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Ce film a remporté le Lion d‘argent
au 18e Festival
d'art cinématogmphique de Venise
NUITS BLANCHES
Tu es arrivé.
Traverse le canal et tu es chez toi.
Prenons le tram, il dort debout.
On va voir s'il y en a encore.
À demain.
Merci encore.
Mais c'était un plaisir, n'est-ce pas, Maria ?
Bien sûr!
La prochaine belle journée, on y va et on te prévient.
Merci.
Attends qu'il s‘adapte.
Il saura bien quoi faire de ses jours de congé.
Dépêchez-vous !
Tu es là, toi ?
Tu as faim, hein ?
Viens ici.
Tu as trouvé quelque chose ?
Tiens, prends!
- Bonsoir. - Bonsoir.
Tu m'as fait peur!
Monte! Il y a dela place au milieu!
Viens !
Viens, beauté ! Bien serrée contre nous…
Laissez la demoiselle!
Qu'est-ce que tu veux ?
D'où il sort, ce crétin ?
Laisse-le, beauté, et viens avec nous!
Il en vaut pas la peine!
Vous allez voir! Elle est avec moi !
Raconte pas n'importe quoi !
Sale voyou ! Viens ici !
Vous vous défilez ? Quel courage!
- Qu'y a-t-il ? - Rien, rien.
Vous avez vu ?
Ça les amuse.
Si vous ne vous étiez pas sauvée tout à l‘heure,
ça ne vous serait pas arrivé.
Je ne vous connais pas. Laissez-moi.
Moi non plus ! Laissez-moi vous accompagner.
Ces vauriens vous ont ennuyée.
C'est un devoir, je crois.
Ne vous dérangez pas.
Je vais tout près.
- Vous êtes sûre ? - Merci, je ne préfère pas.
Vous me croyez comme eux ?
Oui, vous aussi, vous avez...
Non, peut-étre...
Vous avez pu le croire mais…
J'ai tout de suite entendu que vous pleuriez.
À fendre l'âme...
J'ai pensé…
Bon, je vais être sincère.
Je me suis approché parce que…
J'aurais aimé…
Mais je me suis aperçu que vous n'étiez pas…
Puis-je vous raccompagner, maintenant ?
Ayez confiance.
Je ne vous laisse pas ici.
Venez !
On dit souvent que pour un chagrin...
Vous n'y pensez pas, j'espère ?
Une demoiselle jeune et jolie comme vous...
Vous êtes étrangère, n'est-ce pas ?
D'où venez-vous ?
Alors, que faisons-nous ?
Que faites—vous ici ?
Pourquoi ces pleurs ?
J'habite à côté. La.
C'était pour ça ? Moi aussi, j'habite juste là,
maisje ne pleure pas.
Déjà minuit!
Quelle journée!
Aujourd'hui,
j'ai passé Iajoumée dehors.
J'ai passé Iajoumée avec mon chef et sa famille.
Ennuyeux mais gentils.
C'est la première fois depuis ma mutation
que je vois des gens.
Ça m'a fait plaisir.
Mais, avec eux, je n'ai rien dit.
Une fois seul, j'ai eu envie de parier,
d'être avec quelqu‘un.
J‘étais joyeux, voilà.
Je voulais que ça dure!
Et je vous ai vue.
Si vous voulez,
vous pouvez m'accompagner.
Allons boire quelque chose. Il y a bien un bar d'ouvert.
Il est trop tard.
Désolée d‘avoir gâché votre soirée.
Pas du tout, ça m'a fait plaisir.
Je n‘avais rien à faire.
Comme je vous l‘ai dit, je voulais être en compagnie.
J'ai eu dela chance.
Excusez-moi, je suis terriblement timide.
C'est-à-dire, avec les filles…
Je manque d‘habitude, je ne sais pas leur parler.
Celles que je connais...
Les femmes aiment bien les timides.
Moi aussi.
Ne me dites pas ça...
Sinon, je vais perdre ma timidité,
et les moyens de mon succès.
Quels moyens ?
Vous avez dit que les femmes aimaient la timidité.
Vous aussi, d‘ailleurs.
- Voilà, j‘y suis. - Comment ça, déjà ?
Je regrette...
- Vous devez vraiment partir ? - Oui.
Écoutez,
demain soir, je reviendrai là où nous nous sommes rencontrés.
On se verra peut-étre s'il ne se passe rien d‘ici là...
Je vous attendrai.
Écoutez,
demain soir, j‘y serai à dix heures.
D‘accord, à dix heures.
Ça commence bien !
Vous n‘allez pas au bureau ce matin ?
Vous savez l'heure qu'il est ?
