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Puis-je vous aider ?
Ma sœur a des malaises parfois. Ce n'est pas grave.
- A-t-elle besoin d'un médecin ? - Non, on va rentrer.
- Habitez-vous Stresa ? - Oui. Dans la vieille ville.
Venez vous asseoir en attendant.
C'est peut-être une bonne idée.
- Le monsieur est votre mari ? - Oui.
Ma sœur s'appelle Lavinia. Moi, c'est Goffredo.
Je m'appelle Aliénor.
Lavinia.
Ce n'est rien, maman : un de mes petits malaises.
Cette dame et ce monsieur m'ont gentiment ramenée en taxi.
Je vous remercie, signori.
Je vais accompagner ma fille dans sa chambre.
Goffredo, offre quelque chose aux segnori.
Depuis combien de temps votre sœur est-elle malade ?
Cela a commencé quand elle était toute petite,
peu de temps après la mort de notre père.
- Qu'en disent les médecins ? - Apparemment c'est d'origine nerveuse.
Souffre-t-elle en permanence ?
Il y a des rémissions plus ou moins longues.
Puis il y a un malaise ou une syncope,
suivis d'une période de langueur.
Les maladies de langueur ont cessé en 1914.
On a pas prévenu ma sœur.
Est-elle scolarisée ?
On a essayé, mais c'est impossible.
Elle reçoit des cours particuliers, et elle passe des examens.
Il lui reste encore deux ans avant la maturité.
Et vous ? Que faites-vous ?
Moi ?
Je viens de réussir la maturité.
Et après ?
Je vais partir à Venise commencer des études d'architecture.
Mon mari est architecte.
Vraiment.
J'ai de la chance alors de vous avoir rencontré.
Je ne vois pas pourquoi.
Je ne pourrai vous apporter davantage que si j'étais boulanger.
Mon grand-père était boulanger, avant de prendre sa retraite.
C'est l'homme que j'aime le plus au monde.
Entrez !
Votre mère m'a dit que je pouvais monter.
Elle a bien fait. Entrez.
Rapprochez le fauteuil et asseyez-vous.
Comment allez-vous aujourd'hui ?
Je me sens encore faible, mais c'est normal.
Normal ?
C'est toujours ainsi pendant quelques jours après mes malaises.
À quelle fréquence arrivent-ils ?
En général, tous les 2 ou 3 mois.
Mais ma vie les a plus ou moins intégrés.
Elle n'avait pas le choix.
Madame.
- C'est moi, Goffredo. - Vous m'avez fait peur.
Ce n'était pas mon intention. J'aimerais vous montrer quelque chose.
- Où ? - Ici, dans ma chambre.
- Vous n'avez pas peur d'y entrer ? - Non.
Entrez.
Ce que je veux vous montrer est là-bas.
Qu'est-ce que c'est ?
C'est la maquette que j'ai construite de la Cité nouvelle.
Où voulez-vous la construire, cette Cité ?
Quelque part en Europe.
La ville est construite autour de cet élément central,
qui est le Temple.
- De quelle religion ? - De toutes.
Des gens de religions différentes
n'entreraient jamais dans le même Temple.
Ici, si.
Dans les temples, on trouve une présence.
L'architecte doit la convoquer.
Comment ?
Par la lumière.
Et pour les gens qui ne croient en aucun dieu ?
Ils y trouveront la présence.
Voulez-vous vous asseoir ?
Un instant.
Hier, il y avait une présence qui nous était favorable.
Pourquoi dites-vous cela ?
Parce que nous nous sommes rencontrés.
Mon mari dit que toute rencontre est un hasard.
Je ne crois pas.
Moi non plus.
Mais alors,
nous n'avons pas de liberté.
Quand on est dans une architecture,
on est enfermé dans un espace, mais on est libre.
Croyez-vous que vous et moi,
nous nous trouvons dans la même architecture ?
Oui.
Vous devriez discuter avec mon mari.
Je ne sais pas s'il en a très envie.
Si, si.
Voulez-vous dîner avec nous ce soir ?
Cela me ferait plaisir.
Retrouvons-nous à vingt heures sur la Piazza.
Je vais vous accompagner.
