All language subtitles for Year of the Jellyfish 美杜莎的面具.1984.fre

af Afrikaans
ak Akan
sq Albanian
am Amharic
ar Arabic
hy Armenian
az Azerbaijani
eu Basque
be Belarusian
bem Bemba
bn Bengali
bh Bihari
bs Bosnian
br Breton
bg Bulgarian
km Cambodian
ca Catalan
ceb Cebuano
chr Cherokee
ny Chichewa
zh-CN Chinese (Simplified)
zh-TW Chinese (Traditional) Download
co Corsican
hr Croatian
cs Czech
da Danish
en English Download
eo Esperanto
et Estonian
ee Ewe
fo Faroese
tl Filipino
fi Finnish
fr French
fy Frisian
gaa Ga
gl Galician
ka Georgian
de German
el Greek
gn Guarani
gu Gujarati
ht Haitian Creole
ha Hausa
haw Hawaiian
iw Hebrew
hi Hindi
hmn Hmong
hu Hungarian
is Icelandic
ig Igbo
id Indonesian
ia Interlingua
ga Irish
it Italian
ja Japanese
jw Javanese
kn Kannada
kk Kazakh
rw Kinyarwanda
rn Kirundi
kg Kongo
ko Korean
kri Krio (Sierra Leone)
ku Kurdish
ckb Kurdish (Soranî)
ky Kyrgyz
lo Laothian
la Latin
lv Latvian
ln Lingala
lt Lithuanian
loz Lozi
lg Luganda
ach Luo
lb Luxembourgish
mk Macedonian
mg Malagasy
ms Malay
ml Malayalam
mt Maltese
mi Maori
mr Marathi
mfe Mauritian Creole
mo Moldavian
mn Mongolian
my Myanmar (Burmese)
sr-ME Montenegrin
ne Nepali
pcm Nigerian Pidgin
nso Northern Sotho
no Norwegian
nn Norwegian (Nynorsk)
oc Occitan
or Oriya
om Oromo
ps Pashto
fa Persian
pl Polish
pt-BR Portuguese (Brazil)
pt Portuguese (Portugal)
pa Punjabi
qu Quechua
ro Romanian
rm Romansh
nyn Runyakitara
ru Russian
sm Samoan
gd Scots Gaelic
sr Serbian
sh Serbo-Croatian
st Sesotho
tn Setswana
crs Seychellois Creole
sn Shona
sd Sindhi
si Sinhalese
sk Slovak
sl Slovenian
so Somali
es Spanish
es-419 Spanish (Latin American)
su Sundanese
sw Swahili
sv Swedish
tg Tajik
ta Tamil
tt Tatar
te Telugu
th Thai
ti Tigrinya
to Tonga
lua Tshiluba
tum Tumbuka
tr Turkish
tk Turkmen
tw Twi
ug Uighur
uk Ukrainian
ur Urdu
uz Uzbek
vi Vietnamese
cy Welsh
wo Wolof
xh Xhosa
yi Yiddish
yo Yoruba
zu Zulu

Original subtitles

- Ouais ? - Tu marques ?

Pas encore. Pas avant midi.

- Vas-y. - Merci.

Tu dors ?

Vic a téléphoné.

Il veut qu'on déjeune avec lui et Marianne au 80.

- Tu viens ? - Je sais pas.

J'ai soif.

Tu veux quoi ?

Je vais essayer de tenir jusqu'à midi.

Je me baigne.

Déjà ?

Ça va, Salomé ?

- T'es tombé du lit ? - J'y suis jamais arrivé, au lit.

- C'est Dorothée. - Salut.

- Tu t'appelles Salomé ? - Non.

Si tu veux déjeuner, tu as intérêt à prévenir. Il y a un arrivage.

Non, tu es gentil, on déjeune au 80.

Ça va ?

- Qui c'est, lui ? - Je sais pas.

On va déjeuner ? Il fait trop chaud.

10 minutes.

À 30 ans, tu seras une vieille chose desséchée et ridée.

Tant pis.

Mais c'est Guttaz.

Tu sais que tu en as, de la chance, toi ?

- C'est combien, les Orangina ? - C'est payé.

Par qui ?

- C'est gentil, mais… - Ils veulent déjeuner avec vous.

- Ouais, c'est d'accord. - Attends.

Dites-leur peut-être. OK ?

"Peut-être" ? Tu préfères bouffer des frites sur la plage publique ?

Tu vas où, comme ça ?

Il fallait me le dire.

Mon petit Aldo, j'avais rien à te dire.

Tu dois d'abord me demander. Compris ?

Oui, OK.

Ces deux-là, pousse-les à faire une ardoise et laisse-moi faire.

Vu ?

Ouais, j'écoute.

- Strasbourg frites. - Deux.

Je te retiens, avec tes "peut-être". Bravo, hein !

Lâche-moi.

La 1re fois qu'on est venus, Il y avait rien.

Mais ce qui s'appelle rien. La baie était d'une beauté.

Mais oui, papa. La plèbe a eu raison de ton paradis.

- Pourquoi tu reviens ? - Je me le demande.

- Pour draguer. - Chris !

Elle a raison.

Et pour les souvenirs.

Raconte-nous ta copine, la femme du ministre.

Lolotte ?

Ah non !

Ça n'amuse pas mon fils.

Bon. Alors, casino, ce soir ?

- Pas moi. - D'accord.

T'as pas le droit.

En maquillant ma carte d'identité. Tu me prêteras une robe de mémé.

Merci.

- Tu veux jouer ? - Gagner.

Pardon, mademoiselle,

nous avons emprunté votre journal.

C'est pas grave, on l'a déjà lu. Gardez-le.

Tu charries. Et mes fiches cuisine ?

- Tu les regardes jamais. - Peter.

Ma femme, Barbara.

Chris Rivaud. Ma mère.

Enchanté.

- Tu te baignes ? - Non. Je bronze.

- Bon. Ben, salut. - Salut.

Mais non !

Oh ! Regarde !

Pas comme ça !

Donne-moi la raquette.

Va chercher la balle, toi.

Pas mou, la raquette, pas mou.

L'épaule fait tout.

- Je suis nulle, vous savez. - Mais non.

Tu armes bien le mouvement, comme ça,

et tu prolonges. Tu vois ? Panique pas, toi,

je m'occupe de toi après ! On remet ça, hein ? Allez.

- Pommade, s'il te plaît. - Voilà.

- Ça va mieux ? - Arrête. Ça va.

Tiens, bois ça.

- C'est quoi ? - Gin fizz, exceptionnellement.

Ma femme n'est pas là. Alors ça n'a pas loupé.

- Je vous remercie. - C'est vrai, ce qu'on dit ?

