je doute de l'évêque.
La chasse aux sorcières l'arrange bien.
Ca permet d'imposer un peu plus
le catholicisme dans le pays.
-J'arrive pas à croire que tu sois revenu.
-Tu sais,
j'ai prononcé mes voeux,
parce que je ne pouvais pas être avec toi.
Quelqu'un passe.
...
Demain, rejoins-moi sur notre plage.
...
-Alors ? Dites-moi.
-Je...
J'ai entendu des gens parler.
Cette année, ça va avoir lieu sur une crique un peu sauvage,
qu'on appelle, chez nous, la Pointe aux corbeaux.
-Evidemment.
Les sorcières sont les amies de ces oiseaux de malheur.
-Et pour ce que vous m'aviez promis ?
-Soyez sans crainte,
je respecterai ma part du marché.
Grâce à vous, très chère...
cette bande de saphistes va avoir ce qu'elle mérite.
-Madame d'Urtubie.
Madame d'Urtubie.
Quand vous êtes arrivée, je n'ai pas pu m'empêcher de vous détester.
Je sais, c'était idiot,
mais j'avais peur
que vous m'enleviez l'homme que j'aime.
Mais nous
ne sommes pas ennemies, non ?
Et peut-être nous pouvons le partager
en bonne intelligence ?
-Pardon ?
-Un jour chacune. Ou une semaine, si vous préférez.
Je peux me charger de tenir un calendrier.
-Vous êtes stupide. Je ne veux pas le partager.
Gardez-le.
Dites-lui que s'il revient encore une seule fois dans ma chambre,
je saute par la fenêtre.
Alors, il pourra dire adieu à son héritier chéri.
Je n'ai jamais eu envie
de mon mari dans mon lit.
Ni d'aucun homme. Je n'en aurai jamais envie.
...
-Cette plage... -On l'a déjà vue tout à l'heure.
-Je dois trouver cette maudite Pointe aux corbeaux.
Pierre compte sur moi,
je ne peux pas le décevoir.
-Je préfèrerais qu'il me laisse enquêter sur les meurtres,
plutôt que de me faire tourner en rond pour trouver une crique.
-Les auteurs des meurtres, ce sont les sorcières.
-Je ne sais pas.
J'ai vu 2 personnes suivies d'une louve blanche
qui pourraient être impliquées.
Enfin, j'ai pu me tromper.
-Pourquoi les sorcières font leur Akelarre
à la Pointe aux corbeaux ? C'est si petit.
Et si dur à trouver !
-Vous êtes déjà allée à cette fête ?
-Oui.
Avec mes soeurs, on dansait toute la nuit.
Mais c'était avant.
Quand j'ignorais que c'était la fête du diable.
-Moi aussi, j'en ai fait, des fêtes, dans mon village.
J'adorais danser.
Rires.
...
-Ca t'est arrivé comment ?
-En m'évadant.
-Vous ressemblez à Joan.
D'ailleurs, je suis allée à la Pointe aux corbeaux avec lui.
Mais oui, je sais où c'est ! C'est par là !
-Tout va bien ?
-C'est juste...
J'ai peur que mes soeurs aillent à cette fête
et qu'elles se fassent...
-Marguerite, il y a un moyen d'empêcher ça.
Dites au juge qu'on n'a pas trouvé
la crique.
-Vous voulez que je mente à Pierre ?
-Ce ne serait pas un si gros mensonge.
Est-ce si grave que les Basques fassent une fête ?
Au château aussi, ils font des fêtes.
Ils dansent, eux aussi.
...
-T'es lumineuse, aujourd'hui.
-Merci.
-C'est quoi, ton secret ? -Quoi ?
-Tu reviens d'où ? -Je sais pas. Non, j'étais...
J'étais juste allée me promener.
Elle entend des vrombissements.
...
Claquement. -Aïe !
Saletés d'abeilles !
Elles me
tournent autour depuis ce matin.
Je t'en sers une autre ?
-Oui. -C'est pour moi.
-Merci.
-Tiens.
-J'ai quelque chose pour vous.
-Un emploi du temps ? Je vous le fais manger.
-Non, ce n'est pas cela.
Je n'avais pas compris que vous aimiez les femmes.
-Que racontez-vous ? Je suis une femme.
-Et alors ?
Tenez.
-Je ne sais pas lire.
-C'est un poème écrit par une grande poétesse grecque,
Sappho.
Elle s'adresse à son amante.
"Heureux qui près de toi s'assied,
"goûte la douceur de ta voix
"et les délices de ce rire qui fond mon coeur
"et le fait battre
"sur mes lèvres.
"Sitôt que je vois
"ton visage, ma voix se brise,
"ma langue sèche dans ma bouche,
"un feu subtil court sur ma peau,
"mes oreilles deviennent sourdes
"et mes yeux aveugles."
-C'est vrai que c'est beau.
Tout cet amour.
-Gardez-le.
