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LA BONNE FÉE
On frappe ses mains comme ça
On frappe ses pieds comme ça
Une fois comme ça
Une fois comme ci
On s'envole comme un oiseau
Encore une fois, mesdemoiselles,
mais avec plus de vie, plus de liberté.
Encore.
ORPHELINAT MUNICIPAL POUR JEUNES FILLES
- C'est ça, bien sûr. - Oh oui Monsieur.
Bien. Le directeur est là?
- Oui Monsieur. - Dites-lui que je veux le voir.
Oui Monsieur, mais il est une dame.
- Dr Schultz. - Le Dr Schultz est une dame?
- Étrange. - Oui Monsieur.
Dites-lui que je veux la voir.
- Je veux dire... - Oui Madame.
Un homme veut vous voir, Dr Schultz.
Faites-le entrer.
Nous ne pouvons rien faire d'autre.
- Dr Schultz? - Oui?
- Schlapkohl. - Pardon?
Directeur général Schlapkohl.
- Le Palais du Rêve. - Le Palais du Rêve?
Oui, nous avons 3 000 sièges.
- Pourquoi? - Pour s'assoir !
C'est la plus grande salle de cinéma de Budapest.
Ce matin au petit déjeûner je pensais tout haut et je me disais :
"Schlapkohl, comment peux-tu te procurer une de ces douces ouvreuses?"
Mais douces, parce que je suis fatigué de ces filles
qui font de l'oeil aux clients et donne à ma salle mauvaise réputation.
Qu'en pensez-vous?
- Eh bien... - Mme Schlapkohl a posé sa tasse de café
et m'a dit : "Maurice..." (elle m'appelle Maurice)
"Pourquoi n'essaies-tu pas l'orphelinat municipal?"
Je vois. Et que cherchez-vous M. Schlipkohl?
Schlapkohl. Des ouvreuses,
qui accompagnent les clients à leur place.
Elles portent des uniformes splendides, que j'ai dessinés moi-même.
Un grand chapeau de hussard, un petit manteau,
- et des pantalons avec... - Des pantalons?
à rayures. Très réussis.
Eh bien je pense...
Les pantalons... ils ne sont pas trop serrés?
Ça dépend entièrement de la fille. Ils sont tous de la même taille.
Je vois.
Et la mauvaise fée reprit sa forme et alla vers la princesse
qui faisait de beaux rêves et dormait comme la gentille fille qu'elle était.
Et la mauvaise fée se rapprochait du lit.
Mais la princesse ne l'entendait pas.
Et la mauvaise fée était de plus en plus près,
toujours plus près.
Fais attention avec ce couteau.
Et alors,
toujours plus près,
et elle était certainement dans un sacré pétrin.
- Et que s'est-il passé, à votre avis? - Quoi?
Le prince est sorti de sa cachette et a commencé à escalader le mur du château.
Quel château?
Le château où la mauvaise fée l'avait enfermé.
Et il est monté, monté, monté...
C'était dur parce que le mur était très glissant...
très glissant.
Et juste comme il atteignait la fenêtre de la princesse,
la méchante fée a bondi
- et l'a transformé en gésier. - Qu'est-ce que c'est?
- C'est un genre d'oiseau. - Jamais entendu parler.
Maintenant, si. Et il était là,
un pauvre petit gésier qui pendait sur le mur.
Et alors la gentille fée
qui n'avait pas fait de bonne action de toute la journée,
et qui se sentait très mal, décida de le secourir.
Mais tu as dit que la bonne fée était à l'autre bout du monde.
Oui, mais pour elle ce n'était pas un problème.
Elle est montée sur son fidèle balai et a dit les paroles magiques :
"Dim Dam Dom et Am Stram Gram, Arrache-moi du macadam,
Dim Dam Dom et Am Stram Gram, Balai fidèle porte mon âme !"
Et elle est partie !
Et le balai allait de plus en plus vite,
et toujours plus vite...
Luisa !
- Luisa, descend de là tout de suite. - Oui Madame.
Luisa, ça va?
Luisa, vous êtes blessée?
- Non Madame. - Alors que faisiez-vous là-haut?
Je racontais un conte de fées.
La prochaine fois, racontez-le d'en bas.
- Oui Madame. - Arrangez-vous.
Alignez-vous avec les autres filles comme si rien ne s'était passé ici.
Ces choses arrivent parfois avec des enfants.
Et maintenant on va vous trouver des ouvreuses.
Je suppose que vous en voulez une douzaine?
Oh non ! Je vais commencer avec une seule.
- Une seule? - Un échantillon.
Alors la première doit être très très douée.
Voilà une jeune fille très saine. Elle vous convient?
Oui, n'est-ce pas?
Ou celle-là?
Ou celle-ci?
Elles sont toutes très douces.
- Je vois ce que vous voulez dire, Dr. - Elles sont toutes très douées.
Et quel est le problème avec notre petite acrobate?
- Rien. - Comment allez-vous?
Voudriez-vous être ouvreuse, Luisa?
- Oui Madame. - Vous savez ce qu'est une ouvreuse?
- Non Madame. - C'est bien ce que je disais.
- Elles ne savent rien. - Merveilleux.
Si je vous laisse sortir, ma chère,
vous continuerez à faire une bonne action par jour?
Oui Madame.
"Chaque jour je mets une bonne action Sur mon compte en grâce céleste,
Une banque où les clients sont Bénis par de divins intérets."
Très joli.
Elle ne flirterait pas avec les clients? - Elle ne sait pas ce que ça veut dire.
Je le sais à peine moi-même.
- Très bien. Vous me l'emballez. - Pardon?
Elle est vendue. Je la prends.
Je vous l'envoie dès demain matin. Venez dans mon bureau.
Au revoir.
Luisa ! Ne pars pas !
Vous essaierez de faire honneur à notre institution.
Oui Madame.
Vous avez une dette envers la société.
