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Original subtitles

Allez, Tony.

Vous pouvez me faire confiance.

Faites-moi confiance.

Encore un pas.

Vous avez un message.

Veuillez patienter.

Message pour Tony Hill de la part de Karen Berman.

Rappel : la soirée "20 ans déjà" a lieu dans trois jours.

Le compte à rebours a commencé. Tic tac.

Eglee.

On ne vous demande qu'une chose :

laissez Tracy rentrer chez nous.

S'il vous plaît.

Elle est toute notre vie.

Peu après cet appel, le corps de Tracy Bradshaw

fut découvert, à l'agonie.

La police interroge

l'homme qu'elle soupçonne de cette agression sauvage.

C'était moi, Dr Hill.

Je l'ai foutue à poil, je lui ai écrit dessus

et je l'ai violée.

Et en la violant : "Tu me vois, là ?"

Nous avons réuni ce comité de libération conditionnelle

pour examiner la requête de M. Eglee

d'être réinséré dans la société.

Souhaitez-vous l'interroger ?

M. Eglee, à votre avis, Tracy Bradshaw

est-elle morte ou vivante ?

Je supporterais mieux l'idée

qu'elle soit morte.

Je pourrais faire la paix avec elle.

Mais la savoir dans le coma, c'est comme si je recommençais,

chaque jour.

Ça me rend fou.

Et la famille de Tracy,

ça vous rend fou ?

Je sais qu'en m'attaquant à Tracy,

j'ai blessé tous ceux qui l'aimaient.

C'est comme...

comme si j'avais déchiré

le tissu même de leur vie.

J'essaye de me racheter.

Comment ?

J'écris à la mère de Tracy.

C'était l'idée du Dr Ozick,

que je lui tende la main,

que je l'aide à tourner la page.

Elle s'en est réjouie ?

Elle a répondu...

qu'elle me souhaitait de brûler en enfer.

Je n'ai pas abandonné.

Je lui ai dit que jamais je ne me pardonnerais.

Jamais.

Ça vous a fait du bien ?

C'était pire.

Je sais bien ce que j'ai fait.

À l'image de Tracy,

mon crime vit encore.

Pour ma part, je suis convaincu qu'il est devenu

un jeune homme raisonnable et prévenant.

Il a fini ses études secondaires et prend des cours de psychologie.

Et un psy de plus ! Dieu nous préserve !

J'ai vu Jason régulièrement ces 4 dernières années,

et pour moi, il a appris à se connaître

mieux que d'autres qui n'ont pas son passé.

Ce qu'il dit sur la famille de Tracy...

Regardez, ici.

"L'agresseur doit prendre conscience qu'il a touché la victime,

"mais aussi sa famille et ses amis."

Soyons sérieux !

"Les crimes violents déchirent le tissu même d'une communauté."

C'est dans le manuel.

Ce n'est pas parce qu'il l'a lu

qu'il ne le ressent pas ou n'y croit pas.

Vous vouliez mon avis d'expert, je vous le donne :

En 1996, Jason Eglee a soigneusement planifié son crime.

En 2006, il a soigneusement planifié sa séance devant ce comité.

Je n'y crois pas.

Le comité est revenu sur sa décision.

Sa mère est morte.

C'est une mascarade.

J'ai vu au fond de ses yeux le même tueur qu'il y a 10 ans.

Mieux vaut que vous ne l'approchiez pas.

Absolument.

Bien sûr.

Notre passage sur terre est de courte durée.

Telle une fleur, nous nous épanouissons, puis fanons.

Dr Hill...

C'est gentil d'être venu.

Vous ne faisiez que votre travail.

Jason lui-même le comprend.

Quelle noblesse d'âme !

J'ai passé du temps avec lui depuis sa sortie.

Il en a les moyens ?

Je ne facture pas les détenus.

Votre bonté est-elle donc sans limite ?

Je voulais vous poser une question.

Le crime de 1996, Tracy Bradshaw,

vous êtes sûr que Jason Eglee l'a commis ?

Il a été inculpé, non ?

Les erreurs judiciaires, ça se produit parfois.

Croyez-moi, Jason a bien violé et quasi tué Tracy Bradshaw.

Allez, dites-le.

Quand j'écoute Jason en parler pendant nos séances,

je détecte comme la présence d'une autre personnalité,

très dominatrice, qui s'exprime à travers lui.

Un genre de démon ?

Non.

Un genre de psychologue.

J'ai fait de mon mieux, Tracy.

Je suis désolé.

Des papiers ?

Ni sac à main ni portefeuille.

Seulement le collant.

Les scouts ont effacé les empreintes.

Baden Powell ne leur a pas enseigné le savoir-vivre des scènes de crime.

- Cause du décès ? - Je n'ai pas encore regardé.

Une petite idée ?

Étranglée avec son collant, qu'on lui a mis sur la tête.

- Super. - On a peut-être son identité.

Une certaine Linda Westhead n'est pas rentrée de la nuit.

Ses parents viennent de le signaler.

Leur description correspond, jusqu'aux boucles d'oreilles.

- Ils savaient où elle était ? - Au Pulse, une boîte de nuit.

Appelez les parents,

qu'ils viennent l'identifier. Parlez à ses copains.

Les caméras de surveillance ont filmé toute la scène

et je peux rentrer chez moi ?

C'est ce que vous voulez ?

J'ai un mauvais pressentiment.

Les caméras du parking et de l'entrée du fond étaient H.S.

On essaye de savoir pourquoi et depuis quand.

Des témoins ?

Pas encore. On cherche.

Vous savez qui a fait ça.

Le style de victime, le lieu de l'enlèvement,

la méthode d'enlèvement,

le déplacement,

le corps abandonné. C'est pareil.

- Donc c'est Eglee. - C'est mon mauvais pressentiment.

