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Comment va, Om Hassan ?
Bonjour, Youn�s.
Toujours pas morte ?
Apr�s toi.
Je peux t'enterrer tout de suite, Youn�s.
Qu'est-ce que c'est ?
Des oranges de Palestine rapport�es par Om Hassan.
Non !
Mangeons la patrie avant qu'elle nous bouffe.
Mangez toutes les oranges de Palestine,
mangez la Galil�e,
mangeons la Palestine.
Go�te.
Khalil, j'ai un aveu � te faire:
je d�teste le chou.
Le chou ?
Tu prononces "chou" comme un chou.
Le s�same, c'est d�ment !
Avec de l'ail et du citron, c'est l'enfer !
Mon chou...
mon chou...
mon fou.
Sameh Abou Diab !
Descends !
Je t'�pouse !
Il est en fuite.
Il est s�rement complice.
"Les Hommes sous le soleil",
"Le Danger militaire am�ricain",
"Hamlet",
rien que de la politique...
Encore un intello !
Ils doivent �tre en pleine lune de miel.
Tu aimes la pur�e de s�same ?
Go�te !
Voil� la preuve !
Ils se sont connus pendant le si�ge des camps.
Chams procurait des armes aux combattants.
Mais pourquoi ce Sameh ?
Elle lui dit "Je t'�pouse" et elle le descend.
Tu crois qu'elle s'est tap� tout son peloton ?
On cherche le Dr Khalil Ayyoub.
On t'a pas appris � saluer ?
Pardon, Om Hassan.
- Vous savez o� il est ? - Non. Et Chams ?
Elle aurait fui avec lui.
On pense qu'ils sont complices.
Et vous venez le chercher ici ?
Rentre chez toi, mon petit.
Ta femme accouche bient�t ?
Pr�viens-moi aux premi�res douleurs.
Khalil...
L�ve-toi.
Comme si on avait besoin de malheurs en plus !
Youn�s est � l'h�pital.
Abou Salem ?
Il a eu une attaque d'h�mipl�gie,
ils l'ont balanc� � l'h�pital comme un chien !
L�ve-toi, je t'en prie.
Viens avec moi, pour l'amour de Dieu.
J'ai parl� aux gens de l'h�pital,
tu pourras t'y cacher et t'occuper de Youn�s.
Il a pass� la journ�e par terre ?
Ordres du Dr Amgad.
Zeinab, pr�pare une chambre !
Il est intransportable.
- O� est Amine ? - Je ne sais pas !
Une couverture et une chambre !
Sors ce lit d'ici.
Apporte une brosse et du d�sinfectant.
L'odeur est infecte, ici !
Plus vite !
- O� est Amine ? - Je sais pas.
Il est fou, lui !
C'est quoi ce raffut, Khalil ?
Om Hassan, j'ai accept� qu'il se cache ici
� condition qu'il ne se prenne pas pour un vrai m�decin.
Je ne veux pas l'entendre. On �tait bien d'accord.
Dans quel �tat est Youn�s ?
Embolie c�r�brale.
Tu lui as donn� un anticoagulant ?
Dieu pourvoira. Il en a pour 3 jours au plus.
Appelle sa famille pour les obs�ques.
Toi, d�s qu'il est mort,
tu quittes l'h�pital illico,
et tu te rends � l'OLP.
Tu feras tout ce qu'il y a � faire pour Youn�s.
Zeinab est seule, elle est d�bord�e.
Ta t�te explose, et moi, c'est ma vie qui explose.
L�ve-toi et dis-leur que je suis innocent.
J'aimais Chams, c'est tout.
Tu ne peux pas mourir.
Je t'en prie.
C'est toi qui me prot�ges.
Le dormeur est comme un mort.
Son �me revient � son corps au r�veil,
l'�me du mort ne revient pas.
Il souffre. Son monde n'est plus le n�tre.
Que dois-je faire, Om Hassan ?
Ce qu'il te demande de faire.
Il ne parle pas.
Si, il parle. Essaye d'entendre sa voix.
J'ai lu dans un roman
qu'il est tr�s important de parler � un homme dans le coma.
Je te raconterai des histoires.
L'histoire du Dr Khalil amoureux de Chams.
Celle-l�, tu n'en veux pas.
Je raconterai la tienne, celle de Youn�s et Nahila.
Ecoute...
Le corps, c'est notre histoire.
Allez, l�ve-toi.
Ouvre les yeux. Tu n'as qu'un mot � dire.
L�ve-toi donc !
On ira parler aux responsables du camp,
tu leur diras que je ne suis pour rien dans ce meurtre.
Quelle fin bizarre !
Des fausses larmes, pour tant de vrais drames.
Quand Nasser a d�missionn� en 1967,
tu as crach� par terre, en disant: "On repart de z�ro."
Et en 1970, apr�s les massacres d'Amman,
au lieu de dire � une m�re que son fils �tait mort:
"On repart de z�ro." Et tu es parti.
Apr�s l'invasion de Beyrouth par les Isra�liens,
et encore apr�s...
Tu crachais comme pour effacer le temps.
"On repart de z�ro."
Et te voil� aux larmes artificielles.
Allez, debout !
Le pauvre... il parle tout seul, comme les fous.
Tu ne voulais pas �tre enterr� ici.
Tu voulais mourir en Galil�e.
Tu as oubli� ? Tu m'as oubli� ?
Je suis Khalil.
Le docteur Khalil.
Je n'ai que ce nom.
Pas comme toi.
Comment dois-je t'appeler ?
Dans les camps, c'est Abou Salem.
Au village, "Lui" ou "P�re d'Ibrahim".
En mission, c'�tait Abou Saleh.
A la grotte de Bab El Chams, Youn�s.
Comment tu t'appelles ?
"On repart de z�ro."
Repartons du d�but...
Au d�but, il y avait la Palestine,
le pays...
