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Le pays est sous le contrôle de la junte militaire.
Les Malouines sont à nous.
Les affrontements ont pris fin.
Regarde.
Super.
Tu me rappelles ce que je dois dire ?
"Je suis née à l'étranger..."
"Je suis née à l'étranger parce que papa..."
"... a obtenu une bourse d'études."
"Je suis née à l'étranger
"parce que papa a obtenu une bourse d'études."
"Je suis née à l'étranger
"parce que papa a obtenu une bourse d'études."
Arrête !
Oh, ça va...
Je sais aussi que je dois pas raconter
que papi est millionnaire et communiste.
Tu dois pas en parler à n'importe qui.
Arrêtez donc de dire des bêtises.
Carolina, ma puce,
je te raconte l'histoire qui finit pas ?
Non, papa !
C'est pas celle qui s'appelle "Non, papa !", mais celle...
Arrête, papa !
Je te pique ton coca.
Ne cours pas.
Maman !
- Juan Estrada, c'était mon frère. - Le gros Estrada, vraiment ?
Oui, je t'assure.
- Maman, je veux un coca. - Demande-lui.
- Un coca. - "S'il vous plaît".
Merci.
- Je dois faire pipi. - Alors viens.
C'est occupé.
Vous rentrez, vous aussi ?
Oui.
On était partis en voyage.
On voulait voir s'il était possible de rester.
À Madrid ?
Oui.
Vous étiez exilés où ?
À Punta del Este.
- En Uruguay ? - Oui.
Mon mari avait été fait prisonnier pendant deux mois,
alors on est partis dès qu'on a pu.
Veuillez retourner à vos places.
Il faut qu'on aille se rasseoir.
- Tu pourras te retenir ? - Non...
Il va bien falloir.
J'y vais.
Bouclez vos ceintures.
- Ta ceinture. - Oui.
- On arrive ? - Oui.
Tu m'aides ?
Nous atterrirons sur le sol argentin dans 15 minutes.
L'équipage et moi-même
vous remercions de nous avoir choisis.
Nous sommes fiers de reconduire les Argentins dans leur pays.
Pourquoi on applaudit ?
Sûrement parce qu'on va atterrir.
Ré majeur.
Ensuite do majeur.
Si mineur.
On est bien accordés ?
Ta guitare est désaccordée.
Tu fais la deuxième voix ?
- C'est bon. - On fait comme d'habitude.
Joue pas trop fort.
- Comment je m'y prends ? - Tu préfères la deuxième voix ?
On se lance.
Un, deux, trois. C'est parti.
Ma chère Silvia !
On a failli ne pas arriver à cause du brouillard.
J'ai raté la sortie.
Mirtha !
Mirtha et son fameux gâteau !
Bonjour.
- Comment ça va ? - Bien.
Enchantée.
Voici Ricardo, ma dernière acquisition.
Félicitations !
Bonjour.
Ali, tu viens m'aider ?
- Va la rejoindre. - Je reviens.
Comment ça va ? T'as tellement grandi !
- Bienvenue, Viglietti. - Ça va, chipie ?
En exclusivité sur Noti 7 : vous revenez de Montevideo.
- Comment allez-vous ? - Très bien et vous ?
Avez-vous un message pour le peuple argentin ?
Oui, je félicite tous les Argentins
et je me réjouis du triomphe de la démocratie.
Nous souhaitons la bienvenue à notre compatriote !
Je te la confie.
- Regardez qui voilà ! - Salut, toi !
Mon cher Miguel, ça fait tellement longtemps.
- Content que tu sois là. - Je me suis organisé.
- Et ton frère ? - Dans le bureau.
Julio ! Te voilà !
Alfredo Zitarrosa, mon chanteur uruguayen préféré !
Toujours les mêmes blagues pourries !
- Je suis devenu vieux. - Comment tu vas ?
Je vais surveiller les grillades.
Ton père est là.
Je le salue pas, il a une dent contre moi.
Il est toujours en colère.
J'espère qu'il te convaincra pas de réintégrer l'entreprise.
Même pas en rêve !
Ils vont s'affronter !
Votre attention, s'il vous plaît !
C'est pas vrai, ils remettent ça ?
Même à 90 ans, ils feront les mêmes idioties.
Les frères Levy
s'affrontent pour le titre mondial de lutte gréco-romaine.
Nous avons Miguel Levy, représentant des entrepreneurs idéalistes,
et le grand Julio Levy, qui incarne le communisme d'entreprise.
Julio l'attrape par le cou, il résiste.
Finalement, Julio s'effondre, entraîné par le poids de sa bedaine.
Le frère aîné a encore triomphé !
Qui veut se battre ? Tous en file !
- Moi ! Moi ! - Moi aussi !
Doucement, l'un après l'autre.
Le champion affrontera tout le monde.
Je commence avec toi.
Bande de vendus !
Terrasse-le, ma fille !
La fille tente d'achever la mission du père.
Non, je prends la main.
J'ai une super carte.
- Bien sûr. - Il bluffe.
Tu me crois pas ?
Je la mets là et je vous raconte l'histoire des lettres de Perón.
T'es lourd.
N'essaie pas de te dérober et de changer de sujet.
Elías n'est pas au courant.
Quand on était au trou,
Julio écrivait aux péronistes.
Faites-le taire, je vous en supplie !
Quand on était au pavillon, Julio embobinait les péronistes.
Il prétendait être Perón et écrivait aux péronistes syndicalistes,
aux péronistes marxistes...
C'est bon, on a compris !
Pourtant, on nous avait enfermés, nous aussi.
Y en avait peu, des gens comme nous.
Comme vous étiez gauchers, on vous passait pas la balle !
- Regarde où tu vas, abruti ! - Oui, c'est bon.
Désolé.
Vraiment désolé.
Bonjour.
Soyons vigilants avec les bons privés
et encore plus avec les bons d'État.
Il ne faut pas uniquement investir dans le long terme.
J'ai du mal à comprendre.
Miguel, explique-lui.
En ce moment, les investissements qui rapportent sont risqués.
Tant que le gouvernement n'impose pas de règles,
on ne peut rien faire.
Alors faisons des placements sans risques.
Investissons dans des propriétés qui ont du potentiel.
Ça ne générera pas assez de flux.
Il a raison, papa.
Il s'y connaît plus que nous dans ce domaine.
Trouve une opération qui vaut le coup et on se lance.
Nos emprunteurs auraient une marge de manœuvre plus large.
On pourrait également...
mettre en place un système de lignes de crédit
à taux bas pour les primoaccédants.
Ce n'est pas le premier gouvernement de Perón,
on n'est pas philanthropes.
