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Derek ?
La récréation est finie. On retourne dans ta chambre.
Lianne Sullivan travaillait comme prostituée...
C'est l'heure de dormir.
Son corps a été trouvé cet après-midi.
La police fait un appel à témoins...
Derek, ça suffit. On y va.
Merde !
Tony Hill.
Vous m'avez demandé d'appeler
s'il y avait du nouveau.
C'était il y a quatre ans.
Réjouissez-vous que je m'en souvienne.
Tyler a fait ça ?
Oui.
En effet, c'est du nouveau.
Bonjour, Derek.
Vous vous souvenez de moi ? Dr Hill.
On s'est rencontrés après votre procès.
Que s'est-il passé ce soir ?
J'aimerais savoir ce qui vous a contrarié.
Vous voulez que je le sache ?
Peut-être pas.
Je repasserai demain pour voir comment ça va.
Désolé. On l'a gavé de tranquillisants.
Quelque chose a déclenché ça.
Quelqu'un lui a dit ou fait quelque chose ?
Il suit une routine.
Il passe souvent devant le poste d'infirmières.
Qu'est-ce qui a changé, aujourd'hui ?
Ici le Dr Hill.
La télé était en morceaux.
L'œuvre de Derek ?
Oui. Il s'est jeté dessus, paraît-il.
Merci.
Le corps d'une jeune femme a été découvert cet après-midi.
Le lieutenant chargé de l'enquête
n'a rien voulu ajouter,
mais un porte-parole de la police a parlé d'un meurtre très brutal.
Aucun détail n'a été révélé,
mais ce meurtre rappelle celui de Juliette Gregory,
poignardée à son domicile...
- Je suis sur une scène de crime. - Je le sais.
Ils ont dit aux infos qu'elle avait été poignardée.
Vous savez que je suis tenue au secret.
Elle n'aurait pas plutôt été saignée ?
Attachée et tailladée,
doucement, consciencieusement ?
Comment le savez-vous ?
Il faut qu'on parle.
La radio a dit que c'était la 2e fille.
C'est vrai. L'autre, c'était il y a 5 semaines.
5 semaines d'enquête et vous n'avez rien dit ?
5 minutes d'enquête.
Les Mœurs s'en sont occupées jusqu'ici.
Ils croyaient à une prostituée tuée par un client. Mais là...
- Ce n'est plus ça. - Précisément.
Les Mœurs avaient besoin d'aide, alors on les assiste.
Bref.
- Vous avez quoi ? - Parlons de ce que vous avez.
Vous avez une prostituée tuée,
entre 16 et 25 ans, blonde.
Vous êtes chez elle et il n'y a pas eu d'effraction.
Elle a été attachée. Aucun signe de lutte,
elle devait être consentante.
Puis, elle a été bâillonnée et tailladée
jusqu'à ce qu'elle meure.
Quant à ce que vous n'avez pas : pas la moindre preuve scientifique.
Le lit est recouvert de sang,
mais propre.
Vous devriez parler au commissaire Shields.
C'est la même chose ?
Attachée aux chevilles et poignets, corde autour du cou, bâillonnée.
La même chose.
Les blessures ?
Ante mortem, oui. Elle était vivante.
Ça a été long ?
Plutôt. Les différents stades
de séchage et d'oxygénation du sang coulé indiquent
des incisions étalées dans le temps.
Le sang se coagulait, puis il recommençait.
C'est bien ce que je pensais.
Vous êtes ?
Commissaire Shields, voici le Dr Hill.
- C'est notre consultant. - Vous êtes profiler ?
Psychologue clinicien.
Encore mieux. Vous observez la scène
et échafaudez une théorie ésotérique pour nous dire qui c'est ?
En gros, oui.
Alors, qui c'est ?
Facile, Derek Tyler.
Qui est Derek Tyler ?
C'est là que le bât blesse.
- Vous l'avez profilé ? - Non.
J'ai été appelé comme consultant après sa condamnation.
- Pourquoi ? - Tyler...
ne parle pas.
Il est attardé ?
Non. Son Q.I. est inférieur à la moyenne,
mais il parlait normalement. Une fois menotté,
il est devenu muet.
Tyler est interné à Aldridge depuis quatre ans.
Et il s'y trouvait lorsque vos victimes sont mortes.
Dr Lake m'a demandé de l'examiner pour savoir s'il simulait.
Et ?
Non. C'est autre chose.
En d'autres termes ?
J'ignore ce qu'il a.
Il était totalement renfermé, jusqu'à hier soir,
lorsqu'il a vu les infos sur le 2e meurtre.
Alors, il a réagi.
Comment ?
Violemment.
- Je regarde quoi ? - Le vernis à ongles.
Il est mal mis.
C'est bien ce que je pensais.
Je crains de vous avoir brûlé la priorité
en appelant l'agent du labo.
Les draps portent les traces du même vernis.
Donc appliqué quand elle était attachée ?
Semble-t-il.
La première victime...
- Juliette. - Ses ongles étaient vernis ?
Bien sûr, c'était une prostituée !
De la même façon ?
Je n'en sais rien.
Il y a un moyen de le savoir.
Identiques.
Ce qui veut dire ?
Métamorphose. Il en fait quelqu'un d'autre.
En leur mettant du vernis à ongles ?
C'est symbolique.
Il se focalise dessus.
Ça lui rappelle une femme.
- Qui ? - C'est bien ça, la question.
Celle qu'il cherche à tuer vraiment.
