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Musique menaçante
Rires
Après ce repas, vous avez tort de pas rester.
Il ne faut pas voyager sur la digestion.
Regardez le ciel, vous allez être surpris par l'orage.
Nos femmes attendent.
Raison de plus pour pas vous presser.
C'est pas prudent de voyager à cette heure.
Les routes sont pas sûres.
Les auberges non plus ne sont pas sûres.
Rires
Au revoir.
Au revoir. Au revoir.
Bon voyage.
À l'année prochaine. Oui, c'est ça.
Se laisser traiter de la sorte…
Et avec le sourire. Quel métier !
Depuis quelque temps, certains aubergistes exagèrent.
Quatre disparitions en un mois…
C'est pas raisonnable.
Le volet grince.
Un cheval approche.
Ma parole, il vient ici.
Le volet grince.
C'est sûrement un étranger.
Le vent souffle.
Tu as vu ce cheval ?
C'est un bon client. Si je le laisse repartir,
je me rengage dans la Marine.
Dépêche-toi, débarrasse la table.
Ah, monsieur le voyageur !
Soyez le bienvenu.
C'est sûrement le bon vent qui vous amène.
L'orage va pas tarder à éclater. Vous êtes ici chez vous.
Vous restez coucher, hein ?
Oui, bien sûr.
Entrez, je m'occupe du cheval. Allez viens, toi.
Ah, vous allez voir la patronne.
Il rit. Le sourire de cette maison.
Bonne cuisinière et jolie. Régal des yeux et de l'estomac.
Où est-elle ? Léone ?
- Je viens.
Asseyez-vous. Vous êtes tout pâle.
Pour vous remonter, un petit vin du pays.
ll se laisse boire comme l'eau.
À la différence qu'il fait pas mal au ventre. Allez, vite.
Un pichet pour commencer.
Tu apporteras aussi la lumière. Non, inutile.
♪ ai les yeux fatigués par le soleil
et la poussière de la route.
Vous venez de loin ?
De Marseille. Ah, Marseille…
♪ en ai la nostalgie. ♪ y ai laissé tous mes amis.
Oui, je sais. Ah, vous savez ?
On m'a souvent parlé de vous, là-bas.
A Marseille ? Oui.
Enfin… Au château d'If.
Au château d'If ?
M. Caderousse, ce n'est pas par hasard que je m'arrête ici.
Je viens de la part de celui qui fut votre grand ami.
Votre fidèle ami.
Edmond Dantès.
Edmond…. Dantès ?
Mais… On m'avait dit qu'il était mort, le pauvre.
C'est hélas vrai. Mais je l'ai bien connu.
Il soupire.
C'est drôle. Hier, je parlais de lui.
Tu entends ? Monsieur l'a connu.
Le prisonnier du château d'If ? Oui, le prisonnier.
Ça par exemple. Le monde est petit.
Et vous, comment l'avez-vous connu ?
♪ ai été longtemps le médecin du château d'If.
Je me suis lié d'amitié avec cet homme.
Je l'estimais beaucoup.
Il fut, j'en suis convaincu,
injustement emprisonné.
♪ ai toujours dit qu'il était innocent. Demandez à ma femme.
Le jour qu'on l'a arrêté,
j'ai dû me coucher. Quand il a été tué lors d'une tentative d'évasion,
j'ai pleuré comme un enfant.
Comme si c'était mon frère.
Et alors, comme ça, il m'avait pas oublié.
Un homme en prison n'oublie personne.
Sa seule raison de vivre est de se souvenir.
Aussi, notre malheureux ami
m'avait-il chargé d'une mission.
Une mission ?
Dantès eut comme compagnon de cellule un homme riche.
Il avait été emprisonné comme conspirateur royaliste.
Lors de son incarcération,
le prisonnier était parvenu à soustraire aux fouilles 3 diamants.
Une fortune qui lui aurait permis de refaire sa vie à sa libération.
Hélas, le prisonnier tomba malade.
Dantès lui prodigua ses soins avec un tel dévouement
que son ami lui légua les pierres avant de mourir.
Dantès avait une confiance totale en mol.
Avant sa tentative d'évasion,
ll Mme confia lles 3 diamants.
♪ avais la mission, à sa mort,
de récompenser grâce à cette fortune les amis
qui lui seraient restés fidèles
et qui auraient aidé son père
pendant son emprisonnement.
Je suis à la recherche des amis d'Edmond Dantès.
Ses amis ? Vous fatiguez pas à mettre ce mot au pluriel.
Vous avez frappé à la bonne porte du premier coup.
Ce pauvre Dantès
vous a montré le chemin. Je me suis remué
pour le faire libérer…
Je suis allé voir le procureur, M. de Villefort.
Je me suis tellement remué
que j'en suis devenu suspect.
- CÇa a été dur, forcément.
Notre café… Oui, on abandonnait tout.
Le pauvre père Dantès, un brave homme.…
D'ici, je lui envoyais de quoi vivre.
Malgré mon départ, il n'a jamais manqué de rien.
Si ce n'est ma présence affectueuse.
Votre dévouement et votre fidélité m'émeuvent profondément.
Vous me paraissez sincère. Je fais que dire la vérité.
Je le jure sur la tête de ma femme.
Qu'elle meure sur place.
Tonnerre
Vous avez peur de l'orage ?
Non, mais toutes ces émotions…
Ça nous a rendus un peu nerveux.
Il soupire. Ah, quelle merveille !
Pauvre Dantès. ♪ en ai envie de pleurer.
Ne vous retenez pas. Les larmes sincères ne sont pas ridicules.
La honte d'un homme n'est pas de pleurer
mais de faire pleurer.
Alors moi, je peux lever la tête.
Voici donc… un diamant,
M. Caderousse.
Il jubile.
Et dites, hé, et les autres ?
Edmond m'avait souvent parlé de sa fiancée.
Mercédès.
Et d'un certain Fernand.
Qui, Fernand de Mortcerf ? Fernand de Mortcerf.
Je les recherche. De ceux-là, on peut en parler.
Des diamants à des gens pareils…
Que voulez-vous dire ? C'est une honte,
la façon dont ils se sont comportés.
La Mercédès était une drôlesse.
Je vous en prie !
Mon ami me parlait d'elle avec tant d'émotion et d'amour.
Ces propos sont une offense à la mémoire de Dantès.
Qui, bien sûr, bien sûr. Je vous comprends.
Car vous ne savez pas.
Mais la vérité, on peut pas la changer.
Et pour Mlle Mercédès,
le suaire d'un fantôme n'avait pas le prestige de l'uniforme.
- Remarquez, Fernand de Mortcerf,
c'était un bel homme. On nous a pas invités.