- Quoi ? - Qu'une méduse vous a mordue.

Je donne une conférence de presse au bar à 18 h.

- Ça ira comme ça ? - Je sais pas si je vais pouvoir.

- Qui c'est, celle-là ? - Une radasse.

Ça, merci, j'avais remarqué.

20 min, ça vous va ?

- Pas de problème. Mais vous venez ? - On vient.

- Tu as décidé Vic ? - Non, c'est lui.

Il croit devoir surveiller son père.

Quitte à vous l'infliger, il se croit le devoir de le subir aussi.

Il est chiant.

Oui. À tout de suite.

Je suis vieille.

- Arrête tes conneries. - Si, je suis vieille, à l'intérieur.

- C'est plus comme avant. - Enfin, t'as 38 ans !

Ça m'est égal, j'ai peur.

De quoi ?

De ne pas savoir décrocher.

Tu me diras, quand ce sera le moment ?

Je te dirai.

Qu'est-ce que t'as, ce soir ?

Je ne sais pas.

13, noir, impair, manque.

Le 13, plein.

Rien ne va plus.

Un autre, s'il vous plaît.

- Mais c'est Claude. - M. Guttaz.

- Pierre est là ? - Non.

Il travaille ?

- Tu connais Romain ? - De vue.

Vous êtes la maman de Salomé, non ?

C'est le vôtre ?

Viens ici, toi.

Une méduse t'a piquée ?

- Oui. - Fais voir.

- Mais enfin, Chris ! - Tu sais que ça partira jamais ?

- Oui, je sais. - Tu t'en fous ?

T'as raison. Je peux danser avec ta maman ?

Avec qui tu veux, sauf moi.

Ça va de soi.

Allons-y, chère madame.

J'y retourne.

Tu me les gardes ?

- C'est une valse. - Oui. Et alors ?

Bon.

Vous connaissez bien Guttaz ?

- Je connais ses vices. - Alors vous le connaissez.

Non. Les laboratoires Guttaz, ça se résume pas seulement au cul.

Et vous, vous le connaissez bien ?

Ni ses vices, ni ses vertus.

Mon mari a conclu une ou deux affaires avec lui.

Il le respecte, je crois.

- Et où est votre mari ? - A Paris.

- Le pauvre. - Oh non !

Pas du tout. Il ne sait pas se reposer.

Pourquoi vous vouliez danser avec moi ?

Question idiote ?

Oui.

Peut-on savoir pourquoi vous appelez ma fille Salomé ?

Non, on peut pas.

Dites-moi, on a eu votre mari. Maintenant, on a votre fille.

J'aime pas danser avec plusieurs personnes.

- Vous oubliez Guttaz. - Non, j'oublie personne.

Je l'ai utilisé pour vous rencontrer, je ne l'assimile pas aux importuns.

- Vous avez quoi ? - Plus tard.

Où est l'autre ?

- Hein ? - Ah, la voilà !

Dors bien.

Il est curieux, ce Romain.

C'est un mac.

- Un quoi ? - Un mac.

Il faut pas exagérer. Un dragueur, sûrement, ça…

Non. Il lève sur la plage, et après, il fournit.

Il quoi ? "Il fournit” ?

Oui, sur le port, dans les villas. Enfin, un mac, quoi.

Et comment tu sais ça ?

Tout le monde le sait.

Je croyais que tu avais arrêté.

Moi aussi.

Tu n'arrives pas à dormir ?

Jamais avant l'aube.

Ah bon ?

Depuis quand ?

Quelques années.

Et toi ?

Moi, je sais pas.

Je suis énervé.

- Appelez-lui un taxi, et c'est tout. - Je prendrai le train.

Le dimanche soir, il y a des loubards.

Vic n'a qu'à l'emmener.

- Oui, bien sûr. - Il nous dépose et il l'emmène.

- Merci, mais… - C'est rien.

Vas-y, tu vas rater ton avion.

Bon. Alors… au revoir.

Mets la radio, si tu veux.

Non, merci.

Bon.

Tu avais un projet ?

C'est pour ça que tu voulais prendre le train ?

Non, non.

- Tu voulais rentrer seule ? - Non.

C'est à droite, un peu plus loin.

Tu préfères qu'on ne me voie pas te déposer ?

Il faut que j'y aille.

Allô ?

- Allô ? - C'est Moi.

- Qui ça, "moi" ? - Vic.

Ah, salut. Je vous croyais avec mes parents.

- Je t'appelle du restaurant. - Ah bon ?

- Maman a oublié quelque chose ? - Non, non.

Allô ?

- Chris. - Oui ?

- On va se voir ? - Je sais pas.

Si vous montez tout à l'heure et que je suis pas couchée.

Bon. Il faut que je vous laisse.

Il vaut mieux ne pas dire à ta mère que j'ai appelé.

Et toi, Vic ?

Pardon ?

Il révait. Elle est jolie, au moins ?

- Café ? Cognac ? - L'addition.

- L'addition. - Bien, monsieur.

Bon. On va prendre un verre à la maison ?

Oui, mais en vitesse.

Le pauvre.

- Il entend vraiment plus rien ? - Rien du tout.

Il est vieux.

Remarque,

d'un côté, c'est reposant.

- Et Chris, ça va ? - Ça va.

Enfin, mieux que l'année dernière, en tout cas.

Il y a toujours une mauvaise année. Pour Christine, c'était la 4e.

Merci.

Bien. Je fais pipi et on s'en va.

- Salut. - Bonjour.

Dany. Elle est pionne à Sainte-Jeanne.

- Surveillante. - Oui. Fais pas chier.

Parfois, elle est pas possible. On y va ?

- Qui habite ici ? - Dany.

Quand elle est à Paris.

J'avais tout arrangé, et puis elle n'a plus voulu.

- Que tu m'emmènes ici ? - Oui.

- Ça lui plaît peut-être pas, alors. - Evidemment que ça lui plaït pas.

- Vous êtes fou ou quoi ? - Mais quoi ?

- Je pensais pas que vous feriez ça. - Mais quoi ?

En plus, Il y a que de l'eau froide, ici.

Je pensais que…

Enfin, je croyais que…

C'est ma mère qui décide, pour la pilule.

Si vous croyez que c'est commode.

Oh, merde ! C'est glacé.

Je suis désolé.

Oui ?

C'est moi. Tu peux venir ?

- Où ? - À la maison.

Ils sont sortis.

Bien. Je vais essayer.

Il faut que je passe au bureau prendre un dossier.

Maintenant ?

Ils ont avancé le rendez-vous à lundi. Je serai pas prêt, sinon.

Je reviens dans 45 min.

Où sont-ils ?

Au théâtre.

