All language subtitles for Le.comte.de.Monte.Cristo.1961.Partie.1.1080p.BDRip.x265.AC3

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Original subtitles

Pas de nouvelles, bonnes nouvelles, c'est tout ?

Que veux-tu que je réponde ?

Tu n'as pas de parole. Pas de parole ?

Ton bateau devait rentrer au début de l'année.

On est le 31 mars. Les vents ont dû être contraires.

Ma parole n'évolue pas au gré du vent.

Je suis pas une girouette.

Tu deviens incohérent. Tu m'as menti pour me rassurer.

Pour que je laisse partir le petit.

Un petit de 22 ans. Allons, ne sois pas méchant.

Moi aussi, je me fais du mauvais sang.

Tu penses à tes tapis d'Orient.

Tu as peur pour eux.

Edmond est à bord. Mon fils unique.

Je comprends. Non, tu peux pas comprendre.

Tu as une fille qui n'entrera pas dans la Marine.

Ne vous inquiétez pas trop, M. Dantès.

C'est un beau bateau, le Pharaon. "Un beau

"bateau…" Pour une cheminée, oui.

On reçoit à la maison les enfants des amis

qui voient un jouet et montent dessus.

Ils s'en vont chez les sauvages.

Ma Louise avait peur qu'une femme l'enlève.

Il a fallu que ce soit ce vieux cormoran avec son Pharaon.

Je sais pas ce qui me retient. Tiens !

Voilà ce que j'en fais de ton Pharaon !

Musique douce

Tu vois ? Il est solide, hein ?

Il peut braver n'importe quelle tempête.

Il faudra réparer celle-là aussi.

On revient quand même de loin.

Je me console en pensant que si je m'étais pas embarqué,

Napoléon m'aurait emmené avec lui en Russie.

Tu te rends compte ? Moi, un Marseillais.

♪ aime encore mieux mourir noyé que gelé.

Vous trouvez ça drôle, Caderousse ?

Oh, voyons, capitaine…

Après la tempête, on veut se détendre.

Trouvez d'autres sujets de plaisanterie.

Tout au moins en ma présence.

Ah, celui-là, avec son Empereur…

Et toi qui as pas desserré les dents depuis Smyrne.

On risque pas de te couper la parole.

C'est pas un métier, la Marine. On peut pas jouer aux boules.

Et moi, tu sais,

sorti du vieux port, je suis plus moi-même.

Qu'est-ce qui te plaît dans les voyages ?

Le silence.

Musique paisible

Bonjour, Mercédès.

Vous ne me dites pas bonjour ? Bonjour, Fernand.

Je ne vous avais pas vu. Comme vous avez l'air triste.

Sans nouvelles du Pharaon ? Toujours.

Il reviendra.

Vous verrez.

Oh, croyez-moi.

Vous ne devez pas désespérer, Mercédès.

Je connais Edmond. Un homme courageux.

Bon marin. Son capitaine ne peut

être mieux secondé.

Il reviendra, j'en suis sûr.

Votre attitude m'émeut profondément.

Dantès est mon meilleur ami.

Son bonheur m'est aussi précieux que le vôtre.

Comme vous devez souffrir.

C'est moi qui en suis responsable.

Je voudrais que vous parveniez à m'oublier.

Oublier les seuls moments de bonheur de ma vie ?

Je veux vivre avec ce merveilleux passé.

Mon avenir sera fait de ces souvenirs.

Assez beaux pour affronter la solitude.

Fernand, pourquoi continuer à nous revoir ?

Mieux vaudrait que vous partiez.

Laissez passer les années.

Ne me demandez pas d'être lâche.

Je n'ai pu gagner votre amour.

Je ne peux supporter de perdre votre estime.

Oh !

Monsieur l'officier !

Que je suis heureuse de vous revoir !

Quelle bonne surprise !

Je dois vous gronder. Vous vous faites trop rare.

Ma fille me le dit. Maman…

C'est gentil. XY a que vous

pour lui remonter le moral.

Depuis qu'elle attend son navigateur.

Ah, celui-là !

Maman, une fois pour toutes, je t'en prie !

Madame, permettez-moi de me retirer.

Dites, pendant que je vous tiens,

il paraît que ça va mal pour Napoléon.

Plutôt.

Vous n'allez pas refaire une révolution.

Non, ne craignez rien.

On dit que Louis XVIII veut revenir au pouvoir.

Exactement.

Je ne le connais pas.

| manque pas de courage. Après ce qu'on a fait à son frère.

Eh oui. M. Fernand !

Au revoir, madame.

A bientôt, Mercédès.

Maintenant, j'espère qu'on vous verra plus souvent.

À ma prochaine permission.

À la prochaine. C'est promis, hein ?

Eclats de voix de la foule

- À bas l'Empereur !

- Vive le Roi !

- Une nouvelle vous contrarie ?

Oui, plutôt.

"Notre Roi bien-aimé

"a retrouvé son bon peuple.

"Mais on oublie de dire

"escorté par les troupes étrangères

"qui occupent notre territoire."

Rassurez-vous, mon père. Les conquérants rentrent chez eux.

Napoléon vient d'en donner une nouvelle preuve.

Vous maîtrisez bien votre désarroi.

Je ne compatis pas à la défaite d'un homme

dont la victoire fut impitoyable.

Un homme qui risqua sa vie pour la grandeur de son pays.

Auprès duquel je n'ai pu mourir.

Faites-vous une raison. Vous n'êtes plus le Cel Noirtier

mais M. de Villefort.

Un nom que vous portez si mal.

Je vous en prie, mon père, calmez-vous.

Le premier devoir d'un soldat

n'est-il pas d'obéir ? Obéir, certes.

L'essentiel est de savoir à qui.

Un soldat n'est pas un valet.

Vous devriez donner l'exemple.

Mais vous avez une âme de vaincu.

Un pays intelligent n'est jamais vaincu.

On trouve un remplaçant raisonnable

pour remédier aux folies des autres.

Les vrais vaincus, ce sont les morts.