Tu m'as racont� ton histoire d'amour:
�a commence par un mariage dont ta m�re ne veut pas.
Un gamin du maquis qui se bat contre les Anglais
�pouse une fille que sa m�re qualifie...
de fille de pute.
Ecole d'A�n Al Zeitoun
Qui est l� ?
Le cheikh Ibrahim.
Je m'habille et j'ouvre !
Bienvenue, cheikh.
Du th� ?
Non, tu es occup�e. J'ai juste deux mots � te dire.
J'ai bien � faire, Kazem Bey donne une r�ception.
Il a invit� les Sursok du Liban
et ils viennent avec des Anglais...
et des Juifs.
Une histoire de vente de terres...
Maudits soient ceux qui vendent la terre.
Comment vont tes filles ?
Bien, gr�ce � Dieu, elles m'aident chez le Bey.
- Dieu b�nisse le Proph�te. - Dieu b�nisse Mohamed.
Il ordonne le mariage.
La descendance est l'ornement de la vie.
Je me fais vieux,
j'aimerais que mon Youn�s ait des enfants de ta Fadwa.
Je voudrais t'exaucer...
mais je serai franche avec toi:
depuis que je suis veuve, c'est Kazem Bey qui d�cide.
Fadwa et Lamia sont promises.
Youn�s se bat contre les Anglais dans la montagne...
le Bey refusera.
Mais je ne peux rien te refuser.
Je peux quand m�me te donner ma cadette Nahila.
Elle n'est pas pub�re, et libre. Qu'en dis-tu ?
Nous nous en remettrons � Dieu.
Tu n'as trouv� que cette fille ?
On n'est pas assez pauvres ?
Il nous fallait plus pauvre ?
Encore plus mis�rable ?
Je ne veux pas de ce mariage.
C'est la seule fille sur terre ?
Je veux que Youn�s me fasse des petits-enfants.
Pourquoi avec celle-l� ?
Tout est dess�ch�, dans cette maison.
Tout ce que tu touches d�p�rit.
Dieu maudisse cette alliance !
Tu maries ton fils � la fille d'une veuve ?
Tu sais pourtant ce qu'on dit d'elle.
Dieu te pardonne. Ce sont des gens simples comme nous.
Youn�s �pousera la fille de Chawah.
J'en ai d�cid� ainsi.
Je dois me purifier.
Enl�ve tes chaussures !
Debout !
A quoi nous servent tes pri�res, toi ?
J'en ai assez de cette poussi�re !
Arr�te avec ton histoire de poussi�re !
Tu sais ce qu'il dit de l'eau ?
Qu'elle colle comme le sang, qu'elle est sale.
Que la mort est dedans
et qu'elle pue !
Oui ! Elle pue !
Toi aussi, tu es poussi�reux.
Viens que je te lave.
Je te lave encore, � ton �ge !
Je lave ton p�re depuis que l'ai �pous�, � 12 ans.
La barbe... raconte tes histoires � d'autres !
A qui, par exemple ?
Lui, il ne pense qu'� lui-m�me et Dieu ne m'a donn� que toi.
Om Hassan sait ce que j'ai subi.
C'est elle qui t'a sauv� la vie.
Avant toi, j'ai eu 5 enfants.
Om Hassan me les sortait du ventre et me consolait de leur mort.
Quand je donnais le sein,
mes t�tons s'enflammaient.
Elle voulait que j'allaite et je disais: "Comment ?"
Avec mes t�tons �corch�s...
J'en ai assez de cette histoire !
Je la connais par c�ur !
Je te jure que j'en peux plus !
Tu me fais fuir !
Toi seul as surv�cu.
Tu mordais mon sein sans t�ton,
Dieu sait si tu me faisais mal...
Youn�s, �coute-moi bien:
ton p�re veut te marier � la fille de Chawah.
Elle s'appelle Nahila.
Moi, je ne veux pas de ce mariage.
- Elle est belle ? - Elle est trop jeune.
Tu voudrais qu'elle soit comment ?
Blanche... de grands yeux... belle.
Tu n'auras que la copie de la m�re.
Je prendrai sa bouche sans myst�re !
Je veux me marier !
Que la joie nous emplisse
Car ce soir, c'est ton mariage
La mari�e est belle et lisse
Et toi, plein de courage
Douces sont les mains de Nahila.
J'aime pas !
Arr�te !
�a me pla�t pas !
Le henn� est pr�t ?
Les invit�s arrivent !
Om Youn�s !
�a suffit. Il fait nuit, on ne verra rien.
Elle a un bouton � l'�il !
Non, c'est un grain de beaut�.
C'est la m�me saloperie.
Hier, j'ai vu en r�ve Youn�s, sa femme et toi.
- Et alors ? - Gr�ce � Dieu, �a allait.
Elle emplissait ta maison d'enfants.
Et tu les mettais au monde ?
Je l'accouchais une fois, mais va savoir...
Un, c'est pas assez.
Ils lisent le contrat !
Viens voir, Nahila !
Tu veux qu'on te voie toute nue ?
Jamais de rouge au front !
Porte �a � ta m�re et reviens.
Allez !
Elle et tes s�urs peuvent partir.
Par la porte de derri�re.
Elles t'attendent.
Je ne voulais pas te le dire...
mais tes s�urs et moi quittons le village.
Vous allez o� ?
A Tarchiha.
Je vais y travailler.
Il faut que tes s�urs partent...
A cause du Bey...
Dieu t'accorde la joie.
Youssef et moi, on rejoint nos amis.
Va, mon fils.
Si on ne danse pas, je te tords le cou !
- Ton cadeau de noces: 2 balles. - C'est tout ?
Tu sais combien co�tent les munitions ?
Dans un mariage, on danse.
