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-Pour la cérémonie d'amatxi...
-On ne doit prendre aucun risque.
-Une femme est sorcière, lorsqu'elle a sur son corps
la marque du diable. -Aucune marque.
-Qu'on la libère.
-Une amie du juge ?
-Je vous installe au château. -Merci.
-Lui ?
-Les femmes ne peuvent être propriétaires de commerces.
-Madeleine d'Urtubie, la cousine de Tristan.
-A ma charmante épouse !
-T'as failli y passer. Et t'as tes visions.
Une calèche partira en Espagne.
J'y ferai 2 places.
-Mon peuple va sortir ses crocs !
-Prévenez le juge ! ...
...
Cor, au loin.
...
Halètement.
...
-Que s'est-il passé ?
T'es blessée ?
Jeannette !
...
Viens.
-Monsieur Cariel ?
-Honnêtement, c'est étrange. Certaines traces sont humaines,
d'autres sont animales. Regardez ces poils.
-Il n'y a rien d'étrange là-dedans.
Les sorcières sont mi-humaines mi-animales,
puisqu'elles se transforment en bête à leur guise.
-Vous le croyez vraiment ?
J'aimerais commencer une enquête, monseigneur,
avant de tirer des conclusions.
-Enfin, nul besoin d'une enquête. Je sais reconnaître mes ennemis.
C'est clair. Il s'agit d'un sacrifice humain.
Ramenez-moi toutes les femmes qui ont été vues dehors
cette nuit. Et vous me posterez
vos gardes dans la forêt chaque nuit,
dorénavant. -Bien, monseigneur.
-Une enquête...
-Je me vois entrer dans la forêt...
J'entends les enfants.
-Maman !
-Après, je ne me souviens de rien.
Je crois que j'ai tué un homme.
Damien, j'ai tué un homme.
-C'était un rêve, pas un souvenir.
-Je me suis réveillée avec du sang partout.
On vient.
-Mon père !
Mon père ! -Oui.
Ronflements.
-(Yorick,
(vous n'êtes pas partis ?) -Maman a disparu dans les bois.
On l'a appelée,
mais elle ne répondait pas.
-J'arrive. Ronflements.
...
-Un de mes hommes a été tué dans la forêt.
Avez-vous vu une femme dehors,
cette nuit, mon père ? -Non, je n'ai vu personne.
Fracas, à l'étage.
-Ca ne vous dérange pas, si je regarde en haut ?
C'est pas une femme ?
Elle est arrivée quand ?
-Je suis la nouvelle benoîte.
-On dit que les Basques
ont de drôles de manières,
mais j'ignorais que des villageoises dormaient ici.
-Il faut une femme
pour faire le ménage dans une maison,
même dans celle de Dieu.
-On cherche aussi la propriétaire
d'un grand chien blanc. Ca vous parle ?
Si quelque chose vous revient...
-Maman, t'étais où ? -Des gardes sont venus à la maison.
Ils ont dit que Morguy habitait au château.
-Quoi ? -Avec le juge.
-Allez-y. Je veux parler avec votre tante. J'arrive.
-Viens.
...
-Le juge a un cadeau pour vous dans la cour.
Exclamation de joie.
-Bonjour.
C'est quoi, mon cadeau ?
Je voulais juste qu'on les prive de dessert, quelque chose comme ça.
-Marguerite, on a trouvé la marque du diable sur leur corps
à tous les deux.
Et, chose rare, le garçon aussi est un sorcier.
Vous avez bien fait de me donner leurs noms.
Les sorcières nous ont déclaré la guerre, cette nuit.
Et vous avez choisi le côté du bien.
Cris.
...
-(Allez-y.)
-(Non, vous. Je ne sais pas lire. Mon intendante lisait pour moi.
On vient.
(Vite, vite, vite !)
...
-Il y a des paragraphes entiers sur les croyances basques.
Et il fait une sorte de décompte incompréhensible. 88, 87...