Ce n'est pas la peine.
À ce soir.
J'étais certaine que vous auriez beaucoup de choses à vous dire.
L'architecture est ma passion,
et je cherche à apprendre.
L'architecture n'a rien à voir avec la passion,
et à votre âge, on a tout à apprendre.
Je crois qu'un homme agit toujours avec passion,
sinon il ne serait plus vivant.
C'est très beau, comme observation.
De toutes les façons, nous partons demain pour Rome.
Moi je vais rester ici,
jusqu'à ce que Lavinia soit rétablie.
Je suis obligé de partir.
Je comprends.
Mais tu peux faire le voyage à Rome avec Goffredo.
Comment ?
Il te tiendra compagnie,
et pour lui ce sera un voyage d'études.
Je n'ai pas les moyens de faire un voyage.
Nous vous l'offrons.
N'est-ce pas, Alexandre ?
Ce sera une joie de vous inviter.
Je ne sais comment vous remercier, madame.
Appelez-moi Aliénor.
Vous parlez bien italien.
Je n'ai rien dit.
Vous avez parlé à Stresa.
Quelle était la langue de vos parents ?
Mon père parlait allemand,
ma mère français.
Et l'italien, où l'avez-vous appris ?
J'ai fait des études à Venise.
Reprenons la voiture.
On arrivera bientôt à Turin, où on fera étape.
J'y ai réservé deux chambres.
Je ne connais pas Turin.
C'est une belle ville.
Guarini était un grand architecte qui a travaillé à Turin,
et qui a rationalisé les principes de Borromini :
les formes en mouvement,
il les fait rentrer dans des figures géométriques,
qui les stabilisent.
Et selon vous, c'est un bien ou un mal ?
D'un point de vue français, c'est bien.
Borromini n'aurait jamais pu faire carrière chez nous.
Et selon vous ?
C'est très beau.
Et très savant.
Mais Borromini est allé au-delà de la science et de la beauté.
Toute ma vie, depuis l'époque où j'étais étudiant,
j'aurais voulu prendre Borromini comme maître,
mais je n'ai jamais réussi à établir le lien entre lui et moi.
Qu'est-ce qui se trouve au-delà de la science et de la beauté ?
Je ne trouve pas le mot pour le dire.
Il faut le faire alors.
Là-haut vous voyez le dôme de la chapelle du Saint-Suaire.
pour laquelle Guarini s'est inspiré de la Sapience de Borromini,
avec toujours le même décalage.
Mais nous ne pouvons pas visiter cette chapelle.
Pourquoi ?
Il y a une dizaine d'années on a incendié la chapelle,
et elle est toujours en cours de restauration.
On y a mis le feu ?
Oui.
Pour faire brûler le Suaire.
Pourquoi ?
Quand on cherche à détruire quelque chose ou quelqu'un,
c'est en général que la chose ou la personne en question dérange.
Le Suaire a-t-il été détruit ?
Il a été sauvé in extremis.
Je voudrais voir le Suaire.
À la prochaine ostension, je serai peut-être mort,
et vous serez un homme mûr.
J'ai du mal à croire que je sois un jour un homme mûr,
ou que vous soyez mort.
Le plus intéressant,
ce sont les photographies du Suaire, qu'on trouve partout.
Je crois qu'il y a une exposition juste à côté.
Allons-y alors.
Je suis athée,
mais il est difficile de ne pas être troublé par ces documents.
L'image sur le linceul est un négatif :
quand on la photographie, on en retrouve la réalité ;
qui n'apparaît donc aux hommes que depuis un siècle.
En principe, il ne peut s'agir du linceul de Jésus,
puisque le tissu a été daté
d'entre le début du XIIIème et la fin du XIVème siècle.
Alors c'est le linceul d'un autre Christ.
Pourquoi voulez-vous devenir architecte ?
Pour créer des espaces.
Des espaces ?
Oui.
Les espaces ne sont que des creux.
Des creux qu'il faut remplir.
De quoi ?
De lumière.
Et de gens.
Vous avez raison.
Je vous félicite.
Moi, j'ai négligé la lumière.
Alors il faut l'ajouter.
Non, il vaut mieux ne pas venir aujourd'hui.
