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- J'ai foncé pour rien ? - Je l'ignore. Par ici.
C'est très grave
Bonsoir, professeur
C'est un miracle qu'il soit vivant.
Il fallait l'envoyer en réanimation, on est mal équipé ici.
- Une parente? - Peut-être sa femme.
- Désolé d'avoir gâché la soirée - Loin de là !
C' était emmerdant au possible.
Je cherchais un prétexte pour filer.
On attend les dernières radios.
- Ça va mal, hein? - Je t'ai appelé par scrupule.
- D'une façon générale ? - Il est en état de choc.
- L'autorisation ? - Je t'attendais.
- Emmenez-le. - Vous êtes sa femme ?
Il me faut une autorisation pour opérer.
Celle d'un parent.
Il n'a pas de famille.
J' en prends la responsabilité.
Bon, mais je ne peux pas vous cacher...
... que son état est... disons...
Très grave.
Excusez ma brutalité, mais autant opérer.
Il aura une chance.
D'accord.
Il dit toujours ça, mais c'est un vrai magicien.
Viens, Giovanna.
En vous levant, vous ne guérirez jamais.
Guérir de quoi?
On voit mieux la fracture ici.
Mais qu'est-ce que tu fais?
Je change la fiole.
Il a besoin de sang, pas d'eau ! Allez, dépêche-toi !
Et où je trouve du sang ?
J' en sais rien, moi. Prends-en aux religieuses.
Notre Père...
Examinons le fond de l'œil.
- Qui est-ce ? - Un certain Benedetto Parisi.
Il est tombé ou il s'est jeté ?
Je n'en sais rien.
La lumière !
Hypertension endocrânienne...
- Donc, hémorragie possible. - Et même certaine. Ne traînons pas.
Benedetto !
- Il supportera une anesthésie ? - On peut essayer, mais c'est risqué.
- Ta tante t'appelle. - Qu'elle m'appelle...
Bon, on fera une anesthésie locale...
Le pouls?
— Très faible. - La respiration?
Respire, respire.
- Respire. Dis 33. - 33.
Seringue analgésique et fraise
Il saigne, aspirez.
Aspire !
- Où tu vas ? - À la rivière !
- Moi aussi ! - On va se baigner !
On va jouer au château ?
Tampon,
Attendez-moi !
Sous le pont de Malacca, Nini fait caca !
C'est un caca dur et le docteur le mesure,
Il arrive à 33... un, deux, trois !
Ben, dis donc !
- Les mieux portent des bas. - Ah, bon ?
C'est ce qu'on dit.
- Y en a une sans culotte. - Laquelle ?
Ça la démange !
Vauriens ! Vous n'avez pas honte ?
Qui c'est?
Ils regardaient nos fesses. Ce voyou de Benedetto !
Le pauvre, il est orphelin !
Comment veux-tu que sa roulure de tante l'élève ?
Je ne te supporte plus, j' en ai assez !
Je t'envoie à l' orphelinat, tu sais.
Regarde tes chaussures
et dans quel état tu es !
Tout couvert de boue !
- Où tu es allé? -Au catéchisme.
C' était à 14h ! Il est 20h30 !
- Jouer.
Qu'est-ce que c'est ?
Je mets de la Javel.
Tu es complètement malade !
Qu'est-ce que j'ai fait pour mériter ça ?
Si tu te cassais la jambe, tu te calmerais !
Je croyais que la communion t'assagirait.
Mais non ! C'est de pire en pire.
C'est quoi, être sage ? Moi j'ai l'impression de l'être.
Menteur ! Tu n'en dors pas la nuit !
Voyou de jour et peureux de nuit !
C'est faux ! Je suis réveillé par des bruits.
C'est le remords qui te rongent.
C'est faux !
Où vas-tu ?
Changer l'eau.
Change plutôt de pieds, vu leur saleté.
Forcément ! Sans Javel !
La Javel, lave-toi la conscience avec !
Quoi ?
On a commis un péché mortel.
On a commis un péché mortel !
On peut savoir ce qui te prend ?
C'est de ta faute, tu m'as entraîné
-où ? -À forniquer..
Je sais même pas ce que ça veut dire.
C'est le péché mortel de regarder les fesses des femmes.
T'as rien compris, imbécile !
Un péché mortel, c'est quand on meurt.
Tripoter l'électricité est un péché mortel.
Fais comme tu veux.
J'ai promis à saint Joseph de ne plus te calculer. Allez, salut.
Il s'en fiche, saint Joseph.
Moi, je m'en fiche. Alors, lui...
Tantine !
Quoi ? Dors !
J'ai soif !
Tu as surtout la pétoche !
Prie Saint Antoine, ça va t'endormir.
Lui aussi, il me fait peur !
Blasphème pas et dors !
Sinon, le diable t' emportera avec tes chaussures.
L'extrême-onction se fait
avec de l'huile d'olive bénie le Jeudi saint.
Le prêtre oint les cinq sens du mourant
en répétant...
"Par la sainte onction, que le Seigneur pardonne
tous les péchés que tu as commis par la vue, l'ouïe,
le toucher et le goût."
Il manque le nez !
On a pas oint le nez.
- Le nez, non. - Pourquoi ?
Parce que. Assieds-toi.
Parce qu'on peut pas pécher par le nez.
Grand-père prise du tabac.
- Le mien aussi. - C'est un péché?
Et les odeurs ?
Les pets, c'est un péché. Ça vient des fesses.
Don Quiri !
Un peu de patience !
C'est le fouet qu'il faudrait.
-Don Quiri, c'est l'heure! - Descends.
Les enfants, le grand jour approche.
Il faut vous préparer à recevoir le Seigneur.
Mais vous ne serez pas seuls.
Quelqu'un va vous aider à être plus sages.
Il vous servira d'exemple
et vous ne serez jamais livrés à vous-mêmes.
De qui s'agit-il ?
Allez, quoi ! C'est facile !
C'est l'ami du ciel !
Le saint qui deviendra votre inséparable compagnon.
Tenez, un chacun. Choisissez.
- Saint Paul ! - Saint Laurent !
Il y en a un pour chacun.
Moi, saint Roch !
- Non, il est pour moi. - Saint Tarcisio !
Attention à mes salades !
Mieux vaut Pascal ou Louis?
- Ils sont tous bien. -J'aime pas Pascal.
On échange ?
Ça va pas ? Saint Louis vaut plus.
Celui avec le porc j'en veut pas.
Saint Antoine au cochon ?
C'est un grand saint ! File.
Benedetto ! Et toi ?
On peut s'arranger seul?
Dans ton cas, l'ami du ciel est indispensable.
Je veux celui avec l' épée.. Qui c'est?