-Les jours qu'il reste jusqu'à l'équinoxe d'automne.
Je faisais ce décompte chaque année, quand je travaillais.
C'est le moment où les marins rentrent.
-Il compte donc rester jusqu'à leur retour.
-Il ne va plus rester une seule femme vivante, dans ce pays.
Il faut que les hommes reviennent
tout de suite. -Mais comment ?
-En ce moment, ils doivent être dans les Açores.
Je vais envoyer un bateau les chercher.
-Mme Etchart, que faisiez-vous dehors, la nuit,
avec le... cadavre de cet animal répugnant ?
-J'allais honorer mon époux, monseigneur.
C'était un marin, qui est mort en mer.
Le pauvre homme...
-Poussez-vous.
Il faut arrêter avec tous vos procès, vos lois.
J'ai pas eu mes oeufs brouillés, vous savez pourquoi ?
-Non, mais je brûle de savoir l'issue de cette épopée.
-Parce que vous effrayez tout le monde.
Deux de mes serviteurs ont fui avec mon intendant.
Comment survivre sans serviteurs ?
-Je vais faire en sorte que plus personne ne songe à fuir.
Maintenant, retournez
à vos problèmes de petit déjeuner,
pendant que j'essaie de mettre fin aux crimes qui rongent
vos terres.
Madame Etchart...
On entre.
-J'en ai assez que tout le monde se moque de moi, ici.
-Qui se moque de vous ? -Tout le monde, y compris vous.
-Non !
-Vous m'avez drogué, cette nuit. -Aïe !
Gémissements. Cris.
...
Halètement.
Il claque la porte.
Halètement.
...
Elle sanglote.
...
-Vous tentiez de me faire croire
que vous n'avez rien à voir avec le crime perpétré
cette nuit. -Je vous jure, monseigneur.
J'ai rien fait de mal. J'apportais une offrande à la déesse
pour qu'elle veille sur mon époux, dans les autres mondes.
-Une offrande à qui ?
-A la déesse Marie, monseigneur.
-Vous parlez de la Vierge Marie ? -Ah non, non.
Non, la déesse Marie, monseigneur.
Celle qui a engendré le monde, les mers, les forêts,
les montagnes... -Etes-vous en train de me dire
que le monde fut créé par une femme ?
Rires.
...
Répondez.
Les Basques pensent-ils
que le monde fut créé par une femme ?
-Oui, monseigneur. Exclamations dans le public.
...
-Tout ce qui représente la déesse doit disparaître.
-Ils arrivent !
-Nous venons fouiller les lieux
sur ordre du roi. -Messieurs, faites comme chez vous.
Et longue vie au roi.
-Va voir
l'arrière-boutique.
Un de mes gardes
a été tué près de votre bergerie.
Vous n'avez rien vu ? Tout le monde pense
que c'est les sorcières... -Mais non !
C'est pas l'oeuvre de sorcières.
Je sais qui c'est.
-Qui ça ?
-C'est les Laminak.
Les démons qui vivent dans la forêt.
Le jour, ils dorment. Mais la nuit, ils se réveillent
et paf !
-Y a rien là-dedans.
-Bien. On continue.
-S'il veut nous voir, c'est qu'il sait.
Quelqu'un m'a vue dehors, cette nuit-là.
Il sait que c'est moi. Fracas.
-D'après le chef de la garde, vous êtes devenue une femme d'Eglise.
J'ai trouvé ça étonnant.
Pour quelle raison... -Pour racheter
les péchés de ma mère.
-Bien.
Il faut que vous voyiez ça.
J'aimerais que vous lui donniez les derniers sacrements.
Ne détournez pas les yeux. Regardez.
Regardez en face ce que les femmes comme votre mère
sont capables d'accomplir.
Grognements.
Vous savez que les sorcières prient
une divinité occulte
et qu'elles sacrifient des hommes pour elle ?