Nous n'y serions pas allés. Question de dignité.
La mémoire d'Edmond nous le défendait.
Ce n'est pas possible.
Cette jeune fille dont il me parlait si souvent…
Qu'il aimait tant…
Elle est devenue Mme la Générale.
- Une des plus grosses fortunes.
- Mais pas claire, cette fortune. Pas claire, croyez-moi.
Fernand, on sait pas ce qu'il a trafiqué en Orient.
ll est revenu riche comme un nabab.
Et depuis, il a été consacré pair de France.
Il est mûr pour le Panthéon.
Voilà la moralité d'aujourd'hui.
- Mais…
Vous vous sentez mal ?
- Vous devez avoir faim, peut-être. Non.
Non, j'ai besoin d'un peu de repos, simplement.
Merci.
On en reparlera demain.
Mais oui, c'est ça. ll rit.
La nuit porte conseil.
Je vous monterai une petite tisane.
Non, non. Merci.
Laisse donc monsieur tranquille. Par ici.
C'est toujours la même chose, que voulez-vous.
Quand on parle des amis disparus…
Je suis sûr que ce cher Dantès
doit être heureux de nous voir réunis tous les trois.
Heureux ? Vous croyez ? Oui.
L'oubli n'est-il pas le seul remède à tant de laideur ?
Vous avez tort. Il s'est passé des choses pas jolies,
mais ce qui doit vous consoler,
c'est qu'on peut encore trouver de braves gens.
Allez, venez.
Le cheval hennit.
Tenez, notre meilleure chambre.
On la réserve aux amis.
Tenez, donnez-moi vos affaires. Voilà.
Alors, vous n'avez plus besoin de rien ?
Si…
♪ ai besoin d'être seul.
Le tonnerre gronde.
Le cheval hennit.
Ah, peut-on imaginer quelque chose de plus beau que ce diamant ?
Oui… Les trois.
Oh, tu en veux trop.
Et alors ? C'est une bonne action.
Puisqu'il est dégoûté de la vie,
autant lui rendre service.
Après, on se retire,
et on vit bien honnêtement.
Le tonnerre gronde.
Le cheval hennit.
Le tonnerre gronde.
Fracas
- Assassins ! Monstres !
Ne bougez pas ou je vous abats comme des chiens.
Tu es tombé dans mon piège, Caderousse.
Je voulais savoir de quoi tu étais capable.
Je vous en supplie, ne tirez pas !
Pitié ! C'est elle. C'est elle qui m'a poussé !
Lâche, tu me dégoûtes ! C'est une sorcière.
Elle m'a envoûté. Je me défends mais je finis par obéir.
Ordure !
Il m'oblige, me menace, me frappe.
Je ne voulais pas. C'est un démon.
Vous vous expliquerez devant le bourreau.
Vous n'allez pas me livrer… Laissez-moi une chance.
Pitié !
Tu en as eu, de la pitié, pour ceux que tu as tués ?
Vous êtes le 1er, je le jure.
Le 1er, parole !
Que m'a valu ce privilège ?
Les diamants l'ont rendue folle !
Et elle m'a fait boire sa tisane…
Ma tisane ? Sale indicateur ! Tais-toi !
Non, ne croyez rien. J'ai voulu vous tuer, d'accord, mais
de là à être dans la police…
Qui. Mais tu es perdu. Même de Villefort
ne pourra te sauver. De Villefort ?
Si je dis tout, vous me laissez ?
Je vous le promets.
Vipère, non ! Tais-toi ! Parlez.
♪ ai confiance. Vous avez honoré le serment à un mort.
Vous pouviez partir.
Si tu parles, je…
Je vous écoute. - C'est lui
qui a fait emprisonner Dantès.
Non, vous voyez qu'elle invente n'importe quoi.
Pour sauver sa peau.
Laisse-la parler.
Il a tout manigancé avec de Mortcerf.
Une lettre dans sa poche, une dénonciation,
il n'en fallait pas plus. Ça tient pas debout.
Mais si, tout est clair.
Tout est bien clair, maintenant.
Pour l'argent, il ferait n'importe quoi.
Tu vas payer, Caderousse.
Tu vas payer le premier.
Assassin !
Tu vas payer ! Cri
Si tu avances d'un pas, je l'égorge.
Ah, ne tirez pas, je vous en supplie !
Je vous en supplie ! Ne tirez pas !
Non ! Non…
Ne tirez pas.… Non, non…
Elle hurle.
Musique angoissante
Cris
Elle pleure.
Musique angoissante
Coup de feu
Il est parti avec les diamants !
Je te retrouverai, Caderousse !
Je te retrouverai un jour, Caderousse.
Mortcerf… Villefort…
Je vous retrouverai tous !
Musique tragique
Musique guillerette
Quel étrange pouvoir, mon cher Monte-Cristo.
Votre monde est impénétrable et nous sommes tous réunis ici.
Je vous dois cet honneur.
Nous seuls pouvons manifester quelque reconnaissance.
Et nous nous amusons.
Vous êtes un magicien.
Je reviens d'un long voyage en Orient.
Peut-être suis-je imprégné des "Contes des 1001 nuits"
et de leurs mystères.
Rires
Albert, vous ne regrettez pas de nous avoir suivis.
Ce comte de Monte-Cristo sait recevoir.
Il voit grand. Un peu trop, même.
Ses ancêtres n'ont pas dû rencontrer souvent les miens.
Ne nous étonnons pas qu'un roturier soit comte quand l'argent est roi.
Ce cheval est trop nerveux. Tu le confies à un gamin.
Puisque Albert de Mortcerf prétend aimer les bêtes fougueuses,
il va pouvoir nous faire une démonstration de son talent.
Psalmodies en latin
Aboiements
Cors de chasse
Musique guillerette
Cors de chasse
Musique angoissante
Cors de chasse
Je pense qu'il ne faut jamais rien regretter.
Cet accident m'aura été doublement profitable.
Grâce à l'homme qui m'a sauvé la vie,
j'ai enfin découvert la véritable amitié.
Et grâce à mon immobilité forcée,
j'apprécie la liberté à sa juste valeur.
Vous n'imaginez pas à quel point j'étouffe dans cette prison.
Pauvre prisonnier…
Mettez-vous à ma place. Un mois sans sortir, on devient fou.
Je n'ai plus le courage de peindre. Ne regrettez rien.
Une œuvre ne peut naître du désœuvrement.
Il ne s'agit pas de peindre
quand on n'a rien de mieux à faire, mais
d'éprouver.
Oh, je suis trop heureux.
C'est affreux, j'ai tout.
Mes parents me comblent d'attention,
♪ ai l'argent, l'amour… Non, pas l'amour.