Il serait assez idiot pour récidiver 3 semaines

après sa libération ?

Vous voyez quelque chose d'idiot, ici, Alex ?

Des témoins ? Une vidéo de surveillance ?

Eglee travaillait pour une société de surveillance.

Ce talon va le contrarier.

Pour Tracy Bradshaw, on n'a jamais retrouvé son sac ni rien.

- On a la lingerie de Linda. - Un coup de chance.

Et les traces sur le corps ?

Empreintes, cheveux, fibres, sperme, salive ?

- Pas encore, mais l'autopsie... - C'est une perte de temps.

Cet homme est maniaque.

Je parie qu'il se lave le sexe à l'eau de javel.

Merci pour l'image.

Mais ça signifie aussi que rien ne relie Eglee au crime.

Eglee a écrit sur le corps de Tracy. Il n'y a rien sur celui de Linda.

Mais il est coupable.

Alex Fielding.

C'était Vernon.

Il a écrit sur elle.

Sur son scalp

et entre ses fesses : "salope, pute".

- Au rouge à lèvres ? - Taillé en pointe, couleur corail.

Je vais demander un mandat d'arrestation.

Police criminelle. On cherche Jason Eglee.

Le Dr Hill regarde ?

Pourquoi ?

Il faudrait ?

Je ne veux parler qu'à lui.

- Pourquoi ? - J'ai confiance en lui.

Bonjour, Dr Hill.

J'ai entendu parler d'une fille, à la radio.

Vous voulez parler d'elle ?

Je peux regarder ?

Pile mon genre de fille.

Mais vous le savez déjà.

Ah oui ?

- Elle a été enlevée où ? - À votre avis ?

Un club, peut-être,

ou une boîte. Un lieu où il fait noir.

C'est très bien. Vous prenez le contre-pied...

Je suppose qu'elle a été violée.

Son joli jeune corps a été violenté

à la discothèque, ou ailleurs ?

À vous de me le dire.

Vous avez une copine ?

Vous cherchez encore l'amour ?

C'était quand, votre dernière culbute ?

Je ne m'en souviens plus.

Bienvenue au club.

Quoi qu'il en soit,

cette fille...

Elle n'a pas été violée au club,

donc votre salaud a eu besoin d'un mode de transport.

Malheureusement, je n'ai pas...

Mais si.

La boutique caritative a un van.

Un van tout à fait adapté

au transport de corps.

Où étiez-vous hier soir, Jason ?

Dans un endroit très sombre, Tony.

Vous voyez de quoi je parle ?

Je pense que si.

Vous m'y avez emmené.

Paula examine le van avec les scientifiques.

À quoi il joue ?

Je n'en sais rien.

Sachez que je n'ai pas de copine

parce que je n'ai pas trouvé la bonne.

Je suis peut-être bizarre,

mais on me sollicite.

- Ça ne m'a pas effleurée. - Pas un instant ?

Kevin.

Un certain Gordon Ozick a appelé.

Le psy d'Eglee. Il aurait passé la soirée avec lui.

- Quand ? - À l'heure du meurtre de Linda.

- Pourquoi il n'a rien dit ? - Parce qu'il joue avec nous.

Jason m'a appelé à 20 h 30,

en disant qu'il pétait les plombs.

Je suis allé à son appartement.

En pleine nuit ?

Je suis arrivé vers 21 h

et reparti vers 2 h.

Cinq heures ? Quel dévouement !

Je me sens responsable de Jason.

Mes pairs l'ont lâché.

Tout de même, 5 heures...

Je suis contre les séances d'analyse minutées.

Et les plaies de Jason sont profondes.

10 ans de prison, ça laisse des cicatrices.

- On vous a vu arriver, repartir ? - Je n'en sais rien.

Mais j'étais avec Jason Eglee hier soir.

C'est ce que je dirai à la barre des témoins.

Mon travail avec les détenus n'est pas rétribué.

Mais dans le cas de Jason,

je récolterai au moins les fruits de la publication de mon livre.

De quoi ça parle ?

De l'arme dangereuse que peut être la psychologie...

Entre de mauvaises mains.

- Vous citez Jason Eglee ? - Le livre, c'est lui.

Jason est un diamant à l'état brut.

La séance d'hier. Trois heures d'enregistrement.

On peut l'écouter ?

Avec la permission de Jason.

C'est une séance d'analyse.

Qui figurera dans votre bouquin.

Une fois qu'elle aura été réinterprétée,

habillée.

Il souhaite que ses souffrances servent à d'autres.

J'étais avec Jason hier soir.

Il n'a assassiné personne.

Ozick est venu ici ?

Il n'y a rien. Ce type vit comme un moine.

- Et les cassettes ? - Vierges.

L'alibi de votre ami psy couvre l'heure de l'enlèvement.

Ce n'est pas mon ami.

C'est un charlatan baratineur et hypnotiseur.

Il m'a fait bonne impression.

Ça ne vous surprend pas

que l'alibi d'Eglee soit un psy ?

Je crois que ça s'est trouvé comme ça.

Ça cache sûrement quelque chose.

Vous voulez dire qu'il aurait tout planifié,

tout organisé pour vous atteindre ?

Absolument, oui.

On va relâcher Jason Eglee.

Surveillance pendant 48 heures.

Suivez-le, enquêtez sur la boutique où il travaille.

Kevin, vous coordonnez.

Paula, son passé.

Famille, amis, co-détenus, correspondants,

types relâchés avant lui.

Surtout criminels sexuels, violeurs et séducteurs en tous genres.

Le dossier de Tracy Bradshaw envoyé par la Crim du Yorkshire.

Il faut tout éplucher et comparer à l'affaire Westhead.

Il y a peut-être des liens qu'on n'a pas vus.

Il y a une grosse différence entre les deux filles :

Tracy a survécu.

