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- Jules! Le déjeuner est prêt!
Jules!
Jules!
(gémissement)
(hurlement)
(gazouillis d'oiseaux)
(écoulement d'urine)
(sonnerie de cellulaire)
- AllĂ´?
- HĂ©, salut! Hum... Peux-tu rentrer plus tĂ´t au poste?
J'ai quelque chose pour toi.
- OK. J'arrive.
- HĂ©!
Puis?
Ton chum te met encore la pression
pour que tu prennes ta retraite?
- Un petit small talk de machine à café,
ça te tentait pas à matin, hum?
(petit rire)
- Pourtant, t'es pas la seule vieille croûte
qui s'accroche Ă sa job.
- Va chier, Mike.
- Ah, tiens! La Jack Bauer de Baie-Comeau.
- Salut! As-tu le temps de t'installer un peu?
- Moyen, mais c'est correct.
J'ai encore pas mal de stock Ă Baie-Comeau.
- OK, ouais.
- Excusez-moi. Je vous dérange pas trop, là ?
J'ai reçu un appel de la police de Lévis.
Un ado a été retrouvé pendu.
Gabe Blanchette, tu prends le dossier.
- OK.
- Bernier va t'épauler, t'embarques avec elle là -dessus.
- Moi?
- Oui, oui, toi. Good?
- Good.
- Super.
- OK, qu'est-ce qui vient de se passer, lĂ ?
- Ah, hé, là , relaxe, là . Tu restes ma numéro un, OK?
C'est un dossier facile, lĂ .
C'est parfait pour tester Blanchette.
Je veux voir ce qu'elle a dans le ventre. Je lui donne le lead.
- Mais pourquoi moi?
Pourquoi tu la jumelles pas avec quelqu'un d'autre
puis tu me laisses pas avec Mike?
- OK. T'as quoi, lĂ , 55?
- 54.
- Je veux que tu prennes Blanchette sous ton aile.
Je veux qu'elle apprenne de la meilleure.
Comme ça, là , le jour ou toi, tu pars,
moi, je suis moins dans la marde.
- Si ça peut te rassurer, j'ai pas l'intention de partir.
- OK.
Tu me diras comment elle travaille, OK? Je suis curieux.
Il paraît que c'est une machine.
- Pfft! HĂ©, la CĂ´te-Nord, lĂ , c'est pas un mĂŞme game.
Pastille?
- Je viens de vérifier, on n'a rien sur Jules Latraverse.
Pas d'antécédents.
Il est allé au collège privé à Lévis.
Famille aisée sans histoire.
C'est la mère qui a trouvé son gars.
Elle est Ă l'hĂ´pital pour un choc nerveux.
- T'as pas perdu de temps.
- Bien, j'ai juste fait ma job.
- As-tu des flots, toi?
- Non.
- Mon fils va avoir 13 ans bientĂ´t.
(déclics d'appareil photo)
- La mort, elle remonte Ă quand?
- Je dirais un 10-12 heures. Moi, c'est Nick.
- Gabrielle.
(déclics d'appareil photo)
- Ca va?
- Hum!
- On a trouvé du sang plus loin dans le bois.
Puis il y avait ça en dessous de son soulier.
- Une roche? - Je dirais plus un tison.
- C'est mon feeling aussi. On va le faire analyser.
- Puis, tes impressions?
- Il s'est pas suicidé.
Il y a des marques d'usure sur la corde. Sur la branche aussi.
- Hum, hum.
- C'est quelqu'un qui l'a hissé là .
Aucun signe de relâchement des sphincters.
Avec sa blessure au niveau du crâne
puis le sang qu'ils ont retrouvé dans le boisé,
d'après moi, il a reçu un méchant coup à la tête.
C'est une pendaison post-mortem.
- Intéressant.
Avez-vous trouvé autre chose? Une arme ou des traces de lutte?
- Rien Ă part un cellulaire.
- Qu'est-ce qui est pire?
Apprendre que ton enfant s'est suicidé ou bien qu'il a été tué?
- Occupe-toi du père, moi, je continue ici.
- Oui, boss.
(coups Ă la porte)
Sergente enquêtrice Clémence Bernier.
Mes sympathies. Je peux entrer?
- Il nous a pas laissé de lettre, rien.