On pourrait y réfléchir ensemble.
Julio, attends.
Je veux une société financière qui favorise la mobilité sociale.
Arrête !
Gálvez, vous envoyez ça au notaire ?
Oui, au revoir.
Je me vois pas travailler ici.
Je discute avec d'anciens collègues qui sont de retour.
Je pourrais m'associer à l'un de leurs cabinets.
L'université m'a contacté, je reprendrais bien les études.
Tu peux faire ce que tu veux.
Inutile de décider tout de suite.
Ne te presse pas.
Écoute,
si je me presse pas, le train va me passer sous le nez.
C'était une réunion du comité exécutif, c'est tout.
Tu te décourages vite.
- Ma voiture est là-bas. - Je t'accompagne.
Tu passes par la radio ?
Non, je rentre. Embrasse les enfants.
Monte !
Julio !
T'as inclus l'argument
du remboursement partagé de la dette extérieure ?
Oui, je l'ai mis.
Ton amie a raison, c'est du délire.
Un État ne peut pas contracter de dette,
la répartir, la dilapider et forcer les travailleurs à payer.
Allô ?
Qu'est-ce qu'il y a ?
Calme-toi, Alicia !
Qu'est-ce qui se passe ?
Doucement.
Je te le passe.
Julio, c'est Alicia.
Tais-toi, Caro.
Maman, qu'est-ce qui se passe ?
Allô ?
On m'a dit de ne pas prévenir la police.
Parle plus lentement, s'il te plaît.
Miguel a été enlevé, ils veulent une rançon. Elías ne sait rien.
- Quoi ? - On a enlevé Miguel !
Ils vont me rappeler avec des instructions.
Attends-moi, j'arrive.
Je serai là quand ils rappelleront.
Essaie de la calmer.
C'est Silvia.
Tu vas où ?
Il est en route.
Alors ?
Ton père est là.
J'ai refusé qu'il voie les enfants, je veux pas qu'ils descendent.
Il est là-bas.
Ça va, papa ?
Je suis inquiet.
- Tu n'arriveras pas trop tard ? - Non, ne t'inquiète pas.
Je vous sers autre chose, Elías ?
- Je finis ça. - Un café ?
Non, merci.
Regardez plutôt le match dans la cuisine.
Entendu.
Caro, je t'apporterai ton cartable plus tard.
- Je t'attends en haut ? - Oui.
Bonjour.
Ça va, Enrique ?
- Salut, Julio. - C'est par là.
Salut, Silvia.
Bonjour, Elías.
Excusez-moi.
Je fais les présentations.
Roberto Gálvez,
chargé de la sécurité de M. Elías et de l'entreprise.
Bonsoir.
Juan Méndez et Daniel Samoa viennent nous prêter main forte.
Bonsoir.
Alicia veut qu'on la prévienne quand on sera partis.
Bien.
Vous ne préférez pas discuter de tout ça dans le bureau ?
Oui, ce serait mieux.
Le ministère a également appelé.
Qu'est-ce que t'as dit ?
Alberto a parlé.
Pas avec le ministre, mais avec quelqu'un de la sécurité.
Votre famille pourrait être visée par un attentat, aujourd'hui,
d'où les renforts.
Vraiment ?
- Soyez vigilants, alors. - Bien, monsieur.
Je compte sur vous.
Il faut éviter de parler.
D'après l'enquêteur, trop d'informations ont fuité.
Ça vient de la police ?
Partage le moins de choses possibles,
même aux autres membres de la famille.
Voilà 200 000 de plus.
Tu es sûr que les numéros de série ne se suivent pas ?
Oui, c'est bon, j'ai vérifié.
Ils ne se suivent pas.
C'est bien.
Tous les billets doivent tenir dedans.
Julio, n'improvise pas.
- Tu feras ce qu'ils te disent. - Oui, papa.
Ils rigolent pas.
Qu'est-ce que tu fais, jeune fille ?
Je suis venue chercher ma maquette.
- Qu'est-ce que tu fais là ? - Je cherche ma maquette.
Je t'avais dit de ne pas descendre !
- Papa, tu vas travailler ? - Non.
- Tu sors ? - Oui, j'ai une réunion.
- De quoi ? - De travail.
Ne quitte pas Julio d'une semelle.
Attends-moi ici.
Restez là, tous les deux. Ne descendez pas.
- Ne fais rien de stupide. - Ne t'inquiète pas.
Faites attention.
Évite le téléphone.
T'inquiète pas.
Soyez vigilants, le portail est très bas.
Je crois qu'il faut tourner ici.
Continue par là.
- J'y vais. - Attends...
J'y vais, putain !
Allô ?
Vous allez faire une petite balade, M. Levy.
D'accord.
Toilettes pour hommes du bar Portofino.
325 rue Pinzón. La Boca.
Entendu.
- Alors ? - On doit aller à La Boca.
Papa va rencontrer les ravisseurs ?
Non, il va juste leur donner l'argent.
Alors pourquoi de nouveaux gardes du corps sont là ?
Pour nous protéger cette nuit.
- Ils vont aussi m'enlever ? - Non.
Ils s'intéressent pas aux fillettes.
Caro, je te cherchais. Pourquoi t'es pas dans ta chambre ?
Seba, tu restes avec ta sœur.
- Allô ? - Je sais pas quoi faire.
Tu as du nouveau ?
Non, je n'ai eu aucune nouvelle.
C'est bon ?
Oui. On fait pareil de l'autre côté.
Arrête !
Arrête avec tes faux pouvoirs magiques !
Tu sors seul.
Tout seul.
T'as pas de flingue ? Les mains en l'air !
Viens avec le pognon.
Lentement.
Avance tout doucement.
Stop !
Pose le sac par terre.
Lâche-le.
Lâche-le !
Très bien.
Miguel ?
Quoi, Miguel ? Remonte dans la voiture.
- Retourne à ta voiture. - Et Miguel ?
Remonte dans ta voiture, bordel ! T'es sourd ?
Vas-y !
Avance !
Barre-toi, connard !
Attends, ne démarre pas.
Miguel !
La présidente des Mères de la place de Mai...
- Gardez-le. - Bien, madame.
- Bonjour. - Bonjour.
- On a reçu le journal ? - On a celui d'hier.
Celui d'aujourd'hui arrivera plus tard.
- Alors, ce match ? - Je l'ai pas vu, mais ils ont gagné.
Oui, je sais.
M. Levy est rentré.
Ne posez pas de questions à papa.
On mange, c'est tout.
- Bonjour. - Bonjour, monsieur.
- Alors ? - Salut.
Comment ça s'est passé ?
Salut, papa.