Elle a passé une mauvaise nuit,
et je pense qu'elle va dormir une grande partie de la journée...
Vous êtes très gentille.
J'appellerai ce soir pour prendre des nouvelles...
Bonne journée.
Au revoir.
San Carlino ai quattro fontane a été la première commande de Borromini,
qui y a travaillé, par étapes, une grande partie de sa vie :
d'abord l'église, puis le couvent des trinitaires,
enfin la façade de l'église.
Toutes les formes sont fondées sur la même ellipse.
Qu'est-ce qu'une ellipse ?
C'est un cercle,
forme parfaite,
close et immobile.
qui se défait, pour devenir mouvement perpétuel.
Mais celle-ci monte.
Et si la coupole empêche les hommes de voir directement le ciel,
ils en aperçoivent la lumière.
Ici, dans l'intimité du cloître,
le mouvement des formes aboutit réellement au ciel.
La façade aussi est un mouvement perpétuel,
mais qui se contient en sa forme propre.
Elle ne dévoile rien de la structure réelle de l'église,
mais annonce un espace qui se transforme sans cesse,
et dont la vérité est cachée.
En apparence ici,
Le Bernin a utilisé le même plan en ellipse.
Mais il s'agit plus d'un ovale que d'une ellipse.
L'espace terrestre, en bas, s'arrête à la corniche.
Au-dessus il y a les anges, dans leur monde.
Enfin, on arrive à l'espace de Dieu,
qui est représenté,
mais qui est fermé par un cercle,
sans aucun élément qui nous porte à l'intérieur.
Borromini, c'est le baroque mystique,
proposant, à qui entre dans l'espace construit.
une expérience personnelle.
Bernin, c'est le baroque rationnel,
respectueux du pouvoir,
des hiérarchies,
et des règles.
Vous expliquez cela très bien.
Cela me touche de près.
Pourquoi ?
Le Bernin, c'est moi.
Bonjour, madame.
Vous m'avez dit que je pourrais venir ce matin.
Bonjour, madame.
Lavinia est encore très faible, mais vous pouvez monter la voir.
Je ne sais pas si c'était une bonne idée que son frère s'éloigne en ce moment.
L'année prochaine il sera à Venise.
Oui, mais elle aura tout l'été pour s'y préparer.
Là, c'était imprévu.
Ont-ils jamais été séparés ?
Pas plus de quelques jours.
C'est peut-être la clef de la maladie de Lavinia.
Beaucoup de frères et sœurs sont élevés ensemble,
sans que cela les rende malades.
Bien sûr.
Vous pouvez monter la voir maintenant.
Merci.
Entrez.
Deux cafés, s'il vous plaît.
Ne préférez-vous pas vous mettre face à la place ?
Non, je préfère lui tourner le dos.
Pourquoi ?
Ce lieu est trop chargé de souvenirs.
Douloureux ?
À mon âge, tout souvenir est douloureux.
Pourquoi ?
À cause du décalage entre le passé et le présent.
Il n'y a pas de décalage.
Si vous regardiez derrière vous,
vous verriez que votre passé est là, maintenant.
Comme un fantôme ?
Oui. Mais les fantômes ne font jamais de mal.
Vous avez beaucoup d'imagination.
C'est normal.
Pourquoi ?
J'ai dix-huit ans.
C'est un âge, il me semble, où on est plutôt engourdi.
Peut-être que vous avez oublié.
C'est possible.
Merci.
Avez-vous eu des nouvelles de votre épouse ?
Plus ou moins.
C'est-à-dire ?
Son téléphone est toujours éteint...
ou elle ne décroche pas.
Lui avez-vous laissé un message ?
J'en ai laissé trois.
Tout à l'heure, elle m'a répondu par un texto.
Pourtant elle vous aime.
D'où tenez-vous cette information ?
À Stresa, je l'ai invitée dans ma chambre.
J'ai vu tout de suite que c'était une femme
qui ne tromperait pas son mari.
Vous êtes un fin observateur des femmes.
Depuis quand êtes-vous ensemble ?
Nous nous sommes mariés il y a 19 ans.
Avant que je n'existe.
Voilà.