Les femmes.
Ne confondez pas.
Oh, il faudrait que je souffre pour avoir du talent.
Que faire ? Attendre.
L'occasion se présentera.
Faites confiance à la vie.
C'est hideux, non ? Non.
Mais vous copiez trop la réalité.
Copier la nature, c'est la trahir.
Le gris de ce mur est d'une gaîté
attristante.
Vous parliez de prison.
Imaginez la muraille d'un cachot.
Vous trouverez votre gris.
Vous comprendrez le bleu.
Vous croyez ? C'est à vous de croire.
Le peintre, c'est vous.
♪ abandonne. ♪ ai trop de progrès à faire.
Des progrès, non.
Des découvertes.
Rien n'est pire que les progrès dans l'erreur.
Cherchez votre vérité.
Soyez sincère.
Découvrez la vie intérieure d'un être.
Pour exprimer l'intensité d'un regard,
il ne suffit pas de peindre des yeux.
Musique douce
Je vous préviens, ce n'est pas de moi.
C'est inconcevable. Vous admirez ce portrait ?
Plus que vous ne le pensez.
Décidément, je ne comprends plus.
Une œuvre n'est destinée qu'à ceux qui peuvent l'aimer.
À une certaine perfection qui n'exprime rien,
laissez-moi préférer des défauts qui nous parlent.
L'amour lui-même ne peut être parfait.
Et pourtant, nous ne vivons que par lui.
Par l'espoir qu'il nous donne.
Par les souvenirs qu'il nous laisse.
Ce portrait, pour moi,
c'est un regard.
Un regard qui ne pourrait être
celui d'aucune autre femme.
Quelle étrange douceur !
Toute une vie est exprimée
avec son mystère,
son secret.
Albert rit.
Demandons au modèle si votre portrait lui paraît fidèle.
Ma mère, je vous présente le comte de Monte-Cristo.
Lui, grâce à ce tableau, vous connaît déjà.
Il vient de me parler de vous avec un lyrisme émouvant.
Madame…
Excusez-moi d'avoir pris cette liberté, mais…
Pouvais-je imaginer que…
Je vous en prie, monsieur.
Vous n'avez pas à vous excuser.
Je vous suis au contraire reconnaissant.
Grâce à vous, je viens de découvrir ma mère.
Je comprends qu'une tristesse émane de vous.
Quelle en est la cause ?
Vos imprudences et votre manque de sérieux.
Vous allez être à l'origine d'un drame familial.
Et votre mystère, votre secret… ?
Je ne pensais pas, mère,
que vous aviez des secrets pour moi.
Pour vous, mon fils, je n'en ai pas.
Mais peut-être en ai-je pour les autres.
Pour ceux qui me connaissent moins bien
que vous.
Ne m'en veuillez pas de vous abandonner, mon ami.
Non, je comptais commencer votre portrait…
Je suis sur le point de découvrir votre mystère, votre secret.
Je le sens.
Exprimez-les de mémoire.
Je vous dirai demain si vous avez trouvé.
Mais…
♪ ai un rendez-vous. Encore quelque conquête.
Profitez-en car votre rival sera bientôt sur pied.
Musique nostalgique
♪ ai dû vous paraître étrange, madame.
Mais je n'ai pu dominer mon émotion.
Il y a près de 20 ans,
j'ai été séparé peut-être à jamais
d'une jeune fille qui vous ressemblait.
Elle était
toute ma vie.
♪ avais presque oublié ce que peut être la pureté d'un regard.
Y a un instant, je ne pensais plus qu'à elle. Ne m'en veuillez pas.
Je n'en veux qu'à moi-même.
Oui…
Je m'en veux de ressembler à votre bonheur perdu.
Merci, madame.
Merci de m'avoir compris.
Si vous la retrouvez un jour,
essayez de la comprendre aussi.
Pardonnez-lui.
Elle ne vous a sûrement pas oublié.
Peut-être…
Vous aime-t-elle toujours…
Mais… la solitude,
les mensonges
et le temps
sont d'impitoyables ennemis.
Oui.
Le temps nous emporte.
Hélas,
jamais ensemble.
Le temps emporte tout
et ceux qui s'aiment n'y pensent jamais.
Etourdis, aveuglés par leur serment.
♪ entends encore sa voix passionnée
dominant le bruit lointain de la mer.
"Rien ne pourra jamais plus nous séparer."
Pensez-vous que je sois fou d'espérer, de croire encore ?
Pourriez-vous ne plus espérer ?
Non.
Alors…
À quoi bon vous répondre ?
C'est la vie qui vous répondra.
Puisque c'est la vie qui vous a trahi.
- Rien ne pourra jamais plus nous séparer.
Par moments, j'ai peur que ce rêve ne se termine mal.
Si encore tu m'expliquais les choses…
Il m'arrive parfois de regretter mon bateau,
le bruit de la mer et le cri des mouettes.
Moi, je n'ai plus rien à regretter.
Je viens prendre des nouvelles de ma prisonnière.
Je souffre de vous savoir ainsi enfermée loin du monde.
Haydée, cette réclusion ne vous est-elle pas trop pénible ?
Je ne veux plus vivre que dans le silence
et la solitude
pour mieux me souvenir du mal que l'on m'a fait.
Je ne sortirai qu'à l'heure de ma vengeance.
Elle sera la mienne, vous le savez.
Mais le criminel qui a fait votre malheur
est un homme puissant et honoré.
Il vous faudra peut-être encore beaucoup de patience.
Le temps n'est qu'une apparence.
Seuls comptent les sentiments qui nous animent.
Et la haine sait attendre.
Hier, je n'étais qu'une esclave.
Aujourd'hui, grâce à vous,
je suis libre.
Et pour la première fois depuis la mort des miens,
j'ai retrouvé un peu d'espoir.
Le châtiment du coupable est ma seule raison de vivre.
Je vous dois tout.
Je vous obéirai.
Le jour où je devrai frapper,
vous n'aurez qu'à parler.
Ce jour approche, Haydée.
Mais nous devons être patients et secrets
comme l'absolu.
La vérité a besoin de mystère
pour se protéger des hommes.
Petit rire
Encore une invitation.
Chez les Mortcerf, bien sûr.
Ces m'as-tu-vu ne nous oublient pas.
Décidément, on ne pourra jamais passer une soirée tranquille.
Voilà peut-être un des rares avantages de mon état.
Peut-être fera-t-on la connaissance du comte de Monte-Cristo.
Personnellement, je ne suis pas impatient de le rencontrer.
Château, hôtel particulier, équipage
somptueux.… Et qui est-il ? D'où vient-il ?
Personne n'en sait trop rien.