Ça va, les enfants ?
- Vous m'apportez un café ? - Tout de suite.
Tu veux aller prendre une douche ?
- Ils vont partir à l'école. - Arrête, maman.
On va petit-déjeuner.
Bon, discutons un peu de la situation.
Vous êtes déjà au courant, n'est-ce pas ?
Très bien.
On leur a donné la rançon. Maintenant, il faut attendre.
Je vous demande de n'en parler à personne.
Ni à vos amis, ni à la directrice, ni à la maîtresse.
C'est bien compris ?
Carolina, c'est compris ?
Bien.
- Tu as parlé à Alicia ? - Non.
Et à tonton ?
Il a dit qu'il fallait attendre.
Tu as vu les ravisseurs ?
Non.
On leur a donné tout le fric.
D'accord.
Ils le relâcheront sûrement plus tard et il rentrera tout seul.
On l'a attendu toute la nuit.
Essaie de dormir.
Rends-le-moi !
Donne, je vais imiter sa signature.
T'as pas le droit ! Depuis quand t'imites sa signature ?
Papa faisait la même chose.
C'est vrai ?
Quand il était prisonnier, il imitait celle de Perón.
Du vrai Perón ?
Oui et apparemment, elle était parfaite.
Il copiait son style : "Mes chers compatriotes..."
et il racontait n'importe quoi.
À ceux qui avaient la trouille des militaires, j'écrivais :
"Mes chers compatriotes,
"je vous écris depuis l'exil, à Madrid,
"cette ville morose..."
Et je continuais :
"La lutte sera rude,
"mais le triomphe ultime sera l'œuvre du peuple !"
- Et les gens te croyaient ? - Oui.
Non, personne ne me croyait.
Julio, c'est Enrique.
Il faut y aller, les enfants.
Salut, papa.
Descendez. Au revoir, mon cœur.
Je t'écoute.
Ils vont le relâcher à Montevideo, dans le quartier sud.
Un bateau part dans une heure et demie.
- Il faut y aller maintenant. - On se voit au port.
- Parfait. - On se tient au courant.
- On fait comme ça. - À tout à l'heure.
Qu'est-ce qu'il a dit ?
Ils vont le relâcher à Montevideo.
Je ne dis rien aux enfants pour ne pas les exciter.
D'accord.
Alberto, si papa et maman ne peuvent pas venir me voir,
tu viendras, toi ?
On est arrivés.
Arrête-toi là.
- Je comprends pas. - Il faut patienter encore un peu.
- Rouge, bleu, jaune ou vert ? - Vert.
Vert.
Rouge.
Rouge.
- T'aimes la maîtresse. - Non !
Non, je l'ai jamais aimée.
- Bonsoir, monsieur. - Alors ?
1-0 pour l'Independiente.
Ça va, ma puce ?
- Tu joues ? - Oui.
- Rouge, jaune ou vert ? - Jaune.
Jaune.
Bleu.
C'est Bochini qui a marqué.
Il a pas voulu faire la passe à Reinoso, qui était trop à l'avant.
Lucarne et but.
Un super but.
Oui.
Rejoins-les.
Merci.
Merci.
Nous avons rendez-vous.
- Bonjour. - Bonjour.
Suivez-moi, s'il vous plaît.
- Veuillez entrer. - Merci.
Allez-y.
C'est par là.
- Le président est là ? - Oui.
Bonjour.
Doit-on vous appeler "M. le Président" ?
Raúl, ça suffira.
Bien.
- Enchantée. - De même.
Je vous présente.
Le nouveau secrétaire d'État à la Sécurité.
La famille Levy.
Bonjour.
Je vous en prie, asseyez-vous.
Merci.
Je suis désolé de vous rencontrer dans de telles circonstances.
M. le Président, il faut faire avancer l'enquête.
Ce matin, je me suis entretenu avec le ministre de la Défense.
Je lui ai dit...
Cela fait 45 jours que mon frère a été enlevé.
Nous vivons un calvaire.
Je comprends votre angoisse.
Certains...
membres du groupe de ravisseurs qui avaient enlevé mon frère,
la première fois,
travaillent ici.
Personne ne suit cette piste.
- Comment ça, ici ? - Ici, à la Maison Rose.
Qui vous a donné cette information ?
Là n'est pas la question.
Donnez-moi leurs noms, nous enquêterons.
Les enquêteurs privés que nous avons engagés ont confirmé
que deux ravisseurs
qui avaient participé au premier enlèvement de Miguel...
Vous étiez bien au courant de cela ?
Voici les informations que nous avons récoltées.
Non, attendez.
Vous les partagerez
avec des personnes en qui j'ai confiance.
- M. le Président, merci beaucoup... - Je vous accompagne.
Bonjour.
Suivez-moi.
Le ministre Roque Méndez Arana.
Et le ministre Augusto Riccardi.
Enchanté, madame.
Enchanté.
Les Levy viennent de me faire part des résultats de leur enquête privée.
Discutez-en avec ces ministres.
Avec plaisir.
Vous avez une réunion
avec la Chambre de commerce et la CGT.
Veuillez m'excuser.
Je suis convaincu que nous trouverons une solution
et j'espère une conclusion heureuse.
Moi de même, merci.
Merci de votre amabilité, M. le Président.
Voici les éléments de l'enquête menée par notre famille.
Nous sommes désemparés.
Miguel n'est pas revenu.
Nous avons payé la rançon, mais nous n'avons plus été contactés.
Je comprends, madame.
L'État doit agir.
Il a une responsabilité envers nous car c'est l'État qui...
La dictature a laissé derrière elle des psychopathes
qui sont toujours actifs.
Non, ils appartiennent au passé, tout ça est derrière nous.
M. le Ministre, venez.
Excusez-moi.
Regardez.
Attendez-nous ici un moment.
Excusez-nous.
Suivez-moi, s'il vous plaît.
Le ministre nous a demandé de patienter ici.
Vous devez quitter les lieux.
Attends une seconde.
Ça va pas ? Tu fais un malaise ?
Tout va bien ?
Un café.
Suivez-moi à la salle à manger.
Julio, le ministre est là.
M. le Ministre !
Je ne m'attendais pas à vous revoir ici.
Je vous présente le lieutenant-colonel Graco.
L'aide de camp militaire du ministère de la Défense.
Il a repris le dossier du précédent ministre de la Défense.
Il pourra sans aucun doute partager avec vous les détails
de l'opération en cours.
- Vous êtes entre de bonnes mains. - Merci.
Merci, M. le Ministre.
Merci de nous recevoir.
Je vous en prie. C'est un plaisir de vous rencontrer.