Avez-vous des enfants ?
Pas maintenant.
Mais vous en avez eu ?
Oui.
Un an après notre mariage.
Quand Aliénor s'est trouvée enceinte, cela nous a réjoui tous deux.
Aliénor a accouché d'une petite fille, que nous avons appelé Virginie.
À 6 mois, on s'est aperçu qu'elle était trisomique.
Qu'avez-vous fait ?
Je voulais la confier à une institution,
mais Aliénor a tenu à la garder à la maison.
Cela a donné lieu à une grande tension entre nous.
Vous vous êtes disputés ?
Non.
Nous nous sommes éloignés l'un de l'autre.
Plusieurs fois j'ai eu des histoires avec d'autres femmes.
Mais vous êtes toujours ensemble.
À 8 ans, la petite est morte.
Nous nous sommes rapprochés.
C'était comme un sacrifice.
C'était une délivrance, en tout cas.
C'est à ce moment-là qu'Aliénor a commencé à exercer son métier.
Mais ce passé continue à la tourmenter, comme un fantôme.
Nous parlons beaucoup de fantômes aujourd'hui.
Ce sont des âmes qui cherchent la paix.
Que leur faut-il, aux fantômes, pour qu'ils trouvent la paix ?
Un architecte qui leur donnent un lieu...
et la lumière.
C'est Aliénor.
Elle va bien.
Un jeune architecte français que je connais,
ayant appris que je suis à Rome,
nous invite demain à la Villa Médicis, où il est pensionnaire.
J'ai accepté,
il me semblait que cela pourrait vous amuser.
Je me prépare à m'amuser alors.
Bonne nuit.
Vous êtes triste.
Pas du tout.
Je vais avoir des insomnies, et écrire.
Bonne nuit.
- Alexandre ? - Oui ?
Je ne ferme jamais ma porte à clef.
Si vous avez le cafard, venez me voir :
on pourra se dire deux mots.
Cela ne me dérangerait pas,
car je me rendors toujours tout de suite.
C'est gentil.
Je ne sais pas si c'est prudent de dormir la porte ouverte.
J'allume toujours une bougie.
Et alors ?
Je suis protégé.
Par la bougie ?
Par la lumière.
Bonne nuit.
Je ne dirai rien à votre fils.
Ce n'est pas mon fils.
Et je sors regarder des architectures.
Allô ?
Quand Borromini a reçu la commande de la chapelle,
le palais de la Sapience existait déjà.
Il n'a pas cherché à le détruire, mais au contraire
à y intégrer autre chose.
La façade est concave,
et semble ouvrir l'espace...
Mais inévitablement...
nous arrivons à un élément qui monte.
On rencontre plusieurs fois des obstacles
qui nous rattachent à la terre...
mais nous finissons toujours
par reprendre le mouvement vers le haut...
jusqu'à ce que, par un chemin inévitable...
nous arrivions à la source de la lumière.
Messieurs.
Nous aimerions visiter la chapelle. Pourriez-vous nous l'ouvrir ?
Hélas non, monsieur.
C'est mon collègue qui a la clef.
Le malheureux est enfermé chez lui, malade.
Je suis désolé pour lui.
Mais il doit exister un double de la clef.
Hélas non, monsieur.
Ce serait contraire aux règles administratives.
Je comprends.
Mais alors, quand pourrons-nous visiter la chapelle ?
Quand mon collègue sera rétabli, monsieur.
Je veux visiter la chapelle.
Elle est fermée.
Il dit que la chapelle est fermée.
Je suis venu exprès d'Australie pour la voir,
alors dites-lui qu'il va l'ouvrir.
Il dit qu'il est venu exprès d'Australie pour voir la chapelle.
Elle serait fermée même s'il était venu de la lune.
Il dit qu'il est malheureusement impossible de l'ouvrir.
Dites-lui que je suis venu de Sydney !
Il est venu de loin...
Accompagné, sans doute, d'un kangourou ?
Nous sommes venus avec ma femme !
Il dit qu'il est venu avec son épouse.
Son épouse est peut-être un kangourou ?
Il demande si votre épouse est un kangourou.
Vous aurez de mes nouvelles !