Il est déjà plus de huit heures...
Regardez—moi cette chambre !
Voici votre café bouillant. Je viens de le faire.
Il est huit heures, debout! Allons, debout.
Regardez—moi ça.
Regardez—moi cette tête.
Je vous ai entendu rentrer.
Vous avez sifflé et même chanté
Et mes autres pensionnaires ?
Et le médecin qui va mal. J‘y vais.
Dépêchez-vous, un de ces jours, vous serez renvoyé !
Je perds mon temps, ici.
Oui, docteur, j'arrive !
On a téléphoné ce matin. Les analyses d'urine sont là.
Je crois qu'il n'y a rien, vous verrez.
J‘arrive, j‘arrive.
Allô, pension Aurora.
Mais non,
il n'y a pas de Maria, ici !
Ils n‘ont rien à faire! Maria, le ménage impeccable !
Sous le lit aussi. M. Mario, vous étes levé ?
Vous vous lavez ?
Vous êtes allé en montagne ?
Je comprends vos retards !
Maria, viens aérer cette chambre.
Je dois penser à tout dans cette maison !
Le téléphone maintenant! Allons, dépêche—toi !
Allô ? Pension Aurora!
Maître, comment allez-vous ?
Excusez-moi, il y a un client.
- S'il vous plaît. - Vous êtes encore là ?
- C‘est à repasser. - Impossible, je suis débordée.
Pour ce soir, j'en ai besoin.
- C‘est à payer en plus. - Bon, je paierai !
Je rentre et je me change. La chemise aussi.
N'oubliez pas de vous raser, ce soir!
- Oui, je me raserai. - Pas vous, maître !
Maria, viens prendre ce costume !
Allez vous coucher.
Que faites-vous dans le poulailler ?
Dehors !
Vous empêchez mes poules de pondre.
- Dehors ! - Je cherchais...
Qui cherchiez-vous dans le poulailler ?
Personne. J'ai rendez—vous.
- Avec quelqu'un d‘ici ? - Non, pas d'ici.
Et alors, partez. Je ne peux pas attendre.
Je dois fermer le portail.
Quelqu'un que je ne veux pas voir me suit sans cesse.
Merci.
Ne m'en veuillez pas.
Il n'y a aucune raison.
Si vous ne vouliez pas me voir, vous n'aviez qu'à me le dire!
Que croyez-vous ?
Ne vous fâchez pas. Hier, j'ai eu tort.
J'ai agi comme une enfant, j‘y ai bien réfléchi.
Vous avez sûrement dû penser
que je donne rendez—vous au premiervenu.
Pas vrai ?
Je n'ai rien pensé.
Bien sûr que vous l‘avez pensé, et vous avez bien fait.
La meilleure preuve du contraire était de vous éviter.
En allant au rendez—vous, à l'heure ?
Je devais y aller.
Mais vous ne vouliez pas de moi.
Excusez-moi. Bonne nuit.
Où serait le mal si vous restiez ?
Que dites-vous ?
Si nous faisions connaissance et devenions amis.
Ça alors !
Je n'y peux rien si on s‘est rencontrés par hasard,
si personne ne peut vous dire queje ne suis pas un vaurien !
Ça, je l‘ai compris.
Mais, avec ce rendez—vous, vous pourriez penser...
Vous m'avez donné rendez—vous ? Et alors ?
- Vous m'en voulez ? - Moi ? Pas du tout!
C‘est vrai, vous ne le pensez pas ?
Tout va bien, alors.
Nous pouvons nous parler.
Je m‘appelle Natalia.
Et maintenant, dites—moi tout.
Qui êtes-vous ? Que faites-vous ?
Racontez—moi votre histoire.
Et ce sera comme si nous avions toujours été amis.
Je n'ai pas d‘histoire.
Comment avez-vous vécu alors ?
Comme ça.
Vous avez bien une famille.
Au moins une petite famille, comme moi.
Je n'ai qu‘une grand-mère, presque aveugle.
Les autres se sont tous envolés.
D'abord, mon père.
C‘est si loin, je ne m'en souviens plus.
Puis, ce fut le tour de ma mère.
Elle s‘est envolée avec un autre homme.
Alors, de peur que je fasse des bêtises,
ma grand-mère, qui n'y voit rien,
prenait parfois une épingle
et accrochait mon jupon au sien.
Comment ? Quoi ?
C‘est vrai !
Mais comment ça ?
Vous n'y croyez pas ?
C‘est vrai ! Mais ne vous moquez pas d‘elle.
Je l'aime bien quand même.
Arrêtons de parler de moi. On devait parler de vous.
Qui êtes—vous, que faites—vous, comment vivez—vous, avec qui ?
