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Original subtitles

Ralliez -vous à mon panache blanc, la poule au pôle

dimanche, l 'abourrage et pâturage sont les deux

mamelles de la France.

Tout le monde connaît ces formules.

Ce sont celles du règne d 'Henri IV, le bon roi, le plus

populaire de tous les souverains de France.

Un personnage de légende qui en réalité est beaucoup

plus complexe qu 'on ne le croit.

Il y a d 'abord son goût pour les femmes, qui va mener le

pays pratiquement au chaos.

Il y a également sa passion pour la politique, son

ambition, sans limite.

Ce soir, je vous propose de découvrir qui était

vraiment le bon roi Henri.

De plonger au cœur de son intimité, aux côtés de la

sulfureuse reine Margot, de l 'intriguante reine

Marie de Médicis et de Sully, le gardien du trésor royal.

Nous irons dans les châteaux où il a vécu pour ouvrir

pour la première fois les portes de ces lieux secrets

de notre patrimoine.

Je vous emmène sur les traces d 'Henri IV, roi de

France et de Navarre.

L 'homme aux 73 maîtresses, le souverain qui changea

par six fois de religion et qui, pour monter sur le

trône, dira un jour « Paris vaut bien une messe ».

Henri IV, c 'est d 'abord l 'histoire d 'une légende

blanche, celle d 'un roi modèle adulé par l 'histoire.

C 'est un destin incroyablement romanesque en réalité.

Au cœur des lieux de pouvoir qui marquent sa vie, nous

verrons comment s 'est construite cette légende et

qui se cache vraiment derrière l 'image du bon roi Henri.

Ce que la légende ne dit pas, c 'est que c 'est un

souverain absolu.

Henri IV a parfaitement compris l 'art de la manipulation.

Roi conquérant, Henri IV est aussi un grand séducteur.

Par amour, il ira jusqu 'à mettre sa couronne en jeu.

Il ne peut pas résister au désir.

À la fin de son règne, il est sur le point de lever une

énorme armée pour récupérer une maîtresse.

Il la veut, il la veut, il la veut.

Sully s 'en arrache les cheveux.

À la cour d 'Henri IV, on croise d 'autres personnages

de romans comme Marie de Médicis, sa deuxième

épouse, qui depuis son palais du Luxembourg sera la

pire des intrigantes.

Et bien sûr, Ravaillac, le meurtrier du bon roi

Henri, le régicide le plus célèbre de l 'histoire de France.

Des historiens et des passionnés partiront sur les

traces de la prétendue tête momifiée d 'Henri IV.

Une tête vendue aux enchères en 1919 et qui a depuis

mystérieusement disparu.

Une histoire surprenante.

Je suis sûre qu 'elle est quelque part, qu 'on va la trouver.

Tout au long de ce voyage dans l 'histoire, Stéphane

Berne nous entraîne dans les lieux les plus secrets

des palais d 'Henri IV, là où s 'est forgée sa légende.

Évidemment, vous connaissez ma curiosité.

Et pour aller au fond de cette pièce, j 'aimerais vous

entraîner par cette porte dérobée.

Allez, suivez -moi.

Nous irons au château de Pau.

Puis à Sully -sur -Loire, la demeure de son ami et

ministre, le Grand Sully.

Personne ne pénètre jamais ici, mais on m 'a prêté la

clé, donc nous allons pouvoir entrer.

Un voyage initiatique pour plonger au cœur du XVIIe siècle.

Comme dans ce château du bon roi Henri, celui de

Cazeneuve dans les Landes.

Des 43 qui ont régné sur la France, Henri IV est sans

doute l 'un de ceux qui a le plus marqué l 'histoire de

son empreinte.

Parce qu 'il était différent.

C 'était un homme courageux, intelligent, soucieux

sincèrement du bien -être de ses sujets.

Il était également fidèle en amitié.

On le sait qu 'il est témoin en amour.

Il semble finalement paré de toutes les vertus.

Pourtant, de son vivant, il était détesté par une

partie du peuple et par la noblesse.

Et c 'est vrai qu 'après son accession au trône en

1589, il a été victime de quelques 25 tentatives d

'attentats, dont une lui sera fatale le 14 mai 1610.

Alors, est -ce que le personnage d 'Henri IV n 'est pas

vraiment celui que l 'on croit ?

Quelle part d 'ombre se cache derrière cette

personnalité, adulée dans l 'histoire et pourtant

haïe de son vivant ?

Il est temps pour nous de se pencher sur cette légende

blanche qui reste attachée pour l 'éternité à l

'histoire du bon roi Henri.

Mes compagnons, si les cornettes vous mangent,

ralliez -vous à mon panache blanc.

Vous le trouvez au chemin de la victoire et de l 'honneur.

Dans la mémoire collective, Henri IV, c 'est un

conquérant, un vainqueur, un guerrier, un casse

-coup sur le plan militaire.

Le bon roi Henri, au fond, c 'est le vrai homme d 'État,

c 'est -à -dire celui qui apporte la paix, celui qui

apporte la prospérité et celui qui apporte l 'ordre.

On voit qu 'il change de dimension, il devient un être

presque divin.

C 'est un destin incroyablement romanesque en réalité.

Le destin du jeune Henri n 'était pas de monter sur le

trône de France.

Souverain du petit royaume indépendant de Navarre

dans le Béarn, c 'est un roi pauvre et protestant.

Il est aussi l 'ennemi juré des Français catholiques

qui ont déjà cherché à l 'assassiner.

C 'était en 1572, durant le massacre de la Saint

-Barthélemy, où l 'on exécuta par milliers des protestants.

Et pourtant, par le jeu des lois de succession de la

couronne, Henri de Navarre est aussi le cousin du roi

de France, Henri III.

Si ce dernier meurt sans héritier, tout devient possible.

C 'est quelqu 'un qui se prête à la légende.

Parce qu 'il est tout seul, parce qu 'il paraît

abandonné de tous, parce qu 'il semble n 'avoir

aucune chance.

Et en effet, statistiquement, il n 'a quasiment

aucune chance.

Et puis, tout d 'un coup, les étoiles se mettent à leur place.

Et ça tourne pour lui.

En 1589, Henri III, le dernier roi de la dynastie des

Valois, est assassiné.

Il n 'a pas d 'héritier.

Contre toute attente, Henri de Navarre, descendant

direct de Saint -Louis, devient roi de France.

Voilà celui qui me succédera.

Henri de Navarre.

Lui seul peut continuer ce que j 'ai commencé.

Le roi est mort, vive le roi.

Pas si simple.

Henri IV est un protestant, inadmissible pour les

Français en grande majorité catholique.

Ce vaché qui pue les tables, l 'ail et le crotin.

Toute une propagande constante s 'est déchaînée

avec une agressivité extrême, le décrivant comme l 'antéchrist.

Ce fils de putain, ce paillard hérédite, ce bâtard

sacrilège, qu 'on voudrait asseoir sur le trône des

rois de France !

Ce qui est exceptionnel, c 'est que ce souverain qui

devient roi de France en 1589 doit conquérir son royaume.

Les Français commencent par refuser l 'autorité du

nouveau roi.

Sous l 'emprise des fanatiques catholiques, les

villes se barricadent, les provinces font de la

résistance et les seigneurs locaux préfèrent

combattre ce roi protestant plutôt que de lui faire allégeance.

Pour s 'imposer, Henri IV va leur faire la guerre et

prendre de gros risques.

Une épopée qui alimente encore un peu plus la légende

blanche et son destin romanesque.

Il ne faut pas penser qu 'Henri IV, c 'est un stratège

retiré comme ça, qui serait dans un état -major.

Non, c 'est quelqu 'un qui est sur le terrain, qui

pousse ses troupes, qui accompagne ses troupes et

qui même est devant.

Mais c 'est sa politique de la clémence à l 'égard de l

'ennemi qui surprend lors de ses cinq années de

conquête du pouvoir.

Contrairement aux usages de l 'époque, Henri IV ne se

livre à aucun pillage des villes qu 'il conquiert.

Ses soldats ne violent pas, ne tuent pas sans raison.

L 'exemple le plus célèbre est celui du siège de

Paris, la ville la plus rebelle à son autorité, celle

de ses pires ennemis, les catholiques ultras de la Ligue.

Paris est alors une cité à l 'agonie.

Une fois de plus, Henri IV va se montrer bienveillant.

Toute la population avoisinante d 'Île -de -France

était enfermée dans les murailles de Paris.

Et il a fait le siège longuement.

Et il y a un moment où il s 'est rendu compte, on lui a dit

qu 'il y avait une foule entière à l 'intérieur de la

ville qui mourait de faim.

Il a fait ouvrir, il a laissé les portes s 'ouvrir de la

ville de Paris de façon que la population

malheureuse puisse se retirer de la ville.

Henri IV envoie alors un tract aux Parisiens pour les rassurer.

Il écrit « Sa Majesté désire réunir tous ces sujets et

les faire vivre en bonne amitié et concorde et veut

que toute chose passée soit oubliée.

» Le passé est un passé de malheur et de trouble, de haine.

Le roi doit imposer à ses sujets la paix et lui -même

doit oublier les offenses.

Il doit pardonner.

Après son entrée dans Paris, Henri IV va s 'empresser

de reconstruire la capitale comme pour faire

oublier le passé.

Il commence par agrandir le palais du Louvre en le

reliant à celui des Tuileries avec cette grande

galerie monumentale de plus de 460 mètres qui borde

la Seine.

On lui doit aussi le Pont -Neuf, le premier de Paris à

être construit en pierre.

Auparavant, ils étaient tous en bois et encombrés de maisons.

Et enfin, sa plus belle réalisation, l 'actuelle

Place des Vosges.

Paris avait beaucoup souffert du siège.

Beaucoup de maisons avaient été détruites.

La population avait considérablement diminué.

Et c 'est Henri IV qui, le premier, et c 'est un effort

considérable sur le plan financier et sur le plan de

la volonté, c 'est le premier qui est décidé de faire

de Paris une ville superbe.

Et la Place des Vosges, qu 'on appelait à l 'époque la

Place royale, est un exemple merveilleux de la

volonté du roi pour transformer et embellir Paris.

A quelques pâtés de maisons de la Place des Vosges,

les archives nationales.

Ici sont conservés les documents qui font la mémoire

de l 'histoire de France.

Parmi eux, l 'un des plus précieux, l 'édit de Nantes,

voulu par Henri IV.

Surtout, il ne faut pas le toucher, il est

extrêmement fragile.

Par ce texte de première importance, signé de sa

main, Henri IV montre qu 'il veut être enfin le roi de

tous les Français.

Un texte qui marque la fin des guerres de religion et

symbolise la tolérance religieuse.

Catholiques et protestants peuvent désormais

coexister au sein du royaume de France.

Moi, je m 'intéresse à l 'homme dans ce qu 'il peut

apporter à la France.

A sa grandeur.

A sa gloire.

Sa religion matifère, c 'est son dévouement pour le

pays qui m 'apporte.

