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Zulu
[Musique]
J'ai plus envie de voir les gens.
J'ai l'impression, qu'à part me faire du mal,
ils servent à rien.
J'ai jamais envied'aller au collège,
mais ça papa et maman ne le comprennent pas.
Mais ça me fait tellement mal au ventre d'y aller...
j'ai...
j'en vomis sur le chemin.
[Musique]
- Et puis on ressent un lien avec une situation sociale
on ressent un stress, sauf que comme on a une fragilité,
cette fois-ci on va ressentir un énorme stress.
Donc, au lieu d'avoir un stress normal
qu'on peut analyser et qui est acceptable,
et bien on va avoir un stress très oppressant,
très, très très physique.
C'est le cœur donc qui va battre plus vite,
c'est les muscles qui se tendent,
c'est l'impression d'étouffer, etcetera.
Bref, c'est l'angoisse, la panique.
On parle de, d'attaque panique pour décrire le,
le sentiment phobique ou,
éventuellement, de crise d'angoisse.
Et ce...
à partir de ce moment-là malheureusement,
le stress crée du stress
et plus on lutte plus ça se renforce,
la peur crée de la peur et,
à partir de ce moment-là, la fobie s'installe
et souvent elle s'installe sur...
- Je suis rentrée
- Okay.
- Ton plateau... ?
- Excuse-moi, j'ai pas eu le temps.
Tu pouvais y mettre du tien. Tu n'est pas à l'hôtel.
Petit flâneur !
Bien, tu sors du pied et tu vas acheter du pain.
- Mais quoi ? Non, non, j'ai... je vais faire l'Aspie,
- Non, non, non. Arrête de négocier là.
Allez ! Tu sors d'ici et tu vas acheter du pain.
- Maman, je te jure que je peux pas.
- Tu sors d'ici et tu vas acheter du pain.
- Putain !
- Ça va ?
Hey, ça va ?
Attends, respire...
regarde-moi,
prends ton temps.
Eh, regarde-moi
Tiens, regarde-moi.
Respire avec moi. Viens, on inspire
et on expire.
Vas-y... attends...
Ouais, regarde-moi.
Oublie, oublie tout ça, vas y.
Oublie tout ce qu'il y a autour.
- Tiens, je te propose d'aller là-bas .
Il y a moins de gens. On y va ?
- Ça va mieux ? - Oui.
Tu vas me trouver bizarre.
- Tu sais, ma cousine elle avait la même chose
et sa technique à elle c'est quand elle sortait,
elle comptait ses pas, tu vois.
C'est pas mal.
Mais qu'est-ce qui s'est passé là ?
- Ma maman voulait que je...
enfin ma mère voulait que je sorte un peu,
à acheter du pain par exemple. - Tu voulais quoi comme pain ?
- Non mais... te sens pas obligé...
- Non, ne t'inquiète, dis-moi tu voulais quoi ?
- Une miche - Ne t'inquiète, j'y vais.... - Tiens, tiens.
- Je reviens.
[Musique]
- Tiens, voilà.
- Merci. - Pas de quoi.
- Tu t'appelles comment ? - Roméo
- Okay, Juliette.
Moi c'est Eliott.
Tu vois, c'est quoi ton numéro ?
Tu sais, comme ça je sais si tu bien rentré.
- Ouais, okay.
Il est écrit en haut. - Merci.
[Musique]
[Vibreur]
- Mon Dieu....
- Allô ? - Roméo, ça va ?
À cause de toi j'ai pas du tout fait ce que j'avais à faire.
Là j'ai complètement oublié d'aller acheter mes clopes.
- Ça peut pas te faire de mal non plus.
- C'est vrai.
D'ailleurs tu tu es moins timide là. - Hmm...
- Bon, en tout cas je suis content que tu sois rentré.
- Dis, tu as quel âge ?
- À ton avis ?
- Je sais pas,
19, 20, un truc comme ça.
- 19, mais fin demain.
- Joyeux anniversaire alors.
- Rappelle-moi demain pour le me souhaiter.
Bon, je dois te laisser.
Tu me rappelles demain ?
Est-ce qu'une question si laide ?
Oh, pardon. Oui, oui, super.
- Super à plus. - À plus.
- Je sais très bien que ça t'a blessé
et, crois-moi, c'était absolument pas ce que je voulais
et même si tu as toutes les raisons pour me détester et de pas me faire confiance,
mais je peux te jurer que c'est elle qui m'a embrassé.
J'aurais dû la repousser bien avant et...
