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D'APR�S LES TRAVAUX DE SIR FREDERICK TREVES ET ASHLEY MONTAGU
MONSTRES HUMAINS
ENTR�E INTERDITE
ENTR�E INTERDITE
Vous ne pouvez pas faire �a. Je connais mes droits.
J'ai toute autorit� pour interdire votre spectacle.
Cette exhibition d�grade ses spectateurs,
et cette pauvre cr�ature.
C'est un ph�nom�ne. De quoi vivrait-il ?
Nous n'avons rien contre les ph�nom�nes.
Mais ceci est monstrueux et ne saurait �tre tol�r�.
Ces agents s'assureront de votre d�part.
Par ici...
On reprend la route...
Mon tr�sor...
Ce genre d'accident va devenir fr�quent,
M. Hodges.
Abominables, ces machines. On ne peut pas raisonner avec elles.
Quel g�chis !
Tirez.
Caut�re.
Qui est l� ?
Excusez-moi, M. Treves.
Qu'y a-t-il ?
Je l'ai trouv�.
Bien. Tu l'as vu ?
Je vais venir.
Qui est-ce ?
Un ami.
Que pr�parez-vous ?
Rien.
Allons, Freddie.
Rien d'important.
O� se trouve Green Street ?
Faites le tour, prenez � gauche puis � droite et tout droit.
�tes-vous le propri�taire ?
� qui ai-je l'honneur ?
Un simple curieux. J'aimerais le voir.
Je ne pense pas, monsieur.
C'est ferm�.
Je paierais bien pour une s�ance priv�e.
�tes-vous le propri�taire ?
Qui vous envoie ?
Peu importe.
Je suis le...
patron.
La vie...
est pleine de surprises.
Quel ne fut pas le destin
de la pauvre m�re de cette cr�ature
renvers�e
au quatri�me mois de sa grossesse
par un �l�phant... un �l�phant sauvage.
Renvers�e
sur une �le africaine inconnue.
Le r�sultat
appara�t clairement.
L'effroyable
Homme-�l�phant.
L�ve-toi !
Tourne-toi !
Amenez-le-moi demain matin � dix heures, M...
Bytes.
Il y sera.
Voici ma carte. J'enverrai un fiacre.
March� conclu.
Nous nous comprenons.
C'est plus qu'une question d'argent.
Nous nous comprenons parfaitement, l'ami.
Oui, merci, M. Bytes.
�a pue !
Je cherche M. Frederick Treves.
Je vais le faire chercher.
M. Treves, ce...
Oui, je l'attendais.
Vous �tes le cocher ?
�tes-vous venu seul ?
Il n'y a que ce... monsieur.
Merci de votre peine.
Par ici, je vous prie.
Je serai dans mon cabinet. Qu'on ne me d�range pas.
Voulez-vous venir avec moi ?
Vous avez entendu ce que le docteur a dit ?
Allez.
Je suis Frederick Treves,
chirurgien � l'H�pital de Londres
et professeur d'anatomie � la facult� de m�decine.
J'aimerais beaucoup vous examiner pour...
Serait-ce possible ?
J'aimerais d'abord vous poser quelques questions.
Serait-ce possible ?
Votre propri�taire... l'homme qui s'occupe de vous, me dit
que vous �tes anglais, et que vous vous appelez John Merrick.
John Merrick. Est-ce exact ?
Je vais vous poser les questions et...
vous secouerez la t�te pour dire non.
Avez-vous toujours �t� comme cela ?
Souffrez-vous ?
Vos parents sont-ils encore en vie ?
Me comprenez-vous ?
Votre p�re et votre m�re... sont-ils morts ?
Navr�, je ne savais pas que...
Freddie, qu'avez-vous l� ?
Vous le saurez � la r�union de la Soci�t�.
Jusque-l�, n'en soufflez mot � personne.
Si vous y tenez. Ce doit �tre une trouvaille.
Je n'en sais rien.
Rien d'important, hein ?
Pas un mot, Fox, je vous en prie.
Asseyez-vous.
Je vais vous examiner.
Je vous interrogerai plus tard.
Voulez-vous �ter votre chapeau ?
N'ayez pas peur. Je veux simplement vous regarder.
�tez votre chapeau. Soyez sans crainte.
�cartez les rideaux.