Vous comprenez ?

Allez en paix.

L 'édit de Nantes participe grandement à la légende

blanche d 'Henri IV, celle du roi tolérant, le

pacificateur, le rassembleur de tous les Français.

C 'est l 'image du bon roi Henri proche du peuple.

Singulier pour un roi.

Mais ce trait de caractère s 'explique par son

éducation faite pour partie dans la rue d 'Est des Pyrénées.

Qu 'est -ce que tu as à nous offrir aujourd 'hui à moi et

à mon neveu, le prince de Condé ?

Un 5 % monseigneur.

Tu le fais moi -même.

Non, non, pas de ça entre nous mon ami.

Assieds -toi, assieds -toi.

Assieds -toi, fils.

Dans son existence dans le Béarn, il a appris à

appréhender la vie des paysans, à pénétrer dans leur

maison et c 'est tous les épisodes que l 'on a sur le

meunier de Barbast ou le meunier de Capchicot.

Il s 'invite lui -même dans une chaumière chez le

meunier Michaud et il fait parler le maître de maison

en disant « Que pensez -vous du gouvernement de la

France ?

» « Que pensez -vous du roi ?

» et Michaud dit ce qu 'il a sur le cœur et Henri IV

accepte très bien la critique.

Donc, anecdote vraie ou anecdote fausse, en tout

cas, on a conservé l 'idée d 'un souverain qui était

très proche de ces sujets.

Avec une manière de s 'exprimer très directe, très

spontanée, très joviale.

C 'est un immense goût de vivre et aussi, évidemment,

qui aime la vie, aime l 'enfance.

Il y a un goût pour l 'enfance, il y a un goût pour les

jeux avec les enfants qui ne sont pas du tout de l 'époque.

À l 'époque, les enfants sont très loin.

Je suis désolée, sir.

Nous devons ramener les enfants à Saint -Germain -en -Mais.

Déjà ?

On vient à peine de commencer à jouer.

Il y a déjà près de deux heures que vous les retenez.

Un roi à quatre pattes jouant avec ses enfants.

Telle est l 'image que la légende privilégie tout en

occultant la part d 'ombre et moins flatteuse du personnage.

De cette proximité avec ses sujets, on en a fait une

sorte de monarque démocrate.

Ce que la légende ne dit pas, c 'est que c 'est un

souverain absolu.

Un souverain absolu qui prend tous les moyens de la

politique, ne réunissant pas les états généraux,

bridant les libertés municipales.

Donc si on réfléchit, il construit la paix, mais il ne

la construit pas par la douceur et la gentillesse.

Il la construit par la force, la violence et l 'autorité.

Surtout un souverain qui impose sa volonté à tout son entourage.

Et il gouverne d 'ailleurs avec un petit groupe d

'hommes qui lui sont très compétents, qui lui sont

entièrement soumis.

Parmi ses conseillers, figure en tête de liste

Maximilien de Béthune, le duc de Sully.

Il a été de toutes ses batailles.

Lorsqu 'il devient surintendant des finances, c

'est lui qui, aux côtés d 'Henri IV, redresse la

France et la modernise.

Alors Sully, c 'est le compagnon d 'armes, c 'est le

ministre par excellence, c 'est aussi l 'ami et le confident.

Il est à la tête des finances, il est grand maître de l

'artillerie, grand voyer de France, gouverneur du

Béry, il a cumulé un certain nombre de fonctions.

C 'est un homme extrêmement travailleur qui ne se

plaît d 'ailleurs qu 'au travail.

Sully est un personnage qui a exercé, sans en avoir le

titre, une sorte de fonction de premier ministre.

Toute la politique intérieure dépend de lui.

D 'autres, tout aussi fidèles, travaillent depuis

le début à soigner l 'image de ce roi mal aimé en son temps.

Henri IV utilise même des imprimeries itinérantes

pour diffuser portraits et tracts acquis à sa gloire.

C 'est une entreprise de propagande qui a été initiée

par ses conseillers protestants, parmi lesquels

figurent notamment Philippe Duplessis -Mornet,

qui était son principal conseiller.

Et celui -ci a entrepris de façonner l 'image du roi

afin de le faire apparaître comme un prince idéal aux

yeux de ses contemporains.

Henri IV a parfaitement compris avec son entourage,

ces hommes qu 'on appelle les politiques, l 'art de la

manipulation par l 'information.

Acteur de sa propre légende, Henri IV réécrit son histoire.

Il l 'embellit et tente de son vivant de la

transformer tout à son avantage.

Les victoires militaires sont souvent de petites

victoires qui ne sont pas forcément décisives.

Et pourtant, Henri IV a su les magnifier.

Et s 'il a réussi à conquérir son royaume, il faut le

dire, c 'est qu 'il a surtout acheté ses opposants en

ligueur et on sait qu 'il a dû acheter le duc de

Mayenne, le duc de Mercure pour récupérer la

Bourgogne, pour récupérer la Bretagne.

Et quand je dis acheter, on a pu faire le compte, il

aurait dépensé 32 millions de livres tournois s 'il

correspond à un peu plus d 'une année de revenu du

royaume de France.

C 'est un prince de la ruse, un prince de l 'habilité

politique, de la finesse, comme on disait.

Ses contemporains doutent d 'ailleurs de sa sincérité.

Il voit en lui l 'opportuniste qui fut capable de

changer six fois de religion au cours de sa vie,

hésitant sans cesse entre catholicisme et protestantisme.

D 'ailleurs, n 'est -il pas devenu catholique pour

conquérir Paris et légitimer son pouvoir toujours

fragile ?

Ton abjuration au calvinisme doit être aussi

sincère que ta conversion au catholicisme.

Nous sommes là pour en juger.

Posez vos questions, je répondrai honnêtement.

Crois -tu au purgatoire ?

J 'accepte les dogmes de l 'Église catholique, mais

je refuse d 'être astreint à une croyance étrange

telle le purgatoire qui résiste à mon entendement.

Malgré ses doutes, Henri IV s 'y résout finalement.

Il abjure le 25 juillet 1593.

Mais cet acte apparaît comme un habile coup

politique d 'un ambitieux, résumé par cette fameuse

expression qu 'on lui prête « Paris vaut bien une

messe ».

Mais cette messe ne le rendra pas pour autant plus populaire.

Pour les catholiques ultra, il reste un usurpateur.

Quant aux protestants, certains l 'accusent

désormais de trahison.

Et pour le peuple, il est un tyran qui prélève de

lourds impôts.

Jusqu 'à ce 14 mai 1610, le couteau de Ravaillac

transforme alors ce roi mal aimé en martyr.

« La veille, le roi est absolument honni par la population.

Et le lendemain, la légende est en marche et tout le

pays pleure le bon roi qu 'il a été.

» L 'histoire s 'en empare et se confond alors avec la légende.

Henri IV devient le bâtisseur qui a redressé et

pacifié le royaume après 40 ans de guerre civile.

Voltaire, au XVIIIe siècle, l 'encens.

Au XIXe, sous la plume d 'Alexandre Dumas, il devient

un héros épique.

Après les écrivains, ce sont les politiques qui, de

Louis XVIII à la IIIe République, en font leur

étendard, le symbole d 'une France unie qui se reconstruit.

La légende blanche du bon roi Henri n 'est pas prête de disparaître.

C 'est ici, au château de Pau, qu 'Henri IV est né le 13

décembre 1553.

Il y a passé du reste une grande partie de son enfance

et il adorait ce château.

Pourquoi ?

Parce que c 'était le château de sa mère, Jeanne d

'Albray, qui était la reine Jeanne III de Navarre.

Il faut se souvenir que la Navarre était un état

indépendant qui était à cheval sur l 'Espagne et la

France dans la partie occidentale des Pyrénées.

Mais à partir de 1512, les Espagnols ont chassé les

rois de Navarre de leur capitale Pamplune et les a

contraints à venir ici à Pau établir leur capitale.

Ensuite, la Navarre sera rattachée à la France par

Henri IV lui -même en 1607, si bien que dans les livres

d 'histoire on parle toujours du royaume de France et

de Navarre.

Au XIXe siècle, le château des rois de Navarre

menaçait de tomber en ruine et le roi Louis -Philippe

a décidé de réhabiliter le château de Pau dans un

style néo -renaissance et bien de recréer le décor

tel qu 'Henri IV aurait pu le voir.

Nous sommes ici dans le grand salon qui était au temps

de la reine Jeanne de Navarre, Jeanne d 'Albray, la

salle du trône.

Là, on le voit, les proportions de cette pièce sont

plutôt modestes par rapport à, évidemment, le

puissant voisin qui était la France et la cour

brillante du roi François 1er.

Et pour autant, à l 'époque, Jeanne d 'Albray avait

une cour extrêmement facieuse d 'ailleurs.

Dans la tour médiévale, juste là, près du château, il

y avait six coffres dans lesquels on gardait le

trésor de la famille de Navarre.

C 'était des pièces en diamants, en cristal, en émeraudes.

Ici, on servait dans de la vaisselle en argent, en or

et on menait quand même grand train.

Je voulais absolument au château de Pau vous montrer

la chambre de la reine, la chambre de Jeanne d

'Albray, là où elle a mis au monde le futur roi Henri IV.

Regardez ce lit, par exemple.

C 'est la réplique exacte du lit de Jeanne d 'Albray.

Il est très haut.

Pourquoi un lit est -il très haut ?

Parce qu 'il fallait protéger celui qui dormait ou

celle qui dormait à l 'intérieur du froid et de l 'humidité.

Et puis, il vous paraît peut -être assez étroit pour

une raison simple.

On ne dormait jamais complètement allongé.

Seuls les morts étaient allongés sur leur lit.

Nous l 'expressions le lit de mort.

Mais on dormait, on reposait d 'une certaine manière

avec assis, avec des coussins dans le dos.

Le jour de la naissance du futur Henri IV, on raconte

qu 'Henri d 'Albray, le père de la reine Jeanne, lui

avait dit il faut que vous chantiez.

Pourquoi chanter ?

Simplement pour que l 'enfant ne soit ni pleureux ni

rechigné, ce qu 'aujourd 'hui voudrait dire pleurnichard.

C 'est vrai que Henri IV n 'a pas cette réputation dans

l 'histoire.

Nous entrons maintenant dans la pièce la plus sacrée

du château de Pau.

Pourquoi ?

Parce que c 'est ici qu 'il y a le berceau d 'Henri IV.

Il faut que je vous montre cette pièce tout à fait unique.

C 'est une carapace de tortue.

Et à l 'époque, évidemment, ça coûtait très cher de la

faire venir en France.

Deux autres enfants ont dormi dans ce berceau.

D 'autres enfants d 'Antoine de Bourbon et de Jeanne d

'Albray mais dont les noms ne sont pas rentrés dans l 'histoire.

Il y avait, par exemple, Henri Duc de Beaumont qui

était cadet par rapport à Henri IV.

Il lui est arrivé une histoire tout à fait terrible.

