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Original subtitles

Messieurs, avez-vous plus de 40 ans ?

Vous réveillez-vous le matin fatigué et vidé ?

Vous sentez-vous apathique ?

Ci-gisent les os cassés de L. B. Jefferies

- Jefferies. - Félicitations, Jeff.

- Pourquoi ? - Pour t'être débarrassé de ce plâtre.

Qui a dit que je m'en débarrassais ?

On est mercredi.

Exactement 7 semaines depuis que tu t'es cassé la jambe. Oui ou non ?

Gunnison, comment es-tu devenu éditeur avec une mémoire pareille ?

Épargne, industrie et dur labeur.

Et avoir découvert le patron avec sa secrétaire.

- Je me suis trompé de jour ? - Non.

Non, de semaine.

Mercredi prochain, je sortirai de ce cocon de plâtre.

Désolé, Jeff.

Je suppose que je ne peux pas toujours avoir de la chance.

Fais comme si je n'avais rien dit.

Je suis vraiment désolé pour toi, Gunnison.

Ça doit être dur pour toi de m'imaginer avec ce plâtre une semaine de plus.

Cette semaine va me coûter mon meilleur photographe

et te priver d'une mission importante.

- Où ça ? - Ça ne sert à rien d'en parler.

- Allez. Où ? - Au Cachemire.

On a reçu un tuyau du chef de service ce matin.

Le pays va exploser.

N'avais-je pas dit qu'il fallait garder un œil dessus ?

- Si. - Quand est-ce que je pars ? Une heure ?

- Avec ce plâtre ? Tu ne pars pas. - Arrête d'être vieux jeu.

Je peux prendre des photos d'un 4x4 ou d'un avion.

Tu es trop important pour qu'on te mette en danger.

- J'enverrai Morgan ou Lambert. - Morgan ou Lambert. Très bien.

Je manque de me faire tuer pour toi,

et tu me récompenses en volant mes missions.

Je ne t'ai pas demandé de te mettre au milieu de la piste.

Tu voulais quelque chose de vraiment différent. Tu l'as eu.

Toi aussi. Au revoir, Jeff.

Une seconde, Gunnison. Tu dois me sortir de là.

Six semaines coincé dans un T2,

sans autre occupation que regarder les voisins.

- Au revoir, Jeff. - Non, Gunnison, je…

Si tu ne me sors pas de ce marécage d'ennui,

je vais faire quelque chose d'extrême.

- Comme quoi ? - Je vais me marier.

Puis je ne pourrai plus me déplacer.

Il est temps de te marier

avant de te transformer en vieil homme solitaire et aigri.

Tu vois le tableau ?

Rentrer le soir dans un appartement surchauffé,

écouter la machine à laver, le lave-vaisselle,

le vide-ordures et ma femme qui me fait la leçon.

Les femmes ne font plus la leçon, c'est une conversation.

Vraiment ?

Peut-être dans les quartiers chics.

Pas ici.

Vraiment ? Si tu le dis. Je t'appelle plus tard, Jeff

Donne-moi de bonnes nouvelles la prochaine fois, d'accord ?

Bonjour. J'ai dit : "Bonjour !"

Oh, bonjour.

Je ne creuserai pas tant si j'étais vous.

Vous leur donnez trop d'eau.

La ferme.

Enfin !

Voyons.

L'État de New York punit les voyeurs de 6 mois de travaux forcés.

Bonjour, Stella.

Et il n'y a pas de fenêtres là-bas.

Autrefois, ils vous brûlaient les yeux avec un tisonnier ardent.

Est-ce qu'une de ces bimbo en bikini vaut la peine de se faire brûler les yeux ?

On là là. Nous sommes devenus une race de voyeurs.

Les gens devraient regarder ce qu'il se passe chez eux.

Oui, monsieur.

Que pensez-vous de ma philosophie maison ?

Reader's Digest, Avril, 1939.

- Je ne cite que les meilleurs. - Oui.

Ce n'est pas la peine de prendre ma température.

Taisez-vous. Voyons si vous dépassez 37,8.

J'aurais dû être diseuse de bonne aventure

au lieu de devenir infirmière à domicile.

Je flaire les ennuis à des kilomètres.

Avez-vous entendu parler du krach de 29 ? Je l'ai prédit.

Comme avez-vous fait ?

C'est simple.

Je soignais un directeur de General Motors.

Ils parlaient de problèmes de rein, j'ai vu que c'étaient les nerfs.

Je me suis alors demandée pourquoi il serait nerveux.

Je me suis dit : "Surproduction. Krach."

Quand General Motors a besoin des toilettes 10 fois par jour,

le pays est prêt à s'effondrer.

Vous savez Stella, en économie,

les problèmes de rein n'ont rien à voir avec le marché boursier.

- Rien du tout. - Mais il s'est bien effondré.

Je sens les ennuis ici, dans cet appartement.

Vous commencez par vous casser la jambe, puis vous observez par la fenêtre

ce que vous ne devriez pas voir. Des ennuis.

Je vous vois déjà au tribunal, entouré d'avocats en costume du dimanche.

Vous plaidez et dites au juge que c'était innocent,

que vous aimez vos voisins, comme un père.

Le juge vous félicite

d'avoir donné naissance à trois ans en centre pénitentiaire.

J'aimerais bien quelques ennuis en ce moment.

- Vous avez un manque d'hormones. - Vous voyez ça sur le thermomètre ?

Ces beautés que vous regardez

n'ont pas fait monter votre température d'un degré en un mois.

C'est parti.

Encore une semaine.

Je pense que vous avez raison. On va avoir des ennuis ici.

Je le savais.

Il vous arrive de chauffer ça ?

- C'est pour activer votre circulation. - Je vois.

Quel genre d'ennuis ?

- Lisa Fremont. - Vous plaisantez ?

C'est une jeune fille magnifique et vous êtes en assez bonne santé.

- Elle veut que je l'épouse. - C'est normal.

- Je ne veux pas. - Ce n'est pas normal.

Je ne suis pas prêt pour le mariage.

Tous les hommes sont prêts quand ils rencontrent la bonne fille.

Lisa Fremont est la bonne fille pour tout homme avec un demi-cerveau

qui arrive à ouvrir un œil.

Elle n'est pas mal.

- Vous vous êtes disputés ? - Non.

- Elle est enceinte ? - Quoi ?

- Stella, voyons. - Ce ne serait pas la première fois.

Certains mariages très heureux

ont commencé comme ça.

- Ce n'est pas la femme pour moi. - Elle n'est que parfaite.

Elle est trop parfaite, a trop de talent, est trop belle, trop sophistiquée.

Elle a tout sauf ce que je veux.

Vous voulez quelque chose dont vous pouvez parler ?

Quoi ? C'est très simple, Stella.

Elle fait partie de l'atmosphère raréfiée de Park Avenue.

Les restaurants hors de prix et les cocktails littéraires.

Les gens intelligents s'adaptent à leur milieu.

Vous la voyez parcourir le monde avec un petit photographe

qui n'a jamais d'argent sur son compte ?

Si seulement elle était ordinaire.

Vous n'allez jamais vous marier ?

Je me marierai sûrement un jour,

mais ce sera avec quelqu'un qui voit plus en la vie

qu'une nouvelle robe, un dîner huppé

ou le dernier scandale.

Il me faut une femme qui… Attention.

Qui est prête à aller n'importe où, faire n'importe quoi et adorer ça.

Je devrais être honnête et rompre avec elle.

