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- Grâce à Catherine. - Je me suis demandé si je ne rêvais pas
quand elle m'a téléphoné...
Tu vas où, beau garçon ?
Oh, nulle part. Je vais prendre l'air dehors.
Sous cette pluie battante ?
Seigneur !
Tu mets ton écharpe, hein, Julien ?
Il fait tellement froid que c'est un coup à attraper la mort.
Alors ?
Ouais...
Elle est forte, la vache !
Elle m'a brûlé la gorge.
Donc, ta famille...
Comment ça se passe ?
Ta mère s'est retirée de la course à la mairie, c'est nul.
Et puis ta sœur, là, c'est pas trop dur ?
Elle est forte, ta coke !
J'ai d'autres choses, si tu veux.
Juste... Histoire d'essayer.
Comme ?
Ah, non...
Non, je touche pas à ça.
Et c'est juste une phase, là, avec le rattrapage,
l'été prochain, va falloir que j'arrête ça bientôt.
Idéfix !
Salut Larouche !
Tu me donnes ça à l'école !
Papa !
Idéfix !
Mimi, fais pas ça !
Reste ici, Mimi !
Me touche pas, toi !
Mireille, je t'en prie, reviens !
Qu'est-ce qui se passe ? Laurier !
Quelle horreur ! Laurier !
Maman !
Qu'est-ce que t'as fait ?
Qu'est-ce que t'as fait ?
Mireille, viens, on va se faire remarquer.
Mimi...
- Oui, allô ? - Stéfanie, c'est Mireille.
Oui, Mireille, qu'est-ce que je peux faire pour toi ?
Tu peux leur dire de descendre ?
O. K., d'accord. Parfait.
- Tout de suite ? - Oui.
J'ai fini.
Grosse soirée ?
- Je vais m'habiller. - Fais pas comme si de rien n'était.
Mais, c'est ta fête, Chantal, je...
Ça veut dire quoi,
« Tu demanderas à Julien de t'expliquer » ?
Hein ?
« C'est moi qui ai hérité de Madeleine.
« Si tu comprends pas, tu demanderas à Julien de t'expliquer. »
- Je suis censé comprendre quelque chose ? - Apparemment ouais.
Que ma mère est folle, qu'elle a légué son chalet, sa maison
tout au gars qui a violé ma sœur ?
Oublie ta mère folle et explique-moi pourquoi t'as menti,
parce que tu m'as menti, Julien !
Comme ça, t'as pas reconnu Laurier Gaudreault,
Tu te fous de moi ?
Il faisait noir !
Non, si, bordel, je l'ai pas reconnu ! À travers les fenêtres !
Qu'est-ce que tu veux que je te dise, si j'avais peur ?
- « Si tu comprends pas... » - On s'en cogne de ça !
« ... de t'expliquer pour l'héritage » !
Tu me demandes de t'expliquer, comme si ça avait la moindre importance,
le moindre poids dans la balance,
quelque chose que..
Et je me dis que si Madeleine a tout classé...
Mais t'es folle ! Si !
Qu'est-ce que tu veux que je te dise ?
Non, je sais pas. Non, je peux pas te l'expliquer.
Y a quelqu'un, je sais pas qui,
qui l'a appelée, puis qui lui a dit je sais pas quoi, de la merde,
et bordel, voilà le résultat !
Tu penses que je le sais, moi ?
Tu penses que... Tu penses que je te cache quelque chose,
- que je sais ce qui se passe ? - Julien...
- Tu penses que je te cache quelque chose ? - Julien !
Va t'habiller, on part bientôt.
Fais ce que ton père te demande, O. K., ma chouette ?
Ça y est ?
Oui, j'ai fini un peu plus tôt ce matin.
Il me restait seulement le vernis.
Je sens que ça fait toute la différence.
Tiens.
Merci.
Le diable est dans les détails.
En parlant de détails, j'ai pas pu m'empêcher de te...
de te voir arriver, hier, à la fête de Chantal.
Un peu avant, là, sur le parking.
O. K...
Écoute, Mireille je...
Stéfanie, je suis aucunement en position pour te faire la morale.
