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Encore une journée qui passe.
Bientôt, la nuit va arriver.
Quand la nuit sera là, ça sentira l'arbre et la terre.
C'est à ce moment-là, que les images reviennent,
des images de ma vie d'avant, qui remontent sans prévenir.
Dans n'importe quel ordre.
Ca me met mal à l'aise.
J’étais pas heureux, quand j’étais en cage avec ceux de ma race.
J'avais déjà qu'un seul désir:
vivre avec les humains,
les voir, les sentir,
et essayer de comprendre
ces choses étonnantes qu'ils font parfois.
J'ai toujours pensé que j'avais beaucoup à apprendre des humains.
Ne mettez jamais une pièce de monnaie dans la bouche.
Et ne vous laissez pas embrasser par un chien,
sa langue lui sert de papier hygiénique.
J'ai tendu 4 pelouses, 3 bagnoles, intérieur-extérieur,
finition peau de chamois,
175 balles, que je me suis fait.
- Balèze, hein? - Oui.
Tu restes jusqu'à quelle heure, ce soir?
Ce soir, c'est difficile. J'ai un gazon à tondre.
- C'est forcé? - C'est pour un pote à mon père.
En plus, ça paie bien, et sa femme me refile un peu de monnaie.
Bats-moi.
Bats-moi.
Bats-moi!
Calme, Princesse.
Calme.
Charles! C'est prêt!
Voilà.
Mange lentement.
Bonsoir.
Bonsoir.
Excuse-moi, je suis en retard. J'avais une réunion.
- C'est toi, Marie? - Oui, papa.
Je t'ai pas attendue.
Excuse-moi. J'avais un conseil de classe.
- Je vous ressers? - Non, merci.
Au fait, je vous ai inscrite au concours de bridge, le 17.
Et je voulais vous demander aussi: pour ma conférence,
vous serez libre?
Vous ne trouvez pas ça exagéré, tout ce que vous faites?
Ces concours de bridge, les conférences, les réunions,
toutes ces occupations?
Pourquoi vous vous donnez tout ce mal?
A notre âge, si on se laisse aller, tout va si vite.
Regardez Françoise Gentilhomme, avec son caniche.
Il y a 2 ans, elle était encore très bien.
Elle venait aux réunions. Maintenant, elle a l'air de quoi?
Mais enfin, André, ça n'a rien à voir.
Vieillir, c'est une question de dignité.
Et la dignité, on l'a ou on ne l'a pas.
Parce qu'entre nous, Françoise Gentilhomme... Pff!
A quoi pensez-vous?
Aux étés de notre enfance.
Vous vous souvenez quand le goudron fondait
et qu'il fallait traverser
sur la pointe des pieds comme des sauterelles?
Aujourd'hui, le goudron ne fond plus.
Parce que les arbres ont poussé.
Les arbres...
J'y avais pas pensé.
- Bon anniversaire, maman. - Merci, Florence.
Joyeux anniversaire, belle-maman. Le cadeau.
Qu'est-ce que c'est?
Il s'appelle Baxter.
Allez, Baxter.
Dis bonjour à ta maîtresse.
Ah, non! Non! Pas par là, sale bête! Non!
Pas là-haut!
Reviens ici.
Oh!
Non!
Au début, je savais pas comment faire.
La vieille m'aimait pas. Elle avait peur de moi.
Je l'ai senti rien qu'à son odeur.
Pas mes affaires.
Pas mes affaires.
Allons, madame Deville,
on va pas se mettre dans un état pareil pour un chien.
Ce qui m'a fait de la peine, c'est qu'il fourre son nez...
J'ai trouvé ça...
dégoûtant.
- Dans quoi? - Dans... Là, partout.
Dans mes lingeries.
C'est pas bien méchant.
Pas bien méchant...
M'offrir un chien... Pff. Pour qui ils me prennent?
C'est votre fille qui vous l'a offert.
Appelez-la pour qu'elle le reprenne.
Florence? Me reprendre Baxter? Pff.
Vous savez comment elle est.
Oui, je sais, mais vous pouvez lui en parler.
Si je lui demande ça, elle va me dire des horreurs.
Je vous ai raconté ce qu'elle m'a dit, à Pâques?
Oui. Ca vous va très bien.
Ah, les cheveux.
Oui, oh... Je ne sais plus.
Les chats et les oiseaux n'ont pas besoin de la compagnie des hommes.
Rien ne les attache.
Surtout les oiseaux.
Ils m'ont toujours étonné, les oiseaux.
Peut-être qu'un jour, j'en tuerai un.
Les seuls moments où je suis heureux,
c'est quand elle me laisse sortir dans le jardin.
Mais ça dure pas longtemps.
Elle veut que je reste avec elle.
Baxter!
Là-haut, c'est défendu. Défendu! Compris?
Sinon, la cave!
Ah, non! Lâche-moi!
Non! Non!
Faut pas me toucher!
Non! Non! Veux-tu... Non!
Quand les gens ont peur, ça me met mal à l'aise.
Alors j'ai fait un effort,
et ça s'est arrangé.
Tu mords pas?
Je peux toucher?
Tu mords pas?