- La laisser trouver quelqu'un d'autre. - Je vous imagine déjà :

“Sors de ma vie, femme parfaite.

“Tu es trop bien pour moi."

Écoutez, M. Jefferies. Je n'ai pas fait d'études,

mais je peux vous dire une chose.

Quand un homme et une femme se rencontrent et se plaisent,

ils devraient fusionner, boum, comme des taxis sur Broadway,

au lieu de s'analyser comme des échantillons de laboratoire.

On peut approcher le mariage de façon intelligente.

L'intelligence.

Rien n'a causé autant de soucis à la race humaine que ça.

Le mariage moderne.

- Non, nous avons fait des progrès. - N'importe quoi.

Autrefois, on voyait quelqu'un qui nous plaisait et on se mariait.

Maintenant, on lit beaucoup de livres, on utilise des mots à rallonge

et on se psychanalyse

jusqu'à ce que les soirées en amoureux ressemblent à des entretiens d'embauche.

Les gens ont des niveaux émotionnels différents…

Quand j'ai épousé Myles, nous étions des marginaux inadaptés.

Nous le sommes encore, et nous avons adoré chaque instant.

C'est bien, Stella.

- Vous voulez bien me faire un sandwich ? - Oui.

Je tartinerai un peu de bon sens sur le pain.

Lisa déborde d'amour pour vous.

Je vous suggère de l'épouser.

Elle vous paie combien ?

Et voilà.

- Voici la clé. - Merci.

Si vous voulez quelque chose, appelez-moi.

Chérie. Viens.

Je dois te faire franchir le seuil.

Vous faites du lèche-vitrines.

- Comment va ta jambe ? - Elle me fait un peu mal.

- Et ton ventre ? - Aussi vide qu'un ballon de foot.

- Et ta vie amoureuse ? - Pas très active.

Quelque chose d'autre te dérange ?

Qui êtes-vous ?

De haut en bas, Lisa.

Carol.

Fremont.

La Lisa Fremont qui ne porte jamais deux fois la même robe ?

Seulement parce que c'est ce qu'elle doit faire.

Ça vient de l'avion de Paris. Penses-tu que ça va vendre ?

Ça dépend du devis. Voyons voir.

Il y a le billet d'avion, la douane, les taxes cachées, le profit…

- C'est une super offre à 1100 $. - 1100 $ ?

Ils devraient la coter en bourse.

On en vend une dizaine par jour dans cette gamme de prix.

Qui les achète, les impôts ?

Même si je devais payer, ça vaudrait le coup. Juste pour l'occasion.

Pourquoi, il se passe quelque chose d'important ?

Il se passe quelque chose d'important ici.

C'est un mercredi normal, il y en a beaucoup.

C'est la première de la dernière semaine déprimante du plâtre de L. B. Jefferies.

Je n'ai pas remarqué de demande pour des billets.

C'est parce que je les ai tous achetés.

Cet étui à cigarettes a bien vécu.

Il vient de Shanghai, qui a aussi bien vécu.

Il a des fissures, et tu ne t'en sers jamais. Il est trop orné.

Je vais t'en faire faire un tout simple en argent avec tes initiales.

Tu ne devrais pas dépenser le fruit de ton dur labeur ainsi.

J'en avais envie.

Et si on commençait par dîner au '21' ?

Une ambulance nous attend en bas ?

Non, mieux que ça, le '21”.

Merci, Carl. La cuisine est sur la gauche.

Je vais prendre le vin.

- Bonsoir, M. Jefferies. - Carl.

Mettez tout dans le four à basse température, Carl.

- Oui, madame. - Ouvrons le vin.

D'accord.

C'est un Montrachet.

Un grand verre. Il y a un tire-bouchon là-bas.

Je m'en occupe.

- C'est assez grand ? - Oui, ça ira.

Je ne peux imaginer rien de plus ennuyeux que ce que tu dois vivre,

- et la fin doit être terrible. - Je vous en prie.

D'accord.

Oui, je veux qu'on m'enlève ça pour pouvoir bouger à nouveau.

Je vais rendre cette semaine inoubliable.

C'est parfait, merci.

Une seconde, Carl.

- Cela devrait aussi couvrir le taxi. - Merci, Mlle Fremont.

- Bon appétit, M. Jefferies. - Oui. Bonsoir.

Bonsoir.

Quelle journée.

- Fatiguée ? - Pas du tout.

J'ai passé la matinée en réunion,

puis j'ai dû courir au Waldorf prendre un verre avec Mme Dufresne

qui rentre juste de Paris avec ses rapports secrets.

Puis j'ai dû aller au '21' déjeuner avec les gens du Harper's Bazaar.

J'en ai profité pour commander le dîner.

Puis j'avais 2 défilés d'automne aux antipodes de la ville,

suivis d'un cocktail avec Leland et Slim Hayward.

On essaie d'avoir sa nouvelle collection.

Puis j'ai dû vite rentrer me changer.

Raconte-moi tout. Que portait Mme Hayward ?

- Elle était très élégante. - Vraiment.

Elle avait une magnifique mousseline de soie faite main en Italie…

En Italie ?

- Oh, toi. - En Italie. Imagine.

Et dire que j'ai glissé 3 gentilles choses sur toi dans les journaux aujourd'hui.

- Vraiment ? - Ce genre de pub ne s'achète pas.

Je sais.

Tu risques de vouloir ouvrir un studio ici un de ces jours.

Comment le diriger depuis le Pakistan par exemple ?

Jeff…

N'est-il pas temps de rentrer ? Tu pourrais choisir tes missions.

- Si seulement une m'intéressait. - Crée celle qui t'intéresse.

- Et quitter le magazine ? - Oui.

- Pourquoi ? - Pour toi et moi.

Je pourrais te trouver un tas de reportages.

De la mode, des portraits.

- Ne ris pas, je pourrais. - C'est bien ce qui m'inquiète.

Tu me vois arriver au salon de mode en jeep

avec des bottes de terrain et une barbe de trois jours ?

Ne serais-je pas populaire ?

Je t'imagine très beau et plein de succès dans un costume de flanelle bleu marine.

Arrêtons de dire n'importe quoi.

Je ferais mieux de commencer à préparer le dîner.

Mlle Cœur Solitaire.

Au moins, ça ne risque pas de t'arriver.

Vraiment ?

Tu vois mon appartement sur la 63e rue d'ici ?

Pas exactement, mais nous en avons un ici

qui doit être aussi populaire que le tien.

Tu te souviens bien sûr de Mlle Torso, la ballerine ?

On dirait la reine des abeilles avec tous les ouvriers qu'elle veut.

Elle fait le travail le plus dur des femmes : jongler avec les loups.

Merci.

Elle a choisi celui qui a l'air d'avoir le plus d'argent.

Elle n'en aime aucun.

Tu vois ça d'ici ?

Tu as dit que ça ressemblait à mon appartement, pas vrai ?

J'espère que c'est bien cuit cette fois.

D'où vient cette magnifique musique ?

D'un compositeur dans l'appartement d'en face.

Il vit seul. Il a dû faire un mariage malheureux.

La musique est ravissante.

On dirait qu'elle a été écrite pour nous.

Ce n'est pas surprenant qu'il ait tant de mal, alors.

On ne peut pas dire que le dîner n'est pas bon.

Lisa, c'est parfait.

Comme toujours.

Tous les êtres humains vivent de la même façon.

Nous mangeons, parlons, buvons, rions tous.

Écoute…

Si tu dis ça pour éviter de me dire la vérité,

si tu as quelque chose à cacher, je peux comprendre.