-Les vieilles croyances persistent. -Ce ne sont pas
de vieilles croyances. C'est la religion des sorcières.
Ce n'est pas l'affaire de quelques cas isolés,
mais le dessein d'une secte.
Beaucoup de femmes seront condamnées.
-D'autres femmes vont mourir à ma place.
Je dois me dénoncer. J'ai tué cet homme.
-Tu ne peux pas faire ça.
J'aimerais essayer quelque chose.
Tu me fais confiance ?
-Oui.
Rires. -C'est toi le chat !
-C'est toujours moi. ...
...
-(Catherine !
(Catherine ! Là !
(Viens !)
-Qu'est-ce que tu fais là ? ...
-(Cache-toi !
(Viens !)
Elle rit.
Ton mari a organisé un cache-cache et il ne m'a toujours pas trouvée !
Il est si drôle. T'as vraiment de la chance
de l'avoir épousé.
-Ils t'ont pas cherchée. -Lâche-moi !
-Rentre au village. Je ne sais pas
ce que tu t'imaginais, mais ces gens-là ne sont pas nos amis.
-Pourquoi je rentrerais ? Personne ne me respecte là-bas.
-Ici non plus.
-Laisse-moi tranquille.
-Au nom de Dieu tout-puissant, que les esprits mauvais
s'éloignent de moi
et de ceux qui nous sont chers.
Et que les bons nous servent de rempart contre eux.
Esprits malfaisants qui inspirez les hommes
des mauvaises pensées...
-Les sorcières ont leurs croyances obscures.
Elles ont leurs propres messes noires.
-Esprits fourbes et menteurs qui les trompez...
-Car le diable veut toujours imiter Dieu.
-Je vous repousse
de toute mon âme et j'appelle
sur moi la miséricorde de Dieu.
Donnez-nous... -Arrête.
Ca ne marche pas.
-Pardon.
-(Pardon.)
-Tiens.
Dors avec ça cette nuit, c'est tout ce que je peux faire pour toi.
Une femme gémit.
...
Grognement.
...
Grognement. Une femme rit.
...
Murmures.
...
Tintement d'une horloge.
-Mon père, je suis venu vous raconter
un rêve.
-Allez-y, racontez.
Dieu ne punit pas, ni ne juge les images formées
par les songes.
-J'étais dans mon lit, au château,
lit très inconfortable, soit dit en passant.
Quelqu'un a frappé.
C'était cette jeune femme que j'ai rencontrée il y a peu.
Elle venait se glisser dans mes bras
car elle avait froid.
Elle me regardait avec ses grands yeux.
Et puis elle m'embrassait.
-Vous savez,
le désir viendra vous tenter toute votre vie.
Mais il faut résister.
Il faut absolument lui résister.
Sinon les images de ce que vous aurez fait
ne vous quitteront plus.
-Ca va ?
Qu'est-ce qui t'arrive ?
-Rien. Je dors mal, en ce moment.
-Moi aussi, je dors mal.
Je sors toutes les nuits
et je ne me souviens de rien.
Quatre femmes vues dehors la nuit du meurtre ont été condamnées.
Elles sont mortes à cause de moi.
-Si tu fais du mal à quelqu'un... -Oui, j'ai pensé à mes enfants.
Ca me terrifie.
Je ne peux qu'apprendre à maîtriser
ce don.
-Comment ? Maman n'est plus là.
-Je ne sais pas.
Maman...
Maman, j'ai besoin de toi.
Chant d'oiseaux. Vrombissement d'insectes.
...
Conversations entremêlées.
-Vous avez peu d'appétit, mon ange.
Dommage, c'est très bon.
-Regardez comment
elle mange. -Je ne me suis jamais autant amusée
que depuis qu'elle est là. Hier, elle s'est lavé les pieds
dans l'écuelle des chevaux. -Non !
Eclat de rire.
Tintement.
