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Alors ?
Non, rien...
Appelle l'hôpital Dieu, et l'autre hosto, celui de Saint-Dom.
- Le Sacré-Cœur ? - Ouais.
Il ira pas loin, vu l'état de sa voiture.
Encore un poivrot qui voulait pas se faire incendier par sa copine.
Il va bien finir par se montrer.
Il doit se faire chier à chercher un hôpital.
J'en ai rien à foutre.
Tu penses que je pourrais téléphoner ?
S'il te plaît ?
- Bonjour. - Bonsoir.
- Vous êtes la famille ? - Oui.
Alors, la bonne nouvelle,
c'est qu'on ne craint pas... plus pour la vie de monsieur Elliot.
Il dort. Il reprend des forces. Son état est stable.
Y avait beaucoup de drogues dans son système.
Cocaïne, oxycodone, kétamine...
et fentanyl,
qu'on retrouve de plus en plus, malheureusement, dans le coin.
En quantité négligeable, mais quand même.
Sans compter l'alcool, bien entendu.
Il va s'en sortir.
Je laisse au Dr Girouard le soin de vous parler demain matin.
Il est où , l'enfoiré ?
Son téléphone est mort. Ou il l'a fermé.
Enfoiré de connard.
T'es trop proche, arrête, ça va.
Arrête, arrête.
Je pense qu'on peut porter un toast,
peut-être ? On pourrait...
Tout le monde pense que c'est le moment de porter un toast.
Tu veux faire un toast avec ta camomille ?
Allez, Denis !
C'est l'heure de faire chauffer tes biscoteaux !
Ah, arrête ça, arrête ça.
Julien, il est où, là ?
Julien, il est parti aux toilettes ?
Julien !
Allez ! Allez hop, mon garçon !
Vite !
Oh ouais ! Oh, ça, c'est ma mère !
Dès qu'elle peut boire des bulles...
Jamas comme elle a bu !
Vous voyez bien, là, jamas !
« Jamas », Julien, jamais !
« Pyjama », peut-être, mais pas « jamas ».
O. K. !
Alors, est-ce qu'on va le porter, ce fichu toast ?
Elliot ?
Elliot, lâche-la deux secondes. Regarde...
Il peut pas me dire non !
Eh, là, je vais m'énerver !
Eh, fais-le, ton putain de discours !
Je peux pas, si tout le monde parle, grande cloche !
O. K. ! Attends...
Arrête, ça ! Arrête !
Vos gueules !
- Mon dernier... - Qu'est-ce qu'il y a ?
Arrête de te tripoter le nez !
On est à table !
Mon petit Elliot, mon petit dernier...
Tu sais que je crois en toi, mon loup.
Et je suis très fière de ton dernier bulletin.
Mais au-delà de ça, parce que moi, les mathématiques, à part Pythagore...
T'es fatigante avec ça ! T'es pas bonne en maths,
tu radotes !
Tu feras ton discours après !
Il est fatigant, lui !
Alors, mon Eli,
je vais te dire que je serai toujours là pour toi.
Tu le sais, hein ?
T'es arrivé dans nos vies, et puis...
les choses sont vite devenues compliquées, mais bon...
on n'a pas de répétitions, dans la vie.
On fait ce qu'on peut avec ce qu'on a.
Et...
Mon Dieu, cette journée, tes frères le savent,
cette journée, c'est une journée bien spéciale.
Tu as eu ton diplôme, bien sûr, mais...
c'est aussi l'anniversaire de ta grande sœur Mireille,
notre grande absente.
Ça y est, c'est nécessaire ?
Eh, tout, Julien, tout n'est pas toujours à propos de toi.
Si tu veux dire quelque chose, si tu veux parler, tu le fais après moi !
Ça suffit, là !
Putain de merde !
O. K. !
Excusez-moi. Arrête, Denis, arrête, s'il te plaît.
Arrête.
Tenez.
La vie fait bien les choses, Elliot.
Parce que cette journée, aujourd'hui,
c'est ta journée, à toi.
Une journée où on regarde devant,
et où on trinque à toi.
À nous.
Et que...
ce bonheur-là, cette paix-là,
ces belles réussites continuent. On les a pas volés !
Alors, bravo !