- M. Latraverse, on a des raisons de croire
que votre fils s'est pas suicidé.
- Ici, on a une trace d'impact, lĂ .
C'est là que la victime a été assommée.
Selon la force de projection, c'était violent.
- Puis entre ici et l'arbre ou il a été accroché?
- On a trouvé quelques gouttes, pas beaucoup.
Il était probablement déjà mort quand il a été transporté.
Le coeur avait arrêté de pomper.
- OK.
- Un mégot?
- Il y a pas le numéro sur le filtre?
Cigarette de contrebande.
- Jules est sorti après souper.
Il nous a pas dit ou il s'en allait.
- Est-ce que vous avez une idée
de qui il aurait pu aller rejoindre?
- Peut-ĂŞtre Mathis, son meilleur ami.
- Donc, quand vous êtes allés vous coucher,
il était pas encore rentré?
- Non.
- Il était quelle heure?
- 10h00.
- Vous deviez ĂŞtre inquiet, non?
- Jules a toujours été fiable.
- Est-ce que vous pensez
que quelqu'un aurait pu lui en vouloir?
- Je vois pas, non.
- Il fréquentait quel genre de personnes?
Est-ce qu'il consommait?
Alcool? Drogue?
- Jamais. C'était un sportif.
Il s'entraînait 4 fois par semaine.
- Je comprends. Mais des fois...
- Mon fils avait rien Ă se reprocher!
Je voudrais me recueillir
avant d'aller voir ma femme Ă l'hĂ´pital.
- J'ai presque terminé.
Il y a une tente au bout du terrain?
Les nuits sont encore fraîches de ce temps-ci, hein!
Il faut être motivé.
- Jules allait dormir lĂ
quand il avait besoin... d'une pause.
- Une pause?
Est-ce que le climat familial était... difficile?
- Pas du tout.
- Bon. Merci.
Bon courage.
Je vous appelle si j'ai besoin d'autres informations.
- Puis?
- Eh boy, c'est lourd lĂ -dedans.
- Le père?
- Soit il est en état de choc, soit il ment comme il respire.
- Je confesse Ă Dieu tout-puissant,
je reconnais devant mes frères que j'ai péché.
En pensée, en parole, par action et par omission.
Oui, j'ai péché.
C'est pourquoi je supplie la Vierge Marie,
les anges et tous les saints,
et vous aussi, mes frères, de prier pour moi
le Seigneur notre Dieu.
Amen.
(croassement)
(vrombissement d'une voiture)
- Bonjour?
Qu'est-ce qui se passe?
- Sergente enquĂŞtrice Blanchette.
- EnquĂŞtrice Bernier.
On est bien chez les Demers?
- Est-ce que tes parents sont lĂ ?
- Ma mère est couchée, elle est malade.
- Ah. - On s'est informé.
Il paraît que vous vendez des cigarettes?
- Hein? C'a pas rapport.
Je sais pas qui qui vous a dit ça, là , mais...
- Connais-tu Jules Latraverse?
- Ouais. Les Latraverse, ils habitent pas loin.
- C'est ton ami?
- Non. Il est plus jeune que moi, lĂ .
Moi, j'allais Ă la poly,
lui, il va au collège Chaudière-Appalaches.
- As-tu déjà vendu des cigarettes à Jules?
- On vend pas de cigarettes.
Quoi? Il s'est passé quelque chose?
- Non, non. Merci beaucoup.
On est désolées de vous avoir dérangé. Merci.
- Quand ta mère ira mieux, tu lui dis de nous appeler?
- Le mégot de cigarette, il peut venir d'ailleurs, hein!
Puis, même s'il vient d'ici, ça peut être n'importe qui.
- Quand je questionne quelqu'un, tu me laisses aller, OK?
Je m'en vais quelque part.
Si t'emmènes ça ailleurs, ça peut fucker mon plan.
C'est juste moins efficace.
(petit rire)
(brouhaha)
(klaxon au loin)
- Cochonnerie! Fuck! Câlisse!
- Jean? Vous êtes fermé?
- J'ai pas le choix, je n'ai plus de compresseur.
Il y a un oiseau qui a foncé dedans.
- Un oiseau?
- Osti...
- Ha!