Un million d'hommes sont tombés pour l'Empereur.

Et pour quoi ?

Pour quoi ?

Je vais vous le dire.

Pour que M. de Villefort

devienne procureur du Roi.

La justice doit rester objective.

C'est son devoir.

La justice n'a pas d'opinion. Ni de patrie.

La justice est un mythe.

L'héroïsme aussi.

Mais plus dangereux.

Rire

Dès que vous n'avez plus de champ de bataille,

vous voilà désemparé.

Les champs de bataille ont un avantage :

on y rencontre des hommes.

Adieu, mon fils.

Dantès ?

Attendez, j'ai à vous parler. - Oui, capitaine.

♪ ai pris une grave résolution.

La terrible nouvelle apprise à l'escale de Naples me l'impose.

♪ ai décidé de rejoindre l'Empereur.

Morel attend son voilier et son chargement.

Si les intérêts d'un armateur passent avant le pays,

vous accepterez mes pouvoirs dès qu'on abordera l'île d'Elbe.

Chacun reste seul juge de son devoir, capitaine.

Je ramènerai le navire à Marseille.

Je vous regretterai, Dantès.

C'est d'hommes tels que vous dont nous aurions besoin.

Musique mystérieuse

Dis, qu'est-ce qu'il a qui le travaille ?

Il a l'air tracassé.

Qu'est-ce qu'il a décidé ?

On le débarquera à l'île d'Elbe.

A l'île d'Elbe ? Oui.

Ah, lui, alors…

Encore du retard.

Ma femme va se figurer que je me suis amusé en route.

Et nous, on repartira ? C'est promis ?

Tu vas pas faire de bêtises…

Je respecte sa décision. Je ne partage donc pas ses idées.

On peut pas satisfaire tout le monde,

son père et sa fiancée.

Mais… Qui va ramener le Pharaon ?

Moi.

Musique paisible

Mange. Je l'ai faite pour toi, cette bouillabaisse.

Elle se ronge les sangs, se dépérit.

Quand il rentrera, il partira plus jamais.

Quand je devrais l'enfermer à double tour.

Vous auriez tort, M. Dantès.

Grâce à eux, on a découvert l'Amérique.

Pas besoin de l'Amérique pour être heureux. Je reste ici.

Hé ! Qu'est-ce qui t'arrive ?

Pourquoi tu bats les bras comme un albatros ?

Le… le…

Le Pharaon arrive !

Musique joyeuse

Cris de joie

Musique entraînante

Chacun à son poste, parés à carguer !

Parés à carguer ! - Parés à carguer !

- Aux postes de mouillage !

- Aux postes de mouillage !

- Parés à manœuvrer !

- Parés à |la manœuvre !

Parés à carguer !

- Parés à carguer !

Carguez le grand hunier !

- Carguez la hune !

Amenez la brigantine !

- La brigantine !

- Rebautez partout ! - Rebautez partout !

- Rebautez partout ! - Rebautez partout !

- Rebautez partout !

Partout !

Et les focs ! - Les focs !

Saisissez bien !

Musique paisible

Brouhaha

C'est lui !

Près de la barre. Tu le vois, mon Edmond ?

Oh !

Cris de joie

Edmond ! Serrez bien les perroquets !

Mon petit !

Depuis le temps ! Mon vieux père !

Musique douce

Tu es fort d'avoir ramené ce vieux rafiot qui prend l'eau.

Vous pouvez être fier. Sans lui, on y passait tous.

Quelle tempête ! Ah, ah ! Tu vois, assassin !

Moi, assassin ? Vous êtes pas bavards, tous les 2.

Bonjour, Mercédès.

"Bonjour, Mercédès" après des mois ?

On n'a pas d'imagination dans la Marine.

Rires

Ça manque d'intimité, mais vous avez le temps.

♪ ai pas droit à la bise ? Rires

Je suis heureux ! Tu peux pas savoir !

Je sais pas comment te dire.

Réfléchis et tu nous en parleras tout à l'heure.

On a quelques formalités.

Comme les formalités passent avant les sentiments,

on va se retirer. C'est ça. Attendez-nous au magasin.

La petite va préparer le café.

Je t'embrasse pas, j'aurais peur que tu repartes.

Allez. Eh oui, elle reviendra.

Musique douce

Au revoir.

A tout de suite.

Passez le pointu à tribord et pesez sur les balancines.

Je m'excuse, M. Morel.

Je n'ai pu m'opposer à sa décision.

On l'a déposé à l'île d'Elbe.

Après tout, je regrette rien.

Mettez |les manœuvres claires !

Depuis longtemps, je voulais te confier |le Pharaon.

C'est un grand honneur. Tu le mérites.

Je savais pas comment m'y prendre.

♪ aime pas heurter la susceptibilité.

Vous êtes bien brave.

Et la mienne, de susceptibilité ?

Vous en faites bon marché. ♪ aurais fait un bon capitaine.

Ah, ah ! Faites pas ces têtes. Je reviens de trop loin.

C'est décidé, je reste à Marseille.

À me faire crier après par ma femme

plutôt que pleurer par ma veuve.

Rires

Musique guillerette

Pourquoi es-tu si triste, tout à coup ?

Musique triste

Ecoute…

Je ne voulais pas te le dire ce soir.

Je me sens si bien près de toi.

C'est mon instant de bonheur.

Pourquoi un instant ? C'est un début de bonheur.

Non, Edmond.

Vois-tu,

je ne voulais te dire que demain

que je suis trop faible pour être la femme d'un marin.

Ton véritable amour, c'est la mer.

Tu peux partir des mois, des années,

tu es toujours avec elle.

Elle te calme,

elle te berce, elle te console.

Tu ne t'ennuies jamais avec elle.

Moi, mon véritable amour n'est pas la terre.

La terre, elle, est dure.

Elle est cruelle.

Je me sens trop faible pour lutter contre elle.

Edmond…

C'est seulement dans tes bras que je me sens forte.

Mais tes bras sont…

Toujours si loin…

Tu n'auras qu'à regarder cette bague.