Le bâillon ?
- Pardon ? - Le bâillon a été bougé ?
Oui. Retiré, puis remis.
Pour les entendre hurler.
Les ongles des victimes de Tyler étaient vernis ?
Le dossier ne le précise pas.
Trouvez les rapports d'autopsie originaux,
les photos des scènes des crimes.
Il récidive.
Le tueur est interné, rappelez-vous.
Derek Tyler n'a pas fait ça.
Journal de Lianne Sullivan.
Noms, dates, paiements, préférences.
Lianne était très organisée.
Si on part du principe que son assassin la connaissait,
on doit retrouver et interroger tous les hommes du journal.
Ce n'est pas un habitué.
Pardon ?
Ça ne cadre pas.
Vous avez dit qu'elle a accepté d'être attachée.
On fait ça avec un habitué.
Je ne pense pas.
Vous pouvez être plus clair ?
D'accord. Ces meurtres respirent la prise de contrôle,
la domination.
Pas le désir sexuel.
Tout dans la méthode l'indique : les entraves,
le rasoir,
le bâillon, retiré et remis pendant le meurtre.
- Pourquoi ? - Pour l'entendre supplier.
C'est ça, oui.
Et mourir. C'est très personnel,
très intime. Quand elles ne crient plus,
c'est que la fin est proche. Tu les autorises à supplier
et tu les écoutes,
sans rien faire.
Contrôle et domination.
Le meurtrier est frustré
de ne pas assez contrôler sa vie, il cherche à se rattraper ailleurs.
Comme tous les clients du journal.
Il n'y figure pas, il n'a pas couché avec elle, ça ne l'intéresse pas.
Ça intéresse tous les hommes.
Cette fille a été saignée.
"Pénétrations multiples."
Tailladée, encore et encore.
Selon vous, ce n'est pas sexuel ? Que ce soit bien clair.
Si c'était des incisions de 15 cm,
ce serait une sublimation de viol. Mais il a utilisé un rasoir.
Ce sont des coupures superficielles pour que la mort soit lente.
C'est donc une psychose liée à l'autorité.
Il a besoin de contrôler.
C'est assez clair ?
Comme de l'eau de roche.
Commencez immédiatement les interrogatoires des clients.
Désolée, Tony. Elle a raison.
Me faites pas mal,
j'ai que 15 ans.
Mets-y un peu plus de conviction.
Vous serez tous interrogés. Un peu de patience.
M. Michaels ?
Ils sont tous là ?
- Le premier lot. - C'est une blague ?
Riche idée, de les convoquer le même jour !
Pas étonnant que ça cafouille aux Mœurs.
Il fait quoi ?
Je ne sais pas.
Il le met en confiance ?
Il ne s'agit pas d'un grand gorille.
Je vous l'ai dit, j'étais chez ma sœur.
J'y ai passé toute la nuit.
Arrêtez vos salades.
Vous étiez avec Lianne. On vous a vu, vous comprenez ?
On vous a vu avec elle.
Impossible, c'était les 40 ans de ma sœur.
- J'y suis allé après le boulot. - Vous mentez.
On va fouiller votre maison, votre voiture.
On trouvera des traces.
Il nous suffit d'une goutte de sang. Et on va la trouver, hein ?
Vous l'avez tellement tailladée qu'il y en aura bien un peu.
- Arrêtez ! - C'est ce qu'elle a crié ?
"Arrêtez !" ? Elle vous a supplié ?
Je l'ai pas tuée !
Je vous le jure, j'y étais même pas.
Je l'aimais bien.
Elle était gentille.
Je ferais pas de mal à une mouche.
Bien, M. Michaels. Merci.
Vous êtes libre.
Vérifiez l'alibi auprès de la sœur
et rédigez un rapport détaillé.
Je peux y aller ?
Oui. Vous n'avez tué personne.
On devait s'en assurer.
L'agent va vous raccompagner.
Fielding.
J'ai les résultats du labo pour le vernis à ongles.
Et ?
C'est étrange.
Il s'agit d'un vernis
qui ne se fait plus depuis 20 ans.
- Vous avez fini ? - Pour le moment.
Viens, Derek.
C'est bon.
À quoi ont servi ces cinq dernières heures ?
Ce n'est rien. Un des mes patients est resté muet 7 ans.
Et après ? Vous l'avez guéri ?
Non, mais là n'est pas la question.
C'est quoi, la question ?
Me dites pas chut, j'ai passé l'après-midi ici...
Non, pas vous. Tyler me l'a dit. Vous n'avez pas vu ?
- Je devais regarder ailleurs. - À la fin.
Ça veut dire quoi ?
Qu'il en avait marre de vous entendre ?
Peut-être. Ou il nous dit quelque chose.
C'est quoi, pour vous ?
J'ai un autre mystère à élucider.
Vous aviez raison.
L'autopsie des meurtres de Tyler a révélé le même genre de vernis.
Sauf que le vernis que portaient Juliette et Lianne n'existe plus.
On ne le fabrique plus depuis 20 ans.
Cogitez là-dessus.
Vingt ans ?
C'est sympa, ça.
Vous avez vu ?
Génial !
C'est bien.
Tu es une fille sage.
Dis-le.
Dis-le comme je t'ai montré.
Me faites pas mal. J'ai que 15 ans.
Non. Dis-le avec conviction.
Me faites pas mal, j'ai que 15 ans.
Dis-le.
Heure du décès ?
Difficile à dire.