-J'ai une grande nouvelle à vous annoncer.
Nous attendons un invité
de prestige. -Un musicien ?
Un dramaturge ?
-Un évêque.
-Merveilleux !
Voilà qui ajoutera un peu d'austérité
à cette austérité.
-Pas le choix.
Il arrive de Bayonne.
Une messe sera organisée en son honneur.
-Quel programme réjouissant. Sans moi.
-Mais la bonne nouvelle,
c'est que le juge et ses gardes y passeront l'après-midi.
Ca nous fera au moins une pause
dans ces affreux procès.
-Le seul navire qu'il nous reste,
c'est le Gloria, le bateau de mon père.
Je sais, il n'est plus tout jeune.
Léopold,
tu seras notre capitaine. Tu connais
le navire et la route
jusqu'aux Açores.
-Je ne l'ai pas faite depuis 10 ans.
-Tu y arriveras. -Et qu'arrivera-t-il
à nos familles ?
-Je sais que c'est dur,
mais c'est notre seule chance de faire partir le juge
et de retrouver nos vies.
Il soupire.
De Lancre s'apprête à recevoir l'évêque de Bayonne.
A son arrivée, il sera à l'église
avec ses chiens de garde. On fera partir le bateau.
-Revenez !
Rires. Chahut.
-Alors,
que se passe-t-il ? -Enfants de malheur !
Je dois leur apprendre l'"Ave Maria" pour l'arrivée de l'évêque.
Ils n'écoutent rien.
Rires.
-Je vais essayer de les calmer.
-Ne me dites pas que cette marmaille minuscule
vous effraie et vous met dans cet état.
-Ils ne font pas ce que je dis. Et puis ils se moquent.
Tout le monde s'est toujours moqué de moi.
Quand vous êtes là, ça va.
Mais dès que je suis seule, ils recommencent.
-Savez-vous comment on chasse la palombe ?
Les hommes lancent des morceaux de bois dans les airs
et crient vigoureusement.
Alors les oiseaux, se croyant entourés de rapaces,
paniquent, s'affolent, et plongent d'eux-mêmes vers le sol.
Vous voyez ce que je veux dire ? -Oui.
Non.
-Il n'y a qu'une seule manière de se faire respecter.
C'est par la peur.
Gémissements de plaisir.
...
Halètement.
-Vous pourriez y mettre du vôtre.
Soyez une femme libérée. L'homme ne doit pas tout faire.
-Ca va durer encore combien de temps, ce petit jeu ?
Vous avez gagné, vous avez pris mon corps.
On peut peut-être arrêter, maintenant.
Vous ne voulez pas retrouver Mme de Léoz ?
-Vous confondez tout.
Isabelle est une amie précieuse, mon âme soeur.
Mais vous, vous êtes ma femme.
Vous me devez un héritier, au nom des d'Urtubie.
J'arrêterai quand la graine sera dans le fruit.
-Ca peut prendre des mois. -Je sais bien.
En plus, votre âge ne joue pas
en notre faveur.
Heureusement, je suis un homme d'une patience exceptionnelle.
Vous savez d'où me vient cette qualité, mon ange ?
Un jour, j'étais à Florence, on a fait mon thème astral.
Il s'avère que je suis né sous le signe de la Balance.
Grognement.
Gémissements.
...
-Zuria ?
Je t'ai fait du mal ?
Ca va ?
Viens.
Pardon.
-TOUT LE MONDE DETESTE LE LATIN !
TOUT LE MONDE DETESTE LE LATIN !
TOUT LE MONDE
DETESTE LE LATIN !
-Tu vas nous faire croire
que tu sais lire ?
-On va commencer.
Ave Maria...
-Ici, on est au Pays basque,
c'est "Agur Maria".
-AGUR MARIA !
PATATI, PATATA !
Brouhaha. Chahut.
-Julia !
Je vais te dénoncer au juge
et on t'accrochera au bûcher. Toi aussi, Enea !