C'est un Anglais. Il est �g� de vingt et un ans
et s'appelle John Merrick.
Messieurs, au cours de ma carri�re,
j'ai vu d'horribles difformit�s du visage,
dues � un accident ou � la maladie,
ainsi que des mutilations
et des contorsions corporelles dues � des causes similaires.
Mais je n'avais jamais vu une version aussi pervertie
du genre humain que celle que nous montre cet homme.
Je veux souligner l'�tat pernicieux du sujet.
Vous remarquerez l'hypertrophie cr�nienne,
le bras droit inutilisable,
l'inqui�tante d�viation de la colonne vert�brale.
Retournez-vous.
La laxit� de la peau.
Les divers fibromes qui couvrent 90 % du corps.
Tout indique que ces maux remontent � la naissance
et ont connu un d�veloppement rapide.
Le sujet souffre de bronchite chronique.
Notez qu'en d�pit de toutes ces anomalies, l'appareil g�nital
reste absolument intact.
Et son bras gauche est normal, comme vous voyez.
Du fait de ses difformit�s : exostoses ost�og�niques du cr�ne,
papillomes d�velopp�s, flaccidit� des tissus cutan�s,
hypertrophie du bras droit affectant tous les os,
malformation massive du cr�ne, prolif�ration
des tumeurs cutan�es,
le sujet a �t� surnomm� "l'Homme-�l�phant".
Vous n'avez rien dit de son �tat mental.
Oh, c'est un idiot. Probablement cong�nital.
Dieu veuille qu'il soit idiot.
O� �tais-tu ?
Dehors !
Comment manger avec ce bruit ?
Non, Bytes !
O� �tais-tu ? Qu'as-tu fait ?
Notre Homme est malade. Venez vite.
Qu'a-t-il ?
Comme �a.
Que lui avez-vous fait ?
Il a fait �a toute la nuit.
Il �tait bien en partant d'ici, et regardez-le.
J'y compte bien.
Il est tomb�.
�a lui arrive.
Une mauvaise chute, dirait-on.
C'est un pauvre maladroit.
Il ne voit pas o� il va,
mais �a ne fait rien.
Je veille sur lui.
Pourquoi reste-t-il comme �a ? Il a besoin de se reposer.
C'est comme �a qu'il dort.
S'il s'allonge, il va se tuer.
C'est sa t�te qu'est trop grosse.
Il faut l'hospitaliser.
Vous pouvez pas le soigner ici ?
C'est mon gagne-pain.
On est associ�s, lui et moi.
C'est le plus grand ph�nom�ne du monde.
S'il meurt, vous n'aurez plus grand-chose en fait de gagne-pain.
Appelez-moi un fiacre.
Je vous suis bien reconnaissant.
Je pourrais faire beaucoup de choses pour vous.
Je fr�quente les milieux n�cessaires pour �a.
Pour n'importe quoi, si vous me comprenez.
Tout se passera bien.
C'est un plaisir de traiter avec vous.
Puis-je avoir de la bouillie ?
Vous d�jeunez avec les malades, ce matin ?
C'est pour un patient.
Voulez-vous venir un moment ?
Que cachez-vous ?
Vous n'avez pas pris go�t � ce r�gime ?
C'est tr�s nourrissant.
Peut-�tre, mais �a ne convient pas � un adulte.
Vous porterez ceci au patient qui est en isolation.
Il ne vous fera aucun mal.
Vraiment ?
Un instant. J'ai � vous parler. Entrez.
Il n'y a gu�re de secrets dans un h�pital.
Un m�decin qui r�de avec un homme masqu�, cela fait jaser.
Pourquoi n'a-t-il pas �t� inscrit ?
Pourquoi est-il isol� ? Il n'est pas contagieux, au moins ?
Non, il souffre de bronchite chronique et il a �t� battu.
Pourquoi n'est-il pas en salle ?
Il est vraiment d�figur�.
Il risque de choquer les malades.
D�figur� ?
Dois-je comprendre qu'il est incurable ?
Vous devez savoir
que cet h�pital ne re�oit pas les incurables.
J'en suis conscient, mais il s'agit d'un cas exceptionnel.
Je comprends votre probl�me.
Adressez-vous au Foyer britannique ou � l'H�pital pour incurables.
Je me renseignerai.
Voulez-vous le voir ?
L'Homme-�l�phant...