Et tu te sentiras plus forte. Attends.

Non, Edmond.

Tu dois choisir à laquelle de nous deux tu vas l'offrir.

Si c'est à elle ou à moi.

Ou bien tu la lui offres

et tu la lui jettes,

ou bien tu me la donnes,

mais tu sais à quoi cela t'engage.

Je ne te quitterai plus jamais, Mercédèes.

♪ ai déjà choisi entre vous deux.

Et c'est à elle que je renonce.

Mais c'est une si vieille compagne…

Ça n'a pas été facile pour moi, Mercédès.

Je te demande pardon.

Nous allons nous marier vite. Très vite.

Car lorsque tu seras ma femme,

je ne pourrai plus partir.

Mon amour…

Musique douce

Mercédès…

Est-ce que quelque chose peut encore nous séparer ?

Non.

Rien ne pourra jamais plus nous séparer.

Alors, maintenant,

il faut que tu apprennes à sourire.

Mon amour…

Vous voyez ?

On a toujours intérêt à passer pour un imbécile dans la vie,

et à être serviable.

Le capitaine m'a remis cette lettre pour un ami.

Je me suis dit que ça vous rendrait service.

Tenez.

Cliquetis

Vérifiez s'il y a le compte. Non, non.

Je vous ferai pas cet affront.

Depuis qu'on se connaît…

Y a pas mieux comme message pour un conspirateur.

Pas vrai ?

En effet.

|| pourra pas s'en tirer malgré sa bonne tête.

Car heureusement, pour la police,

la tête des gens, ça veut rien dire.

Par exemple, un indicateur à mine patibulaire,

il se fait jamais de vieux os.

Vous deviendrez centenaire.

Oh, dites… vous seriez malvenu de me mépriser.

C'est pas joli, ce que vous allez faire.

L'amour n'excuse pas tout.

Tandis que le besoin…

Alors ?

C'est convenu ?

La même somme si ça marche ?

Puisque c'est entendu…

Je suis tranquille.

Unis par un pareil secret.,

on s'amuse pas à se faire des chicaneries.

Ni d'un côté

ni de l'autre.

Pas vrai ?

Vous pourriez au moins ne pas plaisanter.

Ça n'est pas si risible, après tout,

de vendre un ami.

Il rit.

Que voulez-vous ? ♪ ai que des amis.

De quoi vivre jusqu'à la fin de vos jours.

Continuez, je vous écoute. Et…

Avant que le capitaine débarque à Elbe,

je l'ai vu remettre la lettre à mon ami.

Pendant son sommeil, j'ai pu la regarder.

Le message est adressé à M. Noirtier.

Alors, comme je savais…

Eh oui…

Je sais des choses.

C'est votre métier.

Et alors ?

Comme Noirtier, c'est le nom de guerre de votre père,

ça ferait Un scandale pour M. de Villefort

si on apprenait que son père est un conspirateur.

Vous avez eu raison.

Je ne l'oublierai pas.

Je me suis dit surtout que

si quelqu'un d'autre arrêtait |le porteur du message,

si un autre que vous l'interrogeait,

des indiscrétions pourraient s'ébruiter.

Je sais que dans ce genre d'affaire,

il vaut mieux, quelquefois,

que ça sorte pas de la famille.

Surtout

quand on est d'une grande famille.

Brouhaha

Silence !

Taisez-vous. Allez, Morel.

À toi la parole.

Bravo, bravo ! Applaudissements

Mon cher Edmond,

malgré le regret professionnel que je peux en éprouver,

je lève mon verre à la décision stoïque

que tu viens de prendre

pour l'amour de ta charmante fiancée.

Mercédes, vous me prenez mon capitaine.

Ne vous en réjouissez pas trop vite. Je le connais.

Je sais que sur le fragile vaisseau du bonheur conjugal,

il saura toujours rester le maître.

Bravo.

Applaudissements

Et je conclurai en…

Tu concluras en concluant, voilà.

Assez de discours, je veux me dégourdir les jambes.

En avant la musique !

Musique entraînante

Allez, allez.

Te voilà ! Où étais-tu ? On te croyait mort.

Ça vous rendait pas triste.

On t'a gardé quand même à manger.

Qu'est-il arrivé ?

Une drôle d'aventure. Mais avant, je dois boire.

Je suis venu à pied. Avec le soleil…

♪ ai tant transpiré, j'ai plus de salive.

A la vôtre.

Rires

Quoi, c'est la jalousie.

Ma femme voulait pas que je parte.

Nous en sommes venus aux mains.

Oh ! C'est terrible.

Non, question d'habitude. Tu verras.

Heureusement que j'ai bon caractère.

Avec ma femme, je serais chez les fous.

C'est gentil d'être venu.

Ne serait-ce que pour te prévenir de ce qui t'attend.

Que tu aies le temps de réfléchir.

On reconnaît bien là les amis.

Rires

Que venez-vous faire ici ?

Je suis porteur d'un mandat d'arrêt.

Lequel de vous, messieurs, est Edmond Dantès ?

C'est moi.

Edmond Dantès, au nom de la loi, je vous arrête.

Oh ! C'est monstrueux, un scandale !

Il n'a jamais rien fait de mal.

Je réponds de son honnêteté.

Pas à vous de répondre mais à lui.

De quoi m'accuse-t-on ?

Je l'ignore.

Vous n'emmènerez pas mon fils.

Tais-toi. il a des ordres.

On ne fait pas un métier pareil.

Ma patience a des limites !

La mienne aussi. Arrêter |les gens sans savoir pourquoi.

N'aggravez pas son cas.

On aggrave pas l'innocence. Je vous en prie.

En voilà assez !

C'est inouï. Une honte !

Calme-toi. Il doit s'agir d'une erreur.

Une formalité de douane oubliée.

Une enquête sur le capitaine…

Ça suffit.

- Vous n'avez pas le droit de l'arrêter.

♪ en ai le droit et le devoir.

Alors emmenez-moi avec lui.

C'est trop cruel de nous séparer.