- Je ne cache rien. C'est juste… - Je ne comprends pas.

Qu'y a-t-il de si différent là où tu vas

qui fait qu'on ne pourrait y vivre aussi facilement ?

Ça dépend des gens. Si je peux…

Ne s'agit-il pas de voyager en prenant des photos ?

C'est comme être un touriste toujours en vacances.

C'est ton opinion.

Tu as le droit de penser ça. Mon point de vue…

C'est ridicule de dire que ça ne peut être fait

que par un petit groupe de personnes choisies.

J'ai fait une simple affirmation vraie,

mais je peux l'expliquer si tu veux bien te taire une minute.

Si ton opinion est aussi malpolie que toi, ça ne m'intéresse pas.

Allons. Calme-toi.

Je ne suis pas à ma place ici. Tu n'es pas à ta place là-bas.

D'après toi, les gens devraient naître, vivre et mourir au même endroit !

Tais-toi !

- As-tu déjà mangé des têtes de poisson ? - Bien sûr que non.

Tu risquerais de le faire si tu venais avec moi.

As-tu déjà essayé de rester au chaud dans un C-54 à 5000 m d'altitude et à moins 30°C ?

Tout le temps. Dès que j'ai une pause café.

T'a-t-on déjà tiré dessus ? Renversée en voiture ?

Agressée la nuit

parce que quelqu'un n'a pas aimé sa photo ?

As-tu… Ces talons hauts sont très adaptés à la jungle.

Tout comme la lingerie et les collants à 10 deniers.

- Cinq. - D'accord, cinq.

Ils seraient populaires en Finlande juste avant que tu ne meures de froid.

Une chose que je sais très bien faire, c'est porter les vêtements adaptés.

Oui.

Essaie de trouver un anorak au Brésil, même quand il ne pleut pas.

Lisa, dans ce boulot, on n'a qu'une seule valise.

On vit dans son moyen de transport.

On ne dort pas beaucoup. On se douche encore moins.

Et parfois ce qu'on mange

vient de choses qu'on n'osait regarder même quand c'était vivant.

Jeff, tu n'as pas besoin d'être dégoûtant juste pour prouver que j'ai tort.

Dégoûtant ? J'insiste sur les côtés positifs.

Il faut bien l'avouer, Lisa, tu n'es pas faite pour ce genre de vie.

Peu de personnes le sont.

- Tu es trop têtu pour qu'on en parle. - Non, je suis sincère.

Je sais, un homme avec moins de scrupules m'aurait dit que c'était des vacances,

et j'aurais été très déçue mais trop tard.

Attends une seconde.

Si tu veux qu'on devienne méchants, je peux faire ça.

Non, pas particulièrement.

Ça s'arrête là alors ?

Tu ne veux pas rester ici, et je ne peux pas partir avec toi.

Ce ne serait pas bien.

Ne crois-tu pas que l'un de nous pourrait changer ?

Je n'en ai pas l'impression pour l'instant.

Je t'aime. Qu'importe ton métier.

J'aimerais juste faire partie de ta vie.

C'est décevant de découvrir que ce n'est possible

que si je m'abonne à ton magazine.

Je suppose que je ne suis pas la fille que je pensais être.

Tu es parfaite, Lisa.

La ville toute entière mange dans ta main.

Pas toute, à ce qu'on dirait.

- Au revoir, Jeff. - Tu veux dire bonne nuit.

Je veux dire ce que j'ai dit.

Lisa, ne pourrait-on pas…

Ne pourrait-on pas rester comme ça ?

Sans avenir ?

Quand te reverrai-je ?

Pas avant longtemps.

En tout cas,

pas avant demain soir.

Non !

Non ! La pluie.

Attrape ça. Le reste de la couverture. Attends, je vais chercher l'horloge.

Oh, non !

Rentre-la.

Tire dessus.

Laisse-moi faire.

Et voilà.

Non, tu ne peux pas rentrer. Il est bien trop tard.

Non, pas maintenant. Enlève ton pied. Bonne nuit.

- Qu'est-ce que c'est censé être ? - Elle s'appelle "Faim”.

On aurait pensé que la pluie allait apporter la fraîcheur.

- Mais la chaleur est devenue humide. - Oh, oui, là.

C'est tendu, là.

Vous savez, la compagnie d'assurance préférerait

que vous dormiez dans votre lit au lieu de la chaise roulante.

- Comment le savez-vous ? - Vos yeux sont tout rouges.

Vous avez dû épier par la fenêtre pendant des heures.

Oui.

Qu'allez-vous faire si on vous surprend ?

Ça dépend qui.

- Si c'était Mlle Torso… - Ne pensez pas à elle.

Elle aime vraiment faire la fête.

Qui, elle finira grosse, alcoolique et malheureuse.

Oui.

En parlant de malheureuse, la pauvre Mille Cœur Solitaire buvait seule au lit hier soir.

La pauvre. Enfin.

Elle trouvera peut-être le bonheur un jour.

Oui, et un homme perdra le sien.

N'y-a-t-il personne dans le quartier qui serait intéressé par elle ?

Je ne sais pas.

Le vendeur sera peut-être disponible bientôt.

- Sa femme et lui se séparent ? - Je n'arrive pas à comprendre.

Il est sorti plusieurs fois dans la pluie hier soir avec sa mallette.

C'est bien un vendeur, non ?

Que pourrait-il vendre à 3 heures du matin ?

Des lampes-torche ?

Des cadrans lumineux pour montres. Des numéros de maison qui s'allument.

Je ne crois pas.

Je crois qu'il enlevait quelque chose de l'appartement.

Ses effets personnels.

- Il va la quitter, ce lâche. - Oui.

C'est parfois pire de rester que de partir.

Oui, mais il faut être assez vil pour faire quelque chose comme ça.

Et ce matin ? Des changements ?

Les stores sont baissés.

- Avec cette chaleur ? - Oui.

Plus maintenant.

- Reculez ! - Où voulez-vous que j'aille ?

- Allez, cachez-vous. - Qu'y a-t-il ?

Le vendeur regarde par la fenêtre. Vous voyez ?

Reculez ! Il va vous voir.

Je ne suis pas timide. On m'a déjà regardée.

Ce n'est pas un regard ordinaire.

C'est le genre de regard qu'on a

quand on craint que quelqu'un nous regarde.

Recule. Il va t'attraper.

Allez, rentre à la maison.

Au revoir, M. Jefferies. A demain.

Et ne dormez plus dans cette chaise.

Quelles conversations passionnantes.

Stella.

Vous pouvez m'amener ces jumelles ?

Je sens les ennuis.

Je serai contente quand ils auront enlevé le plâtre et que je pourrai partir.

Qu'est-ce qu'une fille doit faire pour qu'on la remarque ?

Si elle est jolie, pas grand-chose.

- Il suffit d "'être". - Et je ne suis pas ?

Regarde-moi.

Je ne suis pas exactement de l'autre côté de la pièce.

Ton esprit l'est…

Quand je veux un homme, je le veux tout entier.

- N'as-tu jamais d'ennuis ? - Maintenant, si.

Moi aussi.

Parle-m'en.

Pourquoi…

Pourquoi un homme quitterait-il son appartement de nuit avec une valise

sous la pluie, trois fois de suite, pour revenir.

Il aime l'accueil que lui réserve sa femme.

Non.

Pas cette femme-là.

- Pourquoi n'est-il pas allé travailler ? - Il travaille chez lui. C'est plus intéressant.