Quand il avait deux ans, il était tellement

emmailloté par sa gouvernante aimé de Lafayette qu

'il a fini par mourir étouffé mais elle disait il vaut

mieux suer que trembler.

Mais le pauvre gamin en est mort.

Il y avait un autre prince, Louis Charles de Bourbon à

qui il est arrivé une mésaventure tout à fait horrible.

Il n 'avait pas plus de deux ans qu 'une gouvernante et

un gentilhomme se sont amusés avec lui pour amuser l

'enfant sans doute à le lancer.

Alors imaginez la scène, la gouvernante est là, elle

lance l 'enfant, le gentilhomme de l 'autre côté qui

est censé rattraper l 'enfant pense à une

plaisanterie, il feinte, voilà, et le bébé passe de l

'autre côté de la fenêtre.

Évidemment, il s 'est cassé les côtes, personne n 'a

rien dit et quelques jours après il est mort de ses blessures.

Mais pour Henri IV, le château de Pau sera malgré tout

le château des souvenirs heureux.

Quand il a 30 ans, il rencontre une béarnaise, Diane

Dandouin, dite la belle Corisande, mais qui n

'occupe au fond que la 26e position dans la longue

liste des maîtresses du verre galant.

Puisqu 'après elle, il y en aura encore 47.

Si vous comptez bien, ça fait à peu près 73 maîtresses.

Mais l 'histoire n 'en a reconnu que trois vraiment célèbres.

Gabrielle Destré, Henriette Dantraque et

Charlotte de Mamorance.

Trois femmes ambitieuses, calculatrices et

intrigantes qui vont révéler la face cachée de ce roi

surnommé le verre galant pour son goût de la conquête amoureuse.

Il y a quelque chose d 'un peu tragique dans Henri IV et

les femmes.

Il ne peut pas résister au désir.

Et la sensualité, il l 'entraîne dans des séries de

catastrophes et de bêtises.

Et au début, il est conquérant.

Le temps passe et il devient ridicule.

À la fin de son règne, il est sur le point de lever une

énorme armée pour récupérer une maîtresse.

Henri IV, le roi conquérant, n 'a qu 'une seule

véritable faiblesse, les femmes.

Des passions qui le conduiront presque à sa perte.

Par amour, le souverain ira jusqu 'à mettre en jeu sa

couronne et mettre en péril leur royaume.

L 'une de ces maîtresses mourra dans des douleurs

atroces, sans doute empoisonnées.

Une autre va comploter pour tuer le roi.

Elles ont toutes la même ambition, être sacrées,

reines de France.

Le premier grand amour du roi, c 'est elle, Gabrielle

Destré, une fille de la noblesse de province.

À cette époque, Henri IV est déjà mariée avec

Marguerite de Valois, aussi appelée la reine Margaux.

Les deux époux vivent séparément et ont chacun de

leur côté une vie sexuelle plutôt débridée.

Mais pour Henri IV, lorsqu 'il rencontre Gabrielle,

c 'est le véritable coup de foudre.

Elle est fort belle, bien bâtie, elle a une petite

vingtaine d 'années, les yeux bleus, ravissants, la

chevelure d 'un blond exquis, le teint très rose,

très frais.

Il est sous le charme, Henri IV, il est complètement

séduit, voire anéanti.

Il la veut immédiatement, enfin, il la veut physiquement.

Henri IV s 'empresse de lui faire la cour, mais la

belle se refuse à lui.

C 'est un homme qui ne se lave pas, donc elle a un

mouvement d 'horreur.

Elle mettra trois ans à répondre véritablement à sa

flamme et parce que sa famille la poussera dans les

bras du roi.

Dans la famille de Gabrielle, on cultive depuis

plusieurs générations déjà une longue tradition de courtisane.

C 'est dans ce château du Val -de -Loire qu 'ont vécu

ces femmes aux mœurs légères.

C 'est ici, à la Bourdesière, que naît Gabriel et ses

sept sœurs.

On les appelle d 'ailleurs les sept péchés capitaux.

Le château lui a hérité du surnom peureux luisant de

Clapy -à -Putin.

La grand -mère, Marie Godin, avait été la maîtresse

de François Ier et de Charles Quint et de deux papes,

sans doute, et la mère avait eu plusieurs amendes,

Gabriel Destré et donc l 'héritière d 'une famille où

les femmes ont une réputation sulfureuse.

C 'est peut -être aussi la chose qui va émoustiller

Henri IV au départ en se disant que c 'est une fille

facile et ça ne va pas du tout se passer comme ça.

Le roi utilise les subterfuges les plus romanesques

pour parvenir à ses fins.

Il se déguise même pour pouvoir approcher la belle Gabrielle.

Parler à un soldat si mon père me voyait.

Il vous mettrait au pincelle.

Si vous avez une bonne tête, on vous donnerait le bon

Dieu sans confession.

Ça, vous ne savez pas à quel point c 'est vrai.

Gabriel finit par céder aux avances du roi qui fera

tout pour la garder auprès de lui.

Pour cela, il la marie à un aristocrate complaisant.

Elle est désormais libre de quitter sa famille pour

profiter d 'une vie rêvée de favorite royale.

Il commence par lui donner des sommes absolument

fantastiques, l 'équivalent de quelques millions d

'euros d 'aujourd 'hui.

Il lui trouve un petit hôtel particulier de l 'hôtel

du Bouchage à côté du Louvre avec son personnel d 'apparat.

Les palais qu 'il va construire pour elle, en

particulier Monceau à côté de Meaux est digne d 'un

palais royal.

Par la suite, il la fera duchesse de Beaufort et dès qu

'une occasion se présente, c 'est -à -dire une charge

qui tombe en déshérence, il la reprend et il offre

tout ça à Gabriel qui finit richissime.

Oh Dieu, quelle est belle.

Oh Dieu, c 'est fou.

Les finances sont au plus bas et les largesses qu

'accorde le roi à sa maîtresse sont très mal vues.

Gabriel Destré est détesté par la noblesse et par le

peuple qui la surnomme la duchesse d 'ordure.

Mais pour Henri IV, peu importe, Gabriel est enceinte.

À 41 ans, il va bientôt être père pour la première fois.

Lui qui se croyait stérile et qui n 'a jamais pu avoir d

'enfant avec sa première épouse la reine Margot est

fou de bonheur.

Une naissance immortalisée par ce célèbre tableau d

'un anonyme.

Ce tableau est extrêmement célèbre.

C 'est Gabriel Destré et sa plus jeune sœur, la

duchesse de Villard.

La tradition rapporte que la jeune duchesse de

Villard pince le sein de sa sœur pour bien montrer qu

'elle est enceinte.

Le premier enfant s 'appelle César.

Deux autres naîtront de cette union scandaleuse.

Je vous ai donné trois enfants, trois magnifiques

enfants dont le dernier est votre Alexandre qui

vient de naître.

Et que j 'aime.

Henri IV va reconnaître officiellement les enfants

de Gabriel.

Tout comme les autres.

Justement.

Voulez -vous qu 'ils restent des bâtards ?

Mais ils ne le sont pas, messieurs.

C 'est la première fois qu 'un roi de France légitime

les enfants d 'une de ses maîtresses.

Le roi envisage véritablement d 'épouser Gabriel.

Il annonce début 1599 qu 'il l 'aura épousée pour la Quasimodo.

Mais reste toujours l 'énorme problème, c 'est que le

roi est marié avec la reine Margot et que l 'église et

le pape vont faire tout ce qu 'il faut pour retarder la

dissolution de ce mariage pour ne pas que Henri IV

épouse Gabriel.

Tout le monde était contre.

Tous les gens un peu sérieux de son entourage, les

ministres, etc., considéraient que c 'était une folie.

C 'est Sully, c 'est Cheverny, c 'est Villeroy qui

arrivent chaque fois à le raisonner, à le sortir d

'aventure épouvantable.

Mais cette fois -ci, le roi ne veut rien entendre.

Dans un geste de provocation ultime, il offre la bac

de son sacre à sa maîtresse pour lui certifier son engagement.

Une union inadmissible pour l 'église et les nobles

de la cour.

Gabrielle, la duchesse d 'ordure, dérange.

Pour les politiques, elle devient gênante.

À 26 ans, elle est enceinte d 'un quatrième enfant et c

'est le coup de théâtre.

Prise de violentes convulsions, elle meurt dans d

'affreuses souffrances.

Au départ, les gens ont pensé que c 'était un

empoisonnement, qu 'elle avait été empoisonnée par

des proches d 'Henri IV qui pensaient que c 'était

tellement scandaleux ce mariage qu 'il fallait la

supprimer et que c 'était rendre service à Henri IV.

Le roi est anéanti par cette nouvelle.

Mais cette mort soudaine va en tout cas arranger

beaucoup de monde.

La reine Margot, qui détestait Gabrielle, accepte

finalement le divorce à la condition qu 'Henri IV se

remarie avec une princesse de son.

Ce sera chose faite avec la Florentine Marie de

Médicis qui est la nièce du pape Clément VII.

Mais cela n 'empêche pas le souverain de tomber sous

le charme d 'une nouvelle jeune femme peu de temps

après la mort de Gabrielle.

Elle s 'appelle Henriette d 'Entrague et sera la pire

des intrigantes.

Deux mois après, ils croisent dans les couloirs du

Louvre une jeune beauté qui n 'a pas 20 ans, une

brunette très piquante, très bien faite, coup de foudre.

Il la veut, il la veut, il la veut.

Sulis en arrache les cheveux.

La famille d 'Henriette d 'Entrague réclame des

garanties et son père va faire signer à Henri IV un

engagement terrible indigne d 'un roi.

Il va obtenir une promesse de mariage écrite en bonne

et due forme à condition que sa fille donne un fils au roi.

Cette lettre est terrible.

Il lui dit voilà, je l 'épouserai.

Est -ce qu 'on peut réaliser un roi de France qui a

quand même une responsabilité considérable signée

de telles bivesées ?

Henri IV fait une promesse insensée alors qu 'il est

déjà marié avec Marie de Médicis.

Sulis informée de la situation perd patience et

déchire la lettre.

Le roi s 'empresse de la réécrire sans se douter des conséquences.

Une fois encore, ses sens parlent avant sa raison.

Alors là, il lui écrit une lettre fabuleuse.

Mamie, mon menon, enfin, je vais embrasser vos deux

garçons, je baise un million de fois vos pieds si

jolis, vos mains, enfin, il est fou d 'amour.

Des lettres d 'amour, il y en aura des centaines.

Dans un français magnifique, Henri IV y jure

fidélité et passion éternelle à Henriette comme il l

'avait fait pour Gabriel.

Des joyaux de la littérature conservés aujourd 'hui

à la Bibliothèque nationale de France.

Cette correspondance amoureuse est une ode à la

poésie et au romantisme.

L 'historien Jean -Pierre Bablon est l 'un des rares à

avoir étudié ces lettres exceptionnelles.

C 'est un style très directe, très réaliste.