- J'ai jamais vu ça de ma câlisse de vie, moi.
- C'est arrivé quand? - Ca vient juste.
Il a foncé, tiens, direct dans l'hélice!
- Il a peut-être été attiré par l'odeur de ta sauce à spag.
- Bien, ma sauce Ă spag, il peut se la fourrer dans le cul.
- Bye, Jean. Bonne chance!
- Bon, bien, plan B.
- On se pogne un sandwich puis on le mange en travaillant?
- Tout ce qu'on réprime nous rattrapera un jour ou l'autre.
Et ce jour-là est arrivé.
- Margot, je te présente Gabrielle. Elle vient d'arriver.
Faudrait pas la traumatiser à sa première semaine, hein?
- Le nouveau cycle est commencé.
- C'est beau, Margot, c'est bien noté!
On t'appelle si on a besoin de ton aide.
Bonne journée.
- Bonne journée, madame.
(sonnerie de cellulaire)
Excuse, il faut que je le prenne.
AllĂ´?
- C'est sa 2e crise cette semaine.
Je me demandais si c'était possible de passer la voir.
- C'est parce que c'est pas vraiment un bon timing.
- Je la sens très anxieuse, ça la rassurerait.
Je veux pas que vous vous inquiétiez,
elle est en sécurité,
mais... elle voulait sauter par la fenĂŞtre.
- Je... Je vais passer.
Je vais faire le plus vite possible.
Fuck.
- Tiens! T'es pas avec la nouvelle?
- Non. Urgence personnelle.
- Urgence?
- Fallait qu'elle passe voir sa mère.
J'en sais pas plus.
- Ca part bien. - Ouais.
- Puis? Elle est comment?
- Bien... elle est crinquée.
C'est normal, elle veut faire ses preuves.
- Il paraît qu'à Baie-Comeau, c'était une loose cannon.
Elle parlait pas Ă grand-monde.
- Territorial, mon Mike?
Ca te fatigue que je sois jumelée à quelqu'un d'autre?
- Puis toi? Ca te fatigue pas d'être assise côté passager?
- Regarde, Benali veut la tester.
Moi, je la supervise.
Anyway, as-tu eu le temps de checker pour Jules Latraverse?
- J'ai vérifié les dernières communications du kid, là .
Il a envoyé un texto à son ami Mathis à 21h37.
- OK.
- "Sorry, bro, j'ai d'autres plans."
Je l'ai rejoint, il savait rien.
- OK.
- Sinon, Jules a reçu un texto fucké de son père à 19h45.
"Fais tes prières."
- Fais tes prières?
- Han, han!
- AllĂ´?
AllĂ´! C'est moi.
- T'es pas Ă Baie-Comeau?
(petit rire)
- Bien non. J'ai été transférée.
Ca fait pas longtemps. - Hum.
LĂ , je suis au motel, mais je vais m'acheter de quoi.
- Je vais aller vivre avec toi?
(soupir)
- J'aimerais ça, mais je peux pas.
Mais je vais venir te voir souvent, par exemple.
Qu'est-ce qui s'est passé?
- Chantal est revenue.
- Murielle... Ca se peut pas.
- Elle est revenue, je te dis.
La nuit passée, elle est entrée dans ma chambre
pendant que je dormais.
- Pourquoi elle voudrait revenir? Hum?
- Qui, ça?
(petit rire)
- J'en aurai pas pour longtemps.
Je me demandais...
Est-ce que c'est arrivé à votre fils
de se faire des marques sur la peau?
Les jeunes font ça des fois,
c'est comme des tattoos, mais gravés au couteau.
- Non. Aucunement.
C'est un meurtre, c'est ça?
- On est encore en train d'évaluer.
Vous avez texté votre fils hier soir.
"Fais tes prières." Qu'est-ce que vous vouliez dire?
- Vous priez jamais, vous?
Vous devriez.
- Bonne journée.
(aboiement au loin)
- Attendez!
- Il faut que je vous dise.
Mon mari vous a pas tout dit.
Il y a des gens qui en voulaient Ă Jules.
Mon fils se serait mal comporté avec une fille de son école.
- Mal comporté?
Avec qui? Avez-vous son nom?
- Magalie. Magalie Couture.
Sa famille...
a porté plainte, puis...