Nous avons tout le temps.
Décidons d‘abord où aller.
Au cinéma, on ne peut pas parler.
Allons plutôt…
Vous n'avez pas compris.
Je dois y retourner.
J‘attends quelqu‘un.
Vous n'aviez pas compris.
C‘est pour ça qu'il ne fallait pas penser...
Mais si vous voulez rester avec moi…
Bien sûr, j'en serais ravi.
Parfait.
Me voilà.
Qui attendons-nous ?
Quand daignera arriver cette personne ?
Pas à une heure précise.
Bien ! Qu'elle ne se presse surtout pas!
On pourra se mouiller comme ça !
Non, il ne pleuvra pas. C‘est l'humidité.
C‘est toujours comme ça, la nuit. Hier aussi...
Je suis retournée là-bas, après votre départ.
On aurait dit qu'il allait pleuvoir.
Mais il n'a pas plu.
Votre grand-mère vous laisse sortir toute seule la nuit ?
Elle ne sait rien !
Tant mieux!
La pauvre !
Ça lui ferait de la peine si elle savait !
Et moi, alors!
J'en ai assez de pleurer pour les autres !
Je dois penser à moi aussi.
Peut-étre pour pleurer sur moi.
Vous croyez qu'il ne viendra pas ?
Écoutez, mademoiselle, je…
Je ne suis pas folle.
N‘ayez pas peur.
Je peux tout vous expliquer, si vous voulez.
Mon histoire est tellement banale.
Ma grand-mère est étrangère.
Vous voyez, nous…
Le riz était épouvantable, la viande immangeable.
Et l'addition !
Nous ne sommes pas d'ici.
Nous sommes d'origine slave.
Nous étions riches autrefois, mon grand-père vendait des tapis.
À sa mort, on s‘est mis à réparer les tapis.
Il n‘est pas resté grand-chose,
mais nous avons un tas de tapis!
Pas les nôtres, mais ceux que l‘on répare.
Un travail difficile.
On ne le fait que pour les plus beaux tapis.
Nous louons une chambre à l'étage au-dessus.
Un jour, un nouveau locataire a emménagé.
Il y en avait un autre ?
Bien sûr. Mais après son départ, il en vint un autre.
On a besoin d'un locataire pour vivre.
C‘est Giuliana qui l'avait amené,
une vieille ouvrière qui nous aide.
Maintenant, c‘est elle
qui habite là-haut.
Le locataire n‘était pas d'ici.
Il venait d‘ailleurs.
Entrez, monsieur.
Il n’avait pas parlé d'argent alors ma grand—mère l’avait accepté.
Lorsqu'il se présenta,
ma grand—mère, méfiante, me demanda :
Comment est—il, Natalia ?
Est-il jeune ?
Je répondis sans mentir.
Il n’est pas vraiment jeune,
mais pas vieux non plus.
Il est beau, aussi ?
Il ne manquait plus que ça !
Un beau locataire, en plus !
De mon temps, c‘était différent.
Qu'est-ce que tu fais ?
Dépêche—toi !
Va chercher le livre des comptes!
J’avais oublié l'épingle.
J'eus si honte, qu'en sortant,
je pleurai comme une idiote.
Depuis ce jour—là,
au moindre bruit dans l‘entrée,
je manquais de mourir.
Je pensais :
"C‘est lui !"
Un matin,
sûre qu'il n'était pas là,
avec le prétexte du ménage, je montai dans sa chambre.
Comment va votre grand—mère ?
Vous aimez mes livres ? Prenez—les donc.
Je les ai déjà tous lus.
Je lis pour m‘endormir, c‘est une habitude.
Prenez-les, ils sont amusants.
Prenez ceux—là aussi.
Surtout que vous avez du temps pour lire.
Comment pouvez-vous rester toute Iajoumée enfermée ?
Vous êtes une gentille fille.
Ne gâchez pas votre vie ainsi.
Ça paraît presque impossible qu‘aujourd'hui, une fille...
Vous n'allez jamais nulle part ?
Au cinéma, en promenade ?
Voulez-vous que nous sortions ensemble ?
Ce soir, par exemple ?
D'accord ? C'est oui ?
Vous ne voulez pas,
ou c‘est votre grand—mère qui vous l‘interdit ?
Si c‘est ça, passez-vous de permission.
Et nous sortirons, en cachette.
J'ai compris.
N‘en parlons plus.
Quand c‘est comme ça...
Mais, à votre place,
je réfléchirais...
Au début, ma grand—mère ne fut pas très contente pour les livres.
Méfiante comme elle l‘était,
elle voulut queje les lui lise
un par un à voix haute.