Ne pleure pas.

Ne pleure pas. ♪ ai peur, si peur !

Il ne faut pas. Je serai bientôt près de toi pour toujours.

Brouhaha

Edmond !

Je suis prêt.

Musique tragique

Vous ne vous sentez pas bien ?

Ce qui vient de se passer est effroyable.

Je n'aurais jamais cru…

Vous êtes un curieux homme.

Quand on a une conscience,

on reste honnête.

- Edmond !

Lâchez-moi.

- De quel crime m'accusez-vous ?

Je ne le sais pas encore exactement.

Peut-être vais-je pouvoir immédiatement vous éclairer

sur ce point.

Je ne suis porteur d'aucune arme.

♪ aimerais m'en assurer.

Vous permettez ?

Rire

Une simple lettre.

C'est souvent la plus redoutable des armes.

M. le Procureur, je…

Je ne comprends pas.

Vous allez comprendre.

Ayant fait escale à l'île d'Elbe,

vous êtes, comme par hasard,

porteur d'un message destiné

à un Bonapartiste.

Mais… Vous n'êtes au courant de rien.

C'est inconcevable. Quelqu'un,

à mon insu, a glissé la lettre dans ma poche.

Ça ne s'explique autrement.

Qui aurait eu intérêt à vous perdre ?

Je ne sais pas.

Je ne me connais pas d'ennemis.

Ce ne sont pas eux qui m'intéressent

mais vos amis.

Quand et où

deviez-vous revoir ce Noirtier ?

Je ne le connais pas.

Vous vous moquez de moi ?

Comme je ne peux vous convaincre d'homme à homme,

je demande à être jugé publiquement.

Je réclame de me défendre devant la loi.

Avec le témoignage de ceux qui m'estiment

et qui se porteront garants de ma loyauté.

Ce droit vous est dû.

Je veux prouver mon innocence aux yeux de tous.

Un jugement ?

Hum…

Quel déploiement de force pour une bagatelle !

A la réflexion,

rien de très grave, là-dedans.

Si on s'occupe de ça,

on ne peut se consacrer aux affaires sérieuses.

L'honneur est une chose sérieuse.

Attention…

Vous confondez franchise et impertinence.

Ça me plaît. Les coupables sont plus adroits

et obséquieux.

Seriez-vous vraiment innocent ?

Si vous me donnez l'occasion et le temps,

je saurai vous le prouver.

Eh bien, moi,

je vous prouve tout de suite ma bonne volonté.

Je vous laisse une chance.

Vous êtes libre.

Libre ? Oui.

La justice du Roi est plus magnanime

que celle de l'Empereur.

Elle donne aux hommes jeunes et imprudents

une suprême occasion de réfléchir.

Si vous êtes innocent,

peut-être me ferez-vous l'honneur

de m'estimer davantage.

La seule charge qui existe contre vous

est cette lettre.

Tenez.

Voilà ce que j'en fais.

Vous n'avez plus rien à redouter.

Après les formalités d'usage, Cloche

vous pourrez rentrer.

Permettez… Je vous en prie.

♪ estime n'avoir accompli que mon devoir.

Veuillez… accompagner monsieur.

Et attendez mes ordres.

Musique menaçante

Avancez, avancez…

Allez, monte.

Avance.

Tu vas avancer, oui ?

Où m'emmenez-vous ? En visite du château d'If.

Il n'y a ni juge ni magistrat.

Y a surtout de bons murs.

Mais je suis innocent !

Brouhaha

Allez, marche !

Läâchez-moi !

Musique menaçante

Et voilà. Il va être bien tranquille, celui-là.

Il va dormir, après toutes ces émotions et ces épreuves.

Rires

Fracas

Musique triste

M. de Villefort, je suis heureux d'apprendre

qui vous étiez vraiment.

Mon admiration pour vous, M. le Duc,

m'a dicté mon devoir.

Je vous remercie.

Louis XVIII à décidé de vous faire arrêter.

Tiens, tiens !

La présence en France d'un monsieur Fouché

empêche de dormir ceux qui entourent le Roi.

Je m'en voudrais beaucoup de les réveiller.

Leur sommeil m'est infiniment trop précieux.

Vous pensez bien que j'ai pris mes dispositions.

Car j'étais vaguement au courant.

Mais vous me donnez là

une bien grande preuve de dévouement.

Je n'oublie pas ce genre de service.

La France ne se relève pas de votre disgrâce.

Un pays peut, à la rigueur, se passer de gouvernement

mais il ne peut jamais se passer de police.

L'Etat, c'est nous.

Le Roi a commis une folie en se privant de votre concours.

♪ attendrai donc que la France se prive de son Roi.

Et d'ailleurs,

à ce propos, il paraît que…

Il en est fortement question.

Croyez-vous que l'Empereur ait une nouvelle chance de réussir ?

L'Empereur a toujours des survivants exaltés

impatients de mourir pour lui,

et des serviteurs comme nous pour le soutenir dans sa tâche.

Car avec moi à la police et vous à la justice,

les honnêtes gens n'auront qu'à bien se tenir.

Eclats de voix

- À bas le Roi ! - Vive l'Empereur !

Cliquetis

Ah ! Ravi de faire ta connaissance.

Je suis le nouveau gardien.

On a renouvelé tout le monde, sauf les prisonniers.

Aidez-moi, je vous en supplie !

Dites au gouverneur que je veux être jugé.

Je dîne avec lui, ce soir. Je lui en parlerai.

Pourquoi que t'es là, toi ?

On te reproche quoi ? D'être bonapartiste.

♪ aime pas qu'on me prenne pour un imbécile.

Hein ?

Chocs

Musique mystérieuse

Cliquetis

Oh, regarde ce que tu me fais faire !

C'est pas sa place, cette assiette.

Mes compliments.

On fait des progrès dans la politesse.

Tiens. Quand tu connaîtras les bons usages, tu sortiras.

Donne les morceaux.

Quoi ? C'est pourtant du ragoût…

Musique mystérieuse

Cliquetis

Soupirs

Au fond d'une prison,

deux inconnus se retrouvent face à face.