La température du corps est anormalement basse,
à cause de la perte de sang.
En gros, au petit matin.
- Ils ont pris la chambre quand ? - À 22 h.
Il a pris son temps.
Et les ongles ?
Pareil.
Il les a mieux réussis, cette fois.
Ça veut dire quoi ?
Que je me suis peut-être trompé. Un café ?
Tyler a passé un test de Q.I. avant son procès. Il a obtenu 80.
En dessous de la moyenne. Il présente aussi des signes
de schizophrénie paranoïaque. Donc ?
C'est un psychopathe.
Il ne planifie pas.
Donc le vernis à ongles...
- Quoi ? - Ça ne tient pas debout.
Il n'existe plus depuis des années.
Il a été conservé, stocké même,
en vue de servir à métamorphoser les filles.
Comme vous le disiez.
C'est pas son genre.
À un détail près.
Tyler a bien fait tout ça.
Il a tué, métamorphosé - si c'est bien ça -,
sans laisser d'indices sur les lieux.
C'est indéniable, il l'a fait.
Fielding. Oui, j'écoute.
On a deux options.
Soit je me trompe au sujet de Tyler.
Soit Tyler était innocent.
Sauf que le sang...
Vous dites ?
Mais qu'est-ce que vous...
Taisez-vous. J'entends rien.
Tony...
Bien sûr.
Je vais à l'hôpital.
Désolée.
On sait tous ce qui s'est passé. Tammy Marsh, une prostituée,
21 ans,
a été retrouvée à l'hôtel Brindley. Même mode opératoire.
Où en est l'enquête ?
Rien du côté de la famille de Tyler. Ils l'ont renié.
Tyler n'a eu aucun contact avec le monde extérieur.
Les amis de Lianne n'ont rien vu d'exploitable.
Ni nouveau venu dans sa vie ni client louche.
On a convoqué tous les gens de son journal
et en gros, on n'a rien.
Macs et dealers ?
Lianne et Tammy ne bossaient pas dans le même secteur.
Il faut qu'on recommence.
Quelque chose à ajouter ?
Alors, au boulot !
Chef, je peux vous voir ?
- Oui ? - C'est au sujet de l'enquête.
Y a pas d'enquête. On piétine.
J'ai une idée pour la faire avancer.
Je vous écoute.
Il faut agir au lieu de réagir.
Vous voulez monter un piège ?
Un appât sur le trottoir et on attend qu'il morde.
Et l'appât ?
J'ai remarqué que les victimes
sont des blondes d'environ 25 ans. Et je me dis que...
Attendez...
Moi.
Merci.
Mauvaise idée.
- Vous en avez une meilleure ? - Des tas.
Et si vous échouez ?
Renforts armés et surveillance. Extraction immédiate.
Vous en êtes sûre ?
Je ne risque pas la vie de mes agents comme ça.
- Tyler est une poupée russe. - Pardon ?
Il a quelqu'un en lui, dans sa tête.
Quoi ?
Il entend une voix lui parler.
"Chut, silence et vous l'entendrez aussi."
Sauf qu'il ne peut pas nous répéter ce qu'elle dit.
Le rapport avec l'enquête ?
Je ne sais pas, mais c'est un progrès pour Tyler.
Super. On va mettre Paula sur le trottoir.
Pardon ?
On va essayer de le prendre au piège.
Je peux vous aider ?
Vous cherchez quelque chose ?
Oui, il me faut une couleur dont je ne connais pas le nom.
C'est un cadeau ?
Oui, c'est pour une amie.
Quel genre de couleur ?
Ça ressemble à ça.
Ça va, les gars !
Vous connaissez la procédure.
Deux équipes armées à chaque bout de la rue.
Le commandement sera à proximité,
en lien permanent. Les ordres viendront de là.
Moi, je serai joignable sur mon portable. Des questions ?
Sa sonnette d'alarme ?
Elle dira la phrase : "Si on se mettait ici ?"
C'est bien compris ? "Si on se mettait ici ?"
Un agent de sécurité.
Un malentendu.
- Je peux parler ? - Je peux vous en empêcher ?
L'homme que vous cherchez aura l'air confiant, relax.
Il se sent à l'aise dans ce monde, contrairement à d'autres clients.
S'il se montre - j'insiste -,
S'il se montre, il vous branchera sur le bondage et le S.M.
Ce n'est pas vraiment son truc.
Ce qu'il veut, c'est que les filles se laissent attacher.
Une fille consentante, c'est bon à prendre.
J'ai un cadeau.
Une arme secrète.
En voilà un autre. Ça fait six.
C'est pas lui.
Il est sûr de lui. C'est le profil.
C'est un client standard.
Vous arrivez à voir ça ?
Je vous parie 10 livres.
D'accord.
Mets le son.
Qu'est-ce qui te dirait ?
Une pipe. 20 livres.
Tu veux rien de plus exotique ?
Non, merci. Suce-moi. Ici, c'est parfait.
Police. Dégage.
La nuit va être longue.
Je vous le rends, si vous voulez.
Comment ?
Dites-moi dans quelle main il est.
Pas de pot.
Je l'ai fait passer par votre tête.
Pourtant, c'est Paula, la magicienne, ce soir.
Pourquoi j'ai droit qu'aux mecs qui puent de la gueule ?
Vous n'êtes pas impressionné ?
Désolé, j'étais ailleurs.
Mais ça devait être bien.
Vous avez raison, c'était rien.
Le magicien se borne à attirer l'attention sur autre chose.