On va bientôt parler de lui dans la rubrique "Scandale".
- Vous êtes jaloux de sa séduction.
Toutes les femmes en sont folles.
- Seuls les aigrefins savent
attirer le sexe faible.
Vous m'avez séduite alors que toutes mes amies rêvaient de vous.
Je vous remercie.
Il rit.
Il s'étouffe.
Voilà une plaisanterie d'un goût douteux.
Surtout devant mon père.
Merci de me donner l'illusion que j'existe.
Veuillez m'excuser,
M. Vidocq demande s'il peut avoir un entretien.
Vidocq ?
Chez moi, à cette heure-ci ?
Il râle.
C'est bon, j'y vais. Excusez-moi.
Un ancien bagnard, chef de la police…
Il rit. Ah, la vie, quel spectacle !
♪ ai parfois l'impression d'être au théâtre.
Dommage que ce soit dans une chaise d'infirme, et…
Pour le dernier acte.
Je suis confus que ma visite inopinée vous dérange.
Aucunement, aucunement.
Nous devions nous voir, cet après-midi, au Palais.
♪ ai préféré vous parler d'abord.
Loin des regards curieux et des oreilles indiscrètes.
Est-ce grave ? Ça pourrait l'être.
Ah, de quoi s'agit-il ?
D'une affaire qui doit passer aux assises.
De Bouchard, le père Bouchard.
Bouchard… Cet ignoble assassin !
Vous n'allez pas me demander de modérer mon réquisitoire !
Non ! Pourtant…
Non.
Cette fois, vous exagérez.
Si cet homme s'en tire, de quoi vais-je avoir l'air ?
Ma carrière est en jeu.
Cet homme a rendu service à la police.
Son cas est indéfendable.
Je connais le dossier.
Et moi, l'homme.
C'est un assassin. Un assassin… peut-être.
Un ami, sûrement.
C'est mon meilleur indicateur.
Faut pas décourager les crapules.
Mon devoir est d'accuser.
Le mien de vous calmer. Vous êtes trop sévère.
Brillant, certes, mais trop dur.
Passez pas avant les intérêts de la police.
Ni avant les vôtres, je suppose.
Vous ne savez modérer vos propos.
Vidocq, c'en est trop.
La police ne fait pas la loi.
Elle se contente de veiller à son respect.
Vous me remettez à ma place ?
Je vous demande de ne pas vous mettre à la mienne.
Vous oubliez, M. le Procureur,
que Fouché, mon prédécesseur, vous a placé où vous êtes.
Fouché n'a jamais demandé de faire acquitter un assassin.
Vous a-t-il empêché de faire condamner un innocent ?
Que voulez-vous dire ?
Que si M. Fouché n'est jamais allé au bagne,
il s'est contenté d'y laisser partir ses amis.
Méfiez-vous.
Je suis plus fort que vous ne le pensez.
Aujourd'hui,
comme hier.
On n'est jamais plus fort qu'une fiche de police.
M. Fouché, d'un naturel prudent,
a toujours eu l'habitude de dresser la fiche de ses relations.
Pour les protéger, bien sûr.
Or, vous le savez,
une fiche de police peut s'égarer mais ne se perd jamais.
Des menaces ”
Un conseil.
Voyons... Un bon mouvement.
Ne me refusez pas un petit service.
Un petit service, la tête d'un assassin ?
Ça ne pèse pas lourd dans la balance.
Inutile d'insister.
C'est bon.
Ma démarche vous aura au moins fait comprendre
que je n'oublie jamais les services qu'on me rend.
Ni ceux qu'on me refuse.
A bientôt, M. le Procureur.
Il claque la porte.
Brouhaha
Comme Villefort est une de tes vieilles relations,
va lui rafraîchir la mémoire en te rappelant à son souvenir.
Vous pouvez me…
Me faire confiance, M. Vidocq.
Tu lui diras que des bruits circulent à son sujet.
Colportés par cette ordure de Vidocq,.
Comment… Si…
Je tiens à ce que tu emploies ce mot.
Ça lui inspirera confiance.
Villefort est ce soir l'invité du comte de Mortcerf.
Tu le guetteras dehors.
Il t'écoutera. Il redoute le scandale par-dessus tout.
Alors, tu lui parleras d'une certaine fiche de police
établie par notre regretté Fouché
dont je te donne le détail.
De la réussite de ta mission dépend notre tranquillité.
Si on laisse les juges travailler, on ira en prison.
Ils rient.
Je vous préviens, vous l'aurez voulu.
Les amis de mes parents sont moins distrayants.
Il est intéressant de s'instruire.
♪ ai trop voyagé. Je connais mal le monde.
- Ah, mon père. Oui ?
♪ ai la joie de vous présenter le comte de Monte-Cristo.
Cet homme courageux auquel je dois la vie.
Soyez le bienvenu parmi nous.
Vous avez conservé notre unique héritier.
Ma femme a déjà pu exprimer sa reconnaissance.
L'amicale exaltation de votre fils
a dû dépasser l'ampleur de mon héroïsme.
Mon exaltation ne peut résister à l'appel d'un sourire.
♪ ai l'intention de me distraire, ce soir.
Je vous abandonne à l'épreuve des présentations.
Il rit.
C'est vraiment un garçon exceptionnel.
Mais il n'a pas le sens des usages.
l à celui de l'amitié.
Les vrais amis sont si rares.
Je l'estime profondément. ll vous le rend bien.
Je n'entends plus parler que de vous.
C'est pour cela qu'il me semble vous connaître un peu.
Votre regard ne m'est pas tout à fait inconnu.
Le vôtre non plus.
Vous venez d'Orient. C'est exact.
Peut-être nous sommes-nous croisés sur quelque bateau
ou dans quelque ville lointaine.
Peut-être, oui. A l'époque où je n'étais que militaire.
Douce époque où j'avais des illusions.
Je risquais ma vie pour des inconnus.
Je me suis laissé dire qu'en Grèce,
nombreux furent les témoins de votre héroïsme.
Je n'ai fait que mon devoir.
Quand on gagne ses épaulettes à la bataille,
le véritable héroïsme
est d'oser manœuvrer sur le terrain mouvant des salons.
Les engagements y sont souvent plus meurtriers.
- Eh oui.
♪ ai eu tous les courages.
♪ ai apandonné l'épée pour la politique et la vie mondaine.
Je ne connais plus mes ennemis.
Je n'ai plus que des adversaires.
A quelques exceptions près.
Comme ce fidèle ami auquel je suis heureux de vous présenter.
Mon cher de Villefort. - Oui ?
Celui que vous désiriez tant connaître.