Et puis...
Et puis j'ai pas vraiment de relation avec Elliot.
j'ai quitté la maison, il avait cinq ans.
Ça fait que j'ai aucunement le droit de m'immiscer dans sa vie.
Tu sais qu'il sort de désintox, hein ?
Tu t'es pas demandé pourquoi il fallait qu'il dorme chez son frère ?
Oui, mais euh... il m'a dit que...
Ça fait qu'une semaine que vous vous connaissez,
c'est normal de pas tout se dire.
Je veux juste que tu saches que c'est un garçon fragile.
Donc, tu fais attention, O. K. ?
Sérieux, je te tue, Val, s'il reste plus d'eau chaude !
You always blow that shit.
Oh my God...
En français, les filles !
Elle prend trop de temps dans la douche.
Mégane, on passe à table,
parce que... ça va laisser le temps...
- Ben c'est normal, bordel ! - Hé !
Mimi ?
Tu permets que j'entre, ma puce ?
Qu'est-ce que tu veux ?
Je veux que tu sortes, Mireille.
Ton père pleure tous les soirs tellement il s'en veut.
Eh bien tant mieux pour lui.
Ton père a fait ça pour te venger, Mireille.
Et je l'excuse pas.
Mais...
les gars, dans la vie,
les hommes...
ont leur façon de régler les choses.
C'est pas nécessairement la bonne, mais...
c'est celle qu'ils connaissent, celle que leur père leur a inculquée,
parce que leur propre père leur a inculqué la même !
Tu remontes jusqu'où, comme ça ?
Oh, ben...
J'ai reçu une lettre de l'école.
Pour la soirée d'Halloween.
- Je l'ai signée... - Je veux pas y aller.
- Mimi... - Je ne veux pas y aller.
Je pourrais te faire une belle robe de princesse avec mes petits doigts de fée.
Hein ?
Je suis pas une princesse.
Toutes les jeunes filles sont des princesses.
Ça pourrait être un prince, aussi, moi j'ai rien contre.
T'aurais fière allure, en prince, aussi...
Tu pourrais me déguiser en pute ?
Ça te plairait de me déguiser pute ?
Mireille...
I know...
Il faut que tu sortes.
Ça va te faire du bien.
Les gens sont de ton côté, dans ces histoires-là.
Qu'est-ce que tu crois, c'est toi, la victime.
Je suis pas une victime.
Non mais très bien !
Alors dans ce cas-là, on t'arrange !
On te coupe les cheveux.
Tu mets ton costume de princesse
ou ton costume de prince, c'est selon, c'est toi qui décides,
je te maquille.
Je sais que tu te maquilles avec mon maquillage, Mimi, oui oui !
Et là, je le vois, que tu ris.
Mais je ris pas. Arrête ! Arrête !
Ils me regardent tellement de travers.
Qui ça ?
Les filles, les gars.
Ils disent que je l'ai cherché parce que j'étais dans sa chambre.
Ils disent que je suis une salope.
Ils vont finir par se ranger de ton côté, Mimi.
Les gens ne sont pas tous mauvais.
Puis les filles ne te comprennent pas là, mais...
le temps...
le temps arrange ces choses-là.
Vient le temps où on grandit.
Où on regarde les gens pour ce qu'ils sont.
Pas pour ce qu'ils ont fait.
Ce temps arrivera pour toi, Mimi.
Pour nous.
Allô ?
- Oui allô ? - Oui bonsoir ? Madame Landry ?
C'est Mireille Larouche.
Oh ! Ma petite Mireille ! Contente d'entendre ta belle voix.
T'as vu les photos de Drew Barrymore depuis une semaine ?
Faut que tu voies ça !
Elle a des super beaux cheveux, c'est incroyable.
Tu ressembles un peu à une princesse, ce matin.
Ben, toutes les filles sont des princesses à cet âge-là.
C'est magnifique, ça !
- Elle est belle, hein ? - Oui.
C'est tes premières funérailles ?
Non, grand-papa Lévy, mais... Je m'en souviens pas trop.
En tout cas, Dad va être beau gosse dans son costard.