Gentil.
Gentil.
Ca s'est arrangé pour elle, mais pas pour moi.
Au fait, vous l'avez appelée, votre fille?
Pour quoi faire?
Pour votre histoire de chien.
Ah oui, c'est vrai.
Non, non. Je ne l'ai pas encore appelée.
Si ça vous contrarie, je peux le faire à votre place.
- Non, André. Je le ferai. - Vraiment?
- Parce que ça ne me gêne pas. - Mais non, je vous assure.
- Un carreau. - Oh, tiens.
Je peux en parler à Frémont, l'ancien horticulteur. Vous savez?
Son chien est mort.
Je me débrouillerai, André.
Je suis sûr que ça lui ferait plaisir.
Quel mal y a-t-il à avoir un chien?
Aucun. Je croyais que...
Si j'ai envie d'en avoir un, ça vous dérange?
- Mais je croyais que... - Occupez-vous de vos cartes.
C'est vrai, quoi. C'est agaçant, à la fin.
Pourquoi veut-on toujours s'occuper des affaires des gens?
J'ai plus envie de jouer.
Marguerite, ne vous énervez pas.
Je me mêle de vos affaires?
Je vous parle de votre fille, moi? Non. Alors?
J'en ai assez.
Laissez-moi.
S'il vous plaît, attendez.
Enfin, Marguerite, c'est exagéré. Qu'est-ce que j'ai dit?
Attendez-moi.
Ca, c'est un beau panier.
Sa main est sèche et elle sent rien.
Ou juste ce qu'elle a touché.
Et maintenant, elle veut toujours me tripoter.
Quand elle fait ça, elle prend une voix spéciale.
Une voix spéciale pour moi.
Je crois que je préférais quand elle avait peur.
Je sais pas ce qu'elle me veut. Elle me donne pas d'ordres.
Elle me demande rien, ou des choses sans intérêt.
Comme d’être là, près d'elle.
J'ai cru un moment que c'était pour me manger, qu'elle me gardait.
Je crois que ça pourrait encore arriver.
Parce que je sais maintenant qu'elle peut avaler n'importe quoi.
Mmm.
On va se régaler.
Et puis après, elle monte se coucher,
et elle s'enferme pour faire des choses...
que j'ai pas le droit de voir.
Pendant ce temps-là, moi, je vais à la fenêtre
et je pense aux odeurs du jardin.
Aujourd'hui, dans la rue, il s'est passé quelque chose.
Des gens que je connaissais pas sont arrivés.
Ils étaient jeunes et ils riaient.
Je vais foutre ça à la décharge.
Et si votre mari rentre tard le soir, par exemple,
vous préparez un plat, vous le mettez au frigidaire...
Excusez-moi.
Charles!
Viens dire bonjour.
Tu es tout dépeigné.
T'en as, une belle chemise.
- Comment on ferme ça? - En appuyant.
Bonjour, toi.
Papa va rentrer tard. On dînera de bonne heure.
Tous les après-midi, je me couche dans la chambre.
Je regarde la maison d'en face.
Je pense au couple.
J'essaie de penser à autre chose, mais je peux pas.
C'est plus fort que moi.
L'autre jour, la femme est entrée dans le jardin.
Son pied était nu,
et elle m'a touché la tête.
Elle sentait l'arbre.
Et derrière son odeur, il y avait...
autre chose encore plus fort
qui m'a rappelé certaines envies.
J'ai rarement connu un tel plaisir.
Alors plus tard, quand le silence sera retombé,
en concentrant toute mon attention, j'entendrai sa voix,
à elle.
J'imaginerai le bruit du tissu contre leur peau
quand ils se déshabillent, et les odeurs de leurs corps.
Et après, quand la lumière s'éteindra,
je guetterai les bruits qu'ils font dans le noir.
Et la vieille viendra me chercher. Ca peut plus durer.
Il faut qu'elle comprenne
que c'est dangereux, de rendre une créature malheureuse,
surtout si elle est plus forte que vous.
Baxter! Viens, mon grand.
Sonnerie de téléphone
Allô, oui?
Quittez pas. Je l'appelle.
Florence!
Florence, bordel!
Quittez pas.
Florence!
Pas la peine de gueuler. Je suis là. Qui c'est?
Ta mère. Elle s'est vautrée dans ses escaliers.
Je crois que c'est Baxter qui m'a sauvé la vie.
J'ignore ce qui m'est arrivé. Mon pied a glissé.
- S'il avait pas été là... - Oui, maman.
- Ca veut dire quoi? - Rien, maman.
Tu es insolente, parfois.
Il m'a rattrapée par le bas de mon peignoir.
A ça.
- Tu me crois, peut-être? - Oui, je te crois.
Et si on essayait de pas s'énerver,
juste une fois, pour voir?
C'est Florence.
Le dimanche de Pâques...
Mais oui, c'est moi.
C'est toujours moi, d'ailleurs.
- Je m'excuse. Je regrette. Voilà. - Merci.
- Ca te fait mal? - Un peu, oui.
Maintenant, on va essayer ça.
Je suis un peu fatiguée.
On partira pas tant que vous saurez pas vous en servir.