Que la joie nous emplisse
Car ce soir, c'est ton mariage
La mari�e est belle et lisse
Et toi, plein de courage
Le parfum de ses seins gu�rit le malade
Quand sa croupe ondule, Samson n'y tient plus
Il cligne des yeux, il me fait signe
Qu'il est doux de m'�tendre pr�s de mon amoureux
Elle a clign� des yeux et elle lui a fait signe
Et lui, de sa poche il sort un cadeau
qu'il m'offre
Je voulais qu'elle soit belle avec de grands yeux.
Elle est belle avec de grands yeux.
Nahila, lumi�re du village
Nahila, si belle et si sage
D�chausse-toi.
Attention... doucement.
Tu es plus plate qu'un gar�on.
- Et tes cheveux ? - A cause des poux.
- Tu t'es fait quoi ? - Je suis tomb�e.
Ta m�re dit que notre sang n'est pas rouge. Donne-lui �a.
Je veux aller au maquis.
Une fille, au maquis ?
Je tire au fusil comme un homme.
Au maquis, on fait la guerre aux Anglais
et on punit ceux qui vendent la terre aux Juifs.
Vous vous battez comment ?
Nous suivons les traces d'Ezzedine El Kassam.
En le tuant, les Anglais croyaient abattre la r�sistance.
Nous jetterons les Anglais hors de Palestine,
ils ne livreront pas notre pays aux Juifs.
Ils veulent les aider � en faire leur pays.
Et nous, alors ? C'est notre pays, compris ?
- Qu'est-ce que tu fais ? - Je suis un combattant.
J'attaque les soldats anglais
et les tra�tres qui vendent aux Juifs.
Tu as d�j� tu� ?
Evidemment, puisque je suis un combattant.
Tu me fais peur.
Les paysans de Palestine se battront pour leur terre.
Les Juifs les expulsent
avec l'aide des Anglais.
Nahila !
O� est ton mari ? Tu l'as laiss� partir ?
L�ve-toi et sors nettoyer.
Tu l�ves et tu abaisses !
Allez, ne sois pas si molle !
Les bras tendus !
Travail juif et libert� juive
sont indissociables.
J'en ai marre, �a n'a pas de fin.
- Et ton mari ? - Il n'aime pas que je sorte.
Ecole de A�n El Zeitoun
Silence ! Je ne veux plus vous entendre !
Ceci est la Palestine.
- C'est la... - Palestine !
- C'est la... - Palestine !
- Notre pays s'appelle... - A�n El Zeitoun !
- Notre pays s'appelle... - A�n El Zeitoun !
Faux ! C'est la Palestine ! Notre pays s'appelle...
- La Palestine ! - Tr�s bien.
Ceci est la carte du Partage entre Palestiniens et Juifs
approuv�e par l'ONU.
Si j'en crois mes yeux,
les Sionistes veulent occuper le pays et nous en chasser.
Sinon, pourquoi b�tiraient-ils des colonies hors de leur zone ?
Autour d'Acre,
partout en Galil�e,
autour de J�rusalem,
et ici m�me, � notre porte.
Les colonies servent d'avant-postes
pour pr�parer la guerre.
Ils pr�parent, et nous on dort.
Silence, ou je vous tords le cou !
Cheikh Ibrahim !
Les pays arabes sont occup�s...
Silence !
Silence !
Qu'est-ce que tu veux ?
�tre un gar�on. Etudier.
Silence !
Tu n'as pas honte ? Rentre � la maison !
- Je veux apprendre. - Du calme, Om Youn�s !
Que la paix soit avec vous et entre vous.
Qu'est-ce que tu viens faire ? Rentre !
L�che-la !
Je veux �tudier !
Je te ferai �tudier, ma fille.
Je te passerai les livres.
Silence !
- Et �a ? - "Ta".
Non. Trois points, c'est "tha". Deux points, c'est "ta".
- Et �a ? - "Ba".
Tr�s bien.
Moi aussi, je sais lire.
"Au nom de Dieu mis�ricordieux, qu'il soit lou�,
"Dieu du Jugement dernier que nous adorons et qui nous aide
"Montre-nous le chemin, le chemin de ceux qui seront sauv�s, amen."
Les femmes ne doivent lire que le Coran.
Youn�s, Youn�s...
Ta femme te manque ?
Et ta m�re ?
Et ton p�re ?
Pourquoi tu montres tes cuisses ?
Viens � la maison !
"La figue et l'olive..."
"Les figues et les olives..."
"La montagne de El Senin..."
Il n'y a pas de "El".
- Tu as vu ta salope ? - Fous-lui la paix.
"Nous avons cr�� les hommes..."
"Nous avons cr�� l'Homme
"sous sa plus belle forme."
Non, non, non. Tu ne dois pas faire d'efforts.
Viens...
Doucement...
Laisse-la, ce n'est pas la premi�re � �tre enceinte !
De quoi je me m�le ?
Quand j'�tais enceinte, je grimpais tout en haut.
Dommage que tu sois descendue.
Quelle garce !
Je suis une garce ? Sans blague !
Dans la ville d'Acre,
aucun probl�me entre classes ouvri�res arabe et juive.
Mais ici, il y en a.
Comme � Ha�fa et J�rusalem.
On dirait que ta femme attend un gar�on.
Viens, mon fils.
Viens cueillir des olives.
Non, non, c'est amer.
Les olives, c'est amer !
C'est amer !
Les militaires juifs arrivent !
L'histoire pouvait commencer l�.
Tu vois ta femme dans l'oliveraie, et c'est l'amour.
Mais la v�rit� n'est pas l�.
Nahila est devenue ton amour quand tu t'en es s�par�.
Tu disais avoir compris le mot "patrie" � la chute de la Galil�e.
Et aussi: "La patrie, comme l'amour,
"c'est tomber dans un pr�cipice et se sentir mourir."
Mais Chams n'est pas morte.
Et moi, je ne suis ni mort ni vivant.