[Vibreur]
- Hallô ça va ? - Est-ce que tu es déjà allé au Center Parcs ?
- Quoi ? - Est-ce que tu es déjà allé au Center Parcs ?
- Bah non, pourquoi ?
- Okay. On est le combien aujourd'hui ?
- Huh, on est le 26 juin, je crois.
- Tu sais quoi ? 26 juin de l'année prochaine on y va tous les deux
Il faut se mettre des objectifs, non ? - Okay.
Et pourquoi Center Parcs ?
- Bon, déjà parce que j'adore nager
et que je vois comment tu nages.
- Non, mais dès la première brasse ça sera sortir directment hors de l'eau
tellement tu auras honte.
- On doit voir ça, alors.
Bon, sinon tu as fait quoi aujourd'hui ?
-Huff...
Rien... comme d'hab quoi.
- Okay, j'arrive. Bisous.
- Quoi ? Maintenant ? Attends, attends.
Allô ?
Et merde...
- Qu'est-ce que tu fous là ? Comment tu as su où j' habitais ?
- Localisation snap.
- Tu es allé super vite.
Tu es un tueur en série ou quoi ?
- Tu l' as tout court.
Il en fallait que j'élimine minimum trois parents et j'en ai tué que deux,
malheureusement.
Je peux rentrer ou pas ?
- Bah, ouais vas-y, rentre.
- Merci.
- Même si c'est complètement con te laisser rentrer
après ce que tu viens me dire.
- Bon, là tu as de la la chance mes parents sont pas encore rentrés, mais...
- Pourquoi de la chance ?
- Non, c'est juste que connaissant ma mère,
elle t'aurait posé beaucoup de questions sur toi
elle t'aurait analysé de la A à la Z pour savoir
si tu vendais pas de la drogue.
- Elle est cool ta chambre. - Merci.
Enfin là, elle est en bordel mais...
- Tu as pris ta douche avant que j'arrive ?
- Quoi ? Non.
- Tu as déjà remarqué, à chaque fois que tu es gêné tu fais...
"quoi ?"
En tout cas j'apprécie l'effort:
chemise, douche...
Tu m'as l'air moins stressé, non ?
- C'est la première fois que ça me fait ça.
- Bah, tu vois déjà c'est un progrès.
Tu sais c'est ça que tu loupes
tous les jours à l'extérieur,
des gens cool comme moi,
Enfin, pas cool comme moi mais tu as capté.
- Après techniquement, je loupe aussi les gens heureux ?
- Bah ouais, ça s'appelle la vie, ça.
- Tu es psychologue maintenant ? - Ouais.
C'est quoi votre rêve... Roméo ?
- Sérieusement là ?
Mon rêve ?
Bah je sais pas. Enfin, j'en ai pas quoi.
- On en a tous.
c'est quoi le tien ?
- Bah,
peut-être déjà pouvoir sortir avec des potes,
avoir des potes
et... euh...
faire des activités comme tout le monde quoi.
- Bah tu vois, ça déjà c'est faisable.
- Parle pas trop vite non plus. - Mais oui, je parle vite.
Tu es carrément capable.
Tu sais...
si tu te dis tous les jours que tu vas pas y arriver,
on est loin d'aller à Center Parcs.
Garde espoir, Roméo
- Oui, Grand Maître
- Et au-delà de sortir...?
Tu as des passions, trucs comme ça ?
- Euh si, j'aime bien le cinéma,
enfin je regarde plein... de séries, de films... - Ah, ouais...
- Il faut dire que j'ai le temps là...
après... niveau... euh...
études, tout ça...
je sais pas du tout ce que je veux faire
- Bah, déjà si tu aimes le ciné
tu pourrais t'inscrire... - Attends...
Ok, il faut que tu partes. Il y a ma mère. Vite, vite !
- Okay. - Non, non pas par là.
Par la fenêtre. Allez, vas ! - Romé !
- Mais non, attends je vais lui dire bonjour. - Tu viens Romé ?
- Ça marche maman. j'arrive.
- Quoi ? Mais non, tu es complètement malade. Allez, passe par là.
Tu passes par-dessus la balustrade,
après tu as un champ et après tu as un chemin.
- Ah, ouais. - Allez, dégage.
- Tu es complètement fou.
C'était un plaisir en tout cas.
- Euh, du coup j'ai terminé mon rattrapage une heure avant.
Bon, je sais pas si c'est un très bon signe.
- Non, pas du tout, je pense.
- D'ailleurs, je pense qu'on sort ce soir avec mes potes du rugby.