- Saint George est déjà pris. - Il est pour moi !
- Qui il reste ? - Des saints, il y en a plein.
Saint Eusèbe fut brûlé par les Turcs.
Un symbole d'obéissance et de foi, tout ce qui te manque.
- Qui a Saint Eusèbe ? - Moi.
Il en a besoin plus que toi. A toi je vais te donner...
- Sainte Rita ! - Il se tape sainte Rita!
- Ça vous fait rire? - C'est une fille!
À l'attaque !
Il s'est rendu ! On le brûle !
- Ça va pas ? - Et après, je te fais fusiller.
Brûlons-le !
On dirait saint Eusèbe.
Si les Turcs l'ont fait brûler, on le fait aussi.
- Tu vas le faire ? - Il le brûle pour de vrai !
La paille prend feu !
Venez, je m'en occupe !
Où on va ?
Tirons-nous !
Poussons tous ensemble !
Au feu ! Au feu !
Sur le chariot !
Allez, les pompiers !
Sortez les tuyaux !
Prêts ? Partez !
J' ai pas envie de faire pipi.
Ça y est !
- Vauriens ! - Faut déguerpir !
Sauve-toi !
Attendez-moi, lâches ! J'ai pas fini !
Qu'il apporte une pelle !
Si j'en attrape un, ça ira mal !
Vite, avant que le chariot brûle !
Que les ennemis de ce foyer crèvent avant d'entrer.
Tantine !
Dors !
Tantine !
Retourne te coucher ! Gare à toi si je me lève !
-Allume. - Un instant!
- Qu'est-ce que tu fais ? J' allume !
Je ne peux même plus être tranquille dans ma chambre ? Qu'est ce que tu veux ?
- Je peux dormir avec toi ? - Hein ?
- Y a trop de bruits ! - Sûrement un chat.
Retourne au lit et récite une prière.
Je peux le faire ici ?
D'accord, mais fait vite.
Dépèche.
Ici aussi alors !
Quoi ?
T'entends pas ?
- Tantine ! - Qu'est-ce qu'il y a ?
- L'armoire ! - Quoi ? Allez, tantine est là !
- Un homme ! - Je ne vois rien !
La peur te fait cet effet-là ? Calme-toi, y'a personne.
Va savoir ce que tu as rêvé.
- Où tu vas ? J'ai peur ! - Regarde.
J' ouvre grand l'armoire. Il n'y a personne.
J' ai peur !
Tu vois bien qu'il n'y a personne.
il est parti ?
- Qui ? - Le barbu.
Le barbu?
Tu n'aurais pas un peu de fièvre ?
Je l'ai vu, un grand roux avec une barbe !
- Un roux barbu ? - Giovanni !
Non, mais ça va pas ?
On aurait dit Giovanni.
Je vais finir par faire bénir la maison contre le mauvais œil.
Bois, ça fera passer la peur.
- Qui ça pouvait être? - Giovanni.
C'est une idée fixe !
Ah, je crois comprendre... Tu l'as vraiment vu ?
Un roux barbu ? C'est ton ami du ciel !
- Saint Eusèbe ? - C'est ça !
Qui est venu te convaincre qu'il te protège.
-Pourquoi tu l'as pas vu ? - C'est ton ami à toi.
- Faut même pas le dire au curé. - Pourquoi?
C'est entre toi et Saint-Eusèbe !
Si tu te vantes, c'est un péché d'orgueil.
C'est grave ! Saint Eusèbe t'abandonnerait.
-Jure de rien dire. - C' est juré !
Allez, dormons.
- Où tu vas? - Dans mon lit.
Cette nuit tu peux dormir ici.
Pourquoi on dort pas toujours ensemble?
Il sert à quoi, ce grand lit ?
Il sert à des clopinettes !
Tu ne changeras jamais !
Ca se fait pas, cochon !
C'est le diable qui te pousse.
Tantine !
Pourquoi j'aime les diableries ?
Je suis possédé ?
Allez, tu es en retard à l'école !
Je m'en vais !
"Tu me l'apporterais." C'est pas comme ça.
SAINT EUSÈBE,
SI APRÈS LA COMMUNION IL ME FALLAIT UN BALLON...
"Tu me l'apporterais ?"
Qui est là?
Gros dégoûtant, t'as pas honte?
-Je voulais pas ! -Voyou !
Avec la communion demain ! Tu dois te confesser.
- Qu'est-ce que tu diras au curé ? -Je voulais pas.
Tu diras quoi?
J'ai vu ma tante toute nue !
On va voir s'il t'absout ! On va voir !
Au suivant !
- C'est à toi. - Vas-y.
Nazzareno !
- Quoi ? -Alors ?
- Il a dit quoi ? - Je t'emmerde !
Qu'est-ce que tu m'as fait dire ! Faut que j'y retourne.
Tu t'es confessé ?Viens.
Vous avez fait pénitence?
Venez.
- Vas-y.
Tu t'es confessé ?
- Oui. - Tu as fait pénitence?
Oui.
Tu peux partir, mais tâche de rester pur.
Et n'oublie pas de jeûner. Même une goutte d'eau est sacrilège.
Tu es qui, toi?
Nazzareno.
Encore ?!
Qu'est-ce que tu as ?
Qu'est-ce qui t'arrive ?
- Regarde en l'air. -Je m'étrangle!
- Avale. - Je m'étrangle!
- Regarde en l'air, ça passera. - Je m' étrangle !
- Où tu vas ? - Donnez-lui de l'eau.
Le pauvre, c'est l'émotion !
Je vais voir.
Benedetto, vient ici !
C'est rien !
Reviens tout de suite!
- Où tu vas? -Viens ici !
Ne m'oblige pas à me fâcher!
- Le voilà ! - Reviens, tu vas te salir!
- Où il va? - Il est intenable!
- Reviens ! - Ce gamin gâche tout!
Reviens !
Monseigneur est venu pour toi !
Je t'en prie, Benedetto ! Pense aux gâteaux !
- Sainte Vierge ! - Il est tombé !
- Mon petit ! - Mon Dieu !
Mon petit !
Ne le touchez pas !
Pourquoi ? Pourquoi ?
- Appelez un médecin! -J'y vais !
Il faut une civière.
- Du calme. Partez, les enfants. - Pourquoi ?
- Alors, tu n'as rien? - C'est saint Eusèbe!
C'est saint Eusèbe qui l'a rattrapé !
Remercions saint Eusèbe !
Quand le soleil s'est couché
Et que la nuit devient noire
sans étoiles et sans lune
Le ciel s'illumine
Le démon tapi dans la gorge de l'enfant
obstruait le passage de Jésus
Pas touche, c'est pas sec. Et sucez pas, c'est du poison.