M. le comte de Monte-Cristo. Ah ! Enchanté.
M. le Procureur, Henri de Villefort.
Le plus charmant des amis et le plus redoutable des hommes.
Redoutable mais juste.
On ne craint rien quand on a la conscience tranquille.
Votre conscience ne peut être plus tranquille que la mienne.
Alors, nous sommes donc faits pour nous entendre.
Il rit.
Si vous saviez ce dont les hommes sont capables,
vous changeriez d'avis.
La peine de mort fait réfléchir, croyez-moi.
Elle fait réfléchir les honnêtes gens.
L'expérience nous prouve
que la vraie canaille persévère.
L'indulgence est trahison. La société crie vengeance.
La peine de mort n'est pas une vraie vengeance.
Il rit. Que nous proposez-vous ?
Mettez-vous à ma place, voyons.
Un criminel est devant vous. Allez-vous philosopher ?
♪ aimerais simplement pouvoir dire à cet homme :
"Puisque ton crime vient d'être prouvé aux yeux du monde,
"puisque te voilà démasqué,
"je ne réclame pas la mort contre toi.
"Je te condamne à vivre.
"Je te condamne à supporter la honte,
"la déchéance.
"Rien ne pourra te sauver du pire des châtiments.
"Le mépris de toi-même
"devant la conscience de tous.
"Mais je n'ai aucun droit sur ta vie.
"Toi seul est libre de préférer la mort
"si tu espères y trouver l'oubli.”
De Villefort ricane.
Vous êtes un rêveur.
Les rêves d'aujourd'hui sont les réalités de demain.
Idéaliste !
ldéaliste, oui.
Comme vous, M. le Procureur.
Il faut l'être pour croire en la justice des hommes
au point d'en devenir le symbole.
Valse
Oh, c'est affreux. Vous deviez savoir la vérité.
Je ne pouvais vous épargner cette épreuve.
Cet homme
que j'estimais malgré tout
n'était donc qu'un traître,
qu'un assassin…
Comment trouverai-je encore la force de vivre ?
Peut-être en vous souvenant que je vous aime.
On peut partir, Mercédès. Tout reste possible.
Non.
Je ne dois penser qu'à mon fils, maintenant.
Que le sacrifice de nos deux vies protège au moins la sienne.
Aucun vrai bonheur ne peut se construire sur le mensonge.
Mon suprême espoir
est qu'il n'apprenne rien de toutes ces laideurs.
Que deviendrait-il ? Un homme, peut-être.
Vous lui devez la vérité.
Non. Non, ce n'est pas possible.
Non, partez ! Je vous en supplie, partez.
Pour nous,
tout est fini.
Je vous obéis donc, Mercédèes.
Mais sachez que même si vous devez me haïr,
je ne pardonnerai jamais à ceux qui vous ont fait souffrir.
Ma vengeance sera pour vous
la dernière preuve de mon amour.
Valse
Il halète. Toi ?
Caderousse, c'est toi…
Je savais que je te retrouverais. Je vous en supplie…
Moins fort. Taisez-vous.
Tu guettais une future victime ?
Non. Je vous dirai tout mais pas ici.
Partons, je vous suivrai.
Oui, tu vas me suivre. Cette fois, tu ne m'échapperas plus.
♪ ai encore quelques questions à te poser.
Bris de verre
- Une vitre brisée…
Fenêtre ouverte…
Je surprends un voleur.
Tu imagines la suite.
Personne ne trouvera ça étrange dans la police.
Ils savent de quoi tu es capable.
Maintenant, il faut tout me dire, Caderousse.
Moi, je ne faisais qu'obéir.
C'est Vidocq qui m'envoyait.
Il détient une fiche de police sur Villefort
dressée par Fouché.
Cet énergique magistrat a donc eu des faiblesses ?
Avant son mariage,
M. de Villefort avait séduit une jeune fille
qui eut un enfant de lui.
Alors… Continue.
ll l'obligea a abandonner le bébé.
Vers l'âge de 15 ans, il entra dans une bande de chenapans.
Dans ta bouche, Caderousse,
ce mot prend une étrange résonnance.
A 20 ans, on l'arrêta,
et maintenant, Benedetto est en prison
sous "né de père inconnu".
Et ta mission ?
Menacer Villefort. S'il ne cédait pas au chantage,
Vidocq relâchait le gosse et le compromettait dans une histoire.
Une certaine presse faisait le reste pour perdre le procureur.
Ainsi, la liberté d'un homme, une fois de plus,
ne dépend que de vos combinaisons abjectes.
Il soupire.
Tu diras à Vidocq
que Villefort ne s'est pas laissé impressionner.
Vous pouvez compter sur moi.
D'ailleurs, j'aime mieux ça.
Je veux pas revoir Villefort.
Vidocq libérera ce garçon comme il l'a prévu.
Et alors, moi, je m'en occuperai.
Souviens-toi que mon but est d'abattre Villefort.
Tu me seras utile pour l'atteindre.
♪ ai juré de venger un ami mort à cause de vous deux.
Tu devras m'aider. C'est ta dernière chance.
Ta dernière chance !
Ce cher comte de Monte-Cristo n'a pas fini de nous surprendre.
Qu'est-ce que ça veut dire ?
Et où est-ce que je suis ?
Chez moi.
Qu'est-ce que vous me voulez ?
Qui êtes-vous ?
Un ami. I rit.
Allez, parlez franchement.
En sortant de prison, on n'est pas susceptible.
C'est quoi, comme coup ?
Et combien ?
Mais, je vous préviens,
je tue personne. Y a trop de risques.
♪ ai décidé de te venir en aide.
Pourquoi ?
Ça vous amuse ?
Je vous ai rien demandé. C'est un pari ?
Non.
Une histoire que je viens d'apprendre.
Celle d'une femme qui fut la confiance et l'amour mêmes.
Ta mère. Il rit.
Elle mourut de désespoir car un homme l'abandonna.
Un homme aujourd'hui puissant et respecté.
Vous le connaissez ? Vous avez de ces relations.
Je veux qu'il te donne la place et la fortune qu'il te doit.
La fortune me suffira.
Qui c'est ?
Tu le sauras bientôt. Je te le ferai connaître.
Mais auparavant, tu dois t'élever au niveau de son milieu.
Et je vais t'y aider par tous les moyens
pour que tu puisses lui parler d'homme à homme
et lui exprimer ce que toi seul, son fils,
a le droit de lui dire.
Faites-moi confiance, ce sera pas long.
Cette convocation n'était qu'une formalité
dont vous voudrez bien m'excuser.
L'intérêt que vous portez à Benedetto a intrigué mes collègues.
Depuis un mois,
il mène une vie princière,
vous en faites un homme du monde.