Tu veux venir ?
- Ah...huff...
Pas, pas vraiment, pas encore.
Je suis déjà pas prêt à sortir dehors tout seul,
alors avec plein de monde que je connais pas...
- Okay.
Et si on sort tous les deux ?
- Euh... peut-être une prochaine fois.
Va profiter de tes potes plutôt.
- Tu es sûr ? Je peux annuler.
- Non, non, aucun problème. Vas-y.
- Ça marche. Bisous, bisous. Courage Roméo.
- Bisous, Elliot.
- C'est juste pour ça,
mais je vais arrêter de prendre ces cachets très bientôt
Tu veux aller au ballet avec moi ?
- Qu'est-ce que tu fais là ? - Grosse envie de te voir.
- Tu pouvais passer par la porte, tu sais ?
- Avec toi on sait jamais.
Tu faisais quoi là ?
- Euh... là j'étais juste en train de regarder...
- Tu regardes du porno ? - Pas du tout, c'est ma série.
- Et ouais, c'est ça.
- Quoi ? Tu me crois pas ? C'est vraiment ma série.
Regarde là, elle est super. - Ça va, je rigole.
Tu es mignon quand tu es gêné, tu sais.
Putain, j'adore ce lit.
- Ah ouais, tu crois quoi ? Je passe ma vie dedans.
Il faut mettre la qualité quand même...
- Bon, toujours pas envie de sortir ?
- Non, toujours pas.
Ça me prend pas comme une envie d'aller chier, figure-toi.
- Classe... grave classe...
super, c'est génial, franchement... top Roméo.
- Mais non. Mais qu'est-ce que tu crois ?
Tu crois que je vais avoir envie de sortir comme ça
ou juste en claquant des doigts ?
- Non, mais tu as raison,
Continuons à vivre dans ces quattre murs,
vivre d'amour et d'eau fraîche.
Gâchons notre seule et unique vie
en train d'imaginer ce qu'on pourrait faire dehors.
Tiens, tu t' imagines en train de jouer au bowling là
hop, strike. - Ta gueule.
- Je suis dans la rivière sauvage.
J'entends les pélicans roses d'un côté
et les arbres de l'autre.
Fais gaffe Roméo, il y a un requin...
Tu sais, une fois à la fac
je me suis planté devant tout le monde.
Enfin moi, vraiment je me suis cassé la gueule.
Et...
même si c'était pas un beau moment,
je suis content de l'avoir vécu.
Tu sais pourquoi ?
Parce que j'ai ressenti quelque chose
et...
même si c'était pas quelque chose de bien, tu vois,
c'est quelque chose de vrai.
Tu sais, je ne dis pas ça pour te mettre mal,
je sais que tu vas y arriver.
Oui, je suis là.
Bon, on mange quoi ? - Ah, tu t'invite ?
- Je m'imagine au restaurant.
Excusez-moi monsieur,
on va vous prendre... - Du vin rouge.
- Pas mal ça.
On mange au sachet ?
- Mais tu es sûr que tu veux manger par terre ?
J'ai une table si tu veux.
- Oui, oui ça me va. - Okay.
Donc tu fais pas de taches, sinon... fais gaffe.
- Pardon ?
- Et non, ne me faire rire comme un con, là.
- Tu sais, ça fait du bien de rire.
- Uhm... le psychologue qui revient.
- Fais gaffe...
j'ai 12 années de rugby consécutives.
- Combien ? - Douze.
- Ah, ça fait deux années consécutives.
- Ah, ouais ? - Euh
- C'est douze. Hops...
Beh, voilà. Putain ! Elliot, je te l'avais dit...
En plus c'est une coca, ça va être partout. C'est déguel.
- Qu'est-ce que tu es chiant quand tu te mets... - Ah, oui ?
Légèrement maniaque.
Tu as toujours pas remarqué ?
Quoi ?
Allez, nettoie là.
Qu'est-ceque tu as me regarder comme ça tout d'un coup ?
- Je t'aime beaucoup, Roméo.
- Oh,oh me manque confiance ou quoi là ?
- Je te vois me regarder, Juliette.
- Non, mais attends. Il faut régler un truc là.
Pourquoi c'est moi Juliette dans l'histoire ?
Je m'appelle vraiment Roméo, c'est mon vrai prénom.
Ça fait un point pour moi là, non ?
- Je te rappelle que c'est moi qui viens en louche chez toi
- Ça c'est parce que c'est ton côté romantique.