Même si vous ne savez pas lire.
Cela vous donnera du courage,
quand vous craindrez d'éprouver de beaux sentiments.
-Qu'avez-vous fait avec le chef de la garde, tout ce temps ?
-On cherchait la crique. -Ca vous a pris toute la journée ?
-Oui.
On s'est perdus.
-Marguerite, il y a une question que je me pose
depuis plusieurs jours.
Quand nous avons passé cette 1re nuit ensemble,
il n'y avait pas de sang sur les draps.
Avez-vous connu d'autres hommes ?
-Oui.
Il y a eu...
Joan, dans la forêt.
Et puis Martin.
Et Peio.
Mais avec vous, c'est plus beau.
J'ai l'impression de tout sentir plus fort.
J'ai même envie de pleurer, alors que je ne suis pas triste.
Vous vous imaginez des choses.
C'est vous que j'aime.
Je vous aime, Pierre.
-Que vouliez-vous ?
C'est qui, lui ?
-Le nouveau chef. Désolé.
Le juge vous dit trop tendre avec les sorcières.
-Comment ça ?
-Attrapez-le.
Amenez-le
au port.
-J'ai fait avec le chef de la garde ce que vous m'avez demandé.
Je voulais trouver votre Pointe aux corbeaux.
-Grâce à vous, Marguerite,
nous allons accomplir un exploit dans l'histoire de la démonologie.
Le Tout-Paris en parlera.
"Le juge Pierre de Lancre a pris sur le fait
"des dizaines de sorcières au Pays basque."
Pardonnez-moi.
J'ai été brusque avec vous,
alors que vous êtes la plus grande de mes alliées.
Que diriez-vous
d'organiser une petite fête en votre honneur ?
-Oui.
-Oui ?
-On pourrait dire que c'est mon anniversaire.
-On devrait voir la terre.
-Un problème ? -Oui, petit.
On devrait voir l'archipel.
Si on ne retrouve pas vite notre route, on mourra de faim.
On frappe.
-Que fais-tu là ?
-Pour toi, la nouvelle
sorgin.
Tu redonnes de l'espoir à tous,
de faire l'Akelarre et de prendre la place
de Gratianne. -Merci à tous de venir.
-Milesker.
-Agur.
-Maman, tu vas pas
faire
l'Akelarre ?! -C'est comme ça, pas le choix.
-Tu veux finir brûlée, toi aussi ?!
Je viendrai pas te pleurer. -Yorick, attends.
S'il te plaît !
-Bon anniversaire.
-Merci.
...
-Bonne fête, Morguy.
Souviens-toi d'où tu viens. Tu es née sous la neige. Tu en vois ?
-C'est pas grave.
Je suis la reine
de la fête. C'est comme ça.
Seules les sorcières mangent des pommes.
Déchirure.
Vous voulez des gâteaux ?
Ils sont très bons, vous savez.
Merci.
-J'aimerais vous inviter à une fête, demain.
C'est une fête secrète.
-(Votre soeur vous attend dans la petite cour.)
-C'est donc votre cousine ? -Oui, la fille de mon oncle.
Et d'une servante.
Dans un esprit de modernité, nous l'avons éduquée
comme nous. Une mulâtresse
qui savait lire et jouer du clavecin, ça faisait sensation.
-N'a-t-elle donc pas de mari ou de fiancé ?
-Je ne lui ai jamais connu
de prétendant. En même temps, qui en voudrait ?
-On m'a dit
que tu étais là.
Je suis contente de te voir.
-Tu fêtes ton anniversaire
et tu ne m'as pas invitée ? -C'est pas mon vrai anniversaire.
-T'en fais pas.
Dis donc, tu es belle.
-Je crois
que le juge va me demander en mariage.
-En mariage ?
Tu sais, Morguy,
des garçons gentils, drôles,
il y en a plein, dans le monde.
Je suis sûre que tu en trouveras un... ou deux.
Ou trois.
Mais pas lui. -Mais Jeannette,
c'est lui que j'aime. Je l'aime.
Je l'aime. Je l'aime.
-Prends ça, au moins.
Ne l'ouvre pas maintenant.
C'est du grémil.
Tu sais à quoi ça sert ?
-Pour ne pas avoir de bébé.
-Je ne veux que ton bonheur.
-Jeannette,
ne va pas danser à la Pointe aux corbeaux.
-Le juge sait, quelqu'un a parlé.
-Ce n'est pas quelqu'un du château.
Au village, tu crois ?
-Maiana.
Je sais que tu as parlé. Pourquoi ? -Tu sors.
-Juliette ?
Elle sanglote.
-T'aurais fait comme moi, Jeannette.
T'aurais sauvé ton enfant à tout prix.
T'aurais fait comme moi, je te jure.
-Je t'amènerai de la réglisse
et du lait de pavot. -Je suis désolée.
...
-Et cette fête où vous m'invitez ?