Des jours durant, je lus des histoires d'étrangleurs,
de policiers, d'espions internationaux.
Elle était captivée par ces récits
que je comprenais a peine,
tant j'étais prise dans mes pensées.
Comme tu lis mal, Natalia! Je ne comprends rien.
”Il serra le nœud coulant…" Et...
Alors ?
J‘étais fatiguée et nerveuse.
Lui, il ne sortait presque plus.
Je le voyais peu.
Je l'entendais tourner en rond au—dessus.
Jusqu'au jour où...
Qui est-ce ?
C'est moi.
- Voilà d'autres livres. - C'est très gentil.
Merci.
C'est quoi ?
Un tapis.
Écoutez…
Je voulais savoir ce que vous aviez décidé.
Décidé ?
Qu‘y a-t—il à décider ?
La demoiselle devait vous demander
si nous pouvions sortir…
Que dites-vous ?
Je souhaiterais vous inviter avec mademoiselle,
un soir, à l‘Opéra par exemple.
Giuliana aussi, bien sûr.
Quelle joie !
- On passe Le Barbier de Séville. - Quel plaisir!
Le Barbier de Séville !
J‘en suis folle!
Ce soir-là,
ma vie changea.
Nous ne parlémes pas.
Mais, pour moi,
ce fut comme si nous nous étions tout dit.
Qu'on s'aimerait toute la vie,
qu'on ne se quitterait jamais plus.
Pas même un jour.
Le lendemain, je sus que le locataire
donnait son congé.
Il partait.
Que pouvais—je faire ?
J‘étais folle de désespoir.
Je lui dis que je voulais fuir avec lui.
Que je voulais vivre avec lui.
Sans lui, la vie ne valait plus rien.
Essaie de me comprendre.
C'est parce que je t‘aime
que je m‘en vais.
Tu comprends ?
Je ne peux pas me marier maintenant.
J'ai eu de gros ennuis que je ne peux t‘expliquer.
C'est pourquoi je dois partir un an.
Mais je t‘aime.
Je t‘aime.
Je te le jure.
Nous avons marché longtemps.
Nous sommes arrivés ici.
Écoute-moi.
Je te l‘ai dit.
Je dois partir un an.
Je ne peux pas t‘obliger à m‘attendre.
Je ne veux pas que tu souffres à cause de moi.
Considère-toi comme libre.
À mon retour, dans un an,
si tu m‘aimes encore,
je te le jure,
nous serons heureux.
Dans un an,
je serai ici,
à t‘attendre.
À la même heure qu‘aujourd'hui.
Et toi, tu m‘aimeras encore.
Je serai à toi,
àtoi pourtoujours.
Le lendemain matin, il partit.
Et je suis là, à l‘attendre.
Mais c‘est une histoire absurde!
Je suis peut—être naïf…
mais pas à ce point.
Vous voudriez me faire croire...
Je ne veux rien du tout!
Je vous ai raconté mon histoire.
Une histoire quelconque, je sais.
Toutes les filles…
Toutes les filles quoi ?
Elles sont toutes folles ?
Qu'ai—je dit d‘aussi étrange ?
Depuis un an, vous attendez un homme
qui n‘a plus donné signe de vie.
Il est parti sur la lune ?
Quelle importance ?
Comment ça ?
Pourquoi ne s‘est-il plus manifesté ?
On peut écrire de partout, non ?
Nous avions décidé de ne pas nous écrire.
C'est vrai. Quelle belle décision !
Alors, vous ne savez pas où il est.
Vous savez au moins ce qu'il fait ?
C'est bien peu !
Il existe au moins ?
Partons d‘ici, vous allez prendre froid.
Je n‘ai aucune envie d'être malade.
Soyez raisonnable.
- Vous pensez que je suis folle! -Je ne pense rien du tout.
Vous ne comprenez pas que cet homme...
Je suis un homme et je vous dis qu'il ne reviendra pas.
C'est faux !
Surtout qu'il est revenu, dans cette ville.
Où est-il ?
Il est ici et je sais même où il habite.
Giuliana me l‘a dit.
Avec ça, ce n'est pas un goujat !
Il veut peut—étre savoir si je…
- Si je suis encore... - Ne recommencez pas.
Calmez-vous, je vous en prie.
Vous m‘en voulez ?
Je plaisantais.
Cette histoire est si éloignée de ma façon d'être, de penser.
Je voudrais pouvoir vous aider quand même.
J‘ignorais qu'il existait encore des filles comme vous.
C'est comme me demander de croire aux contes.
- Il pleut ! - Ça va passer.
Espérons—le.
Vous avez bien fait de lui dire votre amour.