En toute honnêteté, nous n'avons rien de substantiel
et aucune piste solide.
Nous avons partagé nos informations avec d'autres agences.
Évidemment,
cela s'est fait sans l'intervention des forces de police.
Tout est très lent.
Comment ça ? Je ne vous suis pas.
Notre spécialité, c'est le renseignement.
Cela dit, écoutez-moi bien.
Les membres d'un groupe très spécialisé
sont intervenus lors de l'affaire Salomone.
Nous pourrions vous mettre en contact,
afin que vous puissiez bénéficier de leurs services.
Ces gens ont des informateurs
et ils ont suivi un entraînement rigoureux.
C'est un groupe qui travaille seul. Il est autonome.
Il faut lui donner certains moyens pour lui permettre d'agir...
De l'argent ?
Je sais, c'est terrible.
Mais c'est la réalité.
Dans l'affaire Salomone,
les résultats ont été excellents, il a été retrouvé en vie.
Ça représenterait quelle somme ?
Non...
Je n'en sais rien.
En tout cas,
si vous le souhaitez, je vous mets en contact immédiatement.
Si j'étais dans votre situation,
c'est ce que je ferais.
Je m'en contrefiche !
Papa, dis-lui.
- Alors ? - Ça s'est bien passé.
Tes baskets sont plus toutes jeunes.
Pire que ça, elles sont une véritable honte !
Tu t'achèteras des chaussures.
Maman, tu comprends rien ! Et je peux y aller tout seul.
Vous ne pouvez pas sortir seuls.
- C'est à un pâté de maison. - Et alors ?
Alberto t'accompagnera,
mais tu peux y aller avec tes baskets.
D'accord ? Maintenant, ça suffit.
- Quoi, encore ? - C'est juste à côté.
Ça m'est égal.
- J'y vais plus ! - Pourquoi ?
- J'ai plus envie. - Je te l'interdis pas.
Bonsoir.
Tu peux pas sortir sans Alberto.
J'irai pas à cette fête s'il m'accompagne.
Je te parle gentiment, Sebastián !
Non, tu me parles jamais gentiment !
Je veux plus sortir.
Il faudra accompagner Sebastián, s'il vous plaît.
Entendu.
Reviens ici !
C'est pas possible !
Tu pourrais pas faire un effort comme ta sœur ?
Si Julio reprend les rênes de l'entreprise,
il deviendra décisionnaire et il faudra le notifier
dans l'acte du directoire.
Si vous êtes d'accord, tout le monde devra signer.
Je soutiendrai votre décision
car je ne peux plus assister à ces réunions.
Mais tu es là, aujourd'hui.
Nous voulons être transparents.
Cette entreprise t'appartient aussi.
Je souhaite prendre de la distance.
J'aimerais vendre les parts de Miguel,
je ne veux plus venir ici.
Pardonnez-moi,
mais il vaudrait mieux consolider l'entreprise.
Les rançons ont beaucoup entamé le capital.
- Pour clôturer l'exercice... - Je refuse d'être mêlée à ça.
Respectez ma décision.
Nous allons te faire une offre.
Cela change entièrement la donne.
Quant à Julio...
Miguel s'est sacrifié pour cette entreprise.
Il s'en est occupé tout seul.
Tu n'as aucune idée de ce que ça représente.
Tu n'as pas été là quand il a fait appel à toi.
Comment ça ? Je lui parlais tous les jours.
De bêtises qui t'intéressaient, mais pas de la société.
On bûchait sur de nouvelles lignes de crédit
pour des propriétés.
- Papa, dis-lui. - Doucement, tous les deux.
La seule chose qui m'aide à tenir, c'est écrire à Miguel.
Je le fais tous les jours, je lui parle de vous tous,
des enfants...
Je suis certaine qu'il me soutiendrait.
Salut, vous !
Doucement !
- Salut, papi ! - Quel film avez-vous vu ?
Un film avec des monstres.
- Ça allait ? - Oui, jusqu'à maintenant.
Venez dire bonjour à votre tonton.
- Vous allez tous bien ? - Oui, merci.
- Vous avez mangé chez Pumper Nic ? - Oui.
Dis bonjour à tout le monde.
Ça va ?
En attendant la nouvelle offre, tu toucheras
la même somme.
Julio se chargera de tout, vu qu'il devient directeur général.
Non.
Pas Julio.
Qui, alors ?
Je ne sais pas.
Vous, Elías.
Tu es d'accord, n'est-ce pas, Julio ?
Oui.
Caro, Seba ! On s'en va.
- Encore une minute ! - Non, on y va.
Ce n'est plus tenable.
On devrait tous vendre.
Je me suis renseignée et c'est le bon moment.
L'entreprise est dans le rouge, liquidons-la.
Julio va se charger de tout, c'est le nouveau directeur.
Elías, il ne manque plus que votre signature.
Il faut réfléchir à un moyen de redevenir rentable.
On est à 35 % de moins que...
Monsieur, madame.
Bonjour.
Les choses avancent.
On ne pourra pas vous dévoiler tous les détails de l'enquête
pour des raisons évidentes.
Bien entendu.
J'espère que vous le comprendrez,
mais à partir de maintenant, vous faites cavalier seul.
Mais si nécessaire, nous nous adresserons à vous.
Je ne réponds plus de rien, vous continuez seuls.
Au revoir.
- Veuillez entrer. - Bonjour.
- Je vous présente l'agent De María. - Bonjour.
Mon bras droit.
Enchanté.
Nous avons de bonnes nouvelles.
Ah oui ?
C'est une chance que vous soyez là.
- Veuillez vous asseoir. - Merci.
Nous sommes très confiants.
Notre équipe a fait pression et de nouvelles pistes sont apparues.
Merci.
D'après notre contact,
ces individus ont participé au transfert de Miguel.
Vous avez l'argent ?
Vous avez identifié ces personnes ?
Non, cela va nécessiter un peu de temps.
Il en manque.
Pardon ?
Il manque de l'argent.
Bien sûr.
Oui.
Allô ?
Bonjour, c'est Lucía.
Caro est là ? C'est pour savoir si on a des devoirs.
Ça va, Lucía ?
Oui. On a des devoirs ?
Je n'en ai aucune idée. Tu veux que je le lui demande ?
J'ai de la fièvre et je sais pas si la prof d'anglais...
Attends.
Je lui pose la question.
Caro !
Quoi, papa ?
Lucía a appelé. Elle veut savoir si vous avez des devoirs.
Je sais pas, pourquoi tu me demandes ?
Tu as des devoirs, oui ou non ?
Je sais pas !
Venez jouer, monsieur.
Changement de joueur !