Qu'est-ce que c'est ? -Il n'y a plus de fête.
Pardon. Je voulais vous inviter à l'Akelarre.
C'est une cérémonie pendant laquelle on fait des voeux.
Et comme on les fait tous ensemble, avec la force de tout le monde,
ils sont exaucés.
Vous devez me prendre pour une folle, vous dire
que ce sont de vieilles croyances de paysans.
-Ce ne sont peut-être pas mes croyances,
mais si c'est important pour vous...
Enfin, je n'aime pas vous voir comme ça.
Pourquoi elle n'a plus lieu ?
-Parce que le juge a découvert où ça se passait.
-Je connais un endroit.
Si ça peut vous aider...
...
-Quoi ?
-Je l'ai trouvé dans votre chambre.
Une femme qui songe
à une autre femme.
Et qui, en plus,
a l'audace de le raconter dans des poèmes,
sans la moindre honte.
-Vous savez bien que je ne sais pas lire.
Je l'ai pris dans une bibliothèque pour y poser ma tasse.
-Inutile de mentir,
madame d'Urtubie.
-C'est à moi. Vous voulez brûler la moitié de ma bibliothèque,
comme la moitié des femmes ?
Vous ne comprenez rien
à la vie et à la littérature. Sappho est une grande poétesse.
-Poétesse ? -Hm.
-Ce mot m'a toujours insupporté.
Tout comme "autrice"
ou "peintresse". Des mots dont on se passerait
volontiers.
-C'est de vous dont on se passerait volontiers.
...
Il claque la porte.
-Merci.
Pour ça et pour le reste.
Que faites-vous ce soir ?
-C'est une invitation ?
Rires.
-C'est ce soir, Marguerite.
Nous allons mettre la main sur toute la secte d'un seul coup.
Demain, les bûchers brûleront.
Que faites-vous ? -Pas d'inquiétude, on est seuls.
J'en ai très envie, j'y ai pensé toute la journée.
-Le sabbat s'apprête à commencer et vous ne pensez qu'à ça.
Un peu de tenue.
-(Allez,
(dépêchez-vous !)
-Ce n'est pas possible. -Quoi ?
-Je suis sûr qu'elles vont au sabbat.
-Ce n'est pas la direction de la Pointe aux corbeaux.
Elles vont se promener. -Vous êtes si naïve.
Elles ont changé le lieu.
Allez à la Pointe aux corbeaux
prévenir votre chef.
Garde, venez avec moi. Elles ne doivent pas nous échapper.
-Pierre !
-Vous, suivez-nous.
...
-Mari, notre déesse,
toi qui enfantes chaque jour
la lumière et les ténèbres,
apporte à ceux qui sont partis sur l'océan
pour sauver nos vies
la force qui leur manque.
Eloigne les orages
de leur chemin.
En basque.
...
Vrombissement.
... ...
...
-Capitaine, les Açores !
-Enfin ! Rires.
...
-Encore un voeu pour le bateau.
Ca va marcher, je le sens.
Brouhaha. Rires.
...
-Qu'est-ce qu'ils ont ?
-Ils ont pris de la mandragore.
C'est une plante qui ouvre l'esprit.
On l'applique sur des baguettes
et on la met... vous savez, entre les jambes,
pour que l'effet monte plus vite.
Ca donne l'impression de voler au-dessus du monde.
Ne vous en faites pas, ils vont très bien.
J'en ai pas pris, sinon ce serait plus simple
de vous dire les mots que j'ai à vous dire.
-Quels mots ?
-Je n'y arrive pas.
Quand je suis près de vous,
j'ai envie de rester et de fuir en même temps.
C'est ridicule. Pardon.
-Non.
...
Exclamations, rires.
...
-Chaque année, j'ai refait le même voeu.
"Faites qu'il revienne.
"S'il vous plaît, faites que mon amour revienne."
Halètement.
...
-On approche, ne faites pas de bruit.
-N'ayez pas peur,
elle ne vous fera rien. On l'a trouvée sur notre chemin,
quand elle était bébé.
On suit le juge
pour le hanter. Il a brûlé nos mères à Bordeaux.
-C'est elle qui a tué les gardes ?
-Oui,
elle nous protège.
Vrombissement d'un insecte.
...
-Fuyez !
Fuyez ! N'allez pas dans la grotte !
...
-Capitaine !
Arrêtez-les !
Toutes !
-Madeleine !
-La danse du sabbat est la plus effrontée
de toutes !
Tumulte. Cris.
...
-Madeleine !
...
On frappe. -Pierre, c'est vous ?
Pierre, j'ai eu très peur...
-Je suis bien au château
du seigneur d'Urtubie ?
Peut-être pourrez-vous me renseigner.
Je cherche mon mari, le juge Pierre de Lancre.
Elle rit.
france.tv access
Can't find what you're looking for?
Get subtitles in any language from opensubtitles.com, and translate them here.