Et le communiant, bouleversé,
fut saisi de l'envie folle de s'enfuir
sur les hauteurs d'un mur
Et le tonnerre fait peur
Dans la campagne comme au village
Saint Eusèbe est auprès de moi.
Saint Eusèbe protecteur
tu est mon plus grand amour
Vive, vive saint Eusèbe
Protecteur de mon cœur
Quand il pleut et qu'il vente
Ou que le soleil tape fort
Tout au sommet du couvent
Tu tiens ouverte une grande ombrelle
Vive saint Eusèbe
Tu es l' ombrelle de mon âme
Vive saint Eusèbe
tu es l'ombrelle de mon cœur
Exauce mon vœu, Benedetto ! Pour mon mari !
- Laissez-le passer ! - Benedetto !
- Laissez-le passer !
Arrêtez, il n'a rien à voir !
Exauce nos vœux !
Vos vœux, demandez-les directement au saint !
Le pauvre petit tomba !
Mais la main vigilante de notre saint patron
le rattrapa aussitôt et le déposa
après un vol aussi inoffensif qu'une feuille qui tombe !
Pourquoi c'est justement lui qui est un miraculé ? Un chenapan pareil !
Un chenapan pour toi.
Mais les saints voient plus clair !
On regarde mal. Le saint, lui, scrute le cœur.
Alors, à lui de veiller sur le petit.
Vive saint Eusèbe
Qui possède mon cœur
Le jour du Jugement dernier
Quand je serai en face de toi
Alors, oublie mes péchés
et pardonne ton serviteur
Saint Eusèbe justicier
je ne voue qu'à toi
Vive, vive saint Eusèbe
je ne voue qu'à toi
Ce n'est pas l'heure des visites.
Mon gendre se fait opérer.
Vous avez vu ma fille? Grande, les yeux clairs?
Au premier étage.
Seigneur, exauce les vœux d'une pauvre mère.
Benedetto est plus mort que vif.
Ce n'est rien pour Toi, Seigneur.
Tends la main et rappelle-le auprès de toi.
Tenez, vous serez plus à l'aise.
Merci...
Ta mère est là.
Avocat, il ne fallait pas vous déranger.
Madame, que ne ferais-je pour Giovanna !
Mon cher maître, c'était une fin annoncée.
Que d'années gâchées ! Regardez !
On dirait une vieille.
"L'amour", dit-elle...
De l'amour? Sans la bénédiction de Dieu ?
Maman !
On ne bafoue pas en vain les Lois du Seigneur !
Je ne demandais qu'une chose.
Que ma fille ne connaisse pas la honte
que j'ai dû supporter toute ma vie!
Est-ce trop demander ?
- Je n'ai pas été exaucée. - Maman !
Par pitié !
Par pitié !
Comment va-t-il ?
Qu'est-ce qu'on lui fait?
Ils font tout leur possible.
Maître, si vous aimez encore Giovanna,
restez auprès d'elle.
Après un grand chagrin, on a besoin d'un ami.
- Si ça ne tenait qu'à moi ! - Pourquoi ?
Quelque chose vous en empêche?
Non, mais...
Cette fois, le Seigneur doit m'exaucer.
Ce n'est pas pour moi que je prie.
Mais pour ma fille.
Certes, Giovanna méritait mieux, une femme si sensible...
Lui... ce n'est pas un aigle !
Maître,
Vous vous trompez.
Il n'est pas bête, mais mauvais !
Il ne m'a jamais embobinée.
Il abîme tout ce qu'il touche. Il déteste tout le monde.
C'est un vrai poison !
Points en soie.
Salut!
Après, tu viens jouer avec nous ?
Non, j'ai du travail.
Un, deux, trois quatre...
Droite, gauche... gauche, droite...
Allongez-vous.
Bicyclette !
Pédaler !
On pédale en souplesse!
Jésus fit asseoir la foule sur l’herbe
et leva les yeux vers le ciel.
Et Notre Seigneur, avec 5000 pains et 3000 poissons,
rassasie cinq personnes.
- Ils n'ont pas éclaté ? - C'est ça, le miracle !
- Qu'est-ce qui bout? - La rhubarbe.
Bon sang de bonsoir! Qui vous a dit de faire ça ?
Avant la menthe et le pin?
Elle cuit à feu doux
pour prendre du goût.
Vous croyez faire un ragoût ?
Frère Colosimo l'a dit même sur son lit de mort !
"Benedetto, la rhubarbe en dernier ! "
Et il a rendu l'âme, hélas.
Égouttez-la et mettez-la dans un torchon.
Je veux me confesser.
Tu ne l'as pas fait ce matin?
- À 6h. Il est midi! - Que peut-il être arrivé ?
Ce soir. Je n'ai pas mon étole.
Je vais la prendre.
On y va ?
Je dois faire tremper l'herbe ou tu t'énerves.
On fait les deux en même temps.
Tu te confesses ici ?
J' ai rien à cacher!
Qui me confesse?
- Bon, on y va. - Oui.
Évangile selon Matthieu.
- Le Repas à Béthanie. - Encore ?
Fait vite.
-Vous voyez la colonie? - Oui.
Il y avait des petits garçons qui jouaient à saute mouton,
mais sans la tape.
Quel est ce jeu ?
C'est celui où...
Mais vraiment, vous ne connaissez pas ?
Alors, il faut sauter et...
Si vous étiez moins vieux je vous montrerai...
Vieux, moi ?
Venez, on se comprendra plus vite.
C'est trop bien.
On met les mains sur les genoux, comme ça
Baissez la tète.
Ils faisaient ça... hop !
Aïe !
Attendez, je vous montre.
Penchez-vous.
Normalement, on tape sur le derrière
et on saute. Vous voyez ?
- Sans tape, c'est bête.
Ils ont commencé à se disputer
alors je m'en suis mêlé pour leur apprendre.
Et du coup, je me suis mis à jouer avec eux.
Le péché dans tout ça ?
C'est que j'ai joué aussi avec les filles.
Quelles filles ?
Y a aussi des filles, c'est mixte.
Quel âge ont-elles ?
Elles doivent avoir...
7 ou 8 ans...
La confession, c'est sérieux.
La monitrice a 24 ou 25 ans !
Alors ?
- J'ai joue avec elle. - À saute-mouton.
J' ai tapé son derrière.
Comme c'est l'usage.
Continue. Et après?
C'est tout.
- Où vous allez ? - Manger !
Et la pénitence ?
Il n'y en a pas.
Il n'en existe pas d'aussi petite que tes péchés.
Non, attendez !
Je suis ici depuis des années sans me décider.
Je me moquais bien de saute-mouton !
Vous n'avez pas compris.