Il cherchait à la tuer.

Elle a eu de la chance. Ou de la malchance.

- Comment vous le savez ? - Il m'a dit

qu'il l'a regardée mourir.

C'est un serial killer, c'est évident.

Évident dans le 1er cas comme dans le 2e.

Maintenant, il est en quête de sa 3e victime.

En tout cas, notre point de départ, c'est Eglee.

Vous savez quoi faire.

Je peux faire quoi ?

Tant qu'on n'a personne, pas grand-chose.

J'aimerais revoir Eglee.

La dernière fois, je l'ai fait parler.

C'est mon entretien ?

C'était mon premier cas pour la police.

Ma première confession.

Je crois que je devrais lui parler.

Vous devriez garder vos distances.

Évitons de faire d'autres faux pas.

On applaudit bien fort Becky Cunnigham !

Elle porte une minijupe Dorothy Perkins

tout droit sortie des années 80.

Avec un chemisier Marks & Spencer

qui remonte à on sait pas quand.

Vous pouvez acquérir l'ensemble pour 5 livres.

Merci, Jason.

Visez un peu Lyndsey Sherwood,

authentique rockeuse des années 80.

Qu'est-ce que je peux dire ?

Dr Hill, bonsoir.

Jessica Piper,

je suis journaliste. Vous ici ?

J'ai envie d'appeler le contrôleur judiciaire d'Eglee

pour le prévenir qu'il est entouré d'adolescentes légèrement vêtues.

- Elles sont à votre goût. - Je ne suis pas un violeur.

Vous êtes psychologue.

Que faites-vous ici ?

Une interview de Jason.

Une autre ?

Pour savoir quel est son moteur.

Facile : désir et haine.

Je peux vous citer ?

Vous avez été son psy.

C'est un peu flippant.

Je voulais rentrer avec les autres.

Lâchez-la, Jason.

Jason, fais quelque chose !

- Vous me faites mal ! - Je suis avec la police.

Ne suivez pas cet homme.

- Vous le connaissez ? - C'est mon cousin.

Il a rien fait à personne. Dégagez !

- Tout va bien ? - Ce malade nous a attaqués.

C'est un malentendu.

Dr Hill s'inquiétait pour vous.

Y a pas de mal, Jason ?

Je rajouterai ça à ma liste.

Venez.

Il la faisait monter dans le van. Je ne pouvais pas savoir.

Que fait ce van ici ?

Les scientifiques devaient l'examiner.

Ils n'ont rien trouvé.

Que faites-vous là ?

Le lieutenant nous a dit de surveiller Eglee.

Ne dites rien à Alex.

Ne lui dites rien.

Alex, vous avez appelé ?

Pas malin de vous jeter sur Eglee.

Kevin a cafté ?

Une journaliste, Jessica Piper.

Elle a demandé si on le soupçonnait du meurtre de Linda Westhead.

- La réponse est oui. - De moins en moins.

On a interrogé toute la boîte,

regardé les vidéos de surveillance et relu le rapport du labo.

Il a un alibi béton. Aucune trace de lui dans la boîte,

sur les vidéos, sur le corps de Linda

ou dans le van.

Mais oui !

C'est lui qui porte le collant sur la tête !

Ça le rend plus terrifiant

et ça lui évite de laisser des empreintes sur la victime.

Je parie qu'il se rase : torse, poils pubiens, tout.

Convoquez-le, faites-lui baisser son pantalon.

Pas question, je sais.

Mais Alex, vous le sous-estimez.

Le coup du masque,

c'est son "je vous emmerde" final.

Vous êtes épuisé, regardez-vous.

Vous devriez vous mettre au vert.

C'était quand, vos dernières vacances ?

1994.

Lisbonne.

Une catastrophe.

Elle s'appelait...

C'était quoi, son nom, déjà ?

Jane Fade.

Hormis qu'elle était tout sauf fade.

Que me cachez-vous ?

D'après un contact de Paula,

Le Bradfield Chronicle va publier un article sur Eglee et vous.

Écrit par cette Jessica Piper ? À quel sujet ?

Apparemment, ça traite de l'affaire Bradshaw.

Des aveux d'Eglee.

- Et ? - J'en sais rien.

Des inquiétudes ?

Faites un break.

Partez en vacances.

Faites-moi confiance.

Encore un pas.

Le psy m'a tiré des aveux de force

Jason prétend qu'il a passé plus de 24 heures avec Dr Hill

et qu'à la fin, il avait perdu toute notion du temps.

Il ne savait pas quel jour c'était ni comment il s'appelait.

Oui, monsieur, il y a pire.

Il faut en déduire que Jason Eglee

est soit incroyablement intelligent,

soit victime d'une terrible erreur judiciaire.

Que suggérez-vous ?

Qu'on rouvre l'affaire Tracy Bradshaw

et qu'on blanchisse un homme innocent.

Allez, Jason. Il faut me faire confiance.

Je sais ce que c'est. J'ai vu Tracy à la télé.

Le petit film attendrissant de ses parents.

"Rendez-nous notre petite fille."

C'est pas une petite fille.

C'est une allumeuse.

Elle sait qu'on la désire.

Mais vous et moi, on y a jamais droit.

Donc on a un plan. Faut qu'on soit malins.

C'est tout ce qu'on a en notre faveur.

On peut l'échafauder.

Puis on le met en œuvre.

Les femmes aiment le pouvoir.

Et vous, du pouvoir, vous en avez.

Nous autres, on a des rêves, mais on n'ose pas.

Vous, par contre, vous avez osé.

Vous avez osé aller jusqu'au bout.

Assouvir le fantasme caché des femmes.

Vous, vous avez réaffirmé l'ordre naturel des choses.

Comment ça ?

Fielding.

Vous étiez contre sa conditionnelle ?

Oublié quelque chose ?