Et l'espoir renaît.

Dans un regard, une étreinte.

Ah, il faut vivre ça

pour bien comprendre la vraie fraternité.

Soupir

Pourquoi faut-il, hélas,

que ce soit le malheur qui nous unisse ?

♪ allais devenir fou.

À deux, nous serons plus forts.

C'est pour te rejoindre que je creuse cette muraille.

Seul, un homme ne peut rien entreprendre.

Vous m'avez déjà sauvé.

Qui êtes-vous ?

♪ étais l'abbé Faria.

Mais je ne suis plus qu'un homme comme tous ceux qui souffrent.

Pour défendre les principes qu'on m'a enseignés,

j'ai lutté pour la liberté, mais…

Ce mot-là, le plus beau,

est celui qui contient, qui cache le plus de mensonges,

d'hypocrisie.

On m'a jeté dans cette cellule il y aura bientôt…

Dix années.

Dix années…

C'est affreux !

Et toi ? Depuis combien de temps es-tu là ?

Je ne sais plus.

♪ ai été victime d'une incompréhensible machination.

Il ne peut s'agir d'une méprise.

On a tout fait pour prouver mon innocence.

Certains m'ont trahi pour étouffer la vérité. J'en suis sûr.

♪ ai l'impression de vivre un cauchemar.

Je me dis que le matin, chez moi,

nous allons tous en rire.

Et soudain, j'ai peur. Peur de ce rire que j'entends.

♪ ai peur de perdre la raison.

Je fais des efforts pour me réveiller.

Tu te réveilleras.

Je n'y crois plus.

Tu as tort. Surtout aujourd'hui.

Tu n'es plus seul. Tu ne dois pas désespérer.

Je sais qu'un jour, les hommes comprendront et s'aideront.

Nos geôliers ne nous offrent pas une image réconfortante.

La bêtise est toujours cruelle.

Quelle prison dans ces crânes !

Le pire des cachots, c'est la tête d'un homme.

Un gardien, c'est un prisonnier qu'on oblige à servir les autres.

Je commence à douter de tout.

Sauf de la haine.

L'amour sera pourtant le plus fort.

Les nuages ne doivent t'empêcher de croire aux étoiles.

L'important est de savoir qu'elles brillent

comme la liberté.

La liberté ?

Pour moi, c'est de retrouver les miens.

De punir implacablement ceux qui ont été la cause de mon malheur.

Les démasquer, les tenir à ma merci

et me venger sans pitié,

sans aucune pitié !

Pourtant, j'étais un homme doux.….

Bon, indulgent…

Mais si je sors un jour d'ici,

Edmond Dantès sera mort en prison.

- C'est une pénible nouvelle que j'ai à vous apprendre.

D'autant plus que votre insistance

est pour moi la preuve de la sincérité des sentiments

que vous éprouviez pour ce malheureux.

Ce n'est pas possible. Hélas…

Ah, comme je voudrais trouver les mots…

Au cours d'une tentative d'évasion, Edmond Dantès

s'est noyé.

On l'a atteint d'un coup de feu. C'est horrible.

Pleurs

Depuis des mois,

j'essayais d'intervenir en sa faveur.

Mais…

Ie pouvoir des lois dépasse celui des hommes.

♪ ai tout tenté, croyez-moi, tout.

Je n'ai rien laissé au hasard.

Rien, je le sais, M. le Procureur.

♪ en suis certain.

Pleurs

Il soupire.

Je sais qu'aucune parole ne peut apaiser un tel chagrin,

mais je tiens à vous dire que tant que je vivrai,

je resterai fidèle au souvenir de mon ami.

C'est pourquoi le but de ma vie, désormais, sera

sinon de vous consoler,

tout au moins de vous aider

et de vous protéger.

Je comprends ton désespoir, Dantès.

Ton histoire est très triste.

Mais ce n'est que ton histoire.

Que voulez-vous dire ?

Ta fiancée, ton père, tes amis…

C'était toujours toi-même, ton bonheur.

Tu vivais heureux dans une société qui semblait t'oublier.

Et toi-même,

tu oubliais que d'autres étaient torturés, emprisonnés

et mouraient…

Un peu victimes de ton indifférence.

L'indifférence de tous les gens heureux.

Je n'en avais pas vraiment conscience.

As-tu jamais songé que des millions ont souffert ce que tu souffres

parce que des millions n'y ont jamais pensé ?

Maintenant, je vous comprends.

Si je sors un jour de cette prison,

ma vengeance sera d'autant plus impitoyable

qu'elle sera la vengeance de tous.

Cliquetis

Et alors, paresseux, on prend du bon temps ?

Rire

Pas trop fatigué ?

Ah, regrette rien.

Si t'avais été libre, tu serais peut-être mort à Waterloo

comme mon frère.

Tu peux pas comprendre. Trop long à t'expliquer.

Dis-toi que Napoléon, à cette heure-ci,

il est pas plus avancé que toi.

Ce que c'est que la gloire, hein ?

- Cette fois, je crois qu'il est vraiment battu.

La catastrophe était prévisible.

Dites "prévue" par M. Fouché et ses amis, par exemple.

Voyons, mon père, il vaut mieux se retrouver du bon côté.

Et au bon moment.

Sur ce plan, vous êtes imbattable. On frappe.

Entrez.

- M. le Cel Fernand de Mortcerf…

Ah, mais qu'il entre !

Vous devenez inséparables.

Je me retire.

Tant de militaires chez un magistrat,

on pourrait croire que nous complotons.

Mon colonel, je constate

qu'on monte vite en grade dans les salons.

Je vous en prie, ne répondez pas. Rassurez-vous.

Je ne provoquerai pas de scandale.

|ci ou ailleurs, le scandale est partout.

Il est de méchante humeur. Une petite contrariété.

Une petite contrariété, en effet.

Nous avons perdu la guerre !

Et alors ?

Patience, mon colonel,

encore une défaite et vous serez général !

