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Sous-titres par citizenfaguo
Cobra à 8h, ministre de l'éducation à 9h, puis affaires étrangères.
Ensuite, Leicester, visite d'usine, déjeuner.
Conférence de presse. Retour à Londres. Le parlement.
Je ne fais pas les députés. Ils ne m'intéressent pas. Anthea le fera.
- Monsieur, vous étiez d'accord. - Je ne le fais pas.
6h30, président français. Diner. Discussions bilatérales.
- C'est l'anniversaire de votre mère. - Bien, et elle a...
- Un sac à main. Très joli. Je l'ai vu. - Très bien.
- On m'a promis des nouvelles de Worricker. - Aucune.
Je t'ai entendu rentrer.
- Ça va ? - Oui, bien.
- Comment c'était ? - Plutôt brillant.
- J'ai été brillant, je veux dire. - Et eux ?
- Oui. Leur réponse a été brillante. - Bien.
Je suis contente que tu sois rentré.
Allons au lit.
- Bonjour. - Monsieur le premier ministre.
L'Express, "Des troubles à Kiev."
L'Independent, "Le mari du premier ministre adjoint accusé de corruption."
Le Sun, "Billy Whizz met les voiles."
"Le mari du PM adjoint fuit les questions."
Le Times, "Catcheside face à des allégations de pots-de-vin par Kiev."
Le Guardian, "Le mari d'Anthea Catcheside accusé par Kiev."
Que va penser le PM des pots-de-vin ?
Est-il vrai que votre femme envisage de démissionner ?
- Tu es levée. - Oui.
Je suis surpris. Je t'ai laissée dormir.
Voici...
- On pourrait faire du café, tu sais ? - Je ne fais jamais de café. Je l'achète.
J'ai remarqué.
C'est mieux. Je vois plus de choses.
Désolé, monsieur. C'est ma faute, je ne l'avais pas vu.
Oui ?
- C'est dans L'independent. - Eh bien ?
C'est au sujet du Pont.
C'est bizarrement formulé, mais ils se demandent d'où vient le financement.
- Stirling Rogers est mentionné ? - Oui.
- Et les Américains ? - Oui.
Ils suggèrent que vous préparez votre départ de Downing Street.
Ce n'est pas le cas.
- Eh bien ? - Eh bien, que devrai-je dire ?
On ne dit rien. Si on s'approche du feu, on l'alimente.
Si on l'ignore, il s'éteint. C'est ce que j'ai appris.
Dans ce cas ? Spécifiquement ?
Dans ce cas comme dans d'autres.
Au fait, comment s'appelle ce journaliste ?
Quand pensez-vous qu'elle sera de retour ?
Allegra, comment ça va ?
Ta petite histoire.
D'où vient-elle ?
Je vois. Tu ne diras rien.
- Est-ce que ça tiendra devant un juge ? - Espérons-le.
Tu as fait très court.
Ce n'est pas moi, mais la rédaction.
D'accord.
Si je m'y attendais !
Je croyais que vous ne répondiez pas.
J'ai vu qui c'était.
Peut-on aller dans un lieu discret ?
Vous êtes folle. Avez-vous lu la presse ?
Évidemment.
Il n'y a plus de lieu discret depuis un mois.
Il faut que je vous voie.
D'accord.
Allô ?
Rollo, j'ai de mauvaises nouvelles, on a dû bouger.
- Encore ? Vous faites le tour d'Europe ? Ils nous poursuivent.
- Qui ? Comment le sais-tu ? - J'ai reconnu une joggeuse à Heidelberg.
Je l'ai recrutée il y a cinq ans.
Ah, ils ne s'améliorent pas, hein ?
Non, mais on a fait pire, de notre temps. Moi, du moins.
- Rollo, je dois savoir, c'est paru ? - Oui, ce matin.
- Vague ? - Comme il se doit.
- Des réactions ? - Pas encore. Trop tôt.
Les journalistes britanniques savent rater les bonnes histoires.
Rollo, il faut avancer. Ça devient urgent.
Peux-tu venir ?
- Je ne pense pas. - Pourquoi pas ?
Parce que j'ai une admiratrice.
- On la connaît ? - J'ai l'impression que
tout le service n'a plus qu'une mission : "Trouver Johnny Worricker".
Dis-moi quand ça réagit.
Ça risque de prendre du temps, mais je suis certain qu'il réagira.
- Bonjour tout le monde. - Bonjour.
Bonjour.
Je n'y crois pas.
- Tu m'as dit qu'on avait un accord. - On en avait bien un.
Et ?
Tes amis ont payé 200 millions. C'est ce que tu m'as dit.
C'est vrai. À la CIA.
En retour, ils ont promis que ça serait fini.
Et on sait qui est derrière, hein ?
Worricker.
C'est une merde.
Alec, il faut voir ça comme ça : il est pris au piège.
Ils sont pris au piège, tous les deux. Lui et elle. Ils paniquent.
Ils ne peuvent vivre en exil le restant de leurs jours.
Je traite avec toutes sortes de gens, je ne peux même pas te les décrire.
- J'en suis sûr. - Bon, très bien, c'est mon boulot.
Ça ne me coûte rien. Je peux le faire en dormant, vraiment.
Mais je n'exige qu'une chose, qu'on tienne parole.
Qu'est-ce qu'il cherche ? Qu'est-ce qu'il veut ?
C'est déjà arrivé.
Il devait rendre ce dossier.
Il est revenu sur sa promesse.
Et maintenant, voilà, il recommence.
Mais tu n'en as pas la preuve.
Tu penses que ça pourrait être une coïncidence ?
Ne va pas trop vite. Il pourrait être innocent.
Regarde comment c'est rédigé, plutôt vague.
Et nous ne savons même pas le nom du journaliste.
C'est vrai. Mais nous connaissons le journal.
Nous connaissons sa rédactrice en chef.
Oui.
Tu es un ami de Belinda.
Comme tout le monde.
Les goûters d'anniversaire, c'est ça ? Les barbecues en Oxfordshire ?
Sa mère est marquise. Lady...
Sheep-dip, Lady Cotswolds, je ne sais pas.
Ce qui veut dire qu'elle n'est pas facile à joindre.
Elle est si riche, si snob, elle n'en a rien à foutre.
On n'a pas besoin de ça.
Alec, je n'aime pas te voir ébranlé.
Tu n'as rien fait de mal, souviens-toi.
- Tu n'est pas en procès. - Pas encore.
Qu'est-ce qu'on pourrait te reprocher ?
Tu as lancé une fondation, pour quand tu quitteras tes fonctions.
Pour traiter les problèmes mondiaux de guerre et de paix.
Elle est en partie financée par un groupe d'entrepreneurs américains,
qui travaillent dans plusieurs secteurs, dont celui de la sécurité.
Et alors ?
Dis-moi ce qu'il y a de mal à ça.
Tu le sais bien.
Le monde est compliqué. Les gens ont des intérêts différents.
Public, privé. C'est comme ça de nos jours.
Ce qui compte, ce n'est pas la réalité,
c'est l'apparence.
Surtout quand ces mêmes Américains
se sont faits prendre à voler le contribuable américain.
- Ils ne se sont pas faits prendre. - Pas en public.
Et ça n'arrivera jamais.
C'est pour ça que tu dois rester le visage public de la fondation.
Stirling, tu as les mains propres.
Oui, immaculées.
J'essaie de faire quelque chose d'important pour mon pays.
Car nous sommes en guerre,
si seulement les gens l'admettaient.
Dans un an, l'Iran aura l'arme nucléaire.
Et je suis censé l'ignorer ? M'asseoir, attendre que ça se passe ?
Alec, tu es le plus grand politicien de l'époque.
Tes ennemis sont du menu fretin.
Vraiment. Une fripouille du MI5 avec un dossier.
Est-ce cela dont le premier ministre britannique
devrait se soucier en premier le matin ?
Un connard aux tshirts hippies des Turques & Caïques ?
Il porte des tshirts hippies ?
- Non. - Alors pourquoi as-tu dit ça ?
C'est une métaphore, et une plaisanterie.
Une plaisanterie...
Alec, réfléchis. Sérieusement.
Tes gens y sont, ils bouclent l'Europe.
Pour nous, il a déjà déménagé au moins cinq fois.
Sans aucun plan.
Il zigzague, le cerveau en coton,
un rat sur la carte.
- Et quand on l'aura ? - Quoi ?