Toi aussi, Gaia !
Vos vêtements brûleront,
puis vos bras
et vos jambes fondront.
Vos yeux...
dégoulineront de leurs orbites et tomberont par terre.
Vous ne pourrez plus
crier, vous étoufferez.
Vous voudrez crier, mais vous
ne pourrez pas parce que vos gorges
auront fondu.
Et à la fin,
il ne restera plus que vos dents
et vos os de bébé parmi les cendres.
-Je veux pas fondre.
-N'écoutez pas.
-Arrête. Vraiment, arrête.
-On va commencer.
Et je ne veux plus entendre
un mot en basque.
Ave...
Maria...
...
Ils répètent en choeur.
...
Tu ne répètes pas ?
-J'ai pas dit de mot en basque.
...
-Maïté, reviens ici !
Depuis petite, tu te moques de moi !
Tu te crois plus maligne que moi ?!
-Je suis plus maligne que toi, Morguy !
T'es complètement crétine, jusqu'à devenir la complice
du bourreau de ta mère !
Cri de rage.
Coups, cris.
-Je te déteste !
...
-Les filles, que se passe-t-il ?! Ca va ?
-Je crois
que ta fille a hérité de notre mère.
C'en est une !
-J'ignore ce que tu as fait, mais tu t'excuses auprès de ta tante.
-Si amatxi voyait ça, elle se retournerait
dans ses cendres.
-Demain, l'évêque
arrive et t'as intérêt
à m'obéir. Si je te dis de me baiser les pieds,
tu le fais ! Je verrai et entendrai
tout ce que tu feras et diras.
-Ca suffit, Morguy !
Tu ne peux pas lui parler comme ça,
c'est ta nièce.
C'est une très mauvaise idée que tu habites loin de nous. Rentre.
Ma belle, retourne à la maison avec nous, s'il te plaît.
-Si elle me manque
de respect encore une fois,
je la dénonce à Pierre.
Brouhaha.
...
-Vous disiez qu'il ne vous répondait plus.
-Si, finalement, il a répondu. Ce n'était qu'un malentendu.
Crachat.
Son courrier
s'était égaré. Je l'ai rejoint, le soir de la Saint-Martial,
dès que ma tante s'est endormie.
Avec tout le cidre qu'elle boit...
Je suis passée par Ustaritz.
La route est plus agréable, encore plus la nuit.
-Vous êtes passée par où ?
-C'est à moi que vous parlez, très chère ?
-Pierre...
Monseigneur de Lancre,
cette femme dit
qu'elle est passée par le bois d'Ustaritz, la nuit du meurtre.
N'est-ce pas étrange ?
-Marguerite a raison.
Toutes les femmes qui étaient dehors
sont suspectes. -Mme de Munaritz
n'a rien à voir avec ça. Vos procès sont pour le peuple.
Si elle est versée dans la sorcellerie,
nous le sommes tous.
-Vous seriez surpris, mon cher,
du nombre de sorcières qui s'immiscent
dans les bonnes compagnies.
Vous passerez à la question, dès l'aube.
-Mais, très cher... -Gardes.
Madame, là.
-Tristan.
Tristan, je vous en prie ! Elle rit.
Tristan !
-Les choux sont remarquables.
-Je ne me plierai pas
au chantage de Morguy.
Tant pis si elle me dénonce, je préfère mourir.
J'en peux plus.
Je ne supporte plus les nouvelles lois.
-Tu es trop en colère, tu ne tiendras pas ici.
On a une proposition.
-Mourir bêtement ne changera rien à tout ça.
Si tu veux résister, tu partiras demain sur le Gloria.
Tu vas retrouver ton père
aux Açores.
-D'accord.
-Tu vas me laisser tout seul ?
Tu ne veux pas plutôt faire ce qu'on te dit, pour une fois ?
Faire profil bas... -C'est facile à dire, pour toi.