Les simples citoyens que vous croiserez dans la rue,
ce sont eux qui vous ont pris en charge toutes ces années.
Ce sont eux qui vous ont donné votre foyer,
votre nourriture et vos vêtements.
- Depuis ma petite enfance. - C'est ça.
Tâchez de vous acquitter de cette dette en faisant le bien.
J'essaierai.
Et si on vous demande de faire quelque chose...
- Je le fais. Avec le sourire.
J'ai été aussi loin que le temps et la délicatesse me l'ont permis.
De tout ce que je vous ai dit, vous devez retenir
qu'une jeune fille qui va seule dans le monde
ne sera jamais assez prudente dans ses rapports avec les hommes.
- Rappelez-vous bien de cela. - Oui Madame.
Au revoir, ma chère. Et bonne chance.
Au revoir.
- Au revoir, Dr Schultz. - Soyez courageuse, Luisa.
Le temps est venu pour vous de déployer vos ailes.
Gauche, gauche, gauche,
gauche, droite, gauche,
gauche, droite, gauche.
Mesdames, s'il vous plait !
Gardez le rythme. Gauche, gauche.
A, B, C, D. Stop.
Tour à droite.
En avant.
S'il vous plait ! A vos postes.
En position.
Allez-y !
Vous me parlez?
- Oh non monsieur. -J'ai cru que vous disiez quelque chose.
Refaites ça, voulez-vous?
Très joli.
Vous devez aller par là.
- Par là? - Oui monsieur. - Pourquoi?
- Pourquoi? - Oui, pourquoi?
- Je ne sais pas, monsieur. - Alors pourquoi le faites-vous?
Ce sont les ordres.
- Vous me donnez des ordres? - Oh non monsieur.
Parce que je n'aime pas qu'on me donne des ordres.
On me donne des ordres toute la journée au restaurant,
et le soir je veux être libre.
Comme un oiseau.
- Rappelez-vous de ça. - Oui monsieur.
Mais décidez-vous !
Oh Meredith!
Tu ne parles pas sérieusement?
C'est impensable.
Il ne signifie rien pour moi. Absolument rien.
Eh, dites-donc.
...c'était la lune, Meredith,
la lune et la folie de l'instant.
Je suis décidé.
Le souvenir de notre amour ne signifie plus rien pour toi?
Oh Meredith, as-tu oublié les serments que nous avons fait?
La chanson que nous chantions? Les promesses que nous avons promis?
Pars.
Que je parte? Tu n'es pas sérieux, Meredith!
Tu parles avec tes lèvres mais ton coeur se rebelle.
Il le doit.
Considère cela, Meredith.
Réfléchis au passé,
- et ensuite, oh mon chéri... - Pars.
Tu ne veux pas dire "pars", Meredith, réfléchis.
Pars.
- Meredith... - Pars.
Tu dois m'écouter.
- Pars. - Aie un peu pitié de moi.
Si ce n'est pas pour moi...
au moins pour...
sûrement, lui, est innocent.
- Regarde, Meredith. - Pars.
- Meredith. - Pars.
Mais, Meredith, écoute-moi.
Partons.
Mais c'est pas là qu'on est entré, papa. - Mais c'est là qu'on va sortir.
Meredith!
Meredith!
Si au moins tu me laissais une chance de t'expliquer !
Pars.
Pars?
Pars.
Oh mais Meredith...
- Pars. - Tu ne le veux pas vraiment, Meredith.
- Pars. - Meredith,
tu n'es pas sérieux?
- Pars. - Tu ne veux pas dire "pars", Meredith.
Pars !
ENTRÉE DES ARTISTES
Bonsoir.
Allons-y !
- Vous cherchez un cavalier? - Vous savez où je peux en trouver un?
Bonsoir, jeune fille.
Bonsoir.
- Vous êtes seule? - Oh oui.
Très bien, que diriez-vous d'un sandwich et d'un verre de bière?
- Eh bien... - Avec de la musique !
Je ne crois pas aimer la bière, merci.
- Bonne nuit. - Mais vous pourriez écouter la musique.
Je déteste la musique, je trouve la bière horrible,
et les sandwiches me donnent des maux d'estomac...
- Ah oui, vraiment? - Oui, vraiment.
Écoute, petite...
- Non, lâchez-moi... - Qu'est-ce que tu as?
Je suis mariée.
- Oui. - Ah oui, vraiment?
Et où est ton mari?
- Il est au lit avec de la fièvre. - Ah oui?
Non, il est là !
Bonsoir, chéri.
Ta fièvre a baissé?
Je vois bien que oui.
- Écoutez... - Chhhut...
- Vous essayez de déchirer mon manteau? - Il se sent beaucoup mieux !
Tout va bien se passer.
Accompagnez-moi jusqu'au coin, et il ne m'embêtera plus.
Qui? Pourquoi?
Tout va bien maintenant, merci.
De quoi parlez-vous? Qui êtes-vous?
Vous ne vous rappelez pas?
Je suis la fille qui montrait le chemin avec la baguette électrique.
Ah, oui, je ne vous reconnaissais pas sans votre pantalon.
Oh pardon, je ne voulais pas dire...
- Ce que je voulais dire, c'est... - Tout va bien.
Pouquoi êtes-vous venue me parler?
Cet homme voulait que j'aille boire de la bière et manger avec lui,
j'ai eu peur, il ne voulait plus partir.
Alors j'ai dit que vous étiez mon mari.
Ça a bien marché. C'était une bonne idée, non?
C'était un mensonge, mais pas vraiment un mauvais.
Je ne crois pas.
Dites, ça vous dirait une bière et un sandwich?
Oh oui, avec une tête comme la vôtre...
- Qu'est-ce qu'elle a, ma tête? - Je l'aime bien.
Allons-y, alors. Je connais un endroit avec de la musique.
J'adore la musique.
N'est-ce pas merveilleux?
C'est très bien, dans le genre pas cher.
- Quoi? -Je veux dire, regardez cette vaisselle.