C'est le mondial et je suis gardienne de but pour l'Argentine.
Moi, je suis le Brésil.
- Viens, papa. - T'es le Brésil ?
Donc je suis qui ? Attends.
Hein, je suis qui ?
- But ! - C'est de la triche !
Maintenant, t'es obligé de m'emmener voir l'Independiente.
Évidemment que je t'emmènerai les voir.
C'est la seule équipe qu'on ira voir jouer.
- Lance. - Non, on ira voir River Plate.
Tu sais bien que notre famille a toujours supporté l'Independiente.
Pas moi.
Pourquoi pas toi ?
D'où vient notre tradition ?
Un de tes oncles croyait
que les maillots rouges représentaient les communistes,
mais c'était pas vrai.
Donc tu soutiens qui ?
River Plate.
Non ! L'Independiente, t'as pas le choix.
Je suis fan de River Plate !
Les champions, c'est les rouges !
Les champions, c'est River Plate !
Je dois aller chez Mona.
- J'ai pris du retard avec ma thèse. - Bien.
Haydée a dû partir, elle ne se sentait pas bien.
Je ne veux pas que les enfants restent seuls avec Alberto.
Alberto n'est pas un problème.
Je peux rester, si tu veux.
- T'as ton émission de radio. - J'ai arrêté.
Tiens donc.
Tu fumes trois paquets de clopes par jour,
t'as arrêté la radio et ta thérapie.
- Tu n'arrêtes que les bonnes choses. - C'est très relatif.
T'as parlé à ton père ?
De quoi ?
Je suis allée boire un café avec Alicia.
Il faut vendre l'entreprise.
Vous ne pouvez pas prendre plus de risques.
Oui, mais sur ce sujet...
Papa...
C'est impossible.
- Quoi ? - Il refusera.
- Bravo ! - Poteau !
Julio, excusez-moi.
Vous ne pouvez plus faire sortir autant d'argent sans le justifier.
Vous me compromettez en tant que comptable.
Ça ne peut pas figurer dans le livre de comptes.
On inventera quelque chose, ne vous inquiétez pas.
Vous signez, s'il vous plaît ?
Il n'y a pas que la comptabilité.
Faites attention, on est dans le rouge.
Deux de nos clients n'honorent plus leurs obligations.
Un jour ou l'autre, ils seront bien obligés de le faire.
Les clés sont là.
- Merci. - Julio, juste une minute.
Je sais que cela concerne votre famille,
mais vous devriez vendre l'entreprise tant que c'est possible.
On en reparlera plus tard.
Bonjour.
Excusez-moi du retard.
Il a été malmené parce qu'il n'avait pas l'argent.
Et pourtant, il y a 150 000 dollars dans ce sac.
Ils en veulent 150 000 de plus.
On ne leur donnera plus rien sans une preuve de vie.
On attend leur appel depuis plusieurs semaines.
Je veux parler à Miguel au téléphone pour qu'il me dise comment il va.
Ce document indique seulement qu'un avion privé a été affrété.
Il n'apporte aucune information.
On veut savoir quand et où Miguel sera relâché.
Rien ne prouve que vous vous soyez déplacé.
Du calme. Reste ici et reviens t'asseoir.
Tâchons de nous recentrer.
N'oublions pas que nous visons le même objectif.
Je veux vous croire,
mais il faut nous donner une preuve que Miguel est en vie.
Dis-leur.
Miguel va très mal.
Comment ça ? Vous l'avez vu ?
Rapidement.
Pourquoi vous ne les payez pas ?
Comme ça, ils le transféreront à Asunción.
Il a maigri.
Je crois qu'ils le négligent
parce qu'ils pensent que vous ne paierez plus.
- Une partie de truco ? - OK.
Reprends ton arme.
Désolé.
- Prêt ? - C'est parti.
- Tu joues avec nous ? - Non.
T'es sûre ?
- Je commence. - Vas-y.
J'espérais entendre sa voix.
- Ça se finira bien. - Moi, j'y crois plus.
Laisse-moi, je travaille.
T'écoutes de la musique.
On aura de nouveaux gardes du corps.
Quoi ?
Il va se passer quelque chose.
Tu vas voir.
Elles discutent dehors pour qu'on les écoute pas.
Tata est en train de pleurer.
Elles sont dehors parce qu'il y a du monde partout.
Et maman a besoin de calme.
Il va se passer un truc, je te dis.
Les types du ministère de la Défense nous racontent des bobards.
- Il faut les dénoncer. - À qui ? À la police ?
Il est clair que les négociations ont mal été engagées.
Je ne suis pas d'accord avec ce que tu dis, papa.
Allô ?
Vous recevrez des instructions à l'hôtel República, à Asunción,
dans 48 heures.
Comment va Miguel ?
Bien. On va le transférer.
- Il a répondu à nos questions ? - Il était très fatigué.
Pourquoi ? Vous lui donnez quoi ?
Allô ?
Allô ?
Vous auriez dû prendre rendez-vous.
Le précédent ministre a cessé de nous recevoir,
voilà pourquoi nous sommes ici.
Je vous comprends.
Cette affaire a commencé avant ma prise de fonctions
et je ne suis pas au courant de toutes les modalités.
Pourtant, les réunions ont eu lieu dans ce ministère.
M. le Ministre, nous avons besoin de votre aide.
Aucun progrès n'a été fait.
L'équipe d'Ortiz n'a rien trouvé de solide.
On lui a donné 100 000, puis 50 000.
On nous a promis qu'il serait libéré.
Et ils ont réclamé 150 000 de plus.
Dollars ?
M. le Ministre,
on a remis l'argent au lieutenant-colonel Graco,
qui nous a été présenté par votre prédécesseur.
La somme totale s'élève à 300 000 dollars.
Je ne comprends pas.
Parlez-en avec M. Riccardi. J'en ai discuté deux fois avec lui.
Deux fois ! Demandez-lui.
J'ai un nouveau commissaire.
C'est quelqu'un d'intègre.
Nous allons étudier votre dossier.
Bonsoir.
Bonsoir.
Papa ?
Tu veux qu'on baisse la musique ?
Non, amusez-vous.
Il y a du nouveau ?
C'est ta copine ?
Tu l'as déjà embrassée ?
C'est une voyante.
Elle dit savoir où se trouve M. Miguel.
Il a besoin de soleil,
de manger...
et de voir ses enfants.
Vous dites qu'il se trouve près de la ville d'Asunción ?
Oui, il est au Paraguay.
Seriez-vous prête à collaborer avec les enquêteurs ?
Oui, tout à fait.
- Le gouvernement vous a contactée ? - Non, personne.
- Et la famille ? - Non.