Quel but poursuivez-vous donc ?
Celui de prouver
qu'on n'est jamais totalement victime de son passé.
Sortant du bagne, on peut devenir quelqu'un de bien.
Ah, c'est tout à fait mon opinion.
On est faits pour nous comprendre.
Votre générosité à notre égard
me prouve que vous êtes bien un honnête homme.
Je suis prêt à vous renouveler cette preuve quand il vous plaira.
Je n'en doute pas.
En remerciement, permettez-moi de vous donner un conseil.
Méfiez-vous d'un certain Caderousse.
Son comportement nous intrigue.
Il n'a pas perdu contact avec ce Benedetto
qui ne vaut pas plus que lui.
Je ne l'ignore pas. Merci.
Mais je suis toujours curieux de savoir jusqu'où
les crapules peuvent aller.
Quand elles règlent leurs affaires entre elles,
parfois, la vraie justice y trouve son compte.
Pst !
Je sais que je te dérange,
mais en ami, je te donne un conseil.
Toi, je t'ai assez vu.
Si tu étais raisonnable, tu ferais tes paquets.
Je t'aiderais. Hein ? Réfléchis.
Pense à ce qu'on peut ramasser, l'or, les diamants…
Rien n'est fermé à clé. C'est de la provocation.
C'est à vous décourager d'être honnête.
Pas besoin de larbin pour mes bagages.
Méfie-toi.
Je t'ai amené ici. Part à deux.
Non. J'ai décidé de rester dans le monde.
Je n'attaque plus les banques
mais les filles de banquiers.
♪ en ai une en vue. Je t'inviterai au mariage.
Imbécile !
Tu crois faire fortune dans les salons ?
C'est pas ta place, mon pauvre.
Trop de gens savent d'où tu viens.
Trop de gens peuvent le dire.
Sors d'ici, et vite !
Fumier.
Musique menaçante
Brouhaha
Très bien. Huissier, faites entrer le dernier témoin.
Cris d'admiration
- Vos nom et qualité ?
Comte de Monte-Cristo.
Navigateur.
- Dites la vérité, rien que la vérité.
Dites : "Je le jure." Je le jure.
- On vous écoute.
M. le Président, MM. les Jurés,
je tiens à affirmer que l'accusé
était en état de légitime défense.
Le procureur ricane.
On ne met pas en doute la bonne foi de vos convictions,
mais les témoins apportent des renseignements
et fournissent les preuves de ces affirmations.
Brouhaha
Telle est bien mon intention.
Mais je vais être obligé de parler un peu de la victime.
M. le Procureur ?
Rien ne s'y oppose.
♪ ai très bien connu M. Caderousse.
♪ ai même passé une nuit dans l'auberge qu'il tenait.
Je ne suis pas près d'oublier l'accueil qu'il m'y réserva.
- Comment cela ?
Il avait bonne réputation.
Probablement parce que les morts sont muets.
Avez-vous donc le pouvoir de les faire parler ?
Peut-être.
Allons. Vous évoquiez un voyage.
Vous vous égarez.
Retournons à notre auberge.
♪ y reviens.
Mais si j'en sortis à l'époque,
ce fut bien, je vous l'affirme,
contre le gré de son propriétaire.
Cette nuit-là,
Caderousse tenta de m'égorger pour me dévaliser.
Cris indignés
Infâme calomnie !
Oser outrager sa mémoire pour défendre un criminel.
Certains témoignages…
Ce n'est pas le procès de la victime.
Il faut juger les victimes
pour sauver la tête d'un accusé.
Nous sommes juges de notre devoir. C'est intolérable !
Silence !
Continuez sur ce ton
et nous ne pourrons plus vous entendre.
Je n'ai pas que du mal à dire de M. Caderousse.
Avant de s'écarter du droit chemin,
Caderousse fut souvent un auxiliaire zélé de la police
et de la justice.
Son dévouement contribua même, il y a bien longtemps,
à l'arrestation, à l'incarcération
et à la mort
d'un redoutable conspirateur bonapartiste.
Caderousse vous connaissait, M. le Procureur.
Rappelez-vous.
Cherchez dans votre mémoire.
Grâce à lui, vous avez pu signer l'ordre d'emprisonnement
puis l'acte témoignant de la mort du traître.
Souvenez-vous, M. le Procureur…
Souvenez-vous du château d'If.
Souvenez-vous d'Edmond Dantès.
- M. le Président,
laisserons-nous un témoin orienter les débats
pour créer la confusion dans les esprits ?
Cet homme a des intentions évidentes.
Je ne peux m'opposer à l'audition d'un témoin.
Poursuivez.
Mais sans vous écarter du sujet.
Venons-en au fait.
♪ y viens, mais il fallait situer d'abord la personnalité…
Exceptionnelle de M. Caderousse.
Il m'a appris tant de choses, récemment.
- Après l'aventure de l'auberge, vous l'aviez donc revu ?
Oui, M. le Président.
Alors qu'il a voulu vous faire passer de vie à trépas ?
Vous n'êtes pas rancunier.
Si ! Justement…
♪ ai cette faiblesse.
Je m'étais juré de retrouver Caderousse.
On n'oublie pas ceux qui ont voulu votre mort.
À défaut de preuves, vous ne manquez pas d'imagination.
Ni d'aplomb !
Est-ce avoir réponse à tout ?
- Vous disiez que vous aviez retrouvé M. Caderousse.
- ll y aun mois.
♪ ai eu des précisions sur l'identité du jeune Benedetto.
En voilà assez !
On sait mieux que vous qui c'est.
Son passé l'accuse.
Son passé n'accuse pas que lui-même.
Son passé, vous ne le connaissez pas vraiment, messieurs.
Enfant abandonné,
il connut la misère. - Je m'y attendais.
Trouvez autre chose.
La jeunesse malheureuse, la solitude,
un être livré à lui-même…
Si tous ceux livrés à eux-mêmes prenaient
un poignard pour se distraire, quelle hécatombe !
Des exemples et un peu plus d'autorité
rendrait service à ces désœuvrés
et à leurs éventuelles victimes.
Pas de délinquance juvénile dans l'armée.
Epargnez-nous le couplet sur la misère.
C'est très joli, mais ça n'excuse pas tout.
La misère n'excuse personne. Surtout ceux qui la provoquent.
Soyez précis.
De qui parlez-vous ? Du père de cet homme.
Le refrain n'est pas nouveau.
Orphelin de père inconnu. Les absents ont toujours tort.
Ce père n'est pas inconnu, M. le Procureur.
Ni inconnu ni absent.
Sa présence parmi nous
est même imposante.
Le tribunal va-t-il prendre longtemps en considération
les divagations d'un aventurier ? De qui se moque-t-on ?