Vous lui avez extorqué des aveux, hein ?

On a examiné le dossier Bradshaw.

La Crim du Yorkshire a bien bossé.

Un témoin a repéré le van d'Eglee près du lieu de l'enlèvement.

La société qui employait Eglee

venait de réviser les caméras de surveillance de la boîte.

Une tache de sang sur ses vêtements était du groupe sanguin d'Eglee.

Ils n'ont pas fait d'analyse ADN,

parce que Dr Hill avait obtenu des aveux.

On devrait la faire maintenant.

Eglee n'acceptera jamais de nous donner un échantillon.

Pourquoi M. Ozick est ici ?

Pour me servir de témoin, si ça ne vous gêne pas.

- Un avocat, ce serait mieux. - Pourquoi ?

Vous avez falsifié des preuves, en plus ?

Il nous faudrait un échantillon d'ADN

pour en finir avec tout ça.

C'est une mauvaise idée, Jason.

Si M. Eglee n'a pas agressé Tracy, l'analyse le prouvera.

L'expérience de Jason avec la police ne le rend pas confiant.

On devrait appeler un avocat.

Je suis comme vous, je veux connaître la vérité.

Je la connais déjà.

- Admettons qu'il y ait une erreur. - Une erreur ?

Le juge voudra des preuves nouvelles

pour annuler la condamnation.

Vous pouvez passer par un laboratoire indépendant.

Si vous n'acceptez pas,

on répondra à la presse

que vous avez refusé de coopérer quand on a voulu rouvrir l'enquête.

- C'est du chantage. - Je n'ai rien fait.

Je vous le jure.

Ça ne suffit pas.

Analysez ça, alors !

Ça vous va, ça ?

Vous rouvrez l'enquête Bradshaw ?

Bien obligé.

Parce qu'Eglee est allé pleurer à la presse ?

Sur cette base, vous pourriez rouvrir toutes vos enquêtes.

Il a donné son ADN.

Donc il est soit idiot, soit innocent.

Il a avoué, il m'a donné tous les détails.

Ah oui ?

Vous ne voulez pas qu'elle vous fasse de marques.

Pour l'empêcher de griffer, vous lui attachez les mains.

Elle est plus inoffensive,

elle souffre plus.

Surtout quand elle sent votre poids,

quand elle prend conscience de ce qui l'attend.

Sauf que ça, elle le savait déjà,

puisque vous l'avez écrit sur elle.

Vous lui avez dit ce qu'elle était. Une salope,

une pute...

Oui, il a avoué.

Mais quoi ?

Regardez ces films.

On dirait que vous lui avez dicté ce qu'il devait répéter.

C'est l'impression que ça donne.

Comme je vous l'ai dit, mettez-vous au vert.

Vous vous sentez vengé ?

Un gros titre me rendra pas ces 10 années.

J'aimerais en écrire plus. Sur votre cauchemar.

Je veux montrer qui vous êtes vraiment.

La police est venue.

Ils m'ont demandé un échantillon d'ADN.

Je leur en ai donné un.

- Vous serez innocenté, alors. - Ah bon ?

Parce que moi, j'en sais rien.

Je sais plus qui je suis.

J'en ai pas la moindre idée.

Dans quelle mesure un psy peut influencer son patient ?

Ça dépend du patient.

Un patient peu intelligent ou peu instruit.

Sous pression.

Vous voulez dire, dans un commissariat ?

Peut-être.

J'en ai vu, dans cette situation, qui restent campés

sur leur version, vérité ou mensonge.

Et d'autres,

à qui on peut faire dire et croire n'importe quoi.

Comment ?

Dr Hill a dû vous dire

que je pratique l'hypnose.

Nous avons recours à l'échelle de suggestibilité de Stanford,

qui va de 1, les sujets les plus suggestibles,

à 10, totalement insuggestibles.

Où se situe Jason Eglee sur l'échelle ?

Au niveau 1.

C'est une proie facile.

Jason est d'accord.

Votre soirée avec lui ?

Ce n'est pas facile à écouter.

Je me suis trompé ?

Ici Tony Hill.

Je suis absent, laissez-moi un message.

Dernier appel pour le passager Hill.

Pour sa soirée d'anciens, l'embarquement débute dans 3 heures.

S'il ne se présente pas, ses valises émotionnelles

seront effacées de la mémoire de ses amis

et vendues aux enchères au bal de ce soir.

Comment je la trouve ?

Comment je la choisis entre des milliers d'autres ?

Quel est mon déclencheur ?

Sa tenue ? Son visage ?

Un simple détail ?

Sa façon de bouger ?

C'est ça, le truc.

Je la choisis pas.

C'est elle qui me choisit.

Je le sens. Ça émane d'elle.

Tout ce désir qui déborde.

C'est la rencontre de deux champs électriques.

Elle va me découvrir

et moi, laisser ma marque.

Et c'est comme ça.

Chaque soir, je m'enfonce dans un brouillard de désir,

la tête pleine de mauvaises pensées.

Pleine de mauvaises pensées ?

Vous avez envie de passer à l'acte ?

Pourquoi ne pas le faire ?

J'ai peur.

Peur de pas pouvoir faire ce que je veux

à cette pute, une fois que je l'ai soumise.

Tony Hill a réussi à me castrer.

Tu essayes de t'enfuir ?

Karen Berman.

Je t'ai attiré jusqu'ici, je ne vais pas te laisser partir.

Ça fait quoi ?

Vingt ans ? Plus ?

Sans doute plus.

Tu te rappelles la dernière chose que tu m'as dite ?

"Je n'ai pas le temps d'avoir une copine."

Tu m'as brisé le cœur.

J'en suis désolé. J'étais jeune.

Je plaisante, imbécile !

La seule chose que j'ai regrettée, c'est la baise.

Ah oui ?

C'était nul à ce point ?