Franchement, Valéry...
Quoi ? C'est maman qui a dit ça.
Ah oui ?
Elle est pas sympa avec lui,
mais elle le trouve mignon, elle me le dit tout le temps.
Je pense qu'elle en a plein le cul de Jérémie.
Ah, Denis, attends !
Hein ? Quoi ?
- Ben je... - Ben ouais, mais ouvre donc !
- Si t'ouvres pas... - Ben c'est la question !
Salut.
Salut.
- O. K., bon...
- Ouais, c'est bon. - Ouais ? Ouais ?
C'est mon frère.
Euh, c'est la jumbo sauce pepperoni, champignons, fromage, bacon ?
Ouais. Je te dois combien ?
Ben, disons 9,90, s'il te plaît...
Mireille.
Ah, attends une seconde.
Mireille !
Invite ton ami.
Dis-moi, Mireille, c'est ton chéri ?
What the fuck il est tellement gras !
Mégane, ça suffit.
Excuse-moi.
Salut, Kéven avec un accent aigu. Moi, c'est Denis.
Ah, c'est quoi ce gosse ?
C'était ta baby-sitter quand t'étais petit ?
Non, non, je te taquine. Je rigole. Viens.
On va manger de la pizza.
Ben puisque j... j'ai presque fini...
Dépêchez-vous, ça va refroidir !
Entre.
Ma mère est morte il y a six jours.
Et...
Étrangement, ma famille...
on n'a jamais été aussi proches, on s'est jamais autant vus.
C'est sûr que tout nous arrive un peu en même temps, mais...
je sais pas...
c'est comme... Il se passe quelque chose pour nous.
En même temps,
je dis ça...
En ce moment,
J'ai euh... Je reste...
avec euh...
mon frère Julien.
que pense que certains et certaines ici peut-être...
qu'il y en a qui le connaissent déjà...
Donc...
je... je vis...
avec Julien parce que
ma mère est morte le jour de ma sortie et...
moi, ben évidemment, j'ai...
Bon, euh... Et cætera...
- Euh... - Tu vas ?
J'ai appelé.
J'ai appelé...
Et le lendemain matin, je me suis réveillé chez mon ex.
J'ai menti à la dernière réunion
parce que j'avais honte.
Et pour ça...
ben je m'excuse.
Je voudrais vous demander pardon pour ça.
- Merci. - Merci, Elliot.
Je pense que j'avais peur de... de la réaction
de Denis, mon frère Denis.
J'avais peur de la tienne, surtout.
Parce que oui, bon, Julien m'avait dit :
« Non, mais viens dormir à la maison »...
Et moi je voulais pas, mais lui il savait que j'étais fragile, il connaît ça...
Dans ma tête,
c'était fini.
J'arrive, ma mère est en train de mourir, ça fait que...
Je savais que j'allais replonger.
Bref...
Pour ça,
Julien...
je te demande pardon.
Je te pardonne, merci.
Et...
j'aimerais ça quand même...
en profiter pour vous...
partager quelque chose de positif.
J'ai rencontré quelqu'un.
Je lui ai dit que c'était ridicule !
Laisse-le terminer, Julien.
Mais je le sais, là ! Je suis pas con.
que... c'est pas le moment.
Là, là... que j...
Je suis pas prêt, mais...
Oh... C'est juste que...
elle est tellement...
C'est tellement différent. Elle est différente, puis...
On parle de peut-être faire un... un voyage...
en Afrique aller planter des arbres.
Tu sais, c'est comme...
Ça serait peut-être bon pour moi, tu sais, l'Afrique...
Je serais loin de moi.
J'aurais peut-être accès à moins de tentations,
de moins de ressources.
En Afrique, moins de ressources ? Hé, ouvre un livre, man !
- Come on ! - Bordel, laisse tomber, d'abord j...
Je n'ai même plus envie de parler.
Au suivant. J'arrête. J'ai terminé je...
La parole à quelqu'un d'autre.
- Merci. - Merci Elliot.
Merci.
Et toi, Julien ?
Quoi ? J'ai dit merci.
Oui mais...
Je sais que ça fait un moment...