- Vous me serrez un peu fort. - Vous voulez que je vous lâche?
Non, non.
Au fait, il est où?
Pas si vite, Roger. Pas si vite.
Qui ça?
Baxter.
Il est où?
Il doit se cacher. Vous lui faites un peu peur.
Il y a intérêt.
Ah oui? Pourquoi?
C'est le seul rapport possible, avec un chien.
Ils ont besoin d'obéir à un mâle dominant,
sinon, ils savent plus où ils en sont.
Ca n'explique pas pourquoi il se cache.
Il se cache parce qu'il pense que je l'ai trahi.
Qu'est-ce que vous racontez là?
En vous le donnant, je l'ai trahi.
- Je vous serre pas trop? - Non, non.
Dans l'autre sens. Perdez pas une roue dans le virage.
Allez-y.
Eh ben, très bien.
J'espère que vous le gâtez pas trop.
Comment ça, "gâter"?
- En le traitant comme un humain. - Il y a pas de danger.
Tu ferais mieux de dormir ici, avec ta cheville.
On va t'arranger le canapé. Le mâle dominant va le déplier.
Dormir au rez-de-chaussée? Tu plaisantes, ma fille?
La vieille n'a pas compris mon avertissement.
Elle est trop faible.
Et pas intelligente.
La nuit, elle entend rien.
Ni le bruit des feuilles, ni les cris,
ni les oiseaux qui bougent en dormant.
Elle se croit en sécurité.
Elle a tort.
Plusieurs fois, pour l'aider, j'ai essayé de la prévenir.
Mais ça l'intéresse pas.
Aucune voix perçue
Alors, quand elle dort,
comme ça,
moi, je monte dans la chambre,
je vais à la fenêtre,
je regarde la maison d'en face
et j'attends qu'ils fassent leurs bruits dans le noir.
Le 28 avril 1945,
on n'était plus qu'à 300 m de la Chancellerie,
nous, l'avant-garde de l'Armée rouge.
On se battait au corps à corps dans Berlin.
On avançait maison par maison.
Le soir, ça flambait de partout. On aurait dit la fin du monde.
Quand notre groupe est entré dans les ruines
de la Chancellerie,
on a trouvé le bunker d'Hitler en dessous.
20 m sous terre, tout en acier et en béton,
indestructible.
C'est là qu'on a retrouvé
les cadavres d'Hitler et d'Eva Braun.
Bonjour, Jeanne.
Madame Péqueux.
Avez-vous vu Mme Deville?
Mme Deville? Ca fait un bon moment qu'on l'a pas vue.
- Depuis quand? - Oh...
Elle a annulé ses rendez-vous.
Ca remonte bien à 3 semaines, maintenant.
Merci.
- Je vous fais les mèches? - Oui, s'il vous plaît.
Regarde-moi ça. Mince.
Qu'est-ce qu'il me veut, à rôder comme ça?
J'ai plus eu le droit d'aller à la fenêtre regarder le couple.
Même plus le droit de sortir dans le jardin.
Je sais pas ce qu'elle a.
Elle regarde de plus en plus la lumière bleue.
Maintenant, elle parle aux ombres qui bougent dedans.
Elle laisse les choses en désordre.
Et puis maintenant, son odeur est plus forte.
Je préférais avant, quand elle sentait la peur.
Après, elle se lève et il faut que je la suive.
Encore.
Quand je veux pas, elle m'attache.
Maintenant, je sais ce qui se passe derrière la porte,
parce qu'elle la ferme plus.
Comment elle peut rester dans l'eau à remuer les mains sur son corps?
Personne la force!
Moi, je le supporterais pas. Je crois que je deviendrais fou.
On est bien, petit homme.
On va plus aller là-haut.
On va rester en bas.
Rien que nous deux.
J'ai raison, non?
Il sonne.
Vous êtes là, Marguerite?
Marguerite! C'est André!
Chut! Pas aboyer.
Répondez-moi!
Qu'est-ce que je vous ai fait?
- Gentil. - Répondez-moi.
Toujours à s'occuper des affaires des autres.
Est-ce qu'on s'occupe de ce que fait sa fille?
Elle peut se faire culbuter par qui elle veut.
Alors?
Pourquoi veux-tu qu'elle soit malade?
Elle n'ouvre pas. Tu trouves ça normal, toi?
- Elle veut rester seule. - Ca veut dire quoi?
Ca veut dire qu'elle est peut-être fatiguée.
Laisse-la tranquille.
Et si elle était malade? Si elle avait...
Je ne sais pas, moi.
Personne s'occupe de personne. Tout le monde peut crever.
J'ai jamais aimé ici.
Sonnerie de téléphone. Jamais aimé.
J'ai cru aimer Antoine.
Au début.
Un an, peut-être.
Ou deux. Puis il y a eu ma fille.
Après, j'ai plus supporté qu'il me touche.
Il me dégoûtait.
Alors, il est allé en voir d'autres.
Il y a même eu Françoise Gentilhomme, un moment.
Tu es encore bien, tu sais.
Beaucoup de femmes de 40 ans voudraient avoir un corps comme ça.