Tu peux très bien passer par la porte,
Tu le sais très bien. - Okay, Juliette.
- Tu sais qu'il meurt à la fin.
- Tous les deux.
Bon...
tu sais...
je me sens différent avec toi.
- C'est à dire différent ?
- J'ai l'impression d'être moi-même.
- Parce que tu es pas toi-même avec les autres ?
- Non, mais...
tu as compris...euh...
c'est... juste, c'est mieux avec toi.
- Mais, tu sais...
enfin, pour moi aussi.
Tu es la première personne à qui je parle depuis...
- Depuis ?
- Mais depuis...
un' éternité.
On parlera de ça d'un autre jour,
Tu fais quoi la semaine prochaine ?
-- Euh... la semaine pro j'ai un tournoi de rugby.
- Ah, il faut peut-être que tu t'entraînes un peu là.
Tes plaquages et tout ils ne sont pas fous fous.
- Ah ouais ? - Ouais.
- Ah, putain !
- Et là ? - Bon, c'est pas mal. oui.
- Bon c'est bon là ?
- Attends, attends
- Dépêche-toi. Qu'est-ce que tu fais ?
- Vas-y. Tu peux enlever
- C'est bon ? - Ouais. - Okay.
- Putain, ça fait vraiment plaisir.
Et pour quelle occasion ? - Regarde.
- Oh, ohoh, un seau.
J'ai toujours rêvé d'en avoir un.
C'est pour ça que tu me répondais pas ?
- Attends, regarde bien ce que c'est.
- Ah, c'est pour faire les mains en 3D.
- Nos mains et après, si tu veux qu'on moule autre chose...
- Tu me dégoûtes.
- Je me suis dit ça pouvait être cool.
- Putain, tu es tellement cucul qui l'apprenne j'en reviens pas
- Ok bon, je vais mouler mes mains avec ma mére.
- Mais non ça va, je rigole, je rigole.
En vrai... merci beaucoup.
Ça m'a fait un grand plaisir.
- Bon, on fait quoi là ?
Celui là... - Eum...
- De l'eau - C'est au point.
C'est lui ? - Oui.
- Ça va faire des grumaux...
Je pense que il faut que ce soit blanc. - Ah, ouais.
- Ouais. - Continue alors.
Trois, deux, un, go !
[Musique]
[Musique]
- Coucou tu fais quoi ? Rappelle-moi dès possible, s'il te plaît.
[Vibreur]
- Allô ? - Allô Roméo ?
Je suis désolé d'avoir pas, de ne pas...
- Où tu es là ? Tu es bourré ?
- Non, non, je ne suis pas bourré.
Je suis juste avec mes potes et ils font les cons.
- Bon, tu viens après ?
- Euh... non.
Non, je pense pas que je vais venir aujourd'hui.
- Pourquoi ?
- Je suis avec mes potes et je suis bien là,
mais tu as qu'à venir toi, si tu veux. - Non, non.
- Attends...
Hey Arthur, fais gaffe là.
- Ce n'est pas bien comme-ça. Vas-y, vas-y !
- Excuse, tu m'as dit quoi Roméo ?
- Non, laisse tomber.
[Musique]
- Qu'est-ce qui se passe ?
- À ton avis ?
- Je pense, je pense qu'il faut que tu vas revoir ta psy.
- Elle me sert à rien ma psy.
- Mais si ça te permet de parler à quelqu'un...
- Je ne veux pas.
Elle fait semblant.
Juste parler à toi.
- Tu ne peux pas juste parler à moi,
il faut que tu parles à un professionnel.
- En tout cas je envie que tu viennes et toi tu viens plus.
- Je suis désolé.
- Tu restes ce soir ?
- Oui, je reste.
- Et samedi soir il y a l'anniversaire de maman aussi,
Tu seras là ?
- C'est cette semaine ?
Oui, oui je serai là.
Juste je sais pas à quelle heure je vais arriver
parce que il y a le match de rugby, tu vois ?
- Okay, ça marche.
On t'attendra.
Qu'est-ce qu'il y a ?
- Juste je m'inquiète pour toi.
- C'est pas pire que d'habitude, Elliot.
- J'ai l'impression que, que ça ne s'améliore pas.
- Ok bah, désolé d'aller mal quoi.
- Je ne dis pas ça, je sais que ce n’est pas ta faute
Juste ça fait un moment qu'on attend de sortir et
mais on sort pas.
- Okay, donc,
là tu abandonn tout du coup.
- J'ai pas dit ça.
- Et tu le penses ?