- qu'on ne te voit plus, alors... - Ouais, douze ans.
Avec la mort de ta mère...
aurais-tu envie de t'ouvrir, ce soir ?
Tu vis ça comment ?
Ouais, ouais, ça fait douze ans.
Douze ans, l'été dernier.
Écoute, regarde, non, non...
je sais pas, je m'en sors bien...
Je pourrais même dire que je me sens comme...
je me sens presque invincible, malgré tout.
Tu penses pas que...
ces moments-là sont risqués pour nous ?
Je m'en remets au bon Dieu, Sandra !
Hein ?
Depuis douze ans, je m'en remets à Dieu !
Hein ? Douze ans qu'on s'est pas vus.
Que je t'ai pas vue.
C'est bon ?
Sandra ?
Bon ben je...
Ben je vous présente Michel.
- Bonjour... - Bonjour, Michel.
Michel c'est mon conjoint depuis presque maintenant...
Quatre ans ? Hein, c'est ça ?
On peut dire qu'on revient de loin.
Moi, euh...
Ça fait peut-être quinze ans que je suis sobre.
Y a des moments qui sont tellement durs...
Tout à l'heure quand il a dit « je me sens invincible »
moi c'est pas du tout ça.
parce qu'il y a des moments...
Tiens ! C'est mon champion, ça.
Oui oui oui, c'est important.
C'est important, de temps en temps d'être là, le soir.
Bon...
Euh...
Écoute, je je... Je vais rentrer.
Bonsoir, à une prochaine.
À demain.
Salut !
Je passais dans le coin, un pur hasard...
Et j'ai cru te voir par la fenêtre.
- Ah ouais ? - Je te le dis !
Avec les stores fermés ?
J'ai vraiment l’œil, apparemment. C'est ce qu'on dit.
Je sais pas quoi dire, je m'attendais pas à...
J'aurais peut-être pas dû.
Non, je te dois... Je dois m'expliquer.
Ne me dis rien, ne me dis rien.
Je peux au moins te raccompagner.
- Oui. - Oui ?
J'accepte.
C'est tellement pas des choses faciles...
C'est ton droit de pas en parler.
Non, je voulais t'en parler depuis le début, en fait.
Mais je sais pas... J'ai quand même peur que ça te fasse peur.
Je vais pas te piéger non plus !
Comment t'as su, en fait ?
C'est ta sœur m'en a touché un mot.
J'ai parlé de toi, ce soir.
À ma réunion, j'ai parlé de toi. Mais j'ai pas donné ton nom.
J'ai parlé de toi.
Ça se passe comment ?
Une réunion ?
Non, dans ta tête.
Pour que tu appelles.
Si t'as envie d'en parler, je peux...
Non, ça me tente.
C'est comme une chaîne.
Tu sais, moi, je me lève le matin...
Tout va bien.
J'aurais besoin de rien.
Il fait beau.
Je vais être capable de faire tenir le coup.
Et j'ai de l'espoir, tout va bien.
Et puis... il se passe des choses...
Je reçois une bonne nouvelle. Un appel, un texto...
Je regarde un film. Je reçois un chèque par la poste.
Anything.
Et puis là...
j'anticipe.
Je commence même à...
imaginer où je vais consommer.
Un endroit genre secret,
un endroit sympa comme...
Ça peut-être une salle de bain, mettons, une ruelle, une...
Ça peut être aussi une mauvaise nouvelle.
Pas obligée d'être bonne.
C'est de l'euphorie ou du malheur.
L'euphorie, le malheur, ça me mène au même endroit.
S'il n'y a ni l'un ni l'autre, si y a pas d'euphorie
si y a pas de malheur, ça veut dire qu'il se passe rien.
Moi, s'il se passe rien, j'ai peur.
Voilà.
Sauf qu'il y a des choses qui arrivent, des rencontres...
qui te redonnent envie de vivre.
Qui te donnent envie d'être une belle personne.
Comme toi.
Allez...
Cool. Ça va ?
Ouais, y en avait juste deux.
D'accord. C'est bien mieux.
Merci beaucoup, merci.
C'est gentil, merci.