C 'est un homme qui avait un sens de la langue tout à

fait extraordinaire et j 'ai eu plaisir à citer cette

expression de Marcel Proust qui parlait du français

exquis d 'Henri IV.

Le style le plus érotique sera celui qu 'il utilisera

pour Henriette.

Il voudrait qu 'elle soit là, il voudrait qu 'elle

vienne, qu 'elle se dépêche de venir, qu 'elle lui

écrive en lui disant quand elle va arriver et puis s

'inquiète aussi de savoir si elle ne va pas chercher

des amours ailleurs.

C 'est aussi un homme jaloux.

Henriette veut être reine et pour cela il faut donner

un fils au roi avant sa rivale Marie de Médicis.

la tête parce que je crois qu 'il faut descendre un peu

plus bas dans le corps mais il se donne gaillardement

à l 'une, à l 'autre, à l 'une, à l 'autre et quasiment un

jour sur l 'autre, un jour sur l 'autre.

Il pratique le doublon donc elles sont toujours

enceintes en même temps et c 'était un peu la course

des ventres.

Une course dont l 'enjeu est ni plus ni moins l 'avenir

de la royauté française.

Pas de chance pour Henriette, c 'est finalement

Marie de Médicis qui accouche la première d 'un fils.

Ce sera le futur roi Louis XIII.

Un mois plus tard, la maîtresse aussi donne

naissance à un garçon.

Elle fera tout pour que ce dernier monte sur le trône à

la place du dauphin.

Alors ce qui est un peu aberrant chez Henriette d

'Entrague c 'est qu 'elle considérait que Louis XIII

n 'allait pas vivre, que Henri IV n 'allait pas vivre

longtemps et que c 'est elle qui avait son fils Henri

de Verneuil et bien allait être le véritable roi de

France et elle avait conclu une espèce d 'alliance

avec les Espagnols dans un énorme complot.

Henriette d 'Entrague et son demi -frère le comte d

'Auvergne sont à la tête de ce complot.

L 'objectif non avoué éliminer purement et

simplement le roi.

Cette disparition du roi c 'est une simple hypothèse

ou bien une prévision ?

Elle me fut présentée sous forme d 'hypothèse et il ne

tient qu 'à nous de l 'examiner sous forme de prévision.

Heureusement, le complot est déjoué à temps et ce roi

faible avec les femmes va pardonner à sa maîtresse.

Henriette va même garder les faveurs d 'Henri IV

pendant quelques mois avant que le ver galant ne

jette son dévolu sur une nouvelle proie.

Elle s 'appelle Charlotte de Montmorency et il la

rencontre lors d 'un bal à la cour.

Elle est encore plus jeune que les précédentes, tout

juste 16 ans, le roi en a 40 de plus.

On est en train de faire des répétitions avec des

jolies jeunes femmes habillées de tulle, c 'est -à

-dire c 'était très érotique et Henri IV envoie une et

ça y est, c 'est le coup de foudre, il est amoureux.

Charlotte de Montmorency, je ne la connaissais pas encore.

Eh bien, mais c 'est une prime verre.

Le roi convint l 'adolescente d 'accepter un mariage

de complaisance avec le duc de Condé qui dit -on

préfère la chasse aux jolies femmes.

Il se produit cette chose absolument étrange à

laquelle Henri IV ne s 'attendait pas, c 'est que le

jeune Condé devient amoureux de sa femme et il

interdit au roi de la voir.

Le roi dit mais ce n 'est pas possible et à tel point que

pour que le roi ne puisse plus la voir, il l 'emporte

avec lui et ils vont se réfugier notamment à

Bruxelles et le roi est sur le point de lever une

énorme armée pour aller récupérer la petite

Charlotte emprisonnée selon lui à Bruxelles par Condé.

Cette fois -ci, le roi va trop loin.

Son plus proche ministre Sully tente à nouveau de le raisonner.

Cette armée, vous l 'utiliseriez pour aller

chercher à Bruxelles une chouvencelle comme il y en a

100 à votre coup.

Monsieur le duc, ne faites pas la bête et l 'imbécile

puisque vous ne l 'êtes.

D 'abord, ça ne vous va pas.

On fait cette guerre que nous devons faire aux

Espagnols et aux Autrichiens que nous avons préparée.

Nous devions la faire par politique.

Bon, eh bien, qu 'est -ce que ça change si je la fais

aussi un peu par amour ?

On est au bord de la guerre pour une histoire de cœur.

Mais c 'est Henri IV, dès qu 'il est amoureux, il n 'est

plus très lucide.

Henri IV n 'aura pas le temps de lever cette armée.

Il est assassiné quelques jours plus tard.

Par amour, le roi a en tout cas joué un jeu très dangereux.

Il était prêt à mettre en péril une paix fragile

obtenue après plus de 40 ans de guerre civile pour les

yeux d 'une belle demoiselle.

Ce n 'était pas uniquement un attrait sexuel.

Il était seul, dans le fond, seul, un peu isolé.

Il n 'avait pas beaucoup d 'amis, pas beaucoup de gens

qu 'il avait confiance.

Il avait besoin d 'une affection féminine.

Or, ces femmes -là, souvent, ne l 'ont pas tellement à porter.

L 'histoire a gardé d 'Henri IV l 'image d 'un grand séducteur.

Il n 'était en réalité que l 'esclave de ses sens.

Un homme presque comme les autres, un souverain

fragile en amour qui a bien failli se perdre dans sa

passion pour les femmes.

Labourrage et pâturage sont les deux mamelles de la France.

Cette citation que l 'on a tous apprise à l 'école, eh

bien, on la doit à Sully, l 'ami et le principal

ministre d 'Henri IV.

C 'est chez lui que je vous emmène à présent au château

de Sully -sur -Loire.

L 'une de ses nombreuses propriétés est

certainement la plus belle.

Maximilien de Béthune, devenu duc de Sully et père de

France, l 'achète alors qu 'il est au sommet de sa

gloire en 1602.

Sully le rénove entièrement mais conserve la

structure médiévale.

Contrairement à tous les grands seigneurs du XVIe et

du XVIIe siècle qui ouvrent plutôt leur château pour

en faire des palais de la Renaissance.

Il faut dire que Sully est un nostalgique.

Il est toujours en retard d 'une mode.

On dirait de lui aujourd 'hui qu 'il est un peu vieux jeu.

À la mort d 'Henri IV, Marie de Bédicis lui retire ses

pouvoirs pour imposer ses propres favoris.

Il quitte la cour en imaginant qu 'on va le rappeler

dans quelques jours parce qu 'on ne peut pas se passer

de lui.

Erreur.

En se retirant sur ses terres de Villebon et de Sully

-sur -Loire, il ne sait pas qu 'il entame une retraite

qui va durer 35 ans jusqu 'à sa mort.

Malgré sa disgrâce, Sully continue de mener grand

train et impose même aux derniers courtisans qui lui

rendent visite un protocole complètement grotesque.

Par exemple, dans cette pièce, il les fait patienter

des heures durant alors que lui -même n 'a rien à faire

de ses journées à part écrire ses mémoires les

économies royales.

Puis, il les fait monter par ce petit escalier qui est

resté dans son jus du XVIIe siècle afin de les

conduire à la grande salle où j 'aimerais vous mener maintenant.

Quand les visiteurs rentraient dans cette grande

salle d 'apparat, ils étaient priés de rester

derrière une balustrade qu 'il faut imaginer à peu

près à cette hauteur.

Regardez un peu la profondeur parce qu 'il faut

imaginer que le trône de Sully était là -bas tout au fond.

Il voulait en fait impressionner ces derniers

courtisans qui lui rendaient visite.

Et notamment avec cette fresque murale ici qui

représente Sully en grand maître de l 'artillerie

capable de foudroyer ses ennemis.

Une autre chose aussi.

Regardez.

Vous voyez ici ces fresques près des fenêtres.

Elles sont censées représenter les illustres

ancêtres de Sully.

Vous voyez, tout au long de l 'histoire avec chaque

fois évidemment l 'écu, le blason de la famille Sully.

En réalité, ce sont des faux.

Il est issu de la petite noblesse mais il voulait

impressionner, se raconter une autre histoire que

la sienne.

Au fond, c 'est le drame de tous les parvenus, ceux qui

ont réussi grâce à l 'argent, grâce au pouvoir et qui

veulent se racheter une nouvelle origine.

Il avait aussi un autre problème, un problème de caractère.

C 'était un homme qui était extrêmement

intelligent, qui a redressé évidemment les

finances du royaume mais il était caractériel,

arrogant, autoritaire, pas très sympathique, il

faut bien le dire, et surtout terriblement avare.

Il gagnait environ 300 000 livres tournois par an, ce

qui équivaudrait aujourd 'hui à 4 millions d 'euros.

J 'aimerais maintenant vous montrer la salle du

trésor de Sully qui est cachée derrière cette porte

dérobée que vous voyez ici et quand je l 'ouvre, que

trouve -t -on ?

Une porte blindée du début du XVIIe siècle.

C 'est là derrière que Sully mettait son or, son

argent, ses pierres précieuses par centaines sans

doute et lui aussi ses titres de propriété.

Regardez cette pièce.

C 'était autrefois sans aucun doute une chapelle

catholique puis c 'est devenu son cabinet de travail

et puis enfin sa salle des coffres.

On raconte que Sully avait caché son trésor dans le château.

Alors la dernière des béthunes Sully dans les années

60 a fait sonder tous les murs pour essayer de trouver

ce fameux trésor.

Elle ne l 'a jamais trouvé.

En revanche, elle s 'est ruinée pour le chercher et

elle a été contrainte ensuite de vendre le château au département.

A l 'évidence, Sully a bien profité de son amitié avec

Henri IV et laisse à ses héritiers une immense fortune.

A la mort du roi, Sully perd son crédit.

D 'autant que survient le règne de Marie de Médicis.

Une régente machiavélique qui va dilapider le

trésor royal et relancer les intrigues à la cour.

qui aurait dit qu 'un jour cette princesse italienne

devenue reine de France finirait sa vie méprisée de

tous et bannie du royaume par son propre fils.

Un destin en forme de tragédie.

Élevée dans les fastes de la cour de Florence, Marie

de Médicis a déjà 27 ans quand le projet de la Marie et

Henri IV voit le jour.

Marie de Médicis est une héritière et comme telle,

elle est promise à épouser un souverain européen.

C 'était difficile de marier Henri IV.

Le marié à une princesse espagnole qui était l

'ennemi héréditaire, c 'était quasiment impossible.

En plus, lui détestait les espagnols.

Le marié à une princesse anglaise aurait été peut

-être possible mais les milieux catholiques n

'aimaient pas du tout l 'Angleterre d 'Élisabeth

donc ça posait des problèmes et donc l 'Italie

présentait des avantages et notamment Florence.

Des avantages financiers tout d 'abord car les

Médicis sont très riches et Henri IV est lourdement

endetté après plusieurs années de guerre.