Pardon !
J'aurais d� vous pr�venir.
Excusez-moi.
Envoyez-moi Mme Mothershead.
Qu'elle frappe � la porte et m'attende.
Je suis d�sol�.
On vous apporte une autre assiette.
Vous devez avoir faim.
Vous serez � l'aise ici.
Je veillerai � tout.
Cr�nom !
Alors c'est �a, l'Homme-�l�phant.
J'ai jamais rien vu de tel.
Qu'est-ce qui t'est arriv� ?
Ah... t'es idiot ?
Bien, j'aime les gens qui se tiennent peinards.
Tu bois un coup ?
Montre-toi plus sociable.
Sinon t'auras pas la cote.
Toi et moi, on va �tre potes.
J'ai des amis qu'aimeraient te voir.
Et ils te verront, crois-moi...
Que faites-vous l� ?
Recouchez-vous.
Il ne comprend que les coups.
Il en a eu sa part.
C'est pour �a qu'il se cache.
Il faut se montrer patient.
Vous avez peut-�tre le temps pour �a, M. Treves,
mais j'ai la responsabilit� de tout un h�pital.
Vous perdez votre temps.
Autant parler � un mur.
Je ne veux pas �tre dure, mais...
il n'a pas sa place ici.
Honn�tement, que pouvez-vous faire pour lui ?
� propos, M. Carr Gomm
aimerait vous voir.
Aidez-moi ou je ne peux rien.
Je crois que vous avez une chose � me dire.
Au fond de vous.
Je ne peux rien sans votre aide.
Vous voulez me parler ?
Je dois savoir ce que vous ressentez.
Vous me comprenez ?
Hochez la t�te si vous me comprenez...
Vous me comprenez ?
Parlez-moi. Nous leur montrerons que vous n'�tes pas un mur.
Parlez-moi.
Je veux vous entendre.
Je dois savoir comment vous parlez.
Comprendre comment vous dites les choses.
Tr�s lentement... dites "oui".
Dites-le encore une fois : "oui".
Bien. L�, j'ai compris.
Excellent.
Je vais dire quelques mots que vous r�p�terez.
Vous comprenez ?
Dites : "Bonjour. Mon nom est..."
"John Merrick."
C'est tr�s bien, John. Dites "John Merrick".
"Bonjour. Mon nom est John Merrick."
Vous parlez !
Comment �tes-vous entr� ?
Je veux r�cup�rer l'Homme.
- Comment �tes-vous entr� ? - Peu importe.
Je veux l'Homme.
Il est encore tr�s malade. Descendons, je vais vous expliquer.
Vous avez eu tout le temps de le... soigner.
Il repart avec moi !
Vous m'avez compris, M. Treves ?
Nous avons un accord.
Vous avez mal compris.
Cet homme souffre d'une s�rieuse chute. Vous voyez ce que je veux dire.
C'est mon patient.
� d'autres, s'il vous pla�t.
Je regrette, M. Bytes. Vous exploitez la d�tresse d'un autre.
Vous vous croyez meilleur que moi ?
Vous vouliez le monstre
pour l'exhiber � vos copains docteurs et vous faire un nom.
Vous, mon ami...
Je vous ai confi� le monstre
au nom de... la science,
et je veux le reprendre.
Il n'est pas � vous. Arr�tez !
Rendez-le-moi !
Pour le battre ?
Pour l'affamer ? Vous traiteriez mieux un chien !
Je porterai plainte.
Faites donc !
Je vous en prie.
On �coutera votre version, et la n�tre aussi.
� pr�sent, je crois que
nous nous comprenons bien.
Un personnage peu attirant.
Le moment semble venu de rencontrer votre patient.
Si nous disions dans quelques jours ?
Disons demain 14 heures.
� votre convenance, monsieur.
Demain, 14 heures.
14 heures...
Encore matinal, M. Treves.
Vous auriez fait un bon laitier.
J'y penserai.
"Il restaure mon �me.
"Il me conduit par les sentiers de la... justice."
Justice.
"Il me conduit par les sentiers de la justice
"� cause de Son nom."
Excellent.
Je veux que vous prononciez de la m�me mani�re devant votre visiteur.
Quand je vous pr�senterai, r�p�tez les mots que vous avez appris.
Si vous avez du mal, je vous aiderai. N'ayez pas d'inqui�tude.