- Bravo ! - Il aime ça, l'attention !
Ben il en faut, de l'attention !
Ah oui, mais c'est ça qui est sage !
- Tu vas tremper tes lèvres ? - Oui oui, s'il te plaît.
Comme dans un petit verre à la Grecque !
Génial !
Elles viennent, les saucisses ?
Ah oui, on va manger sous peu, mais avant,
j'aimerais entonner une petite chanson de circonstance,
- C'est pour Elliot. - Non !
Elliot, c'est une petite chanson que tu connais.
Non, Mado. Chante pas, Mado.
Laisse donc !
- Tu me la chanteras après. - ♪ Ils quittent un à un le pays ♪
♪ Pour s'en aller gagner leur vie ♪
- Arrêtez ! - Non mais, c'est pas...
♪ Loin de la terre où ils sont nés ♪
♪ Depuis toujours, ils en rêvaient ♪
♪ De la ville et de ses secrets ♪
♪ Du formica et du ciné ♪
♪ Les vieux, c'était pas très original ♪
♪ Quand ils s'essuyaient machinal ♪
♪ D'un revers de manche les lèvres ♪
♪ Et ils savaient tous à propos ♪
♪ Tuer la caille, le perdreau ♪
♪ Et manger la tomme de chèvre ♪
♪ Pourtant ♪
♪ Que la montagne est belle ♪
♪ Comment peut-on s'imaginer ♪
♪ En voyant un vol d'hirondelles ♪
♪ Que l'automne vient d'arriver ♪
Hé oui, tu quittes le nid, et c'est normal.
Que je t'aime. Je t'aime.
Je t'aime, je suis très fière de toi.
Alors, moi j'ai fait ça à la bonne franquette.
Des petites bouchées un peu pour tout le monde.
Chantal mange pour deux !
Bon appétit, pas de pain dur !
Alors servez-vous.
En tout cas c'était bien agréable.
Non, merci, merci d'être venus.
Non, c'est nous qui te remercions, voyons.
- On s'est tellement régalés. - Ouais !
C'était un vrai festin de Babylone !
Hein, Mado ? Mado ! Un festin de Babylone !
Maintenant, c'est quoi le programme de la soirée ?
Tu vas aller chercher Elliot chez Vanessa ?
Non, je raccompagne Chantal à la maison, avant.
Et j'apporte le petit prendre une bière.
Non, tu l'amènes, ou tu l'emmènes. Tu l'apportes pas.
Julien, c'est pas une chaussette, c'est pas une bouteille de lait.
C'est bon, on va prendre deux, trois bières maximum.
Un p'tit billard...
Mais de toute façon, en tout cas,
tu peux m'appeler, si jamais y a quelque chose,
tu peux dire à Elliot de m'appeler aussi, je serai pas couchée avant minuit,
Minuit, minuit et demi, on sait !
Bon, d'accord, Maman qui radote... Je me tais.
- À bientôt, Mado ! - À plus tard.
Et tu bois pas trop, Julien, hein ?
Si tu conduis, tu ne bois pas trop.
T'es prudent avec lui.
Oh là là, mon garçon. Mon garçon...
Bonne fête, ma grande.
Bonne fête...
Trente ans, les filles.
Je suis prête.
Je t'aime.
Je t'aime.
T'es belle...
Vous êtes là pour moi, ça compte plus que tout.
Tout le reste, c'est de la merde.
Va chier, Rock Simard.
Va te faire foutre.
- Mimi, tu parles fort. Tu parles fort.
Mais oui, je parle trop fort. On s'en fout !
On est dans un bar !
Et c'est ma fête !
C'est moi, la princesse de la soirée.
Mimi, je pense qu'on dérange. T'as assez bu, là.
Putain...
Ah, on est dans une dictature, ici ?
Et toi là, je te regarde
et je me demande si t'es pas du bord de ce trou du cul.
Deux minutes, monsieur.
C'est sa fête, son mec l'a plaquée.
- Je l'appelle. - J'ai même pas mal !
Arrête, non.
Ça va super bien...
Pete ! Pete, Pete, Pete !
Pete, Pete, Pete, Pete !
Pete !
Pete, c'est Ju !
Ju !
Putain, fais attention, quand même.