Le Dr Hill scrute le cerveau des gens.
Il faut plus qu'un tour de magie pour l'impressionner.
Il faut peut-être...
lire dans les pensées.
Impossible.
Suffit d'avoir le bon sujet. Vous, sans problème.
- Ah oui ? - Carrément.
Regardez-moi.
Détendez-vous. Videz votre tête.
Pensez à un nombre entre 1 et 50. À deux chiffres impairs.
Les deux, impairs.
D'accord ?
Alors ?
Trente-sept.
Dingue !
Incroyable ! Comment vous faites ?
Dr Hill, vous nous éclairez ?
Ça ne va pas marcher.
Qu'est-ce qu'il fait ?
Ça marchera pas comme ça.
Alors, chéri ?
Pas sur le trottoir.
- Vous faites quoi ? - Vous refusez tout le monde.
C'est pas les bons.
Je sais, mais vous les virez. Vous êtes nouvelle, il doit mater.
S'il vous voit pas bosser,
il saura que vous simulez.
Merde, il a raison.
- Alors, je fais quoi ? - Vous donnez de votre personne.
On est bien, ici.
Demander deux chiffres impairs, ça fausse tout.
Préciser "les 2 chiffres" exclut les chiffres de 1 à 9
et aussi les 20 et les 40, qui sont pairs.
Restent les 30,
puisqu'on oublie tous que les 10 sont impairs.
Donc 30. Comme 2e chiffre, tout le monde aime le 7.
37.
Ça s'appelle la subversion de l'attention.
C'est vraiment ça ?
Peut-être. Ou alors, c'est de la magie.
On laisse tomber. Demain, on envoie des faux clients.
Il y a un type qui tue à ta façon.
Tu es en colère.
Tu as envie de tout casser.
Si je l'entendais, que dirait la voix en toi ?
Je crois que Tyler a été mal diagnostiqué.
Pourquoi le vernis à ongles ?
Parce que Tyler le faisait. Tout est pareil.
Ça a forcément un sens.
La métamorphose, vous disiez.
Symboliquement, oui. Il en fait quelqu'un d'autre.
Quelqu'un qui l'a marqué.
À qui il voudrait vraiment
faire ces choses.
Mais comment Tyler et l'autre peuvent-ils avoir la même psychose ?
Leur fixette porte sur le même archétype féminin.
Les M.O. sont identiques.
C'est quoi, un M.O. ?
Modus operandi.
C'est la méthode qu'emploie le criminel,
sa façon à lui de se comporter.
Par exemple ?
Dans Batman.
Le Sphinx appelle toujours la police avant de frapper.
Ah oui ? C'est un peu idiot.
Il envoie une énigme qu'ils n'arrivent pas à déchiffrer.
Mais le Sphinx est un obsessionnel.
C'est plus fort que lui.
Trop cool !
Dans les comics, tout est planifié.
Ce n'est pas le cas de Tyler.
Il voit pas plus loin que le bout de son nez.
Comment a-t-il pu s'en tirer aussi longtemps ?
Coup de chance.
Non, quelque chose m'échappe.
On lui a diagnostiqué une schizophrénie paranoïaque.
Il en a tous les symptômes.
- Mais ce ne serait pas ça ? - Je ne sais pas.
C'est un cas à part.
Mais la solution est en lui.
- La solution à quoi ? - À notre enquête.
On doit découvrir ce qu'il a dans la tête.
On n'y comprend rien, mais Derek, lui, sait.
Il sait ce qui se passe, et pourquoi.
Comprenez Tyler et vous comprendrez le meurtrier.
Mais pour décrypter Tyler, je dois trouver la clé.
Au début,
comment Tyler réagissait-il aux bruits, aux lumières ?
Je ne m'en souviens pas. Ce doit être dans son dossier.
J'aimerais le lire.
Un jour, il a cassé une radio.
Pardon ?
Peu après son arrivée, si ma mémoire est bonne.
Les chambres sont équipées de radios qui passent de la musique douce.
Ce n'était pas du goût de Derek.
J'arrive. On fait fausse route.
J'espère que vous avez bien chaud. Je me pèle les miches, moi.
Courage, tu es parfaite.
En voilà un.
Salut, chéri.
Qu'est-ce qui te dit ?
T'as envie de quoi ?
La totale.
Fais voir comment t'embrasses.
Qu'est-ce qui se passe ?
Je sais pas. Ils doivent encore s'embrasser.
Pour jouer, faut raquer.
La réception est nulle.
Allons dans un endroit tranquille.
Pourquoi ?
Pour que je t'attache.
D'accord.
Ça me plairait bien.
Tu veux aller où ?
Par ici.
On est derrière Holdacre, non ? Je connais pas, par ici.
- Rétablis-moi la ligne. - Allez, Paula. Parle.
Écoute.
Si on se mettait ici ?
Quoi ?
J'ai dit : si on se mettait ici ?
Je vous arrête.
Ça fait trop longtemps.
C'est elle qui émet pas.
Sans la liaison, elle est toute seule.
Allez-y !
À toutes les unités, intervention immédiate !
Ici Shields. Un agent disparu !
J'ai raison ?
C'était quoi, tout ça ? Vous lui avez fait quoi ?
Désolé, je dois les prévenir au plus vite.
Tyler n'est ni un fou ni un menteur.
La voix dans sa tête existe vraiment.
En chair et en os.
Quittez pas.
Je dois prendre cet appel. À demain !