Regarde Florence, comme elle est devenue.
Et elle a pas 40 ans.
Allez, mon Baxter. Allez.
Il faudrait que je jette les fleurs,
que je range les placards.
Puis j'achèterai un O'Cedar.
Petit homme.
Tu sais ce que c'était, "le petit homme"?
C'est comme ça que j'appelais sa...
son...
enfin, ce qu'il avait entre les jambes.
Le petit homme.
Sonnerie de téléphone
Elle répond pas.
Tu vois bien. Elle est là et ça ne répond pas.
On est bien, là.
Allez. Allez, viens.
On va prendre le bain ensemble. Viens, mon chien.
Non! Reste là!
Baxter! N'aie pas peur, mon chien!
Mais, non! Voyons!
Baxter! Baxter!
Baxter!
Baxter! Reviens, Baxter.
Les images du passé sont revenues.
Quand le présent est intolérable,
on est bien obligé d'avoir des pensées contre-nature.
Viens, mon petit homme.
Viens.
Pardonne-moi.
Musique inquiétante
Je vais te faire à manger.
Un bon quatre heures, hein?
Si tu veux.
Si tu veux, je te laisserai sortir dans le jardin.
Tu me pardonnes, hein?
Marguerite!
Merde!
Marguerite, vous êtes là?
Attends. Arrête. Arrête, il y a un chien.
Un chien?
Non, arrête.
Arrête. Je t'ai dit qu'il y a un chien.
C'est le chien de la voisine.
Hé, faut pas se gêner.
Viens, le chien.
Viens. Allez, n'aie pas peur. Viens.
Ah! Non!
Non! Tu fais mal.
S'il vous plaît!
S'il vous plaît!
S'il vous plaît, jeune homme!
Jeune homme! Venez!
Mme Deville, elle a eu un accident.
Elle est tombée dans ses escaliers.
Elle...
Il semble vous aimer, le chien. Vous le voulez?
Vous voulez pas le garder en souvenir de...
- J'aime pas les chiens. - Ah bon?
Je croyais que votre mari en élevait.
Justement.
Vous le prenez?
Oui, pourquoi pas.
Baxter.
Allez.
La femme est presque tout le temps avec moi.
Elle adore me toucher.
Quand il fait chaud l'après-midi, on se couche,
et on écoute les insectes
et les oiseaux.
Des fois, j'attrape une créature et je la donne à la femme
pour qu'elle me comprenne mieux.
Et puis, de temps en temps, je pense encore à la vieille.
Mais je lui en veux presque plus.
Baxter.
Viens, le chien. Viens.
Viens.
Encore! Encore!
Bravo! Applaudissements
Et alors?
Ca t'a plu?
C'était génial.
- Tu veux ton cadeau? - C'était pas ça?
Non. C'était le cadeau de Baxter, ça.
Et le tien?
Ah...
Il est peut-être...
Non, il est pas là.
Il est pas là non plus.
Non, il est pas là. Non.
Attends. Je crois qu'il est là.
- Tu veux dire que t'es... - Oui.
Laisse-moi voir. On voit rien.
Il faut attendre 9 mois, pour voir quelque chose.
- T'es... - Ben, ouais.
- T'es content? - Ben, ouais. Vachement.
C'est pas un peu tôt?
Oh, non. Tu m'aimes?
Oui. Oui, oui.
Ben alors, c'est pas trop tôt.
Salut.
- Salut. - Salut.
Quelque chose est en train de changer.
C'est la femme, qui change.
Elle est moins attentive.
Elle me caresse moins.
Elle sent plus pareil.
C'est comme s'il y avait l'odeur de deux personnes.
Aspirateur
- Ca va? - Mais qu'est-ce qu'il cogne.
Il a vraiment l'air pressé de sortir.
Mets ta main. Tu vas sentir.
Tiens, mets-la.
C'est pas fragile.
- Là. Tu sens? - Non.
Là, tu dois sentir, non?
- Comme ça. - Si.
Je finis de m'habiller.
Ca serait bien, d'installer son lit
dans la lingerie. C'est exposé nord-sud.
En dormant la tête au nord, les ondes sont plus positives.
- Tu m'aimes? - Oui.
Ben, attends.
- Tu m'aimes, hein? - Oui.
Parfois, j'ai l'impression que l'homme est gêné
par la maladie de la femme.
Il y a des choses qu'ils font plus.
La nuit, quand ils sont dans le grand lit,
ils parlent un peu et ils s'endorment tout de suite.
Qu'est-ce que c'est?
Un bassin avec une fontaine.
Il y avait tellement de merdes dessus qu'on l'avait pas remarqué.
Qu'est-ce que t'en penses?
Bof.
Je me demande si je préférais pas avant.
L'homme est comme moi, il aime la terre.
Il soulève des odeurs d'en dessous les herbes,
des odeurs de pourriture ou des odeurs encore plus fortes.
J'aime bien ça.
La femme, elle, elle aime pas la terre.
Depuis qu'elle est malade,
elle se méfie de tout, elle reste dans la maison.
Moi, je vais de l'un à l'autre.
Avec la vieille, j'ignorais à quoi je servais.