Qu'est-ce qu'il y a ?

Rien.

Des regrets ?

Peut-être.

Je me demande si, dans quelques années,

il te restera quelque chose de tout ça…

ou si tu auras tout effacé.

Pourquoi "effacé” ?

Je sais pas.

Comme ça.

Je me demande.

Ce que vous pouvez être sérieux.

C'est quand même pas la 1re fois.

Si.

- Ah oui ? - Je ne suis pas comme ça.

J'ai toujours détesté ceux… ceux qui font ça.

Ah ! Pourquoi ?

À cause de votre père ?

Oui ? Ah, papa !

Non, non.

Aucun appel.

Qui ? D'accord. S'il appelle, je lui dis.

Moi ? Rien. Je bouquine.

C'est l'entracte ?

Bon, d'accord. Bisous.

Non, pas un homme.

- Quoi ? - Non, j'aime pas.

Tu n'as pas dit ça.

C'est ça que je voulais dire.

- Dany, c'est ça ? La surveillante. - Dany, je l'emmerde !

Je déteste être coincée.

Pas le droit de faire ci ou ça. "Où tu vas ? À qui t'écris ?

"Tu m'appelleras ? Tu m'aimes ? Laisse-moi te regarder.

"Si, j'irai avec toi. Je serai là. Je t'écouterai faire pipi.

"T'es moi. T'es ma fille. Tout ce que j'ai jamais eu.”

Marre ! Marre ! Marre !

À défaut d'amour, tu n'aurais pas un brin de compassion ?

Même pas ?

Ça vous va bien de dire ça.

Elle a appelé votre femme.

- Quand ? - Mercredi.

C'est pour ça que j'ai pas pu vous appeler.

Elle a parlé à Marianne ?

Oui. Enfin, non.

Elle a raccroché quand j'ai promis de plus vous voir.

Votre femme doit vous attendre.

- Claude m'a appelée. - Ah oui ?

Elle va mal.

Pourquoi ?

Garde ça pour toi, j'ai juré de ne pas en parler.

La petite est enceinte.

Chris ? Tu plaisantes ?

16 ans. Tu te rends compte ?

Heureusement qu'on n'a pas de fille.

Que va-t-elle faire ?

Ce qu'on fait dans ces cas-là.

Le père, qui est-ce ?

On sait pas. Elle refuse d'en parler.

Certainement un autre gamin.

Qu'est-ce que tu en penses ?

Avec ou sans collier ?

Sans.

Bon, à demain.

On les a quand même bien eus.

Qu'est-ce que vous faites là ?

Monte.

- Tu fumes, maintenant ? - Oui.

Je suis au courant.

Eh bien, tant mieux pour vous.

Pourquoi n'avoir rien dit ?

Pour quoi faire ?

J'aurais pu…

Non, rien du tout.

Je devais le dire à maman. D'ailleurs, j'aime autant.

Pourquoi ?

Comme ça.

Tu m'en veux ?

Ça s'arrête là, Vic.

La prochaine fois qu'on se verra, je ne serai que la fille de vos amis.

Ne cherchez pas à me regarder, à me suivre ou à me parler.

Ne m'appelez pas, ne m'écrivez pas. OK ?

Laissez-moi là, je prendrai le train.

Écoute, je…

Non, je préfère.

Allez, ne faites pas cette tête.

Bonjour à votre femme.

- Je t'ai cherchée partout ! - Ah bon ?

Ben, évidemment.

- Elle est cake, ta moto. - Elle est pas à moi.

Allez, monte.

Champagne ?

Dis donc, t'as des dons d'observation hors du commun.

Dis-moi, tu t'es jamais demandé, la nuit, comme ça,

si tu reverrais jamais le soleil ?

- Non. - Non ?

Moi, si. C'est mon côté viking.

Voilà.

Tu sais que les Vikings pensaient que la Terre était plate ?

Alors ils naviguaient jamais la nuit ni dans le brouillard.

- Comment ça ? - Ils jetaient l'ancre

et se soûlaient, pour pas mourir de trouille.

"La trouille” de quoi ?

Du vide.

- Je vois pas le rapport avec nous. - C'est très bien comme ça.

À quoi tu penses ?

- À un ami. - "Un ami" ?

Un type formidable.

Guttaz, des laboratoires. Je t'en ai parlé.

Le type sur la plage ?

Tu vois le bateau, là-bas ?

Là où il y a de la lumière ?

- Tu sais pourquoi il y en a ? - Non.

Parce qu'il ne dort pas. Et tu sais pourquoi il dort pas ?

Non.

Parce qu'il est seul.

Ah bon ?

Tu sais ce qu'on va faire ?

Écoute-moi.

- Tu vas aller le voir. - Moi ?

Mais qu'est-ce que je vais lui dire ?

Que tu viens de ma part.

Ça me fera plaisir.

T'es pas contre, hein ?

Je te reverrai, après ?

Évidemment.

Oui ?

Il est tard, hein ?

Ou tôt. Qu'est-ce qu'il y a ?

Une idée.

J'écoute.

Petit déjeuner sur le port à l'aube.

- Non. - Alors je monte.

Non plus.

Écoutez, ça suffit !

- Oui, mais je suis en bas. - Et alors ?

Ben, rien. C'est con.

Désolée que vous vous soyez dérangé pour rien.

Je peux dormir ?

Pas question.

Raccrochez tant que vous voudrez, vous dormirez pas.

Je peux appeler la direction.

Oui, vous pouvez. Mais vous le ferez pas.

Bon. Alors ?

Ben, ayez une idée, soyez positive, pour une fois.

On ne se connaît pas, on ne se parle pas. Ça vous va ?

Très mauvais, nul, pas satisfaisant, négatif, lâche.

- "Lâche" ? - Lâche. Je monte.

Non.

On tourne en rond.

J'étouffe, dans cette cabine.

Vous n'êtes pas obligé d'y rester.

- Je monte 5 minutes. - Non.

- 1 minute. - Non plus.

15 secondes.

Ça vous servirait à quoi ?

- À vous voir. - Mais on s'est vus, tout à l'heure.

Seuls.

C'est non.

J'en ai assez.

Moi aussi.

Finissons-en.

15 secondes.

Pas une de plus.

Vous êtes content ?

Ça vous arrive, la nuit,

de penser que vous ne reverrez pas le soleil ?

Non.

Moi, si. C'est mon côté viking.

- Les Vikings… - Je sais ce que vous êtes.

C'est-à-dire ?

Ou, du moins, ce que vous faites.

Ah oui ?

Et alors ?

Vos 15 secondes sont écoulées.

Ce que je fais n'a rien à voir avec vous.

Comment ça, "rien à voir" ?

Vous êtes trop vieille.