- J'ai l'impression que je ne t'aide pas.
- C'est complètement faux Elliot, tu m'aides.
- Si je te réponds pas, tu vas pas bien.
Quand je ne viens pas, tu es dépendant
- C'est parce que je t'aime, putain !
- Moi aussi. C'est pour ça j'ai envie que ça s'arrange
- Okay, okay, c'est bon.
Je vais faire des efforts.
Je te jure je vais faire des efforts. - Tu m'as déjà dit ça.
Tu m'as déjà dit ça mais, mais tu fais pas des efforts
parce que tu aime tellement ici et puis moi,
moi je ne peux pas rester dans cette chambre, j'ai envie de sortir,
de... de voir des gens.
J'ai... j'ai une vie, j'ai...
Roméo, moi aussi je t'aime.
- Ouais...
Viens, on fait un truc
Okay ?
- Quelle idée de merde... vas-y, vas-y.
- Attends.
Tu es prêt ? - Ouais.
Arrête de rigoler et fais ça bien.
- Oh, putain !
- Ça va ? C'est pas mal ?
- Non, ça va. Tu es bon, regarde.
- Ça va ? - Ça va.
Ça va, ça va.
- Continue.
- Quand ils vont repoussés on sort tous les deux.
- Salut, c'est Elliot. Je ne suis pas dispo.
Je suis au mon rugby avec mes potes.
Laissez-moi un message.
- Ouais Elliot, je t'ai laissé plusieurs messages.
Je sais pas ce que tu fous, mais je te rappelle qu'il y a l'anniversaire de ma mère
et qu'on t'attend.
Alors, rappelle-moi dès que possible, s'il te plaît,
- Roméo... on passe à table.
- Ok, j'arrive... j'arrive.
- Oui, il est parti à la Réunion.
- Mais qu'est-ce qu'il a encore eu comme idée celui là ?
- Bah, il est parti comme coach sportif.
- C'est super. - Bah oui, c'est... c'est top, mais...
il est parti combien de temps ? - Trois ans.
- Quoi ? Avec tous les enfants ? - Oui, il est parti avec...
Non, non, non. Il est parti qu'avec... euh... trois.
Il y en a trois qui sont aux études universitaires
et trois en internat.
- Et les chiens alors, il en a fait quoi ?
[Vibreur]
- Roméo, que c'est qu'il y a, enfin ?
Viens là.
[Musique]
- Mais pourquoi ?
Au delà de ce soir.
Tu viens plus.
En tout cas plus autant qu'avant.
- Je suis désolé pour hier soir.
- Moi je m'en fous que tu as une vie à côté,
Juste...
fais un peu plus attention à moi.
- Roméo,
depuis notre première rencontre je fais que ça,
je fais que faire attention à toi.
Je ne suis pas ton psy.
Je peux pas tout faire, tu sais.
J'ai l'impression que tu veux juste que je m'enferme ici avec toi.
C'est pas ça la vie.
On peut pas rester ici, la vie, elle est dehors.
- Tu crois que je sais pas ce que c'est que la vie ?
Tu crois que je le fais exprès ?
Tu crois que moi aussi j'ai pas envie de sortir comme tout le monde ?
- Tu... en fait...
je peux pas être là toujours, tu sais.
- Tu ne veux plus de moi.
Et bon dégage alors.
- Roméo, je ne fais pas ça contre toi, je le fais pour toi.
- Je t'aime, Elliot.
Je t'aime tellement...
- Moi aussi je t'aime,
mais il faut qu'on arrête ça
- Arrête de dire ça.
S'il te plaît arrête de dire ça.
- Tu es trop dépendant, Roméo.
Je suis désolé.
Tu es quelqu'un d'exceptionnel, tu sais. Gage pas ta vie en restant ici.
- Si tu veux plus me voir moi,
tu vas voir qui alors ?
- Personne.
Juste que c'est pas le bon moment
- Attends, attends, pars pas, je t'en prie.
S'il te plaît, pars pas.
- Je vais passer cette porte et je vais te laisser respirer.
Tu vas relever tout ça.
- Putain, tu te rends pas compte, Elliot.
Tu te rends pas compte que je suis déjà en enfer là.
Et sans la personne qui me rend le plus heureux, je fais comment moi ?
Arrête de me dire que c'est pour mon bien.
Tu peux que me faire du mal.
Tu le sais très bien.
Pourquoi tu veux ça ?
- Je suis désolé.
- Pourquoi tu m'en as pas parlé avant ?
Tu laisses tout tomber comme ça là ?