Ils viendront pas.
La voix dans la tête de Tyler,
il ne l'invente pas. C'est une personne.
Sa psychose est indéfinissable
parce que ça n'en est pas une.
Quelqu'un lui a dit de tuer les filles.
Ce quelqu'un donne ses ordres au nouveau tueur aujourd'hui.
Quoi ?
Il l'embrasse et coupe le fil.
Elle ne s'en aperçoit pas.
C'est fort. Très fort.
Il savait pour le micro.
Il savait par où il passait. Il avait emporté de quoi le couper.
Il savait qui elle était.
Ce qui signifie ?
Quelqu'un a tout planifié, vous observe,
suit l'enquête.
Il a vu Paula.
Il y a réfléchi longuement
et a agi avec finesse. Vous n'avez rien vu.
Vous avez dit qu'il était demeuré et incapable de planifier !
C'est inutile.
Tyler n'a ni planifié ses meurtres ni choisi ses victimes.
Il entend dans sa tête une voix qui le guide pas à pas.
C'est la voix de quelqu'un.
D'une personne très intelligente et très en colère.
Retrouvez-la et vous aurez Paula.
Qu'est-ce qu'on a ?
Rien ?
Désolé.
On va parler à ses parents ensemble ?
Bien sûr.
Nous faisons le maximum. Vraiment.
Ça fait combien de temps ?
Six heures.
Comment c'est arrivé ?
Elle est morte ?
Non.
Mais les autres...
Ont été tuées, oui.
Et retrouvées dans les deux heures. C'était fait pour.
Si on n'a pas retrouvé Paula, c'est qu'elle est encore en vie.
C'est lui qui contrôle, pas nous.
Tant qu'il aura Paula, il aura le dessus.
Il joue avec nous, en somme.
Oui, c'est personnel. C'est nous qu'il vise.
Je vous tiens au courant. Terminé.
- Alors ? - Rien. Personne n'a rien vu.
Ratissez jusqu'à Canal Street et le centre commercial.
C'est énorme. Les uniformes...
Qu'ils se débrouillent !
Et que ça saute !
Deux tueurs se partagent le boulot ?
Pas en équipe. Il y a un maître et un esclave.
Oui, il attache les filles.
Non, c'est accessoire. La prise de contrôle est antérieure.
Regardez.
Regardez-les.
Je vais te dire où les trouver, quoi chercher.
Je décide qui est ta proie et ce que tu lui fais.
Tu es petit, faible et insignifiant, mais ce n'est pas grave,
parce que je comble tes lacunes,
je fais de toi ce que tu rêves d'être.
Ta main tient la lame, mais ma voix te dit où trancher.
Et au moment de leur mort, tu es autant à ma merci qu'elles.
C'est un sacré contrôle à avoir sur quelqu'un.
Justement. Il faut être entraîné
et capable,
et avoir une personnalité très dominatrice.
Ça va au-delà de la suggestion post-hypnotique.
Le maître soumet presque totalement la volonté de l'esclave à la sienne.
D'où son choix de tueurs au Q.I. faible,
comme Tyler,
faciles à manipuler.
D'accord.
Mais il me faut des détails.
Le tueur. Dites-moi quelque chose de concret.
Laissez de côté le tueur.
Oubliez les symptômes et étudiez la maladie.
L'instigateur...
Il lui faut un nom : la Voix.
La Voix ?
Trouvez la Voix et vous aurez le tueur.
D'accord. Qui est la Voix ?
Que les choses soient claires :
celle que je veux retrouver, c'est Paula.
Je me fous des motivations et des rêves du tueur,
et de qui lui donne des ordres.
Je veux savoir qui c'est et où il la séquestre.
Bien sûr. Au point d'être aveugle à tout le reste.
- Attention. - Il s'agit de Paula.
Elle fait partie de l'équipe. Ce n'est pas une simple victime.
C'est Paula, attachée à un lit avec un malade armé d'un rasoir.
Vous êtes tous si bouleversés que vous ne voyez que ça,
vous êtes sourds à ce que je dis !
Vous réagissez comme le veut la Voix.
Panique et angoisse.
Ils ont pris Paula...
parce qu'on se rapprochait.
On était trop près du but.
Il fallait que ça cesse.
Je sais que vous voulez la chercher, je serai bref.
Regardez bien les dossiers, étudiez-les à fond.
Je parie que votre homme y est.
On les a déjà interrogés.
Oui, je sais. Interrogés et écartés.
Oubliez ça pour l'instant. Regardez les dossiers et les photos.
D'accord, commençons.
Écartez les moins de 20 ans et plus de 40 ans.
Écartez les employés à plein temps
et les contrats à durée indéterminée.
Ça fait beaucoup de mecs à retirer.
Normal, il n'est pas client.
Pourquoi il s'en est pris à Paula ?
C'est nous, la cible. Pas Paula.
Il est confiant, sûr de lui.
Il connaît le monde de ces filles. Il est proche d'elles.
Il sait qui vit avec qui, connaît leurs habitudes,
sait quand le directeur d'un hôtel
va s'inquiéter et combien de temps il a.
Il est plus proche d'elles que le moindre habitué.
Que faites-vous ?
Le docteur nous aide.
Vous interrompez les recherches pour consulter le Dr Maboule ?
- Il reste quoi ? - Des macs et des dealers, surtout.
Les macs doivent être prudents pour garder leur business.
- Éliminez-les. - Quoi ?