Comment as-tu pu laisser ta femme enceinte au village
pour aller chercher des armes avec Abou Essaf ?
Tu ne t'es pas tatou� la date pour t'en souvenir
mais pour en souffrir toujours.
Tu n'�tais pas l� quand ton village a disparu.
Tant�t vous dites avoir fait la guerre,
tant�t ne pas l'avoir faite.
"On a perdu la Palestine parce qu'on ne s'est pas battus,
"comme en r�ve... un coup de folie..."
Comme je ne sais pas quoi.
C'est quoi, ces idioties ?
Toi, tu t'es battu,
mais o� �tais-tu, la nuit o� le Palmach est venu
et a dynamit� ton village ?
On tuera vos hommes !
On violera vos femmes !
Zone interdite aux Arabes !
Va-t'en ! Fuis !
- O� sont-ils ? - J'en sais rien.
- C'est toi le chef ? - Je suis communiste.
Les femmes, cachez-vous chez Abou Saleh !
Emmenez les vieux et les enfants ! Vite !
Zone interdite aux Arabes !
On tuera vos hommes et on violera vos femmes !
Va-t'en, je me d�brouillerai.
Arr�tez !
Vous voyez bien qu'on s'est rendus !
Ecoutez-moi, je veux parler.
Je suis Youssef Ibrahim El Haggar.
Nous nous rendons.
Le village est tomb�, nos hommes vaincus.
Nous nous rendons, nous voulons �tre trait�s humainement.
Ecoutez-moi.
Vous devez nous traiter comme des civils en temps de guerre.
Nous ne mendions pas la compassion,
mais si vous nous traitez bien,
on vous le rendra au centuple.
Vous savez bien
que l'arm�e arabe va venir en Palestine vous battre,
et nous vous traiterons comme vous nous aurez trait�s.
Mettons-nous d'accord maintenant.
Dieu m'est t�moin...
Je vous en supplie,
je peux aller chercher mon mari paralys� ?
Va !
Toi, assise !
D�barrassez-moi des cadavres !
Vite !
Emmenez les jeunes !
Et fusillez-les !
Foutez le camp !
Zone militaire interdite aux civils !
15 mai 1948
O� est mon p�re ?
Ton p�re ? Il a disparu.
O� on va aller ?
Dieu est grand.
Aide-la.
O� �tais-tu ?
En Syrie. Parti chercher des armes.
O� sont tes parents ?
Je sais pas.
Une poign�e d'olives chacun,
une demi-mesure de lentilles, un quart de bl�.
Ne vous bousculez pas !
O� sont tes parents ?
Quelqu'un conna�t cet enfant ?
Mon fils a faim !
Quelqu'un le conna�t ?
Il y a des gens de Beroua,
et de Zib, et de Koueykat.
C'est pas assez !
Va demander � Om Hassan.
C'est Jamel, de Koueykat.
Ne pleurniche pas. Je sais o� est ta m�re.
Badreya, am�ne-le � sa m�re.
Prends-le.
Et toi ?
Tu laisses ta famille toute seule pour aller...
Nahila !
Tu l'as laiss�e accoucher seule.
Om Hassan, j'�tais "en excursion".
Les Juifs attaquent Chaab ce soir ou demain.
On a peu d'armes et presque z�ro munitions.
Donne-moi ces poules !
Rien du tout !
Adnan ! �a suffit !
Cette vieille radine a des poules !
L'Arm�e du Secours veut tout bouffer ?
Ils nous ont aid�s, � Koueykat ?
Ils n'ont rien fait du tout !
Qu'est-ce qui est mieux ?
Un village sans poule ou une poule sans village ?
Elle va faire quoi, l'Arm�e du Secours ?
Vive l'Arm�e arabe du Secours
Frotte le canon, toi !
C'est quoi, �a ? On me soudoie avec des poules ?
Je n'en ai pris qu'une fois, pour mes hommes.
L'histoire retiendra le Lieutenant Des Poules.
Lieutenant Mahdi des Poules !
Il n'en est pas question.
Je t'ai dit de frotter !
Une... deux...
Reprends ta volaille.
On est des volontaires des arm�es arabes venus sauver la Palestine,
une vraie arm�e, disciplin�e ! Pas une bande de culs-terreux !
Chers paysans...
Vous voulez des armes ?
Je n'en ai pas.
Si vous voulez que je pilonne, j'ai pas d'ordres.
Gardez vos poules.
Vous n'avez pas compris.
Cette guerre va nous briser,
�a ne saurait tarder.
Pas d'ordres, z�ro ordres,
ordres que dalle, ordres rien du tout.
Donne tes poules � manger aux tiens.
Vos hommes ont faim,
prenez les poules, et on parlera apr�s.
On n'a rien � se dire.
Les Juifs disent qu'ils "s�curisent" la ligne de partage.
Et qu'une fois le calme revenu,
ils se retireront de la Galil�e.
Nettoie-moi ce canon ou je te bousille !
Compris ?
Mais pourquoi ils se retireraient ?
On n'a pas d'ordres et les pays arabes n�gocient !
D�sob�is, alors.
Je suis un militaire.
Un militaire ne d�sob�it pas.
Vous n'�tes que des paysans,
vous pouvez d�sob�ir.
Les Juifs attaqueront par l'ouest.
Il faut prot�ger l'entr�e ouest de Chaab.
Logiquement, on devrait se retirer.
L�, c'est Chaab. Et l�, l'Arm�e du Secours.
L'entr�e ouest.
Les Juifs attaqueront l�,
quand on aura le soleil dans les yeux.
Si on prot�ge cette entr�e, je sens qu'on peut r�sister.
Je me fous de ce que tu sens.
On peut rien faire sans l'Arm�e du Secours.
Adnan, toi et 4 autres... il nous faut des mines.
Tu me d�sob�is, Youn�s ?