Je vous le pr�senterai. "Voici M. Carr Gomm".
Et vous direz...
Bonjour. Mon nom est John Merrick.
Tr�s heureux de vous rencontrer.
Bien. Je vais chercher M. Gomm.
C'est un probl�me purement physique.
Il a du mal avec certains sons
� cause de la constriction d�formante de sa bouche. Mais il parle.
Il parle, bon, mais comprend-il ce qu'on lui dit ?
Toutefois...
il d�sire tellement faire bonne impression sur vous
qu'il pourra sembler nerveux.
Je vous pr�sente M. Gomm.
Bonjour. Mon nom est John Merrick. Tr�s heureux de vous rencontrer.
Moi de m�me.
Comment allez-vous ?
Je me sens beaucoup mieux.
�tes-vous � l'aise ici ?
Tout le monde a �t� tr�s gentil.
Et votre bronchite ?
M. Merrick aime la nourriture ici.
Beaucoup mieux que ce que je connais.
Et qu'�tait-ce donc ?
Pommes de terre...
Je crois qu'on vous a fouett�.
Je me sens beaucoup mieux � pr�sent.
� la bonne heure.
Que pensez-vous de M. Treves... je veux dire, comme professeur ?
Tout le monde a �t� tr�s gentil.
Combien de temps avez-vous r�p�t� ?
Bien s�r, je comprends.
J'ai �t� ravi de vous conna�tre, M. Merrick.
C'�tait excellent, John.
Je reviens.
"L'�ternel est mon berger,
"je ne manquerai de rien.
"Il me fait reposer..."
Bel effort, Treves, mais il faisait qu'�nonner sa le�on.
Je m'excuse de vous avoir fait perdre votre temps.
"Il restaure mon �me..."
Il n'a pas sa place ici.
Il sera mieux l� o� l'on pourra veiller sur lui.
D�sol� que les choses aient tourn� ainsi.
"Quand je marche dans la vall�e de l'ombre de la mort,
"je ne crains aucun mal,
"car Tu es avec moi.
"C'est Ta houlette et Ton b�ton..."
L� !
Je ne lui ai pas appris cette partie !
"Le bonheur et la gr�ce m'accompagneront tous les jours de ma vie,
"et j'habiterai � jamais dans la maison de l'�ternel."
Comment connaissiez-vous la fin ?
Comment connaissiez-vous la fin du psaume 23 ?
Je... je lisais la Bible tous les jours.
Je la connais bien, et aussi le Livre des pri�res publiques.
Le psaume 23 est tr�s beau. C'est mon pr�f�r�.
Venez dans mon bureau quand vous aurez fini.
Je veux vous parler.
J'esp�re que nous nous reverrons, M. Merrick.
Pourquoi ne m'avez-vous rien dit ?
J'avais peur.
J'avais peur de parler.
Pardonnez-moi.
Pouvez-vous imaginer la vie qu'il a men�e ?
Je pense que oui.
Non, je ne crois pas.
Personne ne peut l'imaginer. Pas un d'entre nous.
"Malgr� son aspect effrayant,
"au point que les femmes et les personnes sensibles
"s'enfuient �pouvant�es � sa vue,
"et qu'il ne peut exercer de m�tier ordinaire,
"il est d'une intelligence sup�rieure. Il sait lire et �crire.
"Il est doux et calme, pour ne pas dire d'un esprit raffin�."
J'aimerais rencontrer ce monsieur.
Tu as vu �a ?
�coutez !
C'est une lettre adress�e au Times,
par le directeur de l'h�pital.
"Il y a en ce moment dans une chambre sous nos combles
"un nomm� John Merrick,
"tellement horrible � voir qu'il ne peut sortir en plein jour.
"On l'a surnomm� l'Homme-�l�phant
"� cause de son atroce difformit�.
"Son aspect est si effrayant que les femmes
"et les personnes sensibles s'enfuient � sa vue."
Et o� paie-t-on pour le voir ?
Chez votre serviteur Jim.
Eh bien, allons-y !
Pas d'affolement.
Il faut choisir l'heure.
Il est encore au grenier,
mais demain, on l'am�ne au Pavillon des Allong�s,
pile sur mes genoux.
Alors, en payant le bon prix,
vous verrez quelque chose que vous �tes s�rs de ne jamais revoir.