Frère Gesui, je...
Je voulais seulement taper son derrière.
- Pourquoi je fais ça ? - Parce qu'elle a un beau derrière.
Tu fais tout pour que j'en arrive là !
Et ça aussi, ça veut dire quelque chose.
Il arrive !
Il est là !
- Zio Checco arrive ! - Zio Checco ?
- C'est Zio Checco ! - Bonjour !
Vous avez les torchons ?
- Et les draps ? - Vous les avez ?
Vous avez tout ?
Venez, Zio Checco est là !
Laissez-le passer!
Zio Checco est là ?
Déjà ? Il est venu à Noël.
Bonjour !
- Bienvenue ! - Quel plaisir de vous voir !
Ouvrez les cartons, on veut voir !
Doucement, procédons dans l'ordre.
On croirait que c'est le père Noël.
Ah, les jeunes !
- Tout le monde sera servi. - Rien oublié ?
- Les draps ! - Les vôtres sont là.
Ceux-là sont pour un grand lit.
On ne sait jamais !
Un peu de retenue !
Il a de ces blagues !
Vous avez une roue de secours ?
- La roue... - Évidemment !
- Une seule ? - Ça suffit, non ?
- Les médicaments ? - J'ai tout apporté !
- Si vous crevez deux fois ? - Parle pas de malheur !
- Draps et torchons.
- Ils sont de couleur ! - Et alors ?
- Pour essuyer la vaisselle ! - Faut voir le prix.
Zio Checco !
Il fait combien à l'heure ?
À la semaine, oui ! Il roule par miracle.
Tiens.
Je vous donne les bougies et les mèches.
Je m'en occupe,sinon vous ferez tout tomber.
La prochaine fois,
apportez-m'en sept ou huit kilos.
Du linge fin ! C'est pour qui ?
C'est pas pour vous, mais pour un hôtel.
Il y a même le chiffre. "E H", Eden Hôtel !
On dira que c'est "Ecce Homo" !
Un peu de retenue !
On se calme ! Vous êtes pires que des gosses.
On se fait moine pour rester gamin ou on reste gamin parce qu'on est moine ?
- Torchons ? - 24.
- Draps ? - 12.
Mais vous soutenez que non.
- Allez, Zio Checco doit partir.
- À la prochaine, Don Giusé ! -Je bouge pas d'ici.
-Vous me poussez ? - Oui, oui !
- Pousse-toi. - Allez !
Il a disparu.
Non, il est retourné dans le monde.
Vous y êtes allé, vous ?
Bien sûr. Sinon, comment j' aurais décidé de le quitter ?
- Pour choisir entre deux choses il faut connaître l'une et l'autre.
- Tu n'as pas envie de le voir ? - Non ! Je suis bien ici.
Si tu travaillais avec Zio Checco, tu conduirais pour de vrai.
Tu avalerais des kilomètres. Villages, villes...
Tu connaîtrais de nouvelles personnes...
Tu pourrais apprendre un métier, gagner de l'argent...
...rencontrer une femme...
Ta femme.
Vous voulez me faire peur ?
Il a apporté de la mort aux rats ?
Je lui ai défendu, frère Melchiorre goûte tout.
Il nous apportera un chat.
Pourvu qu’il ne le mange pas !
On va dormir comme il faut.
Écoute, Benedetto.
- Je veux t'aider. - Parlez.
C'est le moment de prendre une décision, non ?
- Non, je veux rien décider...
Je sais, tu attends un signe.
Depuis quinze ans !
Si tu avais la vocation...
- Seigneur ! Et ça ? - Quoi ?
C'est saint Eusèbe.
C'est moi qui l'ai fait.
C'est pas facile d'en trouver.
Des St François, yen a plein. Mais St Eusèbe !
- Bon, c'est pas un chef-d’œuvre. - Non.
Je comprends que tu le caches. De nuit, il ferait peur.
Pas du tout !
Au contraire, le soir il me tient compagnie.
Il me protège et je dors tranquille.
Tu dormiras tout seul. Il dégage.
De l'air !
Pourquoi ?
C'est de la superstition, une idole de sauvages !
Encore qu'ils les fassent mieux.
C'est ça, le vrai péché que tu ne confesses jamais.
Je suis un cas à part !
Saint Eusèbe m'a sauvé !
J' y suis habitué.
Si vous me l'enlevez... je ferai quoi, moi ?
Tu verras tout seul.
Le signe, tu le chercheras en toi.
Si le Seigneur t'appelle, Il te trouvera.
Et tu l' entendras.
- Avec Zio Checco ? - Où est Dieu ?
- Dieu? -Je sais pas.
Et alors, pourquoi tu l'attends ici ?
Je vous embête ou quoi ? Je gagne mon pain !
Benedetto !
S'il ne part pas, c'est toi qui pars.
Désolé, mais j'y suis pour rien.
Mais si vous permettez...
vu qu' une fois vous êtes venu pour moi...
vous auriez pu revenir une deuxième fois.
Ou envoyer quelqu'un.
"Benedetto, compte plus sur moi." Et j' y pensais plus.
Qu'est-ce que vous êtes lourd, Sant Eusèbe !
Attention la tète.
Voilà !
ça, on l'enlève, il est vide.
C'est pas si mal ici.
Je viendrai pour mettre le vin en bouteilles.
Je ferme ?
Attention, un bourdon !
Matteo, arrête de faire peur aux filles !
- Remets ton chapeau - J'ai chaud
Remets-le tout de suite, j'ai dit.
J' ai un travail fantastique!
Je vais faire le tour du monde en camion !
C'est bien ! Bonne chance !
Au revoir !
Mademoiselle, elles sont où, les mûres?
Près du lac.
On a fait un collier avec des mûres.
Regardez-vous ! Lavez-vous la bouche.
- Comment? - Avec l'eau, voyons !
Viens, on va leur montrer.
Ben, dis donc!
— Les mieux portent des bas, — Ah, bon?
C'est ce qu'on dit,
- Y en a une sans culotte, - Laquelle ?
La troisième...
-J'ai faim ! - On va manger.
- Je me lave tout seul. - Fais vite.
- J'ai perdu mon serre-tête !
Tant pis pour toi.
Il était en écaille !
- Bon, cherchez-le ! - Moi aussi !
Et après, on goûte.
Je l'ai trouvé !
Un serpent !
Un serpent !
Reculez !
Carlito !
Éloignez-vous !
N'approchez pas !
Recule !
- Une vipère. - Elle m'a mordue !
La monitrice a été mordue.
Il faut ouvrir tout de suite!
Il faut sucer ! Sucer !
Il faut sucer !
Aidez-moi !
Benedetto !
- C'est son panier ! - Il ne doit pas être loin.