Qu'y a-t-il d'intéressant dans un couteau de boucher

et une petite scie

enroulés dans du papier journal ?

Rien, Dieu merci.

Pourquoi n'est-il pas entré dans la chambre de sa femme ?

Je n'ose y répondre.

Je vais y répondre, Lisa. Quelque chose ne va pas.

- Et je crains que ça me concerne. - Qu'en penses-tu ?

Quelque chose de trop effroyable pour en parler.

Il est sorti il y a quelques minutes en sous-vêtements et n'est toujours pas rentré.

Quel travail effroyable.

Par où commencer pour découper un corps humain ?

Jeff, je t'avoue que tu commences à m'inquiéter un peu.

Jeff, tu m'as entendue ? Tu commences à…

Il revient !

- Jeff, si tu te voyais ! - Quoi ?

Regarder par la fenêtre pour tuer le temps est une chose,

mais de le faire comme ça, avec de jumelles et des idées folles

à propos de chaque petit détail, ce n'est pas sain !

Tu penses que c'est un loisir pour moi ?

Je ne sais pas,

mais si tu n'arrêtes pas, je m'en vais.

- Que… - Que cherches-tu ?

Je veux découvrir ce qui ne va pas avec la femme du vendeur.

Est-ce que ça me donne l'air d'un fou ?

Pourquoi penses-tu que quelque chose ne va pas ?

Beaucoup de choses. C'est une invalide qui a besoin de soins constants.

Mais personne n'est allé la voir aujourd'hui. Pourquoi ?

Elle est peut-être morte.

Où est le médecin ? Où sont les pompes funèbres ?

Elle a peut-être pris un sédatif.

Il est dans la pièce maintenant. Il n'y a rien à voir.

Il y a quelque chose… Je l'ai vu par la fenêtre.

J'ai vu des disputes,

des voyages mystérieux de nuit, des couteaux, des scies et des cordes.

Et je n'ai pas vu sa femme depuis hier soir.

Où est-elle ?

- Je n'en sais rien. - Que fait-elle ? Où est-elle ?

Il la quitte peut-être. Je n'en sais rien. Ça m'est égal !

Beaucoup de personnes ont des couteaux, des scies et des cordes.

Et beaucoup d'hommes ne parlent pas à leurs femmes de la journée.

Beaucoup de femmes rouspètent et leurs maris les détestent,

mais peu d'histoires finissent en meurtre, si c'est ce que tu imagines.

C'est difficile pour toi d'éviter d'en parler, pas vrai ?

- Tu as vu tout ce qu'il a fait, non ? - Bien sûr…

Parce que les stores étaient levés

et qu'il a traversé le couloir, la rue et la cour.

Je l'ai vu arranger les fleurs…

Tu penses qu'un meurtrier te laisserait voir tout ça ?

Qu'il ne baisserait pas les stores pour se cacher ?

C'est là qu'il est malin. Il est nonchalant.

C'est là que tu n'es pas malin.

Un meurtrier n'afficherait pas son crime devant une fenêtre ouverte.

Pourquoi pas ?

Pour autant que tu saches,

Il se passe sûrement quelque chose de bien plus sinistre là-bas.

Où ?

Sans commentaire.

Commençons par le début, Jeff.

Dis-moi tout ce que tu as vu

et ce que tu penses que ça veut dire.

- Oui. - Le nom sur leur boîte à lettres

est "M. et Mme Lars."

L-A-R-S.

Lars Thorwald.

Quel est le numéro de l'appartement ?

125 Ouest 9e Rue.

Merci, chérie.

- Quelle est ma prochaine mission, chef ? - Rentre chez toi.

D'accord. Que fait-il maintenant ?

Il est assis dans le salon dans le noir.

Il ne s'est pas approché de la chambre.

Maintenant, rentre chez toi dormir.

- Bonne nuit. - Bonne nuit.

De quoi s'agit-il, Jeff ?

Je ne peux pas t'en parler au téléphone, Doyle.

Tu dois être là pour tout voir.

- C'est important ? - Sûrement pas.

Un petit meurtre de quartier, c'est tout.

- Tu as bien dit "meurtre” ? - Oui, j'ai bien dit "meurtre”.

Vraiment.

Je voulais juste de donner un peu de boulot.

J'ai pensé qu'un bon détective serait ravi de détecter quelque chose.

- Je ne travaille pas. - Quoi ?

C'est mon jour de congé.

Mes meilleures photos ont été prises pendant mes jours de congé.

- Je passerai. - D'accord, Doyle. Dès que possible.

Vous êtes merveilleuse, Stella. Regardez-moi ça.

J'apprécie beaucoup. Je comprends que votre mari vous aime toujours.

- La police. - Quoi ?

- Vous avez appelé la police. - Pas exactement.

Pas un appel officiel. C'est un vieil ami à moi.

Un vieil ami irritable.

Où pensez-vous qu'il l'ait découpée ?

Bien sûr. La baignoire.

C'est le seul endroit OÙ il aurait pu nettoyer le sang.

Il ferait mieux de sortir la malle avant qu'elle ne fuie.

Harry ?

Regardez, M. Jefferies.

J'espérais que Doyle serait là avant qu'il n'enlève la malle,

sinon j'aurais appelé la police. On va la perdre, maintenant.

- Ne bougez pas. - Ne faites rien d'idiot.

Je vais vérifier le nom du camion.

Je garderai un œil sur l'allée.

Longue distance.

Tu n'as vu ni le meurtre ni le corps. Comment sais-tu que c'est arrivé ?

Parce que tout ce qu'il a fait est suspect.

Il sort la nuit dans la pluie, a des couteaux, des scies, des malles et des cordes,

et sa femme n'est plus là.

J'admets que c'est mystérieux. Il y à plusieurs explications.

Le meurtre est la moins plausible.

Doyle, ne me dis pas que c'est un magicien au chômage

qui divertit le quartier avec ses tours.

C'est trop évident et stupide. Commettre un meurtre

devant 50 fenêtres ?

Puis s'asseoir en fumant un cigare

en attendant que la police l'arrête ?

Très bien, officier, au travail. Va l'arrêter.

Jeff, tu as beaucoup à apprendre sur l'homicide.

Des idiots ont commis des meurtres de façon si adroite

qu'il a fallu des centaines de policiers pour les arrêter.

Ce vendeur ne tuerait pas sa femme après le dîner,

avant de la jeter dans la malle et la ranger.

Je suis sûr que ça s'est fait.

Presque tout a été fait, sous l'effet de la panique.

C'est extrêmement improbable.

Il est assis dans l'appartement. Il n'est pas paniqué.

Tu penses que j'ai tout inventé ?

Je pense que tu as vu quelque chose.

Il y a sûrement une explication toute simple.

- Par exemple ? - Sa femme est partie en voyage.

Elle était alitée.

Oui, c'est ce que tu m'as dit.

Écoute, Jeff, je dois y aller.

Je ne vais rien dire au bureau. Laisse-moi mener ma petite enquête.

Ça ne sert à rien d'ébruiter ça.

Merci.

La femme est partie, je vais essayer de découvrir où.

D'accord.

- As-tu des maux de tête récemment ? - Pas jusqu'à ton arrivée.

Ça passera, tout comme les hallucinations.

A bientôt.

Va-t'en.

Il a un bail de six mois.

Il a déjà utilisé cinq mois et demi.

Il est calme, boit Mais sans excès.

Règle ses factures à l'heure avec sa paie de vendeur de bijoux.

Grossiste.

Aucun des voisins n'est proche de lui ou de sa femme.