Ne faites pas ces t�tes-l�.
Des volontaires doivent montrer plus d'entrain.
Arrange ton col.
Rappelez-vous
qu'en aucun cas,
on ne doit
apporter de miroir dans cette chambre.
Il est si laid.
Laid ou non, tu vas m'aider.
Vous allez mieux ?
Vos nouveaux habits vous vont tr�s bien.
S'il n'y a rien d'autre, nous allons vous laisser.
Rien d'autre. Merci.
Pr�t pour le th� ?
Entrez donc, John.
Installez-vous.
Viens faire connaissance.
Je vous pr�sente Anne, ma femme.
Je suis heureuse de vous conna�tre.
Je suis tr�s heureux...
Qu'y a-t-il ?
C'est simplement que...
je n'ai pas l'habitude
d'�tre si bien trait�
par une si jolie femme.
Une tasse de th� ?
Voulez-vous voir la maison ?
Suivez-moi.
Votre th� ?
Il est tr�s bon.
Cela me fait tr�s plaisir d'�tre ici.
C'est si gentil de me recevoir chez vous.
Je suis d�sol� de m'�tre donn� en spectacle.
J'aime la disposition
des portraits sur la chemin�e.
Les met-on ainsi dans la plupart des maisons ?
Mais oui, certainement.
Qui repr�sentent-ils ?
Des parents... et voici nos enfants.
Vos enfants ? Puis-je regarder ?
O� sont vos enfants ?
Ils sont... sortis avec des amis.
Des amis...
Voici la m�re de Frederick.
Et ici, mes parents.
Leurs visages sont si... nobles.
Oui, c'est ce que j'ai toujours pens�.
Aimeriez-vous voir ma m�re ?
Elle est tr�s belle !
Elle a... elle avait le visage d'un ange.
J'ai d�
�tre une grande d�ception pour elle.
Un fils aussi aimant que vous n'a pu la d�cevoir.
Si je pouvais la trouver...
Si elle pouvait me voir avec des amis aussi charmants...
ici, maintenant... peut-�tre pourrait-elle m'aimer tel que je suis.
J'ai essay� si fort d'�tre bon.
Excusez-moi.
Que faites-vous l� ?
St Philip !
C'est tr�s bien.
Les vitraux et les arcs sont parfaits.
J'aimerais
pouvoir dormir
comme les gens normaux.
M. Treves...
Il y a une chose que je voulais vous demander
depuis quelque temps.
Pouvez-vous me gu�rir ?
Non, nous...
pouvons vous soigner, mais pas vous gu�rir.
C'est ce que je pensais.
Voici quelqu'un qui aimerait vous conna�tre.
Je vous pr�sente une des �toiles du th��tre anglais,
Mme Kendal.
Je vous ai apport� quelques cadeaux,
si ce n'est pas trop hardi.
Vous me comprenez.
Je vous laisse.
Je ne distribue pas mes portraits � la ronde.
J'en suis persuad�.
C'est magnifique.
Vous �tes si...
Je le mets � la place d'honneur.
� c�t� de ma m�re.
Elle est tr�s belle.
Je vois que vous construisez... une �glise ?
C'est une cath�drale.
Vous voyez...
Je dois...
me fonder sur mon imagination
pour ce que je ne peux pas voir.
M. Treves me dit que vous appartenez au th��tre.
Y habitez-vous ?
Non. J'y travaille simplement.
Ce doit �tre
merveilleux de simplement y travailler.
Est-ce beau ?
Vous n'avez jamais... ?
H�las non.
Vous devez y aller. C'est ce qu'il y a de plus beau au monde.
Je suis de parti pris...
Le th��tre, c'est... la passion.
La passion...
Au fait, je vous ai aussi apport� ceci.
L'avez-vous lu ?
Mais je n'y manquerai pas.
"Rom�o et Juliette" !
J'en ai entendu parler.
"Si je profane avec ma main indigne"
"ce saint �crin, la douce amende est ceci :"
"Mes l�vres, deux rougissants p�lerins,"
"vont effacer ce trop rude toucher"
"d'un tendre baiser."
"Bon p�lerin, vous faites tort � votre main"
"car elle a montr� d�votion courtoise."
"Les saintes ont des mains qui touchent les p�lerins."