Mais après…
Que devais—je faire ?
Le retenir!
Vous auriez dû partir avec lui ou accepter de renoncer à lui.
Même si on dit qu'on attendra... Je l'aurais dit aussi.
Sans le penser ? Je ne crois pas.
Vous vous noircissez.
Alors qu'en fait, vous étes bon, sincère.
Je suis très contente que nous soyons amis.
Moi aussi.
Conseillez-moi.
Moi ?
Que voulez-vous que je vous dise ?
Il faut le voir, lui parler.
Vous le feriez pour moi ?
Moi ? Je n‘ai rien à voir là-dedans.
Vous n'êtes pas obligée d‘y aller.
Vous pourriez lui écrire.
Non, c‘est impossible.
Ce serait m‘imposer, m‘accrocher...
Pourquoi ? Ça dépend du contenu.
Expliquez-vous au lieu de pleurer et d‘attendre !
Vous devriez fixer un rendez—vous précis, disant
que vous souhaitez seulement...
En fait, vous devriez faire le premier pas et voir si...
Que dois-je lui écrire, alors ?
C'est facile.
Très facile : ”Cher..."
”Monsieur."
Parfait. ”Cher monsieur."
Ou plutôt,
”Très cher monsieur."
Si vous voulez.
”Très cher monsieur,
"Excusez—moi de vous écrire
"Pardonnez-moi..." Vous vous vouvoyez ?
Oui, mais ne mettez pas "excusez—moi".
"Pardonnez mon impatience."
Vous avez raison, pas d‘excuse.
"Pardonnez mon impatience,
"mais cela fait maintenant un an…
"que j‘attends..."
Non : "J'ai vécu…
"J'ai vécu d'un fo! espoir."
Oui... aussi.
Vous êtes sûr que ça va ?
- Alors ? - Oui, très bien.
"Aujourd'hui,
"vous êtes de retour...
"Peut—étre avez-vous changé d‘avis
“en ce qui me concerne."
Il faut clarifier les choses et conclure.
Un rendez—vous précis.
Demain soir, au même endroit.
Si vous voulez.
Maintenant,
occupez-vous un peu de moi.
Vous ne me faites pas la cour ?
Vous avez un regard amoureux.
Après tout ce que je vous ai raconté,
vous ne pouvez pas m‘aimer.
Vous ne pourrezjamais, d‘ailleurs.
On ne se verra peut—être plus.
Même si nous ne sommes qu‘amis,
nous pourrions parler aussi de mes problèmes.
Vous en avez ?
Non !
Mais je pourrais.
Je l‘envoie ?
Oui, mais recopiez-Ia avant.
Écoutez ce qu'on va faire.
Demain soir vous me la donnez et je la remettrai moi—méme.
Vraiment ?
Un ami peut bien faire ça.
Tenez.
- C'est quoi ? - La lettre.
Comment ça, la lettre ? Vous l‘aviez déjà écrite ?
C'est la même que la vôtre.
Alors, vous l‘apporterez ?
Oui, soyez-en sûre.
S'il se passe quoi que ce soit, je vous le dirai.
Lors de notre première rencontre,
vous n‘imaginiez pas devoirjouer le grand frère.
Ça vous ennuie ?
Soyez gentil.
Bonne nuit.
Ne me raccompagnez pas.
Pourquoi ? Quand nous reverrons-nous ?
Demain.
Demain, je serai soit heureuse,
soit désespérée.
Quoi qu'il arrive, je ne pourrai pas vous plaire.
- Bonne nuit. - Attendez.
- Merci pour tout. - Attendez !
Quel sale temps!
Vous vous étes enrhumé ?
Une aspirine ?
Moi aussi, je me sens mal.
Vous devriez prendre un bain de pieds brûlant.
Je vous monte de l'eau.
Mais non, ça va. Ce n'est rien.
Vous voyez.
Et ça ? On le repasse pour ce soir ?
Je n‘en ai plus besoin.
- J'ai raison, ça ne va pas. - Ça va très bien.
Pose le café.
Mets l‘eau dans la bassine. Pose-Ia ici.
Après tout, repassez-le.
Ce soir, je veux m‘amuser.
Et les autres soirs ?
Je ne me souviens plus des autres soirs.
Emporte ces affaires. Nettoie-les, et bien !
Vous avez un de ces rhumes !
Et couvrez-vous bien !
Quelle douleur!
Il faut que ce soit brûlant!
Un peu de café vous fera du bien.
Les autres soirs...
J'ai dû rêver.
- Rêver ? - Oui, j'ai rêvé.
Buvez-Ie chaud !
- Il y a des gens bizarres. - Pour sûr!
