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Original subtitles

- Tu sais ce que je supporte pas ?

- Quoi ? - Les gens.

Regarde ce truc.

Qui fabrique ça ?

C'est une bonne idée de faire une ouverture

où faut appuyer et tourner ?

T'appuies trop fort, ça tourne pas et pas assez non plus.

Faut doser la pression en même temps ? C'est débile.

Pourquoi ne pas faire une ouverture standard ?

- Mmh.

- Et pourquoi pas des tailles standard

comme pour les prises ?

Tu mets pas le même bouchon sur du dentifrice

que sur de la lessive,

mais y aurait 5 tailles de bouchons,

ou même 7 tailles, allez, 8, ce serait suffisant

pour les différents produits ménagers.

- Mmh.

- T'es pas d'accord ? - Je sais pas, le problème

c'est les bouchons compliqués à ouvrir

ou qu'y ait pas de taille standard ?

- Bah, c'est les 2. On a le droit qu'à un problème ?

- Non, mais...

C'est pas un gros problème, l'ouverture des bouchons.

- Non, c'est pas un gros problème,

mais des millions de personnes y sont confrontées.

Un minuscule problème multiplié par des millions,

c'est pas rien.

Essaie de l'ouvrir.

- Voilà.

- Euh...

Toi, t'es intelligent. Mais c'est pas simple.

Je sais que je suis soûlante...

- Si tu le sais, pourquoi tu changes pas ?

- Mais je fais que ça !

T'imagines pas tout ce que je dis pas.

Je vais pas nier ce que je suis en permanence.

- Oui, enfin, ça va, t'as de la marge.

- Donne-le-moi. Je vais faire le test sur les gens.

On va voir combien y arrivent du 1er coup.

- Faut considérer que les gens autour de toi

ont pas forcément envie de tout remettre en question.

Ce qui t'intéresse, pour eux, c'est des détails.

- Les détails, c'est important. - Oui, enfin...

Les bouchons... Les gens ont d'autres problèmes.

Mets-toi à la place des autres.

- Pourquoi ?

- Bah, je sais pas,

c'est une expression qui fait sens.

- Bof.

Se mettre à la place des autres ? J'ai pas envie.

Je suis pas d'accord avec eux,

je vais pas me retrouver avec leur vision du monde.

J'essaye déjà de voir le monde le plus clairement possible.

Je vais pas m'embarrasser de devoir deviner

comment les autres le voient.

C'est impossible, c'est beaucoup trop de données,

de se mettre à la place de quelqu'un.

Désolée, j'ai déjà envie d'être à ma place.

C'est une autre expression, savoir rester à sa place.

C'est ça que j'essaie de faire.

- Je suis sublime ?

- Sublime.

- Cool, j'y vais.

- Salut. - Ah, t'es là.

- Je peux te demander un truc ? - Ouais.

- Chez mon frère, t'évites de faire le test du bouchon ?

- Pourquoi ? - Tu les connais.

Je sais pas, ils vont trouver ça bizarre.

La dernière fois, t'es venue avec du Fanta.

- Oui, le Fanta, c'est bon.

- Oui, enfin, ce qui est normal quand on est invité,

c'est d'apporter du vin.

- Normal...

Si t'es invité, t'as rien à apporter,

mais je vais apporter du vin et une bonne bouteille.

- Tu feras pas le test du bouchon ?

- Non, je le ferai pas.

Tu sais quoi ? Je vais être normale.

- Bon, j'y vais.

Ah...

Bonne chance pour ton rendez-vous.

- Merci.

- Je peux te donner un conseil ?

- Mmh.

- Essaie d'être normale là aussi.

Percussions rythmées

...

- Bonne idée, une petite fille qui dirige le monde.

C'est à la fois original et évident.

C'est votre 1er livre ?

- Euh... C'est le 1er que je termine.

- Y a une obsession de l'exactitude à la frontière du comique,

j'aime beaucoup.

- Ah, merci, ça me fait plaisir.

Je l'ai envoyé à plusieurs maisons d'édition,

personne a voulu le publier.

- Vous savez pourquoi ? - Euh...

Je vois, les adultes qui marchent à 4 pattes,

le voisin suicidaire, pour les enfants,

ça peut sembler malvenu et j'imagine

qu'ils ont eu peur que ça choque, surtout les parents.

- Le problème de votre livre, c'est pas qu'il est choquant.