Mes condoléances, Denis.
Excuse-moi, je suis tellement laid quand je pleure.
Bonjour.
Merci.
Je sais que tu as appelé maman le jour de sa mort.
J'ai pas le droit d'appeler ma mère ?
Va chier.
Tu lui as dit ?
Écoute, Julien, j'ai pas de compte à te rendre.
Ah, vous étiez là ?
T'as pas un discours à faire, toi ?
Ah oui, c'est vrai.
- Ça va, Mireille ? - Ah ? Oui, oui.
Oui, j'ai juste besoin d'un petit...
Oui, mais j'arrive, attends.
J'inviterai tous les optimistes...
à venir s'asseoir pour que l'on procède à la remise des prix.
Certains et certaines...
ont su nous impressionner ce soir.
Ben, merci à vous.
- Excusez-moi. - Salut.
Qu'est-ce que tu fais là ? Je travaille.
- Tiens. - T'as rien à faire ici, Carl, là.
Ben, si, j'ai à faire ici.
Sinon t'aurais pas de repas.
Tu l'as oublié sur le comptoir.
Hé, merci, mais je... c'est...
Je t'adore dans ton uniforme, t'es belle.
Je voudrais savoir, tu me pardonnes pour vendredi dernier ?
Je suis triste qu'on se soit disputés.
Faut vraiment que t'y ailles. Je suis désolée, là, c'est pas que...
- Non, ça va, excuse... - Si, non, c'est pas grave, mais...
T'inquiète pas, Mireille, tu vas l'avoir, ta revanche.
Comment ça, qu'est-ce qui se passe ?
La bande à Rochefort ont font croire à Laurier
qu'ils étaient prêts à lui pardonner pour ce qu'il t'a fait.
Il pense qu'il va faire un match avec ses vieux potes au stade
mais il va payer, le salaud.
Y en a même qui disent qu'ils veulent le tuer.
Un, deux.
Bonsoir.
Nous sommes ici ce soir pour honorer la mémoire de ma mère,
Madeleine Armande Barbeau Larouche,
ou, pour faire simple,
Mado.
Plusieurs d'entre vous ont connu Mado, d'ailleurs,
comme le rayon de soleil jovial,
passionné, combatif,
parfois même aveuglant qu'elle était...
En société, elle entretenait des liens serrés
avec ses amis,
ses proches,
comme avec la voisine moins fortunée
qu'elle invitait à manger tous les soirs,
en bonne samaritaine qu'elle était.
Lâchez-moi !
C'est dans ces valeurs-là que nous avons grandi.
À la maison, elle prônait l'excellence,
l'acceptation et par-dessus tout,
la tendresse.
Bien sûr, nos vies n'ont pas été parfaites, vous le savez.
La vie s'est acharnée sur nous...
sur ma mère... injustement.
Mais coup sur coup,
elle a su garder la tête haute
et tout faire tout ce qu'elle pouvait pour que ses enfants grandissent loin de...
la douleur,
de l'amertume...
Tue-le ! Tue-le !
Loin de la violence des autres.
Ma mère aura cherché toute sa vie à s'expliquer
ce qui, lentement, nous a éloignés les uns des autres,
refusant de voir en face la vérité pour ce qu'elle est.
La vie, souvent cruelle...
est loin, bien loin de la vérité
et de la lumière que l'on incarne.
À travers sa laideur,
son ironie,
elle nous plonge dans l'obscurité.
Ma mère incarnait cette vérité-là.
Cette lumière-là.
Bon...
Désolé.
J'espère, où soit... où qu'elle soit, pardon,
que la vérité
et la lumière qui l'entourent
sont enfin égales
à la sienne.
Merci.
Laurier !
Laurier !
Tes toilettes sont à juste côté, y a un bonhomme sur la porte.
Pourquoi t'as fait ça ?
T'es pas capable d'attendre deux phrases de plus ?
Non, désolée, j'étais pas capable.
Va falloir que je t'explique ce qui se passe dans ma tête toutes les deux secondes ?
Ça m'aiderait, oui.
Qu'est-ce qu'il se passe, dans ta tête ? C'est quoi, ton plan ?