Bon à ce point.

Tu veux un verre ?

- Vous avez tout écouté ? - Suffisamment.

Si le comité de conditionnelle avait entendu ça,

ils l'auraient jamais libéré.

Vous ne comprenez pas ?

Ce n'est pas Eglee, ça.

C'est quelqu'un d'autre.

Eglee n'a pas fait d'études,

mais il parle dans un style élaboré, imagé.

Il a pris des cours en prison.

Mais c'est toujours Eglee.

En êtes-vous sûre ?

Je l'ai fait régresser sous hypnose.

Une régression profonde jusqu'à l'enfance.

Je n'ai rien trouvé.

C'était d'une normalité profonde et ennuyeuse.

Et brusquement, il se trouve en proie à des fantasmes sadiques

et commet ce crime ignoble.

Et ses aveux, les détails, l'imagination...

D'où ça lui est venu ?

C'est ce qu'on appelle une réaction iatrogène.

Un jeune homme terrorisé et suggestible

face à un puissant psychologue, il n'avait aucune chance.

Le psychologue en question, c'est Dr Hill ?

Sans doute n'était-ce ni délibéré ni malveillant.

Mais c'est arrivé.

Je peux la garder ?

Merci.

Merci de m'avoir prévenue.

Désolée.

Je me suis fait piéger par ce dragueur Niall Shriner.

Il n'est pas jésuite ?

Tu m'as retrouvé comment ?

Je ne suis pas branché...

nostalgie.

Je t'ai traqué.

Je bosse dans le coin depuis quelques mois.

Je fais de la décoration intérieure.

On parle de toi dans les journaux, ces temps-ci.

Ça semble injuste, tout ce qu'ils racontent,

ce qu'ils insinuent.

Je suis ta carrière depuis l'affaire Tracy Bradshaw.

Tu as fait des choses remarquables,

tu as pris des risques,

tu as souffert.

Ça fait des années que je voulais t'écrire, t'appeler,

pour te dire

que de nous tous,

c'est toi qui as le mieux réussi,

toi qui as été le meilleur.

Sois pas gêné.

- Mais je le suis ! - Allez, viens danser.

- Allez ! - Certainement pas.

Tu rougiras moins.

L'analyse ADN innocente Eglee

- Excusez-moi. - Une seconde.

Alex, c'est moi.

- Vous me rendez mon journal ? - Police.

Eglee, l'ADN.

C'est vrai ?

Oui, c'est vrai.

Vous pouvez venir ?

C'est fini ?

Ma vie professionnelle, en tout cas.

L'annulation de son jugement est en cours.

Eglee va être totalement réhabilité.

Les avocats doivent se bousculer

pour lui conseiller de faire un procès pour inculpation abusive.

Au moins c'est la Crim du Yorkshire qui a foiré, pas vous.

Compte tenu des circonstances, on ne peut plus travailler ensemble.

Naturellement.

Je suis désolée que ça finisse comme ça.

Si vous avez envie de parler...

Hier soir, j'ai compris une chose

qui m'a échappé pendant longtemps.

- Vous dites ? - J'ai revu une ex, Karen Berman.

Ça faisait 20 ans. Elle est toujours jolie, drôle,

on s'entend bien, c'est sympa.

Comme a dit Eglee, c'était quand, ma dernière culbute ?

Et là, soudain, allongé près d'elle, ça fait tilt :

c'est avec Carol que je veux être,

ou avec vous.

Karen a étudié toutes les affaires que j'ai traitées.

Et c'est ce qui me rend sexy, séduisant à ses yeux.

Comme ces folles qui s'attachent à des serial killers.

Elle n'est pas folle.

Elle a étudié toutes vos affaires ?

C'est un comportement équilibré ?

On dirait que vous êtes jalouse.

Croyez-moi, je ne le suis pas.

Je le sais bien.

Tout ce que je dis, et j'ai du mal

à dire quelque chose de sensé ces jours-ci,

même selon mes critères... C'est ma tête.

Cette maudite tête !

Ce que je veux dire,

c'est que vous m'acceptez tel que je suis.

À reculons, peut-être.

Mais vous m'acceptez.

Et j'ai confiance en vous.

Je peux tout vous dire.

Il m'arrive de le regretter.

Vous avez compris qu'Eglee se vengeait.

- Sur qui ? - De qui, on dit.

De moi.

Ça vous étonne ?

Il a perdu dix ans de sa vie à cause de vous.

Ozick m'a donné un enregistrement d'une de ses séances.

Vous savez ce qui m'a dérangée le plus ?

La façon dont s'exprime Eglee.

On dirait vous.

Qu'est-ce que vous racontez ?

On dirait vous, quand vous l'interrogiez.

Les mêmes idées, les mêmes expressions.

Vous l'avez créé, Tony.

Je devrais écouter, alors.

Vous avez un message. Veuillez patienter.

C'est Karen. Il faut que je te parle.

Je suis à l'hôtel.

Rappelle-moi.

On ne peut pas en rester là.

C'était quand, votre dernière culbute ?

Je ne m'en souviens plus.

Karen Berman, ça vous dit quelque chose ?

Je regarde ?

Dr Hill !

J'écrirai cet article avec ou sans vous.

Tant mieux pour vous.

Je sais pourquoi vous refusez de parler.

L'affaire Bradshaw vous a rendu célèbre.

Maintenant,

ils vont réexaminer toutes vos affaires.

Avocats, criminels...

Les aveux de Jason Eglee m'ont paru sincères.

- Vous ne lui avez rien suggéré ? - Il avait déjà des fantasmes.

Il était déjà passé à l'acte.

- L'analyse ADN dit le contraire. - L'ADN...

Je n'ai pas d'explication.

Alors, vous vous êtes trompé.

Je n'en sais rien.

C'est un peu confus.