Pour elle, je pense que c'est trop tard.

- Elle n'a jamais quitté l'appartement… - Où est-elle ?

- … jusqu'à 6 heures du matin hier. - Quelle heure ?

Six heures du matin.

C'est l'heure où je me suis endormi.

Dommage.

Les Thorwald quittaient leur appartement à cette heure-là.

Te sens-tu un peu bête ?

Non, pas encore.

- Comment va ta femme ? - Elle va bien.

Qui a vu leur départ ?

- Quel départ ? - Celui des Thorwald, à 6 heures du matin.

Le concierge et deux locataires.

Des déclarations sans hésitations. Ils s'accordent tous.

Les Thorwald allaient à la gare.

Comment ont-ils pu deviner ça ?

Avaient-ils des panneaux sur leurs bagages marqués "La gare à tout prix" ?

Le concierge a vu Thorwald sur le chemin du retour.

Thorwald lui a dit que sa femme partait à la campagne.

Il est bien pratique ce concierge.

As-tu vérifié ses relevés bancaires ?

A quoi servent ses informations ?

C'est un rapport par un tiers d'une histoire

racontée par le meurtrier lui-même.

Quelqu'un a-t-il vu la femme monter dans le train ?

Désolé de te le rappeler,

mais ça a commencé quand tu as dit qu'elle avait été tuée.

Est-ce que quelqu'un, toi y compris, a vu le meurtre ?

Que fais-tu ?

Veux-tu résoudre l'affaire ou faire en sorte que j'ai l'air idiot ?

Les deux, si possible.

Alors, fais du bon boulot.

Va fouiller l'appartement de Thorwald.

Il doit y avoir des preuves partout.

Je ne peux pas faire ça.

Pas maintenant bien sûr, mais quand il sort.

Ce qu'il ne sait pas ne le tuera pas.

Je ne peux pas faire ça, même s'il n'y est pas.

Pourquoi… Il a une carte de privilège ?

Ne m'énerve pas.

Même un détective ne peut pas aller fouiller un appartement.

Si on me prenait, je serais viré sur-le-champ.

D'accord. Ne te fais pas prendre.

Si tu trouves quelque chose, tu as un meurtrier,

et ces règles ne voudront rien dire.

Si tu ne trouves rien, il est innocent.

Au risque de paraître guindé, j'aimerais te rappeler la Constitution

et la phrase : "Mandat d'arrêt fourni par un juge

“qui connaît par cœur les droits de l'homme ."

- Il doit demander des preuves. - Donne-lui-en.

Oui, je m'y vois bien.

"M. le juge, j'ai un ami qui est détective amateur.

“L'autre soir, après avoir bien mangé, il…"

Il me jetterait le code pénal à la figure.

Et il y en a six volumes.

Demain matin, il risque de ne plus y avoir de preuves

dans cet appartement. Tu le sais.

C'est le cauchemar de tout détective.

Que te faut-il avant de fouiller ?

Dis-moi. Que te faut-il ?

Des traces de pas ensanglantés qui mènent à la porte ?

Je n'ai pas besoin qu'on me chahute. Tu m'as demandé mon aide.

Maintenant, tu te comportes comme un contribuable.

Comment a-t-on pu se supporter dans cet avion

pour trois ans pendant la guerre ?

Je vais aller à la gare vérifier ce que raconte Thorwald.

Ne t'occupe pas de ça.

Trouve la malle. Mme Thorwald est dedans.

J'avais presque oublié.

Il y avait une carte postale dans sa boîte aux lettres.

Elle a été envoyée hier à 15h30 de Merritsville.

C'est à une centaine de kilomètres au nord d'ici.

Le message dit : "Bien arrivée. Je me sens déjà mieux.

“Bisous, Anna.”

C'est…

Anna… C'est bien ce que je crois ?

Mme Thorwald.

As-tu besoin de quelque chose, Jeff ?

Tu pourrais m'envoyer un bon détective.

- Allô ? - Bonjour, Mme Doyle ?

- Oui ? - C'est encore Jeff. Tom est-il rentré ?

Pas encore, Jeff.

Tu n'as même pas eu de ses nouvelles ?

Non. Est-ce vraiment important, Jeff ?

Oui, j'en ai bien peur, Tess.

Je lui dirai de t'appeler dès que je lui parle.

Non.

Dis-lui de venir dès que possible.

On dirait que Thorwald s'en va.

- Qui est Thorwald ? - Il comprendra.

Au fait, Thorwald est un homme, Tess, ne t'inquiète pas.

- Bonne nuit, espèce d'idiot. - Bonne nuit.

Encore un appel longue distance.

Il y a quelqu'un à la porte.

- Salut. - Bonjour.

Bonjour.

Qu'as-tu fait à tes cheveux ?

- J'ai… - Regarde Thorwald.

Il se prépare à lever le camp. Regarde-le.

Il n'a pas l'air pressé.

Il met toutes ses affaires sur un des lits.

Ses chemises, costumes, manteaux, chaussettes.

Même le sac à main en crocodile

- que sa femme avait sur le bord du lit. - Et alors ?

Il était caché dans la commode. En tout cas, il y était.

Il l'a sorti, est allé au téléphone et a passé un appel longue distance.

Il avait les bijoux de sa femme dans le sac.

Ça avait l'air de l'inquiéter.

Il a demandé l'avis de quelqu'un au téléphone.

Quelqu'un qui n'est pas sa femme.

Je ne l'ai jamais vu demander son avis.

Elle l'a souvent donné, mais sans qu'il le lui ait demandé.

- Je me demande où il va. - Je ne sais pas.

- Et s'il ne revient pas ? - Il reviendra. Ses affaires sont encore là.

Je suppose qu'on peut allumer.

Pas encore !

Maintenant, c'est bon. Il a dû partir sur la droite.

J'ai passé la journée à essayer de me concentrer sur mon travail.

- Tu pensais à Thorwald ? - Et à toi et ton ami, Doyle.

- As-tu eu de ses nouvelles ? - Non.

Il devait aller vérifier la gare et la malle.

Il doit encore y être.

Quelque chose te préoccupe ?

- Je ne comprends pas. - Quoi donc ?

Les femmes ne sont pas si imprévisibles que ça.

Je n'arrive pas à deviner à quoi tu penses.

Toutes les femmes ont leur sac à main préféré

qu'elles accrochent au bout du lit pour pouvoir l'attraper facilement.

Soudain, elle part en voyage et le laisse ici. Pourquoi ?

Elle ne savait pas qu'elle partait en voyage.

Et là où elle va, elle n'a pas besoin du sac à main.

Oui, mais seul son mari le saurait.

Et ces bijoux.

On ne met pas les bijoux dans un sac à main

où ils s’emmêlent et s'abîment.

Les cachent-ils dans les vêtements de leur mari ?

Non.

Elles ne les oublient pas, non plus.

Où qu'aille une femme, à part l'hôpital,

elle prendra toujours du maquillage, du parfum et des bijoux.

Mets ça là. C'est le secret féminin ?

C'est du matériel de base.

Qu'on ne laisse pas dans le tiroir de son mari,

dans son sac à main préféré.

Je te comprends, chérie.

Mais Tom Doyle a une réponse parfaite.

Que Mme Thorwald est partie à 6 h du matin

- hier avec son mari ? - D'après ces témoins.

J'ai une objection pour M. Doyle.

Ça ne pouvait pas être Mme Thorwald ou je ne comprends pas les femmes.

Et les témoins ?