De l'accusé. Je vous en prie.
♪ ai les preuves de l'identité du père.
♪ ai retrouvé ceux qui pourront le confirmer.
Le médecin qui accoucha la mère,
la logeuse de la maison où naquit l'enfant,
dans la nuit du 14 au 15 décembre
1812, le chiffonnier qui le ramassa dans la neige,
sa femme qui l'éleva,
des témoins qui ne demandent qu'à être entendus.
- Le nom de cet homme ?
♪ aimerais mieux qu'il se nomme lui-même.
Qu'il ait ce dernier courage.
Il reconnaîtra cette bague que Benedetto porte au doigt.
Un gage d'amour éternel pour une femme
qui eut la faiblesse d'y croire.
Assez !
Faites taire cet homme ! Je vais me taire.
Mais après vous avoir crié :
ce père,
le seul vrai coupable,
c'est vous, M. le Procureur.
C'est vous.
M. Henri de Villefort.
Cet homme qui vous regarde est votre fils.
Brouhaha
Vous qui avez eu honte, hier, de lui avoir donné la vie,
oserez-vous aujourd'hui requérir la mort contre lui ?
"Intérieur, scandale sans précédent aux assises.
"Le procureur frappé de folie.
"Procès reporté.
"Révélations stupéfiantes du comte de Monte-Cristo."
Petit rire Pauvre Villefort.
Tout est bien fini pour lui.
Quelle déchéance.
Pourquoi Monte-Cristo s'est-il acharné à le perdre ?
Probablement pour… faire parler de lui.
Il désapprouve.
Quel homme étrange…
Comment s'est-il procuré ces détails sur le passé de Villefort.
C'est inexplicable.
♪ aimerais comprendre.
Curieux, un article sur Janina.
"On nous écrit de Janina.
"Un fait jusqu'alors ignoré parvient à notre connaissance.
"Des châteaux furent livrés aux Turcs par un officier français
"à qui le vizir Tebelin faisait toute confiance."
Musique paisible
Votre triomphe n'est pas modeste, M. le comte de Monte-Cristo.
Est-ce pour fêter votre victoire, cette brillante soirée ?
Ce n'est qu'un jeu. Je compte ses amis.
Sachez que je suis au nombre de ceux qui lui restent fidèles.
Si j'ai accepté votre invitation
à laquelle j'ai tenu à me rendre seul,
c'est pour avoir une entrevue avec un personnage
un peu trop mystérieux
qui semble oublier les règles élémentaires de la prudence.
Je redoute le mensonge et l'injustice.
Je m'attends donc à avoir beaucoup d'ennemis.
Mais… J'aime le risque.
Le scandale est une arme dangereuse.
Dangereuse pour tous.
Vous donnez le mauvais exemple.
"Le Moniteur” s'en est pris à moi.
♪ ai lu cet article.
Vous n'y êtes pas nommé. Non, mais c'est pire.
Les gens cherchent et sont trop heureux d'avoir trouvé.
Ils ne veulent plus douter.
Où allons-nous si on publie n'importe quoi sur n'importe qui ?
Surtout quand il ne s'agit ni de n'importe qui
ni de n'importe quoi.
Ne vous inquiétez pas outre mesure.
Le mépris au service de la vérité
peut être quelquefois la plus noble des réponses.
Il claque la porte.
C'est bien lui. Je suis sûre que je ne me trompe pas.
Je l'ai reconnu. Le traître.
L'assassin !
L'heure est venue de la vengeance.
Haydée…
Il va te falloir beaucoup de courage.
Pour frapper cet homme,
tu affronteras ceux qui le protègent et qui feront tout
pour te perdre.
Brouhaha
Clochette
MM. les Pairs,
de graves rumeurs agitent actuellement l'opinion.
L'honorabilité de l'un des nôtres, parmi les plus grands,
et donc celle de toute la Chambre,
est mise en cause d'une façon trop précise
pour éviter d'ouvrir
un débat, qui, j'en suis convaincu,
prouvera la bassesse de ces calomnies indignes d'un journal
jusqu'à ce jour estimé.
Messieurs,
je demande également qu'une enquête soit ouverte le plus tôt possible.
Je fournirai à la Chambre
toutes les preuves de ma loyauté.
Elles confondront la perfidie des ennemis inconnus
qui mènent cette campagne abjecte.
Applaudissements
Cherchant peut-être à atteindre le régime lui-même
à travers ma personne.
Je produirai des pièces
qui prouveront que le vizir de Janina
m'a, jusqu'à sa dernière heure,
honoré de toute sa confiance.
Je vous épargnerai l'énumération de mes sacrifices.
Ils m'ont valu des décorations que mon pays n'a pas coutume d'accorder
aux lâches, aux traîtres et aux assassins.
Que le sang que j'ai versé témoigne pour moi,
comme je n'ai pas eu la chance de mourir avec mes compagnons,
dont je ne peux invoquer ici que le souvenir.
Croyez bien, comte de Mortcerf,
que votre épreuve est la nôtre.
Nous devons faire face, jusqu'au bout et au grand jour,
aux attaques déloyales qui font déconsidérer notre assemblée.
Je suis donc obligé d'accepter la déposition d'un témoin
qui prétend fournir des renseignements
sur la conduite de M. le lieutenant général comte de Mortcerf
lors des combats de Janina.
Brouhaha
Huissier, faites entrer le témoin.
Madame,
vous avez écrit pour donner des renseignements
sur Janina.
Vous avez été témoin de ce drame
si pénible.
Pas un détail n'a pu sortir de ma mémoire.
En ce qui vous concerne, quelle importance avaient ces événements ?
Il s'agissait de la vie et de la mort
de mon père et de ma mère.
Je m'appelle Haydée,
fille d'Ali Tebelin, pacha de Janina.
Brouhaha
Voici l'acte de ma naissance rédigé par mon père.
Signé par ses officiers.
Et l'acte de la vente de ma personne et de ma mère
au marchand El-Kohhir
par l'officier français Fernand de Mortcerf.
Cris indignés Calomnie ! Imposture !
♪ ai jamais vu cette femme.
C'est un scandale !
Je te retrouve. Après avoir trahi et assassiné mon père,
tu as vendu ma mère et moi pour 1000 pièces d'or.
Une accusation suffit ?
Voici la preuve.
Je suis victime d'une machination. C'est un faux !
Clochette - Silence !
Silence !
Madame…
Le drame de votre famille ne vous autorise pas à tenir ces propos.
Vos accusations n'auront une valeur
que si des experts établissent l'authenticité
des actes.
Puis-je m'adresser une dernière fois au comte de Mortcerf
pour lui rappeler une chose ?