Cloche

Oui, je suis sûr de mes calculs, Dantès.

En nous aidant, on pourra creuser jusqu'à la muraille principale.

On jettera les débris par la lucarne.

Elle donne sur la mer.

Combien nous faudra-t-il de temps ?

Ah, ça…

Je l'ignore.

Mais c'est la seule chose qui me reste.

Et d'ailleurs,

console-toi en te disant qu'il me faudra tout ce temps

pour parfaire ta culture.

Si un jour, nous recouvrons la liberté,

tu devras peut-être évoluer dans un milieu inconnu.

Je doute qu'on me reçoive dans le monde que vous évoquez.

Si nous nous évadons, Dantès,

nous serons riches !

Prodigieusement riches !

Allons, non. Ne crois pas que je perds la raison.

D'ailleurs,

avant de te conter mon histoire, si j'ai attendu,

c'est afin que tu me connaisses mieux,

sinon tu m'aurais cru fou et tu ne m'aurais même pas écouté.

Dantès…

Je connais le secret d'un fabuleux trésor.

Un trésor ?

Oui.

Le trésor

de l'îÎle de Monte-Cristo.

Avant d'être incarcéré dans cette forteresse,

sachant que je devais être arrêté,

j'avais pris la mer avec un compagnon d'infortune

sur une frêle embarcation.

Une île nous apparut à l'horizon.

Nous pûmes y accoster.

Nous espérions y reprendre quelques forces.

Un matin,

nous étions partis à la chasse.

Le soleil montait sans que nous ayons vu le moindre animal.

Lorsque tout à coup,

l'attention de mon ami fut attirée par un grand navire

à quelques encablures.

Intrigués,

nous approchâmes.

Son équipage venait d'accoster dans une crique

en débarquant un mystérieux chargement.

Nous prîmes le parti de ne pas faire connaître notre présence

car leur tenue laissait voir qu'il s'agissait de pirates.

Ils se dirigeaient sous la conduite d'un chef,

selon un itinéraire qui leur semblait familier.

Nous les suivions, intrigués,

inquiets par cet étrange processus.

Ces pirates mettaient en sûreté le butin de leurs rapines.

A l'abri des hommes et des lois.

Dans cette île perdue et désolée,

l'île de Monte-Cristo.

La méfiance de leur chef était en éveil.

Il posta des sentinelles avant de se diriger vers

une grotte qu'il ouvrit

en faisant basculer une énorme pierre.

Tous ses compagnons y pénétrèrent à sa suite.

Nous décidâmes de pénétrer dans la grotte.

Et là,

nous allions être les témoins d'un spectacle fabuleux.

Sous la lueur des torches,

un amoncellement de trésors scintillait à nos yeux.

Mon compagnon ne put maîtriser un mouvement de surprise.

Une pierre glissa sous son pied.

Le bruit attira l'attention des pirates.

Un combat trop inégal s'engagea.

Et mon compagnon

fut tué dans la lutte.

Les pirates me firent prisonnier.

Ils voulaient savoir comment j'avais découvert leur retraite.

Une tempête m'épargna la torture.

Le bateau sombra. Seul rescapé, je fus recueilli à bout de forces

par l'équipage d'un navire français.

Hélas,

interrogé, je fus reconnu,

et on me jeta dans cette prison.

Vous êtes donc

le seul témoin vivant de l'existence de ce trésor ?

Oui.

Ces richesses ne peuvent plus être rendues à leurs propriétaires.

Notre devoir sera de les prodiguer

pour le bien et pour la justice.

Et si nous nous évadons,

quelle puissance sera la vôtre

dans un monde qui s'incline devant le pouvoir de l'argent !

Mais cette fortune sera aussi la tienne.

Car je ne serais rien sans toi.

Comment me montrer digne d'une telle confiance ?

En triomphant des épreuves de la vanité.

Soyez sans crainte, Faria,

je saurai me souvenir du château d'If.

La vie est mal faite, vraiment.

Tu avais encore tant besoin d'elle,

il faut que tu perdes ta pauvre mère.

Je ne songe qu'à aller rejoindre mon fils.

Et je suis toujours là à me traîner derrière la mort des autres.

Ne dites pas cela, je vous en prie.

♪ ai besoin de votre soutien.

Il ne me reste que vous.

Mais non. Heureusement que ce n'est pas vrai.

Ah, tu vas avoir une lourde charge.

Celle de nous rendre un peu d'espoir.

Cloche

- On n'y arrivera jamais.

Creuser un tel souterrain

avec des outils pareils…

Chut… Dantès…

Tu ne dois plus désespérer.

Croire que tout est possible est la force qui nous reste.

La société que tu vas affronter n'aime pas les vaincus.

Et c'est dès aujourd'hui, tu entends ?

Dès aujourd'hui que tu dois apprendre à relever la tête.

Faut-il donc oublier qui l'on est

pour devenir quelqu'un ?

Feindre de l'oublier est absolument indispensable.

C'est triste.

Bien triste. Voilà la bonne expression.

Ce regard triste et lointain, ce sourire désabusé,

parfait. Quand tu évolueras dans les relations de De Villefort,

tu devras t'imaginer traversant ce cachot

et ton expression, ta démarche seront celles d'un homme blasé,

prisonnier de ses richesses.

Je sens qu'on va devenir les meilleures amies du monde.

La femme d'un magistrat et celle d'un militaire se soutiennent.

Nous subissons les mêmes épreuves.

Si l'expérience des épreuves que j'ai subies

m'aide à vous soulager des vôtres,

ma gratitude sera pleinement digne de votre dévouement.

Rires

M. le Procureur… Oui ?

Il m'est pénible de solliciter votre appui, mais je m'y résous.

♪ ai pris une importante décision.

Ah ? J'espère pouvoir vous aider.

Notre pays se bat actuellement pour l'indépendance de la Grèce.

♪ aimerais obtenir un commandement.

Il rit.

Curieuse idée !

D'où vous vient cette haine des Turcs

que vous ne connaissez pas ?