Ici, je sers à aller de l'un à l'autre.
C'est bien.
Il faudrait pas que ça change.
J'ai été trahi.
Ca fait plusieurs jours, qu'ils m'enferment.
Ils me changent plus l'eau.
J'ai froid.
Ce matin, l'homme est venu me chercher.
Il voulait me montrer quelque chose.
J'ai jamais rien vu de plus faible et de moins intelligent.
C'était humide, sans dents.
Et presque sans poils.
J'ai pensé qu'ils avaient honte de me montrer ça,
qu'ils voulaient s'excuser.
Mais quand je les ai regardés, ils avaient l'air contents.
Tu vas le remettre dans le garage?
Oui.
Tu pourrais le laisser dans la maison.
Avec le bébé?
Baxter, tu seras sage? Tu seras pas jaloux?
Tu promets? Oui?
Tu vois, il a juré.
Turbine de surpression, parée.
Turbine de surpression, envoyez.
Ouverture des trappes, parée. Envoyez.
RAS. Fin de la procédure d'urgence.
Ce matin, j'ai eu une idée, quand j'étais couché dans l'herbe.
J'écoutais les bruits de la terre
et j'observais la créature.
Et puis, elle a fait quelque chose de nouveau.
Ca devenait intéressant, mais...
la femme est arrivée.
Tu vas faire plouf, autrement.
Regarde, bébé. Regarde qu'est-ce qu'il y a. Oh!
Baxter.
Baxter.
Oui. C'est bien, ça.
Bon chien.
Oh, il est gentil.
Un jour, c'est sûr, elle se fatiguera de le surveiller.
Alors je pousserai la créature chez les poissons.
Et puis, quand il sera trop tard, moi, j'appellerai au secours.
Ca va?
Qu'est-ce que tu as?
Rien.
Tu veux pas me dire?
Quand tu me vois pas, tu penses à moi?
Oui, bien sûr.
Tu penses à moi comment?
Je pense que je t'aime. C'est tout.
Et tu m'aimes comment? Sur la banquette?
Écoute.
Tu me crois, quand je te dis que je t'aime?
Mais c'est pas ça, l'amour.
C'est quelque chose... C'est bien plus grand.
C'est...
Puis c'est pas seulement...
C'est tout le temps.
Je sais pas, moi. C'est quelque chose de...
total.
Non?
A quoi bon s'obstiner, André?
Hein?
Qui s'occupe encore de savoir ce que vous pensez,
ce que vous ressentez?
Personne, André. Personne.
Même pas votre fille.
Laissez donc les jeunes
mener le monde comme ils l'entendent,
puisque c'est ce qu'ils veulent.
Qu'ils les vivent, leurs tragédies.
Leurs déceptions.
Nous, nous avons eu notre compte, n'est-ce pas?
Allez, André.
Laissez-vous aller.
Mais si.
Et posez votre tête sur mon épaule.
Laissez-vous glisser.
C'est si bon.
Vous verrez, c'est si bon.
Votre maîtresse ne viendra pas. Son papa est mort.
Alors c'est moi qui la remplace. Asseyez-vous.
Les élèves s'assoient.
Ca va? Ca s'est bien passé, à l'école?
Oui.
On se parle pas beaucoup.
Oui.
Tu veux pas qu'on discute un peu?
- Là? Maintenant? - Ben, oui.
J'ai des devoirs.
Ca serait bien, qu'on prenne un après-midi ensemble.
On ira où tu veux, tous les deux.
- Ca te plairait, ça? - Ouais. D'accord.
T'aimerais quoi, comme cadeau d'anniversaire?
Ben... Je sais pas encore.
- Penses-y. - D'accord. J'y réfléchirai.
"Eva Braun et le chien berger Blondi à Berchtesgaden."
Oui, mon bébé.
Tu vas être gentil avec maman.
Sur la couverture. Là.
- Tu vas travailler? - Oui. Je suis en retard.
- Qu'est-ce que tu vas faire? - Bof. Des contrats.
- C'est bon? - Attends.
- Je veux voir ton visage. - Qu'est-ce que t'as?
Rien.
Tu veux pas me dire?
Hein?
J'ai rien.
Bon. J'y vais.
Qu'est-ce qu'il y a?
Avant, quand il commençait à faire beau,
tu téléphonais au bureau pour dire que tu pouvais pas travailler.
Pourquoi tu veux que je téléphone?
T'es pas malade?
Occupe-toi de moi.
Baise-moi.
Baise-moi.
Baise-moi.
Baise-moi.
T'entends?
Merde!
La femme hurle.
Le bébé tousse.
C'est fini! C'est fini!
Le bébé pleure.
J'ai appelé trop tôt.
Je sais que l'homme et la femme ne m'ont pas vu.
Mais maintenant, plus rien ne sera pareil.
Le couple m'a déçu.
Il sent la peur comme la vieille.
Je me demande si je trouverai un humain qui me ressemble,
qui ne connaisse ni l'amour ni la peur.
- Bonjour. - Bonjour.
- Entrez. - On vient pour...
Oui, pour le chien.
Il est au garage. Il vient de manger.
Entrez, entrez.