C'est agréable.

Elles sont parties avec le courant. Elle est belle, là.

Les méduses, ça va, ça vient. Vous pouvez y aller.

Merci.

- Bien dormi, Aldo ? - Seul.

- Désolée. - Faut pas.

- Qu'est-ce que tu veux ? - Un café.

- Au restaurant, le café. - S'il te plaît, mon Aldo.

Arrête, je suis pas en état.

Tu m'emmènes, j'ai pas de bagnole.

Merci.

Pas trop tôt. J'ai invité les Allemands à déjeuner.

Il y a Vic et Marianne, aussi.

J'ai pas faim. Je me suis acheté des fruits.

Je croirai en tes régimes quand t'arrêteras le scotch.

Qu'est-ce que tu foutais avec Kalidès ?

Il s'appelle Kalidès ?

Je l'ai ramené.

Il est grec ?

Occupe-toi de Vic, il fait la gueule.

Ben, alors ? C'est maintenant qu'on arrive ?

Ça va ?

Il va très bien.

Pas vrai ?

Content. Content de déjeuner avec vous.

Ben, voilà.

Raconte-moi ta vie.

Qui c'est ?

Des Allemands, je sais pas.

Ils sont mignons, alors…

Jeune homme, un kir, avant tout.

Chris se sentait un devoir,

celui de se partager entre ses semblables.

Ayant vite compris que se donner n'est qu'une image

et que ce que l'on donne, justement, n'est qu'une image,

elle avait étudié avec soin l'outil au moyen duquel ce don s'accomplit

et qu'on appelle "promesse".

Vous permettez ?

Elle pouvait difficilement s'imaginer, à la fin de ce repas

où elle donna toute la mesure de son art,

que, cette année-là, une ombre planait sur elle.

Mais elle avait senti le danger,

et le danger avait déjà un visage.

Toutefois, si un homme armé,

tirant en tout sens pour atteindre une cible qu'il rate,

éprouve de la satisfaction à toucher toutes sortes de victimes innocentes,

alors Chris pouvait se prévaloir de cette satisfaction-là.

Et voilà.

- Très forte. - Assez, oui.

Tu viens te baigner ?

Il se débrouille ?

- Pas terrible. - C'est dur, au début.

Jérôme a mis une semaine pour trouver le truc.

Il mettrait une semaine pour trouver le truc, au lit avec une fille.

Tu es méchant.

Bon. Je reviens.

- Tu roules trop vite ! - T'as raison, t'as raison.

Tiens. Jean-Loup la prendra ce soir.

Aldo, merde ! Qu'est-ce que tu fous, hein ?

Ça fait 20 minutes qu'on attend !

J'ai que 2 mains. Ce sera quoi ?

- Un baby.

Merci.

De vous avoir piégée ?

C'est rafraîchissant, cette franchise.

Mais je suis un type rafraîchissant.

- À nous ? - "Nous" quoi ?

Nous.

On vous a commandé une vieille ?

J'ai pas dit : "Vieille”, j'ai dit : "Trop vieille.”

Autrement dit, c'est une démarche désintéressée,

non professionnelle, si j'ose dire.

Du calme.

Je suis très calme.

T'es sur les dents.

Pas du tout.

Tension : 24, pouls : 180, adrénaline…

N'en parlons pas.

J'ai trop envie, je t'embrasse.

Ça va pas, non ?

Bon. 21 , ce soir, chez Fernand ?

Si je me rase, elle viendra.

Non.

Si, elle viendra.

Qui viendra où ?

Arrête, tu mouilles ma chemise.

Réponds.

Fous-moi la paix, Salomé.

Pourquoi "Salomé" ?

Demande-lui.

Il veut pas me le dire non plus.

Il y a papa, au téléphone.

Quoi ?

Ton mari, Pierre Rivaud. Tu le remets ?

Tu pouvais pas le dire plus tôt ?

- Tu lui veux quoi, à ma mère ? - Va faire un château de sable.

J'ai passé l'âge. J'ai trouvé d'autres jeux.

Je sais.

Tu ne veux pas jouer ?

Jean-Baptiste y a laissé sa tête.

Connais pas.

Où tu seras, ce soir ?

Pas avec toi.

On peut savoir ce que tu fais ?

Je te fais bander.

Tu sens quelque chose ? Non.

Alors va faire un château de sable.

J'ai vu Jean-Marc, aussi, et Pamela. Ils t'embrassent.

Et puis… Et puis c'est tout.

- Il vient quand ? - Chris demande quand tu viens.

Oui, d'accord. Je t'embrasse.

- Alors, quand ? - Il ne sait pas encore. Bientôt.

C'est quoi, cette flambée d'amour filial ?

On a besoin de son papa ?

Ils n'ont rien cassé, c'est déjà ça.

Je voudrais t'y voir !

N'allez pas trop loin, on rentre dans une heure !

"Une heure", déjà ?

On s'est à peine vus.

- Je comprends pas très bien. - Quoi ?

Ce que tu veux.

Toi.

T'en es sûre ?

Toujours aussi sérieux, hein ?

On se voit, ce soir ?

Je sais pas.

11 h, ici ?

C'est malin.

- Je vais avoir l'air de quoi ? - Tu as l'air très bien.

Tu viendras ?

Va te baigner, ça te calmera.

Dis donc, t'es noire.

- Pas de flatteries. - Si, je t'assure. Superbe !

C'est vrai que tu veux retravailler ?

J'y pense, oui.

Les enfants sont grands, je m'ennuie un peu.

Non, c'est une bonne idée,

tu devrais.

- Épargne-moi le couplet, tu veux ? - Mais si, c'est vrai.

Ça va mieux ?

Ça n'allait pas ?

Il avait un peu chaud.

Il ne viendra pas.

Qu'est-ce que vous en savez ?

Il a téléphoné. Il peut pas venir.

- "Téléphoné" à qui ? - Aldo.

Pourquoi Aldo ne m'a rien dit ?

Ben, il l'a dit à moi.

Pourquoi à vous ? Pourquoi Il a pas demandé à me parler ?

Allez, il faut pas, écoute.

Foutez-moi la paix.

Laisses-en un peu pour les autres !

C'est toi qui payes ?

T'es là ?

Oui.

C'est quoi, ça ?

- "C'est quoi” quoi ? - La veste blanche.

Tu sors ? Où tu vas ?

- Chez Lamotte. - Encore ?

Il a invité des gens. J'ai dit qu'on irait.

J'y vais pas, moi. Quels gens ?

Un écrivain, je crois, et un toubib.

Sans moi. Je vais me changer.

Ah, mamie !

Alors ?

C'est la 1re fois que vous venez ici ?