- Je peux vous citer ? - Si vous voulez.

Excusez-moi.

Les témoins de l'affaire Bradshaw.

Karen Berman était dans la boîte quand Tracy a été enlevée.

Elle ne connaissait pas Tracy et n'a rien vu.

Pourquoi ?

C'est la nouvelle copine de Dr Hill.

Elle vit à Londres.

Mais elle était dans le Yorkshire, pour Tracy,

et à Bradfield, il y a 4 jours.

Une femme serait...

Ça expliquerait qu'on ait réussi à enlever les filles

sans que personne ne voie quoi que ce soit.

Elle a un casier.

Il y a 12 ans, le mari de Karen l'a quittée pour une autre.

Elle a été arrêtée pour menaces téléphoniques.

Elle a tenté de renverser la fille.

Elle a tagué sa maison et sa voiture.

Salope, pute, etc.

Elle a été condamnée avec sursis, avec obligation de thérapie.

Ce qui s'est passé hier soir,

c'était vraiment bien.

Il ne s'est rien passé.

Tu as dormi sur le canapé.

C'était vraiment bien.

Ne te moque pas.

Mes sentiments sont sincères.

J'aimerais savoir ce que tu ressens pour moi.

Tes sentiments.

Ce que je ressens ?

Rien n'a changé en 20 ans.

Je ne suis pas prêt à avoir une copine.

Je crois que je ne le serai jamais.

Je suis une catastrophe ambulante.

Toute ma vie professionnelle

va être passée au microscope des médias.

Personne ne survit à ça.

Je m'en fiche. Je te soutiendrais.

Il n'y a rien à soutenir.

Ce n'est pas que mon travail, c'est moi.

Ce que je suis devenu.

Il n'y pas de place pour une femme.

C'est comme ça.

Je regrette.

Je peux vous parler ?

Je vous en prie, parlez.

Que faites-vous à Bradfield ?

Ça ne vous regarde pas.

Où étiez-vous il y a 4 soirs ?

Je répète : ça ne vous regarde pas.

Vous travaillez avec Tony Hill, non ?

Sympa, ce rouge à lèvres.

Quelle couleur est-ce ?

Corail. C'est pas pour vous.

Excusez-moi, je dois faire mes valises.

Vous allez me suivre.

Elle va me découvrir

et moi, laisser ma marque.

Je le sens. Ça émane d'elle.

Tout ce désir qui déborde.

C'est la rencontre de deux champs électriques.

Où étiez-vous il y a 4 soirs ?

Je ne parlerai qu'au Dr Hill.

Dr Hill ne travaille plus ici.

- Vous n'arriviez pas à le gérer ? - Peut-être.

Pas peut-être.

Je sais qui vous êtes.

Rien de plus qu'une autre Carol Jordan.

Tony Hill utilise sa tête...

Vous, vos lèvres.

... la tête pleine de mauvaises pensées.

Pleine de mauvaises pensées ?

Vous avez envie de passer à l'acte ?

Pourquoi ne pas le faire ?

J'ai peur. Pas de me faire attraper.

C'est moi.

... l'ordre naturel...

J'écoute l'enregistrement.

... je n'ai pas à avoir honte...

Vous avez raison.

J'ai tort.

C'est seulement quand, malade, j'ai cru que j'allais mourir,

que je me suis dit que ça ne pouvait pas être moi.

Ça ne peut pas être moi.

Heureusement, j'ai fini par me trouver.

... quand, malade,

C'est seulement quand, malade...

... quand, malade...

Allez !

Prison de York, le centre médical.

On n'a rien contre elle.

Relâchez-la.

Même les pédophiles ont des droits,

mais j'ai besoin de savoir de quoi souffrait M. Eglee.

Pouvez-vous au moins me donner le nom de son médecin ?

Ça sort de l'imprimerie.

Pourquoi faites-vous ça pour moi ?

Au risque de dire des banalités,

vous avez été victime d'une injustice

et ça me réjouit de remettre les pendules à l'heure.

Vous semblez réjouie.

Et vous êtes jolie.

Vous m'avez rapporté trois gros titres.

Mes potes m'emmènent fêter ça.

J'ai de l'encre plein les doigts. Je peux ?

Peut-être est-ce vénal,

mais vous pourriez en tirer de l'argent,

si vous vendiez votre histoire.

Dr Ozick s'en occupe déjà.

Ah oui ?

Son livre va paraître en feuilleton.

Je vais toucher un pourcentage.

C'est sympa de sa part.

Je connais Jason, je l'ai vu récemment.

Vous le voyiez en prison, aussi.

Il était malade. Qu'avait-il ?

Je suis tenu au secret.

Je dois savoir de quoi il souffrait.

- Je ne vous le dirai pas. - Merde !

Vous savez que la police s'y intéresse.

Vous avez fait assez de mal à Jason, Dr Hill.

Partez ou nous appellerons la police.

Dites-moi ce qu'il avait.

Vous êtes dans le coup ?

Vous l'avez vu récemment...

Allez-vous-en ou on appelle la police !

Dites-moi pourquoi.

Je crois que vous êtes responsable de ça aussi.

Il était insomniaque. La nuit le terrorisait.

Il voulait un traitement pour s'assommer.

J'ai eu votre message.

Et un autre d'un cabinet médical où vous avez fait du bruit.

Le médecin d'Eglee.

- Il cache quelque chose. - Quoi ?

Aucune idée, il le cache.

Mais j'ai une info.

Il a prescrit des somnifères à Eglee.

Ce qu'il y a de mieux, c'est le flunitrazépam,

alias Rohypnol.

Il vous l'a dit ?

Pas en ces termes,

mais il a pu droguer Linda avec, dans la boîte.

On n'en a pas trouvé dans son sang.

- Ça laisse des traces ? - Oui.