Comment êtes-vous entrée en contact avec Miguel ?
Johnson, c'est Ortiz.
Vous avez les réponses de Miguel ?
Sa famille est là ?
- Oui, nous sommes là. - On vous écoute.
Je vous lis ses réponses.
Le restaurant...
- Police fédérale ! - Suivez-nous.
Laissez-moi tranquille !
J'ai rien fait de mal !
Suivez-nous, lieutenant.
Il est vivant ?
Dites-moi si Miguel est vivant !
Où est mon frère ?
Il est où, sale enfoiré ? Je vais te buter !
Réponds, fils de pute !
Dis-moi où il est !
Réponds !
Il est où ?
Où est mon frère ?
Ces types sont de véritables charognes,
mais ce ne sont pas les ravisseurs.
Vous savez qu'ils ont des informations.
Ils n'enquêtent pas parce qu'ils sont tous ripoux.
Justement.
Tous les justicialistes du Sénat et la majorité des députés
sont disposés à soutenir votre démarche
visant à nommer les fonctionnaires
qui l'ont enlevé et qui ont dissimulé les preuves.
Notre priorité est de sauver la vie de Miguel.
Je dois être franc envers vous.
Cela fait plusieurs mois que votre mari a été enlevé.
Vous devriez peut-être...
Très bien. Merci infiniment d'être venu.
Allons parler à la presse.
Que pensez-vous de la déclaration du gouvernement ?
Qu'allez-vous lui répondre ?
Pensez-vous revoir votre frère en vie ?
Laissez mon père tranquille !
Lâchez-le !
Surtout, soyez prudents.
- Papa, tu vas bien ? - Oui, ça va.
Nous démentons les propos d'une partie du gouvernement.
- Vous vous attaquez à lui ? - Laissez-moi finir.
Les prévenus ne sont pas de simples délinquants,
mais des agents du renseignement
qui agissaient depuis le ministère de la Défense
et dont la supposée tâche était de résoudre cette affaire.
Les informations en leur possession les impliquaient dans l'enlèvement.
Nous avons la preuve irréfutable que le groupe de ravisseurs
est constitué de policiers, militaires et agents de sécurité.
Le gouvernement était parfaitement au courant de la situation.
M. Levy, un des prévenus soutient que le délateur
était l'un de vos proches.
Que répondez-vous à cela ?
Écoutez...
Si c'est le cas, nous voulons le savoir.
L'enquête doit continuer.
La rumeur dit que votre famille a gardé de l'argent de la subversion.
C'est pour cette raison que Miguel aurait été enlevé.
Qu'en pensez-vous ?
Ces attaques visent à nous empêcher de faire éclater la vérité.
Existe-t-il donc
un accord avec l'opposition pour déstabiliser le gouvernement ?
Cette question est hors sujet.
Nous croyons en la démocratie, en l'avancement de l'Argentine
et dans le renforcement de ses institutions.
Craignez-vous des représailles ?
Non.
Pensez-vous pouvoir retrouver Miguel en vie ?
Cette conférence de presse est terminée.
La famille Levy ne répondra plus à aucune question.
Plus de questions.
S'il vous plaît, je vous demande de quitter la salle.
Son père a-t-il collaboré avec la junte militaire ?
Vite, rapprochez-vous.
Vous regardez quoi ?
Face au mur.
Préparez armes !
En joue !
C'était quoi ?
J'ai rien entendu.
Julio.
Surtout, restez bien calmes.
Non, attendez.
Il faut aller au balcon.
C'est par là, allons-y.
Je suis nerveuse.
Le député a dit que l'enregistrement ne venait pas de la famille.
- Il ne l'utilisera pas ? - Non.
Les raisons humanitaires avancées par le ministre
ne justifient pas que des génocidaires
condamnés par la nation argentine
participent à des actions qui sont la responsabilité de l'État.
M. le Président, me permettez-vous d'interrompre M. le député ?
M. le Ministre, la parole est à vous.
Non, excusez-moi.
Je vous demande de reporter l'intervention du ministre,
dans la mesure où son interruption...
Posez votre question, s'il vous plaît.
Très bien.
M. le Ministre ignore-t-il
que le ministre de la Défense a reçu la famille Levy
et a chargé son aide de camp
de procéder à une enquête parallèle financée par la famille ?
M. le Président,
j'ignore absolument tout de cette affaire
et du lien qu'il existerait entre M. Graco et M. Ortiz.
M. le Président, messieurs les députés de la Chambre,
je vous demande une minute d'attention.
Excusez-moi.
Et voilà.
Bonsoir, M. le Ministre. Comment allez-vous ?
Bien, et vous ?
Je suis inquiète.
Je vous avais demandé de ne pas nous forcer à démentir vos propos.
Vous savez que ces individus ne sont pas de simples délinquants.
Non, en effet.
Nous leur avons remis l'argent de la rançon,
et vous le saviez, tout comme le ministre de la Défense.
Oui, mais cela ne veut rien dire.
Si, cela veut tout dire.
Les réunions ont eu lieu au sein même du ministère de la Défense,
à côté du bureau du ministre.
L'État doit assumer la responsabilité de cette escroquerie.
Oui, la responsabilité est partagée,
et la police ne devrait pas non plus être exemptée de...
M. le Président, je ne comprends pas pourquoi
cet enregistrement est diffusé dans cette Chambre.
Lors d'un entretien téléphonique,
on n'imagine pas être enregistré par son interlocuteur.
M. le Ministre, ces enregistrements figurent dans le dossier.
Je trouve que vous avez fait preuve d'un mauvais goût extrême.
Il est évident que j'ai été motivé par des raisons humanitaires.
En réalité, c'est la famille...
- Menteur ! - Tais-toi, Julio.
Arrêtez de mentir, M. le Ministre !
Ayez la décence de démissionner !
Faites sortir cet individu.
Emmenez-le.
Ne me touchez pas.
Avez-vous une déclaration ?
C'est au ministre de répondre. Le silence nuit à la démocratie.
Ce sera tout.
Il vous faut un traitement pour la tension.
D'accord.
Vous prendrez votre tension matin et soir,
et on ajustera la dose en fonction.
Entendu.
Surtout, reposez-vous.
Peut-il continuer de prendre ses psychotropes ?
Vous êtes suivi pour ça ?
Je prends toujours la même dose.
Il voit son psychiatre une fois par mois.
Tant mieux.
La semaine prochaine, on vous posera un moniteur cardiaque.
Je l'ai trouvé.
Il était posé sur le frigo.
Maman est avec le docteur.
"Julio Levy,
"l'homme qui a traité le ministre Ricardo de menteur."
Riccardi.