Je vais solliciter l'intervention de l'ambassadeur d'Australie !
En fait,
c'est l'administration qui ordonne à mon collègue de rester chez lui.
Il s'y ennuie ferme, le pauvre.
Alors chaque matin, à l'aube, il vient ici.
Si vous venez demain très tôt, avant l'ouverture officielle du palais,
et que vous sonnez à la porte, je pourrai vous ouvrir la chapelle.
Signor cavaliere, il est temps de vous coucher.
Je veux terminer.
Maintenant, vous devez vous reposer.
Je n'ai pas sommeil.
On m'a dit qu'à cette heure-ci, il faut que vous soyez couché.
Je me couche quand je veux !
C'est pour que vous alliez mieux.
Si vous m'ôtez la lampe, comment verrai-je ?
C'est l'heure où il ne faut voir que vos songes.
Venez.
Venez vous coucher.
Laissez la lampe.
Non, je dois l'emporter.
Vous devez dormir.
Mais quand je me réveillerai, comment ferai-je pour dessiner ?
Il y aura le soleil.
Je me lève avant le soleil !
Bonne nuit, signor cavaliere.
Messir Francesco !
Oui, signor cavaliere.
- Apportez-moi la lampe ! - Il est trop tôt, signor cavaliere.
Je veux écrire.
Vous devez dormir maintenant.
Vous écrirez au lever du jour.
Je veux écrire maintenant.
Apportez-moi la lumière.
Je dois suivre les ordres qu'on m'a donnés, signor cavaliere.
C'est moi qui vous donne des ordres !
Vous êtes mon maître, signor cavaliere.
C'est de vous que j'apprends mon art...
Mais je dois obéir à d'autres.
Je vous ordonne de venir avec la lampe !
Je n'ai plus aucune place.
Je n'ai plus de lumière.
Comment vivre sans lumière ?
Je me ferai une place.
J'écrirai à la lumière de Dieu.
Je me ferai mal, mais je ferai du bien.
Signor cavalier, qu'y a-t-il ?
J'arrive, signor cavaliere. J'arrive.
Où êtes-vous, signor cavaliere ?
Dans l'obscurité.
Signor cavaliere !
Qu'avez-vous fait ?
Je me suis fait mal,
et je vais mourir.
Mais pourquoi, signor cavaliere ?
Pour retrouver la lumière.
J'ai mal agi.
Non, messir Francesco.
Vous êtes bon.
Ceci est arrivé à cause de moi.
Non, messir Francesco.
C'est moi qui l'ai fait.
Et je l'ai fait pour vous.
J'en porterai toujours la faute.
Au contraire, Franceschino.
Vous êtes sauvé.
Bonjour.
Entrez.
Que pourrait-on faire de la digue ?
Il ne servirait à rien de la détruire entièrement.
Ce qu'il y avait avant est perdu à jamais...
Qu'en feriez-vous alors ?
Je ferais un grand trou au milieu, pour rétablir l'unité du lac,
et pour nous débarrasser des voitures.
Que mettriez-vous sur les morceaux de digue restants ?
D'un côté, des maisons,
pour faire un nouveau quartier de Bissone,
et de l'autre...
un petit bois.
C'est dommage que vous ne fassiez pas de cours.
J'ai toujours refusé de le faire.
L'idée même me dégoûtait.
Pourquoi ?
Peut-être que j'en avais peur.
On a dû beaucoup vous solliciter.
Oui.
L'école de Venise m'a proposé de faire une intervention
pour les étudiants en première année.
Et vous avez refusé ?
Je n'ai pas encore donné ma réponse.
Mais je crois que ce sera oui.
Je serai votre élève alors.
Oui.
Comme je suis un peu le vôtre.
- Je n'ai plus peur, Goffredo. - De quoi avais-tu peur ?
De l'ombre qui était sur toi.
Maintenant, je n'y vois que lumière.
Je t'aime beaucoup, Goffredo.
Parce que nous nous aimons, nous devons nous quitter.
Je sais.
C'est le dernier jour de notre enfance. Après, je dois partir.
Oui. Mais nous sommes libres maintenant.
Allons faire un tour sur le lac, puis nous retrouverons nos amis.
Oui.
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