- Je viens ici tout le temps. - Ah bon !

Je suis le parrain de sa fille.

- De qui ? - De Fernand.

Je l'ai connue haute comme ça. Maintenant,

c'est une vraie petite femme.

Dis donc, tu peux me boutonner, s'il te plaît ? J'y arrive pas.

Je vous fais peur ?

Complètement.

Mon grand âge, sans doute.

Ah, ça m'impressionne, oui.

Merci.

Je suis content que tu sois là.

Quoi ?

Rien.

Je pensais pas que tu viendrais.

Pourquoi ?

Ce serait pas la première fois.

Qu'est-ce que tu veux dire ?

Laisse tomber.

Enfin, Chris, c'est toi…

Évidemment, c'est moi. J'ai pris les devants.

Je t'ai tout épargné, même la rupture.

Ce que je pouvais être poire.

Écoute, Chris, ça n'allait nulle part.

C'était sans espoir.

Je t'aurais suivie partout, même nulle part,

si j'avais pu penser que…

Non, pas ici.

Non, pas comme ça.

Tu lui as dit quoi, à ta femme ?

Que je voyais un type, une relation de travail.

Tu penses qu'elle t'a cru ?

Oui.

Remarque, avec ma mêre et vos amis, là-bas, elle va pas y penser.

- "Ta mère" ? - Oui. Elle est chez toi.

Non.

Comment "non" ?

Non, elle est pas à la villa. En tout cas, pas ce soir.

Pourquoi ?

Tu croyais qu'elle devait venir ?

Pas d'importance.

Toi, il faut que tu rentres.

On a tout le temps.

Je t'appellerai. Viens.

- Je te ramène pas ? - J'ai emprunté une Mob.

Ah, bien.

Pense à moi.

Non, non. J'ai reconnu l'enfant. D'abord, il était beau

et… - Vous ne faites pas le détail.

Un enfant, ça se refuse pas, non ?

Bon. Mais ça, c'était avant ou après la partie de poker ?

C'était bien avant. Quand je louais des motos !

En Sardaigne ?

Oui, en Sardaigne.

Vous avez vendu les motos pour acheter la blanchisserie automatique

à Dijon. - Pas du tout.

J'ai vendu la blanchisserie pour acheter les motos.

- J'avais gagné la blanchisserie… - Au poker.

- C'est simple, non ? - Oui, c'est très simple.

- Bon. Il est où, ce bateau ? - ll'est là.

Alauna lll.

Un détail m'échappe. La Thaïlandaise que vous avez épousée à Stockholm…

Oui.

Vous l'avez rencontrée où ?

À Paris.

Pendant vos études de droit.

Bon, arrête. Je déteste qu'on parle de moi.

Voilà, regarde.

Alors ?

- Des scrupules ? - Non. J'ai cru…

Oui ?

Non, rien.

- Que faites-vous ? - On va pas rester là.

Ah non ?

- C'était bien elle. - Pardon ?

Sur le quai, c'était bien Salomé.

Alors, je vous ramène ?

Non.

On reste là.

Vous comptez rester aussi loin toute la nuit ?

Oh non ! Je comptais me rapprocher discrètement,

pendant la conversation.

Oubliez la discrétion. Et aussi la conversation.

À quoi tu penses ?

Tu ne me croiras pas.

- Dis quand même. - À ma mère.

Elle disait, à propos de l'amour : "Je ne comprends pas

"qu'on prenne du temps et du plaisir à cette affaire d'orifices.”

Ouais. Elle est morte ?

Oui, oui.

Il y a longtemps.

Dis-moi…

Tu n'étais pas là, l'année dernière ?

Si, mais sur une autre plage.

Et puis j'ai passé 2 bons mois à l'hôpital.

- Un accident ? - Non, une guêpe.

Quoi ?

Je suis hyper allergique, alors 2 piqûres la même année,

c'est la tente à oxygène et tout le bataclan.

C'est moche.

Non, c'est comme ça.

Tu vois le bateau, là-bas ?

Celui de Terzian.

Celui qui est éclairé ?

Il est éclairé, parce qu'il ne dort pas.

Tu sais pourquoi il dort pas ?

Parce qu'il est seul ?

- On se baigne ? - Tu ferais pas ça ?

Non, je ferais pas ça.

Je te raccompagne à ta voiture ?

Peut-être pas, non.

Je suppose qu'on s'arrête là.

Tu le dis ou tu le demandes ?

J'ai du mal à partir.

Pas facile, hein ?

Merci.

Une fois n'est pas coutume, on petit-déj ensemble.

- C'est gentil. - Merci.

J'ai commandé américain.

oeufs, saucisses, crêpes, céréales, sirop d'érable.

Je ne sais pas si je vais pouvoir.

Si, si. Le petit déjeuner français est notoirement insuffisant.

Il y a du café, au moins ?

Il y a.

Ça s'est terminé tard, ce dîner ?

- Finalement, il y en a pas eu. - Ah bon ?

Non. Les invités se sont décommandés.

Du sucre, s'il te plaît.

Marianne a téléphoné ici. Ils ont dû égarer le message, en bas.

Il faudra les engueuler.

Enfin, toujours est-il que je suis repartie,

et sur le port, tu devineras jamais sur qui je suis tombée.

- Qui ? - Romain.

Kalidès ?

- Avec sa bande ? - Non, seul.

Il est jamais seul.

Là, il l'était.

Il y a des croissants ?

oeuf, saucisse ou crêpe.

Crêpe, mais tu mets rien dessus.

- Juste un petit peu de… - Non, tu mets rien.

Crêpe nature.

- Et alors ” - Merci.

Il m'a invitée à dîner.

II est marrant.

Ouais.

Tu savais qu'il avait un problème d'allergie ?

Tout le monde le sait.

Les guêpes. Il a été à l'hosto, l'année dernière,

pour ça.

Tu le connaissais déjà ?

Depuis plus longtemps que ça.

Deux ans. Il allait à la Colombe,

et puis il faisait le ski nautique à l'île Rouge.

Oui, l'année d'avant.

Ah bon ?

Tout le monde le charrie, pour les guêpes.

Il blëmit dès qu'il en voit une à 20 M.

Pour les méduses, t'imagines.

Si on en voit une, il évite l'eau pendant 2 jours.

Le pauvre.

Ouais.

- Tu la veux, ta saucisse ? - Non, sans façon.

Ça se mange pas avec un couteau et une fourchette ?

Si.

Tu vas le revoir ?

Revoir qui ?

Romain.

Pourquoi ?

Je sais pas.

Tu dors, la vieille ?

Oui.

Pas assez dormi, cette nuit ?

Ça doit être ça, oui.

- On va déjeuner ? - Oui.