Je vous rappelle que leurs tortures sont raffinées.

Qu'en pense votre charmante épouse ?

Elle doit ignorer que la décision vient de moi.

Il faut que je reçoive un ordre d'affectation.

Je ne sais si mon intervention…

♪ en suis sûr, M. le Procureur.

Ma femme s'est mis dans la tête

de faire réhabiliter la mémoire d'Edmond Dantès.

Une réhabilitation ? Oui.

Une enquête et tout ce que cela comporte.

C'est une obsession qui tourne à l'idée fixe.

Ce passé dramatique nous poursuit.

Il faut que nous partions.

Je ferai de mon mieux pour que votre demande soit considérée.

Je n'en doute pas, M. le Procureur. Je n'en doute pas.

Gémissements

Faria !

Faria, qu'avez-vous ?

Faria !

Faria…

Faria…

Faria…

Tant d'années de travail pour rien…

Vous vous rétablirez, j'en suis sûr. Venez.

Je ne peux pas.

Ce n'est pas possible.

Ne mourez pas ici. Tu sais…

Mourir dans une prison ou dans un palais…

Soupir

Le seul bien qui nous reste devant la mort,

c'est notre conscience.

Ce n'est pas le néant de cette mort qui m'angoisse.

C'est le néant des vivants.

Tu vas devoir les affronter…

Dantès. Si vous me laissez seul,

je préfère mourir.

Non, tu n'as pas le droit.

Bientôt,

tu vas pouvoir t'évader

et alors, tu seras riche.

Soupir

Tu seras puissant.

Grâce au trésor.

M'évader, comment le pourrais-je ?

Il nous fallait au moins encore 2 ans pour aboutir.

Ecoute-moi.

Soupir Dantès…

Ecoute-moi bien.

Je connais les usages de cette prison.

Fais ce que je vais te dire.

Cloche

Cliquetis

Regarde-moi cette toile.

Et pour aller à l'eau… Ah…

Vraiment, on ne lui refuse rien.

Tu tournes ?

Tu le tiens bien, hein ?

Il est pas commode mais je le tiens bien.

Attention, les marches !

Musique mystérieuse

Il est lourd pour un vieillard si maigre.

Chaque année ajoute une demi-livre au poids des os.

Je l'ai remarqué. Il ne descendra que mieux.

Soupir d'effort

Je n'en peux plus.

Hé, tu manques d'exercice.

Allez, on le jette.

Non. Plus loin.

Le dernier s'est fracassé contre les rochers.

♪ aime le travail bien propre. Soupirs d'effort

Musique angoissante

Là, ce sera plus sûr.

Allez.

A la mer, M. L'abbé.

Au nom du Père,

et du Fils, et du Saint-Esprit…

AINSI SOIT-IL ! HOP !

Allez, on s'en va.

Et ils appellent ça monter au ciel…

Bien placé comme il était, il doit y être déjà.

Musique mystérieuse

Explosion

Au secours ! Voilà !

Tenez bon, j'arrive !

Musique dramatique

A moi !

A moi !

Courage !

Courage, j'arrive !

Je suis là.

Tiens, prends ma main.

Tiens. Après, tu te sentiras mieux.

Je ne sais comment vous remercier.

Je vous dois la vie.

Alors tu me dois l'amitié.

Commence par me tutoyer.

Tu ne sais même pas qui je suis.

Tu n'es pas curieux. Des chevaux approchent.

Hein ?

Oh !

Mais ceux-là,

j'ai bien peur qu'ils se montrent un peu plus curieux que moi.

Allez, viens, viens !

Allez, vite ! Viens.

Par là, descends.

Il faut que tu saches. Je me suis évadé.

Alors continue, continue !

On frappe avec insistance.

Oui, oui, je viens !

♪ arrive.

Tout de suite, voilà !

Alors, mon vieux Mario… Bonjour.

Voilà longtemps qu'on ne s'est vus.

ll me semble qu'on s'est quittés hier.

Ah, le temps passe vite.

Un prisonnier s'est évadé du château.

- Non ! C'est bien la peine de se donner tant de mal

pour arrêter les gens si on les surveille pas.

Au fait, tu n'as pas remarqué

d'étrangers par ici ?

Non, personne.

Personne, rien.

Même pas un poisson. C'est dommage.

Y a une grosse prime prévue

pour celui qui fournira des renseignements sur l'évadé.

Ah, une prime ?

Une prime, eh bien… - Et ce n'est pas une petite somme.

Je vous en prie, ne dites rien.

♪ aurais trop de regret, dans la misère comme je suis.

Il aurait dû passer par là, cet imbécile.

Tu es sûr de n'avoir pas vu passer d'imbécile ?

À part vous…

Enfin, je veux dire…

Vous êtes les premiers.

Ah, je m'exprime mal.

Réfléchis.

Une prime exceptionnelle.

Je préfère ne pas savoir ce que je perds.

Ce que tu vas gagner à te moquer de nous, tu veux le savoir ?

Tiens !

Claques

C'est ça, la prime ?

Vous êtes généreux.

Je ne sais pas si tu nous as menti,

mais tu sauras que si tu apprends quelque chose,

tu auras intérêt à nous le dire.

Compris ?

Un homme qui résiste à l'argent et aux coups

n'a rien à se reprocher.

Ils sont ignobles !

Oh, je les ai un peu taquinés.

Et sous prétexte qu'on parle pas,

on peut pas toujours se taire.

Tu m'as sauvé.

Jamais je n'aurais survécu à une autre incarcération.

♪ avoue que tu n'as pas très bonne mine.

Ils t'ont gardé longtemps ?

Je n'en ai aucune notion.

Nous sommes en 1831. Fais le compte.

Le 9 août…

Le 9 août dernier, ils ont proclamé un nouveau roi : Louis-Philippe.

Un de plus.

Je risque pas d'oublier cette date.

C'est mon anniversaire.

Eh bien…

Qu'est-ce que tu as, mon pauvre ?

17 années…

17 années de ma vie !