Les tractations financières avec l 'Italie durent

plusieurs années.

Le compromis sera très avantageux pour le roi.

La dot de Marie de Médicis est la plus importante qu

'aucune reine de France n 'ait jamais reçue.

600 000 écus c 'est -à -dire des montagnes d 'or au sens propre.

Et l 'idée c 'est celle d 'un véritable marchandage à

la place de la dot de Marie de Médicis et bien on efface

l 'ardoise d 'Henri IV.

Une fois les questions financières réglées un

premier mariage par procuration a lieu à Florence.

Ce n 'est que quelques jours plus tard qu 'Henri IV

voit sa femme pour la première fois à son arrivée en France.

semble -t -il Marie de Médicis ne lui a pas déplu du

tout puisque Henri IV décide que puisqu 'ils sont

mariés ils vont consommer tout de suite le mariage

sitôt après le dîner.

Elle a un haut le cœur en disant la cérémonie c 'est

demain il dit nous avons déjà été mariés à Florence

effectivement ça se passait toujours en deux fois

donc finalement elle y consent et le lendemain ils se

sont déclarés satisfaits l 'un de l 'autre.

Le mariage en France a lieu à la cathédrale Saint

-Jean de Lyon.

Marie de Médicis ne le sait pas encore mais elle est

enceinte et elle n 'est pas au bout de ses surprises.

A son arrivée à Paris elle est horrifiée par sa future demeure.

Le Louvre est en pleine reconstruction après 30 ans

de guerre civile.

Un témoin raconte que lorsqu 'on l 'a fait entrer dans

le Louvre qui était un palais sombre à moitié des

meublés elle a d 'abord cru qu 'on se moquait d 'elle et

que ce n 'était pas le Louvre et qu 'on lui faisait une

mauvaise plaisanterie.

Ce n 'est que le début d 'une longue suite de déconvenus.

La reine choquée par la familiarité qui règne à la

cour de France va réussir à imposer une certaine étiquette.

Elle refuse de se laisser embrasser par les princes

du sang et elle les oblige à s 'incliner devant elle et

à baiser simplement un pan de sa robe pour bien

marquer la distance qu 'il y a entre la reine et les

simples princes.

Elle impose aussi un cérémonial lorsqu 'elle mange.

Elle exige d 'être servie par des gentils hommes et

non plus par des officiers de cuisine comme le fait le

roi de France.

Elle est ainsi faite qu 'elle ne supporte pas de ne pas

voir tout le monde à ses ordres.

Une seule personne refuse de se plier à son autorité.

c 'est la maîtresse du roi Henriette d 'Entrague.

La première rencontre entre les deux femmes se

déroule dans un climat extrêmement tendu.

Henriette est odieuse, insolente, arrogante.

Elle ne veut pas la saluer et la pauvre Marie ne s

'attendait pas quand même à une insulte pareille.

Il en résulte des scènes terribles d 'autant que la

maîtresse royale en titre est une personne très

caustique qui n 'épargne jamais la reine.

C 'est à elle qu 'on doit l 'expression qui est restée

accolée à Marie de Médicis de grosses banquières.

Jamais, entendez -vous, jamais cette fille ne

coucherait dans ce lit.

La mia camara non est un bordello et vous y recevrez

les vostres putaines et les vostres lourdes effets

mais madame, personne ne coucherait dans votre lit

sans votre agrément.

Hélas !

Pour autant, Marie de Médicis remplit parfaitement

ses devoirs de reine.

Six enfants vont naître dont le futur roi Louis XIII.

Cette première naissance comble Henri IV qui n

'avait toujours pas d 'héritier légitime.

Quand il a eu le premier fils, c 'est -à -dire Louis

XIII avec Marie de Médicis, il était tellement ému qu

'il pleurait à chaudes larmes tellement il était

heureux d 'avoir un fils.

Elle a été très fière d 'avoir un fils.

C 'est normal, une reine n 'est vraiment sûre de sa

position en France que quand elle a mis au monde un

enfant mâle, dès qu 'elle est la mère du futur roi,

elle devient intouchable.

Vous pourriez être couronnée...

Reste une étape à franchir pour accéder à la

consécration suprême, être sacrée reine de France.

Un acte symbolique qui lui donne une véritable

légitimité aux yeux de ses sujets.

Il est temps pour la France de prévoir une reine qui

soit une région contre -respectée au cas où.

Ne partez pas en guerre.

Je n 'aimerais pas être une veuve couronnée.

C 'est pourtant ce qui arrivera.

La reine est sacrée le 13 mai 1610.

Le lendemain, le roi est assassiné.

Le choc est terrible.

Louis XIII n 'a que 9 ans, il est trop jeune pour gouverner.

Marie de Médicis est propulsée régente à la place de

son fils.

Et contre toute attente, elle qui se désintéressait

des affaires de l 'État va prendre goût au pouvoir.

Dès le moment où elle devient régente, tous les

observateurs sont frappés par la passion avec

laquelle elle exerce son métier de régente.

Et elle, qui est d 'un tempérament assez indolent,

surprend tout son entourage en se levant beaucoup

plus tôt que d 'habitude pour aller assister aux

séances du conseil.

Une ferveur qui ne la lâchera plus.

À 13 ans, le roi est majeur.

Il est donc en droit de gouverner.

Mais Marie de Médicis ne veut pas lui céder le pouvoir.

Elle se fait même construire sa propre demeure

royale, un édifice somptueux.

C 'est le Palais du Luxembourg, l 'actuel siège du Sénat.

Ce monument majestueux est à l 'image de son

ambition, comme en témoigne cette reproduction à l

'identique de l 'un de ses cabinets de peinture.

Le Palais du Luxembourg, c 'est par essence un palais

où domine tous ses appartements royaux, l 'or et l 'azur.

Ils ont fait l 'admiration de tous les contemporains.

Vous avez le parquet qui est cerclé d 'argent, les

fenêtres au lieu d 'être de plomb sont cerclées

également d 'argent.

C 'est un appartement royal.

Marie de Médicis confie la décoration de son palais

au plus grand peintre de l 'époque.

C 'est ici qu 'elle préside les réunions du Petit Conseil.

Elle y reçoit aussi les grands du royaume.

Marie de Médicis est extrêmement fière de son palais

et sur le plan de l 'implantation symbolique du

palais dans Paris, c 'est extrêmement intéressant

de voir que de part et d 'autre de la Seine, le Louvre et

le Luxembourg se font face à face.

D 'un côté le palais du roi, de l 'autre côté de la

Seine, le lieu où s 'exerce le pouvoir non officiel de

la Reine -Mère.

Il s 'agit manifestement de confisquer l 'autorité

au jeune Louis XIII qui vit très mal cette situation.

Ce n 'est que le début d 'un conflit profond entre la

mère et le fils qui aura des conséquences terribles.

Pour justifier sa place à la tête du gouvernement,

elle s 'applique à présenter aux yeux de la cour Louis

XIII comme une sorte d 'incapable.

Elle fait comme si elle devait être régente indéfiniment.

elle ne prépare pas du tout la transition avec son fils.

D 'où des blessures de l 'honneur et d 'amour propre

chez Louis XIII qui se sent atteint dans sa dignité royale.

Marie de Médicis va trop loin.

Elle usurpe le pouvoir pour le confier à ses favoris

italiens dont un certain Conchini.

Ce noble florentin nommé maréchal de France mène les

affaires du royaume.

Il suscite la haine du peuple et de la noblesse.

Chez Louis XIII la révolte gronde d 'autant que les

rumeurs les plus folles circulent au sujet de cet intriguant.

On dit que Conchini est l 'amant de Marie de Médicis.

On dit que Conchini est celui qui aurait manigancé l

'assassinat d 'Henri IV ce qui est faux.

Il n 'empêche qu 'en 1617 Louis XIII se retrouve en

position de vengeur de son père.

Monsieur le roi m 'a commandé de me saisir de vous.

Une intrigue se met en place pour faire tomber

Conchini dans une embuscade.

C 'est fait !

Il est assassiné par la garde rapprochée du roi.

Avec ce coup d 'état Louis XIII qui n 'a que 16 ans peut

enfin monter sur le trône.

C 'est un geste spectaculaire qui permet de montrer

que Louis XIII désapprouve la politique menée par sa

mère et du même coup il se libère de l 'emprise exercée

par sa mère.

Marie de Médicis est bannie de la cour.

Le roi décide de l 'exiler.

Il faut que je lui parle.

Permettez -moi de dire au roi que sa mère le supplie de

ne pas la laisser partir sans la garde entendue.

Je le dirai à sa majesté.

Mais la mère et le fils ne se verront pas pendant deux ans.

Marie de Médicis devient prisonnière du château de Blois.

Louis XIII fait installer des gardes et mûrer

certaines portes de l 'édifice de crainte que sa mère

ne s 'échappe.

La reine met en place un plan d 'évasion digne d 'un

film de cap et d 'épée.

Il faut supposer que c 'est d 'une de ses fenêtres ou

celle qui l 'ont précédée dans le bâtiment qui

existait alors que Marie de Médicis s 'est échappée

en descendant d 'abord une échelle et puis pour

rejoindre ses complices sur cette terrasse.

Et puis arrivée là Marie de Médicis dit je ne

recommence pas je m 'arrête là je ne veux pas

redescendre une nouvelle échelle pour gagner les

fossés du château.

Et l 'un des vallées présents a l 'idée de tendre un

manteau de la reine sur le sol d 'y faire asseoir la

reine qui a été tirée qu 'on a fait glisser comme ça

jusqu 'en bas jusqu 'au fossé donc c 'est vraiment un

plan d 'évasion soigneusement préparé qui a été mis à exécution.

Après cette évasion rocambolesque la reine fera

tout pour revenir au pouvoir elle ira même jusqu 'à

lever une armée contre son fils celui -ci finira par l

'évincer définitivement au profit de son ministre Richelieu.