Quand on l'aura attrapé, tu y as pensé ?
Tu as une idée sérieuse de ce qu'on en fera ?
Et sa copine ?
- J'y ai pensé. - Bien. Parce que c'est l'étape suivante.
Alec, tu lui donnes trop d'importance.
Non, l'attraper, c'est facile. Pas ce qu'on en fera.
- Qu'est-ce que tu en penses ? - Plutôt sympa.
Tu ferais mieux d'aimer.
Pourquoi ? Il nous reste combien d'appartements ?
Aucun.
Ne me regarde pas comme ça.
Je pense que Wiesbaden est notre quatrième.
Tu n'as jamais su compter. Dixième.
Tu inclus les hôtels.
Oui. Comment oublier ?
Et nous sommes à sec.
Super.
Alors, on peut rentrer ?
Brian, j'ai un rendez-vous non planifié.
Je veux un lieu sûr.
- Pas votre bureau ? - J'insiste.
- Il y a une pièce au sous-sol. - Alors, allons-y.
Je dois rester seule.
Sécurité nationale.
C'est gentil de me consacrer du temps.
Je voulais vous voir car je suis très préoccupée.
Avez-vous vu ça ?
Dites-moi.
Je sais que vous n'êtes plus chargée de la sécurité...
Je lis toujours des renseignements de haut niveau. Ça passe sur mon bureau.
Oui. A ma demande.
- Vraiment ? - Oui.
- Je ne savais pas. - C'est le cas.
Il est important dans le gouvernement que l'information la plus sensible
soit toujours vue par plus d'une personne.
Expliquez-vous.
Le jugement du premier ministre a toujours été sans faille.
Bien sûr.
Ne vous méprenez pas.
Il a parfaitement traité les grands problèmes de ces 10 dernières années.
- Vous êtes proche de lui. - Oui, très proche. Je lui dois beaucoup.
Il vous a placé à la tête du service.
Mieux, il vous a protégée.
- Oui. - Quand vous en aviez le plus besoin.
- Je lui suis redevable. - Mais ?
Mais il est aussi sain qu'un gouvernement ait un peu d'air,
de respiration pour les décisions importantes.
Ainsi, on n'est pas... à l'étroit.
Avez-vous entendu parler d'un meurtre dans les Caraïbes, il y a quelques mois ?
Oui, ça me dit quelque chose.
- Un homme avec une tache de vin ? - C'est lui.
Oui, j'ai vu la photo.
- Honnêtement, ça n'a pas été ma priorité. - J'en suis sûre.
J'ai eu mes problèmes. Mon mari infidèle.
Oui, on pourrait vous aider.
Pardon ? M'aider ?
On pourrait vous donner des infos que vous n'avez pas.
Sur votre mari.
Des choses que vous ne savez pas.
Quelles choses ?
Allez-y.
Ce que vous disiez au sujet du meurtre.
Avez-vous entendu parler du Pont ?
Le plan qui doit permettre au premier ministre d'exercer
- après la fin de ses fonctions. - Oui, j'en ai entendu parler.
C'est un des donateurs du projet qui a été tué.
- On sait par qui ? - On s'est posé des questions
sur le financement du projet.
- Son financement ? - Oui.
Comment est-il financé ?
Excusez-moi, mais je vais vous poser une question, car le temps presse.
- Mais certainement. - Voilà.
Quel est le sujet de la rencontre ?
- Quel est le sujet ? - Oui, donnez-moi le thème.
Disons que je rentre, ce soir, dans la voiture
ou dans le bain et je me dis que j'ai rencontré Jill Tankard
et qu'on a parlé de...
Quoi ? De quoi a-t-on parlé ?
Je suis venue ouvrir un canal.
Quelle sorte de canal ?
Un canal de communication.
Pour identifier des problèmes potentiels.
Tous les problèmes sont vous parlez ne sont pas les miens, mais ceux d'Alec.
Ça pourrait l'être.
Franchement, Jill, vous ne dites pas grand-chose.
- Non ? - Je ne pense pas.
- Pourquoi pas ? - Quel est le problème ici ?
A la recherche d'une vie après Downing Street,
le premier ministre a pu se lier accidentellement à des gens douteux.
- Des escrocs. - Et alors ?
Ce qu'il fera en quittant le gouvernement n'est pas du ressort du gouvernement.
Non ? Peut-être pas,
mais si on le découvre et que cette référence est le premier signe
qu'on entre en eaux vives.
En eaux vives, vous serez avantagée
si on vous informe avant que ça n'arrive.
D'accord.
- Autre chose... - Oui ?
La CIA a un nouveau patron.
En quoi cela nous affecte-t-il ?
Il veut tirer un trait sur les excès des 10 dernières années.
- Lesquels ? - Les entrepreneurs privés
qui volent les Américains.
Mauvaise nouvelle pour quelques amis du premier ministre.
Dites-moi.
Johnny Worricker est-il mêlé à ça ?
Bien sûr.
Toujours en fuite ?
Il est en Allemagne, après la Suisse,
avec un ancien officier du renseignement.
Une femme ?
- Nous avons bon espoir de les ramener ici. - Bientôt ?
Très. On les a ratés de peu ce matin.
- Un agent courait... - Mais ?
- Mais on les a perdus. - Comment ?
- Par incompétence. - Donc...
Donc, vous m'offrez des informations de première main ?
- Vous les avez. - Pour quelle raison ?
C'est évident.
- Parce que vous êtes faite pour succéder à Beasley. - C'est ça.
Pas en ce moment, non. Pas avec mon mari dans toute la presse.
On peut s'en occuper.
Vous occuper de la presse aux abois ?
Je ne vois pas ce qui nous en empêcherait.
Au MI5, on n'a jamais eu de problème avec la presse.
Vraiment ?
En politique, on joue franc jeu, pas dans la sécurité nationale.
Tous des brutes, ils n'aiment pas qu'on les brutalise.
Pour résumer, plus vous vous rapprochez de nous,
plus vous aurez la vie facile.
Si je suis d'accord,
que va-t-il se passer ?
Je vous appellerai, on se verra.
- Où ? - Dans cette pièce.
- Quand ? - Chaque fois qu'il le faudra.
Vos collègues savent ce que vous faites ?
Non.
Et les vôtres ?
Tiens. Je t'ai pris ça. Des harengs.
Ceux que tu aimes. Tes préférés.
Je vais faire une salade.
D'accord.
Je vais aller me promener.
Après déjeuner ?
Oui.
Tu veux que je t'accompagne ?
Génial, ça doublera le risque.
Je t'ai pris ça.
C'est au musée local.
De Raphael à Dali.
Ça a commencé le mois dernier, il est encore temps.
Ça ne t'intéresse pas ?
- Bien sûr que si. - Eh bien ?
J'ai commencé l'histoire de l'art à Lausanne.
Puis à nouveau à Heidelberg.
Marre de commencer des choses que je ne finis pas.
Margot, on connaît les règles.
On doit garder l'esprit occupé.
- Exactement. - On doit toujours faire quelque chose.
Mon dieu, c'est ce que tu appelles faire une salade ?
Pardon ?
Voilà.
Je vais t'inscrire à un cours de salade.
Pour garder ton esprit actif.
On peut prendre notre retraite à Suffolk et planter des laitues.
On essaie de nous séparer. Penses-y de cette façon.
On se sent prisonniers, c'est ce qu'ils veulent.
Et on doit tout le temps rester de bonne humeur ?
On ne peut pas être moroses une fois ou deux ?
Tu peux être morose.
Les cornichons. Tu aimes ça aussi.
"Essiggurke speziell für Feinschmecker."
Je me souviens d'une chose.
Quoi donc ?
Les espions travaillent seuls.
-Julianne ? - Oui ?
C'est Margot.
Où êtes-vous maintenant ?
Ne me dis rien.
Tout va bien ?
Oui, ça va.
Je n'ai pas de nouvelles de papa depuis des semaines.
Oui. Il ne peut pas t'appeler, il a peur.
Je ne devrais pas. Mais je n'ai pas pu résister.
- C'est gentil. - Ne dis pas de bêtises.
Heureusement que tu te soucies de moi.
Johnny aussi, mais il est dans une position impossible.
C'est comme ça depuis que je suis née.
C'est comme ça qu'il s'épanouit.
- Tu as un gros ventre ? - Oui.
C'est pour dans deux mois.
Comment ça va avec Jez ?
Au jour le jour.