Et ces verres, et ces couverts. Ce n'est même pas de l'argent.
Mais je parlais de la musique.
Vous devriez entendre celle de mon hôtel.
Ils portent des smokings.
Vous êtes déjà allée au Métropole Suprême?
- Oh non, je n'ai jamais été nulle part. - Vraiment?
Sauf à l'asile.
D'où je viens.
L'asile, hein?
- Vous êtes sortie depuis longtemps? - Juste ce matin.
Juste ce matin?
Et ça fait quel effet, d'être dehors?
- C'est merveilleux. - Je vous crois, oui.
Vous êtes guérie, bien sûr?
Vous ne vous êtes pas échappée?
Oh non, pas moi.
Certaines filles s'échappent, mais on les ramène toujours.
- Bien. - Je ne les blâme pas.
Ce n'est pas si drôle qu'on croit d'être orpheline.
- Oh, un asile pour les orphelins? - J'imagine.
Je suis content d'entendre ça. Pendant une minute j'ai...
Voilà votre couteau.
Jamais été nulle part, jamais rien possédée?
Une fois, on a fait une excursion.
Nous avons donné une garden-party dans un pénitencier.
- Brillante idée. - Oh oui ça nous a beaucoup plu.
Mais on n'est jamais revenu. Une histoire avec les prisonniers...
La prochaine fois on va faire de grands jeux en plein air.
De grands jeux? Vous n'avez jamais été à une vraie fête?
- Il y a eu le pénitencier... - Oubliez le pénitencier.
Je parle d'une fête avec des gens normaux.
Où il y a de beaux habits et du bon vin.
Avec un bon service, de la verrerie et de la musique.
Et des glaces, et du caviar, et des cuisses de grenouilles.
- J'adore les glaces.
Une fille comme vous devrait avoir le meilleur.
Les bracelets en diamants, les belles robes,
les voitures nickelées, le caviar, les homards,
les manteaux de zibeline...
Dites, vous voudriez venir à une fête dans mon hôtel, et voir tout ça?
- Vous croyez? - Demain soir.
Vous avez une robe du soir?
Non.
Peut-être que je pourrai en emprunter une du prologue,
- celle du numéro musical de la lune. - Très bien, j'aurai votre billet.
- Vraiment? - Bien sûr.
Je vous le laisserai au cinéma. Quel est votre nom?
- Luisa Ginglebuscher. - Ginglebuscher?
Baron Untel, laissez-moi vous présenter Miss Ginglebuscher?
Jamais.
- Mais... - Ne dites votre nom à personne.
Soyez juste aristocratique.
J'essaierai.
Maintenant, je vais vous donner une leçon de danse.
Vous savez danser?
Je les regarde depuis assez longtemps pour connaître la théorie.
Votre manteau, Madame.
Bien sûr que c'est mon manteau.
Si vous voulez bien le laisser au vestiaire.
Il y a tellement de monde ici.
Oui.
Eh, Detlaff, je suis bien arrivée.
Non, merci.
Oh, Detlaff, vous êtes si beau dans votre habit.
- Taisez-vous. Regardez-moi de haut. - Quoi?
Prenez ça et allez vous asseoir.
- Où dois-je m'asseoir? - A une table bien sûr.
Asseyez-vous et mêlez-vous aux invités. - D'accord.
Et ne parlez pas de "Pringleguscher".
- Ginglebuscher. - Comme vous voulez.
- Pas de familiarités avec les serveurs. - Non.
Ne laissez pas les serveurs devenir familiers.
Je vous ai à l'oeil.
Lâchez-moi, manant, ou je vous transperce la poitrine.
Seul, j'affronterai ce précipice.
Bonsoir !
Parfaitement grotesque.
Ils mettent des marches là où on ne peut pas les voir,
là où chacun est obligé d'y tomber.
A quoi servent-elles, d'ailleurs?
Excusez-moi.
Je viens juste d'en franchir tout un tas avec les plus grandes difficultés,
et voilà que je dois maintenant en monter tout un nouveau tas.
Je pense que ces fichus architectes
le font juste pour nous compliquer l'existence.
Voulez-vous vous asseoir ici, Madame?
- Vous êtes sûr que c'est bien? - Bien? Mais c'est merveilleux !
Merci beaucoup.
Non, merci à vous !
Je passais un moment désastreux,
et je vais maintenant pouvoir le passer avec vous !
Je veux dire, un bon moment...
Voudriez-vous vous lever?
Me lever?
Mais... Je pensais que vous étiez seule.
Je suis seule.
Mais dans ce cas, si vous êtes seule...
Non, je vous en prie, restez debout.
Mais je ne comprends pas... Après tout...
Vous savez parfaitement que vous ne devez pas vous asseoir avec les invités.
- Être trop familier. - Familier? Avec les invités? Moi?
Je ressemble à un serveur?
Eh bien, oui.
Vous devez savoir, Madame,
que loin d'être un serveur, eh bien, je ne suis pas un serveur.
Je suis tout sauf un serveur.
Je... Bonsoir, votre Excellence...
Voilà le Ministre des Arts et de la Décoration.
Si j'étais serveur, est-ce que je lui parlerais?
Je suppose que non.
Vous voyez ! Un serveur !
Vous êtes un ministre aussi?
Non, pas exactement.
Les gens me prennent souvent pour un ministre,
mais je fais des affaires dans la viande.
- La vente en gros, bien sûr. - Vous n'avez pas l'air d'un boucher.
Un boucher? Qui, moi?
Je suis dans l'import-export.
- Mais de viande? - Et pourquoi pas?
Vous êtes végétarienne?
Oh non. Je pense que la viande, c'est très bien.
Et comment. Ma viande l'est, en tout cas.
Mais pourquoi parlons-nous de viande?
Prenons plutôt du champagne.
Le service ici est épouvantable.
Garçon !
Apportez-nous 2 coupes je vous prie.
Vous avez dit 2 coupes?