Pas tout de suite.

J'ai appelé papa.

- Quand ? - À l'instant.

Pourquoi ?

Comme ça.

Ça t'embête ?

Non. Tu l'as appelé d'où ?

Du restaurant.

Il va essayer de venir.

Très bien.

On déjeune ensemble ?

Avec Romain.

- Tu sais que t'es belle ? - Trop grosse.

C'est pas vrai. Hein, qu'elle est superbe ?

Bien sûr.

- Ici, on parle français. - Arrête.

Bon. Vous déjeunez avec nous.

- Oui, mais… - Non, non, pas de mais.

N'abusez pas des tête-à-tête.

Maman, le petit couple vient déjeuner avec nous.

Parfait.

Quelle que soit la conversation,

Chris manoeuvra pour mettre Barbara en valeur,

nouant le dialogue entre elle et Romain,

puis se détachant pour en nouer un autre avec sa mère,

auquel elle mêla adroitement Peter.

Ainsi se créa une sorte de cloisonnement,

divisant la tablée en 2 bulles distinctes,

isolées, et auxquelles seule Chris parvenait à s'intégrer

comme elle voulait.

Romain laissa faire un moment,

puis se mit à détruire le travail de Chris.

Ainsi commença une sorte de duel,

où les adversaires ne manifestèrent jamais la moindre hostilité

ni ne se regardèrent.

Et puis Romain prit le dessus,

imposa sa loi,

et Chris se tut.

Elle pouvait tout combattre,

sauf cela même qui l'avait amenée à engager le combat.

Et Romain aurait gagné,

si Chris n'avait eu soudain une alliée imprévue.

Alignés avec un grand uniforme, comme ça, et…

On commençait à larguer les amarres.

Et puis on a vu arriver un…

un type, le mec le plus laid du bord,

et puis…

- Chris ! - Ça va. N'en fais pas un plat.

Demande de la glace, s'il te plaît.

Le rire de Romain dévasta tout.

Des liens, cloisons et complicités

tissés par les uns et par les autres, il ne resta rien.

En d'autres termes, match nul.

J'ai un dîner, ce soir.

- Avec qui ? - Jacques Monestier.

Qui c'est, celui-là ?

Un type qui travaille avec papa.

Ça s'est passé quand, tout ça ?

Tout à l'heure.

Montre-le-moi.

Il est parti. Il avait rendez-vous au 80.

Ah oui ?

T'es allée à la douche sans haut ?

Oui. Pourquoi ?

Pour rien.

- Maman ? - Oui ?

Tu te souviens ce que tu m'avais demandé, l'autre soir ?

De te dire quand il serait temps de…

De décrocher ?

Oui.

Je me souviens. Et alors ?

Je crois que c'est le moment.

Eh bien, merci.

De rien.

Hé ! Vous faites quoi, ce soir ?

- Rien de spécial. - Je vous invite, d'accord ?

Avec votre mère ?

Non. Madame mère sort, ce soir.

C'est moi qui vous invite. 20 h 30 à l'hôtel ?

Faites-vous une beauté, on ira en boîte, après.

On s'ennuiera pas, je vous le promets.

Voilà.

T'es superbe.

Ah bon ?

- Pourtant, sur la plage… - Arrête. Je plaisantais.

Peu de femmes de ton âge tiennent le coup comme ça.

Non, c'est vrai. Je suis fière de toi.

- Écoute… - Oui ?

Tu es bizarre, cette année,

tendue. - Non, ça va.

Vas-y, tu vas être en retard.

Ben, alors ? Dépêche-toi !

Ne fais pas attendre M. Monestier. C'est bien ça ?

Tu vas faire quoi ?

T'inquiète pas pour moi.

Bon. Allez, je vous raccompagne à votre hôtel.

Pas mal.

Pas antipathique, comme piaule.

Et ce lit, il est comment ?

Qu'attendez-vous pour me foutre dehors ?

C'est comme tu veux.

Non, c'est comme vous voulez.

Pourquoi tu restes là ?

Tu comprends, Chris n'est pas vraiment solide.

L'année dernière, par exemple…

Elle avait fait une bonne année à Pontoise,

elle pouvait retourner à Victor-Duruy, tout allait bien.

Et puis Howard est mort.

- "Howard" ? - Le chien.

Oh, il était vieux, il était sourd,

Il pétait abominablement.

Et un soir, on l'a retrouvé mort au milieu du salon.

Enfin, Chris l'a trouvé.

Ce qui est bizarre, c'est qu'elle ne s'occupait pas tellement de lui.

Elle le sortait jamais. Enfin, comme tous les enfants.

Tu as fini ?

Et elle s'est calmée, peu à peu.

- Comment fais-tu ? - Pour…”?

Pour recommencer aussi souvent.

C'est mon métier.

Continue.

T'es une ordure.

Ce qui prouve que…

elle est beaucoup plus sensible qu'on ne croit.

Beaucoup plus secrète, aussi.

- Pourquoi tu souris ? - Tu comprends rien à rien.

Comment "je comprends rien" ?

Je connais mieux ma fille que toi.

Non.

Bonne nuit.

Allô ?

Hypocrite.

- Pardon ? - Tu savais que c'était moi.

Oui.

T'es seul ?

Non.

C'est ta femme ou bien tu me trompes ?

Mon père.

Embrasse-le pour moi. Dis-lui que je l'aime bien. Tu lui diras ?

Non.

Salaud.

Salaud d'homme marié.

- J'arrive. - Mais…

Il y a pas de "mais", je viens.

Rendez-vous à la chapelle, comme dans les bouquins.

J'aurai une cape sans rien en dessous. Ça te va ?

- Quand ? - 20 minutes.

Parle-moi de moi.

Comment ?

Tu m'aimes ?

Oui.

Alors dis-moi ce que tu aimes.

Qu'est-ce qu'il y a ?

Tu veux pas me répondre ?

Non.

T'aimerais pas la réponse.

Moi non plus, d'ailleurs.

Ça ne va pas ?

Non.

Ça ne va pas.

Et si on se mariait ?

Tu me ferais des enfants.

Ils seraient encore plus beaux et plus intelligents que les tiens.

On aurait un jardin, et des chiens, aussi.

Qu'est-ce que t'en dis ?

Ça va, je m'en vais.

Pourquoi ?

Non, je te laisse.

Je te laisse à ta femme,

à tes enfants,

à ton père,

à ta villa,

à ton confort de merde,

à ta vie de merde.

Lä, je comprends plus.

C'est aussi bien.

Et puis non.

Autant que tu comprennes.

Si j'avais voulu, Vic, tu les aurais quittés,

ta femme, tes enfants, tout.