"Paume sur paume, tel est le baiser du p�lerin."
"Alors, � ch�re Sainte,"
"laisse les l�vres imiter les mains."
"Elles prient,"
"Exauce-les, de crainte que leur foi ne tourne en d�sespoir."
"Les saintes sont immobiles, m�me en exau�ant les pri�res."
"Alors sois immobile"
"tandis que je recueille le fruit de ma pri�re."
"Ainsi sur mes l�vres"
"par les tiennes mon p�ch� est expi�."
Et ils s'embrassent.
"Ainsi mes l�vres ont re�u le p�ch�."
"Le p�ch� de mes l�vres ?"
"Offense doucement provoqu�e !"
"Rends-moi donc mon p�ch�."
M. Merrick, vous n'�tes pas un Homme-�l�phant...
Non... vous �tes Rom�o.
"On a vu Mme Kendal, cet arbitre des �l�gances,
"sortir l'autre jour de l'H�pital de Londres.
"Non, chers lecteurs, notre aimable actrice n'est pas malade,
"elle rendait visite � un ami.
"Et qui �tait l'heureux �lu ?
"Nul autre que M. John Merrick, l'Homme-�l�phant,
"dont nos lecteurs auront entendu parler.
"Apr�s un entretien de � d'heure,
"Mme Kendal a offert � M. Merrick son portrait d�dicac�."
Ici m�me !
"En raison d'une extr�me difformit�,
"M. Merrick n'a jamais �t� pr�sent� � la soci�t� londonienne.
"Mais l� o� passe Mme Kendal,
"d'autres suivent, et l'on peut se demander
"si la soci�t� londonienne se pr�sentera � lui."
Cette canne est d'un chic !
Bien plus �l�gante que celle que j'avais.
Encore du th� ?
Je ne sors pas aussi souvent que je le voudrais
car il est naturel que mon apparence trouble bien des gens.
Si vous avez froid, je peux fermer la fen�tre.
Non, je vais bien. Je vous en prie...
Voyez-vous,
les gens sont effray�s par ce qu'ils ne comprennent pas.
Et c'est dur de comprendre, m�me pour moi,
parce que ma ch�re m�re
�tait si belle.
Plus de visites aujourd'hui, Mme Mothershead.
Je vais � la Facult�. Je reviendrai ce soir.
Je voudrais vous parler.
Je suis en retard.
Je ne comprends pas
pourquoi vous autorisez ces gens � venir ici.
Parce qu'il y prend plaisir.
Vous avez vu leur expression. Ils ne cachaient pas leur d�go�t.
Ils se moquent de John. Ils veulent impressionner leurs amis.
Je vous trouve un peu dure avec eux.
Vous-m�me n'avez gu�re �t� tendre � son arriv�e.
Je l'ai baign�, nourri, j'ai fait sa chambre.
Je veille � ce que mes infirmi�res fassent de m�me.
Si l'on peut appeler tendresse l'attention
et le souci quotidien, alors j'ai fait preuve de tendresse envers lui
et je n'en ai pas honte.
Je ne l'entendais pas ainsi.
Je vous suis reconnaissant
pour tout ce que vous avez fait.
Mais le m�decin, c'est moi, et j'agis dans son int�r�t.
Je suis en retard.
� mon avis, il est donn� en spectacle, comme avant.
La nuit !
Qu'y a-t-il ?
Je pensais � M. Bytes.
Grands dieux, pourquoi ?
Je me demande si je ne lui ressemble pas !
C'est absurde !
J'ai fait de M. Merrick une curiosit�
comme par le pass�.
Mais cette fois dans un h�pital au lieu d'une foire.
Je suis dans les journaux. On chante mes louanges.
On demande � �tre trait� par moi.
Parce que tu es un excellent m�decin.
John Merrick n'a jamais �t� plus heureux, plus combl�,
et gr�ce � toi seul.
Pourquoi ai-je fait tout cela ?
Qu'essaies-tu de dire ?
Suis-je bon ?
Suis-je mauvais ?
Du calme, mon cher.
Asseyez-vous.
D'ordinaire, nous lisons d'abord le proc�s-verbal.
En la circonstance, je crois que nous devrions d'abord conclure
la discussion sur le cas
de M. John Merrick, l'Homme-�l�phant.
Un instant, M. le Pr�sident.