T'es un garçon, Yorick.
-J'ai peur pour ta vie, moi.
En plus, une fille, ça porte malheur sur un bateau.
-18 lettres en quelques semaines.
Vous vouliez vraiment que je vienne.
-Oui, monseigneur. Merci.
Je voulais que vous voyiez de vos yeux.
Regardez.
Voilà comment finissent les femmes, ici.
Il y a eu la boulangère.
Une femme sans histoires, pieuse,
et aimée de tous.
Sa seule faute : être sortie 2 minutes pour cuire son pain.
Une fillette attrapée avec un collier qui a déplu au juge.
Aujourd'hui, on juge une jeune noble.
Tout ce qui se passe ici n'est digne ni du roi, ni de l'Eglise,
ni même de Dieu.
-Vous avez bien fait de m'appeler, je vais lui parler.
Et si ça ne suffit pas, j'écrirai au roi directement.
-Merci, mon père.
Tintement de cloche.
... -(Elle est là. Tu fais
(comme moi.)
Mlle d'Elissalde.
...
-Où est Maïté ?
-Elle ne peut pas
sortir. ...
Elle est gravement malade.
... -Ah bon ?!
...
Allez.
Allez !
...
-AVE...
MARIA...
...
-Le cor des gardes royaux.
Il faut qu'on y aille.
-Attends, s'il te plaît. -Mais ils vont nous voir !
Ton neveu,
on ne peut plus l'attendre.
Cor, au loin.
-Il arrive... -Il faut y aller.
Allez !
Poussez,
les gars !
Allez !
-Allez ! Allez !
Le médaillon de maman !
Tiens.
Prends-le.
Allez.
Cor, au loin.
Tintement de cloche.
...
-Un autre garde a été tué près du château, comme le précédent.
-Mais j'étais dans l'église.
-Ce n'était pas toi.
...
-Même type de blessure.
-Fatalement.
-Donc, ce n'est pas le premier ?
-En arrivant ici, j'ai aussitôt senti la présence des sorcières.
Mais je ne savais pas
que c'était aussi grave.
Nous sommes face à une secte organisée,
sanguinaire.
Un véritable couvent de démones.
Nous finirons par triompher, Votre Excellence.
-J'ai besoin de me recueillir.
-Guillaume,
nous allons passer à l'étape suivante et j'aurai besoin de vous.
Je n'ai pas choisi le major de l'école de médecine
pour qu'il plante des poinçons.
En réalité, je vous ai fait venir
pour autre chose.
-Avez-vous pu parler au juge ?
-Vous ne mentionniez pas les meurtres dans vos lettres.
-C'est horrible, mais... -Je n'ai rien vu d'aussi atroce.
Etes-vous sûr que ces femmes sont innocentes ?
Vous vous égarez. Je vous ai vu avec votre amante de jeunesse.
Quelques semaines au Pays basque et vous êtes partial
dans votre jugement.
-Aujourd'hui, je n'ai que de l'affection pour cette femme.
Malgré ce que vous avez cru voir,
je suis fidèle à Dieu et à ma promesse.
-Mentez-vous à vous-même, mais ne vous servez pas du nom de Dieu.
-Ce qui se passe ici n'est pas digne de l'Eglise.
-Continuez ainsi et vous vous perdrez.
Vous avez une semaine pour reprendre vos esprits
et rentrer à Bayonne. Pas un jour de plus.
...
-(Que faites-vous ?)
-J'ai vu vos yeux.
Je sais que vous en avez envie.
...
Moi, j'ai très envie de le faire avec vous.
Gémissements.
-Reste avec moi.
Reste avec moi.
Hurlement d'un loup, au loin.
Chant d'oiseaux. Grésillement d'insectes.
...
Le chant d'une femme résonne, au loin.
Jeannette chantonne le même air.
...
Vrombissement des abeilles.
...
-Ma fille,
c'est à ton tour d'écouter le monde.