Vivre avec un DJ. Il rentre quand je me lève.
Vous vivez ensemble ?
Presque. Pas tout à fait.
Sinon ?
Je suis superstitieuse.
Je n'ose pas vraiment.
Il semble que cette fois je sois retombée sur mes pieds.
Je ne veux pas aller trop loin.
J'adore entendre ta voix, Julianne.
Je te rappellerai. Je ne sais pas quand...
- Mais je le ferai. - Margot ?
Oui ?
Prends soin de toi.
Pourquoi avons-nous si peu de caméras ?
On est en Allemagne. On n'aime pas les caméras.
On n'est pas en Angleterre, on respecte les droits de l'homme.
C'est lui ?
Je ne suis pas sûre.
Peut-être.
Il a acheté deux billets pour Francfort.
Donc, on est sûrs qu'ils ne vont pas à Francfort.
Comment le sais-tu ?
J'ai appris de Worricker.
A la gare, ils ont pris un taxi pour une autre ville.
Je vois.
Je veux surveiller toutes les gares d'ici à Francfort.
Je t'ai dit que les allemands n'aiment pas les caméras.
On les méprise.
Tu as une meilleure idée ?
- Quoi ? - Tu as vu ça ?
Tu sais qui l'a écrit ?
J'ai l'impression qu'elle a parlé à nos frères à Millbank.
- Comment le sais-tu ? - Je ne le sais pas.
- Je le sens. - Comment ?
Parce que c'est comme ça qu'elle est arrivée chez nous.
Depuis la BBC, tu te souviens ?
Elle a sorti l'histoire de Jake Pierpan.
Ce pacifiste avec sa soeur gnangnan.
Tu ne t'es jamais demandé pourquoi Sainte Allegra avait eu cette histoire ?
Ou, mieux, pourquoi ils la lui ont donnée ?
- Elle n'est peut-être qu'une vierge chanceuse. - Oui, d'accord.
Tu ne voudrais pas l'emmener boire un verre ?
S'ils nous utilisent, voyons si on peut les utiliser.
Bon, allons-y.
Ted, à propos. L'histoire de l'agenda.
Regardez si ça se répand sur Internet.
Faites-le vous-même. Personne ne doit savoir.
Mais, monsieur, je pensais que vous aviez dit de l'ignorer.
Eh bien, on l'ignore.
Tenez-moi au courant.
Tu es de retour.
- Belle promenade ? - Oui.
- La ville est agréable, non ? - Oui, très agréable.
Comme Bath, mais en Allemagne, en plus raffiné.
Je ne savais pas ce que tu voulais faire ce soir.
- Que veux-tu faire ? - Tu pourrais aller voir un film.
Tu veux que je fasse à diner ?
Tu n'as pas à me distraire, tu sais.
Oui, je sais.
Souviens-toi, j'ai tenu deux ans à Belfast, sans parler à personne.
Je suis très heureuse d'être malheureuse, si tu vois ce que je veux dire.
Tu es très injuste.
Injuste. Comment ça ?
A propos de ma cuisine.
Tu te souviens de ma carbonara, il y a plusieurs années ?
Comment l'oublier ? Tu m'as fait une milanaise.
Je t'en referai.
C'était le bon temps.
C'est le bon temps.
Quand on bougera,
ça ira si vite que tu ne le croiras pas.
Je pense que si.
C'est gentil, merci.
Tu es la première personne du bureau qui reconnaît mon existence.
C'est un journal. Tu t'y feras.
Oui. La rédac' chef est une dure, non ?
Ton seul pouvoir, c'est de t'en foutre.
Belinda s'en fout.
Ça la rend spéciale.
Quand les politiciens l'invitent à déjeuner, elle décline.
Soyons clairs. Tu ne fais bien ton boulot
que si tu n'as pas peur de le perdre.
- Tu essaies de me dire quelque chose ? - Non, de te demander quelque chose.
Que demandes-tu ?
Si tu travailles pour les services de renseignement.
Ou ton petit ami.
Si j'ai un petit ami.
Si tu as été placée chez nous.
Tu es sérieux ?
- Comme l'histoire de ce matin. - Eh bien quoi ?
Où l'as-tu eue ?
Pas en couchant, hein ?
Une des deux possibilités. Coucherie ou histoire de famille.
Je parierais sur l'histoire de famille.
Pourquoi ?
Parce que quand un journaliste prend des risques, c'est toujours la famille.
Papa est dans le renseignement, non ?
Non.
Il est avec les idiots de Millbank, ou les malins de Vauxhall ?
Et je ne prends pas de risques.
Que comptes-tu faire de l'histoire ?
Je ne suis pas sûre. Je n'ai pas encore décidé.
Tu n'as pas encore décidé ?
Bon.
Tu n'es pas limpide, tu laisses le lecteur lire entre les lignes,
mais tu laisses entendre que le PM collecte des fonds chez des types douteux
qui tombent mystérieusement à l'eau,
et tu n'as pas décidé ?
Ça veut dire quoi, ce regard ?
Je me demande si tu es bien plus stupide que tu n'en as l'air,
ou bien plus maligne.
Allô ?
Allegra ?
- Rollo. - Tu es chez toi ?
- Oui. - Regarde ton ordinateur,
tu trouveras quelque chose qui fait avancer l'histoire. Ça serait bien
si tu pouvais l'injecter ce soir.
- Rollo. - Oui ?
J'ai peur.
- Des gens posent des questions. - Quelles gens ?
La rédac' chef a envoyé un journaliste me payer un pot.
Génial. Exactement ce qu'on veut.
- Qui était-ce ? - Freddy Lagarde.
Oh, Freddy. Il a pris ta vertu ?
Pour un Pinot Grigio ?
Certains l'ont fait pour moins que ça. Au fait, change de téléphone.
Depuis ce matin, ton nom est partout.
Fais toujours comme si on t'écoutait.
Et Allegra...
- Oui ? - Reste calme.
Avec un peu de chance, ça ne fait que commencer.
Vous faites les titres depuis des semaines.
Pensez-vous vraiment pouvoir rester en poste ?
Honnêtement, je ne vois pas pourquoi.
Je soutiens mon mari, je ne me substitue pas à lui...
Oui, mais si on l'accuse à Kiev de corrompre des officiels...
C'est une culture très différente.
Et si on a des questions à lui poser,
je suis sûre que Bill aura les bonnes réponses.
Pouvez-vous en être sûre ?
Eh bien, oui.
- Je crois que c'est elle. - Ca y ressemble.
Elle n'a pas de bagages ?
Je pense qu'elle a déja dû les envoyer.
A-t-on le numéro du taxi ?
Je crains que non.
Où peuvent-ils aller ?
Darmstadt ?
Quelles sont les villes à proximité ?
Francfort, Coblence, Wiesbaden...
Wiesbaden ?
Qu'y-a-t-il ?
C'est que Wiesbaden, ça sonne cool.
Cool ?
Vous croyez que cet homme recherche une ville parce que ça sonne "cool" ?
Je connais Worricker, je pense qu'il cherche une ville dont le nom lui plait.
Cela a été une soirée très enrichissante.
Une telle réunion informelle est bonne pour le gouvernement.
Pour lancer des idées.
Nous apprécions ta présence, Anthea.
Ton assiette est bien chargée.
Enfin, si ça veut dire quelque chose.
- L'assiette est pleine. - Oui.
- Chargée.
Ça a été un supplice, hein ?
- Oui. - Mais tu fais face.
Qu'as-tu pensé de l'article
de l'Independent, ce matin ?
Quel article ? Je ne pense pas l'avoir lu. Rappelle-moi.
Vous ne l'avez pas vu, monsieur.
Tu as le temps de lire l'Independent, Jock ?
La justice doit être sous-employée.
Ça fait sortir le drapeau rouge.
Je suis étonné que personne chez toi ne l'ait remarqué.
Anthea, tu l'as vu ?
Non.
Je n'ai aucune idée de quoi ça parle.
Je vais te le dire.
Il dit que certains financeurs du Pont ont des antécédents douteux.
Vraiment ?
Il a l'air de dire qu'ils sont enclins à s'entre-tuer.
Le monde est comme ça.
Il y a toujours des gens prompts à balancer un seau de boue.
Il faut t'y faire.
Je jetterai un oeil.
Sortons d'ici.
Que veux-tu dire ?
Worricker ?
Bon. Ça va être très simple.
Le plus simple sera le mieux. Ça ne va pas être difficile.