La sanction est terrible Marie de Médicis est

contrainte à l 'exil elle ne reviendra plus jamais en

France la reine meurt dans la misère à Cologne chez l

'un de ses derniers fidèles le peintre Rubens de

cette gloire passée il subsiste aujourd 'hui les 24

toiles commandées au peintre flamand qui ornait son

palais du Luxembourg ses peintures exposées

aujourd 'hui au musée du Louvre donnent une vision

idéalisée de son règne elle tenait à laisser à la

postérité l 'image d 'une reine qui a toutes les

qualités pour gouverner donc elle constitue le

cycle de telle sorte qu 'on voit très bien dans les

années qui viendront dans les siècles qui viendront

qu 'on a ici une femme de puissance et de gloire mais

cette reine laissera une toute autre image celle d

'une femme assoiffée de pouvoir prête à tout pour le

garder y compris à faire la guerre à son propre fils

détestée de tous elle finira seule unique artisane

de sa légende maudite le château de Cazeneuve dans

les Landes a appartenu au roi Henri IV alors qu 'il n

'était encore que le roi de Navarre comme vous le

voyez il a très peu changé depuis cette époque et

toute la structure remonte au XVIIe siècle c 'est ici

que le roi Henri IV a fait enfermer sa première épouse

Marguerite de Valois plus connue comme la reine

Margot en attendant que le pape annule cette

première union adepte d 'un libertinage sans limite

la reine Margot est sans doute l 'une des reines les

plus scandaleuses de l 'histoire de France d 'abord

elle s 'est révoltée contre son frère elle a comploté

contre Henri III le dernier roi Valois et puis elle

vivait séparée d 'Henri IV tout cela va mal finir 19

ans de captivité au château d 'Husson en Auvergne et

dans différentes résidences royales comme ici au

château de Cazeneuve en 1583 mais la reine Margot ne

se laisse pas faire et d 'abord elle va avoir une vie

tout à fait débridée ici on raconte selon la légende

locale qu 'elle aura des aventures avec les

villageois les palfreniers les valets les

domestiques et moi je vais vous montrer comment elle

s 'y prenait selon la légende la reine Margot sortait

seule tard le soir sortait du château par ici par ce

passage dérobé il faut imaginer qu 'on est encore à l

'intérieur de l 'enceinte du château c 'est comme

vous le voyez il y a derrière un vestige de la muraille

défensive donc elle descendait par ici allez venez

suivez -moi attention les têtes voilà la reine

Margot arrive ici dans ses fossés défensifs

pourquoi ce sont des fossés et pas des douves parce qu

'il n 'y a jamais eu d 'eau ici alors elle se dépêche

évidemment il fallait être le plus discrète

possible parce que le roi Henri IV même s 'ils étaient

séparés et si lui la trompait beaucoup et bien il ne

supportait pas que son épouse ait d 'autres

aventures donc elle arrivait jusqu 'ici vous le

voyez ici c 'est un petit tunnel qui aujourd 'hui a été

rebouché mais qui conduit en fait jusqu 'à la rivière

qui est derrière qui est la rivière du Ciron qui

permettait en cas de siège au château de faire venir

de l 'eau évidemment au bout de ce tunnel il y avait une

grotte près du Ciron la grotte de la reine où raconte

-t -on et bien elle s 'amusait à sa passion pour les

hommes il est une autre réputation du roi Henri qui n

'est pas usurpée c 'est celle de bon vivant

effectivement il a importé à la cour de France tous

ses goûts culinaires du sud -ouest ici dans la

cuisine du château de Cazeneuve nous avons

reconstitué un repas du roi Henri IV tel que nous le

rapportent les chroniqueurs de l 'époque et qui

reflète un peu et bien les habitudes gastronomiques

dans le sud -ouest et dans le pays de Nérac en Lotte et

Garonne Henri IV partageait avec les soldats et les

paysans et bien des goûts plutôt rustiques il

adorait l 'ail alors il avait cette réputation il

croquait de l 'ail l 'oignon on dit même les

mémorialistes racontent qu 'il empestait l 'ail à 10

mètres mais s 'il est un plat qui reste vraiment

attaché à la légende du roi Henri IV c 'est évidemment

la poule au pot alors pour cette poule au pot et bien on

avait évidemment du persil du laurier des oignons l

'oignon qui était évidemment avec des clous de

girofle vous aviez du céleri et des poireaux alors

comment procédez -t -on ?

et bien je vais mettre la poule c 'est une belle poule

de nerac allons -y mais je vous avouerai qu 'il y avait

une part de démagogie politique dans la volonté d

'Henri IV de faire en sorte que chaque laboureur ait

une poule au pot le dimanche pourquoi ?

et bien simplement c 'est une question d

'arithmétique pour avoir une poule au pot tous les

dimanches il fallait en posséder au moins 52 et quand

vous savez qu 'en plus pour avoir une bonne poule

comme celle que je vous ai montré il faut qu 'elle soit

élevée pendant 3 ans c 'était absolument

mathématiquement impossible mais Henri IV n 'aura

pas eu le temps d 'exaucer son vœu le 14 mai 1610 en

effet il est assassiné par Ravaillac alors celui -ci

a -t -il agi seul ou était -il manipulé ?