Si j‘avais su…
Ne faites pas l‘enfant ! Ça vous fait du bien.
J'arrive ! Continuez votre bain.
Je vous rapporte de l'eau.
Qu'est-ce qu'in a ?
Que voulez-vous encore ? Je me sens mal!
Ça m‘est égal.
Je devrais avoir des remords ?
Des remords ?
Ce soir, je veux vraiment m‘amuser !
Tu parles de remords!
Achetez le couple de danseurs!
Arturo et Diomira.
Un jouet pour amuser vos enfants!
Dansez !
Un jouet permis par la loi!
Monsieur l‘agent peut en témoigner.
Debout ! Sautez !
Un… Deux... Trois!
Prenez-Ie pour vos enfants !
C'est si amusant !
Sinon, pourvotre femme!
Si vous n‘en avez pas, remerciez Dieu et achetez !
100 lires seulement.
Ça fait plaisir et toute la famille danse!
Achetez le papillon Celestina.
100 lires seulement, le papillon!
Achetez le couple de danseurs!
Ils connaissent toutes les danses modernes.
Un jouet permis par la loi! Monsieur l‘agent peut en témoigner.
Un jouet qui n‘offense pas la morale.
Debout ! Dansez !
Vous vous cachez.
Moi ? Non, pourquoi ?
Je vous ai vu tout à l'heure.
Moi, je suis ravie de vous rencontrer.
J'ai eu peur de vous voir toute Iajoumée.
J'ai eu peur que vous veniez chez moi
pour me dire que ça s‘était mal passé.
Vous êtes fâché ?
Ça ne va pas ?
Pourquoi ? Je ne vous avais pas vue.
Ne mentez pas.
J‘aime tellement cette rue.
Pas vous ?
Je l‘aime parce que…
Je ne sais pas.
- Où allez-vous ? - Moi ?
Par là.
Si vous voulez, je peux vous accompagner.
J'ai le temps.
Ma grand—mère m‘a envoyée faire une course.
C'est Giuliana qui la mettra au lit.
À la maison, le temps est si long.
Ce que j'ai dû faire pour qu'il passe, aujourd‘hui !
J'ai lavé toutes les vitres dela maison et quand...
Je suis désolé, je dois partir. J'ai un rendez—vous.
C'est pour ça !
Oui, je suis déjà en retard. Je dois m‘en aller.
Je ne veux pas vous retarder.
Je vous ai assez dérangé.
Vous avez apporté la lettre, ce matin ?
Savez-vous s'il était là ?
Je crois.
Je suis si heureuse.
Écoutez…
- Venez avec moi. - Où ?
Où vous voulez. Nous avons le temps.
Jusqu‘à dix heures.
Justement. Je le sais.
Et votre rendez—vous ?
J'irai plus tard… ou pas du tout.
Vous n‘irez pas au vôtre.
Oh, non ! Mais vous...
Écoutez-moi...
- Je dois vous dire quelque chose. - Non.
Ne me dites rien, s'il vous plaît.
C'est ce que je pense, pas vrai ?
Je ne dois pas me faire d‘illusions.
Non. Ce n'est pas exactement ça.
En un sens, peut—étre...
En fait, je me le suis déjà dit.
Mais je n‘ai pas pu me convaincre.
Mais ce soir…
je sens
que tout ira bien.
J‘en suis si sûre,
queje me suis faite belle!
Regardez, ça vous plaît ?
Il ne nous reste plus qu'à nous fier à votre instinct.
Peut—être que tout ira bien,
pas comme VOUS le pensez.
C'est le résultat qui compte.
Et alors... où allons-nous ?
Et votre rendez—vous ?
Tant pis !
Vous êtes si gentil, si sympathique...
Je vous...
Je vous aime beaucoup.
Presque autant que lui.
Ils dansent bien !
Vous dansez bien, aussi ?
Je danse.
Moi, non.
Avant, j‘y allais souvent.
Pas ici. On m‘a muté dans cette ville il y a 2 semaines.
Mais dans des endroits comme ici.
Votre grand—mère
vous attache avec une épingle.
Mes parents, c‘est le contraire.
Ouste ! Dehors!
Au collège…
Puis, chez les uns et les autres.
Ça faisait un poids de moins.
Le service militaire et ensuite, le travail.
Un an ici, un an là. On en connaît du monde!
On se connaît puis on se sépare.
Et on recommence!
Avant, c‘était ce que j‘aimais dans la vie.
Je vieiIIis et je n‘aime plus ça.
Je ne veux plus changer d‘amis.
Je ne vais plus dans ces endroits.
J‘aime vagabonder tout seul, penser, rêver.