- C'est ton vrai nom, ça ? - Oui, c'est son vrai nom.
- C'est Elliot. - Oh, Elliot ?
Entre, Elliot ! Ferme la porte !
J'ai le nez bouché, docteur.
T'es un bon citoyen.
Ferme la porte, Elliot.
- Ju, une bière ? - Oh, oui !
Oh, merci.
Tu ne prends rien ?
Euh, ben je voudrais quelque chose de... de plus fort.
- Du rhum ? - Euh rhum, vodka...
Ben ouais, normal, on n'est pas loin de la mer !
- C'est mon petit frère. - Il est chou.
Je vais te chercher ça, mon...
- Elliot. - Elliot.
Tu crois que ça, c'est du crack ?
Mettons que c'est plus pur que ce que tu sniffes.
Moi, je suis allergique à la coke.
T'es pas allergique à la coke, Ellis.
T'achètes pas ta dose à un enfoiré,
- T'as pas quand même pas une sinusite ? - Si, j'ai peut-être une sinusite.
Mais oui, mais arrête de sniffer du sucre glace !
Ben oui, c'est pas compliqué !
Ça te manque ?
Ça, ça se sniffe pas.
Donc, ça te manque pas, le base-ball ?
Ça me manque pas, c'est moi qui ai décidé d'arrêter.
Parce que franchement,
aller me péter les genoux aux États-Unis
et vivre dans un grand appart à Saint Louis...
Non. C'est pour ça...
que je voulais plus continuer.
Je suis... Je suis comment ?
Je ne sais pas quand on est...
Bye.
Mireille !
Mireille, c'est moi, ouvre la porte !
C'est pas possible d'avoir la paix ?
Mimi, lève-toi, on s'en va, je suis...
- Qu'est-ce que tu fais dans le noir ? - Je bien dans le noir.
Donne-moi deux minutes. Je la calme et je la sors.
Pardon ?
Je suis très calme, prim...
« primio ».
Deuzio, sans personne.
Trois, c'est toi qui sors, parce que...
c'est mon intimité, ici, j'ai des droits, moi, bordel.
Oh, il est fâché, le monsieur !
Me touche pas ! Dégage !
J'ai pas besoin de toi...
Rock.
Rock !
Tu sais que je suis une grande fille, moi.
Je suis une grande fille, j'ai trente ans.
Et pour ma fête, j'ai eu le plus beaux des cadeaux
mon mec me largue,
je suis contente, merci beaucoup.
Merci.
Ça fait un mois que c'est fini, Mimi.
C'est pas comme si je t'avais larguée pour ta fête.
Deux, tu me trompais.
Avec un gosse de dix-huit ans.
Il avait dix-huit ans, en fait ?
Gandhi, serveur au café Cherrier, ta gueule.
Je sais même pas si elles sont bonnes, tes...
Si on peut vraiment appeler ça des chansons...
Je suis pas sûre.
Tu sais, je suis pas parti pour ça.
Je suis parti parce que...
tu sais pas ce que tu veux.
Et puis...
t'as des trucs à régler.
Peut-être pas ce soir, mais...
T'as des trucs à régler.
Tu t'appelles Rock.
T'es qui, toi, sérieux ?
Et toi ?
Toi, t'es qui ?
Ils sont où... les gens ?
Eh !
Eli ?
Qu'est-ce que tu fais là, Laurier ?
Je passais dans le coin, je suis passé voir ma tante, elle habite en face.
Je passais et je t'ai vu.
- T'es allé chez Morand, ce soir ? - Ouais.
Tu y vas souvent, il paraît.
Je dirais pas « souvent », mais...
Pas trop, quand même.
Sûr que je pourrais me calmer.
En fait, je voulais me calmer.
Avec la petite qui va naître...
Ah ouais...
Chantal Gladu.
Ouais.
Je...
Laurier, sérieux, j'en reviens pas.
T'as pas changé, je comprends pas.
Ouais.
T'es pas le seul à me le dire.
J'ai des bons gènes, faut croire.
Merci, papa.
Merci, maman.
Ah oui ? Monique est...
Ça fait quelques mois.
Deux paquets par jour pendant trente ans, c'était pas une surprise.
Et là-dessus, un cadeau de mon copain Julien.