Soufflant le chaud et le froid,

les larmes et le cul, et je t'aurais fait craquer comme une noix.

C'est pas difficile,

t'es un faible.

Et tu ne sais pas ce que tu veux.

J'ai 18 ans, mais je suis plus vieille que toi.

Parce que personne jamais ne m'a dicté mes rêves.

Je les fabrique toute seule,

comme une grande.

Je t'ai rallumé, l'autre jour, comme ça, pour rien.

Pour voir si t'avais appris quelque chose.

Tu n'as rien appris.

Tu as vieilli.

Tu as rentré du fric.

Tu es resté bien au chaud dans ta petite vie.

Et il a suffi que je fasse ça…

pour que tu replonges.

À part ça, tu as les mains douces et tu caresses bien.

Salut.

Tu me détestes ?

Non.

Alors je t'aurai servi à rien.

Tu m'attendais ?

Papa arrive à 10 h. On a intérêt à dormir un peu, non ?

- T'es contente, alors ? - Très.

- Et toi ? - Quelle question !

- Tu t'es bien amusée ? - Pas trop mal.

- Et M. Monestier ? - Gentil.

Mais un peu ennuyeux.

Ah…

Toute seule ?

Mon père est là…

pendu au téléphone. Il va y passer la journée.

Il est reparti.

Qui ?

On était mal, ce matin, à cause de…

Ben, fallait pas.

Peter a…

Ben, quoi, ma grande ?

Peter a voulu qu'on reparte en Allemagne,

tout de suite.

Et moi, j'ai dit non.

- Et alors ? - Il a cru que……

Il criait beaucoup.

Sa valise, son argent, je sais pas…

Pardon.

Et pourquoi tu es restée ?

Allez, dis-moi.

D'ailleurs, au fait, j'ai oublié de demander à Chris.

Quoi ?

Pourquoi elle m'a appelé ?

Jameson ? Rivaud.

Bon. Tu sauras où me trouver…

Aldo, un scotch bien tassé !

- Ça va pas, non ? - C'est pas pour moi, idiote.

Dis donc…

pourquoi tu m'as appelé, toi ?

J'avais envie de te voir. C'est interdit ?

Mais…

Tu vas te baigner, quand même.

- Quand ça ? - Quand tu veux.

Tiens.

Je vais repartir.

Je prends l'avion à Nice et je serai là avant lui.

Oui. Pourquoi pas ?

C'est peut-être pas aussi simple que ça.

Comment ?

Non, rien.

Mais que veux-tu dire ?

Tu crois qu'il est parti à cause de cette nuit ?

Tu ne penses pas que c'était un prétexte ?

Un prétexte pour quoi ?

Te quitter.

Ces derniers jours, il n'a pas arrêté de me suivre partout.

Au restaurant, à la boutique, au bar.

Mais pourquoi ?

Il m'a dit qu'il ne t'aimait plus,

qu'il ne savait pas comment te le dire.

C'est lui qui m'a demandé d'arranger tout ça.

Il m'a dit qu'il allait me revoir, à Paris.

Et quand j'ai refusé, il m'a dit

qu'à ce moment-là, Il se serait séparé de toi.

Je suis désolée, je voulais pas te le dire, mais…

c'est mieux, de savoir avant de sauter dans un avion, non ?

- On va déjeuner ? - Barbara vient avec nous.

Très bien.

Qu'a-t-elle ?

C'est rien, ça va passer.

On téléphone à leur hôtel. Ils étaient jamais partis.

Bref, non seulement on a raté l'avion,

mais on a dormi à l'aéroport.

Oui, oui, on dit ça.

- Quoi ? - Mais rien.

Je suis contente de te voir.

Ah oui ? Ça a l'air de t'étonner.

Un peu, oui.

- Il rame. - Qui ?

Notre mac local.

Tu connais les clients ?

Les frères Nucci, Lola von Stutz, la veuve d'Enzo.

Cuivre, nickel… D'après ce que j'ai entendu dire,

ils s'approprieraient la majorité dans le groupe.

Mme Rivaud ?

- Oui ? - Téléphone.

Mais pourquoi est-il parti comme ça ?

Je sais pas.

Mais la maison semble un peu vide, tout à coup.

Vous venez dîner, ce soir ?

Je ne sais pas. Pierre vient d'arriver.

Je vais lui demander. Tu quittes pas, hein ?

Vic et Marianne viennent de partir. Je crois qu'il se sent un peu seul.

Ce soir, on dîne tous les deux.

D'accord.

Une autre fois, c'est ça. Allez, au revoir, Claude.

- Ça va ? - Oh, chère Mme Rivaud !

- Je t'embrasse ? - Non.

Tu veux pas te faire une petite peur ?

Pas trop, juste ce qu'il faut.

Tu veux que je te présente ?

Pas utile.

- Trois cafés. - Ben, c'est pas trop tôt !

- Tiens. - T'as pas plus petit ?

Non, j'ai pas plus petit.

Je te manque ?

Non.

Bon. Alors je te laisse.

Salut.

Je t'embrasse.

Je te suce.

J'ai pris ton ardoise dessus.

- C'est pas mon fric. - Je m'en fous.

Ah bon ! Remarque, t'as raison, ça fait le café à 150 balles pièce,

ils n'y verront que du feu. - Tu parles !

- Je te présente ? - Non. Ils ont l'air sinistres.

Oui. Et ils perdent à être connus.

Oui.

"Oui" quoi ?

Tu me manques.

Je te cherchais.

Sans blague ! C'est un événement. On ouvre une bouteille ?

Pas d'ironie. D'abord, tu sais pas, ensuite, je travaillais pour toi.

C'est-à-dire ?

Des amis qui voudraient te connaître.

Viens, je te présente.

Je t'attendais.

- Et alors ” - Rien. Pour confirmer, c'est tout.

- Confirmer quoi ? - Qu'on sort, ce soir.

Je suis pas libre.

Décommande-toi. Ce soir, c'est nous deux.

- Sinon ? - Je dis tout à mon père.

Je m'en fous.

Oui, mais ça te servira d'alibi.

"Alibi” pour quoi ?

Pour toi. Tu pourras te dire : "J'y vais pour protéger la mère.”

Et pas : "Je sors avec la fille parce que j'en ai envie.”

Parce que j'en ai envie ?

Oui.

Laisse tomber, va.

Non. Si tu refuses, je dirai tout.

Je te le jure.

T'es obligé, Romain.

- 10 h à la citadelle. - D'accord.

- C'est à toi, ce tas de boue ? - Une fiancée qui me l'a prêté.

Encore une vieille peau !

À ce soir !

Tandis que la lune, cette nuit-là, jouait

avec les toits, les vignes et les citronniers,

les méduses arrivaient,

par milliers.