Il te l'a dit: on n'est que des paysans.
Ils arrivent !
Mettez-vous � l'abri !
Ne tirez pas avant de les voir !
Interdit aux Arabes !
Zone interdite aux Arabes !
Il y a longtemps que je n'ai pas eu de le�on.
"Ton c�ur peut voyager de passion en passion
"Il n'aimera que le premier amour
"Le jeune homme conna�tra bien des refuges
"dans sa vie
"Seule sa premi�re maison lui manquera"
O� est Youn�s ?
O� est-il ?
Je n'ai jamais os� vous demander...
comment savez-vous toujours o� se trouve le soleil ?
A l'odeur des arbres, ma fille.
Leur odeur change � chaque heure.
Quand le soleil les effleure,
je sens l'odeur de l'aube.
Je sens la chaleur.
Tiens... l'est est l�.
Et La Mecque est par l�.
Et quand il pleut ?
Dieu est grand !
On attaquera par Tal El Layyat.
Sans canons ? Impossible.
On peut les encercler par l'ouest.
Impossible.
C'est � d�couvert. On sera rep�r�s.
Sois r�aliste: sans canons, on ne peut qu'attendre.
�a fait 6 jours qu'on attend !
Alors, on fait comme j'ai dit: le Liban, et on revient.
Si on se retire, on ne reviendra jamais.
Rends-toi compte, il y a 200 soldats et 10 chars.
Non.
Cette nuit, j'ai vu les chars partir.
Des histoires de bonne femme.
On se retire au Liban et on revient.
Termin�.
Moi, je rentre ! J'en peux plus !
C'est notre terre !
Ce sont nos maisons !
On peut pas les quitter !
Moi, je rentre.
L�che-moi !
Aux canons !
On a des ordres ?
J'encule les ordres ! Tirez sur les Juifs !
Attaque arabe !
L'Arm�e de secours est avec eux !
O� sont mes habits ?
Mes habits ont disparu !
Ils ont mis le rouge avec le rouge, les rayures avec les rayures.
Les Juifs ont le sens de l'ordre.
A qui c'est ?
Maman ! A toi !
De quoi riez-vous ?
De nos malheurs, p�re... de nos malheurs.
Ecoutez-moi tous.
Ecoutez-moi !
La Galil�e est tomb�e.
On a ordre de se retirer.
C'est vrai !
L'arm�e arabe laisse les Juifs r�occuper Chaab.
L'aviation a pilonn� Tarchiha
et en 3 jours, la Galil�e est tomb�e.
C'est vrai, c'est un fait.
Boukeya, Morr et Geich ont �t� bombard�s.
Nos dirigeants nous ont vendus.
Les jeunes seront liquid�s.
Attendez !
Il faut s'organiser !
Attendez !
Restez calmes !
Les jeunes de plus de 11 ans, au Liban !
On pr�parera le retour depuis A�n Ebel.
Femmes, enfants et vieux,
peuvent venir avec nous ou rester.
Il nous faut une vraie arm�e.
Allons-y !
Allons-y, p�re.
Je reste. La mosqu�e a besoin d'un cheikh.
Partez.
Moi, je reste.
On sera � A�n Ebel.
On reviendra.
Qui est p�re de combattant ?
Viens !
Toi !
Stop !
Je vous en supplie, il est aveugle !
L�chez-le !
Il est aveugle !
L�chez-le !
D�marre !
Foutez le camp au Liban !
Dirigez-vous vers le Liban !
Tout civil dans cette zone risque une balle !
Allez vers le Nord !
Viens vite !
Il ne supporte pas l'eau !
Nahila ?
- Ta belle-m�re sera f�ch�e. - Je m'en fiche.
Fadwa est morte.
Lamia a �t� viol�e. Elle est au Liban.
Je veux rentrer.
Je rentre chez moi.
Je rentre.
Je rentre.
Ils nous tueront, si on rentre !
On mourra !
Je veux aller chez ma famille � Deir El Assad.
J'y vais.
Vers le Liban !
Quittez cette zone !
L�ve-toi.
Tout civil risque de subir des tirs !
Quittez cette zone !
Il faut partir. Il le faut.
Un gar�on...
Je t'appellerai Nagui. "Le sauv�".
Dieu te prot�ge.
Venez boire du lait !
Venez boire du lait !
Ces vaches sont une offrande � la Fille du Proph�te.
Buvez ! Leur lait vous b�nira !
Dieu ! Fais qu'elle ne meure pas !
Non, non, ne meurs pas !
Ne meurs pas !
Dirigez-vous vers le nord !
Zone interdite aux Arabes !
Cache-toi ! Ils tirent !
Ils ne tirent plus, maman.
La paix soit sur toi. O� sommes-nous, fr�re ?
Au Liban.
Kana est juste l�.
Nagui est m�decin en Am�rique.
Il envoie des photos et des sous.
Mais ce jour-l�, on �tait assis, nous ici et la Palestine l�.
Personne n'y comprenait rien.
Personne ne voulait bouger, et puis on est all�s � Kana.
On nous a dit que c'�tait temporaire.
Ce temporaire-l� n'est toujours pas fini.
Les Syriens ont d�sarm� la garnison de Chaab.
Ils ont pris les hommes et les ont emmen�s en Syrie.
En prison.
Les camions des Libanais nous ont emmen�s dans des camps.
Certains � Sidon, d'autres � Tir, Tripoli, Beyrouth.
On �tait partout, un demi village ici,
l'autre moiti� va savoir o�.
Puis ce fut l'humiliation.
Une sorte de r�ve. Tu n'es ni ici ni l�-bas.
Tu manges, tu dors, tu te r�veilles, rien ne se passe.
Tu attends...
Mets le nom du Tout-puissant au mur.
Il aidera son �me � quitter son corps.
Tiens.
Garde �a. Je ne veux pas qu'il meure.