Y a des choses trop compliquées pour les enfants.

- Ah.

Mmh.

Comme quoi par exemple ?

- Regardez.

J'ai tout noté en violet.

- Merci.

Euh...

Y a beaucoup de violet.

- Ca tombe bien, c'est aussi trop long.

- Ah ?

Le procès, c'est trop compliqué ?

- Pour un enfant, oui.

Ils savent à peine ce qu'est un procès.

Ils savent pas...

- Oh, y en a qui savent.

- Pas beaucoup.

- Mon but est pas de faire un best-seller.

- C'est pas votre but, mais c'est mon travail.

- On est souvent surpris de voir que les enfants

savent plus de choses qu'on croit.

- Je suis rarement surprise.

- Ah.

- Vous écrivez où ?

- Chez moi.

- C'est bien, chez vous ?

- Y a plus de sucre.

Fracas

- Daphné, c'est pas grave.

(Elle hurle.) - Mais si, c'est gra...

- L'appartement est à ma grand-mère.

Je paye pas de loyer, mais je le partage avec ma cousine.

Ca manque de calme.

- Si vous manquez de calme pour écrire,

je vous trouve un endroit calme.

- Euh...

J'ai pas dit que je le retravaillais.

- Je veux pas vous contraindre, Iris,

mais si vous voulez être éditée, va falloir vous adapter.

Musique douce

...

- Dans la rédaction d'aujourd'hui,

on imagine que le corbeau intente un procès au renard.

D'accord ?

- Ca doit faire combien de pages ? - La dernière fois,

j'ai dit 2, t'en as rendu une demie.

Donc 8 pour que t'en rendes 2 ?

Oui, Zoé ?

- Dans notre histoire, le renard peut être innocent ?

- Bien sûr.

Parfois, on est accusé à tort.

En ce qui me concerne, la plupart du temps.

Thémis ?

- Le corbeau, il avait quoi comme fromage ?

- Celui que vous voulez.

Pas du gruyère râpé, il pourrait pas le tenir.

L'important, c'est si le corbeau est en colère,

si le renard regrette et à quoi

il va être condamné suite au procès.

- Iris ?

C'est quoi un procès ?

- Tu sais pas ce que c'est ?

- Non.

- Qui veut expliquer ce que c'est ?

Yanis ?

- Euh...

Euh...

Non, en fait, je sais pas trop.

(- Moi !)

- Tu croyais que tu savais et t'as réalisé que non

ou t'espérais que j'interroge quelqu'un d'autre ?

- Euh...

Euh... - Bon,

tous ceux qui savent pas ce que c'est baissent la main.

Euh...

Benjamin ?

- Un procès, c'est y a un mort,

et avant de l'enterrer,

des gens marchent derrière le cercueil

et des vieilles dames se frappent avec des croix.

- Qu'est-ce que tu racontes ? - Moi, je sais.

C'est quand quelqu'un a violé et il dit :

"J'ai pas violé toutes ces femmes, j'ai violé qu'une fois."

Après, les femmes disent :

"Si, tu nous a violées !" "Et moi aussi !"

Le procès c'est pour savoir combien il en a violé.

- Euh, oui.

C'est pas vraiment... - Un procès,

ça coûte cher. - Oui.

Ca peut coûter cher parfois. C'est pas ça qui le définit.

C'est quoi, un procès ?

Percussions

...

- Je pourrais pas subir les critiques

de quelqu'un sur mon travail.

C'est moi qu'on critique. Atroce.

Si j'écrivais un livre, je le ferais lire à personne.

- Mon problème, c'est pas qu'on me critique.

Réécrire, c'est du travail donc de la douleur.

(Et je sais pas si je suis d'accord)

(avec les changements qu'elle me demande.)

(Et je suis pas sûre d'en être capable.)

Tout ça, c'est souffrir, peut-être pour rien.

(- Comme la vie.)

(C'est super dur.) - Ouais.

- Appelez ça comme vous voulez,

mais officiellement, c'est pas la kermesse de Noël,

mais la kermesse de décembre.

Vous comprenez pourquoi. Pas la peine de développer.

- Elle voulait que j'écrive dans sa maison de campagne.

Elle m'a proposé de me filer les clés.

- Attends, c'est bizarre de proposer ça

à quelqu'un qu'on connaît pas.

C'est un peu malsain, non ?

- J'ai trouvé ça sympa.

- T'as raison, c'est hyper sympa, je suis con.