Ça va me convenir, alors, c'est ce que tu dis.
On prend les voitures.
- D'accord. - Dans des villes différentes.
- D'accord. - Voici ta carte Europcar.
- Merci. - Et une carte avec l'itinéraire, je l'ai noté.
Tu rends la voiture comme prévu.
Le truc habituel. Sauf que cette fois, on reste séparés.
Carte de crédit. Passeport.
Excellent. Qui suis-je cette fois ?
Tu plaisantes.
Ça m'a plu. Ça m'a fait rire.
Et qui es-tu ? Cilla Black ?
Tu n'as pas besoin de savoir.
Au fait, je voulais te le dire, mais je ne l'ai pas fait.
Qu'est-ce que tu n'as pas dit ?
Je voulais te dire que ça m'a déplu
quand tu as regardé dans mon téléphone.
Quand tu as regardé mes appels.
J'ai détesté ça.
Eh bien, je ne le referai plus.
Et, au passage, comment va ma fille ?
Julianne ? Elle va bien.
Tu es levé.
Ça va ?
Très bien.
Je lisais ce truc sur Beasley.
Quel étron.
Étron ?
Oui, une grosse bouse.
Tu l'aimes tant que ça ?
Je n'aime pas ceux qui inventent des menaces
pour justifier leurs actions.
Regarde-le. On dirait un gangster russe.
Tu ne penses pas que le pays est menacé ?
Au contraire.
C'est parce que je considère les vraies menaces avec sérieux
que je ne veux pas être victime des menaces bidons.
Les politiciens qui crient au loup sont l'espèce la plus dangereuse.
Ça m'intéresse. Comment en sais-tu autant ?
Ça m'intéresse.
Pas toi ?
Parfois, j'ai l'impression de ne rien savoir sur toi.
- C'est vrai ? - Oui.
Mais j'aimerais savoir.
Tu auras plein de temps pour ça.
Quand ont-ils voyagé ?
La nuit. Un voisin les a entendus.
Il a été averti.
Comment le sais-tu ?
Personne n'est aussi bon. On l'a aidé.
Qu'est-ce qu'on fait maintenant ?
Va à la gare et recommence !
Voilà le téléphone.
Danke schön.
Bonne chance.
J'espère que vous bougez.
- Oui. Je viens de lui dire au revoir. - Bien.
Qui t'a dit qu'il fallait partir aujourd'hui ?
Parce que, crois-le ou non, j'ai toujours des amis.
Je suis épaté.
Johnny, tu serais encore plus épaté
si tu savais combien de personnes te soutiennent à Millbank.
Bonjour, vous devez avoir une voiture pour moi.
- Parlez-vous anglais ? - Oui.
Parce que mon allemand est rouillé.
J'ai une réservation au nom de Marsden.
Marsden ? Bien.
Gerry Marsden.
Oh, Gerry et les Pacemakers !
Tout à fait.
Je peux ?
J'ai deviné que vous êtes anglaise.
Je peux vous demander où vous allez ?
Je retourne à l'école. Je suis prof.
Où ?
- Quoi ? - Où est-ce que vous enseignez ?
Désolée.
Je suis fatiguée. Il faut que je dorme.
Vous êtes bien chargé ?
Le continent est fait pour ça.
On adore nos croisières à gnôle.
... Allez Arsenal ! Vers la victoire !
Merci.
Mlle Springfield.
Merci.
Vous devez être Belinda Kay.
- C'est moi. - Comme c'est gentil de me rencontrer.
- Comment allez-vous ? - Et qui êtes-vous ?
Je suis l'homme qui a téléphoné.
Oui, bien sûr.
Vingt-quatre bouteilles de vin.
Merci. C'est gentil.
En tant que journaliste, je dois être alcoolique ?
Vous arrivez de l'étranger ?
J'espère que vous aimez le Bourgueil.
N'êtes-vous pas l'invité ?
Venez par ici.
Bon sang, ça en impose.
Voici Barry, mon petit ami, ou quelque chose comme ça.
- Salut. - Barry.
Je faisais du thé.
Tu vas devoir dégager.
- Pardon ? - C'est confidentiel.
File !
Vous n'avez jamais vu cet homme.
Il n'existe pas.
Il n'est pas très malin.
Venez donc. Vous préférez peut-être un whisky ?
Pas maintenant, je dois avoir les idées claires.
Tout d'abord, je veux vous remercier pour tout ce que votre journal a déjà fait.
Un travail remarquable.
Savez-vous à quel point un rédac' chef peut se sentir seul de ce fait ?
Vous écrivez une histoire à laquelle personne d'autre ne touche.
J'espère qu'on pourra changer cela.
Les gens attendent peu de choses.
Vous seriez surpris. Beasley se crée un nid douillet, et alors ?
Il a des amis peu recommandables, eh bien ?
C'est un politicien.
J'espère rendre cette histoire un peu plus précise.
- Un journal n'est pas un blog, savez-vous ? - Je le sais.
Il ne s'agit pas que de ce que vous pensez. Ou de ce que tout le monde vous dit.
Il y a des protocoles éditoriaux. Ça vous dit quelque chose ?
Bien sûr. J'espère les suivre correctement.
Et vous comptez faire ça sans me dire votre nom ?
Peu de chances.
La fille est un pion, non ?
Non, je ne pense pas. Si vous parlez d'Allegra.
La fille aux joues roses.
Du genre glacial.
Allegra n'est pas un pion, mais un conduit.
En fait, c'est la nièce d'un de mes collègues.
Nous y voilà !
L'Angleterre, une grande famille.
Et je suppose que maintenant qu'elle a fait son taf, c'est à moi.
Bon, allez-y, je vous écoute.
Bon.
Je ne connais pas votre degré de familiarité avec les renseignements britanniques.
C'est amusant,
j'étais sûre que vous alliez commencer par là.
Les 10 dernières années ont été houleuses.
L'ennemi était clairement identifié.
La mission également.
- Et puis ? - Et on a été pris en défaut.
Les problèmes sont arrivés d'une direction inattendue.
Ou plutôt, ils ont commencé à arriver de partout.
Soudain, on nous a dit que nous étions censés mener une lutte mondiale.
Ça n'était pas le cas ?
Disons qu'on a manqué de discernement en distinguant
ceux qui pensaient faire de vilaines choses et ceux qui les faisaient vraiment.
On a utilisé nos méthodes de façon indiscriminée.
Les chiens devaient s'entre-dévorer. Mais nous ne sommes pas des chiens.
"Méthodes indiscriminées", ça veut dire torture ?
La torture n'est qu'une partie du dispositif.
Un dispositif de viles pratiques
hors de contrôle
et qui n'aide plus personne, surtout pas nous.
- Pendant ce temps, les politiciens veulent prendre des raccourcis. - Bien sûr.
Alec Beasley a essayé de réorganiser le service.
- Le réorganiser ? - Et le contourner.
Son idée est faite et les faits ne le préoccupent pas.
C'est son droit, non ? Après tout, il a gagné des élections.
- C'est exact. - Parce que les gens aiment sa force.
Il a un mandat. C'est la démocratie.
Et, en ce qui me concerne, j'ai beaucoup plus confiance en quelqu'un que j'ai élue
qu'en un espion mécontent, je pense que c'est ce que vous êtes,
qui arrive chez moi avec deux caisses de vin et des griefs disproportionnés.
Vous vous souvenez peut-être d'un premier ministre nommé Harold Wilson ?
Très bien.
Est-ce que les services de renseignement ont eu du mal à le virer ?
Je ne pense pas que ça ait été prouvé.
Je ne demande pas si ça a été prouvé, je demande si c'était vrai.
- Et je n'essaie pas de virer Beasley ? - Ah non ?
Non. J'essaie de montrer les faits au public.
Vous êtes très plausible, quel que soit votre nom.
Rappelez-vous, j'attrape les rats moi aussi.
Qui se ressemble s'assemble et tout ce que vous dites pue au plus haut point.
Dites-moi pourquoi.
Un rédac'chef n'aime pas qu'on l'utilise.
Vous êtes prêt à tout pour abattre un premier ministre, mais pas moi.
Ce n'est pas mon intention.
J'essaie juste de mettre un peu de lumière sur certaines de ses activités.
Je vois, une mort assistée, c'est ça ?
Vous mettez la pilule dans la main, pas dans la bouche.
- Non. - Vous nous laissez ce rôle.