Et tonton, alors ?
C'était pas eux.
À quoi ça a servi, alors ?
Comment s'appelle cette étoffe ?
"Denim".
Coton sergé, tissage diagonal. On l'utilise pour les jeans.
Les jeans !
Je vais vous présenter
quelque chose qui nous fera vraiment sortir la tête de l'eau.
Le potentiel est énorme.
La perestroïka...
ce n'est que le début.
L'ouverture de l'axe soviétique est inévitable.
Tôt ou tard, cela se fera.
Les Amerloques ne font pas de commerce là-bas,
en tout cas, pas pour l'instant.
Il faut donc que nous profitions de cette conjoncture inédite.
Je propose d'ouvrir discrètement une 1re chaîne de restauration rapide
en utilisant leurs couleurs,
mais avec la meilleure viande argentine d'exportation.
On s'implanterait en Pologne
et on commencerait à étendre notre territoire.
Le marché est énorme.
Ce serait quelle chaîne ?
Pumper Nic. Je connais très bien son PDG.
On a étudié la question et ça tient la route.
C'est viable.
Goitía.
Il faut analyser les risques du crédit
que tu as consenti au sénateur et au viticulteur de Mendoza
parce que ça a été un flop, il n'y a eu aucun bénéfice.
Vous leur avez encore accordé un prêt ?
- Le Malbec va se vendre. - C'est rentable ?
Non.
Ils paient ?
C'est dur de traiter avec eux.
On est destinés à vendre du Malbec à l'international
pour sa qualité, et à l'exporter,
mais ça demande du temps.
J'ai une idée, papa.
On organise un grand dîner chez nous
avec des chefs d'entreprise, des politiques et des ambassadeurs.
On tourne enfin la page
et on change l'image de Capital del Río.
On appelle la presse, on développe notre réseau,
ainsi que notre visibilité.
Et tu comptes faire ça quand ?
Excusez-moi, vous avez un appel urgent sur cette ligne.
J'ai besoin de ton soutien, papa.
Comme ça, ils ne pourront plus nous faire poireauter.
Allô ?
Valeria.
Apportez le dossier.
Enrique, tu y jettes un œil ?
Où ça ?
Veuillez noter.
Rue Almirante Brown.
6178.
À Ensenada.
On vous attend.
J'arrive.
Commissaire ?
- Vous êtes M. Levy ? - Non, c'est lui.
- Bonjour. - Bonjour.
Veuillez me suivre.
Najelberg t'a recommandé.
On trouve que c'est un excellent psychiatre.
Il pense que quelqu'un devrait veiller sur Julio.
Très bien.
Il ne peut pas rester seul.
Tu devras être constamment à ses côtés.
Julio, voici Alejandro.
- Bonjour. - Bonjour, ça va bien ?
Bon...
Alors...
Quelle est ta mission ?
Ne pas vous laisser seul.
Quelle tâche mystérieuse !
N'est-ce pas ?
Eh bien,
nous allons...
Julio...
Ne raccrochez pas. Il nous faut votre signature.
Il n'y a aucun risque. Fais-moi confiance !
T'annules notre dette et on dit à nos contacts à la banque centrale
d'approuver la vente de ton entreprise.
León en a parlé à nos avocats.
J'ai encore des détails à régler, je prépare le dossier.
Le temps presse. Moi, j'accepterais.
C'est notre dernière offre.
Merci.
Qu'est-ce que t'as ?
- Fais pas cette tête, Julio ! - T'as raison.
À plus tard.
- Merci, sénateur. - De rien.
Quant à vous, conseillez bien votre client.
Tu lui fais confiance ?
Oui.
Si ce qu'il dit est vrai
et que la banque centrale approuve la vente,
t'es sauvé.
Mais si elle ne l'approuve pas,
je ne récupérerai jamais l'argent de ces types.
Tu comprends pas.
Ils te disent ça parce qu'ils ne te paieront pas.
Si ça capote avec la banque centrale, tu risques la faillite frauduleuse.
Tes livres de comptes sont compromettants.
C'est pas bon.
J'ai agi en toute bonne foi.
La situation est très compliquée.
Je te l'avais dit.
Laisse-moi étudier son offre.
Qu'est-ce qu'on va faire ?
Continuer de jouer au loto avec ces gens
et dans le doute, préparer notre défense.
Je risque la prison ?
Si ça capote...
Tu dois rester calme.
Une chose après l'autre.
L'addition.
Je peux pas me faire arrêter pour fraude, tu le sais.
Y a pas que moi, dans cette histoire.
J'ai...
- J'ai agi en toute bonne foi. - Oui, je sais.
Il faut qu'on prépare notre défense.
- Ça fera du bien aux enfants. - J'en suis certain.
Te voilà, Julio.
- Comment tu vas, Alicia ? - Ça va.
- Comment vont les enfants ? - Ils vont bien.
J'espère qu'on se reverra tous bientôt.
Vous nous manquez.
C'est difficile pour nous, on a besoin de temps.
- Bien sûr. - J'y vais...
Merci pour tout. On se verra à notre retour.
Oui, bon voyage.
- Salut, Julio. - Salut. Embrasse les enfants.
Qui est ce garçon ?
Alejandro est mon assistant.
Bonjour.
Bonjour.
Un assistant, tiens donc.
- Viens par là, Julio. - J'arrive.
Je ne comprends pas tout.
Non, approche-toi.
Sur ces papiers,
il y a deux ordres d'achat...
qui portent ta signature.
Deux ordres d'achat, en effet.
Et une offre de prêt, signée par toi également.
Oui, c'est bien une offre.
Je l'ai signée, effectivement.
Écoute, je te fais confiance,
mais dis-moi la vérité.
Alors, en fait...
On est en négociation avec le sénateur
pour que la vente de l'entreprise puisse se faire.
Il a des contacts à la banque centrale
qui sont en mesure de nous aider
à y parvenir.
Pas de faillite ?
Non...
C'est...
la seule solution que j'ai trouvée pour...
Excusez-moi, j'ai besoin de quelques signatures.
Jeune homme.
- Oui ? - Vous l'assistez en quoi ?
En fait, je suis l'assistant thérapeutique de Julio.
On ne peut pas le laisser seul.
Allez le rejoindre, alors.
J'y vais.
Vous allez devoir signer ces papiers.
Pas de problème.
Tout n'est pas permis.
Si vous fermez une salle de marchés, impossible de la blanchir.
Julio risque la prison et tout le monde s'en fiche.
Le pire, c'est votre manque de transparence.
- Bonjour. - Bonjour.
Julio, j'ai toujours été réglo, je ne vous ai jamais rien caché.