Léger rire

(Bizarre, mais sympa.)

- C'est ça. - Ouais.

- Elle est bizarre mais sympa. - Voilà.

- La nouveauté, certains le savent, mais ça avait pas été annoncé,

c'est que les bénéfices iront pas

pour repeindre les vestiaires en orange

mais dans un vidéoprojecteur

pour la salle polyvalente.

- T'arrives pas à l'ouvrir ?

- Si. Je veux voir un truc. - Quoi ?

Ca va me péter à la gueule ? - Non, essaie de l'ouvrir.

- Bon.

- Bah...

T'as l'habitude ?

Tu connais la marque ? - Quoi ?

- Odile et Iris !

Ca vous intéresse pas ?

- Ah... - Ah si ! Ca nous intéresse.

- Si, on a écouté. Queue de l'âne, pêche à la ligne.

- Non, justement.

On a viré la queue de l'âne, madame.

A cause de son nom

et puis...

Enfin, à cause de son nom.

Ca me ramène à mon prochain point. La répartition des stands.

Musique douce

...

- Vous m'en direz des nouvelles.

Bonjour.

Bienvenue à La Bouteille magique. Je peux vous aider ?

- Je voudrais une bouteille de rouge.

J'y connais rien, donc classique.

- D'accord. C'est pour boire avec quoi ?

- C'est pas tant pour boire

que pour pas être regardée avec mépris quand j'arrive.

Donc... - Je vois.

On part sur quel budget ? 20 euros ?

- Oui. 15 euros.

- Alors à 14,90, j'ai un Haut-Médoc, Château Belle-vue.

Très belles harmonies, avec du gras,

du volume, des arômes.

- J'y connais rien.

Volume, pour moi, c'est abstrait. Si vous pensez...

- C'est la 1re chose que vous sentez.

Y a des vins

qui prennent peu d'espace.

Par exemple, j'ai un Domaine Marcoux...

- Je suis sûre

que c'est intéressant, mais je suis pas

en mesure de comprendre, je vais prendre

celui que vous avez proposé en 1er.

Vous devez penser que c'est le meilleur.

- Je pense jamais qu'un vin est meilleur.

Si vous voulez plus de tanins,

je vous propose un Bordeaux qui va combiner

des arômes fruités et des notes boisées

et qui se mariera très bien avec une viande rouge.

- Mmh... - Mmh.

- Mais je suis invitée. Je sais pas ce qu'on mange.

Et je connais rien au vin. Vous perdez votre temps.

Je vais prendre le 1er à 14,90. Ca ira très bien.

- Oui.

Comme vous voulez.

Pardon. - Ah.

- Donc 14,90.

- J'ai l'impression que je vous ai vexé.

- Euh, non.

J'essayais de vous accompagner dans votre choix.

- Mais je peux pas

faire semblant de comprendre.

C'est comme si vous parliez une autre langue.

- Ah non, je parle français.

J'ai compris que vous vous y connaissiez mal en vin.

J'essayais de faire mon travail.

C'est pas intéressant à vos yeux.

- Pardon, vous avez raison.

Je pars du principe que je vais pas comprendre

et je progresse pas, c'est bête.

Allez-y, expliquez-moi.

- Alors, on recommence.

Dans le rouge, y a 3 catégories, venez.

Musique mélancolique

...

Vous repasserez

me dire si ça a plu.

- Si ça plaît pas...

- Ca, on en a parlé.

Les goûts et les couleurs...

Un Saint-Estèphe,

44 euros 90.

Voilà. Tenez.

Sonnette

- Coucou !

- T'es toute seule ?

- Oui, j'attends Claude dans le couloir si tu veux.

- Bah non. Non, entre. Euh...

Agnès se prépare.

Je pensais pas que les gens arriveraient si tôt.

- C'était 20 h ? - Oui.

- Tiens. - Ah...

Merci, fallait pas.

Mais les gens arrivent jamais à l'heure.

- Eh bah, moi, si.

- C'est bien. Ca fait plaisir.

Euh, du coup...

Je sais pas, tu préfères attendre sur le canapé ?

Je prépare l'apéritif. - Euh...

Non, je vais t'aider.

- Bah c'est parti.

*Musique jazz

*...

Claude m'a dit que t'écrivais un livre pour enfants ?

Ca doit être marrant, non ?

- Je dirais pas ça. C'est plutôt déprimant.