- Écoutez, Tony. Laissez tomber. - Non !

Je n'ai pas tort, Alex.

Sur le message, vous disiez que si.

Au sujet d'Eglee et Tracy.

Si, comme on le sait, Eglee n'a pas tué Tracy,

pourquoi aurait-il tué Linda ? Ça n'a pas de sens.

C'est vrai, ça n'a pas de sens.

Balayez plutôt devant votre porte.

Je n'ai tué personne, du moins je ne pense pas...

Votre copine.

Vous désirez ?

Je voulais parler de Jason Eglee,

mais Linda Westhead était aussi votre patiente ?

Bien sûr.

La pauvre !

"Patiente" est un grand mot.

Ses parents l'ont amenée

pour la faire arrêter de fumer par hypnose.

Eglee a pu la croiser ?

Elle n'a eu qu'un rendez-vous, alors j'en doute.

Mais demandez-le-lui, il ne va pas tarder.

C'est bon.

D'ailleurs, je devrais y aller. Merci de votre aide.

Dr Hill, ici Jessica Piper.

Rappelez-moi.

J'ai des infos sur Linda Westhead.

Pardon. Donc...

J'ai des infos sur Linda Westhead.

Elle voulait arrêter de fumer.

Elle se faisait hyp...

Je sais que tu es là.

Il ne faut pas que tu t'en veuilles. Tout ça est de ma faute.

Quant à l'interrogatoire au commissariat,

c'est de toute évidence une erreur.

Mais parlons-en.

Par pitié...

Au secours, aidez-moi !

Je n'ai rien vu venir.

Vous étiez le 3e ex qu'elle traquait,

étudiait et analysait.

Le troisième. Ça me flatte.

Vous la soupçonnez toujours ?

Le labo a réexaminé la tache de sang trouvée sur Tracy Bradshaw.

Du point de vue chromosomique, c'était un mâle.

En gros, elle était un peu foldingue,

mais pas dangereuse.

- Vous allez bien ? - C'est ma tête, Alex.

J'avais ce don particulier :

lire dans la tête des gens.

Lire dans leurs entrailles comme dans une boule de cristal.

D'abord, Eglee, puis Karen.

Lui, ça lui a coûté 10 ans

et elle, sa vie.

Vous n'êtes pour rien dans la mort de Karen.

Mais pour Eglee, si ?

On peut même dire qu'il est mon chef-d'œuvre.

On fait tous des erreurs.

Pas des erreurs avec de telles conséquences.

Combien d'autres erreurs ai-je fait ?

Je fais encore ces rêves.

Un escalier, puis un toit.

Une voix de femme qui m'encourage.

Bizarrement, elle me fait penser à vous.

Quand j'arrive au bord, une formidable sérénité me gagne.

J'espère que Karen a ressenti ça.

Vous avez un message.

Ici Jessica Piper. Rappelez-moi.

J'ai des infos sur Linda Westhead.

Pardon. Donc...

Elle voulait arrêter de fumer.

Elle se faisait hyp...

Dr Hill, ici Jessica Piper.

Rappelez-moi.

J'ai des infos sur Linda Westhead.

Pardon. Donc...

Elle voulait arrêter de fumer. Elle se faisait hyp...

Elle se faisait hyp...

Ici Jessica Piper, laissez votre message.

Ici Tony Hill, je vous rappelais.

Je m'appelle Tony Hill.

J'ai des raisons de croire que le méningiome

qu'on m'a retiré du cervelet l'an dernier

a décidé de revenir.

Je peux décrire mes symptômes.

Maux de tête violents, vue trouble,

perte d'équilibre,

de sensations et d'empathie.

Je vais aller m'asseoir.

J'aurais dû l'entendre avant,

mais ça m'a échappé.

Il est 4 h du matin.

- Écoutez l'enregistrement. - Je l'ai déjà écouté.

Justement.

Je suis sûr de moi.

De ce que j'avance.

Vous avez bu ?

Écoutez !

On entend de l'eau.

Ça coule, ça ruisselle, ça clapote. C'est de l'eau.

Franchement, je suis larguée.

Il y a une fontaine au cabinet d'Ozick.

Quand Ozick parle, on l'entend.

Or l'enregistrement a été fait chez Eglee.

Vous en êtes sûr ?

Je vous en conjure, écoutez-le.

Il est chez moi.

Mes chaussures sont dans le four, mais à basse température.

- Où êtes-vous ? - Si j'ai raison...

Et je sais que j'ai raison, là-dessus, en tout cas,

ça veut dire qu'Ozick est dans le coup.

Ou, selon ma deuxième théorie,

Ozick y était,

mais sans le savoir, car drogué par Eglee au flunitrazépam.

Ce n'est pas Linda, mais son psy, qu'il a drogué et violé.

Puis, il a fait une cassette, trois heures de baratin narcissique

et quelques platitudes d'Ozick, çà et là.

Vous êtes à l'hôpital ?

Dr Hill, je suis Roger Landau.

Suivez-nous, s'il vous plaît.

Une dernière chose : Jessica Piper a laissé un message.

Elle dit que Linda voulait...

voulait arrêter de fumer

et se faisait hyp...

Je n'ai rien compris, mais ça avait l'air urgent.

C'est mieux.

Elle se faisait hyp...

Elle fumait.

Hypnotiser ?

Hypnotiser.

Que Paula contacte Jessica Piper.

Vous, allez chez Dr Hill

récupérer la séance d'analyse d'Eglee.

Deuzio, passez me prendre.

On va rendre visite au Dr Ozick.

Oui, Paula.

Jessica ne répond pas au téléphone. Je suis chez elle.

Elle n'y est pas, sa voiture non plus.

J'ai écouté son message au Dr Hill. Elle a été coupée.

Son téléphone doit avoir le GPS.

Découvrez d'où elle a passé son dernier appel.