- Il est là ! Je l'ai trouvé !
Qu'est-ce qui t'est arrivé ?
Réponds !
Le signe...
J' ai eu le signe, mes frères.
- Il est brûlant. - Il a la fièvre.
Le signe...
Portons-le au couvent.
tu as vaincu le mal du monde !
Ô bonheur!
Ça me démange!
Rosinella, la meunière,
Elle est mariée à Giosuè !
On croyait qu'elle était seule, mais pas du tout !
Ça me gratte, ça me démange, ça gratte drôlement!
C'est l'amour, ma belle, ça ne fait pas mal !
Reste en chemise, les mains sur les tétons !
C'est l'amour, ma belle, ça ne fait pas mal !
- Ça vient de l'atelier. - Il s'est levé ?
Avec la fièvre ?
Un peu de lumière, on y voit rien.
... la découvrit des fesses jusqu'au nez !
Sebastiano, le vacher qui était aux pâturages,
Ouvre !
Il s'est enfermé !
Rosinella, avec ce vent, veut protéger ses poumons !
- Il délire. - Il est saoul, oui !
D'un seul coup,
l'homme baissa son pantalon,”
Ça me gratte !
Que fais-tu, mon fils?
Saint Eusèbe, te voilà enfin !
Tu m'as envoyé un signe, j'ai fait mon choix.
J'ai résisté.
Le serpent m'a pas eu, moi !
Je lui ai écrabouillé la tête !
"Vade retro" et crève !
Il m'a mis devant une femme nue.
Tenter quelqu'un avec une femme nue !
Pour qui tu me prends ? Dégage !
La tentation, c'est un ver dans le cerveau.
Saint Eusèbe, sauf ton respect, le diable est aussi un salaud !
Dégagez, les femmes, Zio Checco et son camion !
Elle était là, toute nue. Douce et blanche.
Belle !
Me faites pas partir !
Je suis bien ici, je suis à l'abri !
Le monde est plein de femmes !
Même habillées, en dessous elles sont toutes nues.
Elles sont toutes nues !
Prions, mes frères !
Prions !
Car la tentation est forte !
Ça me gratte !
Ça me démange
Prions, mes frères.
Prions.
Il faut le détacher de nous, l'envoyer dans le monde.
C'est ce que j'ai toujours pense, mais je ne sais plus.
Il faut qu'il parte.
Dieu est paix, sérénité. Pas souffrance.
Approchez approchez !
Lots bloqués à la frontière
et vendus avec l'autorisation des douanes
Ça lui va bien.
C'est combien le bonnet ?
Le bonnet ?
Vous voulez rire !
Un article interdit aux moins de 18 ans sur la tête d'une créature innocente !
- C'est une culotte ! - Une culotte ?
Et on le met où, le cul ?
C'est ça, la grande invention parisienne !
Indéformable, s'adapte à tout type de postérieur !
S'adapte aux fesse comme un gant.
Même si vous êtes plate du derrière comme si Saint Joseph le charpentier était passé dessus,
cette culotte vous collera comme un timbre-poste.
Approchez mesdames, achetez la culotte française
tarif spécial à celles qui l'essaient sur place.
Tu n'as pas honte de venir dire ces choses-là ici, devant la maison du Seigneur ?
De quoi vous mêlez-vous ?
Pensez aux âmes, moi je m'occupe des corps.
Mesdames, sauvez votre mariage.
Avec cet article, votre mari ne va plus jouer au loto
il joue à la maison, sauvez votre mariage.
Vous êtes content de vous ?
Je me réjouis que ce soient des femmes comme il faut.
Réjouissez-vous !
A qui je vais vendre ça, maintenant ? Aux orphelines ?
Elles n'ont pas de chaussures, et il leur faudrait des culottes parisiennes ?
Quitte cette ville et ne revient jamais. Ici les gens craignent Dieu.
Ça vous intéresse pas ?
Vous avez des maillots de corps ?
Passons aux articles pour hommes.
Il y a toutes les tailles.
- C'est combien ? - Prends-en deux, ça te fait un change.
C'est combien les deux ?
Alors, c'est combien ?
Stop, je ne vend plus rien, c'est fermé.
La ferme !
Vous êtes fou ?
Vous avez failli m'étrangler !
Vous vouliez me tuer ?
Qu'est ce que tu veux ?
Les culottes.
Parisiennes.
Je veux rester discrète, éviter les ragots.
Vous les avez en noir ?
- Voilà. - C'est combien ?
Il y a même la combinaison.
Il suffit d'enlever les pressions...
... si ça t'intéresse...
Je comprends que les françaises soient connues dans le monde entier
Bon, j'y vais, si on me voyais...
Mais tu ne voulais pas acheter des culottes ?
Oui, mais ça doit pas être donné.
Tant pis, je n'en mettrai pas.
Si tu me tiens compagnie
je t'offre l'ensemble.
Pour qui m'avez-vous prise ?
je n'ai rien dit.
Assieds-toi ici.
Je garde les distances.
On sait jamais.
Chante-moi un truc.
Tu veux une sérénade ?
"Lune verte", ça va ?
Ah, vicieux, en plus.
J'aime bien.
Chante.
Lune verte, toi qui me souris
Toi, qui connais déjà ma peine
Dis-lui, que je l'aime plus qu'avant.
Lune verte.
peut-être comprendra-t-il enfin.
Qu'est-ce que tu fais ?
Tu me réveilles ?
Attends !
Attends ! Où vas-tu ?
Tu veux pas la combinaison ?
Mets-la toi-même, ça t'ira mieux !
Je vous ai préparé un café.
Merci, mais il ne fallait pas.
Allez vous coucher, vous êtes malade.
Non, je suis un malade spécial.
Personne ne sait ce que j'ai.
On dit que c'est les reins, et en effet la nuit ça me fait souffrir.
les coliques rénales sont très douloureuses.
Mais aux examens, on ne voit rien.
Alors on pense au froid
et au matin, je me réveille avec des taches sur le visage.
mais je n'ai plus mal aux reins.
Mystère.
Buvez, si la Sœur vient elle me dispute
elle m'empêche de faire du café
Donnez-moi la tasse, le chapelain est une balance.
Vous êtes les parents de ce pauvre jeune homme ?
Dites, Père, que se passe-t-il ?
Rien, ne vous inquiétez pas
il est encore sur la table d'opération.
C'est la mère supérieure qui m'a proposé de venir vous voir
au cas où vous auriez besoin de moi.
Elle m'a expliqué.
Non, merci, sans façon.
Vous êtes la femme ?
Non.
La... compagne ?
Cependant...
Dites-moi
comment vous appelez-vous ?