Si je ne l'avais pas dit, je devrais me faire examiner... Que voulez-vous?
Je pensais que la jeune dame préfèrerait une soupe, monsieur.
Ah oui? Eh bien elle ne préfèrerait pas une soupe.
Si elle préférait la soupe, elle en demanderait.
C'est très facile à dire : choupe... soupe.
Apportez-nous 2 coupes et cessez de me contredire.
- Allez-y. - Très bien monsieur, tout de suite.
Il faut être ferme avec ces types-là, sinon ils vous plé... plétinent...
Ils vous piétinent.
L'air est plein de révolution et de... de romance.
Oh, voilà encore votre ami.
Bonsoir, votre Excellence.
Bonsoir.
Je pense que vous êtes merveilleuse.
- Vraiment? - Vraiment.
Bien sûr je ne suis pas là souvent,
je rentre juste d'Amérique du Sud, et n'importe quoi...
Malgré tout, je pense que vous êtes merveilleuse !
Vous êtes différente, vous êtes formidable !
- Oh non. - Mais si ! - Mais non !
Peut-être que vous ne l'êtes pas... Mais si vous l'êtes !
Salutations !
Bienvenue dans notre municipalité.
Oyez, oyez, oyez...
- Non, Non... - Je suis le Ministre de la Futilité.
- Docteur Metz. - Comment allez-vous, Dr. Metz?
Quel est votre nom, déjà, ma petite fleur de pêche?
Elle n'est pas votre petite fleur de pêche.
Je ne peux pas vous le dire.
Oh, incognito?
Oh non, pas du tout. Vous ne devinerez jamais.
Très habile ! Elle me fait penser à moi.
Nous allons beaucoup nous amuser tous les 3.
Oui, je vois ça.
Allez chercher du champagne, Konrad. Beaucoup.
- Allez-y vous-même. - N'êtes-vous pas assoiffée, ma douce?
Et cette danse que vous m'aviez promise? Venez !
- Je ne vous ai rien dit... - Mais si !
Ne laissons pas perdre la musique.
Moi aussi je veux danser avec Petit Oiseau.
- Pensez à votre goutte. - Je danse bien mieux que vous.
Non, vous danserez la prochaine. Venez, ma chère.
Essayez au moins de ne pas lui écraser les pieds.
Nous y voilà.
- Entrez. - Oh, c'est magnifique.
- Où avez-vous dit que nous étions? - C'est juste une salle à manger privée.
Vous savez... cette...
Quel est votre nom?
Je ne peux pas continuer à buter dessus sans arrêt.
Vous pouvez m'appeler Lu.
Lu ! Lulu ! Luisa, quel joli prénom.
- Vous savez quoi? - Non, quoi?
Le secret de mon succès, c'est la franchise.
Ne pas tourner autour du pot, sauter par-dessus.
Et plus vite vous sautez, plus vite vous y êtes.
- C'est ma devise. - Qu'est-ce que ça veut dire?
Eh bien, ça veut dire que si vous me regardez dans les yeux
comme je vous regarde dans les yeux,
ou si je vous regarde dans les yeux comme vous me...
Non, attendez. Si je me regarde dans les yeux
comme vous vous regardez...
Non, oubliez ça, ça ne va pas.
Supposez que vous traversiez un bois,
et soudain vous rencontrez un magicien, qui vous dit :
"Jeune fille, que voulez-vous? Car je suis terriblement riche,
et je veux vous en faire profiter." Que diriez-vous?
- Je ne sais pas... - Eh bien, je...
Est-ce que c'est l'histoire du Bois Enchanté?
Non, non... C'est plutôt la Banque Enchantée !
Oui... Alors que... Oh pardon...
Alors, que diriez-vous au magicien?
Il y a sûrement plein de choses qu'une jeune fille comme vous peut vouloir.
Oh, je vois ce que vous voulez dire.
J'aime les belles robes, les homards,
les bracelets en diamants, les manteaux de fourrure...
- Les automobiles? - Oui, aussi.
Oui, je vois que vous avez bien réfléchi au problème.
Le pauvre magicien est dans un beau pétrin.
Laquelle de ces petites choses voulez-vous?
- Je ne veux rien. - Mais vous venez de dire...
Non, c'était juste un jeu.
Mais alors, vous voulez dire...
Mon Dieu, vous êtes prodigieuse !
Toute ma vie j'ai cherché quelqu'un qui...
Que diriez-vous d'un joli manteau de fourrure, pour commencer?
Vous accepteriez?
Bien sûr, quelle drôle de question !
Eh bien voilà, c'est comme si vous l'aviez !
Quelle fourrure aimez-vous?
Oh je ne sais pas, n'importe laquelle.
Non, attendez. De la zibeline.
- Oh, de la zibeline. - Oui.
Le chinchilla est encore plus cher.
Je ne veux pas quelque chose de cher, juste quelque chose de chaud.
- Oh, comme la zibeline. - Oui.
Vous êtes la fille la plus...
Vous m'étourdissez !
Vous m'électrifiez, vous me fusionnez !
C'est comme si j'avais 40 ans ! Je veux dire 20 ans !
Vous me remettez en culottes courtes !
Jouons un peu, je serais un lion des montagnes,
et vous un petit agneau,
vous êtes là, vous broutez de l'herbe, et je suis affamé aussi.
Soudain je me jette sur vous...
...je vous fait perdre pied,
et je galope avec vous jusqu'à ma grotte dans la montagne.
Je galope, je galope, je galope...
- Vous avez sonné, monsieur? - Oh, bonsoir !
Bonsoir, Madame.
On jouait juste à un jeu.
C'est ce que je constate, Madame.
- Que voulez-vous? - Vous m'avez sonné, monsieur.
Ne vous ai-je pas déjà vu? Je n'oublie jamais un visage.
- Cela fait un moment que je suis ici. - C'était une chose désagréable.
-Merci. Quelque chose d'autre, monsieur? - Certainement.