Vous avez la parole.
Quand mon père comprit que vous alliez l'assassiner,
il se retourna contre vous.
D'un coup de sabre, Il vous blessa au bras droit.
Vous avez forcément conservé une cicatrice.
Vous affirmez ne m'avoir jamais vue.
Comment pourrais-je connaître ceci ?
Il est facile de prouver que je mens.
Il suffit de relever votre manche.
Vous portez dans votre chair la marque de votre trahison.
Elle sanglote.
Brouhaha
M. le Comte !
M. le Comte !
♪ ai appris par un ami,
car j'ai de vrais amis,
que l'article sur Janina était dû à votre inspiration.
Si votre seule arme n'est pas la plume,
vous daignerez, je pense, relever mon défi.
Rencontrer un homme d'honneur
est une occasion trop rare pour que je me dérobe à votre invitation.
♪ attendrai vos témoins.
Musique nostalgique
Une visite pour toi.
Une dame.
Elle refuse de dire son nom.
Elle a le visage voilé.
Après ce qui s'est passé, méfie-toi.
Fais entrer cette personne.
Bon.…
Musique triste
♪ ai honte d'être venu vous voir.
Ne me regardez pas ainsi.
Je suis lâche.
Je le sais.
Vous n'avez pensé qu'à vous-même
et qu'à votre effroyable vengeance.
Et pourtant,
je suis là.
Votre brutalité, même,
et votre comportement impitoyable
m'ont mieux fait comprendre
que je n'aurai plus jamais la force de lutter.
Je devrais vous haïr,
mais je ne peux vivre sans vous.
Vous êtes plus fort que ma peur,
plus fort que ma raison.
Que me demandez-vous ?
Epargnez mon fils.
Je suis prête à partir avec vous.
Je sais qu'alors, je ne le reverrai jamais plus.
Mais je préfère le perdre ainsi
et le savoir vivant.
Je vous en supplie.
Ne commettez pas un crime.
Vous avez abattu Fernand de Mortcerf,
il ne vous reste qu'à vous venger sur mol
qui ai manqué de courage.
Mais ne vous vengez pas sur mon fils.
Défendre son honneur n'est pas une vengeance.
Le sens de l'honneur
ne dépend pas de ce que disent les autres
mais de ce qu'on pense soi-même.
M'avez-vous donc menti
en m'affirmant que vous m'aimiez toujours ?
Les vrais sentiments n'ont de valeur que s'il peuvent
trompher du mépris.
Je vous le prouve.
Mercédès…
Je n'accepte pas qu'on se glorifie de mon pardon comme d'une victoire.
Il ne me reste au monde que ma dignité.
Cette force,
c'est ma raison de vivre.
Oh Je vous en supplie !
Comprenez-moi !
Pardonnez à mon fils.
Pardonnez… pour moi
qui vous aime.
Musique triste
Musique angoissante
Des chevaux approchent.
Musique triste
Un cheval approche.
On frappe. Entrez.
- Pensiez-vous donc vraiment, Mercédes,
que j'aurais été capable de tuer votre fils ?
Un enfant
courageux et inconscient ?
Un enfant qui souffre au plus profond de lui-même ?
Croyez-vous que j'aurais pu ajouter à cela un autre malheur ?
Vous ne m'avez donc jamais aimé pour me connaître aussi mal ?
Vous ne perdrez ni le seul être qui reste tout pour vous
ni l'estime qu'il vous porte,
car demain, je m'offrirai au hasard d'un coup de feu
qui décidera seul de ma destinée.
Une destinée dont vous avez été le rêve et l'illusion.
C'est-à-dire tout ce qui compte vraiment.
Musique triste
Comte de Monte-Cristo, je viens vous présenter mes excuses.
Certains croiront que je me dérobe, mais ma conscience m'ordonne
d'avoir le courage d'affronter leur mépris.
♪ aimerais vous parler seul à seul.
Ma mère vient de m'apprendre qui vous étiez vraiment.
Quel homme loyal et digne, frappé par la traîtrise de ses faux amis.
À votre place, je n'aurais pas agi autrement.
Comme vous avez dû souffrir.
Jamais autant que vous en ce moment.
Mon ami…
Mon véritable ami… Des chevaux approchent.
Mon fils se mêle d'une affaire qui ne le concerne pas.
Mon père…
Et il ajoute à ma honte en vous tendant la main.
Je réponds à cet outrage en vous jetant ce sabre.
Le courage ne se prouve pas avec des mots.
Je n'ai jamais douté de votre courage.
C'est donc pour votre honneur que vous allez vous battre.
Mais…
Messieurs,
en garde.
Prêts, messieurs ?
Je suis prêt. Oui.
Allez.
Chocs métalliques
Je vais te prouver quel homme je suis.
Et je vais t'apprendre qui je suis. Souviens-toi…
Souviens-toi
d'Edmond Dantès.
Cri
Gémissements
Musique grave
Détonation
À vos postes !
- Edmond !
Musique triste
Edmond…
Ne partez pas.
Je vous en supplie, ne me quittez pas.
Pourquoi ajouter à notre malheur
le déchirement de cette séparation ?
Je sens que c'est notre dernière chance.
Si vous me repoussez de nouveau,
tout sera fini pour moi.
Pour nous.
Pourquoi êtes-vous venue, Mercédès ?
Pourquoi êtes-vous revenue ici ?
C'est parce que c'est ici
que je vous ai connu,
que je vous ai aimé.
C'est ici que j'aurais dû vous attendre.
Vous avez été trompée.
Non.
Je n'ai été victime que de ma faiblesse.
Je vous l'avais dit,
le jour où vous m'avez offert cette bague.
Je n'ai pas été digne de la porter.
♪ étais jalouse de la mer
et c'est moi qui vous ai trahi.
Qui, peut-être. Mais pour moi, ce n'est pas une excuse.
♪ aurais dû,
en voyant votre vie paisible,
ne pas m'acharner à détruire cette sorte de bonheur.
Me venger, quelle sottise !
Quelle folie !
Et quel orgueil !
Aimer, c'est faire le bonheur des êtres aimés et non le sien.
C'est à moi de te demander pardon.
Edmond, ne m'abandonne pas.
Ne pars pas…
Si.
Il le faut.
Oui…
Mais ce n'est que le comte de Monte-Cristo qui s'éloigne.
Il faut que ce personnage disparaisse à jamais.
Qu'il s'efface des mémoires
pour qu'un autre homme puisse revenir un jour.
Un homme que tu seras seule à reconnaître.
Seule… à comprendre.
Alors, rien ne pourra vraiment plus nous séparer.
Musique lyrique
Larguez.
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