Vous êtes congédiée, Valeria.
Merci, Julio.
On va vous expliquer ce qui s'est passé.
Ne vous en faites pas.
Au revoir.
Merci, Julio.
- Vous ne deviez pas rester là ? - Non.
On boit un café et on va voir Álvarez ?
J'ai un truc à faire. Je peux pas, là.
OK, on se voit plus tard.
Non, merci.
L'autre aussi.
Écoute, il faut brûler ces papiers.
Mais surtout pas ceux-là.
Et tout ce qui est là,
ce sont des objets de valeur qui te seront utiles.
Attends, Julio. Arrête !
Écoute-moi.
Tu sais que je me fiche de tout ça.
- Tu te fiches de quoi ? - De tout. On peut vendre la maison.
J'ai appelé Óscar et il va passer te voir.
Ah oui ?
Il dit qu'on peut s'en sortir.
On ramasse toutes nos affaires et on s'en va.
J'ai pas fraudé ! Je m'enfuirai pas !
- J'ai pas dit ça ! - Je suis pas un fugitif !
- Laisse-moi parler ! - Alors parle !
Je sais ce que tu as traversé, j'étais là.
On était tous là.
Mais il va falloir repartir à zéro.
Je comprends pas ce que t'es en train de faire.
- Ça y est, t'es calmée ? - On est pas comme ça.
Regarde-moi dans les yeux ! Calme-toi, mon amour.
J'irai pas en prison.
Ça n'arrivera pas.
J'ai pas dit mon dernier mot, tout ira bien.
Tu as parlé à ton père ?
Réponds !
- Oui. - Il t'a dit quoi ?
Comment ça ?
De quoi tu parles ?
- Il t'a dit quoi ? - Seulement que...
Tu ne lui as pas parlé.
- Non, j'ai pas pu. - T'as rien dit !
Mais pourquoi t'as rien dit ?
Ils vont te démolir !
T'en redemandes, c'est ça ?
Tu veux que ça rejaillisse sur les gosses ?
Leur école m'appelle deux fois par semaine.
Je te comprends plus.
Ma chérie, regarde-moi.
Écoute-moi bien.
On me doit un paquet d'argent.
Je te parle de nombreuses personnes haut placées.
Ils me doivent plein de fric.
Ils vont approuver la vente de l'entreprise.
Personne ne va avoir d'ennuis.
Tu me suis ?
- Mais on se retrouvera sans le sou. - Ça m'est égal.
Je retournerai bosser avec León,
il m'a proposé de rejoindre son cabinet.
Tout va s'arranger.
Je t'assure.
N'aie pas peur.
Ça va s'arranger.
On pourrait aussi s'en aller.
- On irait où ? - J'en sais rien.
Ça fuit depuis hier soir.
J'ai fermé la vanne d'arrêt, mais maintenant, elle est bloquée.
Ce n'est ni l'eau froide ni le siphon,
c'est donc le tuyau d'eau chaude.
Vous pouvez le réparer ?
Je vais essayer, mais je ne promets rien.
Je tente.
- Allô ? - Salut, Julio.
- Comment ça va, León ? - Bien, et toi ?
Ça va, merci.
- J'ai du nouveau. - Je t'écoute.
La banque centrale n'a pas approuvé la vente de l'entreprise.
La faillite va être annoncée.
- Tu l'as lu où ? - Dans le bulletin officiel.
- Il a été publié. - Oui, il est sorti.
Donc l'info est publique.
- On a fait ce qu'on a pu... - T'inquiète.
- Malheureusement, c'était pas... - Bien entendu.
C'est logique.
Il faut qu'on prépare une défense.
- Je te rappelle et... - Ça marche.
On discutera de notre stratégie.
- Oui, ne t'inquiète pas. - D'accord.
- Je vais mieux. - On trouvera une solution.
Fais attention à toi.
Oui, ça ira.
Repose-toi sur Silvia et sur les enfants.
- À plus tard. - Très bien.
- Je t'embrasse. - Moi aussi.
- Salut. T'inquiète pas pour moi. - Prends soin de toi.
Aïe, Haydée !
Arrête de bouger, j'essaie de te coiffer.
- Tu me fais mal. - C'est bientôt fini.
Papa, ça tire.
- Bonjour, Haydée. - Bonjour.
- Laissez-la, c'est pas grave. - Arrête.
Viens là.
Quelle jolie petite fille !
Front contre front.
Bisou esquimau.
Câlin.
- Je te dépose pour que tu révises ? - Non, maman !
- T'es sûr ? T'as tout appris ? - Oui, c'est bon.
Attends, fiston. Je veux vérifier un truc.
- Laisse-moi te regarder. - Quoi ?
"Quoi ?"
Qu'est-ce qui t'arrive, papa ?
- Embrasse ton père. - Non, arrête.
- Viens dans mes bras. - C'est bon.
Ça suffit.
C'était qui ?
León, mais...
Quoi ?
Il prépare une défense. Ça a capoté.
Bon, je prends mes affaires et j'arrive.
Tu veux pas que je t'accompagne ?
Non, ça ira, merci.
Viens me rejoindre quand t'auras fini.
Promis.
- Merci, à plus tard. - À tout à l'heure.
Alberto, prenez la rue Ayacucho.
Ça nous évitera les bouchons de la rue Lavalle.
- Vous avez du feu ? - Je vous donne mon briquet.
Quoi ?
Merci, ma poulette.
- Tu vas parler à ton père ? - Oui.
Écoute-le.
Allons-y.
Je vais dans le bureau de mon père.
Je t'avais appelé.
Qu'y a-t-il ?
Rue Cerrito, s'il vous plaît.
Bonjour, Clarita. Ça va ?
Votre père est sorti.
Je suis venu chercher un dossier, il est au bureau.
Vous avez faim ?
Non, j'ai pas faim.
- Allô ? - Bonjour, Haydée. Vous allez bien ?
- Ça va, et vous ? - Tout va très bien.
Ravie de l'entendre.
J'aimerais parler aux enfants.
Ils sont encore à l'école.
Il est à peine 16 h.
Bien sûr.
Embrassez-les pour moi.
Bien sûr, c'est promis.
- Merci beaucoup. - Je vous en prie.
Je vous embrasse aussi.
- Merci. - Au revoir.
À tout à l'heure.
La milonga du vaincu.
Quel provocateur !
Pas vrai, Viglietti ?
Qu'est-ce qu'on chante ?
C'est toi qui vois.
Très bien !
Pas mal !
Changement de tonalité !
"Tu ne mourras pas !"
Sacré duo !
Adaptation : Cristina Fernandez
Sous-titrage : VSI - Paris
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