J'ai pas si bien vieilli, finalement ?
Julien Larouche, chevalier de la plaine verte.
Qu'est-ce que tu fais ?
Allez, tu te souviens pas de ça ?
Non, tu fais quoi, là ?
Tu croiras à tous les enseignements.
Tous les enseignements de l’Église, et cætera.
Tu respecteras tous les faibles et t'en constitueras le défenseur.
Qu'est-ce que tu fais, avec cette vieille épée ?
C'était notre épée, idiot !
Mais oui !
Tu aimeras le pays où tu es né, tu ne fuiras jamais devant l'ennemi.
Tu combattras les infidèles avec acharnement.
Tu rempliras tes devoirs féodaux,
à condition qu'ils ne soient pas contraires à la loi divine.
Tu ne mentiras jamais et tu seras fidèle à ta parole.
- Arrête, s'il te plaît. - Et tu seras...
libéral et généreux.
Tu seras toujours le champion du droit et du bien contre l'injustice et le mal !
Ju ?
Je pensais pas que c'était une vraie !
Julien !
Je pensais pas que c'était une vraie !
Je pensais pas qu'elle était coupante !
Julien !
Aidez-moi, quelqu'un !
Julien !
Reste avec moi, Julien !
Appelle, appelle, même si ça marche !
Mais c'est mon frère !
Julien ?
Tu m'as jamais aimé.
Moi ?
C'est l'histoire de ma vie !
Attends, Mimi.
Mireille...
Tu me filerais une clope ?
Je pense que...
qu'il faut qu'on se parle.
Mimi ?
Hmm ?
J'ai rien dit.
Mimi !
Mimi !
Je me suis organisé pour que la mise en terre soit dimanche ou lundi.
En fonction d'Elliot et de...
de Julien.
En tout cas, j'ai parlé à M. Lamarre, qui propose de nous tenir au courant.
Oh, super.
- Tu veux que je t'aide ? - Oui, tiens les verres.
Merci.
C'est pour qui ?
Ça, c'est pour toi.
Toi, j'avoue que je savais pas,
je me suis dit que t'étais plus poulet que viande rouge.
Parfait. Merci.
Merci beaucoup.
Denis ?
Il répond pas à son portable.
J'ai failli perdre un frère,
et Madame était bourrée.
Ça fait combien de temps que vous avez rien avalé ?
Je sais pas. Genre...
Normal...
Hier soir ou hier midi.
C'est... C'est joli, chez toi.
Les plantes, tout ça. C'est beau.
Tiens.
Merci.
Je veux juste comprendre.
Ta voiture est où, Julien ?
Ta famille sait que...
que t'es ici,
que tu vas bien, que...
Que...
En fait, qu'est-ce qui se passe ?
C'est...
C'est compliqué.
T'as des enfants ?
T'es marié ?
Non, j'ai pas d'enfants.
J'ai été marié, oui, mais ça n'a pas marché.
Comment ça ?
C'est compliqué.
Écoute, Julien...
Tu me dois aucune explication, et franchement, j'en demande pas.
Mais j'ai des choses à faire aujourd'hui, et j'ai le pressentiment
que toi, il faut que tu sois quelque part avec ta famille.
Alors je vais prendre une douche, et quand je redescends,
tu me dis où je te conduis.
On fait comme ça ?
Merci.
Oh, il fait pas chaud, pour juin.
Tu comptais dessus, et excuse...
Tu comptais rester ?
Juste pour savoir.
Je pensais...
Je pensais passer voir maman, peut-être...
Je sais pas.
Ça fait tellement longtemps.
Tu voulais qu'on se parle ?
Je voulais juste savoir. Tu comptes rester ?
Où tu t'en vas ?
Je comptais pas rester, Julien.
Chantal m'a appelée, elle savait pas si t'allais t'en sortir,
Je me suis garée chez eux...
J'ai pas fait de plan, je savais même pas si j'arriverais à temps.
Ben, je suis là.
Écoute, Mimi...
Mireille.
Ça m'a pris quinze ans de construire ça.
Chantal...
Mon job avec Denis...
Je peux pas perdre tout ça, tu comprends ?
Tu peux pas venir tout détruire.
Je suis rien, ici !