4 siècles après le mystère reste entier ce jour -là le

roi Henri IV est mortellement poignardé dans son

carrosse rue de la Ferronnerie à Paris comme un

mauvais présage la dernière journée du roi avait

bien mal commencé en 1610 Henri IV a 57 ans il doit

partir en campagne militaire dans quelques jours

contre les catholiques des Pays -Bas espagnols à la

cour règne une atmosphère macabre personne ne veut

de cette guerre le roi lui -même semble fébrile il y a

eu d 'abord des gens qui lui ont dit qu 'il ne fallait

pas qu 'il sorte de chez lui il n 'était pas bien il

était malade il n 'avait pas dormi il était

particulièrement déprimé il disait à tout le monde

il faudra bien que tout ceci s 'arrête un jour des

certitudes qui ne lui sont pas venues par hasard

depuis son accession au trône de France on a tenté de l

'assassiner à plus de 25 reprises par chance elles

ont tout échoué mais ce vendredi -là rien ne va se

passer comme prévu au matin on lui annonce que son

amie Sully est souffrant Henri IV décide de

traverser Paris pour lui rendre visite donc il s 'est

embarqué voir Sully mais sans pratiquement service

de sécurité alors qu 'il avait le pressentiment qu

'il allait se passer quelque chose et il n 'a pas

emmené avec lui une garde qui aurait pu écarter

Ravaillac dans le fond très facilement c 'est ça qui

est incompréhensible après plusieurs hésitations

Henri IV décide finalement de sortir en carrosse

mais il ne se doute pas que le danger rôde déjà à l

'intérieur même de son palais l 'entrée du Louvre n

'était interdite à personne à tout le moins celle de

la cour carrée Ravaillac se trouve placé sans doute

entre les deux portes il attend il était peut -être

assis comme certains récits l 'ont laissé supposer

sur une pierre totalement incognito finalement

mais qui est donc ce mystérieux François Ravaillac

pourquoi ce colosse d 'une trentaine d 'années veut

-il prendre le risque de tuer le roi Henri IV nous

savons que c 'était quelqu 'un qui venait d

'Angoulême et que sa famille était encore très

marquée par les violences que les protestants

avaient exercées autrefois sur les catholiques

dans ces régions Ravaillac est un esprit faible c

'est un pauvre garçon une espèce de grand diable roux

mal fagoté son père était extrêmement brutal sa mère

était toujours en larmes et en prières enfin bon un

contexte familial extrêmement difficile il aurait

voulu être moine il a essayé d 'entrer chez les

jésuites mais ils n 'en ont pas voulu parce qu 'ils

trouvaient qu 'il était dérangé il a essayé d 'entrer

dans d 'autres ordres religieux qui n 'en ont pas

voulu non plus parce que tout le monde trouvait qu 'il

était un peu dérangé il a toujours été animé par cette

idée qu 'il avait eu des visions qu 'il fallait qu 'il

fasse quelque chose pour que le roi change d

'attitude il pensait qu 'il devait pousser Henri IV à

adopter une attitude un petit peu plus conforme à son

catholicisme c 'est à dire qu 'il souhaitait d 'une

part qu 'il renonce à la tolérance civile qu 'il avait

accordée aux Huguenots donc qu 'il les convertisse

au catholicisme et d 'autre part qu 'il renonce à

cette guerre qui devait être entreprise vers le

duché de Clèves tout simplement parce que cette

guerre l 'opposait aux puissances catholiques et

notamment à l 'empereur il vient à Paris avec l 'idée

que il va lui François Arvaillac faire changer ce roi

impie et lui faire retrouver le droit chemin et il

multiplie les visites à l 'endroit où le roi se trouve

et il demande à le voir évidemment on les conduit le

roi a pas voulu l 'écouter pas voulu le recevoir rien

ne change la cour apparaît comme une cour dans

laquelle les protestants ont le droit de citer et

dans ce pauvre esprit fumeux tout d 'un coup tout ça

fait un mélange explosif et il décide de tuer le roi le

14 mai 1610 vers 16h le carrosse d 'Henri IV est sorti

pour se rendre à l 'arsenal où l 'attendait Sully et

Arvaillac donc suit à pied le cortège royal lorsqu

'ils ont atteint la rue Saint -Honoré le cortège a

obliqué vers la droite et a poursuivi son chemin sur

la rue Saint -Honoré au terme de la rue Saint -Honoré

on a emprunté la rue de la Ferronnerie qui longeait le

cimetière des Saints -Innocents et qui était

finalement le prolongement naturel de la rue Saint

-Honoré le carrosse arrive dans le quartier

commerçant des Halles au coeur de Paris près de la

fontaine des Innocents à quelques mètres de l

'actuel centre Georges Pompidou lorsque le

carrosse du roi pénètre dans la rue de la Ferronnerie

il est arrêté assez rapidement par deux charrettes

qui bloquent l 'accès Ravaillac donc suit le

carrosse royal sur le côté gauche de la rue le long des

échoppes et lorsque le moment lui semble propice

lorsque le carrosse est bien ralenti par les

encombrements il bondit sur l 'essieu arrière

gauche du carrosse et poignarde le roi à trois

reprises les généraux d 'Henri IV disent que le roi n

'est que blessé mais il va en réalité mourir

rapidement comme l 'a consigné la dizaine de

chirurgiens le lendemain de l 'assassinat dans le

rapport d 'autopsie une plaie d 'abord au niveau du

côté gauche entre l 'aisselle et la mamelle c 'est le

premier coup de couteau qui n 'est pas mortel qui est

une plaie extrêmement superficielle qui a pu faire

saigner mais qui n 'est pas cause directe de décès en

revanche il y a une deuxième plaie qui elle est

mortelle d 'emblée donc c 'est une plaie qui est

profonde qui est dirigée de dehors en dedans et de

haute en bas qui perfore en partie le poumon et qui

ensuite se dirige vers les gros vaisseaux du coeur ce

genre de plaie est mortelle assez rapidement en

quelques minutes pas plus autrement dit quand il est

transporté dans le palais du Louvre quelques

minutes après il était déjà quasiment mort on veut

Ravaillac vivant pour pouvoir l 'interroger il ne

peut pas avoir agi seul il y a forcément un complot on l

'emmène à la prison de la conciergerie pour le

torturer et le faire parler ce que l 'on appelle

élégamment à l 'époque soumettre à la question la

question est simplement faite pour demander à l

'individu d 'abjurer de bien dire qu 'il est le

coupable qui est l 'unique fauteur de trouble et

éventuellement de donner le nom de ses différents

complices et on n 'imagine pas qu 'un homme seul un

homme du peuple en plus ait pu décider de lui -même d

'accomplir un forfait aussi colossal un des moyens

de contrainte qui a été utilisé pour Ravaillac c 'est

l 'utilisation de ce qu 'on appelle les brodequins

les brodequins c 'est tout simplement le fait de

bloquer les membres inférieurs depuis les pieds

jusqu 'au haut de la cuisse dans des planches de bois

et ensuite de serrer c 'est à dire que tout simplement

on écrase les chairs Seigneur par l 'âmeur ils ne

savent pas ce qu 'ils font on utilise les brodequins

mais pas uniquement durant plusieurs jours

Ravaillac va subir les pires sévices rachouille les

tétons mais il ne dénoncera aucun complice pour lui

Dieu seul a dicté son geste Ravaillac n 'avouera

jamais soit parce qu 'il a une grande résistance à la

douleur soit parce qu 'il n 'a effectivement pas été

instrumentalisé par des grands seigneurs ou des

dames de la cour c 'est un régicide c 'est le meurtre du

roi de France c 'est un crime de lèse -majesté c 'est

aussi un parricide tout simplement parce qu 'on

considère que le roi de France est le père de ses

sujets tuer son roi c 'est tuer son père et son

jugement va être à la hauteur de son crime il est amené

en place de grève l 'actuelle place de l 'hôtel de

ville à Paris c 'est ici qu 'à l 'époque on exécute des

condamnés à mort une place souvent couverte de sang

où l 'on torture où l 'on décapite mais Ravaillac va

lui avoir droit à un traitement à part

particulièrement barbare au préalable on l 'a fait

passer par Notre -Dame de Paris où il a dû faire amende

honorable en chemise pieds nus avec un cierge à la

main puis il est placé sur une sorte de chariot sur un

tombereau d 'ordure et là on l 'amène jusqu 'à la place

de grève tout au long du parcours il est insulté la

foule essaie de s 'emparer de lui pour l 'assassiner

elle -même il faut près d 'une heure pour lui faire

accomplir le petit parcours qui le sépare de Notre

-Dame jusqu 'à la place de grève Ravaillac était

quand même une constitution assez forte puisque son

supplice a duré quasiment toute la journée les gens

ont eu énormément de mal en fait à le faire mourir on va

le tenailler lui verser de l 'huile fondue et d

'autres matières enflammées sur le corps un petit

peu plus tard il n 'était toujours pas mort on l 'a

déposé au milieu toujours au milieu de la place

publique on l 'a déposé sur un support on a attaché

chacun de ses membres et on a demandé à quatre chevaux

différents de tirer chacun des membres et là il a été

cartelé vous imaginez bien que l 'écartellement c

'est cette pratique là qui consiste à arracher les

membres du tronc l 'écartellement a pour le coup été

la cause de son décès au terme de l 'écartellement la

foule s 'est jetée sur les restes du corps on a traîné

dans toute la ville et ce que les bourreaux ont pu

récupérer a été brûlé et les cendres ont été

dispersées au vent même après la mort de Ravaillac

les rumeurs de complots n 'ont jamais cessé d 'être

évoquées il est toujours possible qu 'il y ait un

complot contre le roi d 'ailleurs de nombreux

complots ont été déjoués contre Henri IV donc l

'hypothèse même du complot en elle -même n 'est

absolument pas farfelue pour certains historiens

on a poussé Ravaillac au crime peut -être même sans qu

'il en ait véritablement conscience peut -on

légitimement se débarrasser d 'un tyran sans

risquer le courroux céleste le tyran qui a usurpé son

trône en trahissant le serment du sacre celui de

protéger l 'Église catholique peut -être tué par n

'importe quel chrétien ils étaient nombreux à avoir

un mobile pour manipuler Ravaillac et faire tuer le

roi on parle de sa maîtresse Henriette d 'Entrague ou

encore d 'un grand noble du royaume le duc d 'Epernon

le premier qui a émis la thèse du complot n 'est pas

négligeable puisque c 'est Michelet et Michelet est

formel en disant il y a eu un complot parce que d 'une

part Henriette de Balac d 'Entrague voulait que son

fils accède au trône d 'autre part d 'Epernon était

furieux de ne pas avoir eu le rôle qu 'il espérait

avoir et puis la dernière thèse c 'était les

Espagnols qui effectivement en avaient assez de

voir la France accéder à la première puissance du

monde ce sont des hypothèses qui sont invérifiables

à l 'heure actuelle il y a quelque chose de trouble

autour du geste de Ravaillac le premier président au

parlement de Paris à qui on a posé la question un peu

plus tard en lui demandant s 'il y avait des preuves de

ça le premier président a dit oh là là des preuves il y

en a trop act isolé d 'un illuminé ou bras armés de

notables de la cour l 'histoire n 'a jamais tranché le

crime de Ravaillac reste pour l 'éternité l 'un des

mystères les plus emblématiques de l 'histoire de

France j 'aimerais maintenant vous faire découvrir

l 'une des réserves du château de Pau allez suivez

-moi on va emprunter cet escalier de service c 'est

toujours très amusant dans les châteaux de voir ce qu

'on ne montre pas aux visiteurs comme je vous l 'ai

promis nous arrivons maintenant devant l 'une des

réserves personne ne pénètre jamais ici mais on m 'a

prêté la clé voilà suivez -moi et vous avez ici au

château de Pau la plus importante collection de

tableaux qui représentent le roi Henri IV il y a

évidemment ce qui est exposé mais dans les réserves

elles sont tout aussi riches regardez voilà un

tableau du XVIIème Henri IV en pied c 'est drôle c 'est

l 'un des rois dont on reconnaît immédiatement le

visage alors voyons voir ah ici c 'est beaucoup plus

tardif là vous avez un tableau qui représente la mort

du roi Henri IV mais c 'est très XIXème vous voyez

évidemment c 'est la France qui pleure et là ah voilà

ça c 'est un tableau tout à fait essentiel pour

raconter l 'histoire d 'Henri IV regardez c 'est la

bataille de Koutras qui a été décisive en 1587 parce

que Henri IV a vaincu ses ennemis qui étaient des

troupes royales et ensuite il ramasse tous les

étendards et au lieu de poursuivre les assaillants

pour les tuer et bien il va déposer les enseignes au

pied de sa maîtresse qui était à l 'époque Diane

Bandouin et il se montre magnanime voilà c 'est ainsi

que commence la légende du roi Henri vous voyez le

panache blanc et vous voyez le cheval blanc d 'Henri

IV voilà de quelle couleur était le cheval blanc d

'Henri IV la réponse c 'est blanc j 'aimerais

maintenant vous faire découvrir une pièce tout à

fait étonnante regardez vous avez ici la collection

de cartels d 'horloges à l 'effigie du roi Henri IV

alors certaines datent évidemment du XIXème tenez

comme celle -ci et qu 'est -ce que vous remarquez qui

est tout à fait extraordinaire c 'est qu 'il y a ici le

roi Henri IV évidemment couronné de Laurier mais là

ce n 'est pas son épouse Marie de Bédifice mais sa

maîtresse Gabrielle Destré vous imaginez qu 'au

XIXème on se glorifiait déjà que le roi Henri et bien

avait cette réputation assez romantique de vers

galant alors que pour une femme il a été prêt à comment

dire à ruiner le royaume à plusieurs reprises c 'est

vous dire que vraiment on se servait de cette

réputation qui est toujours le cas peut -être quand

un chef d 'état français a une solide réputation d

'amoureux ça ne nous déplait pas voici maintenant ce

qui était la salle des gardes au temps du règne des

rois de Navarre mais au XIXème siècle quand on a

complètement remanié et remis à l 'identique ce

décor néo -renaissance et bien c 'est devenu la salle

dite des 100 couverts parce qu 'autour de cette table

Louis -Philippe et bien 100 personnes peuvent

prendre place je vous ai amené dans cette salle parce

que j 'aimerais vous montrer une statue tout à fait

étonnante parmi les quelques 50 statues

différentes d 'Henri IV qu 'il y a dans ce château de

Pau mais évidemment vous connaissez ma curiosité et

pour aller au fond de cette pièce j 'aimerais vous

entraîner par le corridor des domestiques allez

suivez -moi voilà nous allons emprunter le corridor

qui est dissimulé derrière cette porte qu

'utilisaient sans doute les domestiques pour

servir à table voilà regardez d 'un côté vous avez le

mur médiéval avec sa meurtrière quand il fallait se

défendre contre les assaillants et de l 'autre côté

alors là vous avez le mur tel qu 'il a été construit au

19ème et contre lequel est adossée la décoration néo

-renaissance qui est dans la salle des sans

-couverts et ça permettait de sortir de l 'autre côté

donc les domestiques pouvaient passer

discrètement continuer jusqu 'au cuisine sans être

vus des convives allez venez on continue la visite

voilà de l 'autre côté de la salle des sans -couverts

on arrive devant cette statue monumentale d 'Henri

IV qui est taillée dans un seul bloc de marbre de

carare elle mesure 1m80 en fait c 'est 20 cm de plus que

la réalité mais cette statue a une histoire elle

représente fidèlement le visage d 'Henri IV comment

le sait -on ?

parce qu 'Alexandre le Noir c 'est celui qui tenait

finalement le registre de ce qu 'il voyait lorsqu 'on

a profané toutes les tombes royales à la basilique de

Saint -Denis en 1793 il connaissait cette statue et

il a été frappé quand on a ouvert le cercueil d 'Henri

IV de voir que sa tête était parfaitement conservée

et qu 'elle ressemblait à cela mon cher à ma droite mon

nom c 'est vu c 'est ici le 31 octobre 1919 à l 'hôtel de

Rouault salle 12 qu 'une tête momifiée supposée être

celle d 'Henri IV a été vendue à 3 francs l 'enchère à

gauche j 'adjuge adjugé 3 francs la tête d 'Henri IV

vendue pour la modique une somme de 3 francs une

histoire étonnante qui excite depuis la curiosité

des historiens car aujourd 'hui 90 ans après cette

vente la tête a disparu on mentionne cependant son

existence jusque dans les années 30 la presse de l

'époque s 'en fait l 'écho un mystérieux Joseph

-Emile Bourdet se trouve alors au coeur de l 'énigme

on est surpris on est surpris de voir surgir tout d 'un

coup dans un journal de grande lecture Photomonde

cet article extraordinaire qui vous présente en

première page la figure la tête même d 'Henri IV ou la

tête plutôt une tête supposée être d 'Henri IV et donc

dans un numéro de 1933 il était question d 'un

photographe parisien d 'un personnage un peu

bizarre qui s 'appelait Joseph -Emile Bourdet qui

était photographe près de la place du Tertre à

Montmartre qui avait une sorte d 'atelier de

photographie qui ressemblait plus à une caverne d

'Ali Baba qu 'à autre chose et dans cette caverne il y

avait dans une vitrine de verre une tête momifiée et

ce monsieur Bourdet affirmait haut et fort que c

'était la tête du roi Henri IV si c 'était celle d

'Henri IV ça serait certainement la relique la plus

spectaculaire que l 'on possède ou qui aurait été

présentée au public parce que des reliques on en a d

'autres la tête de Richelieu on a le crâne de

Descartes on a les restes de Voltaire bon ça on a des

choses mais celle -là est vraiment

particulièrement spectaculaire et touchante si

elle est authentique la tête d 'Emile Bourdet était

-elle vraie ?