Une dernière question. N'êtes-vous pas au-delà de votre mission ?
Je ne pense pas.
Je croyais que vous collectiez les secrets, pas que vous les diffusiez.
Jusque là, je ne vous ai pas livré de secrets.
Eh bien, si.
Non, tout ce qu'on vous a dit est public.
- Vraiment ? - Comme la plupart des journaux
vous avez négligé d'aller chercher l'info.
Ou peut-être la motivation ?
- Très bien, voilà les faits. - Excellent.
Je vous écoute.
Le premier ministre est lié à une série d'organisations caritatives
financées en partie par une firme nommée Gladstone.
Gladstone a bâti un complexe international de camps de détention
qui n'existent pas officiellement
et pour lesquels ils ont donc pu surfacturer.
Voilà quelque chose de nouveau.
Le gouvernement américain les a pressuré pour recouvrer une part de son argent.
Une grosse pression.
Ils ont réussi ?
C'est ce que vous devrez regarder.
D'accord.
C'est une histoire intéressante. Je suis sûre qu'on voudra la couvrir,
on adore tous se moquer des Yankees,
mais je ne vois pas le lien avec Alec Beasley.
- Non ? - Non.
Je vais vous le dire.
Mais dans ce cas, je franchis une ligne.
Quelle ligne ?
La ligne du secret.
Je dois savoir si vous êtes sereine de ce point de vue.
N'est-ce pas à vous qu'on doit poser cette question ?
Très bien.
Ça va être difficile à démêler,
parce que les affaires de Beasley sont entremêlées à des sociétés de S. Rogers.
Mais je peux vous promettre qu'il y a quelque part une trace écrite
qui relie directement la construction des camps
aux finances personnelles du premier ministre.
Vraiment ?
Oui.
Je me demandais...
Voudriez-vous rester manger ?
- Mlle Tankard ? - Oui ?
C'est Amber Page. On a eu Margot.
Comment ?
Par pure chance.
Un des nôtres a pris un train à Francfort.
Il était en vacances, même pas au travail.
Et voilà la bonne nouvelle, elle rentre.
Où est-elle ?
Elle arrive à Stansted depuis Paris.
On a des gens pour l'attendre ?
Ils sont là.
- Et lui ? - Non. Il n'est pas avec elle.
Mais ça va.
Je peux vous promettre qu'il ne sera pas longtemps loin d'elle.
On se tient au courant.
- Amber ? - Oui ?
- C'est Jez. - Jez, où es-tu ?
Je suis seul. Pas beaucoup de temps. Julianne a oublié son téléphone.
Et ?
Tu te souviens de cet appel ? Celui de Margot ?
Bien sûr. La semaine dernière.
- C'est ça. - Appel masqué ?
Oui, le bureau l'a cassé.
Vous avez le numéro de Margot ?
Voilà.
Jez, j'ai de bonnes nouvelles. On a aussi Margot en personne.
Elle rentre au pays.
Bien. Les affaires marchent.
- Envoie-moi ce numéro. - C'est fait.
Bon, il faut que j'y aille.
Jez ?
Tu es réveillé ?
Ah, super !
Bienvenue au buffet de Barry.
- Il est parfait, non ? - Un vrai bonheur. On ne manque de rien.
- Merci Barry. - Je t'en prie.
J'ai peur que tu doives à nouveau nous laisser.
La coriandre va avec le poulet,
l'assaisonnement avec la roquette.
Ne t'en fais pas, on se débrouille.
Bon appétit !
Vous avez tout.
Et vous ?
Des amis, de la famille ?
Ça ne me concerne pas, mais vous avez l'air plutôt triste.
Je ne suis pas triste. Simplement...
je faisais un travail que j'aimais et on me l'a pris.
Ça doit être amusant d'être rédactrice.
Vous étiez un espion.
Exact.
Et vous vous demandez, si je ne suis pas un espion, que suis-je ?
On revient à l'affaire en question ?
En règle générale, pour ce genre de campagne,
comment dit-on déjà ? "Ce n'est jamais le crime, mais la dissimulation."
Il n'y a pas encore de dissimulation.
- On n'est pas allés jusque là. - Exact.
Donc, on doit l'y obliger.
On doit lui poser des questions auxquelles il ne pourra pas répondre.
Vous savez lesquelles ?
Et l'autre règle, comme vous dites, est
une campagne n'en est pas une si un seul journal la sort.
Personne n'y touchera s'il n'y est pas obligé.
Eh bien, on devra s'assurer que les questions sont bonnes.
Merci, les mecs.
Tu es douée.
Merci.
Pourquoi n'as-tu pas de veste ?
Je ne suis pas aussi bon que toi.
- Où va-t-on ? - En lieu sûr.
Bonjour.
Je suis un vieil ami de Johnny.
Enchantée.
On était ensemble à Cambridge.
- Bon sang. - Oui.
Johnny a été une vraie perte pour la théologie.
- Je peux vous la laisser, padre ? - Bien sûr.
Je dois retourner au travail. On en reparle.
C'est la fonction traditionnelle de l'église.
Ce qu'on fait de mieux depuis 2000 ans.
Fournir un sanctuaire.
Qu'est-ce qui se passe ?
- On fait la fête. - Je vois ça.
On nous a dit que demain les charges allaient être abandonnées.
Abandonnées ?
Toutes ?
La cour ukrainienne a décidé que ça n'était dans l'intérêt public de poursuivre.
Ça veut dire ?
Que quelqu'un a passé un marché ?
Je pense.
Quel type de marché ?
Un marché commercial ?
- Quelle sorte de commerce ? - Qu'est-ce que c'est toujours ?
Des armes, bien sûr.
Toujours des armes.
"D'un bond, je suis libre."
Sors ces hommes de chez moi.
-Jill ? - Oui ?
On doit se voir, de toute urgence.
Oui, bien sûr.
Vous savez ce qui arrive à Bill ?
Je vous ai dit de rester proche de nous, non ?
Il faut que ça soit clair. Est-ce vous ?
Anthea, je peux dire quelque chose ?
Ce n'est pas tout de dire ce que vous voulez.
Le test, c'est quand vous avez l'opportunité de l'avoir.
C'est là qu'on vous teste.
Quand ils ont voulu se débarrasser de Margaret Thatcher,
John Major a eu une rage de dents, pour ne pas devoir répondre au téléphone.
Une semaine plus tard, il était premier ministre.
Comment vont vos dents ?
Elles commencent juste à faire mal.
Bien. Contente de l'entendre.
Vous le voyez souvent ?
Quand il a des problèmes.
Mais vous savez comment est Johnny,
quand vous êtes son ami, c'est pour la vie.
Loyal par-dessus tout.
- Mais vous savez tout ça. - Oui.
On a été longtemps ensemble.
Il ne se sentait pas menacé par moi.
Plus j'étais forte, plus il aimait ça.
C'est rare.
C'est bon pour lui.
Vous le connaissez bien ?
Je l'ai aidé dans des passes difficiles.
Quand il était étudiant, il aimait l'idée de la foi.
La vie de l'église.
Quelqu'un a dû lui montrer qu'il ne croyait pas en réalité.
C'était vous ?
Et il ne croyait pas ?
Non. Il le voulait.
Plus que tout.
Malheureusement, ce n'est pas la même chose.
- Merci. - Non, merci.
Barry, bonne nuit.
Allons, Stirling. Tu as un revers terrible, d'habitude.
Qu'est-ce qui se passe ?
J'ai l'esprit ailleurs, désolé.
J'ai besoin que tu me donnes un jeu.
Veux-tu jouer correctement ?
Car sinon, le jeu n'a aucun intérêt.
Allons, Stirling, tu peux faire mieux que ça.
- D'accord, tu sais ce qu'il y a. - Pas du tout.
- Putain que oui. - Ah, encore ça ?
J'ai pris une décision.
Alec, je suis un chien écrasé.
Je n'ai aucune importance.
Tu me perds, tu ne perds rien.
Réfléchis, la presse nous poursuit. Ce n'est qu'une question de temps.
Fais une déclaration...
- Non. - C'est simple.
Tout ce que j'ai fait, c'était de bonne foi.
Mon seul intérêt a été de sauvegarder l'héritage du premier ministre.
Non, Stirling, non !
Cependant, sans que tu le saches...
Et c'est le point crucial...
Sans que tu le saches, j'ai pris l'argent de certaines personnes aux États-Unis.