Vous cherchez vraisemblablement
un petit dealer qui connaît les filles.
À priori, un jeune délinquant : actes antisociaux, refus d'autorité.
Rien de sexuel.
Si vous l'avez convoqué,
il ne devait pas être nerveux. Il était calme,
concentré, serein.
Parce qu'il se sait en sécurité...
protégé.
Ce type-là. Lui.
- Carl Adams ? - On l'a interrogé.
Il était comme vous dites.
On l'a fait venir avec les autres. Il avait rien sur lui.
Il avait un alibi.
Il m'a regardé.
Il savait.
On l'avait, putain !
- Adresse ? - Il bouge pas mal.
- On essaye. - Je m'en occupe.
J'espère que vous avez raison.
Sinon Paula mourra pendant qu'on chasse des fantômes.
À votre tête, on croirait que c'est perdu d'avance.
- C'est faux. - Il a raison.
Si le tueur, c'est Carl, on ne le trouvera pas.
La Voix ne le permettra pas.
Et la Voix est une personne ?
Donc Tyler sait qui c'est ?
Tyler peut nous le dire.
Il ne peut pas parler.
Foutaises ! Obligez-le à parler !
Que je l'oblige ?
Le guérissez pas, l'aidez pas. Obligez-le à parler.
C'est faisable, non ?
Vous pourriez ?
Crie pas.
Je veux rien entendre.
C'est bien.
Tu es une brave petite fliquette.
Je m'appelle Paula.
Ils sont à ma recherche.
Je peux vous aider.
Je vous le jure.
Si vous me laissez partir.
Je vais te confier un secret.
J'ai envie de te taillader,
de te faire une belle dentelle.
Mais elle veut pas.
Elle dit : non.
Elle dit : pas encore.
On a peut-être une adresse pour Carl Adams.
J'ai une équipe en place.
J'ai envie de le choper, mais si vous avez une autre idée...
Allez-y.
Merde !
Regardez-moi, Derek.
Vous aimez le silence, hein ?
C'est bon, le silence.
On va rester très silencieux.
Tout s'éloigne,
comme si on baissait le son...
C'est bon, le silence. Hein, Derek ?
C'est bon, le calme. Ça vous plaît.
Je le sais, parce que j'ai compris.
Vous attendez que la Voix revienne.
Vous voulez qu'elle revienne.
Tellement que vous en avez des nœuds à l'estomac.
Ses ordres vous manquent.
Mais la Voix n'est plus là.
Tout est devenu silencieux.
Le silence complet, pas même un murmure.
Je sais où elle se trouve.
Je vous montre ?
Regardez-les, Derek.
Regardez ce qui s'est passé.
Comme aux infos.
Vous voyez ? À travers ces photos, je vois la Voix.
Comme avant. Mais avec un autre.
Je comprends votre silence.
La Voix vous a abandonné
pour un autre.
C'est fini, Derek.
Elle est partie et ne reviendra pas.
Elle a trouvé quelqu'un de mieux,
qui ne se fait pas prendre bêtement.
Ça vous fait quoi ?
Fidèle
Je sais que vous êtes fidèle.
Mais la Voix s'en fiche.
C'est un autre qui tient le rasoir,
qui reçoit les messages.
Vous voulez que ça cesse ?
Je peux vous aider.
Je peux trouver le minable qui fait votre boulot
et le priver de sa gloire.
Je peux le faire enfermer dans une cellule,
où la Voix l'oubliera.
Ça vous plairait, Derek ?
Aidez-moi.
Dites-moi qui est la Voix.
Tony, qu'est-ce que vous lui avez fait ?
Tyler ne peut pas nous dire qui est dans sa tête.
Il a été programmé pour nous empêcher de le lui demander.
"Programmé" ? C'est une machine ?
On est tous des machines,
des mécanismes complexes qui font tic-tac sous la peau.
Le KGB a expérimenté ça dans les années 50 et 60.
Ils brisaient les gens
pour les rendre plus malléables,
plus dociles.
C'est ce qu'a fait la Voix avec Tyler.
Et avec Carl Adams.
Elle en a fait des machines à tuer.
Elles sont contrôlées, tout comme vous.
Personne ne me contrôle.
Désolé, mais si. Traquer Carl Adams, c'est inutile.
- Pourquoi ? - La Voix sait que vous le faites.
C'est ce qu'elle attend de vous.
Laissez Carl de côté.
Oubliez les symptômes et étudiez la maladie.
Carl Adams est tout ce qu'on a.
Si on le retrouve, on retrouvera Paula.
La Voix ne le permettra pas.
- Vous en êtes sûr ? - Oui, il s'est installé hier.
J'ai vu votre descente. Vous croyez qu'il a tué ces filles ?
Mulligan à central.
J'ai une nouvelle adresse : 144, Bretherton Court.
Tu joues avec nous.
Comme un enfant qui tape dans une fourmilière.
D'autres tuent pour toi.
Tu ne te salis pas les mains ?
C'est sexuel.
Alors pourquoi pas un couteau ?
Pourquoi pas un grand couteau pour les pénétrer ?
Ce serait une sublimation de viol et ce n'est pas ton propos.
Tu sais ce que tu fais et ce que tu veux.
Tu savais que Paula portait un micro.
Micro
Je m'appelle Paula.
Je vous en supplie, ne me tuez pas.
C'est une blague.
Merde.
Rien sur Paula ?
Non. Elle pourrait être n'importe où.
Vous étiez trop près de Carl.