Ils ont bien vu une femme,

mais ce n'était pas Mme Thorwald.

- Pas encore, en tout cas. - Vraiment ?

Viens ici.

J'ai hâte de voir le visage de ton ami quand on lui dit.

Ça n'a pas l'air d'être un sacré détective.

Ne sois pas si dure. Il travaille bien.

J'aimerais qu'il soit déjà là.

Ne t'inquiète pas. On a toute la nuit.

- Toute la quoi ? - Nuit.

Je vais rester avec toi.

Il faudra que tu voies ça avec le propriétaire.

Je suis en congé tout le week-end.

C'est très bien, mais je n'ai qu'un lit.

Si tu continues de parler, je reste demain soir aussi.

Je ne peux pas te donner de pyjama.

Tu as dit que je devais voyager avec une seule valise.

- La tienne doit être plus grande. - C'est une valise ?

Un sac de voyage Mark Cross, en tout cas.

Compact, mais assez grand.

On dirait que tu as vite fait tes bagages.

Regarde ça. Incroyable, pas vrai ?

Je t'échange…

Mon intuition féminine contre un lit pour ce soir.

D'accord.

Encore cette chanson.

Qu'est-ce qui pousse un homme à écrire une chanson pareille ?

L'appel de la propriétaire une fois par mois.

C'est magnifique.

- J'aimerais être créative. - Ma chérie, tu l'es.

Tu as le don formidable de créer des situations difficiles.

- Vraiment ? - Oui.

Comme rester ici toute la nuit sans y avoir été invitée.

La surprise est la meilleure attaque.

Et puis, tu n'es pas à jour en matière de romans policiers.

Quand ils ont des ennuis, c'est toujours

leur assistante qui les sauve.

Celle qui les sauve des griffes

des séduisantes danseuses de music-hall

et des filles de riches passionnées ?

- Oui. - Celle-là ?

C'est drôle. Il ne finit jamais par l'épouser.

- C'est étrange. - Bizarre.

Et si je mettais quelque chose de plus confortable ?

Fais comme chez toi.

Comme la cafetière en route.

Et du cognac aussi ?

Harry.

- Jeff. - Salut.

Qu'as-tu trouvé d'autre sur ce Thorwald ?

Assez pour m'inquiéter que tu n'arriverais pas à temps.

Tu penses qu'il s'en va ?

Tout ce qu'il possède

est dans la chambre, prêt à être mis dans une valise.

Je réchauffe du cognac. M. Doyle, je suppose ?

- Tom, voici Mlle Lisa Fremont. - Enchanté.

Nous pensons que Thorwald est coupable.

Attention, Tom.

- Allô. - Le lieutenant Doyle.

Oui, il est ici. C'est pour toi.

- Allô. - Le lieutenant Doyle ?

C'est moi.

Oui.

D'accord.

Je vois. Merci. Au revoir.

Le café sera bientôt prêt.

Jeff, tu ne vas pas lui parler des bijoux ?

Les bijoux ?

Il a caché les bijoux de sa femme dans ses vêtements dans la chambre.

- Tu es sûr qu'ils sont à elle ? - Ils étaient dans son sac préféré.

M. Doyle, cela ne peut vouloir dire qu'une chose.

Quoi ?

Que ce n'est pas Mme Thorwald qui est partie avec lui hier.

C'est votre conclusion ?

Les femmes ne laissent pas leurs bijoux

quand elles partent en voyage.

Allez, Tom.

Tu n'avais pas vraiment besoin de ces informations, pas vrai ?

A vrai dire, non.

Lars Thorwald n'est pas plus un meurtrier que moi.

Tu veux dire que tu peux expliquer tout ce qui s'est passé

et continue de se passer ?

Non, et toi non plus.

C'est un monde secret et privé que tu observes.

On fait beaucoup de choses en privé qu'on ne peut expliquer.

Comme se débarrasser de sa femme ?

Arrêtez d'imaginer ça. Vous faites fausse route.

Et le couteau et la scie ?

As-tu déjà possédé une scie ?

Chez moi, dans le garage…

Combien de personnes as-tu découpées avec ?

Et les centaines de couteau que tu as eus ?

Tu raisonnes à l'envers.

Vous ne pouvez ignorer la disparition de la femme, la malle et les bijoux.

J'ai vérifié à la gare. Il a acheté un billet.

Dix minutes plus tard, sa femme a pris le train

pour Merritsville. Il y a beaucoup de témoins.

C'était peut-être une femme, mais pas Mme Thorwald.

- Ces bijoux… - Écoutez, Mlle Fremont.

Ces histoires d'intuition féminine aident à vendre les magazines.

Mais, ce sont des contes de fées.

J'ai perdu des années

à suivre des pistes fondées sur l'intuition féminine.

Je suppose que tu n'as pas trouvé la malle

et que tout ceci vient d'un vieux discours du bal des policiers.

J'ai trouvé la malle en une demi-heure.

Je suppose que c'est normal de fermer une malle avec de la corde ?

Quand la serrure est cassée, oui.

Et qu'y avait-il dans la malle ? Une lettre revêche pour moi ?

Les vêtements de Mme Thorwald.

Propres, bien rangés. Pas à la mode, mais présentables.

Les avez-vous envoyés pour analyses ?

Je les ai laissés poursuivre leur chemin en toute légalité.

Pourquoi une femme qui part en voyage

prendrait-elle toutes ses possessions ?

Laissons la psychologie féminine répondre à ça.

On dirait qu'elle ne pensait pas revenir.

C'est ce qu'on appelle un souci familial.

Si elle ne revient pas, pourquoi ne pas le dire au propriétaire ?

C'est parce qu'il cache quelque chose.

Est-ce que tu dis tout à ton propriétaire ?

Je t'ai dit de faire attention, Tom.

Si j'avais fait attention en pilotant cet avion pendant la guerre,

tu n'aurais pas pu prendre les photos

qui t'ont donné une médaille, un bon boulot, la célébrité et l'argent.

Et si on prenait un verre ensemble ?

Oublions tout ça.

On peut mentir en parlant du bon vieux temps de la guerre.

Vous laissez tomber l'affaire ?

Il n'y a pas d'affaire, Mlle Fremont.

Et ce verre ?

Je suppose que vous avez raison.

Je devrais rentrer dormir un peu.

Santé.

Ce n'est pas vraiment un petit verre.

Écoute Jeff, si tu as besoin d'aide…

Cherche dans les Pages Jaunes.

J'adore les répliques drôles quand on quitte la pièce.

- Qui est le destinataire de la malle ? - Mme Anna Thorwald.

Attendons de voir qui vient la chercher.

Au fait, cet appel. Je leur ai donné ton numéro.

- J'espère que ça ne te dérange pas. - Ça dépend qui c'était.

La police de Merritsville.

Ils ont dit qu'une Mme Anna Thorwald

était venue chercher la malle.

Ne veillez pas trop tard.

- Regarde. - Quoi ?

Il est assez jeune, non ?

Que fais-tu ?

Même si je n'aime pas attribuer trop de mérite à Thomas J. Doyle,

Il n'avait peut-être pas tort quand il a dit

que tout ça était privé.

Je me demande si c'est bien d'observer un homme avec des jumelles et un zoom.

Est-ce que tu penses que c'est bien,

même si on prouve qu'il n'a pas commis de crime ?

Je ne m'y connais pas trop en éthique du voyeurisme.

Ils peuvent faire pareil pour moi.

M'observer comme un insecte dans un bocal, s'ils en ont envie.