Si dans un moment comme celui-ci
il sentait le besoin de sanctifier
son rapport avec vous
vous endosseriez la responsabilité d'un refus ?
Père, vous ne savez pas.
Les choses ne sont pas si simples
ne les compliquons pas davantage.
Je ne comprends pas.
Ça fait des années que je ne comprends pas
et vous voulez tout comprendre d'un seul coup ?
Personne ne l'a jamais compris, celui-là.
Moi, si
et mon père aussi.
Un autre fou
et entre fous, bien sûr...
... on se comprend.
Voilà. 150.
Merci.
"Extra-vrai", qu'est-ce que c'est ?
"Extra-vrai" super-sensible.
Je voulais un somnifère.
Venez.
Désolé mais à cette heure, avec cette tête-là
Je croyais que vous vouliez un préservatif.
Non, un somnifère.
J'ai une tête de somnifère.
Non, de préservatif.
Désolé, mais je fais ce métier depuis 40 ans
et je me trompe rarement.
Je ne dis pas que vous êtes de mauvaise foi
mais à mon avis vous avez plus besoin d'une pute que d'un somnifère.
Ceci étant...
1300.
C'est le meilleur ?
Non.
Celui-ci est mieux. 700.
Meilleur et moins cher ?
C'est la même cochonnerie, en moins cher, donc c'est mieux.
- Vous auriez de l'eau ? - Bien sûr.
Si vous croyez guérir l'insomnie avec des somnifères...
Qu'est-ce que je devrais faire ?
Il faut donner un sens au sommeil
le sommeil en soi est ignoble
stérile, improductif
sa valeur primordiale serait d'être une récompense
d'une saine fatigue, etc.
Là, ce serait juste.
Mais qui est juste ? Vous ?
Non. Je suis une erreur.
Justement.
Et vous ?
Vous dormez ?
Bien sûr.
Pourquoi ?
Parce que vous, vous le méritez ?
Pas du tout !
Mais j'ai réussi à donner un autre sens au sommeil
je dors le jour
Et alors ?
Mon sommeil devient un refus
la vie ne me plait pas
Mais comme par chance les bureaux, les banques, la politique, fonctionnent plutôt de jour
plutôt que de vivre la vie, je la dors.
Et puis je vis la nuit !
La nuit c'est moi qui invente la réalité
Je la fais à ma manière, elle devient fantaisie, pensée
essayez
Ah oui ?
Pharmacien, c'est bien : mais colporteur nocturne, ça n'existe pas.
Moi non plus, je ne raffole pas de la vie.
Ni la nuit, ni le jour. Et alors ?
Moi la nuit, je dois dormir.
Vous voulez un sens ? Facile.
Si je ne dors pas, demain je ne tiendrai pas debout.
Vous êtes croyant ?
Pourquoi ?
Je voulais vous montrer quelque chose.
Quoi ?
un projet sur lequel je travaille depuis des années.
L'exposition de la Providence Divine.
Non, je ne veux pas parler de ces choses-là.
Non, désolé, bonne nuit.
la vraie providence, au sens ironique.
j'ai 22 albums comme ça.
Des histoires vraies.
Articles, photos... qu'il faudrait agrandir pour faire l'expo.
Écoutez ça.
Un titre au hasard.
"Sa barbe pousse à l'intérieur et il meurt asphyxié"
Formidable, non ? Très raffiné.
et celui-là :
"Il se cogne et reste dans le coma pendant 18 ans".
C'est déjà exceptionnel
mais écoutez la fin
d'une élégance sans égal
vous l'auriez fini comment, vous ?
après 18 ans de coma
il se réveille comme si de rien n'était
et demande le journal et le capuccino.
Un petit coup de théâtre non ?
Hé bien, non, rien.
il se réveille et meurt.
pour moi, c'est le summum de l'art.
L'évidence absolue.
Et les miracles ?
Vous les collectionnez aussi ?
les miracles ?
Le seul vrai miracle
c'est l'incroyable facilité avec laquelle les gens croient aux miracles.
Vous y croyez ?
Vous avez un peu de temps ?
Jusqu'au lever du soleil, c'est une pharmacie nocturne.
C'est comme si...
Je suis partagé entre là...
et là.
Comme...
J' aurais pas dû prendre un somnifère.
Je m'embrouille. Vous avez du café?
Laisse tomber, j'ai compris.
File-moi deux photos de toi et je te mets dans l'expo.
C'est ça, je suis deux hommes !
Qui passent leur temps à se disputer.
Et à force, j'en ai assez.
J' en peux plus.
De toute façon, le plus salopard l'emporte toujours.
Faut le supprimer.
C'est vite dit.
Imagine que Dieu n'existe pas.
Je ne peux pas.
Je te demande pas de croire, mais de faire semblant.
Et pense à toi, aux gens,
sans que personne au ciel t'espionne ou te fasse chanter.
Tu trouves pas la vie plus gaie ?
Plus supportable
sans ces fichus providence, repentir et pardon ?
Ça devient clair, ça va tout seul !
On comprend enfin tout, même le mal et la souffrance.
Affreuse avec Dieu,
la vie devient acceptable, en rien menaçante,
si tu y vois un phénomène naturel.
Bordel, c'est ce soir que le somnifère marche !
Si Dieu n'existait pas, dit-on,
il faudrait l'inventer.
Mais s'il existe, faudrait l'éliminer au nom du salut public.
Mais prends ton temps.
- Commence à abattre quelques tabous. - C'est quoi, ça?
Des règles morales...
... comment dites-vous... ... des péchés !
- Je dois pécher? - Commence par un truc facile.
Les dix commandements sont en ordre croissant.
Par exemple,
Tu n'as jamais proféré un bon gros juron ?
- Une fois, mais... - Explique?
Vous voyez le sanctuaire de Monte Lupo ?
Presque 2000 mètres comme ça.
Je me les suis coltinés pieds nus
avec 40 kilos sur les épaules.
Arrête, c'est pas possible !
Comment peut-on en arriver là ?
Mais demain matin...
Non, ce matin, je dois m'en aller.
- Vous êtes ouvert tous les soirs ? - Sauf le mercredi.
On ouvre aussi de jour.
- C'est ma fille de jour. - Votre fille ?
- Ah, vous êtes marié. - Tu n'as vraiment rien compris !
Quand on a mes idées, tu crois qu'on se marie ?
La vie érotique
est un recueil de nouvelles d'amour, pas un roman !
Et j'ai un côté apôtre, saint athée.
Les saints se marient pas.
Ils doivent trop se partager, trop penser aux autres.
Ça vous embête si je dors un quart d'heure?
T'inquiète. Il y a une chaise longue.