Vous êtes aussi un rêveur, alors !
Vous savez ce que c'est...
L‘imagination bout comme de l‘eau dans une cafetière !
On finit par croire qu'in a quelque chose
de vivant, de tangible.
Même dans les rêves…
On oublie la vie, la réalité.
Cette réalité—ci.
On danse ?
- Je ne sais pas danser! - Ça ne fait rien.
Je ne sais pas danser, non plus!
Essayons quand même !
À notre tour, maintenant !
On dirait qu'on marche!
À présent, je peux dire
que j'ai été danser.
À présent, je peux dire que j'ai été heureux.
Gina, appelle papa, il est dix heures passées.
Laissez-moi.
Écoutez-moi, je dois vous parler.
Je dois absolument vous parler.
Je ne comprends pas… Ecoutez-moi, Natalia.
Je tiens à vous.
Je vous aime, Natalia!
Si vous restez, il ne viendra pas. Partez !
Mais il ne viendra plus!
Laissez les fantômes !
Ce qui compte, c‘est vous et moi.
Allez—vous-en !
Je ne veux pas qu'il vous voie.
Je ne l'ai pas trompé, ce n'est pas vrai !
Vous êtes folle, voilà tout!
Quel temps perdu à écouter vos bêtises !
Je me donnerais des claques!
Si elles ne sont pas délurées,
elles sont folies, folles à lier!
Ce mufle a eu raison.
Il s‘amuse tant qu'il veut et puis...
Mon joli…
Toujours pressé et toujours seul.
Laisse—moi !
Je ne vais paste manger.
Allez...
Si on t'a laissé seul,
tu peux rester avec moi.
Oui, bien sûr. C'est mieux.
C'est mieux avec toi qu‘avec...
Padons!
Allons-y, viens !
Tu es fou ! Doucement.
Où va-t—on ?
Où tu veux.
Par ici, alors.
Tu peux marcher moins vite ?
À cause de toi, j'ai abîmé mon talon.
Je vais te le faire payer.
Méchant !
Tu m‘es sympathique, mon joli !
Tu me plais vraiment!
Oui, mais où va-t—on ?
Je vais toujours là.
Attention, ça glisse ici.
Quoi ? On n'est pas bien là ?
Ce n'est pas ça.
Je n‘ai pas envie, excuse-moi.
-J'ai dit non! - Attends !
Viens ici ! Qu'est-ce quite prend ?
Arrête ! Je ne t‘ai rien fait !
Il profite de moi parce que je suis seule!
Arrête !
Reviens !
Viens là, je te dis!
- Qu'est-ce qui se passe ? - Rien.
Il a profité de moi… C'est un lâche!
Il devait venir avec moi, il ne veut plus!
Si elle crie, c‘est de ta faute.
Je ne lui ai rien fait!
Arrête de crier!
Laisse-Ie tranquille !
Qu'est-ce qu'il t'a fait ?
Ce n'est pas ma faute !
Ne reviens plus ici.
Ça se retourne toujours contre moi !
Vous aviez raison.
Il n'est pas venu.
Pardonnez-moi de vous avoir blessé
On ne peut pas dire
qu'on a passé une bonne soirée.
Vous n‘auriez jamais agi ainsi, pas vrai ?
Je dois vous avouer quelque chose.
J'ai jeté la lettre.
Vous avez entendu ?
Je ne l'ai pas apportée
parce que je vous aime.
Je vous aime depuis le premier instant.
Je ne pouvais pas.
Vous...
- Vous avez... - Oui.
Oui, je l'ai jetée.
Donc, rien n‘a changé
Vous êtes contente ?
Vous pouvez espérer encore. Lui écrire à nouveau.
Tout ira pour le mieux.
Pardonnez-moi...
Peut—étre me pardonnerez-vous, une fois heureuse ?
Quelle idée de me faire confiance!
Je vous l‘avais dit, pourtant.
Il ne faut jamais se fier à personne.
Surtout pas à un amoureux.
Réjouissez-vous.
Que puis-je faire ? Je suis coupable.
Je vous demande pardon, je vais réparer ça, d'accord ?
Je vous aime et je ne souhaite que votre bonheur.
Cette fois, j‘irai.
- J‘expliquerai... - Non.
Non ? Pourquoi ?
Qu'est-ce qui a changé entre demain et hier ?
Justement...
Rien ne changera entre hier et demain.
Le fait est qu'il n'est pas venu.
Je suis contente que vous ayez jeté
la lettre.
Vous m‘avez épargné
cette humiliation.
Non, je vous ai dit de ne pas vous fier au jugement
d'un homme amoureux.