- Non... - Mais pourquoi pas ? Propre et net.
Tu sais à quoi ça fait penser.
À mon insu, tu as eu de l'argent sale et moi, stupide, je ne le savais même pas.
- Alec, tu sais où ça mène. - Non.
Ça mène là où vont tous les scandales politiques.
La presse se fout des problèmes, elle veut une mise à mort.
Clairement.
Eh bien, je suis là.
- J'offre ma personne. - Non.
- Et pour une très bonne raison. - Non !
Si je le fais, les hurlements s'arrêteront.
- Mais ça ne marche pas comme ça. - Comment alors ?
Si tu leur donnes du sang frais, ils en voudront encore.
Il y a une semaine, tu m'as dit que ce n'était pas important.
Ça ne l'était pas il y a une semaine !
Eh bien...
Mon dieu !
Tout ce que je fais, c'est pour mon pays.
Et ça justifie tout ?
Qu'est-ce que tu as dit ?
Rien.
- Stirling, est-ce que tu me lâches ? - Non.
- Tu te déballonnes ? - Non.
Je suis la seule personne qui prenne cette menace au sérieux...
Je la prends au sérieux.
Si tu avais vu les dossiers, les preuves,
je ne peux pas te montrer ce que je vois.
Mais les renseignements sont effrayants.
Vraiment !
Les gens ont un choix. M'aider ou les aider.
Et maintenant, on nous dit
de rester les mains liées dans le dos, pendant qu'on nous casse les lumières !
Suivre la règle.
Faire intervenir les avocats, c'est ce que tu veux ?
Non. Je veux que tu survives.
Je veux que tu sois toujours premier ministre dans une semaine.
Voilà ce que je veux.
Ils ne m'auront pas. Je les devance.
Comme toujours.
Désolé, monsieur. Vous êtes vraiment demandé.
C'est toute l'affaire, tu vois ? Ils veulent les deux.
Comme des enfants. Ils ont besoin de moi et ils m'en veulent.
Les deux.
Avant de faire quoi que ce soit, parle-moi d'abord.
Ted.
La situation est parfaitement claire,
chacun sait ce qu'il se passe.
Depuis plusieurs jours, le premier ministre a éludé nos questions.
Nous sommes amenés à conclure qu'il ne répond pas car il ne le peut pas.
Nous avons posé cinq questions au premier ministre
auxquelles il doit répondre.
S'il ne peut répondre, il devrait le dire,
et maintenant.
S'il le peut et qu'il y ait une explication simple,
nul ne sera plus heureux que l'Independent.
Alors, qu'est-ce que vous en pensez ?
- Il est blessé. - Mortellement ?
- Avez-vous vu les cinq questions ? - Oui.
"Le premier ministre a-t-il rencontré Church et Bethwaite ?"
"Le premier ministre connaissait-il l'homme assassiné ?"
"Le premier ministre connaissait-il leurs donations au Pont ?"
" Le premier ministre était-il au courant des centres illégaux de Gladstone ?"
"Le premier ministre a-t-il personnellement reçu de l'argent de Gladstone ?"
Ce ne sont pas de mauvaises questions.
A-t-il dit quelque chose ? En privé ? En conseil ?
Il refuse au prétexte de sécurité nationale.
Ça ne passera pas.
- Vous êtes sûre ? - Certaine.
Je le savais depuis le début. Dès que j'ai vu les preuves.
Je vais devoir lui venir en aide, publiquement.
Si vous pensez que c'est nécessaire.
Je le pense. Vraiment.
Soyez prudente.
- Pour quoi ? - Votre propre futur.
- C'est-à-dire. - Prendre des risques pour l'avenir.
De quoi cela aura-t-il l'air dans une semaine ?
Comment va Bill ?
Bien.
Vous n'allez pas divorcer ?
Non. Pas encore.
Bien. Vous ne devriez pas.
Je ne le ferai pas.
Bien.
Pourquoi cette question ?
Comment dit-on déjà ? Maîtriser la situation.
Je prendrai une dernière question. J'espère avoir été parfaitement clair.
J'ai rendu tout l'argent reçu de Gladstone
et j'ai démissionné de la fondation
afin que sa réputation demeure intacte.
Alec Beasley a toujours été séparé
des activités quotidiennes du Pont
et toute critique sur le financement doit me revenir seul.
Il n'aurait pas dû faire ça. Il n'en avait pas besoin.
Il a dit qu'il m'en parlerait d'abord.
Peut-être a-t-il trouvé la pression insupportable.
La pression ?
La pression, c'est comme le coup du lapin, ça n'existe pas.
J'ai pris ma décision.
Il faut encore trouver Worricker.
Tant qu'on ne l'a pas trouvé, on n'est pas sortis d'affaire.
C'est sinistre.
C'est tranquille, oui.
On peut mettre les infos ?
- On les a entendues il y a une heure. - Et alors ?
- Je ne ferais pas ça. - Pourquoi pas ?
Tu vas tout détruire.
- Tu veilles toujours sur moi. - Toujours.
- Où est Bernard ? - Il dit les mâtines.
- Seul, sans doute. - Il s'en moque.
Il parle à dieu. Peu importe que quelqu'un écoute.
Pourquoi souris-tu ?
Je te connais mieux que quiconque, Johnny.
Je vois où tu veux en venir.
Je peux voir la fin de ton jeu.
Rollo ?
- Il est parti. - Qui est parti ?
- Stirling Rogers. - Rogers est parti. Que s'est-il passé ?
Il donne une conférence de presse, en disant que tout est de sa faute.
Encore mieux, il dit que le premier ministre ne savait rien.
Oui !
Il tombe dans le piège, semble-t-il.
- Tu crois ? Tu penses qu'on l'a ? - Espérons.
Margot, n'y touche pas ! Je dois y aller.
- Pourquoi pas ? - Tu ne sais pas qui c'est.
- C'est Julianne. - Ça n'est pas sûr.
Laisse-le, on aurait dû le détruire.
- Margot ? - Oui, c'est moi.
Je dois te voir, de toute urgence.
Tu es à la campagne ?
Il s'est passé quelque chose de terrible.
- Julianne, le bébé va bien ? - Oui.
Tu peux dire à papa que j'ai besoin de le voir ?
Oui, bien sûr.
Il doit appeler immédiatement avant d'arriver ici. Promets-le moi.
Ne t'en fais pas, on arrive. A tout de suite.
Bien, on y est, c'est bon. Je pense qu'on les a.
Où sont-ils ?
On a un signal.
J'en saurais plus dans une minute, mais on dirait le Kent.
Johnny, il faut y aller. Julianne dit que c'est sérieux...
Attends, laisse-moi un moment pour penser...
On n'a pas le temps de penser.
Elle a dit "Peux-tu dire à papa que j'ai besoin de le voir ?"
Margot, on doit être prudents.
Johnny, c'est ta fille !
- Le problème est que ce téléphone n'est pas sûr. - Fait chier, ce téléphone !
On ne peut pas y aller ensemble.
Ça fait quelle différence ? Quand Julianne appelle, tu y vas.
Ça te pose un problème ?
- Depuis combien de temps tu travailles dessus ? - Quatre mois.
- Juste quatre ? - Exactement.
Allez, c'est bon. Voici la localisation.
Allons-y.
Je rejette toutes les allégations avec force.
Mais, je ne comprends pas,
si vous êtes innocent de tout, pourquoi devez-vous démissionner ?
- Oui ? - Finalement, on les a. A nouveau.
- Où sont-ils ? - Il est dans un presbytère du Kent.
Mais il vient en ville voir sa fille.
Accompagnez-les.
Pardon ?
Je ne veux pas que quiconque les approche.
- Je travaille dessus depuis des mois. - Je sais.
Je pensais qu'on devait essayer de les attraper.
Exact. Mais ne les détenez pas. Gardez-les sous surveillance.
Gardez vos distances. C'est un ordre.
Personne ne les approche sans que je lui en donne l'ordre.
Je n'y crois pas.
Si j'ai commis une offense, c'est d'avoir été trop attentionné.
Julianne.
Margot.
Ça va ?
- Tu as eu raison... de nous appeler... - C'est Jez.
- Jez ? - Oui.
- Comment le sais-tu ? - Je le suspecte depuis des semaines.
Pourquoi ne pas me l'avoir dit ?
Pourquoi je ne te l'ai pas dit ?
À ton avis ? Parce que tu n'appelles jamais !