- C'est quelle race? - Un bull-terrier.
C'est pas trop difficile?
Non. C'est même affectueux.
Un bon gardien.
Si ça ne tenait qu'à moi, je l'aurais gardé.
C'est ma femme. Depuis l'accident, elle va pas bien.
Mais asseyez-vous.
Le carnet de vaccination est toujours au nom de Mme Deville.
J'ai pas eu le temps de le changer.
C'est sa fille, qui nous l'avait donné.
C'est un peu le fouillis, ici. Il faudrait que je range tout ça.
C'est toi qui vas t'en occuper?
C'est son cadeau d'anniversaire.
J'espère que tu seras gentil avec lui.
Il faut le nourrir bien
et que tu le fasses courir souvent.
Ca m’embête, de m'en séparer.
Si le chien n'avait pas été là, le bébé serait...
- Il faut que tu sois gentil avec lui. - Jean! C'est qui?
Excusez-moi.
C'est les gens pour le chien!
Le carnet est peut-être dans la cuisine.
Il s'appelle comment?
Allez, Baxter!
Allez! Plus vite!
Allez, Baxter!
Allez!
Baxter! Au pied!
Baxter!
Au pied!
Oui! C'est bien! Bravo!
Allez, vas-y. Plus vite! Plus vite!
Oui! Vas-y! Allez, saute! Saute!
Oui! Oui! C'est bien!
Allez, au pied.
L'enfant n'est pas comme les autres.
Il m'a appris toutes sortes de bruits.
Quand il se lèvera, je devrai pas bouger
avant que sa bouche fasse le bruit qui m'appelle.
C'est comme si je sentais la chaîne se resserrer autour de mon cou.
J'ai mal, et j'obéis.
Mais il y a quelque chose d'autre.
Ca me donne du...
du plaisir. Oui.
Un plaisir plus fort que tout ce que j'ai connu.
Il commande, j'obéis.
J'ai plus de pensées contre-nature. C'est bien.
Allez! Allez!
Oui! Attaque!
Oui! Attaque! Oui!
Oui! Attaque!
Oui! C'est bien! Continue!
Vas-y! Attaque!
Il y a quelqu'un, là?
- Je peux m'asseoir? - Oui.
Je veux pas m'asseoir sur un cartable.
Parfois, l'enfant me surprend.
Il est allé dans la maison de la vieille
et il a voulu me forcer à rentrer.
Qu'est-ce que t'as?
Allez, avance.
Mais qu'est-ce que t'as?
Mais allez!
Bon. Attends là.
Pas bouger, quand même. Pas bouger!
Saloperie.
Tu vas te tirer de là!
Enfoiré de merde.
Mais c'est qu'il me boufferait, ce con-là!
Arrêtez! Arrêtez!
Il est à toi?
Oui, c'est mon chien.
Un chien comme ça, on le laisse pas cavaler.
- Il a rien fait. - Il allait.
Je vais pas attendre qu'il saute ma chienne.
Allez, viens.
Ca devrait être interdit, ces clébards-là.
En Amérique, il y a des lois contre ça.
Rappelle-le!
J'y vais. Reste dans la voiture avec Princesse.
Je veux pas qu'il lui arrive des bricoles.
Salut.
- C'est ton père? - Oui.
Il cherche quoi?
Oh, des trucs.
- Tu viens souvent ici? - Oui.
Enfin, de temps en temps. Le chien aime bien.
Ah ouais?
Qu'est-ce que t'as?
Il est bizarre.
Je pense que c'est Princesse, qui l'attire.
Qu'est-ce qu'elle a de spécial?
Ben, elle est en chaleur.
Les chiens sentent ça à des kilomètres, et alors,
ils obéissent plus et ils font ce qu'ils veulent.
Ah.
Tu sais à qui tu ressembles?
- De profil, tu veux dire? - Non.
Tu penses à qui?
A Eva Braun.
- C'est qui? - La maîtresse d'Hitler.
Très drôle.
Mais non, c'est vrai.
Tiens.
Elle fait vieille, dis donc.
Non, c'est la photo. Tout le monde la trouvait belle.
Qu'est-ce qu'elle faisait avec lui?
Ils s'aimaient.
Ils se sont mariés juste avant la chute de Berlin.
- Et après? - Ils se sont suicidés
- une heure plus tard. - C'est gai.
Si c'était pas Hitler, tout le monde aurait apprécié.
Tu la trouvais vraiment bien, cette fille?
Oui.
Tiens ton chien, le revoilà.
Qu'est-ce que t'as trouvé?
Je promène la chienne, le soir. Peut-être que je passerai par là.
OK.
Allez, viens!
C'est toi, chéri?
T'aimerais bien
te la faire, la petite épagneule.
C'est facile, pour vous.
Papa est là,
tu devrais aller lui dire bonjour.
J'ai fait des croque-monsieur, ça te fait plaisir?
- C'est quoi, ce bordel? - T'aurais pu frapper.
Qu'est-ce que t'as fait dans la baignoire?
T'as vidangé le camion?
J'ai teint mon pantalon bleu en noir.
Tu peux pas baisser ton bousin?