Mon pauvre ami…

Voilà ce que tu viens peut-être de risquer, toi aussi.

Pour me sauver, tu m'as offert ta liberté.

♪ en connais le prix, crois-moi.

Tu es un homme exceptionnel.

Oh, exceptionnel, tu exagères.

Ça fait trop longtemps que tu as plus vu personne.

Tu as pu remarquer dans mon sous-sol

que je suis pas un ange.

Que veux-tu, comme j'ai choisi de rester honnête,

alors je me suis fait contrebandier.

Faut bien vivre. Et les temps sont durs, tu sais ?

Tu vas être riche, Mario.

Très riche.

Je vais faire ta fortune.

Ce n'est pas du château d'If que tu t'es évadé,

c'est d'un asile de fous.

Rire

Je connais le secret d'un trésor merveilleux.

Pour le retrouver, je n'ai besoin que d'un bon bateau.

Musique enchanteresse

Rien.

Y a rien, par là.

Viens.

Pousse.

Allume les torches.

Mais pourquoi ? Allume les torches !

Explosion

Musique mystérieuse

Mario ! Quoi ?

Ça ne mène nulle part.

Chut !

Mario ! Oui ?

Mario !

C'est pas possible !

Musique triomphale

Faria…

Comme je voudrais, désormais, pouvoir me montrer digne de vous…

Rires

L'Italie, un pays où toutes les femmes sont des anges.

Tu as de la chance de vivre dans un si beau pays.

Vous avez de la chance d'avoir ce bateau.

Je peux te faire visiter. Demain.

Maria, che cosa fai? Non voglio che parli cogli stranieri!

ÀA casa, subito!

Cos'ho fatto alla Madonna per avere una figlia…

Avant… Il rit.

La mère jalouse de la fille.

Dans tous les pays, elles sont bien pareilles.

Ah, mon pauvre ami…

Je ne suis plus ton pauvre ami.

Je te serais reconnaissant de me parler à la 3e personne.

Il est indispensable que tu t'y habitues.

M. Dantès supporte mal le premier soleil ?

Ne prononce plus ce nom.

Maintenant, je suis le comte de Monte-Cristo.

Oh… M. le Comte…

Ça y est, tu t'es enfin découvert des aïeuls ?

♪ en ai acheté. Même les morts sont à vendre.

♪ ai obtenu d'un prince italien ruiné

un titre en bonne et due forme.

La fortune,

les vanités, les apparences…

l'homme est un aveugle qui ne croit que ce qu'il voit.

Je possède tout, désormais.

Quand on veut frapper haut,

il faut s'abaisser au niveau des faiblesses du monde.

Et maintenant, rentrons en France.

Musique entraînante

Brouhaha

Musique douce

Il chantonne.

Oh ! Il tousse.

Vous m'avez fait peur. Ah…

♪ ai cru que c'était ma femme. La porte était ouverte.

Je suis entré.

Les clients ne devraient pas s'en priver.

Je m'excuse de vous déranger.

Je voulais vous demander un petit renseignement.

M. Dantès n'habite plus ici ?

Oh, le pauvre.

Là où il habite, il à plus à se casser la tête

pour payer le loyer.

Ne m'en veuillez pas de plaisanter mais après 3 ans…

3 ans… Vous étiez un parent ?

On vous a jamais vu par ici.

Oui, oui. J'étais un ami de son fils.

Le prisonnier ?

Qui. C'est en prison que je l'ai connu.

Nous en a-t-il parlé du petit…

Lui, il a jamais voulu y croire, à sa mort.

Et qu'est devenue la jeune fille

dont Edmond me parlait si souvent,

sa fiancée,

Mercédès ?

Je l'ai pas connue. En m'installant,

elle était partie depuis longtemps.

Après la mort de sa mère, je crois.

Où est-elle, maintenant ?

Personne ne le sait. Elle a plus

donné de nouvelles.

l est donc mort seul, sans affection, abandonné.

Non, pas abandonné.

Grâce au père Morel, l'armateur,

il a pu mourir la main dans celle d'un ami.

l est mort dans la misère.

Pas tout à fait, grâce à Morel.

Et pourtant, depuis le naufrage de son bateau, le Pharaon,

ses affaires n'étaient pas brillantes.

Pauvre homme.

Mais fut-il le seul à venir en aide au père de Dantès ?

Edmond m'a souvent parlé d'un nommé Caderousse.

Un ami dévoué.

Dévoué ? Un homme sans entrailles !

Avant d'aller dans son auberge du Gard,

qu'il a achetée on ne sait comment,

il a exigé par la loi que Dantès lui rembourse l'argent

qu'il avait prêté à son fils.

A son fils ?

Jamais Dantès ne m'a parlé de dettes.

Il a présenté les papiers.

C'était donc des faux. Allez donc savoir…

Ce n'était pas élégant. Morel a payé.

Il était donc toujours là. Toujours.

♪ espère qu'il sera récompensé au paradis.

Ici-bas, la providence, elle a l'air de l'avoir oublié.

Elle n'a pas dit son dernier mot.

Je crois que si. Depuis le naufrage du Pharaon,

autant dire qu'il est ruiné.

Ruiné ? Oui, sans espoir.

À moins d'un miracle. Et j'y crois pas, aux miracles.

Vous avez déjà vu un bateau qui arrive avec 3 ans de retard ?

Non, en effet.

Je ne l'ai encore jamais vu.

À moins que ce soit un bateau fantôme.

Musique joyeuse

- Le Pharaon ! Le Pharaon est revenu !

- Le Pharaon revient ! - M. Morel, votre bateau !

Qu'est-ce que c'est ? - Le Pharaon revient !

Oh, ça n'est pas possible.

Musique triomphale

Le Pharaon…

Oh ! Le Pharaon !

Mon bateau ! Mon bateau revient !

Oh, je… Je peux pas le croire !

C'est pas possible !

Je vois resurgir tous mes rêves, Mario.

Ma jeunesse…

Le Pharaon.

ll me semble que ma vie recommence.

Et maintenant,

on va s'occuper des autres.

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