Quand j'ai passé le permis
J' ai bossé toute une nuit comme un dingue
pour peindre un ex-voto...
Je me suis peint...
sur une voiture rouge...
... tirée par deux anges...
Il était fatigué.
- Qui c'est? -J'en sais rien.
Un type qui a peur la nuit.
Je l'ai aimé tout de suite, je crois.
Dès le premier instant.
Et lui ?
Il n'est plus reparti.
Il a perdu son travail.
Pour rester, il est devenu gardien dans une usine.
- Capitaine ! - Quoi ?
Tu risques une pneumonie !
On saura pourquoi on me soigne !
C'est une belle histoire d'amour.
Il devait être très, très amoureux
pour faire ça.
Non.
Il était seulement amoureux de mon père.
Il s'était attaché à lui comme un enfant.
Il ne pouvait se passer de lui.
Oreste !
C'est Giovanna, là.
Alors, quoi?
Tu réveilles ma fille ? Quoi ?
- C'est mercredi. - Et alors ?
Si je me décidais, vous disiez que vous m'accompagneriez.
vous vous rappelez ? Chez...
Oui, tu t'es décidé ? J'arrive !
- En route. -Vous alliez au lit?
On peut renvoyer...
Moi, dormir la nuit ? C'est quand je vis !
Et tu veux renvoyer à 40 ans ?
Renvoyer !
Mais non, c'est après qu'on paie !
Complique pas encore les choses avec l'argent.
Fais comme si elle était folle de toi.
C'est quoi, ça?
- Je respire. - Tu halètes, oui !
T'affole pas, laisse-la faire.
Je lui tout expliqué.
C'est allumé, elle dort pas !
Spectacle en vue ! On va rigoler.
Hein?
Oreste !
- Maître, votre calme... - Oreste !
Dépasse l'entendement!
Cette histoire douloureuse est ridicule à mon âge !
Madame, je vous assure...
Non !
Vous vous justifiez depuis des années, mais...
- C'est elle ? - Hein ?
Enfin, quoi !
Elle, c'est la Hyène ! La mère de ma fille.
Avec ses avocats. Tous contre moi !
Assemblée plénière !
- C'est un cochon ! - Ça, c'est moi.
Je viens presque tous les mercredis.
Je m'installe aux premières loges et je jubile !
Assieds-toi.
Et je déborde aussi d'orgueil.
Pourquoi?
Je lui ai fait du bien !
On le croirait pas,
mais sa beauté faisait perdre la tête.
Un type est mort en duel pour elle.
Deux yeux noirs de folle ! Elle a toujours été folle.
Des cheveux noirs qui arrivaient aux genoux !
Des nichons ronds comme des fesses,
et vice-versa.
Mais surtout, un conflit entre le cœur et l'apparence.
Une âme de bigote dans un corps de pécheresse !
Tu séduis et mets enceinte une femme pareille.
Moi ?
C'est une supposition ! Tu la mets enceinte.
- Que fais-tu ? - Ce que je fais...
je l'épouse.
En plus d'être bête, t'es égoïste ! Comme les autres !
Sauf moi.
Moi, je l'ai sauvée.
Sauvée ?
Si je l'avais épousée, que serait-elle ?
L'épave d'une existence banale.
Une petite vieille éteinte.
Or, depuis 30 ans,
elle me poursuit pour détournement et viol !
et grâce à moi
elle est encore pleine de vigueur !
- Je suis pas vraiment d'accord. - Non ?
Ben, non. C'est pas très honnête.
- Si ça m'arrivait... - Ça va, j'ai compris!
Je m'échine à donner des cours universitaires
À un mioche de la maternelle!
Oublie pas ton goûter !
Quoi, maintenant?
Si tu la regardes se déshabiller, ton cas est désespéré.
À demain.
C'est la grosse !
T'affole pas.
C'est pas compliqué.
On enfile la clé, on tourne et c'est bon.
Curés, moines et modérés !
Tous des gibiers de potence !
Tous des lâches sans consistance !
Des enfoirés
J' arrive !
Qui sonne?
Luther jeta son froc aux orties !
Libère-toi, pensée humaine !
Resplendissante de flammes,
matière, debout ! Satan a triomphé !
Bon sang, vous me roulez tous les mercredis !
Et moi, je crois que c'est pour un mourant !
Moi, peut-être. Ça vous plairait.
- Et pourquoi pas ? -Tiens !
Laissons le bon Dieu s'en charger.
Quand la souffrance règnera
Nous ferons la révolution !
Déjà ? Qu'est-ce qui s'est passé ?
- Elle était pas là. - Quoi ?
Enfin, si. Mais elle était trop grosse.
J'aurai dû la mettre au régime.
Allez !
Dis la vérité.
Et puis...
... elle est mariée.
Et re ! Les tabous !
D'un point de vue sociologique et moral,
une putain, mariée ou pas, reste une putain.
Mais je peux enfreindre qu'un tabou à la fois.
Je comprends...
Tu sais ce que c'est ?
C'est l'impuissance de l'omnipotent !
Il n'y a pas pire !
Mais ne nous décourageons pas.
J' ai d'autres adresses dans mon carnet.
On cherche une célibataire maigre.
- Et on réessaie. - C'est indispensable ?
Plus qu' indispensable, c'est marrant.
Parler, c'est bien aussi.
Si je te suffis.
Mais moi, à ton âge, je ne me serais pas suffi !
Giovanna ! Qu'est-ce que tu fais ici ?
Je t'ai réveillé ?
Oui, j'ai trouvé le sommeil.
Moi, par contre, j'ai du mal.
Hier soir, j'ai veillé jusqu'à votre retour.
Benedetto, j'aimerai tu essaies avec moi.
Ou plutôt, qu'on essaie ensemble.
Je suis comme toi.
Si tu ne veux pas, je m'en vais.
Sinon, fais-moi une petite place.
C'est du castor?
Oui.
Dans les bois, j'en ai vu s'accoupler et mettre bas.
Il naît des castors.
C'est normal.
Personne ne doit naître comme moi.
Ne pense pas à ça.
Je t'aime.
Essaie de m'aimer un peu toi aussi.
Ça deviendra facile.
Ce qui est juste est facile.
Pourquoi ne me serres-tu pas contre toi ?
Parce que si je me lâche, je tombe.
À chaque mariage célébré, j'ai été heureux.
Aujourd'hui, ma joie est complète!
J' étais âgé quand j'ai baptisé Giovanna.
Il me semble qu' hier, elle était là,
à cet autel, pour sa première communion,
émue, heureuse, joyeuse
comme en ce moment.
Ses études l'ont éloignée dé ma paroisse des années.
Mais j'ai toujours suivi Giovanna grâce à sa mère,
une de mes plus chères fidèles.