- Qu'est-ce que tu fais? - Je sors.
Et ta crasse, tu la nettoies pas?
Après.
Tu vas où?
Je te cause. Où tu vas?
Promener la chienne.
Tu te peinturlures pour elle? Elle doit être contente.
Où tu vas encore traîner tes fesses?
T'es sapée comme une pute. Où t'as trouvé ça?
Dans le placard.
Ne touche pas aux affaires de ta mère.
Elles sont autant à toi qu'à moi.
Ca suffit. Tu te débarbouilles et tu restes là.
J'en ai marre! Arrête!
- Quoi? - T'as pas le droit.
Ah oui, j'ai pas le droit?
J'en ai marre de toi! T'es tout le temps bourré!
Marre!
Allez! Allez, viens!
Pas bouger! Tu restes là.
Elle était à ma mère, la chienne.
Et puis quand ma mère est partie,
elle l'a laissée à la maison.
Il doit pas y avoir trop de place, chez elle.
Et mon père l'aurait pas laissée partir.
Il est dingue de sa chienne.
D'ailleurs, il est dingue tout court.
Quand je pourrai, j'irai avec ma mère.
Ah oui?
- Ils sont chiants, tes parents? - Non.
T'as déjà amené des filles, ici?
Ben, non.
Eva Braun allait dans le bunker?
Oui, à la fin, avec Blondi.
Ca t'intéresse vraiment?
Ben oui. C'est qui, Blondi?
Leur chienne. Elle a fait 4 chiots.
Ils sont nés dans le bunker.
- Il aimait les chiens, Hitler? - Surtout les chiots.
Il en avait toujours un avec lui. Il le caressait.
- Et ça s'est passé comment? - Quoi?
Ben, le suicide.
Allez, dis.
Avec du cyanure.
- Des pilules? - Oui.
Et les chiens?
C'est un officier qui leur avait donné le cyanure,
mais Hitler n'était pas sûr à 100 %.
Il a commencé, pour essayer, à en donner à Blondi.
- Et ça a marché? - Oui.
Il l'a regardée mourir et il a fait tuer les chiots.
- C'est dégueulasse. - Oui.
Et quand Eva, Blondi et lui ont été morts,
on les a brûlés
et on a mélangé leurs cendres toutes ensemble.
Baxter, tais-toi.
Laisse-le sortir.
Et ta chienne?
Ca me regarde.
Arrête! Qu'est-ce que tu fais?
Je lui ouvre.
T'as peur?
Les chiens couinent.
Si mon père apprend ça, il me tue.
J'aurais dû tuer la chienne.
Tout était dégoûtant, chez elle.
Son odeur, son poil.
Tout me dégoûtait.
Pourtant, je sais que si j'étais avec elle en ce moment,
je pourrais pas m’empêcher de le refaire.
J'ai honte.
Est-ce que c'est pareil pour les humains?
L'enfant, lui, il connaît pas ça.
Il est fort.
Qu'est-ce qu'il va penser de moi?
Il aura plus jamais de respect pour moi. C'est pas bien.
Il faut qu'il comprenne que je suis fort.
Beaucoup plus fort que lui.
Casse-toi! Casse-toi!
"Eva Braun dans son jardin."
Baxter, ta gueule!
Baxter! Baxter!
Baxter, arrête!
Tu as fait quoi, aujourd'hui?
Maintenant, l'enfant m'appartient vraiment.
Ses caresses sont devenues prudentes.
Il sait que je pourrais lui faire comme à la créature.
Il connaît ma nature.
Maintenant, il me respecte.
C'est bien.
Bien, le chien. Bien.
Bien.
Je peux m'asseoir?
Salut, Eva.
- Il y a un problème? - Quoi?
Dis à Baxter qu'il est papa.
Avec la chienne?
Oui. Ca fait drôlement chier mon père.
Dis, les petits,
ils ressemblent à qui? A Baxter?
Euh...
On sait pas encore.
- Tu veux les voir? - J'aimerais bien.
Ils sentent pareil que moi.
Ils sont faibles et étourdis.
Ils ont les défauts de toutes les jeunes créatures.
Quand la fille les pose au sol, ils tombent, et ça les fait rire.
Comme s'ils pouvaient marcher.
Quand l'enfant les a pris dans sa main,
j'ai grogné.
Je sais pas pourquoi.
- Baxter sait qu'ils sont à lui? - Oui, mais il s'en fout.
Comment tu sais ce qu'il pense?
Je le comprends.
Tu vas en faire quoi?
Je sais pas. Mon père veut s'en débarrasser.
Et la chienne est plus bonne pour la chasse.
Je peux les garder?
Ben...
Quoi? Ca t’embête?
Tu vas pas les tuer, hein?
Pourquoi tu me demandes ça?
Hitler les zigouillait tous.
T'as qu'à les reprendre, si tu veux.
T'as pas confiance?
Si, si.
Garde-les. Excuse-moi.
Baiser
Tu m'excuses?
Oui.
T'as peur?
Non.
T'aimes ça?
Je sais pas.
- T'es sûr que t'as pas peur? - Non. C'est toi, qui as peur.