Va au Larrun.
-Vos hommes rentreront sans avoir pêché quoi que ce soit.
Vous ne craigniez pas pour votre commerce ?
-Mon commerce...
il ne m'appartient plus. C'est votre cousin
qui fera faillite. Je vous l'avoue, ça me fait bien plaisir.
-Ca ne s'arrange pas avec lui ?
-C'est le moins qu'on puisse dire.
-Il vous force ?
-Je suis sa femme, c'est normal.
Enfin, je m'y attendais.
-Arrêtez de vous mentir. Ce que vous subissez est horrible.
-Je le hais.
En fait, c'est pire que ça.
C'est moi que je hais.
-Je trouverai comment
vous sortir de là.
...
-Je sentais que je te trouverais ici.
Damien, je me suis rappelé
ce qui s'est passé dans la forêt.
J'ai vu le garde mourant et j'ai essayé de le sauver.
Je ne lui ai pas fait de mal. Je dois juste maîtriser mon don.
Je dois partir au Larrun pour m'initier.
A mon retour,
j'aimerais que tu m'expliques pourquoi tu as disparu,
il y a 15 ans... -Arrête.
-Qu'est-ce qui te prend ? -Disparu ?
Qu'est-ce que tu dis ?
J'ai passé 1 an en prison pour ma contrebande de sucre.
Si tu m'avais cherché, tu l'aurais su.
En sortant, j'ai couru à Saint-Jean car je n'avais que toi en tête.
-C'était quand ?
-Tu étais déjà mariée avec Saverio.
Tu m'avais déjà oublié.
-T'es pas venu me voir. -J'ai pas eu la force.
Je suis reparti aussitôt.
C'est là que j'ai rencontré l'évêque,
devenu comme un père pour moi.
Moi qui suis orphelin, tu sais combien ça compte
d'avoir une famille. Et je ne veux pas la perdre.
A ton retour, je serai parti.
...
Grognement.
...
Rires.
-Qui est là ?!
Murmures.
Montrez-vous !
-La prévenue est jugée coupable.
La prévenue Laurea de Munaritz est jugée coupable
et condamnée
à la mort.
...est condamnée à la mort.
La prévenue est jugée coupable.
Coupable !
Adélaïde Etchart
est condamnée à la mort.
-Tu dois y retourner. Bois. -Non.
-Il le faut. -Je ne peux plus.
-Pour maîtriser ton don,
tu dois te reconnecter au monde.
Allez...
Quelque chose à l'intérieur de toi est bloqué.
Comme un caillou dans un sabot.
Tant que tu le gardes, tu ne peux pas marcher.
Jeannette gémit.
-Regarde, Catherine.
-Laisse le monde entrer à l'intérieur de toi.
-Regarde, Catherine.
Catherine, ça, c'est du pavot.
Ca, c'est de l'ivraie. Ca, du pourpier.
Des carottes sauvages, du pavot.
Ca, de l'ivraie.
Et ça, c'est de la digitale.
Vrombissement.
Elles rient.
Une femme crie.
...
-Qu'est-ce qui se passe, Jeannette ?
-Reste là.
...
Maman,
pourquoi tu n'as rien dit ?
-Je préférais oublier.
-C'est le père de Morguy ?
-Oui, je n'ai pas compris
tout de suite que j'étais enceinte
car mon ventre ne grossissait pas.
Quand le bébé a voulu sortir,
j'ai eu tellement peur.
-Tu t'es évanouie. -Oui.
-Je me souviens,
maintenant.
-Heureusement que tu étais là.
-Tu veux dire...
Ce n'est pas à cause de moi,
si la naissance de Morguy s'est mal passée ?
-Qu'est-ce que tu racontes ?
C'est toi qui nous as sauvées toutes les deux.
Tu as toujours eu ça en toi, ma petite.
Tu es du côté de la vie.
-Maman.
Maman.
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