Elles investirent le littoral avec discrétion,

comme une chorale disciplinée gagnant la coulisse

avant le rideau.

Tu croyais que j'allais pas venir, hein ?

Non.

Tiens.

- Contente ? - Très.

Où on va ?

Bon !

Choisis : train fantôme, fusée de la mort, grand huit ?

Je veux que tu t'amuses.

Bon. Viens.

Fantastique, non ?

Quel est le prochain ? Allez, viens !

- On s'en va. - Déjà ?

Mais quoi ? Tu t'amuses pas ?

Tu t'amuses pas.

Bon.

Tu veux aller où ?

Sur ton bateau.

Pauvre Salomé.

Pauvre Salomé qui aura tout essayé depuis deux ans.

Elle me suit, elle me précède,

elle me traque, elle me snobe,

elle me vampe.

Bref, elle m'attend. D'abord, une Salomé de 16 ans,

puis 17,

et maintenant 18.

- Toujours là, la belle, hein ? - Oui.

Eh oui !

Je me suis dit - "Ça va lui passer." Ben, non.

Ça lui a pas passé.

Non.

Eh non !

Alors ? Qu'est-ce qu'on va faire ?

Pourquoi as-tu sauté ma mère ?

J'en avais envie.

Non.

- Elle me plaît. - Non.

Dis-moi la vérité.

Si tu veux. C'est peut-être le moment.

La vérité, c'est que tu m'intéresses pas.

En plus, tu ne peux m'être d'aucune utilité.

Clair ?

Tu me fais peur.

T'es tellement lisible, tellement banale,

tellement évidente. C'est à pleurer.

Chris, ma belle, je sais tellement ce que tu vas devenir.

Ah oui ?

Qu'est-ce que je vais devenir ?

Tu veux vraiment que je te dise ?

Dans quelques années, tu épouseras un type très bien, solide, fiable.

Tu auras deux gosses, un bel appart,

un domestique ou deux,

un chien chic,

genre griffon korthals.

Tu seras moins belle qu'aujourd'hui, mais tu seras élégante, racée,

chiante.

Tu n'auras ni le charme, ni les fêlures de ta mère.

Jamais.

Tu seras une épouse, une mère,

une mondaine tout-terrain.

Adepte du rapport de force, tu seras sèche comme une biscotte.

Et le pire, ma belle Salomé, c'est que tu seras heureuse, juré.

Tu feras chier ton fils quand il sera nul en maths.

Et l'été, en juillet, vous irez en famille à l'île de Ré.

Ton mari fera du tennis, de la voile, du ski.

Vous baiserez de temps en temps, pour entretenir,

mais ça te plaira de moins en moins.

Et à 40 berges,

si tu rencontres un type comme moi,

tu lui cracheras dessus.

Tout ça, je le sais.

C'est mon métier.

Ton métier, c'est de baiser.

- Alors baise-moi. - Non.

Je t'aime.

Non.

Tu sais même pas le dire.

Salomé, c'était quelqu'un dans mon genre, n'est-ce pas ?

Disons que c'est comme ça que je la vois.

Et elle a dansé, non ?

Oui, elle a dansé.

Tu sais pourquoi elle a dansé ?

Je t'aime bien quand même.

C'était court, hein ?

C'était court, mais c'était bien.

Qu'est-ce qu'il y a ?

Je t'aime.

Ah bon ?

Oui. C'est drôle, hein ?

- Je t'accompagne à ta voiture ? - Non.

- Et Chris ? Elle doit dormir. - On va aller voir.

Elle est belle, ta fille, hein ?

Oui.

À bientôt.

Dans 2 ou 3 jours, on sera là.

- Ah bon ? - Oui.

- Tu m'appelles en arrivant ? - Sur la plage ?

- Pourquoi pas ? - Si tu veux.

Tu ne le feras pas.

C'est pas grave.

Ça pique !

Romain a disparu.

- Ah bon ? - Oui.

On a retrouvé son bateau échoué de l'autre côté.

- Il était pas dedans ? - Non.

Il a dû vouloir faire le con,

Il se sera planté.

C'est pas la première fois.

Oui.

Bonjour.

- Ça va ? - Ça va.

Pas de mari, aujourd'hui ?

Non.

- Décidément, c'est la journée. - Impossible

de se baigner. Plein de méduses.

Je sais.

C'est la barbe.

Déjà ?

- Pas de nouvelles de Romain ? - Non.

Aldo.

Deux Coca, Aldo.

- Alors, la grande ? - On s'en va.

Comment, "on s'en va" ?

On s'en va, j'ai envie.

Quand ?

Je sais pas… Aujourd'hui.

D'accord ?

Oui, mais ce soir, alors.

J'ai un truc à faire.

- Quel truc ? - Un truc.

Va pour ce soir. Je réserve.

C'est ça.

Ça va ?

Très bien.

Je te présente Barbara.

Elle est très sympa.

- Bonjour. - Bonjour.

Alors, café, alcool, Schweppes ?

- Schweppes. Alcool, pour elle. - Non, merci.

On discute pas.

- Cognac. - Juste ce qu'il lui faut.

Tu viens ?

Allez-y, je la chauffe à 25.

Merci.

Les maillots sont interdits, ici.

Sois pas bête.

Tenez. Vous me direz ce que vous en pensez.

Très bon.

Je trouve aussi.

- Elle est mignonne, ma copine. - Très mignonne.

Normalement, ce style de corps n'a pas ces attaches.

S'il te plaît.

C'est vrai, généralement, y a un côté mastoc.

- Cuisses courtes, cul bas. - Arrête !

Alors que là…

Ta mère m'a appelé, tout à l'heure.

Ah oui ?

- Ça va mieux ? - Oui.

Ça lui passera.

On s'en va.

Vous aussi ?

Nous aussi.

Vous partez quand ?

Là, maintenant, ce soir.

Ça t'embête pas, si Barbara reste un peu ?

Pas du tout.

- Viens, on s'en va. - Qu'est-ce qu'il y a ?

Romain est mort.

C'est pas possible.

Si.

Il serait tombé de son bateau.

Enfin, je ne sais pas.

Mais c'est pas ça qui…

Les méduses.

Merde.

On va être en retard.

Chris est mariée à un jeune médecin,

dont elle a deux enfants. Elle est une parmi des milliers,

et la banalité de sa vie semble lui donner satisfaction.

De ces événements, il ne semble rien lui rester.

Si ce n'est 2 cicatrices : l'une sur son épaule droite,

l'autre sur son sein gauche.

Sous-titrage : Eclair Media

Can't find what you're looking for?
Get subtitles in any language from opensubtitles.com, and translate them here.