La mort est une gr�ce.
J'accrocherai des photos de Nahila et de ses enfants.
A son r�veil, il reverra ceux qu'il aime.
Il n'a pas aim� Nahila !
Si, il est tomb� amoureux d'elle le jour...
Il l'a d�test�e d�s qu'il l'a vue !
Un paysan n'a pas d'histoires d'amour.
Je vais te la raconter, son histoire.
On n'a pas aim� la Palestine avant de la quitter.
Youn�s n'a aim� Nahila que quand ils ont �t� s�par�s.
En mourant, il la retrouvera !
Jamais !
Apr�s son �vasion de Syrie,
il a vu notre mis�re, au Liban.
Il s'est plant� au beau milieu du camp
et il s'est mis � crier: "On repart de z�ro !
"On n'est pas des r�fugi�s, on est des combattants !"
A chaque catastrophe,
il tapait du pied et criait: "On repart de z�ro !"
S'il se r�veillait, l�,
il crierait: "On repart de z�ro !"
Sortez !
Sortez de vos tentes !
Regardez comment vous vivez !
Ils veulent faire de nous des rats sans voix !
Tu n'as qu'� rentrer chez toi. Ici, tu es un r�fugi�.
Ben voyons !
Ils veulent qu'on soit des "r�fugi�s".
On ne s'est pas "r�fugi�",
on a fui la mort !
On est des combattants,
on se battra, et on mourra s'il le faut !
Va mourir chez toi !
Ici, les rassemblements sont interdits.
Rentrez dans vos tentes !
Nous ne nous cacherons pas,
nous ne nous tairons pas.
On repart de z�ro ! On retourne en Palestine !
De z�ro !
De z�ro !
Le d�nomm� Youn�s Ibrahim El Assadi
�tant connu des habitants du camp
pour son instabilit� mentale...
De qui tu parles ?
...instabilit� mentale,
nous d�cidons qu'il sera rel�ch�,
et confi� � la direction du camp.
Tu peux partir.
- Mon fusil. - Confisqu�.
Je pars pas sans mon fusil !
Alors ?
Je suis mentalement instable.
Ton fusil est dans le placard.
Il y en a 5 autres. Prenez-les.
Mais d'abord, tu me ligotes � la chaise.
Vite.
Pour avoir des explosifs, contactez Ali "Sept Yeux".
Il travaille aux carri�res.
Dis-lui que Haytham t'envoie. Faites vite.
Attendez !
Il faut que tu me cognes.
Ben Gourion a dit de tirer � vue � la fronti�re.
Au moins 30 personnes rentrent chaque jour.
On dirait qu'ils ont la fi�vre.
La fi�vre du retour.
Je vous laisse ici. Il y a moins de patrouilles.
Soyez prudents.
On attend la nuit et on rentre.
Tu rentres.
Comment �a ?
Tu rentres et moi, je reste. Je veux voir mon fils.
Et si tu te fais prendre ?
Tu connais la grotte et les camarades: tu continueras.
Et sa vie fut une sorte de r�ve.
Il allait � Deir El Assad et il rentrait au Liban.
Le combattant allait engrosser sa femme en Galil�e.
On savait qu'il �tait rentr� � son odeur.
Il se trimbalait une odeur �pouvantable !
De quelle odeur tu parles ?
Il se lavait dans la grotte
que Nahila avait am�nag�e
et qu'ils appelaient Bab El Chams.
Il arrivait,
elle sortait, ils faisaient leurs affaires dans les oliveraies.
Ils n'allaient dans aucune grotte.
Les grottes de Deir El Assad sont infest�es de d�mons.
Un jour, une ch�vre noire s'y est �gar�e,
elle a r�apparu de l'autre c�t�, � Tib�riade,
son poil avait blanchi d'horreur.
Ils se retrouvaient � Bab El Chams,
et ils y ont v�cu leur histoire d'amour.
C'est �a, la v�rit�.
Youn�s, un amoureux ?
Un paysan ne conna�t rien � l'amour.
C'est toi, l'amoureux.
Moi seul, je sais que tu as �t� un h�ros,
non pour t'�tre battu, mais pour avoir �t� amoureux.
Tu me diras que c'est moi, l'amoureux.
Que ton histoire me sert � embellir la mienne,
� masquer mon �chec avec celle qui m'a trahi.
Mon histoire sera pour plus tard.
La tienne n'est pas finie.
Il faut partir d'ici. Les Isra�liens te cherchent.
Viens.
Attends-moi ici. Garde Ibrahim
Je t'�pouse selon les pr�ceptes de Dieu.
Autrement dit,
Ibrahim est un b�tard ?
L�ve-toi.
Au mariage, il n'y avait qu'une seule grappe.
Mes filles ne marcheront pas sur du raisin.
Tu te souviens ? Je suis tomb�e et je me suis bless� le genou.
Mon Dieu...
J'oublie quelque chose.
Tu as le m�me pour enfant ?
Non, le m�me ou un autre mod�le qui existe pour enfant.
L'enfant a quel �ge ?
Quatre ans.
Adnan !
Ce baiser-l� ne fait rien.
Qu'est-ce qu'il devrait faire ?
La mordre.
Tu es une b�te ! Le mieux, c'est avec la langue.
Avec la langue ?
Tu l�ches.
La langue dans sa bouche � elle.
Tu es bizarre...
Tu n'aimais pas mon corps quand j'�tais mince, et � pr�sent...
Tu es ronde comme une pomme.
Toi aussi, tu es tout rond.
Comme une pomme.
- C'est trop grand. - Il fait quelle taille ?
Comme �a...
Il me parle en h�breu.
Dieu qu'il est beau !
Ce visage, quand il dort...
Il ressemble � ta m�re.
Non.
A toi.
Youn�s �tait l� et tu �tais avec lui.