Nous allons commander le souper. Asseyez-vous.
Voyons, que...
Comment est la soupe de homard?
- Horrible, monsieur. - Quoi?
S'il y a une chose que le chef ne sait pas faire, c'est la soupe de homard.
Entre nous, monsieur, il ne sait faire aucune soupe.
Merci de me prévenir. Et comment est le filet de sole?
- Le filet de sole, monsieur? - Oui !
- Infect, monsieur. - Infect?
Nous sommes si loin de la mer qu'il faut le mettre dans la glace,
et je suspecte que la glace fond à mi-chemin.
Vous voulez dire que... Oh c'est terrible.
Hélas, monsieur.
Quelque chose ne va pas avec la noisette d'agneau?
- Très coriace, monsieur. - De l'agneau, coriace?
- Je suspecte que c'est de la chèvre. - De la chèvre ! Mais c'est ridicule.
La seule chose qui soit de 1ère classe dans cet hôtel, ce sont les prix.
Exactement, monsieur, c'est ce que j'ai toujours dit.
Peut-être que je n'ai pas aussi faim que je croyais.
Absurde. C'est cet individu qui présente tout sous le plus mauvais jour.
Y a-t-il une seule chose ici que vous pouvez recommander?
Nous avons un très bel Aspic de volaille de Guinée au foie gras et truffes.
Pourquoi ne pas l'avoir dit tout de suite?
Vous ne me l'avez pas demandé, monsieur. - Ce n'est pas à moi de demander.
C'est à vous de me dire, c'est vous... Oh, amenez-nous ça,
et une bouteille de Pommery 1911... et une Bombe surprise.
- Je suis désolé monsieur. - Quoi encore?
L'Aspic de volaille est un plat très spécial,
il n'est servi qu'en buffet froid dans la salle de bal.
Dans la salle de bal? C'est scandaleux !
- Je n'ai jamais rien entendu de pareil. - Tout à fait d'accord avec vous.
Pourquoi ne pas souper dans la salle de bal?
Parce que je veux manger ici.
- Une raison particulière, monsieur? Non.
Non ! Aucune raison ! C'est ridicule.
Tout ce que je commande n'est servi que dans la salle de bal,
ou est resté trop longtemps au soleil.
J'en ai peur. Mais j'ai une table splendide dans la salle de bal...
Je vais manger ici, même si c'est la dernière chose que je fais dans ma vie!
Allez me chercher des oeufs !
Je vais voir si nous en avons, monsieur. - Quoi?
Vous pouvez y compter, monsieur. Des oeufs !
Vous avez vu ses yeux? On aurait dit des billes furieuses.
- Je n'ai pas fait attention. - C'est un fou !
De tous les hôtels que je connais, celui-ci est vraiment le pire !
Voyons, où en étions-nous avant d'être interrompus par ce...
Ah oui, je me rappelle, j'étais une chèvre des montagnes...
...pas une chèvre, un lion...
et je vous emportais dans ma grottes des montagnes !
- Laissez-moi. - Ce n'est qu'un jeu !
Il ne me plait pas.
Mais nous nous amusions tellement, qu'avez-vous maintenant?
Je suis mariée !
- Vous êtes mariée? - Oui.
Il a de la fièvre ce soir.
- Vraiment? - Vraiment.
C'est terrible.
Juste comme je m'étais décidé à vous parer comme un arbre de Noël...
- Quoi... Que... - Nous n'avons plus d'oeufs, monsieur.
Quoi? Mais qui vous a demandé de...
Sortez d'ici.
- Nous n'avons plus faim de toute façon. - La jeune dame est affamée.
- Alors amenez-nous à manger ! - Que désirez-vous, monsieur?
Amenez un pudding au tapioca, du poisson frit et une soupe de nouilles !
- Monsieur? - Oui, et des oeufs d'oie bouillis,
et une caisse de champagne avec 3 verres de lait et de la bière.
- Et sortez d'ici ! - Oui monsieur.
Que faites-vous avec votre main en l'air?
Les nerfs, monsieur. Merci monsieur.
Il est fou comme un lapin.
Demain je le fais enfermer.
Ah oui, vous êtes mariée.
Pourquoi avez-vous fait ça? Vous avez tout gâché.
- Parce que j'ai eu peur. - Oui je sais, mais... Quoi?
De toutes les raisons stupides, celle-là tient le pompon.
Parce que vous aviez peur...
Et vous étiez si belle en vison, en lynx, en...
Juste quand je rencontre quelqu'un qui me renverse,
quelqu'un à qui je veux distribuer mes millions...
Toute ma vie j'ai voulu être extravagant !
- Moi aussi ! - Eh bien voilà !
Je n'ai jamais vu une petite chose que je n'ai pas eu envie d'acheter.
Moi aussi.
Attendez !
Ne bougez pas !
J'ai trouvé. C'est diabolique, et en même temps simple comme bonjour.
C'est lui qui va vous acheter le manteau de fourrure.
- Qui? - Votre mari ! Je vais le rendre riche.
C'est merveilleux. Je me joue des obstacles.
- La raison de mon succès a toujours... - Non vous ne pouvez pas faire ça.
Moi? Je peux tout faire. Vous ne me connaissez pas.
D'un claquement de doigt, je rends un homme riche, ou je le mets à terre.
Mais je ne le veux pas !
Vous ne comprenez pas. Vous ne pouvez pas comprendre.
Ne dites pas ce mot, il m'agace.
- Tous mes plans se réalisent. - Ne me faites pas pleurer.
Pourquoi voulez-vous pleurer,
alors que vous pouvez faire une bonne action pour quelqu'un?
Voilà un homme qui vous a soutenu, et...
- C'est vrai. - Bien sûr que c'est vrai.
Et je suppose qu'il n'est pas riche, sinon vous porteriez...
C'est merveilleux !
C'est bien pour vous, c'est bien pour lui,
ça me fait me sentir meilleur, et en plus, c'est drôle.