Vous n'êtes qu‘une enfant!
Ce que j'ai dit ne compte pas.
Je pensais seulement à moi.
Je vous reprochais vos rêves
puis c‘est moi qui ai cru au mien.
J‘étais comme vous
quand vous l'avez rejoint avec votre valise.
Je l'ai aimé toute une année.
Je ne lui ai jamais été infidèle,
pas même en pensée.
Il a méprisé tout cela.
Que Dieu le protège!
Je veux l'oublier.
Je l‘aime toujours mais je sais que ça passera...
Je comprends maintenant combien il m‘atrompée.
Alors que vous...
Ça passera.
Ça doit passer.
Je suis un homme tellement quelconque, insignifiant.
Il ne s'agit pas de cela.
Je n‘arrive pas à dire ce que je voudrais.
C'est vrai,
j'ai pensé qu'en un sens, vous ne l‘aimiez plus.
J'aurais fait en sorte que…
J'aurais tout fait
pour que vous m‘aimiez.
Pourquoi je vous dis ça ?
Si unjour,
même lointain...
J‘aimerais bien.
Si, malgré tout cela, votre amour...
C'est ce que j‘essayais de vous dire.
Si vous pensez vraiment m‘aimer autant, alors...
Je vous jure que ma reconnaissance...
Tu n‘as pas que dela pitié pour moi ?
- Tu m‘aimes un peu ? - Je ne sais pas.
Mais, plus tard, peut—étre ?
Vous devez être patient,
laissez—moi du temps.
Bien sûr. Je ne demande pas mieux.
Si tu penses pouvoir, je t‘attendrai.
Je suis si heureux, Natalia.
Je suis sûr, je suis sûr, tu comprends ?
Viens, Natalia!
- Où vas-tu ? - Viens avec moi.
Lâche-moi, je tombe!
Monte sur la barque.
Allez, monte !
- Ce n'est pas la nôtre. - Quelle importance ?
Tu vas voir où je t‘emmène.
Tu as remarqué que tu m‘as tutoyé ?
- Ça te déplaît ? - Au contraire.
Où allons-nous ?
Je t‘emmène dans un endroit où un jour,
j'ai vu des amoureux. Alors, j'ai pensé :
quand j‘aurai une fiancée, on viendra ici, tout seuls.
Voilà, nous y sommes.
Tout seuls !
C'est parce que nous ne sommes pas fiancés.
Quand nous le serons, personne ne nous dérangera.
D‘accord, je ne t‘en parlerai plus.
Mais voilà, j'ai le devoir de te dire ça au moins.
Je suis pauvre, très pauvre.
J'ai un emploi.
Je pourrai trouver un meilleur emploi, mais…
Avec toi, ça ira sûrement.
Je voudrais que tu dormes...
Comme les héros des contes !
Les héros qui ne se réveillent que pour être heureux.
Ça t‘arrivera aussi.
Unjour,
tu te réveilleras et il fera beau.
Il y aura du soleil,
et tout sera neuf, différent, limpide.
Et ce quite semblait impossible
deviendra simple, normal.
Tu n‘y crois pas ?
J‘en suis sûr. Et bientôt!
Demain même !
Regarde, Natalia, le ciel...
Il est magnifique.
Mais que se passe—HI ?
Il neige !
Il neige !
Il n‘ya rien de plus beau!
Mais oui, crois—moi !
Je te le jure!
Je suis quelqu'un d‘autre !
C'est la confiance.
J'ai tout compris mais c‘est inexplicable.
Cette ville me semblait sombre, triste.
C'est de ma faute ! Tout est devenu si gai !
Il suffit de le vouloir.
Il suffit de le vouloir vraiment.
La fille que j‘aime devient ma femme...
Toute vêtue de blanc.
C‘est déjà fini !
- Dommage ! - Encore !
Toute la ville dort.
Ils ne savent rien.
Ils vont bientôt se réveiller,
ils ouvriront leurs fenêtres et diront...
Quelle belle journée!
Tu le diras aussi ?
Oui.
C'est vrai, Natalia ?
Viens.
Qu‘y a-t—il ?
Qui est—ce, Natalia ?
C'est lui!
C'est lui!
Il nous a trompés tous les deux. J'ai bien cru que toi et moi…
Que ferais—je pour toi, désormais !
Essaie de me pardonner.
Je te serai toujours reconnaissante.
Pars avec lui, tu ne dois pas avoir de remords.
J'ai eu tort de te faire douter.
Pars avec lui.
Sois bénie,
pour l‘instant de bonheur que tu m‘as donné.
Ce n'est pas rien,
même pour toute une vie.
Sous-Titrage TITRA FILM Paris
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