- Ah ouais ? - Mmh.

- Retire ton manteau, mets-toi à l'aise.

- Ah.

Non, tu vois,

j'avais fini, j'étais contente. - Ouais ?

- Ce matin, j'ai vu une éditrice.

Y a beaucoup de choses qui vont pas.

- C'est pas parce qu'elle dit qu'il est pas bien que c'est vrai.

- Non, je sais.

Mais elle a raison.

Elle a pas dit qu'il était pas bien.

- Ah non...

Tu sais si Claude arrive ? - Il est en chemin.

Faut être ingénieur pour dévisser un couvercle ?

- Fais voir.

Voilà. Je suis un génie ?

- Bah... Soit ça, soit je suis demeurée.

- T'es pas demeurée. C'est comme le sous-vide.

Faut faire rentrer de l'air. - Ah.

- C'est toi ?

- Salut. - Salut.

Claude est pas là ?

- Il est en chemin. - Ah !

- Mmh.

- Qu'est-ce qui fait que 2 personnes se réunissent ?

C'est une question de valeurs. - Mmh.

- Tu les partages avec quelqu'un et tu te rapproches.

- La 1re chose, tu vois quelqu'un, il te plaît.

- Vous avez pas l'impression

que ça se redessine à chaque fois ?

- Non... - C'est toujours nouveau.

Cacophonie

- Vouloir intellectualiser l'amour sert à rien.

L'amour, c'est chimique.

- Totalement. - C'est tout.

- C'est chimique ? - En fait,

2 personnes sont attirées l'une par l'autre

grâce à des atomes, comme des aimants.

C'est simple. C'est de la physique.

C'est pas un truc que tu peux intellectualiser.

- Si je te suis,

tu peux tomber amoureuse d'un clochard nazi ?

- Oh... Légers rires

Arrête... - Bah quoi ?

- Elle a dit qu'elle tomberait amoureuse d'un clochard nazi.

- Si c'est de la chimie.

- C'est pas si simple que ça.

- Pourtant, t'as dit : "C'est aussi simple que ça."

- Oh...

- Succulentes, ces lasagnes. - Succulentes.

- Avec la viande. - Claude, cherche pas.

Les meilleures lasagnes de la terre.

- Tu donneras la recette. - Ah, non.

Pas possible, c'est celle de ma grand-mère.

- C'est les meilleures recettes. - Ouais.

- Tu peux pas la donner car c'est celle de ta grand-mère ?

- Ouais.

C'est une recette familiale. - Je sais.

Y a un peu de cannelle ?

- Non !

- De la noix de muscade ? - Non !

Légers rires

- Vous avez une entreprise de sauce tomate ou un restaurant ?

- Non.

- C'est quoi la raison ?

Si vous aviez un restaurant,

je comprends que tu donnes pas la recette

car elle serait reprise

par des concurrents et vous perdriez des clients.

Mais là, si tu la donnes à la terre entière,

ça change quoi ?

- Ca change rien.

C'est une recette familiale, c'est un principe.

C'est mon droit, non ?

Raclement de gorge

- C'est un droit, mais c'est pas une obligation.

J'ai le droit de vote, je vote pas.

- Quand tu veux une recette,

t'as des arguments.

- Non, je veux juste comprendre pourquoi elle veut pas la donner.

- La mauvaise foi !

Evidemment que tu veux la recette.

Tu veux la faire à ton prochain dîner

pour qu'on te dise que c'est les meilleures.

- Voilà. - Honnêtement, non.

J'invite personne à dîner

et je les trouve pas spécialement bonnes.

Oui, c'est bon, comme la plupart des lasagnes

que j'ai mangées, mais j'ai rien noté de spécial.

- Tu rigoles ?

- Non.

- Pourquoi tu la fais chier avec sa recette ?

- Je veux comprendre son raisonnement.

- Mais...

Avant ça, t'as pas dit qu'elles étaient pas bonnes.

- J'allais pas dire que je les trouvais pas bonnes.

Je veux pas être désagréable.

Et je les trouve pas spécialement mauvaises, juste...

pas éligible aux commentaires, quoi.

- Je vous avais prévenus.

- Quand même...

- Quoi ?

- Tu veux pas être d'accord.

Un principe chez toi. C'est pas grave.

- Bah...

- T'en veux ?

- Ouais, un petit peu.

- Il est nouveau ce tableau ?

- Ouais, on l'adore. - Moi aussi.