(sanglot)
On s'est arrangé à l'amiable.
- Qu'est-ce que vous voulez dire, Ă l'amiable?
(sanglots)
- Son frère, à Magalie,
il faisait des menaces de mort Ă Jules.
Mon fils a péché, mais je vous jure qu'il méritait pas ça.
Faut que j'y aille.
(♪ Un jour il viendra mon amour par Diane Dufresne ♪)
- ♪♪ A chaque jour un amour ♪
♪ C'est trop et c'est bien trop court ♪
♪ Ce n'est qu'un jeu qui laisse un peu ♪
♪ De pluie au fond des yeux ♪
♪ Avant de donner cent fois ♪
♪ Mon corps comme un feu de bois ♪
(Le disque ralenti.)
♪ Peut-être bien ♪
♪ Qu'un grand matin ♪
♪ Il m'apprendra ♪♪
(cris et sanglots)
- (Murielle): Va-t'en! Va-t'en!
Va-t'en! Va-t'en!
- Merci, William, d'avoir accepté de nous rencontrer.
Ta soeur est dans la salle juste à côté.
- Je commence mon shift dans 45 minutes.
- T'es ici sur une base volontaire,
personne t'a tordu le bras.
J'ai juste une couple de questions, on va faire ça vite.
- Est-ce que tu peux m'expliquer c'était quoi,
ton lien avec Jules Latraverse?
- Pourquoi?
- Vous alliez à la même école, c'est ça?
Est-ce que c'était... un ami?
- Non.
- Tu travailles ou, au juste?
- Dans un gym.
- Un gym? Cool.
Tu dois en profiter pour t'entraîner.
Je veux dire, t'as l'air d'un gars en forme.
- Ha! OK, c'est quoi? Hum?
J'imagine qu'on n'est pas ici pour parler de mes pecs.
- Parle-moi donc de Jules Latraverse.
- On a des informations qui nous laissent croire
que t'as vécu des choses difficiles avec Jules.
- Je veux pas en parler.
- Je sais que c'est dur.
Je veux pas que tu rentres dans les détails.
J'aimerais juste mieux comprendre
ce qui s'est passé entre vous deux.
- Il a fait le cave.
- Le cave?
- Il m'a agressée.
(sanglots)
- Je suis désolée.
- Ce gars-là , c'était un fucking trou de cul.
Il a profité que ma soeur était pass out pour la violer.
Fait que c'est pas moi
qui vais aller pleurer sur sa tombe certain.
- Ca vient te chercher.
- Les gars qui font ça, c'est des...
Ils méritent...
(petit rire)
C'est des esti de lâches, c'est tout.
- Ca remonte Ă quand, l'agression?
(reniflement)
- En septembre.
Le 30 septembre.
C'était pendant un party.
C'était la fête de mon ami Chloé.
- Puis t'as choisi de pas porter plainte?
- Il paraît que tu lui as fait des menaces de mort en janvier?
Hum... En février?
- Bien là , décide. C'est janvier ou c'est février?
- Réponds, tu l'as menacé, oui ou non?
- Toi, lĂ , penses-tu que ma soeur, elle va bien?
Hum?
Magalie, c'était un fucking rayon de soleil,
puis là , ça fait 7 mois qu'elle est depress!
Puis pendant ce temps-lĂ , le petit crisse,
il continue à jouer au king à l'école!
Osti!
- Qu'est-ce qu'elle a, ta main?
- Je me suis blessé au gym.
- C'est arrivé quand?
- C'est pas de tes affaires.
- Je pense que oui, moi.
- C'est le père de Jules qui arrêtait pas d'insister.
- Ah oui? Insister comment?
- Il m'a offert vraiment beaucoup de cash.
Il se pointait tout le temps chez nous.
Il appelait mes parents genre 5 fois par jour.
C'est un vrai freak.
- Hum...
- Il voulait clairement pas que ça sorte.
Mes parents, ils m'ont convaincue d'accepter son offre.
(reniflement)
Ils voyaient que je filais pas, puis...
Je pense qu'ils voulaient m'aider Ă passer Ă autre chose.
- Puis ç'a fonctionné, ça, passer à autre chose?
Je veux dire, l'argent, ça... ça étouffe pas la colère.
- Il est mort comment?