La Voix devait vous arrêter.
Bien, j'écoute.
Ce n'est pas un suicide.
Non. C'est censé y ressembler, mais l'oreiller a disparu du lit.
Il a servi à étouffer le bruit du coup de feu ?
Vous aviez raison. Carl a été éliminé.
Et Paula est introuvable.
Qui a fait ça, Tony ?
Il faut qu'on parle. Chez vous.
Merci d'être restée. Tout va bien ?
- On ne peut pas parler au poste ? - On est surveillés.
Le piège n'a pas fonctionné, parce que la Voix était au courant.
Elle sait ce qu'on pense, ce qu'on compte faire et comment.
Elle sait comment vous faire réagir.
- Qu'insinuez-vous ? - Vous m'avez compris.
La Voix sait ce que vous allez faire et l'anticipe.
Elle ne laisse pas d'indices...
C'est bon !
Vous voulez dire que la Voix est un flic.
Ou un proche de la police. Je suis désolé.
Sans preuve, je ne peux rien faire.
Tant que vous pensez ça, la Voix garde le contrôle.
De la situation, de Paula, de vous.
Si vous m'apportez du solide, ça changera tout.
Si je me mets en quête de preuves,
ça changera tout aussi.
- Pourquoi ? - La Voix le saura.
C'est-à-dire ?
Déjà, ça changera le sort de Paula.
S'il est acculé, le meurtrier peut paniquer.
Et la tuer.
Ou la relâcher,
dans l'espoir qu'on le laisse tranquille.
C'est très risqué.
Ne rien faire, aussi.
Tant qu'on agit comme si la Voix nous contrôle, elle garde la main.
Elle peut faire ce qu'elle veut.
Service d'ergothérapie ?
Oui, il est là.
Pour le Dr Hill, il n'y a pas de problème.
C'est ton jour de chance. Un coup de fil.
Que s'est-il passé ?
Le vernis à ongles complète le tableau.
Tu es très intelligent. Ces filles te rappellent quelqu'un.
Vingt ans d'âge...
Que s'est-il passé à l'époque ?
Que recréons-nous pour toi ?
- Je vous dépose ? - Pardon ?
Il pleut.
En effet. Oui, merci.
Vous n'ouvrez pas l'œil.
Pardon ?
Vous avez failli vous faire attaquer deux fois.
Vous m'observiez ?
Je voulais voir votre cerveau à l'œuvre.
Vous étiez là pour ça ? Pas pour les dames ?
- Je cherchais l'inspiration. - Et ?
Je cherche encore.
Mais vous avez une théorie.
Vous croyez ?
Oui. C'est votre but dans la vie, non ?
Sans ça, vous joueriez pas aux gendarmes et aux voleurs.
Ce n'est pas un jeu.
Au temps pour moi.
Expliquez-moi, alors.
Votre théorie.
Vous fuyez les psychologues.
Faites-moi changer d'avis. Allez !
Il paraît que vous pensez qu'Adams et Tyler étaient manipulés.
Alors ? Racontez-moi.
Pourquoi tu fais commettre les meurtres
au lieu de les commettre toi-même ?
Il met de la distance pour ne pas se sentir responsable.
Bonne réponse ! Vous avez bien appris votre leçon.
Mais je crois plutôt à une recherche de puissance.
Et d'où vient le besoin de puissance ?
- De la colère. - Oui, de la colère.
De la rage. Et quand ressent-on de la rage ?
Je ne sais pas.
On ressent de la rage
quand on perd le contrôle, quand on se sent
impuissant, petit et faible.
Vous pensez que celui qui tire les ficelles est faible ?
À l'intérieur, oui.
Alors pourquoi il vous ridiculise ?
Pardon ?
Vous n'êtes pas près de le coincer.
Tout ce que vous avez, c'est un flic disparu.
Votre victime faible et impuissante vous fait tourner en bourrique.
C'est plutôt elle qui maîtrise, non ?
Vous avez raison. On tourne en rond.
On regarde dans la mauvaise direction.
On cherche Paula.
Précisément. Au point de ne pas voir le tueur.
Là, je suis perdue.
La subversion de l'attention.
Montrer aux gens ce qu'on veut qu'ils voient.
Je sais ce qu'est la subversion.
Quelqu'un tire les ficelles de l'enquête depuis le début.
Quelqu'un de très intelligent.
Qui savait que l'enlèvement de Paula nous aveuglerait,
nous ferait paniquer, nous terroriserait.
Nous empêcherait de voir la vérité.
Et la vérité, c'est quoi ?
Que la personne qu'on recherche
est comme nous.
Puissante, car elle contrôle la situation,
mais qui porte une rage qui vient du passé,
d'un événement à cause duquel elle s'est sentie petite,
terrorisée et sans défense.
Comme nous. Comme Paula.
Comme les filles attachées sur le lit.
Effrayées et impuissantes,
incapables d'autre chose que de supplier.
À vous entendre, il faudrait avoir pitié.
Vous ne croyez pas ?
C'est toujours lui qui contrôle. Il tient Paula.
Vous n'avez aucune piste.
Certes.
Je ne consulte pas les profilers, parce que ça ne mène à rien.
Vous n'estimez pas ce que je fais, alors ?
Je vous aime bien. Mais la psycho n'a rien à m'apprendre.
Ah oui ?
Pensez à un nombre entre 1 et 50. Les deux chiffres, impairs.
Vous voulez rire ?
Si vous ne voulez pas...
15.