- Mon plan ? - Ouais.
J'ai pas de plan.
Mon plan, c'était de venir embaumer ma mère.
C'est pas ma faute si c'est ce qu'elle a écrit dans son testament.
Ah oui, son testament.
Super testament. Tout le monde est bien content.
C'est ça, t'écriras une lettre au bon Dieu pour te plaindre !
Putain, Julien !
Arrête !
Comment tu fais ?
Comment je fais... Comment je fais quoi ?
Pour te supporter...
Pour vivre.
Pour respirer, pour dormir. Putain, comment tu fais ?
Mimi...
Arrête de m'appeler Mimi ! Bordel !
Je t'ai dit de pas m'appeler Mimi !
- Je parle trop fort pour toi ? - Tu parles trop fort, oui !
Chut !
T'inquiète pas, ils nous entendront pas !
Ils entendront pas la méchante Mireille dire du mal du beau Julien !
De toute façon, elle est trop tarée, trop salope
pour qu'on la croie, voyons donc !
Tu sais com...
Tu sais combien de lettres
j'ai écrites à maman et à Denis
pour leur dire ce qui s'était passé et pour m'excuser ?
Tu sais combien de fois j'ai pensé les mettre à la poste ?
- Calme-toi, Mireille. - À chaque fois, je le faisais pas.
À chaque fois, je me disais que si j'avais le courage
de leur dire, ben je le ferais en personne.
O. K.
Mais là, j...
J'ai manqué de temps avec maman, et je suis là.
Bon, c'est bon, Mireille ?
Tu veux me faire taire ? Tu me fais pas peur, Julien.
Arrête, Mireille.
Tu peux balancer des assiettes, tu peux me regarder avec ces yeux-là,
mais tu me mentiras pas à moi.
Je te connais.
- Me manipule pas. - Je sais qui tu es.
- Arrête ! - Je te vois !
Putain de merde ! T'as pas le droit !
C'est ma vie, O. K. ?
T'as pas le droit de débarquer ici pour foutre ta merde.
O. K. ? Elle est morte.
Tu lui as dit. Elle est morte.
T'es contente ? Tu l'as tuée.
On l'a tuée !
On l'a tuée, peut-être. Mais tu me mettras pas ça sur le dos.
Elle est morte, mais elle est morte en sachant.
Si tu savais comme ça m'a fait du bien de lui dire,
de dire la vérité,
pour une fois dans ma vie d'arrêter de mentir
de faire la même saleté de mensonge !
T'avais le choix, Mireille !
T'as fait le choix que t'as fait, c'est tout !
Y a rien à y faire, là.
- Tu penses que j'avais le choix ? - Oui, t'avais le choix !
On a tous le choix !
- Toi...
Toi, t'avais le choix ?
Qu'est-ce que ça change ?
Ça change quoi pour toi ?
Tu vis plus ici. On te connaît pas.
Tu m'as abandonné il y a vingt ans !
Ça t'arrangeait, bordel. C'est pas comme si tu m'avais suppliée de rester.
Hé, tu m'as jamais aimé !
Tu m'as jamais aimé.
- Je t'ai jamais aimé ? - Non.
Mais c'est le drame de ma vie de t'aimer, Juju !
Pourquoi t'as arrêté de m'aimer ?
Je comprends ça, je respecte ça.
Mais t'as pas le droit de débarquer ici,
puis de foutre la merde partout, de tout gâcher !
Qu'il y ait plus un connard qui soit capable de me regarder dans les yeux,
que plus personne me traite comme un humain !
Tu penses que t'as traité les gens comme des humains, toi ?
Regarde-moi dans les yeux et dis-moi que tu m'as traitée comme une humaine.
Que t'as traité maman comme une humaine.
- Et Laurier... - Arrête.
- Laurier, Lili... - Arrête, j'ai dit.
Laurier, tu penses que tu l'as traité comme un humain ?
T'as pas le droit bordel !
Je vais te tuer ! Putain !
Ça fait longtemps que tu m'as tuée.
- Tu nous as tous tués, cette nuit-là. - C'est pas vrai.