Vraiment... J'adore.

- Il est beau. - Mmh.

- Mmh.

- Qu'est-ce qu'il y a ?

T'aimes pas le tableau non plus ?

Il est pas éligible aux commentaires ?

- Euh...

Si, euh...

Il est éligible aux commentaires.

Mais...

Effectivement, t'as raison, j'aime pas beaucoup.

- Ah non.

Tu peux pas juste dire ça.

Toi qu'adores argumenter, développe, on t'écoute.

- Non, je sais pas... - Non.

T'aimes pas, dis quelque chose, Collège de France.

Pourquoi t'aimes pas ce tableau ?

- Il est moche, quoi.

- Il est pas censé être beau. - Il est censé

être quoi ? - Je vais pas te faire

un cours d'histoire de l'art ce soir.

- Bah non, mais il est pas...

Tu l'aurais acheté s'il avait pas été cher ?

- C'est pas la question. - Non.

Mais j'ai le droit de la poser.

Tu l'aurais acheté s'il avait été...

à 40 euros ?

- Oui !

Je l'aurais acheté

parce que ça me plaît,

d'accord ?

Je l'aurais acheté à 40 euros ou s'il avait été

gratuit !

Me dis pas qu'on peut pas acheter quelque chose de gratuit.

- Vous seriez mieux si j'étais pas là, non ?

Je vous propose un truc. Euh...

Vous avez pas besoin de le dire.

Si vous pensez que vous seriez mieux si j'étais pas là,

euh...

baissez la tête.

Ce sera un peu gênant, mais pas tant.

Et je partirai simplement.

Comme un pansement.

Elle balbutie.

Non, reste.

Tu les trouves succulentes.

Pff...

- C'est parce que vous avez pas de tire-bouchon ?

- Oui, voilà.

Vous avez un tire-bouchon sur vous ?

- Ouais.

Tenez, cadeau.

- Merci.

Mon problème, c'est pas le tire-bouchon,

mais que personne comprend ce que je dis.

- Je comprends.

- J'ai personne à qui parler.

- Vous diriez quoi si vous aviez quelqu'un à qui parler ?

- Euh...

Je sais pas...

Je dirais...

Les gens sont prêts à dire n'importe quoi

pour éviter toute forme de désaccord.

- Les gens confondent désaccord et conflit.

- Ouais.

Vous, vous diriez quoi ?

- Vous trouvez pas que les gens disent trop de mots ?

- Si.

Beaucoup trop de mots.

- Beaucoup trop.

Des mots qui s'enchaînent, qui s'annulent.

On a pas le temps de les entendre. - Mmh.

Plus on connaît quelqu'un, plus on le trouve

faux et intolérable.

On a toujours l'impression que ceux qu'on rencontre

sont normaux comparés à ceux qu'on connaît.

Quand on les connaît vraiment, c'est la même histoire.

- Oui.

- Ca fait ça avec tout le monde ou y a des exceptions ?

- Je crois qu'il y a des exceptions.

- Vous l'avez constaté ?

- Non, mais j'y crois.

Et y a des gens qu'on met toute une vie à connaître.

- Mmh.

Ce soir, j'étais à un dîner et j'avais le sentiment

qu'y avait personne à connaître.

- Quand je me retrouve cerné par des gens avec qui

je me sens pas à l'aise,

j'essaie d'identifier la personne avec qui

je suis susceptible de créer un lien.

Je m'accroche à elle comme à un rocher.

J'ai déterminé qu'au sein d'un même milieu socioculturel,

une personne sur 6 était susceptible d'être ce rocher.

- Mmh.

Une personne sur 6, ça me paraît beaucoup.

On était 6 plus moi et...

- Ah, c'est jamais évident. Ca demande un certain effort.

Vous êtes sûre, y avait pas un rocher ce soir ?

- Je sais pas.

- Ca marche pas à tous les coups.

Léger rire

Long soupir

- Vous avez faim ?

- Ouais, mais je dois y aller.

- Alors moi aussi.

Je vous le rends. - Non, gardez-le.

- Ah, c'est gentil. Bah...

Je vous donne un truc en échange. Euh...

Voilà. Tenez.

Y a un taxi.

Taxi !

J'ai jamais hélé un taxi ! Je sais pas ce qui m'a pris !

Au revoir.

- C'est débile, ce truc !

- Ah !

"So much trouble" (Izia)

...

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