Selon moi, cette cr�ature
n'a rien � faire ici.
Je suis exc�d� par cette chasse aux curiosit�s
men�e par de jeunes m�decins ambitieux et arrivistes.
Les exhiber devant la Soci�t� de Pathologie, passe encore,
mais venir demander au Conseil d'abriter ces aberrations de la nature,
c'en est trop.
Attention, John !
Les faits sont l�, il n'y a pas � h�siter.
La question n'est pas d'admettre cette cr�ature comme patient,
mais de lib�rer ces pi�ces pour des cas plus m�ritants.
Je propose qu'il soit mis dehors sur-le-champ.
Nous avons un devoir sacr� envers les malades,
pas les b�tes de cirque.
C'est mon dernier mot.
Votons, M. le Pr�sident.
Votre d�termination est in�branlable ?
�tes-vous donc dur d'oreille ?
J'y suis radicalement oppos�.
Je resterai inflexible.
Pouvons-nous enfin passer au vote ?
Le moment est venu.
Messieurs, Son Altesse Royale
Alexandra, Princesse de Galles.
J'esp�re que je ne vous d�range pas, messieurs ?
Nous sommes toujours honor�s de vous voir ici.
Nous allions voter au sujet de M. Merrick.
Son Altesse s'est beaucoup int�ress�e
au sort de M. Merrick.
En effet, tout comme la Reine.
Sa Majest� m'a pri�e de vous lire cette communication.
"Au Conseil d'administration
"de l'H�pital de Londres.
"Je tiens � vous f�liciter
"de votre charit� envers M. John Merrick, l'Homme-�l�phant.
"C'est votre m�rite
"d'avoir permis � l'un des plus infortun�s
"fils de l'Angleterre de trouver un havre de paix.
"Pour cette immense bont�
"comme pour les autres actions charitables dont M. Carr Gomm
"m'a inform�e,
"je vous remercie chaleureusement. Sign� Victoria."
Je compte sur vous
pour faire votre devoir de chr�tiens.
Merci beaucoup, madame. Nous n'y manquerons pas.
Je propose que M. Merrick soit admis comme pensionnaire permanent
� condition que l'h�pital re�oive le co�t de l'entretien d'un lit.
Ceux qui sont pour ?
Merci, messieurs.
La proposition est adopt�e.
M. Carr Gomm a une nouvelle pour vous.
J'ai le grand plaisir de pouvoir vous accueillir
officiellement � l'H�pital de Londres.
� l'unanimit�, le Conseil vous a attribu� cet appartement
� titre permanent. Vous �tes chez vous.
Je me r�jouis pour vous.
Bienvenue, mon gar�on.
Je suis... chez moi ?
Voudriez-vous remercier le Conseil pour moi ?
Je ferai tout mon possible
pour �tre digne de sa bont�.
Je suis... chez moi ?
Oui. Et aussi...
Votre n�cessaire de toilette.
Merci, mes amis.
Tous mes amis !
Qui d'autre ?
Par ici !
Encore vous ?
Ces jeunes personnes ne l'ont jamais vu.
Entendu !
C'est tout pour cette s�ance.
Demain soir. Ne t'en fais pas.
Encore un ?
Au tarif ?
Venez.
Pas trop de bruit.
Nous ne tenons pas � lui faire peur.
Bonjour.
Je m'appelle John Merrick,
je suis tr�s heureux de faire votre connaissance.
Je vous trouve
tr�s belle.
En sc�ne !
Tu es splendide, mon mignon. Il n'y a rien � changer !
On dirait le Prince de Galles !
Mes amis, voici
l'Homme-�l�phant !
Je t'avais dit qu'il �tait parfaitement horrible !
Les dames veulent voir de plus pr�s ?
C'est un grand s�ducteur !
Donnons un petit baiser au s�ducteur !
Allons, embrasse-le.
Ne faites pas tant de bruit !
Pas de bruit ! Regardez bien.
Fini le spectacle ! Je vous retrouve au pub.
Voil� ! C'est mieux comme �a.
Une bonne soir�e.
Ach�te-toi des bonbons.
Mon tr�sor !
Je sais ce qui s'est pass� !
O� est-il ?
O� est M. Merrick ?
Je ne comprends pas.
Ne mentez pas !
Je sais tout ! On vous a vu !
Vous �tes de m�che avec Bytes !