C'est quelqu'un qui l'a tué?
C'est pour ça que vous vouliez me parler?
- On est encore sûrs de rien pour l'instant.
On essaie juste de comprendre ce qui s'est passé.
Il paraît que t'es très proche de ton frère.
Quand il a appris ce qui s'était passé entre toi puis Jules,
comment il a réagi?
- Il m'a serrée dans ses bras.
- Et avec Jules Latraverse?
On est au courant pour les menaces de mort.
- C'est quand, la dernière fois que t'as vu Jules?
- Je m'en rappelle pas.
- Essaye donc de t'en souvenir.
(petit rire)
- OK, je pense qu'on a fini.
- T'étais ou hier soir?
- Checke, je n'ai plus rien Ă te dire.
- T'étais ou? - J'étais chez nous!
- Crisse!
(déclics d'appareil photo)
- Il est encore tĂ´t,
mais j'ai le feeling que la petite est pas impliquée.
- En tout cas, son frère, je le "truste" pas.
Puis il a l'air assez fort, il aurait pu hisser le corps.
- Ouais, mais on commence à défricher, là .
Il faut garder toutes les portes ouvertes.
- J'ai pas dit le contraire.
- Moi, ce qui me fatigue, c'est...
Pourquoi l'assassin a essayé de faire passer ça pour un suicide
sans camoufler tout le reste?
- Job d'amateur.
Genre un grand frère qui veut venger sa petite soeur.
- Désolé. Petite urgence.
Donc, on a retrouvé des pigments de peinture bleue
dans son cuir chevelu.
- Hum, hum.
- Ca vient probablement de l'arme qui a été utilisée.
On parle d'un marteau ou un pied de biche.
Une barre de fer, un genre d'outil.
- Combien de coups?
- Un, mais très violent. Pas de traces d'ADN.
L'agresseur portait sans doute des gants.
- C'était prémédité. - Pas nécessairement.
C'est pas parce que l'agresseur portait des gants
qu'il avait l'intention de commettre un meurtre.
Il faisait pas chaud ce soir, lĂ .
- Puis la corde qui a servi Ă le pendre,
il l'aurait eue par hasard?
- T'as raison.
- Sinon, je confirme que la mort est survenue
avant que le corps soit pendu.
- Puis la marque dans le dos?
- Si je compare avec la lésion au crâne,
la blessure date des mĂŞmes heures.
L'entaille est quand mĂŞme profonde.
- Hum, hum.
- Normalement, ça aurait saigné beaucoup,
mais lĂ , il y a presque pas de sang sur le chandail.
- Donc, il est mort avant que la marque soit faite.
- C'est mon hypothèse.
Le reste du corps montre aucune autre trace de coup.
Pas de fracture, pas de lésion.
- Il n'y a pas eu de lutte?
- Non, il a probablement pas eu le temps de se défendre.
- Jules rentrait chez lui. Son agresseur l'attendait.
Ca veut dire qu'il savait qu'il passait souvent par lĂ .
- Pas nécessairement. Il l'a peut-être suivi.
- Une dernière chose.
J'ai trouvé ça dans sa bouche.
- Un os de poulet?
- C'est pas clair. Faudrait le faire analyser.
- Hum... Assassiné en mangeant.
Avez-vous trouvé des traces de sauce barbecue
au bout de ses doigts?
(petit rire)
- Comment ç'a pu se retrouver là ?
- Il y a qu'une option.
- C'est le meurtrier qui lui a mis dans la bouche.
(gazouillis d'oiseaux)
- Maman?
Ca va?
J'ai trouvé le chien du voisin.
Qu'est-ce qui s'est passé?
OK, il faut que tu manges un peu.
Je t'ai préparé une soupe.
Force-toi un peu, maman.
(ouverture de porte)
(fermeture de porte)
- HĂ©, allĂ´, mon amour!
Le rendez-vous de Ludo s'est pas super bien passé.
Selon Dre Schneider, lĂ , il a...
il y a vraiment pas de progrès depuis la dernière fois.
Mais j'ai quand même essayé de l'encourager, là .
Puis je pense que finalement, on va rester à Montréal, OK?
Tu sais, pour la fin de semaine. Ca va lui changer les idées.
Puis toi, ta journée?