Oui, c'est très drôle.
Vous allez vraiment le rendre riche?
Eh bien, de quelle richesse parlez-vous? - Une richesse normale.
Normale. Bien sûr, je vais le faire.
Ça ne signifie pas plus pour moi que... Pourquoi riez-vous?
Je pensais à moi rendant quelqu'un riche.
À vous, rendant quelqu'un riche?
Comme la bonne fée ! D'un coup de baguette magique.
Plutôt d'un coup de chèquier ! Dites-moi, que fait-il?
- Ce qu'il fait... - Oui, que fait-il?
Quand je dis "que fait-il",
je ne veux pas savoir le genre de chapeau qu'il porte.
Vous voulez savoir... ce qu'il fait.
Pour l'amour de... Vous croyez que j'aime entendre ma voix, comme...
comme un canari? Que fait-il?
Oh, mon mari?
Nous voilà revenu au point de départ. Oui, votre mari. QUE FAIT...
Je ne lui ai jamais demandé.
Vous ne lui avez jamais demandé.
"Que fait-il? Jamais demandé."
Peut-être ne suis-je pas aussi clair que je...
Quand je dis "Que fait-il", je veux dire :
est-il boucher ou vétérinaire ou dentiste ou croque-mort ou quoi?
Que voudriez-vous qu'il soit?
Ce que moi je voudrais...
Ce que je voudrais qu'il soit, il pourrait l'être...?
Il est très volontaire.
Ça s'annonce mal. Je suppose que c'est un plongeur en eaux profondes,
ou quelque chose qui va me créer beaucoup de problèmes.
Pourquoi n'avez-vous pas épousé un avocat, ou bien un...
- Un avocat? - Oui, un avocat, ou un...
C'est un avocat.
Pourquoi ne pas l'avoir dit dès le début?
J'avais peur, que peut-être vous n'en ayez pas besoin.
Je le verrai dès demain matin et je...
Je ferais n'importe quoi pour vous !
J'en ferai mon représentant légal général pour l'Europe.
Qu'est-ce que ça veut dire?
Ça ne veut rien dire, mais j'en ferai quelque chose.
Quel est son nom?
- Son nom. - Oui bien sûr, son nom !
Vous devez vraiment savoir son nom?
Si je dois savoir son nom... Luisa, vraiment, parfois...
Si je dois savoir son nom?
- Ah, son nom ! - Oui, son nom !
- Après tout je... - Petit Oiseau !
Oh non!
Petit Oiseau ! Petit Oiseau ! Petit Oiseau !
Que faites-vous ! Arrêtez ! Rentrez chez vous.
- Oui, Dr. Metz.
Nous irons au cimetière, Adieu, parlez-vous.
Nous irons au cimetière, Parlez-vous, adieu.
Qu'est-ce qui vous arrive? Vous ne savez pas sortir d'un salon privé?
N'avez-vous aucun bon sens?
Je vous ai fait des signes toute la soirée.
Vous devez venir d'un orphelinat pour sourds et muets.
Armoires, architectes, artistes-peintres, assistants...
Que cherchez-vous dans l'annuaire, vous ne connaissez personne...
J'espère qu'il est pauvre, il faut qu'il soit pauvre.
Auxiliaires, auxiliaires, encore des auxiliaires...
- Avocats ! - Pourquoi voulez-vous un avocat?
Il y en a tellement. Il faut que j'en trouve un qui en ai vraiment besoin.
Tenez ce livre.
- "Dim Dam Dom et Am Stram Gram..." - Quoi?
- "Arrache-moi du macadam..." - Qu'est-ce que vous avez?
"Dim Dam Dom et Am Stram... Gram !"
- Il est là ! - Qui?
- Mon mari. - Votre mari? Vous avez bu?
Dr Max Sporum.
- Il faut qu'il soit pauvre. - Pauvre?
La rue Weisenberger, c'est une rue pauvre?
- Bien sûr que c'est une rue pauvre. - Vous êtes sûr?
Je le sais, mon cousin habite là.
C'est merveilleux. La magie m'a aidé.
Il n'y a rien de merveilleux, c'est une rue horrible.
De quoi parlez-vous, vous n'avez pas de mari.
- Vous rentrez chez vous. - Je ne peux pas rentrer maintenant.
Vous rentrez tout de suite, ou je dis qui vous êtes.
Detlaff, vous ne ferez pas ça, pas quand vous saurez ce qui se passe.
- Il s'est passé quelque chose? - Oui !
Je vais le démembrer, le mettre KO, le frapper,
et le remettre KO et le refrapper et...
Il ne s'est encore rien passé, ça va arriver.
Ce qui va surtout arriver, c'est un terrible accident.
- Je m'en vais le... - Non, Detlaff.
Donnez-moi 2 minutes pour lui parler, et après je vous promets de rentrer.
Je vous le promets, juste 2 minutes.
Enfin seuls.
Que faites-vous ici? C'est quoi, une salle d'attente des serveurs?
Où est le souper que j'ai commandé?
- Il sera dehors dans 2 minutes. - Dehors?
Dehors dans 2 minutes. Merci monsieur.
Dans 2 minutes, dehors !
Il est aussi fou qu'un écureuil.
- Pourquoi 2 min, on attend depuis 2h... - Monsieur Konrad...
Il s'appelle Dr Max Sporum, au 104 rue Weisenberger.
Je n'ai pas besoin d'un docteur.
- Oh, vous voulez dire... - Mon mari.
Mon mari, bien sûr... Dr Max...
Sporum. S-p-o-r-u-m.
- Sp... Sporum... - 104, rue Weisenberger.
Il est dans l'annuaire?
- Oui, il est dans l'annuaire. - Bien, Sporum.
- Je le verrai demain matin. - Oui, mais je dois y aller maintenant.
Mais vous ne pouvez pas, nous n'avons pas eu notre soupe.
Mais si je ne pars pas, quelque chose de terrible pourrait arriver.