Vous l'avez emmen� ! O� est-il ?
Doucement ! Je ne l'ai emmen� nulle part !
Je ne connais pas de Bytes.
On s'est un peu amus�s.
On ne lui a pas fait de mal. On s'amusait.
Vous l'avez tortur�, salaud. Il est parti !
Je l'ai laiss� dans son lit.
Vous ne m'�coutez pas !
Je ne connais pas ce Bytes !
Je n'ai rien fait.
On paie pour voir votre monstre. J'empoche !
C'est vous le monstre ! Hors d'ici ! Vous �tes renvoy� !
Vous ne me faites pas peur, vous et votre Homme-�l�phant.
J'ai eu raison, et vous n'y pouvez rien !
Seule Mothershead peut me renvoyer !
C'est fait !
J'aimerais vous dire quelque chose.
J'�tais aussi attach� que vous � John.
Il a disparu, sans doute vers le continent.
Vous n'irez pas � sa recherche. Les patients ont besoin de vous ici.
Vous avez fait tout ce qui �tait en votre pouvoir.
Tout ce qui �tait en votre pouvoir.
Le tabouret.
Debout, salaud !
Regarde tous ces magnifiques animaux.
Comme tu en as beaucoup.
Le petit salaud.
Il fait �a pour me narguer !
Tu te moques de moi, et �a va cesser !
Bytes, il est malade !
Qu'il meure !
Mais je ne vais pas enterrer
ce sac de chair !
S�rement pas !
Je vais le chercher, ce tas de graisse !
Nous avons d�cid�...
de te tirer de l� !
Bonne chance, mon ami.
De la chance...
Qui en a besoin plus que nous ?
Monsieur !
Monsieur... Pourquoi vous avez une si grosse t�te ?
Pourquoi ne r�pondez-vous pas ?
Pourquoi vous avez une si grosse t�te ?
Arr�tez-le !
Je ne suis pas un �l�phant !
Je ne suis pas un animal !
Je suis un �tre humain !
Je suis... un homme !
�cartez-vous.
M. Treves, ils l'ont trouv� !
Je crois qu'ils ont trouv� John !
Ne bouge pas.
Mme Kendal est bonne de me pr�ter cette robe.
Elle est splendide.
Mme Kendal sait-elle que John est mourant ?
Oui, elle le sait.
Comment suis-je ?
Vous n'aurez pas l'air d�plac�.
Vous �tes superbe.
Allons-y.
Je ne sais comment vous exprimer mes regrets.
Je ne me doutais pas...
Ne vous faites pas de reproches.
M. Treves, ne vous inqui�tez pas pour moi.
Je suis heureux � chaque instant du jour.
Ma vie est combl�e.
Parce que je sais que je suis aim�.
Je me suis accompli.
Je ne pourrais pas dire cela...
sans vous.
Vous avez tant fait pour moi,
vous aussi.
Je vais chercher Mme Mothershead et Nora
et je reviens.
Tr�s bien, mon ami.
Mon ami !
Votre Altesse Royale, mesdames, messieurs,
cette repr�sentation a un sens
particulier pour moi, et pour quelqu'un
qui conna�t le th��tre et qui l'aime,
mais qui y assiste pour la premi�re fois.
La troupe et moi-m�me, nous d�dions de tout c�ur
le spectacle de ce soir � M. John Merrick,
mon tr�s cher ami.
Levez-vous, John. Ils veulent vous voir !
J'ai vraiment cru
que l'ogre ne sortirait jamais du donjon.
Vous vous �tes bien amus�.
Oh, c'�tait merveilleux.
Bien. Il faudra que nous y retournions.
Je l'esp�re.
�a me fait plaisir.
Je vous laisse. Je dois dormir un peu.
Bonne nuit. Dormez bien.
Vous aussi, mon ami.
Je suis heureux que cela vous ait plu.
Termin� !
Jamais, jamais rien ne mourra.
Le fleuve s'�coule, le vent souffle,
les nuages passent, le c�ur bat...
Rien ne mourra.
CE FILM EST BAS� SUR L'HISTOIRE R�ELLE DE JOHN MERRICK, "L'HOMME-�L�PHANT",
ET NON SUR LA PI�CE DU M�ME NOM OU SUR TOUTE AUTRE �UVRE DE FICTION.
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