Elle n'a pas eu la vie facile, la pauvre,
mais il ne faut jamais désespérer.
Peut-être naîtra-t-il de ce mariage pas seulement
une famille,
mais deux !
À Dieu qui est éternité, peu importe le temps.
Et ma joie est immense.
Aussi parce que ce mariage achève
ma vie de prêtre.
Oncle !
Je suis allergique à l'encens !
Qui sont les témoins ?
Ah, le Commendatore !
Benedetto Parisi,
veux-tu prendre Giovanna Viciani pour épouse ?
Je n'ai pas compris la question.
Vous portez un œillet à la boutonnière,
Elle des fleurs d'oranger, et moi je suis en grande tenue.
Qu'est-ce que j'ai bien pu te demander ?
Bon, je répète :
Benedetto Parisi,
veux-tu prendre pour épouse Giovanna Viciani ?
Si tu veux, dit oui.
Tu veux ou tu veux pas ?
Il ne veut pas.
Nous ne voulons pas. Pardonnez-nous.
Viens, Benedetto.
Quelle honte !
Peu importe.
Ça ne te fait vraiment rien ?
Il n'y a que toi qui compte.
-Vive les mariés ! - Tous nos vœux de bonheur !
Papa!
Il n'y a plus de papa!
Je ne vous connais plus ! Vous êtes des étrangers !
Non ! On ne s'est pas mariés !
J' ai dit non. J'ai réussi !
- C'est vrai ? - Oui.
Oui !
Mon fils ! Mes enfants !
Mais on fait le voyage de noces.
Bien sûr. La vie toute entière devrait en être un.
Je me suis jamais marié et j’en ai fait 32 !
Six ans de concubinage !
Et son père était heureux comme un pape !
- Ils ne sont pas fous ? - Surtout, ils pèchent.
Venez !
Elle se sent mal.
Pour l'amour du ciel, mon enfant !
Maman te ramène, ne reste pas ici.
- La pauvre, elle doit être fatiguée. - Non, je suis enceinte.
Qu'est-ce que tu dis !
Maman, je t'en prie !
L'avocat sait que j'attends un enfant de Benedetto.
Je lui ai dit.
Mais ne t'inquiète pas. Il m'épousera quand même
si on fait croire que c'est son enfant.
C'est un geste très noble, maître.
Partez, s'il vous plaît ! Allez-vous-en !
Mon Père, emmenez-les, je les supporte plus !
Emmenez-les tous les deux ! Je veux rester seule ici.
Venez, madame.
Il vaut mieux partir.
Mais je prierai pour toi, ma fille.
Qui c'est qui crie comme ça ?
Avec deux hernies, de quoi tu te mêles ?
Au lit, curieux !
Vous ne voyez pas qu'il n'y a plus d'oxygène ?
- Enlève ce flacon ! - Comment...
— Infirmier, faîtes-le, — Oui
Doucement, doucement !
— Du Levicor, —Tout de suite,
Bordel ! J'envoie tout promener, moi !
Vous savez même pas faire une piqûre !
On voit qu'il n'y a pas de chirurgie ici
Allez travailler aux champs !
Le médecin a dit de ne pas le fatiguer.
Qu'est-ce que vous fichez ?
J'ai cassé un vase, et alors ?
Viens, assieds-toi.
J' ai croisé le médecin. Il a dit que ce n'était pas grave.
- C'est ce qu'il a dit ? - Oui, rien de grave.
Tant mieux, je mourrai guéri.
Merde !
Prends ce verre.
Il faut faire attention quand on se sent mal.
Si jamais, au lieu d’un juron, on dit: "Oh, mon Dieu"...
on rentre dans le troupeau. Je dois me méfier.
Pourquoi vous riez?
Je pensais à la mère de Giovanna.
L'audience est prévue demain.
Je l'ai eue encore une fois ! Il y a renvoi.
Pour quel motif ? L'inculpe est devenu
l' endommagé.
Quelqu'un a dit, si je ne l'ai pas pensé tout seul...
que les jurons aident à vivre et les prières à mourir.
Ce sont des âneries !
La mort est encore la vie, c'est un acte de la vie.
L'homme ne laisse rien.
Il ne reste que la pensée, l'exemple.
C'est pourquoi, pas de larmes.
Je suis pas prêt, je sais pas quoi faire.
Ça allait avec vous. Mais d'un seul coup...
L'enfant qui va naître...
nous seuls...
Je n'ai jamais été proche d'un...
D'un mourant ?
Ni d'un nouveau-né.
Naître est pire que mourir. Mais un bébé ne le sait pas
et c'est plus mignon.
Tu verras comme c'est mignon.
- Vous le verrez aussi ? - Oui !
Ça m'est arrivé il y a huit ans et je me suis rétabli.
File, pas de visites maintenant.
Le jour, je dors !
Benedetto, reste encore un peu.
Réchauffe-moi la main.
Va travailler, flemmard,
au lieu de rester là à rien faire.
- C'est maman. - Aïe, ça c'est mauvais signe !
Qu'elle se penche sur une branche.
Les vautours savent attendre.
Allô ?
Tout de suite.
C'est chez toi.
Par cette sainte onction,
en son infinie miséricorde,
que le Seigneur te pardonne tes péchés commis avec les yeux.
Que le Seigneur te pardonne
tes péchés commis avec les oreilles.
Par cette sainte onction, en son infinie miséricorde,
que le Seigneur te pardonne tes péchés commis
avec les mains.
En son infinie miséricorde,
que le Seigneur te pardonne tes péchés
commis avec le goût et la langue.
Il manque le nez.
Il manque le nez ! On a pas oint le nez !
- Le nez, non, - Pourquoi ?
Parce que.
Benedetto !
Oui.
Que se passe-t-il ?
Ne fais pas ça.
C'était chaud.
En plus, je l'ai fait couler.
Giovanna !
Mlle Giovanna!
- Ses vêtements ? - Là, dans l'armoire.
C'est trop voyant !
- Je l'ai pas trouvée. - Cherche !
Allumez, s'il vous plaît.
- J'ai oublié ma calotte. - Je la prends.
Bon, je m'en vais.
Ne t'en fais pas, il n'est pas mort.
Au dernier moment, il a choisi le ciel.
Lui aussi.
- Vous avez un stylo ? - Voilà.
Merci.
- Tu as vu mon veston ? - Oui, il est à côté.
Le voilà.
Merci, professeur.
Venez, madame.
Professeur !
Faites bien comme je vous ai dit.
Allez vous reposer maintenant.
Il va vivre?
Je crois que oui.
Mais c'est un vrai miracle.
Sous-titres : Anne Bruant
Rip : Ioxy / X&X
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