J'ai hâte de savoir comment ton boss a réagi
quand tu lui as annoncé que tu partais.
Bien, sérieux, je sais que tu l'as sûrement pas fait, là ,
mais attends pas trop, OK?
Puis appelle-moi s'il est pas trop tard, OK?
Je t'embrasse. Bye.
- Le Seigneur me traite selon ma justice.
Il me traite selon la pureté de mes mains,
car j'ai gardé le chemin du Seigneur.
Je n'ai pas été infidèle à mon Dieu.
Toutes ses lois ont été devant moi,
et je n'ai pas répudié ses commandements.
Je n'ai pas répudié ses commandements.
(fracas, sursaut)
- What the fuck?
(cliquetis du verrou)
- Bon matin, Bernier!
- Clémence, ça te tenterait pas?
- Hein?
- Bernier, c'est correct quand il y a bien du monde,
mais quand on est tous les deux tout seul...
On a quand même travaillé 11 ans sur le même plancher.
- Ah, câl... C'est quoi, là ?
Est-ce que tu l'as encore sur le coeur
que je t'aie pas donné le lead sur le dossier?
- Non, non. C'a rien Ă voir.
- Ah, non? OK, c'est noté, Clémence.
- Merci.
- Puis Blanchette, comment ça se passe?
- Elle a tendance Ă vouloir aller un petit peu trop vite,
mais sinon, jusqu'à date, ça va bien.
Elle se débrouille.
- Quand le travail est bien fait, ça va jamais trop vite.
D'ailleurs, je viens de lui parler au téléphone, là .
Bravo pour la nouvelle percée.
- Tu parles de...?
- Bien, maintenant qu'on sait
que Jules était avec son ami vendredi soir,
on peut faire bouger les choses.
- Oui, oui, oui. Bien oui. J'ai hâte de voir ça, oui.
- Blanchette est allée le rencontrer.
Je t'avais dit que c'était une machine.
- C'est elle qui t'a appelé?
- Non, non, c'est moi.
(sonnerie)
- Gabrielle Blanchette, laissez un message.
(bip)
- HĂ©, salut, Gab. Euh...
C'est quoi, ton problème? C'est moi, ta partner.
S'il y a quelque chose qui débloque,
tu m'appelles, tu me textes.
Ce serait comme la moindre des choses.
Ah oui, puis aller rencontrer un potentiel suspect tout seul?
Vraiment pas fort.
(gazouillis d'oiseaux)
(frémissement)
(brouhaha)
- Puis, la fouille du boisé?
- Toujours rien.
On vient de recevoir le rapport du lab,
puis le seul sang qu'on a retrouvé là -bas,
c'est celui de Jules Latraverse.
- La marque dans le dos, on en est ou?
- Bien, ça pourrait avoir l'air d'un chiffre.
Mais, tu sais, pourquoi le meurtrier aurait gravé ça?
- Tu m'as pas dit qu'il jouait au foot?
- Ouais.
- C'était quoi son numéro de joueur?
- Ha! OK! OK.
Passe l'équipe au complet, là , on sait jamais.
- Ouais.
- Puis là , pour vous, le père, c'est pas un suspect?
- Oui, oui, il est sur notre liste.
C'est un bizarre, lĂ ,
mais de là à ... à tuer son fils de cette façon-là ...
- Il faut rien écarter pour l'instant, là , OK?
- J'ai de quoi de solide.
Confirmé: vendredi soir,
Jules Latraverse était avec Harald St-Pierre.
- Harald?
- Oui, ils ont fait un feu sur le bord du fleuve.
- Le tison en dessous du soulier.
- Exact. Ils ont été ensemble jusqu'à 10h30.
- OK. Puis après?
- Bien, Jules est reparti.
- Tout seul? - Selon Harald, ouais.
- Ouais, OK, c'est quoi, ta bombe, lĂ ?
- Pendant qu'il était autour du feu,
William Couture s'est pointé.
- Comment il savait que Jules Latraverse était là ?
- Aucune idée. C'a l'air qu'il faisait son jogging.
Anyway, grosse engueulade.
Selon Harald, ils se sont presque battus.
- Hum.
- Puis il est bien certain que c'était William Couture?
- Ouais, je lui ai montré une photo.