Je suis pas venue ici foutre la merde !
Pourquoi je serais venue ici foutre la merde ?
Je suis venue ici voir mon frère !
Parle moins fort, Mimi.
Pourquoi je serais venue tout détruire ? Ça sort d'où ?
C'est quoi, l'idée ?
De toute façon...
De toute façon, quoi ?
Ben, euh...
De toute façon, quoi ?
T'as pas besoin d'aide pour détruire, Julien.
Oh, ça y est !
Me fais pas passer pour celle qui te fait la morale.
Je suis pas venue ici pour te faire la morale.
Je t'ai jamais rien dit.
Ouais, mais tu le penses, et je sais que tu m'en veux.
Je sais que tu me hais,
tu penses que j'ai gâché ta vie, que...
que j'ai gâché nos vies, des vies.
Allez !
Tu m'as déjà entendue dire ça, Julien ?
Une fois ?
Rien qu'une fois ?
T'es ma sœur.
Mais les enfants étaient pas obligés de parler pour que je les entende.
De toute façon, je veux pas y aller, en désintox.
Ça m'a ouvert les yeux.
Je veux aller mieux.
Je veux prendre des cours à...
à l'université.
J'ai jamais ouvert un livre de ma vie, c'est n'importe quoi, et maintenant...
Et Chantal est enceinte, donc...
faut que j'arrête les conneries.
Mais...
Je serai pas capable...
si tu débarques, là.
Si je sais que t'es dans les parages, je serai pas capable de...
de vivre avec moi.
Tu me fais peur.
Je suis capable de mentir, Julien.
Ça fait quinze ans que je mens.
Qu'on ment.
- Ça a marché, à ce que je sache. - Oui, parce que t'es pas là.
Ça a marché parce que t'étais pas là.
Parce qu'on finit par oublier qu'on ment, c'est ça qui marche.
C'est ça, la différence entre toi et moi, Julien.
Toi, t'es capable d'oublier qu'on ment.
Qu'est-ce que t'avais à faire, à rentrer chez les gens la nuit ?
Hé... Denis ?
Chut, bouge pas, bouge pas.
Tu m'as fait peur.
Excuse...
C'est pas grave.
Tu m'as fait peur, toi.
Non, ça va. Bouge pas.
Je suis désolé.
S'il te plaît...
Reste, s'il te plaît.
O. K.
J'ai menti depuis le début sur toute la ligne.
Ce qui s'est passé, cette nuit-là, en 1991...
Le World Trade Center, d'après ce que nous comprenons...
La princesse de Galles Diana a été gravement blessée...
Ils sont fous de joie.
La coupe Stanley revient à Montréal...
... devient officiellement un parti...
Est-ce que j'ai mes chances, aux States ?
On a des chances, c'est sûr !
Je dois être le seul à aller là-bas, tu sais ?
On va gagner, les gars !
T'as gâché ta vie.
Je peux pas perdre tout ça, tu comprends ?
Tu peux pas arriver ici me détruire.
... arrivé dans nos vies, et puis...
Les choses sont vite devenues compliquées, mais bon...
Y a pas de répétition, dans la vie.
T'es tellement beau que je te prendrais en photo là...
Ah ouais, toi, t'es beau.
Dans notre appart aux States, y aura une putain de grosse baie vitrée...
Tu sais comme dans les magazines de maman...
- T'es amoureuse de Laurier Gaudreault. - Trop pas !
T'es tellement bébé, Julien !
T'hallucines !
Tu ne peux pas rentrer chez les gens comme ça !
C'est inacceptable.
Parce que tu as le choix, ma grande.
Et tu choisis de mal faire.
Salut, beau garçon.
Qu'est-ce que tu fais là, idiot ?
Je revis.
- Ça fait longtemps qu'on s'est vus.. - Hé ouais.
J'arrivais pas à dormir.
Qu'est-ce que tu fous là, Mireille ?
Je vais t'expliquer.
Faut pas que tu fasses de bruit.
Espèce de connard !
Lâche-moi !
Arrête ! Arrête, Mimi !
Non... Chut !
Mimi !
Laurier ?
Les enfants, qu'est-ce qui se passe, là ?
Tout ce qu'on peut dire, c'est que t'étais pas au bon endroit au bon moment.