Dis-moi ce que je dois faire. Je veux bien le faire.
Dis-moi ce que c'est.
Je veux que tu la fermes.
C'est de son âge. Tous les enfants jouent à la guerre.
Je sais pas.
Quand il rentre, il s'enferme. Pas un mot, rien.
Je le comprends pas.
Il a des problèmes d'enfant de 13 ans.
C'est normal, qu'il s'intéresse à ça?
Je sais pas.
Il a des côtés positifs.
Il travaille bien à l'école.
Il nous a jamais posé de problèmes.
C'est vrai.
Tu voudrais pas lui parler?
Lui parler de quoi?
De ça. Lui expliquer.
Être directif avec lui, ça peut le contrarier.
Tu verras, ça lui passera.
- Tu crois? - Mais oui.
Nous aussi, on s'est pas beaucoup parlé,
ces derniers temps.
Tu travailles beaucoup.
Oui.
Je sais, mais je me suis arrangé. Ca va aller.
Je te reproche rien.
Je sais que tu me reproches rien,
mais je te le dis. C'est tout.
- Qu'est-ce que tu fais là? - Je ramasse des bouteilles.
- Je dois déjà en avoir pour 20 F. - C'est bien.
- Ca va, toi? - Ca va.
Dis donc, qu'est-ce que c'est que ce truc-là?
T'as qu'à regarder.
Qu'est-ce qu'il y a, là-dedans?
Rends-moi l'échelle! Charles!
- Attaque! - Charles, arrête!
- Mais t'es con! - Attaque!
Il va me bouffer!
Attaque!
Attaque!
Attaque!
Vas-y! Tue-le!
Tue-le, Baxter!
L'enfant s'est trompé sur moi.
Quand j'ai tué, j'avais des raisons de le faire.
J'ai tué quand ma situation était intolérable
ou quand j'étais menacé.
Je tuerai pas pour rien.
Maintenant, il faut que je me méfie de lui.
Il change, et je comprends pas pourquoi.
Baxter gémit.
Pendant 3 jours, l'enfant m'a laissé dans le noir,
sans manger,
sans boire.
Les pensées contre-nature sont revenues. C'est pas bien.
Et le souvenir des petites créatures qui sentaient pareil que moi.
C'est pour ça, que je suis parti.
Dans la terre mêlée à leur odeur, il y avait celle de l'enfant.
J'ai tout de suite su qu'il les avait tués.
Baxter!
Vous avez une sauce...
- Baxter! Où il est! - Je ne sais pas. Au garage.
Non, pas au garage!
Calme-toi. Vous avez ce modèle moyen...
- Où il est! - Je ne sais pas.
Où tu vas? Charles!
Alors, quand le soleil disparaîtra,
l'enfant viendra me chercher.
Baxter!
Viens, mon chien! Viens!
Baxter!
Moi, je serai là. Je l'attendrai.
Il doit mourir.
Réponds-moi.
Ca fait rien.
Tu veux que je te cherche, hein?
Très amusant.
Mais je te chercherai pas.
Pourquoi? Parce que je sais où t'es.
Crève!
Tiens!
Attrape ça!
Baxter gémit.
Tiens! Pour toi, connard!
Et puis ça encore!
Non!
Baxter, non!
Quelqu'un entre.
C'est toi, Charles?
Charles?
Charles!
Tiens. C'est pour toi.
Tu sais où est Charles? Il est pas rentré.
Il doit pas être loin.
Je suis pas tranquille.
A ce moment-là, il a fait le bruit qu'il m'avait appris.
Baxter, au pied!
Baxter, au pied!
Il a crié,
j'ai obéi.
C'était plus fort que moi.
Je pouvais rien faire contre ça.
N'obéissez jamais.
Arrête.
Arrête.
Arrête.
Baxter.
Il a voulu me tuer.
Il a voulu me tuer.
C'est rien.
C'est fini, maintenant.
Pleure pas.
Pleure pas.
Je suis là.
C'est papa. C'est fini, maintenant.
On rentre à la maison.
Hein?
On rentre à la maison.
La douleur a cessé,
et je ne sens plus l'air froid autour de mon corps.
Pourtant, je sais que le vent est encore fort,
car il m'amène les sons et les odeurs de la ville.
Les sons me parviennent assourdis.
Bientôt tombera la première neige
et il y aura un moment,
à l'instant où les gens se réveilleront,
où le silence sera absolu.
Ils seront mal à l'aise.
Ils penseront au silence de la mort.
Peut-être penseront-ils aussi à moi.
Certains, sans doute.
L'enfant, sûrement.
J'entends leurs cris et leurs rires,
mais bientôt, la rue retombera dans le silence.
A ce moment-là, moi, je resterai à la fenêtre
et je guetterai les lumières de la maison.
En concentrant toute mon attention,
j'entendrai les bruits qu'ils font et j'imaginerai des choses.
Que se passerait-il si mes parents avaient un accident?
Si leur maison se mettait à brûler?
Le jeune couple m'aimerait.
J'en suis sûr.
Ils voient de l'amour partout.
Ils en ont vu chez Baxter, ils en trouveront chez moi.
Sous-titrage: Eclair Media
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