- Mais je voulais souper avec vous. - Une autre fois, n'importe quand.
- Demain soir alors? - Oui, demain soir, pas maintenant.
- Il est si jaloux? - Qui? Oh oui, il est très jaloux.
Ça le rend fou.
Oui, monsieur Konrad, bonne nuit.
Oh Detlaff, merci, ça été la plus belle soirée de ma vie.
Pas pour moi, je n'ai jamais passé une soirée pareille.
C'est la dernière fois que je garde les enfants des autres.
Si jamais je recommence vous pourrez m'appeler lave-vaisselle.
Regardez, Detlaff.
Regardez.
Quelque part là-bas, quelque part dans la nuit,
peut-être derrière ces lumières, ou derrière ces fenêtres obscures,
le petit Maxie dort paisiblement. - Le petit qui?
Il se demande comment payer son loyer, ou comment il va manger demain.
Et il ne sait pas, imaginez, il ne sait pas !
Il ne sait pas quoi?
Que je veille sur lui dans son sommeil. Que je m'occupe de lui.
Que je suis sa bonne fée.
Qu'est-ce que c'est?
Je cherche le Dr Max Sporum.
Il n'est pas là. Vous êtes de la Compagnie du Gaz?
Non, de la Compagnie Sud-américaine de Viande.
J'ai horreur de la viande congelée. Au revoir.
-Combien de fois devrais-je vous dire... - Je ressemble à un vendeur de viande?
Oui.
Eh bien je vous informe que je suis le président et principal actionnaire
d'une grande organisation : la Compagnie Sud-américaine de Viande.
Je ne veux toujours pas de votre viande. - Mais je ne suis pas là pour la viande !
Je cherche le Dr Max Sporum, avocat.
J'ai besoin d'un conseil juridique.Et je lui conseillerai de vous congédier !
- Ah vraiment? - Oui, vraiment !
Laissez-moi vous dire, mon pompeux ami, que personne ne peut me congédier,
parce que je suis le Dr Sporum.
Vous?
- Pas étonnant... - Pas étonnant que quoi?
Juste, pas étonnant...
Vous êtes le Dr Sporum.
Vous mériteriez que je vous laisse tomber.
Pourtant, allons dans votre bureau. Vous avez un bureau?
Bien sûr que j'ai un bureau.
Vous croyez que je reçois mes clients dans la salle de bain?
Ça ne me surprendrait pas.
Je ne veux toujours pas de viande.
- Je vous ai dit... - Asseyez-vous.
Oui.
Dr Sporum, vous ne me connaissez pas,
mais une des raisons de mon grand succès
c'est que quand j'ai décidé quelque chose,
je suis inébranlable, je vais jusqu'au bout.
Vous allez me raconter l'histoire de votre vie?
Non monsieur, pas du tout.
J'essaie de vous expliquer pourquoi, en dépit de tout, je veux faire de vous
le représentant légal général pour l'Europe
de la Compagnie Sud-américaine de Viande.
Qu'est-ce que vous dites de ça?
Je ne suis pas un enfant, vous savez.
Non, personne ne peut vous confondre avec un enfant.
Je n'ai pas été 1er de ma promotion avec mention spéciale pour rien.
Vous allez me raconter l'histoire de votre vie?
Non monsieur, pas du tout.
Je vous dis juste qu'il est inutile d'essayer de me tromper.
- Mais puisque... - Vos subterfuges sont puérils.
Je vois clair en vous.
Ah, vraiment?
Balivernes ! Vous ne pouvez rien voir du tout !
Je vois plus que vous croyez, mon ami !
Vous voulez nous faire croire que vous, chef d'une grande compagnie,
m'avez choisi moi, un avocat inconnu,
pour être votre représentant légal général pour l'Europe...
- C'est que... - Répondez par oui ou par non.
Eh bien, oui.
Sans voir la totalité de votre plan, j'en vois assez pour sentir l'arnaque.
Et je ne veux pas d'une affaire louche.
J'en appelle à mon éthique.
Vous êtes venu au mauvais endroit. Au revoir.
Mais non, c'est pour ça que je suis ici.
Je cherche un homme honnête.
Si possible avec une cervelle.
Où avez-vous entendu parler de moi?
Allons, Dr, vous n'êtes pas si obscur que vous faites semblant de le croire.
Votre nom circule depuis un moment.
Où avez-vous entendu parler de moi?
Un ami... Très haut placé...
- Qui? - Le Dr Metz, du ministère.
- Le Dr Metz? - Oui.
- Lui-même? - Oui, en personne !
Sûrement pendant une de vos affaires.
- L'affaire Borgani? - Oui, certainement...
cette bonne vieille affaire... Borgami.
J'ai toujours voulu vous féliciter pour l'avoir gagnée.
- Mais je l'ai perdue. - Perdue... Mais oui, je l'ai vu !
Mais avec quel brio, Dr !
Parfois, mieux vaut perdre avec brio que gagner stupidement.
C'est ce que nous avons apprécié. Je me rappelle du Dr Metz me disant :
"Garde un oeil sur... Spoborum."
C'est ce que j'ai fait. Je suis ici.
- Très bien. - Oui. Félicitations.
Vous êtes maintenant représentant légal général pour l'Europe
de la Compagnie Sud-américaine de Viande à responsabilité limitée.
- Limitée... - Oui.
Vos honoraires seront entre 100 et 120 000 par an.
Au minimum.
120.000?
Oui, dans ces eaux-là.
Et maintenant, comme je suis un homme d'action,
voilà les contrats.
Signez là où c'est indiqué.
Je crois qu'on va pouvoir vous trouver du travail, Dr.
Je... je pourrais même vous envoyer visiter nos succursales,
pour que vous vous acclimatiez.
Oui, je vais vous y envoyer.
Vous auriez une petite voiture,
et... tant qu'on est sur ce sujet...
pardon de dire ça, mais...
j'aimerais des choses un peu plus... soignées, plus modernes...