Vous avez noté quoi ?
Avis aux Mœurs et à la Crim. Incident à Aldridge.
Shields, j'arrive.
À plus tard.
Ils ont besoin de moi.
Oui.
Vous n'allez pas me croire.
C'est arrivé il y a moins de deux heures.
On l'a couché à 21 h. Il allait bien.
- La porte était verrouillée ? - Oui.
Comment on a pu le tuer ?
Il n'a pas été tué. Pas par quelqu'un, du moins.
Il s'est étouffé sur sa langue.
Ça ne peut arriver que pendant une crise de catalepsie.
Il était sujet à ça ?
Ce n'est pas un accident. C'est comme Carl.
Vous avez fini ? On doit finir notre bouclage.
Oui. Il était comment, ce soir ? Agité, bouleversé ?
Silencieux. Mais heureux. Il souriait.
C'était jamais arrivé.
C'est sûrement le coup de fil.
Quel coup de fil ?
Voilà. 19 h 24.
Un appel de l'assistante du Dr Hill.
Il était aux anges. Il n'en avait encore jamais reçu.
Son assistante ? Il n'en a pas.
On a enregistré l'appel.
Bizarrement, ce n'est pas passé par le standard.
On n'a pas d'enregistrement.
- Ça veut dire quoi ? - Qu'on brûle.
Celui qui a passé ce coup de fil a poussé Tyler à se suicider.
Allez, Tony. Décrochez.
L'accueil ?
Commençons par retrouver "l'assistante" de Tony.
Sortez tous les dossiers du personnel.
Écoutez ça !
Je sais où est votre blondasse.
Vite, vous la sauverez peut-être
avant que je la taillade.
Elle n'est pas ici.
Il y a eu un appel anonyme.
Vers la voie ferrée.
Ouf !
Allons-y.
Désolée, Tony. Vous savez que c'est impossible.
J'aurai tenté ma chance.
Alex est au courant. Je lui ai dit.
J'en doute.
Elle veut des preuves concrètes.
C'est pour ça que vous êtes ici,
en train de fouiller tout seul dans mes affaires.
Les documents sont des faux.
Rien ne me relie à cet endroit.
On ne vous cherchera pas ici.
On peut prendre notre temps.
Sur le lit, s'il vous plaît. Écartez les bras et les jambes.
J'avais raison. 15.
Un coup de chance. Le dernier, je crois.
C'était à cet âge-là ?
Quoi ?
C'était à un anniversaire ?
Ou lors d'une soirée entre filles ?
Vous vous êtes habillée,
pour vous faire belle.
Coiffeur. Des mèches, peut-être.
Vous vous sentiez belle.
C'est quoi, le nom du vernis ? Belle Poupée ?
Sur le lit.
C'est là que ça arrive.
Il a dit que vous l'aviez cherché ? L'homme qui vous a violée ?
Bravo ! Quelle perspicacité, Tony !
Vous essayez de m'impressionner, d'avoir raison, de m'analyser.
Pas cette fois.
Vous l'aviez cherché, vous savez.
La tenue, le maquillage. Vous aviez l'air d'une pute.
Le vernis pour les métamorphoser. J'avais raison pour ça.
Pas en quelqu'un d'autre, mais en celle que vous étiez.
Une petite pute qui l'avait cherché.
La ferme !
Aujourd'hui, vous n'êtes plus faible.
Vous contrôlez, vous tirez les ficelles.
Les hommes vous obéissent au doigt et à l'œil.
Les filles supplient, mais pas de pitié, c'est la vie.
Bouclez-la !
Quel pied de tout contrôler !
De faire souffrir Paula, et nous aussi.
D'humilier Alex, venue en renfort
sur l'enquête, pour qu'elle passe pour une idiote.
Elle est idiote. Et vous aussi.
- Moins que ce que vous croyez. - Ah oui ?
Pourtant c'est vous qui allez saigner.
Sur le lit ! Exécution !
Si on se mettait ici ?
Pardon.
Ambulanciers ! Détachez-la !
Tout va bien, c'est fini.
"À moi la vengeance, à moi la rétribution !"
Tu aimes les images, les symboles. Les aiguilles dans les yeux,
les couteaux.
Ces meurtres présentent un côté rituel.
C'est tous les hommes, aucun homme.
Ni nom ni visage.
C'est plus près du satanisme que de la chrétienté.
C'est une secte !
Ils se réunissent en secret, imposent la loyauté
par des rituels, des serments et un langage codé.
Être au secret rend puissant. En caftant, on perd tout.
Je ne vous suis pas.
Révérend Tallis ! On a un mandat de perquisition !
Ces rituels, c'est plus que la poignée de main et le tablier.
La franc-maçonnerie, c'est un club pour hommes d'affaires mûrs.
Qui prononcent des vœux solennels lors de rituels secrets.
Sous peine de torture.
La victime est aussi importante que le meurtrier.
Putain, Man !
Qui ? Il nous faut un nom.
C'est plus que du sadisme. C'est un sacrifice humain.
- Sept plaies ? - Six,
plus celle-ci. La plupart, infligées après la mort.
Le lien était peut-être religieux.
C'est un évêque, dans une église.
Il y croit. À son innocence. Au bien-fondé de ses actes.
Ce chef est paranoïaque, obsédé par la trahison.
Vous n'êtes pas là pour me dissuader ?
Il faut lancer un plan d'alerte.
Menace d'attaque bioterroriste.
Adaptation : Vanessa Chouraqui
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