Il est sûr à 100%.
(soupir)
- Ouais, mais bon...
Même si tout ça est confirmé, les amis, ça prouve rien.
- HĂ©...
(soupir)
- Peut-être pas, mais ça commence à puer solide.
(♪ Saint Peter par Zach Ryan ♪)
- Fanny, ma mère est weird depuis l'autre soir.
What the fuck?
- Je comprends pas pourquoi on l'attendrait.
- C'est trop vite!
- Mais William Couture a menti sur son alibi
puis il a déjà fait des menaces de mort à Jules Latraverse.
- On a juste des preuves circonstancielles.
- Pas de témoin, pas d'ADN, pas d'arme de crime.
- Pas grave, on a tout le reste.
On en a assez pour l'arrêter puis l'interroger serré.
- On n'en a pas assez sur lui.
Si on veut le coincer,
faut prendre le temps de faire nos devoirs.
- Il y a le père de Jules Latraverse aussi
qu'il faut pas négliger.
Le message qu'il a envoyé à son fils le soir de sa mort.
- Il y a encore plein de pistes Ă creuser.
- Je vous le dis, si on l'amène en interrogatoire,
je suis sûre que je suis capable de le faire craquer.
- OK, puis là , ce qu'ils ont trouvé dans sa bouche,
on explique ça comment?
- Hum, hum! Il y a ça, puis si c'est le chiffre un
qui a été gravé dans le dos,
ce serait quoi le lien avec William Couture?
- Attends, t'as dit que le party ou Magalie a été agressée,
c'était le 30 septembre?
- Oui, pourquoi?
- Bien, passé minuit, on tombe le premier.
- Ah, le chiffre un, la date de l'agression.
OK, essaye de le faire parler.
- Ca aurait été le fun que tu me "backes".
- Hier, quand t'es partie gérer ta petite urgence,
me semble que je t'ai "backée" pas pire.
LĂ , ton William Couture,
j'espère que tu vas réussir à le faire cracher
parce que si on veut le faire parler,
on va être obligés de lui couler de l'info.
- C'est quoi, mon dossier avance trop vite à ton goût?
- Ton dossier?
C'est pas ton dossier, c'est notre dossier.
Je sais pas comment ça se passait à Baie-Comeau,
il paraît que t'étais bien hot.
Ici à Québec, on est une famille.
Si t'essaies de faire ton one-woman-show, lĂ ,
tu vas te brûler.
(klaxon)
- Salut, ma choupette.
Il vous en reste?
- Quoi, ça?
- Des cigarettes. J'en prendrais 200.
- C'est 40 piastres.
- Bien beau.
(pas approchant)
- Tiens.
- Merci.
Ma choupette.
- Il y a juste ma mère qui m'appelle choupette.
(rire)
- Excuse-moi, j'ai été raide tantôt.
On commence Ă travailler ensemble, c'est normal.
On va apprendre à se connaître.
- T'es pas supposée prendre ta retraite?
(petit rire)
- Qui c'est qui t'a dit ça?
- Ca se jase au poste.
- Bien, tu vas être déçue parce que je m'en vais nulle part.
- Ah.
OK, c'est moi qui t'empĂŞche de partir?
Tu veux pas t'en aller?
C'est quoi ta vraie raison?
(soupir)
- Puis toi, t'étais pas une superstar à Baie-Comeau?
(rire)
Pourquoi Québec? Pourquoi maintenant?
- Ma mère est Alzheimer. Sa condition décline.
Il était temps que je revienne dans le coin.
(sonnerie de cellulaire)
Oui?
Fuck. OK.
Crisse....
- C'est quoi?
(sirène au loin)
Ca va?
(déclics d'appareil photo)
- Il a reçu un coup à tête.
Regarde son bras.
Numéro 7.
(soupir)
- Ils ont toujours rien trouvé près de la cage.
- Tout le monde est sur le gros nerf.
- Ah! Ouvrez!
- Qu'est-ce que t'as dit Ă la police hier?
- On est lĂ l'une pour l'autre.
Jules Latraverse a été pendu après sa mort,
mais là , il a été mis dans une cage.
On "deale" avec quelqu'un qui met en scène ses crimes.
- Ils viennent de trouver un nouveau corps.
Sous-titrage: MELS
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