Jeff, si quelqu'un entrait ici, ils n'en croiraient pas leurs yeux.

- Quoi ? - Nous deux, l'air grave.

Inconsolables car on vient de découvrir qu'un homme n'a pas tué sa femme.

Nous sommes les plus horribles goules que je connaisse.

On pourrait être heureux qu'elle est vivante et va bien.

Qu'est-il arrivé à l'expression : “Aime ton prochain" ?

Je pense l'appliquer dès demain.

En commençant par Mlle Torso.

Pas si je dois déménager en face

et faire la danse des sept voiles toutes les heures.

Le spectacle est terminé.

Voyons les prochaines attractions.

M. Doyle pense-t-il que j'ai volé ce sac de voyage ?

Non, Lisa, je ne crois pas.

- Qu'en penses-tu ? - Disons que…

- Je vais reformuler ma question. - Merci.

Ça te plaît ?

- Oui. - Alors…

Qu'y a-t-il ?

- Quelqu'un est blessé ? - C'est le chien.

Il est arrivé quelque chose au chien.

Que se passe-t-il ? Quelqu'un est passé par la fenêtre ?

C'est un chien là-bas.

Il est mort.

On l'a étranglé. Il a le cou brisé.

Qui a fait ça ?

Qui d'entre vous a tué mon chien ?

Vous ne comprenez pas le sens du mot "voisins".

Les voisins s'aiment bien, se parlent,

s'inquiètent de la santé des autres.

Pas comme vous !

Je ne m'imaginais pas que vous vous abaisseriez

à tuer un pauvre chien innocent.

La seule chose dans ce quartier qui aimait quelqu'un.

L'avez-vous tué parce qu'il vous aimait bien ?

Juste pour ça ?

Rentrons.

Rentrons à l'intérieur. Ce n'est qu'un chien.

Tom Doyle m'avait presque fait croire que je me trompais.

- Mais plus maintenant ? - Regarde.

De toute la cour, seule une personne n'est pas venue à la fenêtre.

Regarde.

Pourquoi Thorwald voudrait-il tuer un petit chien ?

Parce qu'il en savait trop ?

Est-ce que ça vaut la peine d'attendre toute la journée pour voir ?

Il nettoie la maison ?

Il lave les murs de la salle de bain.

Il devait y avoir beaucoup d'éclaboussures.

Pourquoi pas ? C'est ce qu'on pense tous.

S'il l'y a tuée, il doit nettoyer les taches avant de partir.

Oh, Stella, vos mots.

Personne n'a inventé de mots polis pour un meurtre jusqu'ici.

Lisa ? Sur l'étagère, il y a une boîte jaune. La vois-tu ?

- En haut ? - Oui.

Apporte-la-moi. Et apporte-moi aussi l'objectif.

Je viens d'avoir…

C'était il y a deux semaines.

J'espère avoir pris autre chose que ma jambe. Laquelle…

- Que cherches-tu ? - Ici.

Si j'ai raison, je viens de résoudre un meurtre.

- Mme Thorwald ? - Non.

Non, le chien.

Je pense savoir pourquoi il a tué le chien.

Regarde. Dis-moi ce que tu vois.

Maintenant, enlève-le.

Encore une fois. Tu vois ?

Ce n'est qu'une photo de la cour.

Un changement important.

Les fleurs dans la plate-bande chérie de Thorwald.

Là où le chien reniflait ?

Là où le chien creusait. Regardez ces fleurs.

Regardez. Les deux zinnias jaunes au bout

sont plus courts qu'avant.

Depuis quand les fleurs raccourcissent-elles en deux semaines ?

- Quelque chose y est enterré. - Mme Thorwald.

Vous n'avez pas passé beaucoup de temps dans les cimetières.

M. Thorwald pourrait difficilement mettre le corps de sa femme

dans un trou de trente centimètres carrés.

A moins qu'elle ne soit debout dedans,

et il n'aurait pas besoin d'un couteau et d'une scie.

Je pense que ses restes sont éparpillés dans la ville.

- Une jambe dans la rivière… - Stella, arrêtez !

Non. Il y a quelque chose.

On a enlevé et remis ces fleurs.

C'est peut-être le couteau et la scie.

- Appelons le lieutenant Doyle. - Non, on va attendre.

Quand il fera plus sombre, j'irai les déterrer.

Quoi ? Tu ne vas rien déterrer, ni te faire briser le cou.

Non, on a…

On ne va pas appeler Doyle tant qu'on n'a pas le corps de Mme Thorwald.

On doit rentrer dans l'appartement.

Il fait ses bagages.

Donne-moi un crayon.

Stella, apportez-moi du papier. Il y en a quelque part.

Le voilà.

QUE LUI AVEZ-VOUS FAIT ?

Vous l'avez fait, Thorwald.

- Attention, Lisa. - Vous n'auriez pas dû la laisser y aller.

- S'il… - Regardez.

Dieu merci, c'est fait.

- Puis-je prendre un verre ? - Bien sûr.

C'est clair qu'il part. Mais quand ?

Puis-je utiliser ce trou de serrure portable ?

Oui, tant que vous me dites ce que vous voyez.

- Je me demande… - Quoi ?

Mlle Cœur Solitaire vient de sortir quelque chose

qui ressemble à des capsules de méthaqualone.

Vous pouvez voir ça d'ici ?

J'en ai touché assez pour endormir toute la population de Hackensack

pour l'hiver.

Est-ce qu'elle en a assez pour…

Non, mais ce sera plus facile de…

Il était moins une, non ?

Quelle a été sa réaction quand il a vu la lettre ?

Pas le genre d'expression qui lui obtiendrait un prêt rapide à la banque.

Jeff, le sac à main !

Et si l’alliance de Mme Thorwald

était dans le sac, elle aussi ?

Pendant l'appel téléphonique, il a montré trois bagues.

Une avec un diamant, une autre avec une pierre précieuse

et un simple anneau en or.

Elle ne risque pas d'avoir oublié son alliance.

Stella, vous arrive-t-il d'oublier la vôtre ?

Le seul moyen de me l'enlever serait de me couper le doigt.

Allons voir ce qui est enterré dans le jardin.

Pourquoi pas ? J'ai toujours voulu rencontrer Mme Thorwald.

- De quoi parlez-vous ? - Vous avez une pelle ?

- Bien sûr que non. - Il doit y en avoir une dans la cave.

Jeff, si tu as la frousse, ne regarde pas.

La frousse ? Je n'ai pas la frousse.

Je ne veux pas que vous finissiez comme le chien, c'est tout.

Vous savez, Mlle Fremont, Il n'a peut-être pas tort.

Une seconde. Tenez-moi ça.

Ne prenons pas de risques.

Passe-moi l'annuaire.

Pourquoi ?

Je peux peut-être le faire sortir de l'appartement.

- Il nous faut quelques minutes. - Je vais tenter d'en avoir quinze.

- Comment ? - Thorwald.

Thorwald… Thorwald…

Chelsea 27099.

27099.

On lui a fait peur une fois, on peut peut-être recommencer.

Enfin, quand je dis "on"…

- Vous prenez tous les risques. - Fait-il partie du groupe, Stella ?

Bien sûr.

27099. Attention.

Chelsea.

Chelsea.

Allez, décrochez, Thorwald.

Allez, vous êtes curieux.

Vous vous demandez si c'est votre copine, pour qui vous avez tué.

Allez, décrochez.

Allô ?

Avez-vous eu mon message ?

L'avez-vous eu, Thorwald ?

Qui êtes-vous ?