Linda Westhead vous a vu pour quoi ?

Ses parents voulaient qu'elle arrête de fumer.

- Vous l'hypnotisiez ? - Je l'ai fait une fois.

Eglee avait le rendez-vous précédent ou suivant.

Et alors ?

Mes patients se croisent. C'est un crime ?

Oublier de mentionner que notre suspect

avait rencontré notre victime avant sa mort

en est peut-être un.

Je m'enfonce dans un brouillard de désir,

la tête pleine de mauvaises pensées.

Pleine de mauvaises pensées ?

- Vous entendez ? - Quoi donc ?

- Pourquoi ne pas le faire ? - J'ai peur.

Ça. Vous reconnaissez ?

Vos petits jeux d'eau.

Et ici, pas de fontaine.

Elle s'est éteinte toute seule par miracle ?

Que voulez-vous dire ?

Il y a eu un montage.

Les 2 hommes ne sont pas ensemble.

Soit vous avez menti sur votre présence chez Eglee,

soit vous n'avez rien compris à ce qui se passait.

Impossible.

J'étais assis en face de lui et...

De quoi avez-vous parlé ?

Je ne m'en souviens pas.

Sans doute de ses habituelles pleurnicheries.

Votre diamant à l'état brut ?

Vous aviez mal à la tête en partant ?

Le lendemain matin,

j'ai eu l'impression d'avoir la gueule de bois.

Deux jours avant cette séance de 5 heures,

Eglee s'est fait prescrire des somnifères.

Effets secondaires : maux de tête et amnésie.

Eglee m'aurait drogué ?

Pour partir à la chasse.

C'est absurde.

Vous voulez la peau d'un homme innocent.

Vous savez qu'il n'a pas agressé Tracy Bradshaw.

Son analyse ADN l'a prouvé.

Il n'a donc pas agressé Linda Westhead non plus.

Quand avez-vous vu Jessica Piper ?

Elle est passée hier soir,

vers 21 h.

Et Jason Eglee aussi.

Il avait quoi ?

Myélome, leucémie,

thalassémie...

Ne bougez pas la mâchoire,

ça fausse le résultat.

Lymphome ?

Anémie aplasique.

Je dois sortir !

Le téléphone de Jessica a servi chez Dr Ozick.

Il a été activé brièvement 2 h plus tard

puis, plus rien.

Merci. On reste en contact.

J'ai la réponse pour l'ADN.

Il a dit qu'il avait été malade.

- Moins vite. - Non, j'ai pas le temps.

J'ai vu un enfant malade, j'ai réfléchi.

Eglee a été malade.

Je parie que c'était une leucémie

ou une anémie aplasique.

D'après son morphotype, son teint

quand je l'ai vu, l'anémie...

- Qu'est-ce que vous racontez ? - Une anémie aplasique !

Greffe de moelle épinière.

Son sang avant et après la transplantation

n'est pas le même, parce que le donneur

fabrique un sang différent. J'ai raison ?

Je crois. Bien sûr, un bilan complet...

Ce n'est qu'une hypothèse.

Ça explique toutes les anomalies.

Allez chez lui.

S'il a été greffé, il doit avoir des médicaments,

des immunosuppresseurs et, naturellement,

du Rohypnol. Tout doit y être.

Dr Hill, s'il vous plaît...

Bien sûr, je peux me tromper.

En ce moment, mes performances,

c'est l'Eurovision : Luxembourg, 0 point.

Regarde-moi.

Je crois avoir retrouvé Jessica Piper.

Il nous faut des plongeurs.

- Où est la carrière ? - À 3 km.

Police ! Jason Eglee !

Installez des barrages à Hinton, Redmarch

et Canningford. Arrêtez tout le monde.

Oui, tous les véhicules.

- Geoffries. - On est chez Eglee.

Lieutenant Fielding.

Fouillez l'appartement, cherchez des médicaments.

On cherche du flunitrazépam.

Je connais cette plaque.

Le van d'Eglee !

Ouvrez l'arrière.

Je dois vous sortir de là,

ça va sauter.

Il m'a mordu !

Tracy Bradshaw, c'était vous ?

Demandez au Dr Hill.

- Dis-moi, connard ! - Allez, ça va sauter !

Courez !

Eglee est mort.

Il tenait Jessica Piper.

Elle a survécu.

On n'a rien trouvé chez lui.

Pas d'immunosuppresseurs, rien.

Donc pour l'ADN, je sais pas.

C'était juste une hypothèse.

Je lui ai demandé, pour Tracy.

Il a dit de vous demander.

Mais il a enlevé Jessica et a écrit sur elle.

Il allait la tuer. Il avait ça en lui.

C'est moi qui le lui ai insufflé.

Il ne faut pas penser ça.

Comment ça va ?

- Ça va. - Ils ont dit quoi ?

Que ça allait.

Je dois raccrocher.

Chef !

Vous faites quoi ?

C'est mon rêve.

Où je lâche prise.

La tumeur est revenue ? Ils ont refusé de me dire.

À en croire l'avis éclairé de deux oncologues,

d'un radiologue,

d'un ostéopathe crânien et de 4 infirmières,

j'ai une grosse migraine.

Alors pourquoi ? Pourquoi faites-vous ça ?

Je suis si imbu de moi-même

que j'ai pris un mal de tête pour un cancer,

je me suis moqué des sentiments d'une femme vulnérable

et j'ai rendu coupable un innocent.

Eglee était coupable. Je suis venue pour ça.

Dans sa cave, il y avait du flunitrazépam

et des immunosuppresseurs.

Vous aviez raison, Tony.

Pourtant j'ai l'impression d'avoir tout faux.

S'il vous plaît, Tony.

J'ai besoin de vous.

Adaptation : Vanessa Chouraqui

Sous-titrage TVS TITRA - FILM

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