- C'est pas vrai. - T'inquiète, je dirai plus rien.
Mais crois pas que ça pourra durer ça bien longtemps.
Ils vont te poser des questions. Le testament, Laurier...
Qu'est-ce que tu vas dire ?
Je te souhaite tellement de leur dire.
Je m'en vais.
Je resterai pas pour la mise en terre.
Allez tous vous faire foutre, bordel.
Julien !
Julien !
Julien, tu penses pas qu'il faudrait qu'on parle un peu
il me semble que j'ai droit à des explications.
Ne me demande pas de te parler, Chantal
et je me fous pas mal de tes droits, en ce moment.
Ça fait un bout de temps, mais ça peut attendre.
Aïe ! Fait chier !
Tu vas où comme ça ? Hé !
Merci hein ? Rentrez bien, soyez prudents.
Ouvre-moi donc. Julien ! Julien !
Je te jure que si...
Mireille, t'as vu ton frère Elliot ?
- Je le cherche partout. - Je l'ai vu en bas tout à l'heure,
mais j'en profite Stéphanie pour te dire au revoir.
Ça a vraiment été un plaisir de travailler avec toi, merci pour tout.
- Tu restes pas pour les funérailles ? - Non, je peux pas, j'ai un empêchement.
- Chantal ? - Pas maintenant, Mireille, O. K. ?
Tu pourrais juste me déposer ?
Comment ça, ma belle ?
Ben je sais pas, papa est parti.
il m'a dit qu'il avait une commission urgente à faire.
Euh, oui, il faut juste s'organiser parce que...
parce que mon oncle, il va manquer de la place dans son pick-up
pour tout ce beau monde-là.
Mais, regarde, donne-moi les clés de l'appartement.
Je vais raccompagner les filles, puis je vais t'attendre là-bas.
Tu dors chez tes parents ce soir ?
J'avais pensé rester avec vous.
Je sais pas, ça serait plus simple pour l'organisation de demain.
O. K., tiens. Merci.
Marie, ma grande, va trouver ta mère.
O. K. ? Merci.
- Au revoir, Denis. - Non, attends. Parle-moi, toi.
Qu'est-ce qui se passe, là ?
Ça va chier, c'est ça ?
Il passé où, ce salaud ?
T'allais encore partir sans me dire au revoir, toi ?
Non.
Mireille...
Parle-moi.
J'ai pas envie, là.
J'ai pas envie d'être encore le petit dernier à qui vous dites rien.
Denis...
Mireille...
Parle-moi.
Je t'aime.
Je t'aime, Denis, je pense que je te l'ai jamais dit.
Moi aussi.
Je peux pas me lancer là-dedans.
Pas ce soir.
Et puis c'est à J...
C'est à Julien de s'expliquer, pas à moi.
- Expliquer quoi, Mireille ? - Bye.
Euh, Stéfanie ?
Tu sais où est Elliot, toi ?
Je l'ai cherché partout,
j'ai pas arrêté d'essayer de l'appeler. Il répond pas sur son téléphone.
Merci. Bonsoir.
Bon...
Bon, Denis...
Il est où, Elliot ?
Je sais, je sais.
Je sais que c'est ta préférée, André !
Un autre.
S'il te plaît.
Grosse soirée ?
Ça va, Baby Bunnie ?
Tiens, mon beau.
Tiens c'est pour toi.
Ça te fait rire ?
Je vais prendre un double scotch.
Je peux m'asseoir à côté de toi ?
T'es pas bien à ta table ?
J'ai envie de m'asseoir au bar.
Il y a plein d'autres places, là-bas.
Ouais, mais moi c'est là que veux m'asseoir.
Mel, je peux avoir...
C'est la première fois que je te vois ici.
Ah oui ?
Mais... c'est pas la première fois que je viens.
J'ai juste pris un... un petit break.
Ah ouais, hein ?
Un break de quoi ?
De ça.
Tiens, chéri.
Tu perds ton temps, mon beau.
Mel...
T'as de la coke ?
Je sais que t'en as.
Adaptaté du français canadien et synchronisé par eMartini
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