Je vais vous donner l'occasion de le découvrir.

Retrouvez-moi au bar de l'Albert Hotel.

Tout de suite.

- Pourquoi ? - Une petite réunion d'affaires…

Pour s'occuper de l'héritage de feu votre femme.

Je ne sais pas de quoi vous parlez.

Cessez de me faire perdre mon temps, sinon je raccroche et j'appelle la police.

- Je n'ai qu'une centaine de dollars. - C'est un début.

Je suis à l'Albert. Je vous attends.

Allez, Stella, allons-y.

Que l'une de vous surveille la fenêtre.

Si je le vois rentrer, je déclencherai un flash.

Ici la résidence Doyle.

Ici L. B. Jefferies, un ami de M. Doyle.

- Qui êtes-vous ? - Je suis une baby-sitter.

Quand vont-ils rentrer ?

Ils m'ont payée jusqu'à 1 h. Ils sont allés dîner et peut-être danser.

Je vois.

S'il appelle, pouvez-vous lui dire de contacter L. B. Jefferies sur-le-champ ?

Je risque bien d'avoir une surprise pour lui.

Est-ce qu'on a votre numéro ?

Il l'a. Au revoir.

Au revoir.

Stella avait tort au sujet de Mlle Cœur Solitaire.

Lisa, qu'est-ce que… Ne…

Lisa, que fais-tu ? Ne va pas…

Allez ! Sors de là !

Elle a dit de faire sonner le téléphone dès qu'il rentre.

- Je vais appeler maintenant ! - Donnez-lui encore une minute.

Alors, on reprend du début.

Mlle Cœur Solitaire.

Appelez la police !

- Standardiste. - Passez moi la police, quartier six.

Oui, monsieur.

M. Jefferies, la musique l'a arrêtée.

Quoi… Lisa !

Lisa !

Police du quartier 6, sergent Allgood.

Allô. Un homme agresse une femme à 125 Ouest 9e Rue.

Deuxième étage, sur cour. Faites vite !

- Votre nom ? - L. B. Jefferies.

- Numéro de téléphone ? - Chelsea 25598.

La porte était ouverte.

- Je vous ai dit… - Oh, non !

- Lâchez-moi ! Jeff ! - Oh, non !

Jeff ! Jeff !

Jeff !

Lisa !

Stella, que faire ?

Jeff !

- Jeff ! - Ils arrivent.

Qu'est-ce qu'elle fait ? Pourquoi ne pas le dénoncer ?

- Elle est intelligente. - Vraiment ? Elle va se faire arrêter.

Ça la fera sortir de là, non ?

Regardez, l'alliance !

Éteignez la lumière ! Il nous a vus !

Combien de temps pensez-vous qu'il va rester ?

A moins qu'il ne soit plus bête qu'il n'a l'air, Il n'attendra pas la fin de son bail.

Passez-moi mon portefeuille qui est dans ce tiroir.

- Pour quoi faire ? - Pour payer la caution de Lisa.

Vous pourriez l'y laisser jusqu'à mardi prochain

et vous enfuir comme prévu.

Voyons voir. 127 $.

Combien vous faut-il ?

C'est son premier cambriolage, 250 $.

- Le sac à main de Lisa. - Oui.

- Combien a-t-elle ? - Cinquante centimes.

- Prenez ça. - J'ai 20 $ dans mon sac.

Et le reste ?

Quand les policiers la verront, ils paieront d'eux-mêmes.

Faites vite.

Un instant. Faites vite !

Jefferies.

Que se passe-t-il maintenant ?

Doyle, j'ai une grosse affaire pour toi.

Pourquoi fallait-il que je te rappelle ?

Écoute, Jeff ! Ne gâche pas ma soirée avec un autre meurtrier fou…

Écoute-moi ! Lisa est en prison. Elle s'est fait arrêter.

- Ta Lisa ? - Ma Lisa.

Tu aurais dû la voir. Elle est rentrée dans l'appartement de Thorwald.

Mais il est revenu, et j'ai dû appeler la police pour la faire sortir.

- Je t'avais dit… - Je sais !

Elle est allée chercher des preuves et elle en a trouvé.

- Comme quoi ? - Comme quoi ?

Comme l'alliance de Mme Thorwald.

Si elle était vivante, elle la porterait. Non ?

- C'est possible. - Possible. C'est un fait !

Il a tué un chien hier soir parce qu'il creusait dans le jardin.

Tu sais pourquoi ? Parce qu'il y avait enterré quelque chose que le chien sentait.

Comme un vieil os ?

Peu importe comment il appelait sa femme,

mais je peux te dire une chose,

tous ces voyages de nuit avec la mallette en métal,

Il n'enlevait pas ses affaires,

parce qu'elles sont encore dans l'appartement.

C'était peut-être "vieil os”.

Oui, en morceaux.

Et je vais t'en dire plus.

Tous les appels qu'il a passés sont longue distance, d'accord ?

S'il avait appelé sa femme longue distance le jour de son départ,

après son arrivée à Merritsville,

pourquoi lui envoyer une carte pour lui dire qu'elle était bien arrivée ?

Pourquoi ?

- Où ont-ils amené Lisa ? - Au poste du quartier 6.

- J'ai envoyé quelqu'un avec la caution. - C'est peut-être inutile.

- Je m'en occupe, Jeff. - D'accord. Fais-vite.

Il sait qu'on l'observe.

Il ne va pas traîner. Dépêche-toi.

Si c'est sa bague, on lui fournira une escorte.

- A plus, Jeff. - A plus.

Allô. Tom, je crois qu'il est parti. Je ne vois pas…

Allô…

Que voulez-vous ?

Votre amie, la fille, aurait pu me dénoncer.

Pourquoi ne l'a-t-elle pas fait ?

Que voulez-vous ? De l'argent ? Je n'en ai pas.

Dites quelque chose.

Dites quelque chose ! Dites-moi ce que vous voulez !

Pouvez-vous me rendre la bague ?

Non !

Dites-lui de la ramener !

Je ne peux pas. La police l'a.

Lisa ! Doyle !

Là-bas !

Regardez ! Dans cet appartement !

Doyle !

Creele ! Donnez-moi votre arme !

Désolé, Jeff. Je suis arrivé au plus vite !

Oh, M. Jefferies ! Que personne ne le touche.

Allez chercher ma trousse de secours en haut.

Ma chérie, s'il t'était arrivé quelque chose…

Tais-toi. Je vais bien.

Je suis fier de toi !

Ça te suffit pour avoir un mandat ?

Oui.

- Lieutenant Doyle ! - Qui ?

- Il va bien ? - Il est vivant.

Thorwald est prêt à nous faire visiter l'East River.

A-t-il dit ce qui était enterré dans la plate-bande ?

Qui. Le chien est devenu trop curieux alors il l'a déterré.

C'est dans une boîte à chapeau dans son appartement.

- Vous voulez regarder ? - Non merci.

Je ne veux pas en faire partie.

J'espère que ce sera un succès. C'est sa sortie.

J'adorerais l'entendre.

Si vous saviez ce qu'elle signifie pour moi.

Réessaie, petit chien.

Ne bouge pas.

- Stanley ! - Bonjour, bébé !

Regarde ce que l'armée t'a fait !

L'armée m'a donné faim. Qu'y a-t-il dans le frigo ?

Quelle joie de rentrer.

Ça m'est égal si tu m'aides,

mais si j'avais su que tu démissionnerais, on ne se serait pas mariés.

Voyons, chérie…

AU PLUS HAUT DE L'HIMALAYA

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