pourquoi et comment serait -elle réapparue dans une

salle des ventes et où est -elle aujourd 'hui ?

autant de questions qui nous poussent à se lancer à sa

recherche 1919 les archives de l 'hôtel Drouot

détiennent peut -être une partie du mystère on y

apprend qu 'il s 'agit de la vente juridique d 'un

garde -meuble au nom de Nalet et Hercelin mais

bizarrement sur l 'acte d 'achat de monsieur Bourdet

la tête momifiée n 'est pas mentionnée seule l

'acquisition de statut est indiquée au prix en effet

de 3 francs visiblement Emile Bourdet ne se doute pas

encore qu 'il vient peut -être d 'acheter la tête d

'Henri IV Adjugé 3 francs Joseph Bourdet nous

raconte j 'entends crier une tête momifiée mise à

prix 3 francs personne n 'enchérit le commissaire

priseur reprit allons 3 francs pas d 'amateur je me

décidais 3 francs le marteau retomba Adjugé je

devenais possesseur de la momie je l 'emportais ce n

'est qu 'après des mois de recherche d 'études

comparatives que je parvins à l 'identifier j 'avais

chez moi la tête du béarnet roi de France voilà il n 'en

démontre pas après ça Emile Bourdet a en effet des

arguments troublants d 'abord la cicatrice à la

bouche un détail qui n 'échappe pas à ce brocanteur

photographe féru d 'histoire Henri IV avait la même

ensuite Emile Bourdet s 'appuie sur un fait bien réel

pour expliquer pourquoi la tête d 'Henri IV aurait pu

être découpée et surtout quand réponse à la

révolution française nous sommes au mois d 'octobre

1793 près de 200 ans après l 'assassinat d 'Henri IV

les sans -culottes prennent possession de la

basilique Saint -Denis le tombeau des rois de France

alors il va y avoir pendant 13 jours 13 jours de

saccage d 'ouverture de tous les tombeaux de Saint

-Denis et le premier roi à être forcé dans son repos

éternel est Henri IV Henri IV est inhumé ici on sort

son cercueil on va l 'adosser contre l 'un des

chapiteaux probablement l 'un de ces deux là et il est

ainsi offert à l 'admiration du public entre le 12 et

le 14 octobre et tout à coup que se passe -t -il un

soldat sort son sabre saisit la barbe blanche d

'Henri IV donc ici même sans doute et en tranche une

partie dont il se fait une moustache postiche sous

les éclats de rire et les applaudissements de la

foule présente et à ce moment là une femme qui est là

également gifle Henri IV avec une telle violence que

le cercueil tombe à terre un geste qui autorise le

passage à l 'acte dès lors les révolutionnaires se

déchaînent de Dagobert à Louis XV on ouvre tous les

tombeaux et on se serre là une mèche de cheveux ici un

bout d 'ongles la basilique devient un marché aux

reliques Henri IV particulièrement bien conservé

momifié et embaumé comme le voulait la tradition en

aurait -il perdu sa tête un sans -culottes va plonger

dans la fosse où sera inhumé Louis XIV pour se

procurer des dents prend un couteau lui ouvre le

ventre on sort l 'étoupe qu 'il garnissait Louis XV on

ouvre son cercueil il est sous forme liquide pour

nous tout cela semble assez barbare mais dans cette

espèce d 'euphorie du moment de hargne aussi contre

notre propre histoire et contre nos rois qu 'un sans

-culottes ait voulu sauter dans la fosse où il n 'y

avait à ce moment là que cette dépouille ait voulu

emporter comme trophée la tête d 'Henri IV ça n 'a

absolument rien d 'inenvisageable un homme assiste

jour après jour à toutes ces scènes il s 'appelle

Alexandre Lenoir témoin privilégié et peut -être

même suspect Alexandre Lenoir est mandaté par le

pouvoir révolutionnaire pour éviter le saccage et

répertorier ce qui peut être sauvé il dessine un plan

afin de préciser le lieu où sont entreposés Henri IV

et d 'autres rois une simple fosse creusée juste à l

'extérieur de la basilique et qui restera ouverte

plusieurs jours c 'est là que la tête aurait pu être

découpée en tout cas lorsque 24 ans plus tard le

régime monarchique de la restauration ordonne une

nouvelle exhumation on n 'y trouve plus que des

ossements entassés pêle -mêle les corps des rois ont

été entassés dans une fosse et puis au moment de la

restauration on a décidé de leur donner une

sépulture plus digne et on a cherché le corps d 'Henri

IV c 'était parce que le corps d 'Henri IV il n 'y avait

plus la tête donc qu 'est devenue la tête d 'Henri IV

qui est emportée qui la conserve c 'est

effectivement une énigme qui a été posée et qui n 'a

jamais été résolue difficile en effet de

reconstituer le trajet du crainte supposé d 'Henri

IV entre 1793 et la vente de Drouot la piste des

anciens propriétaires du garde -meuble se perd dans

le 9e arrondissement il faut donc retrouver la tête d

'Emile Bourdet on sait qu 'au début des années 20 elle

est dans son brique à braque de Montmartre dans une

vitrine le regard dirigé vers Paris mais on apprend

que notre étrange collectionneur quitte alors la

capitale pour ouvrir un autre atelier en Bretagne à

Dinard mais ici aussi le crâne reste aujourd 'hui

introuvable en revanche c 'est à Dinard qu 'Emile

Bourdet publie un petit livre dédié à sa tête

momifiée dont il veut prouver l 'authenticité Henri

Firmin passionné par cette énigme en possède un

exemplaire qu 'il conserve tel un trésor

susceptible de faire avancer cette enquête il y a des

comparaisons avec les portraits d 'époque on voit

très bien la similitude de la tête avec un portrait et

d 'un ricatre ça coïncide complètement Emile

Bourdet avait fait une étude comparative très

poussée pour l 'époque superposition de photos

mesures il note ainsi toutes sortes de

ressemblances comme la forme du crâne ou celle du nez

spécifique des bourbons et même la trace de poils et

de cheveux arrachés c 'est plein de choses comme ça

les embaumeurs à cette époque là avaient l 'habitude

de recouvrir les corps d 'une teinture bleue et ça c

'est très visible sur la tête Bourdet en plus de ça il y

a la cicatrice sur la lèvre droite ça c 'est très

visible il y a également le grain de beauté le grain de

beauté qui apparaît sur les portraits sur la joue d

'Henri IV ce grain de beauté on le retrouve également

sur la tête ça c 'est incontestable pour moi oui c 'est

la bonne certainement ça ne fait pas il n 'y a pas photo

sûr de son fait Emile Bourdet retourne ensuite à

Paris Clémentine Portier -Kaltenbach le suit à la

trace à cette époque il tente de proposer sa relique à

différents musées le musée Grévin le Louvre et ici le

musée Carnavalet à chaque fois c 'est la même réponse

vous savez on nous propose régulièrement ce genre de

relique quand on m 'a proposé comme ça la tête de

Madame de Sévigné j 'ai dit d 'abord donnez -moi la

preuve que c 'est vraiment Madame de Sévigné ensuite

on verra on ne prend pas d 'objet comme ça dans des

réserves qui n 'ont pas au moins un minimum d

'authenticité et donc je suppose que c 'est pour

cette raison -là à l 'époque on n 'avait pas de moyens

de vérifier quoi que ce soit certainement si on

trouvait cette tête aujourd 'hui on pourrait faire

un morphing superposer cette image et la tête et on

verrait bien la forme du crâne enfin ça c 'est

vraiment le B à bas de la criminologie aujourd 'hui c

'est très facile à faire on le réalise

quotidiennement pour des affaires criminelles et

pour reconstituer des crânes d 'hommes célèbres c

'est une chose qui se fait assez facilement mais il

faut avoir la tête avec le scanner et le carbone 14 la

science permet d 'apporter des preuves

irréfutables surtout une comparaison de l 'ADN

pourrait être faite grâce aux reliques contenant

des morceaux du corps d 'Henri IV si le coeur du bon roi

Henri est dans la Sarthe au collège de la Flèche il n

'en reste plus que les cendres la basilique Saint

-Denis possède elle cette autre relique mais la

principale la plus probante est préservée au musée

de Châteauron alors Henri IV est de ce côté -ci c 'est

en effet dans ce surprenant reliquaire qui

appartenait à Vivant Denon le futur fondateur du

musée du Louvre que sont conservés des dents, os ou

cheveux d 'hommes illustres on trouve ici du Molière

du Napoléon du La Fontaine et surtout les fameux

poils de la barbe d 'Henri IV arrachés à Saint -Denis

un cadeau d 'Alexandre Lenoir en personne adressé à

Vivant Denon très amateur de reliques prendre ça

entre deux doigts et scouper son petit morceau et la

dent de Voltaire ça c 'est incroyable il y a quand même

à tout le moins une excellente traçabilité selon l

'expression qu 'on utiliserait aujourd 'hui pour

ces poils de barbe d 'Henri IV et la plupart des

reliques qui sont ici on a déjà des poils de barbe du

bon roi Henri il nous manque l 'essentiel hélas avec

le décès d 'Émile Bourdet en 1947 la trace de la tête

momifiée s 'égare dans les rues de Montmartre sa sœur

qui avait hérité de sombrer Cabrac décède elle dans

les années 60 on dit qu 'elle avait vendu la tête à un

collectionneur privé le mystère reste donc entier

la relique d 'Émile Bourdet n 'est peut -être pas

celle d 'Henri IV mais pour avoir été embaumée et

momifiée elle n 'est sûrement pas celle d 'un anonyme

pour Jean -Pierre Bablon le plus grand spécialiste d

'Henri IV le doute est donc permis le croquis qu

'avait fait Alexandre Lenoir de la dépouille du roi à

la basilique en toujours s 'est pensé il est étonnant

de voir ce dessin d 'Alexandre Lenoir qui est

vraiment saisissant il ne peut pas nous frapper

extrêmement fort par la configuration même du crâne

et ses grandes orbites tout creusées et sans regard j

'aimerais que ça aboutisse j 'aimerais au moins la

localiser ça n 'est peut -être pas Henri IV c 'est peut

-être lui c 'est peut -être un autre mais j 'aimerais

savoir où elle est je suis sûr que quelqu 'un à cette

minute une personne l 'a chez elle cette relique

certainement on ne l 'a pas mise en terre ça a été

conservé comme ont été conservé tant d 'autres

reliques je suis sûre qu 'elle est quelque part et qu

'on va la trouver on a fait de lui le meilleur de nos

rois et à y regarder de plus près Henri IV mérite bien

sa légende après lui plus aucun de nos monarques ne

bénéficiera d 'un tel traitement de faveur de l

'histoire c 'est ici au château de Cazeneuve non loin

de son béarne natal que s 'achève notre voyage à la

cour du bon roi Henri IV premier souverain de la

dynastie des Bourbons merci de votre fidélité et

bonne fin de soirée sur France 2

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