Et puis, désolée, je ne veux pas vivre comme ça.
À suspecter tout le monde.
Bon sang ! Est-ce que j'ai une vie en dehors de toi ?
"Que fait ton père ?"
"Je ne peux pas le dire, il est fonctionnaire."
Aussi loin que je me souvienne, "Que fait papa ?"
"Je ne sais pas. Je ne peux pas dire." Tu as ruiné la vie de maman.
C'est ridicule.
Tu ruines la vie de tous ceux que tu approches.
Je l'aimais. Tu n'as jamais su ce que ça veut dire !
Drame humain.
Elle ne semble pas heureuse.
- Il était vraiment DJ ? - Oui.
- Il jouait bien le soir ? - Oui.
Tout le reste est un mensonge. Comme vouloir être là pour la naissance...
- Julianne... - Il n'y sera pas.
- Il n'en a jamais eu l'intention. - D'accord.
- depuis le début ! - Julianne...
- Laisse-moi. - S'il te plaît.
Plus elle bouge, plus elle se rapproche.
- Tu peux entendre quelque chose ? - Non.
Lis sur les lèvres.
Ne t'approche pas ! Ne me touche pas !
Et quand elle sera calme, j'en aurai fini avec elle.
Ce n'est pas juste.
Pourquoi ne dis-tu pas simplement "Julianne, désolé, c'est de ma faute" ?
- Julianne, je sais que c'est de ma faute. - Bon.
Pourquoi crois-tu que je suis à l'agonie ?
Tu es à l'agonie ? Vraiment ?
Génial. Et pour combien de temps ?
Il est là.
Pourquoi on ne peut pas bouger ?
On peut me dire ce qui se passe ?
Oui ?
- Où es-tu ? - A Londres, je ne peux pas expliquer. C'est le foutoir.
Désolé, camarade, mais on va devoir sauter cinq étapes.
- Je viens d'avoir un appel très intéressant. - De qui ?
Je te donne un numéro. Il faut l'appeler.
Parce qu'il nous devance. De quinze km.
Est-ce qui je pense ?
10 Downing Street.
Je m'appelle Worricker.
Si vous le lui dites,
le premier ministre voudra me parler.
- Rappelez-moi votre nom. - Johnny Worricker.
Attendez, s'il vous plaît.
M. Finch, il y a là un homme qui s’appelle Johnny Worricker.
Oui, merci. Passez-le-moi.
Allô, qui est à l'appareil ?
Est-ce vous, M. Worricker ?
- Oui. - Bien.
Je suis sûr que le premier ministre aimerait que vous veniez immédiatement.
- Venir ? - A Downing Street.
- Bon. - Êtes-vous loin ?
Pas du tout. Moins d'une minute.
Juste une chose.
Pourriez-vous passer par l'arrière ?
Je m'appelle Johnny Worricker, on m'attend.
Bien, monsieur.
- Ah, vous voici enfin. - M. le premier ministre.
La pièce manquante du puzzle.
Vous pouvez nous laisser.
Comment s'est passée votre brève émigration ?
Déconcertante.
J'en suis sûr.
Il fallait que je vous voie une fois de plus.
- Moi aussi. - Je vous en prie.
On a eu une bonne discussion à Cambridge il y a six mois,
mais vous êtes parti et vous avez fait l'exact inverse de ce que j'avais demandé.
- Vous m'avez défié. - Monsieur, si vous permettez.
Continuez.
J'accepte dans les circonstances actuelles d'être une cible légitime, bien sûr.
Mais on a posé des micros chez ma fille.
Un agent du MI5 l'a séduite alors qu'elle était déjà enceinte.
Ma fille n'est pas une cible légitime.
Poursuivez-moi, pas elle.
Je suis d'accord.
- Pardon ? - Vous avez raison.
Hystérie mutuelle.
N'est-il pas temps de désamorcer ?
Je vais vous dire ce que je pense,
j'ai accompli à peu près tout ce que j'avais prévu.
On a modernisé le pays
et peut-être même alerté son peuple sur les dangers qu'il encourt.
Je ne comprends pas. Vous démissionnez ?
Vous n'aurez pas mon scalp, si c'est ce que vous espérez.
Je ne sors pas, je monte.
On doit s'occuper de l'Iran, maintenant.
Peu importe la scène à partir de laquelle je travaille.
Un président américain bienveillant a peut-être plus de sens pour moi
qu'un électorat britannique ambivalent.
Vous prévoyez de passer à un autre travail ?
- Exact. - Quel travail ?
Consul général pour l'Iran.
Je préside les pourparlers de paix.
De paix ?
Eh bien... de préférence, de paix.
A qui rendrez-vous des comptes ?
Financé par les Américains, mais sous la couverture de l'ONU.
Désolé, je ne pense pas que vous allez pouvoir vous en tirer aussi facilement.
- Non ? - Non.
Est-ce une menace ?
Pas du tout.
Dites-moi, vous avez lancé une campagne ?
Parce que ça y ressemble.
Un officier du renseignement seul, déterminé à m'arrêter.
Vous êtes quoi ?
Un électron libre ?
Un traître ?
Eh bien, alors, que faites-vous ?
- Je pointe judicieusement les dangers. - Tels que ?
La CIA a un nouveau patron.
- Vous avez raison. - Avec de nouveaux plans.
Il veut prendre un nouveau départ.
Le président lui a déjà parlé.
Vous verrez que leurs enquêtes à venir sur les entreprises privées
s'enliseront très rapidement.
Les gens n'aiment pas enquêter les uns sur les autres,
parce qu'ils savent que plus tard, on pourrait enquêter sur eux.
Si vous parlez au président, vous verrez, il est très clair sur le sujet.
Après tout, il sera un jour aussi un ex-président.
- Et ici ? - Ici ?
- Oui. - Au Royaume Uni ?
Vous ne pensez pas avoir de problèmes ici ?
Je n'en vois aucun.
Celle qui devrait me succéder ne gâchera pas ses 100 premiers jours
à creuser trop profond dans les finances du Pont.
Et pour quoi faire ?
Anthea vit une période de chance personnelle.
Peut-être l'avez-vous lu ?
En matière de chiens de garde, Anthea est du genre à les laisser dormir.
Comment dit-on déjà ? "Le système gagne toujours."
Vous devriez savoir ça. En tant que membre distingué du système.
Vous pensiez quoi ?
Qu'on allait vous blanchir ?
On ne blanchit pas les gens en Angleterre.
Pas de foyer. Pas de compte en banque. Pas de sécurité.
Pas de mode de vie, surveillance à 100%.
Vous connaissez ça.
Vous l'avez fait à d'autres, maintenant, on vous le fera.
Qu'offrez-vous ?
Bonne question.
Une amnistie ?
Johnny...
Ces dernières années
le gouvernement a avancé à une certaine vitesse car on faisait face à une menace écrasante.
C'est la réalité.
Il y a toujours eu une tension entre les buts et les moyens.
Peut-être même une contradiction.
Je peux vivre avec ça. La question est : le pouvez-vous ?
Nous avons besoin de votre silence.
Rester silencieux sur le non-respect du droit ?
En permanence, avec votre garantie.
Vous devez réfléchir à ce que ça veut dire.
J'y ai beaucoup réfléchi.
Vous passez un marché, vous revenez dessus...
Chez moi, ça n'arrive qu'une fois.
Maintenant, excusez-moi, je dois aller au palais.
Vous pourriez profiter de mon véhicule, mais vous vous feriez remarquer.
J'imagine que vous devez rendre compte à cette crapule d'écossais dans le parc.
Je ne lui rends pas compte.
Non ?
Vous avez dit que vous voudriez qu'on laisse votre fille tranquille.
- J'aimerais. - Et votre amie, aussi, je pense.
Une femme très intéressante, non ?
Ça n'est pas vraiment le tout-venant.
Heureux homme, non ?
Vous ne semblez jamais souffrir de vos erreurs.
Quel don.
Tous les deux, nous retombons sur nos pattes.
Ted !
M. Worricker s'en va. On ne le reverra plus.
Alors, qu'est-ce qui se passe ?
- Il démissionne. - Il démissionne ?
Il va en Iran. C'est une promotion.
Une promotion ? Il appelle ça comme ça ?
Ça ne ressemble pas à une victoire. Pourquoi ça ne ressemble pas à une victoire ?
Évident. Je pense qu'on n'a jamais rien contrôlé.
Tu dois appeler Jill Tankard. Elle veut te voir.