Tu pensais que j'avais le choix ?
Oui, t'avais le choix ! On a tous le choix !
Tu vas au pensionnat, Mireille...
Je parle à ma fille, d'accord ?
Julien, appelle le 911.
Il va y avoir des conséquences à tes gestes, Mireille,
... que plus personne me traite comme un humain !
Tu m'as jamais aimé !
... salope pour qu'on la croie, voyons donc !
Allez, Laurier, là... Monte !
JE T'AIME QUAND MÊME
Tu as tout pris ?
Oui.
Je voulais pas te sortir ça à l'hôpital,
devant ta famille, et t'emmerder avec tout ça.
Je veux juste te dire que je vais le quitter.
C'est fini depuis un bout de temps, Elliot.
C'est un mauvais concours de circonstances, c'est tout.
Il faut que j'y retourne.
Au centre. Il faut que j'y retourne.
J'ai pas fini de régler... ce que j'avais à régler.
D'ailleurs, en fait,
je sais même pas si j'ai commencé.
Moi non plus, je t'ai pas aidé.
Ta mère, ta sœur, ton frère, personne ne t'a aidé.
Ça marche pas comme ça.
Je sais.
Stéfanie, on...
on vient de se rencontrer.
Mais...
J'ai des sentiments, j'ai beaucoup de sentiments pour toi.
Moi aussi.
Sauf que...
Moi, je vais te décevoir.
Non.
Si.
Je vais te détruire.
Je vais détruire... Je vais détruire tes projets.
Je le sais.
C'est toi, mon projet !
C'est toi.
Oui, allô ?
Allô ?
All... Allô, maman ?
C'est moi.
Oh ma belle, ma puce ! Oh, c'est drôle,
j'étais sûre que c'était toi. Enfin, j'ai espéré que ce soit toi.
On est branchées sur le cosmos, comme on dit !
J'étais sur la véranda, j'arrosais des plantes,
et puis tout à coup, je sais pas pourquoi, j'ai pensé à toi.
- C'est vrai que c'est drôle. - Ben drôle...
En même temps, Mimi, je pense toujours à toi, ma puce.
Hein, tu le sais ?
T'as eu mon message d'anniversaire, hier ?
J'ai lu dans Le Soleil qu'il faisait beau à Montréal.
très beau, même, alors j'ai dit ben bien contente de ça.
Je regarde le jardin, et faut que j'appelle Denis.
Faudrait bien que j’arrange ce jardin, parce que là...
En même temps, tu vas me dire, c'est pas...
c'est pas une urgence, mais bon...
si jamais...
tu devait passer dans le coin,
tu verras ça, éventuellement,
et là, je te mets pas de pression, Mimi,
je sais que t'aimes pas ça quand je te mets de la pression
et je t'en mets pas, tu fais ce que tu veux,
et tu viens quand tu veux, un point c'est tout.
Bon.
Et tu arrives ?
Tu es là, Mimi ?
- Oui. Oui, je suis là, maman. - Ah !
Mais... Toi, sinon...
Ça va ? Quoi de...
Quoi de neuf ? Tu es...
Quoi de neuf, quoi de neuf... Ici, euh...
Tout va bien. Moi, je suis entourée de fleurs, c'est la vie.
Et puis hier, c'était la remise de diplôme d'Elliot
Alors on s'est tous réunis, ça faisait une grande tablée,
y avait à boire et à manger,
j'étais venue avec une bouteille de champagne, et on a trinqué.
Et puis la belle Vanessa était là, et puis...
Il l'embrassait à bouche-que-veux-tu, mais bon...
Il faut bien que jeunesse se passe. On sait comment c'est.
Et toi, ton anniversaire ? Tu étais bien entourée ?
- Il faisait beau, t'étais heureuse ? - Oui, j'étais contente.
Oui, j'étais contente et puis...
Il a fait vraiment beau, et j'ai eu de la chance.
« Le grand soleil qui me monte à la tête »,
comme disait Paul Éluard.
J'ai relu Éluard, dernièrement. C'est tellement beau, c'est...
Je me suis replongée dans mes lectures...
Merci.
Mimi...
Adaptaté du français canadien et synchronisé par eMartini
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