Ne r�veille pas Ibrahim
C'�tait Youn�s. Tu �tais avec lui.
Tu dois �tre fatigu�e... assieds-toi.
Je te fais du th� ?
Oui, je te fais du th�.
Ta m�re veut te voir.
Pas ici. J'irai la voir un de ces jours.
Bab El Chams, c'est pour nous seuls.
C'est pour toi et pour Ibrahim
C'est moi qui les ai faites.
Elles sentent le thym.
Quand tu me manqueras, je mettrai cette chemise � Ibrahim
et le manque s'apaisera.
Quand tu me manqueras, je ne changerai pas de chemise.
Quand elle sera en loques, tu sauras que tu m'auras manqu�
et tu devras m'en faire une autre.
Je ne veux pas �tre couturi�re,
je veux m'occuper du b�b�.
Tu ne veux pas me manquer ?
Non, je veux que tu sois avec moi.
Non, je ne veux pas.
Qu'est-ce que je veux ?
Je ne te veux pas ici.
Ici, ils te mettraient en prison.
Mieux vaut se manquer l'un � l'autre.
Et toi,
tu viendrais avec moi ?
Non, mieux vaut se manquer l'un � l'autre.
D'o� sortent ces grenades ?
C'est vous, les services secrets.
O� tu les planques ?
Qui fait partie de ton groupe ?
On dirait qu'il aime les coups.
On va te rel�cher.
On sait d�j� tout.
Mais si tu t'avises
de repasser la fronti�re avec Isra�l,
je te fais avaler tes derni�res dents.
C'est rien...
Gr�ce � Dieu,
tu es en vie. Ils auraient pu te tuer.
On a cru que tu voulais dormir toute une ann�e.
Tes yeux vont bien. On va t'arranger les dents.
C'est pas �tonnant.
Il y a un cessez-le-feu avec Isra�l,
l'ONU essaye de n�gocier un accord,
et vous vous amusez � vous armer.
Je te fais mal ?
Youn�s...
il faut que tu te reposes.
Je sens en moi que mon p�re est mort.
Tu viens bien tard...
C'est mon p�re ?
Parle !
Le petit Ibrahim
Non !
Tu veux manger ?
Arr�te !
Il mangeait...
Non, il jouait,
la pierre a frapp� sa t�te.
Le gouverneur militaire
m'a refus� le permis pour l'emmener � l'�cole, non, l'h�pital !
Arr�te !
Il est mort... comment, mon Dieu ?
Assez.
Il faut que j'allaite Salem.
Il faut que j'y aille.
Tu arrives � dormir alors que le petit hurle ?
L�ve-toi et donne-lui le sein !
L�ve-toi ! Tu es devenue folle ?
L�ve-toi !
Tu n'as plus de lait. Tu vas le tuer !
Le diable t'emporte !
Om Khalil le nourrira.
Une pierre l'a frapp� � la t�te, il a saign�,
il disait: "Ma t�te fait mal."
Ils m'ont laiss�e 3 heures dans le noir,
et puis le type m'a parl� en arabe irakien.
Il m'a questionn�e sur toi.
Il a fini par dire qu'il me donnerait le permis
si j'apportais un avis m�dical sur la blessure du petit.
J'ai dit qu'on n'avait pas de m�decin,
mais il a dit: "Ce sont les ordres.
"Je t'aiderai si tu m'aides."
Quand je suis rentr�e,
l'enfant se mourait.
Non. Il �tait mort.
N'y va pas.
Reste l�.
Je vais te raconter.
Il jouait pr�s du kibboutz avec les Y�m�nites parlant h�breu.
Il jouait...
Et on me l'a ramen� avec la t�te bless�e.
Je suis all�e voir le gouverneur militaire,
et il a dit
qu'il t'arr�terait,
qu'il te tuerait
et qu'il te jetterait sur la place.
Ta m�re dit que c'est moi qui l'ai tu�.
Ma m�re est folle.
Et menteuse ! Elle dit que je n'ai pas de lait.
Regarde !
Ils me font mal, tellement il y en a.
Oui, ils sont pleins de lait.
Je comprends que tu aies refus� de tuer des enfants.
Je sais que tu �tais contre l'op�ration de Munich,
les d�tournements et les op�rations visant des civils,
et m�me la participation � la guerre du Liban.
Tu disais:
"On ne fait pas la guerre comme �a.
"M�priser la vie d'autrui prive du droit de d�fendre la sienne."
Mais, dis-moi,
pourquoi n'as-tu pas fait sauter le mirador ?
Tu as eu peur ?
Tu as s�rement eu peur.
Mais non, un h�ros n'a pas peur.
Alors, pourquoi ?
La peur fait de Youn�s un h�ros,
la peur fait de moi un l�che.
Tu vivais une �poque d'h�ro�sme.
Mon �poque manque h�ro�sme
M�me si...
tu n'as pas dynamit� le kibboutz pour �viter des repr�sailles,
je ne comprends pas.
Tu as eu peur pour Nahila, folle de chagrin ?
Tu l'abandonnes et tu fuis, comme n'importe quel homme.
C'est �a, �tre un homme: fuir.
C'est ce que je devrais savoir ?
Tu es rentr� au Liban. Un an � organiser les Feddayin.
Mais ton esprit �tait rest� en Galil�e.
Et puis tu as d�cid� d'aller en Galil�e en �claireur.
C'est ce que tu as dit.
C'�tait un pr�texte pour voir Nahila.
Tu n'as pas os� la revoir, et apr�s, pas os� lui parler.
C'est ce qu'on appelle un h�ros.
Youn�s !
�a va ?
�a va.
�a suffit !
Arr�te de le taper.
Salem, viens l�.
Cet arbre est vieux de 1000 ans.
Ecoute-moi.
Depuis le temps des Romains,
ton p�re s'y est cach�,
ton grand-p�re,
et ton arri�re-grand-p�re.