- Où ? - Où tu veux.
- Elle sait que je suis avec toi ? - On dirait.
Oui, bien sûr. Ça colle. On s'est servi de nous.
Ils ont tout su tout le temps.
- Tu y vas ? - Je ne sais pas.
J'essaie de joindre Julianne. Elle ne répond pas.
Putain !
- J'essaie Margot. - Je les ai laissées ensemble.
Merde !
- Johnny... - Oui ?
Si tu vois bien Jill, peux-tu me faire une faveur ?
Essaie de me faire reprendre.
Heureuse de vous revoir.
J'ai entendu dire que vous avez passé un bon moment avec Alec.
Jill.
Dommage que vous ne vous soyez jamais rapprochés.
On dit que c'est difficile quand deux hommes se ressemblent trop.
Une relation amour-haine, non ?
Ça se produit. Maintenant.
- Alors que nous parlons. - Quoi donc ?
Il voit la reine.
- Vous devez être content. - Pourquoi ?
N'était-ce pas votre idée de l'abattre ?
Intéressant que vous disiez ça.
En fait, Jill, je pensais plutôt que c'était la vôtre.
M. Worricker.
Ça fait longtemps qu'on ne vous a pas vu.
A moi aussi, vous m'avez manquée.
On a toujours une bouteille de scotch dans le fond.
Ça vous ennuierait de l'apporter ?
J'ai des soupçons depuis longtemps.
Vraiment ?
Tout était étrangement facile, comme si nos chemins étaient lissés.
- Le choix d'Amber Page... - Eh bien ?
Elle n'a jamais été notre agent le plus brillant, non ?
Elle faisait le job.
Oui, mal.
Amber a fait de son mieux.
Oui, c'est ce que je disais.
- Et ce truc à Kiev... - Kiev, oui.
Il y avait vos empreintes partout.
C'est ce que vous pensez ? Ça vous a plu, hein ?
Oui, je ne savais pas pourquoi Beasley avait donné son accord.
Ça n'était pas son intérêt.
Je n'ai pas demandé à Beasley. Pas besoin.
Comment avez-vous fait ça ?
J'ai été longtemps à Whitehall, vous vous souvenez ?
Je suis une banque de données, Johnny.
N'en faites pas une sorte de coup d'état.
Pourquoi ? Ça n'en était pas un ?
Non. Je ne souhaite pas interférer avec le choix des électeurs.
C'est bien au-dessus de mon niveau.
Comment appelleriez-vous ça alors ?
J'ai juste fait quelques préparations.
Tout ça pour un transfert ordonné, comme tout bon démocrate.
C'est très bon.
Merci.
J'ai lissé le chemin. Ce qui aurait pu être difficile, je l'ai rendu aisé.
Ce que je ne comprends pas... Pourquoi l'avez-vous fait ?
Beasley était de votre côté. Toute votre vie. Vous lui devez tout.
C'est lui qui vous a mis en place.
- Pourquoi l'ai-je fait ? - Oui.
C'est simple. Pour la même raison que vous.
Johnny, j'ai vu les preuves.
Quand je les ai vues, je savais qu'il était fini.
Merci, très gentille.
C'était à M. Baron.
On ne savait qu'en faire.
On aimait tous beaucoup M. Baron.
J'en prendrai soin, merci.
Il me manque.
Comme à nous tous.
Si on regarde les événements de ces dernières années,
je pense que ni vous ni moi n'avons eu totalement raison ou tort.
La vie, ça ne marche pas comme ça, non ?
Je vois votre point de vue et je soupçonne que vous pouvez voir le mien.
Savez-vous ce que je veux pour vous ?
J'en ai un bonne idée.
Vous êtes le meilleur analyste de renseignement que je connaisse.
Et je suis la meilleure administratrice.
La nouvelle premier ministre arrive
avec d'excellents sentiments pour les services de renseignement.
Vous vous en êtes assurée.
Oui.
Après ce que j'ai fait pour elle, on va vivre une période dorée.
On aura tout ce qu'on veut.
Venez avec moi.
J'ai d'autres obligations. Des gens dépendent de moi.
- Quel genre ? - Ma fille.
Je vous promets, revenez et elle n'aura plus aucun problème.
Rollo.
Je suis sûre qu'on peut le ramener dans notre giron.
Et avant tout,
il y a Margot.
Ah, oui, Margot.
Vous buvez en solitaire ?
Ça n'a pas marché, hein, Johnny ?
Qu'est-ce qui vous fait dire ça ?
Allons, donnez-nous un peu de crédit. On est des professionnels.
Vous adorez tomber amoureux, non ?
Mais vous n'êtes pas assez bon pour l'être vraiment.
Revenez à Millbank
et vous pourrez lui faire une très belle offre.
Quelle offre ?
Pour le reste de sa vie,
elle va pouvoir marcher dans la rue
sans se retourner.
Ce n'est pas rien, Johnny.
J'ai l'impression qu'elle va accepter.
Vous ne la connaissez pas.
Je crois que si.
Je vais faire une brève déclaration.
J'ai toujours dit que je quitterai mes fonctions quand je l'aurai choisi
et seulement quand j'aurai fini ce pour quoi j'ai été élu.
Ce temps est venu.
Je vous laisse forts et en sécurité.
...Je suis très conscient des sacrifices que ce gouvernement vous a demandés.
Félicitations ! Tu viens de renverser un gouvernement.
Crois-tu ?
Je sais que quelqu'un l'a fait, je ne suis pas sûre de savoir qui.
...Je démissionne de mon siège de parlementaire immédiatement.
Tout député vous dira que les personnes les plus importantes dans sa vie
sont ceux qui l'ont élu.
On va fêter ça ?
D'accord. Je finis l'histoire et on va se saouler.
Qu'est-ce que tu fais ?
J'allais te laisser un mot.
Quel mot ?
Un mot d'adieu.
Tu savais que ça arrivait.
Je le craignais. Je ne le savais pas.
Où est Julianne ?
- À l’hôpital. - Quoi ?
Ça va bien. Elle ne voulait pas que tu viennes.
"Ça va bien" ?
Qu'est-ce qui va bien ?
Parce que sa mère est avec elle.
Le travail va être long.
Je peux appeler ?
Non. Elle est toujours en colère.
Elle a dit que tu pourras appeler le matin.
D'accord.
Je le ferai.
Et toi ? Où vas-tu ?
Dans une start-up à Hong Kong.
- Vraiment ? - Oui.
Ça...ça fait loin.
Oui, on m'a contactée.
Un type que j'ai connu par Stirling.
Il veut vendre des vêtements sur internet.
Il voit une niche dans le marché.
- Il a beaucoup d'argent. - Pas un sou.
C'est pour ça qu'il a besoin de quelqu’un d'intelligent.
Margot, je t'ai fait beaucoup de promesses aux Turques & Caïques.
Je veux les tenir. Tu n'as qu'un mot à dire.
Je savais que tu avais toujours voulu retourner au travail.
Quoi, je me retire de tout, c'est ça ?
Est-ce la bonne chose à faire ?
Je ne le pense pas.
De nos jours, tout le monde se sent impuissant, je le comprends.
C'est ce qu'ils veulent que tu ressentes.
Mais si on ne lutte pas, qui le fera ?
Johnny, tu connais ces gens.
Ils glissent, rien de solide.
Pour eux, c'est au jour le jour.
Ils croient ce qu'ils doivent,
et le temps venu, ils croient autre chose.
Pour eux, il n'y a pas d'enjeu.
Écoute, je sais ce que tu dis,
mais même, si tu le veux, je peux te faire réintégrer.
Je t'ai observée ces derniers mois, tu es brillante, tu aimes ça.
Oui.
Mais je t'aime encore plus.
Ça a été une sacrée aventure, non ?
Oui.
- Je n'aurais pas voulu la rater. - Moi non plus.
Si on avait pu faire plus.
Non, Johnny, on a fait beaucoup.
Je partirai le matin.
Pourquoi ne pas t'en aller ?
Tu vas me manquer.
Oui.
Toi aussi.
Voilà. Très bien.
C'est bon.
Il est beaucoup trop tôt pour que je prenne une décision sur l'avenir.
J'appartiens à une famille et je veux lui parler d'abord.
Ayons une pensée pour Alec Beasley.
C'est sa soirée. Laissons- le en profiter.
Très bien. Allez, on pousse, fort.
Sous-titres par citizenfaguo
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