- Ça aura été pareil.
- Pas du tout.
On aurait pu essayer de changer plein de choses, putain.
- Je ne vais pas changer d'avis, Roméo.
[Musique]
[Musique]
- Coucou, bah, c'est encore moi.
Aujourd'hui ça allait vraiment pas
et j'étais pas bien du tout en mat.
J'ai commencé à trembler et
après j'ai eu des grosses bouffées de chaleur
À midi,
personne a mangé avec moi encore une fois.
Ça a quand même pas empêché
un groupe de gamins de venir...
J'ai plus envie de voir les gens.
J'ai l'impression qu'à part me faire du mal,
ils servent à rien.
J'ai jamais envied'aller au collège,
mais ça papa et maman ne le comprennent pas.
Mais ça me fait tellement mal au ventre d'y aller...
que j'en vomis sur le chemin.
- Salut,
ça fait longtemps que je me suis pas pas filmé avec cette caméra
Elliot s'est séparer de moi,
Je ne pensais pas qu'on pouvait avoir aussi mal.
Je me demande vraiment ce que je fous sur cette planète.
Il y a tellement de questions.
Pourquoi je lutte dans un monde qui ne veut pas de moi ?
Je pourrai jamais aller en cours ?
Je pourrai jamais sortir ?
J'ai perdu la personne qui comptait le plus sur moi
Plus, j'en peux plus.
Il manque tellement.
Je ne pourrai pas sans lui,
je ne pourrai pas sans avoir de ses nouvelles,
sans qu'il débarque à ma fenêtre à l'improviste,
sans avoir de ses câlins.
J'aurais voulu lui dire encore tellement de choses, il y a tout...
Désolé
- Là tu es à la douche.
Je voulais juste dire que, que je t'aime, voilà.
Euhm... que j'ai tellement hâte que
tu es mieux pour t'emmener partout,
dans mes matchs de rugby,
dans les soirées avec mes potes, au cinéma.
Ouais, j'ai trop envie qu'on fasse,
qu'on fasse plein de pays ensemble, tu sais.
Le Brésil, le Mexique,
toute l'Amérique quoi.
Franchement Juliette,
je ne sais pas qui t'a fait perdre toute confiance en toi, mais...
oh, ça a fini là bisous, bisous.
- Ça fait maintenant un an que j'ai plus de nouvelle d'Elliot.
Ça fait moins mal qu'au début.
Ça s'est estompé petit à petit
avec le temps.
Pourtant...
il est encore là...
avec moi.
Il s'est pas passé une seule journée sans que je pense à lui.
Je ne pourrai jamais oublier tout le bien qu'il m'a fait,
il m'a fait découvrir tellement de choses,
qui je suis,
qui j'ai envie d'être.
Alors oui,
j'ai eu très mal pendant très longtemps,
mais aujourd'hui je sais pourquoi.
C'est parce que...
je l'aimais plus que tout,
d'un amour puissant,
tellement puissant que...
que je me suis perdu.
Je pourrai jamais revivre les mêmes choses qu'avec lui.
C'est drôle,
j'ai appris en même temps à être seul et
entouré
de plein de monde que je ne connais pas.
Bon, maintenant c'est pour toi Elliot.
Je ne sais pas quand est-ce que tu verras cette vidéo,
je ne sais même pas si tu la verras d'ailleurs,
mais...
j'espère déjà que tu es content de voir que
je suis dehors.
Bon, ce n'est pas une salle de concert rempli de monde, mais
je sors tous les jours.
Je vais faire les courses,
je vais au cinéma,
je me balade, bref...
je redécouvre la vie
comme si je réapprenais tout du début.
Mais ça c'est grâce à toi.
Alors, du fond du coeur,
merci,
merci pour tout,
pour tout le bien que tu m'as fait,
pour toute la force que tu m'as donnè,
pour tous les souvenirs que tu m'as laissé
qui sont là, bien au chaud
garder comme un trésor,
[Musique]
J'espère que toi aussi tu penses encore à moi,
que tu te rappelles que du positif.
J'espère aussi que tu voyages,
que tu es allé à Center Parcs
et que tu as accompli tous tes rêves,
même si de ça j'en doute pas trop.
Parfois j'aimerais que tu reviennes,
que tu réapparaisses à ma fenêtre
comme un vrai Roméo finalement.
Je filme cette dernière vidéo pour marquer la fin
d'un long chemin difficile.
Je m'en suis relevé,
comme quoi
rien est impossible.
[Musique jusqu'à la fin]
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