Un jour, tu t'y cacheras aussi.
J'ai r�v� du soleil derri�re toi comme le Proph�te Elie.
J'ai senti que j'aurais une fille: Nour, la Lumi�re.
Tu sens le caf� et le thym.
C'est le travail.
Je mouds du caf� et je cueille du thym.
Et qui ach�te ?
Je donne la marchandise � Avi et il la vend � Acre.
Avi ?
Oui.
Avi,
le Juif.
Tu crois qu'on est riches, � Deir El Assad ?
On n'a rien de rien.
Tu te justifies de travailler avec des Juifs ?
Tu pourrais te d�brouiller autrement.
Et cet Avi, comment il est ?
C'est un homme comme les autres.
Tu te coiffes comme �a, maintenant ?
�a m'arrive.
�a me distrait.
Tu m'as manqu�, Youn�s.
Tu sais,
j'ai envie que tout le monde revienne en Palestine
et d'avoir une fille
que je verrais grandir,
et elle aurait de longs cheveux.
Allah
Lumi�re du ciel et de la terre
Sa lumi�re est une flamme dans une lampe
Une flamme entour�e de verre
Le verre est comme une plan�te de diamant
�clair�e d'un arbre b�ni
Un olivier, ni de l'est ni de l'ouest,
dont l'huile br�le sans �tre touch�e par le feu
Lumi�re cern�e de Lumi�re, Dieu donne la lumi�re � qui il veut
Nahila a eu Nour.
6 mois apr�s, elle �tait � nouveau enceinte.
Quelle stup�fiante f�condit�...
Les enfants me terrifient.
J'ai dit � Chams: "Pas d'enfant".
Elle m'a tois� avec m�pris: "J'�pouserai un feddayin."
Un feddayin, �a fait des enfants.
Apr�s avoir eu Nour,
Nahila �tait sans arr�t enceinte.
Belle comme une pomme quand elle �tait grosse.
Elle t'a �pous� � sa fa�on.
Tu l'as fait marcher sur des raisins,
elle t'a �pous� dans une prison.
Tu racontais qu'elle a dit � l'Isra�lien: "Je suis une pu."
J'ai dit: "C'est quoi, une pu ?"
Tu as dit: "Une putain !"
Et tu riais tant que tu en as eu les larmes aux yeux.
Viens avec moi.
Va-t'en ! L�che-la !
Au secours !
L�che-la !
Au secours !
Ton nom ?
Nahila, �pouse de Youn�s Ibrahim
Que c'est beau !
Quoi ?
La lumi�re, monsieur.
J'ai pass� tant de temps dans le noir...
O� est ton mari ? Quand l'as-tu vu pour la derni�re fois ?
Tu entends ?
Tu entends, oui ou non ?
Oui, mais je ne comprends pas, tu parles en arabe litt�raire.
Les charges contre toi sont graves.
Quelles charges, monsieur ?
Tu es enceinte, non ?
Tu es enceinte, esp�ce de b�te ?
Oui, monsieur.
Alors ?
Il faut un permis militaire pour �tre enceinte ?
J'avoue. Je suis enceinte. Je peux m'en aller ?
Tu fais peur aux gens du village.
Ils savent que Youn�s est feddayin.
Ils ont demand� o� �tait mon mari.
Youn�s.
J'ai dit que je ne savais rien.
Ils m'ont pos� la question que vous voulez tous poser.
L'officier a demand�: "Comment tu fais ?"
J'ai dit: "Faire quoi ?"
"Tomber enceinte."
"Comme toutes les femmes,
comment tu veux que �a arrive ?"
O� est Youn�s ?
Je ne sais pas.
- Comment tu fais ? - Faire quoi ?
Tomber enceinte ?
Comme toutes les femmes. Comment tu veux que �a arrive ?
- Alors, c'est lui. - Lui, qui ?
Ton mari.
Pourquoi tu r�ponds pas ?
R�ponds, qu'on en finisse !
Youn�s est le p�re ?
Je ne crois pas.
On sait comment te faire parler !
Emmenez-la !
Non, j'avoue !
Parfait. Parle.
Je ne sais pas qui est le p�re.
Enfin, je suis pas s�re.
Quoi ? �a veut dire que tu es...
Oui... je suis une putain.
Vous n'en avez pas, dans votre respectable �tat ?
Ecrivez:
je suis une putain
et je ne sais pas qui est le p�re.
Tu vois une femme arabe dire �a ?
Les Arabes sont des menteurs.
- Tu ne sais pas qui est le p�re ? - Non.
Ton v�n�rable cheikh de beau-p�re tol�re une prostitu�e sous son toit ?
Vous avez fait sauter deux fois le toit du v�n�rable cheikh.
A A'i'n El Zeitoun et � Chaab.
Ici, c'est ma maison.
C'est moi qui les nourris,
lui, sa femme, et mes enfants.
Je suis libre.
Debout, tra�n�e !
Vous avez d'autres questions ?
Je suis fatigu�e,
et mes gosses sont seuls avec la vieille.
Tu vas nous dire o� est Youn�s ?
Je n'ai aucune nouvelle.
Et tu avoues que tu fais la pute, c'est honteux.
Honteux ?
Vous nous chassez, volez nos maisons et tu me fais la morale ?
Oui, je suis une putain, P-U-T-A-l-N !
Sors d'ici !
A partir d'aujourd'hui,
je veux que vous sachiez tous
que je suis Nahila,
fille de Mohamed El Chawah,
femme de Youn�s Ibrahim El Assadi,
m�re d�Ibrahim, de Salem et de Nour,
enceinte d'un quatri�me enfant,
et vous savez qui est leur p�re.
Vous savez que c'est un h�ros !
Adaptation: Duhamel-Muller & Boutros-Ghali
Sous-titrage TVS Titra Film Paris
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