Du nouveau matériel de bureau, ce genre de choses, pour commencer...
De nouveaux équipements de bureau, pour commencer?
Oui, c'est ça.
Bien sûr, plus tard, vous aurez un bureau plus grand,
avec des employés et ce genre de choses.
Mais pour le moment, je me permets de suggérer...
peut-être un nouvel appartement,
et de belles... robes, et des fourrures,
et des choses pour toute... personne à charge que vous pourriez avoir.
100.000 par an !
Oui, oui.
Et voilà 10 000 couronnes d'acompte,
en signe de bonne foi pour avoir accepté le contrat.
Ce sont des vrais. Et rappelez-vous, Dr :
partagez votre bonne fortune avec... quelqu'un de... proche.
Ça signifie tellement pour elles.
Un vison par ci, un bracelet de diamants par là...
Elles adorent. Et ce sera si facile pour vous.
Oui, si facile.
Et rappelez-vous, Dr, j'aime quand ça va vite.
Ma devise c'est : "Le plus tôt sera le meill... le plus rapide."
Je vous téléphone dans la journée.
Oh, bonjour !
- Bonjour. - Vous l'avez vu?
Oh oui.
- Comment est-il? - Oh il... Hein?
Je veux dire... comment était-il avec vous?
Très drôle.
Venez prendre le petit-déjeûner avec moi et je vous raconte tout.
Non, non, je ferais mieux de...
-Oh c'est sûrement trop tard maintenant. - Oui, bien trop tard.
Venez, on va filer discrètement.
Vous êtes merveilleuse.
Un peu plus soigné peut-être.
Matériel de bureau.
Je vais acheter du matériel de bureau.
Je vais acheter du matériel de bureau.
Matériel de bureau.
J'aurai beaucoup d'employés.
Manteau de vison.
Manteau de vison, bracelets en diamants... Pour qui me prend-il?
Je vais acheter un taille-crayon avec une poignée,
et des trous de différentes tailles, enfin !
Je parle tout seul dans une pièce vide comme un transistor...
Je me demande si je suis fou.
Je ne me sens pas fou.
Matériel de bureau.
Maintenant que je l'ai rencontré, tout est devenu clair pour moi.
Très clair. Pauvre petite.
Je ne sais pas comment vous supportez ça.
C'est si agaçant.
Ça ne vous chatouille pas?
Oh, pardonnez ma vulgarité.
- Ce sont des choses personnelles, et... - Si quoi me chatouille?
Eh bien, la barbe.
J'ai cru mourir quand j'ai vu sa tête.
S'il y a quelque chose qui me déprime, c'est une barbe.
Il ressemble à mon oncle.
Oh... la... barbe...
Vous l'avez bien choisi.
- N'est-ce pas? - Oui, vraiment !
Quel âge a-t-il?
- Quel âge vous lui donnez? - Je ne sais pas.
On ne peut pas dire, à cause du... feuillage.
Un ou deux ans de plus que moi.
Il ne peut pas être si vieux.
Mais... ça ne le rend pas décrépit !
Non, pardon, je ne voulais pas dire...
Je l'ai toujours imaginé jeune.
Vraiment? Vous avez de l'imagination...
Oui. Je dois aller voir comment il est.
Je ne veux pas qu'il fasse une bêtise et qu'il gâche tout.
Oui, bien sûr... Quoi?
Je veux dire... maintenant que vous l'avez fait... Général...
Représentant légal... Oui, oui, je vois !
Une soudaine richesse. Vous avez raison, il peut...
Je ne crois pas qu'il soit très malin de toute façon.
- Il pourrait dire ce qu'il ne faut pas. - Oui il pourrait. Il le fait toujours.
Chaque fois qu'il ouvre la bouche il met les pieds dans le plat.
Oui, je ferais mieux d'aller lui parler.
- Alors, à ce soir, 11h. - Oui.
C'est sûr, vous n'avez pas parlé de moi? - Bien sûr que non !
- Et vous savez quoi? - Quoi?
Il n'a pas parlé de vous non plus.
Oui... c'est drôle.
C'est merveilleux.
Vous êtes le Dr Max Sporum?
Non. En haut.
- Signez ici, s'il vous plait. - Quoi?
Allez, madame, je suis pressé.
- Merci. - Attention !
Pardon.
Ah le voilà.
J'avais peur qu'ils aient oublié de l'envoyer. Merci.
Vous ne savez pas ce que ça représente pour moi.
Ça ne vous est jamais arrivé de vouloir une chose toute votre vie,
et soudain elle arrive?
C'était ma grande ambition. Magnifique. Vous êtes sûre qu'il marche bien?
- Non. - Alors pourquoi l'avoir amené?
Supposez qu'il ne marche pas comme prévu?
Vous pourriez utiliser un couteau de cuisine.
Et perdre mon temps si précieux?
Si vous prêtiez un peu plus attention aux tailles-crayons
et un peu moins à... à ce que vous pensez,
vous n'auriez pas à travailler dans une papeterie toute votre vie.
-Je ne travaille pas dans une papeterie. - Je vois.
Non, je ne vois pas.
- Vous avez bien amené ça? - Non.
- Mais vous l'aviez dans les mains. - Quelqu'un me l'avait donné.
Je vois. Essayons-le tout de même.
Vous pouvez tenir le pied? Je tournerai la manivelle.
Si fluide...
Il doit avoir des roulements à billes.
Splendide ! Comme une aiguille. Touchez.
Vous avez déjà vu une telle pointe?
Pardon de vous avoir grondé tout à l'heure, mais c'était pour votre bien.
Taillons-en un autre.
Vous êtes toujours aussi désagréable?
Voyez, ce sont les trous plus petits pour... Qui ça, moi?
Vous ne venez vraiment pas de la papeterie?
Non. Regardez. Quand c'est plein, vous baissez ça, vous retirez ça...
vous le videz... et voilà, vous...
Oh, je suis vraiment désolé...
Vous me cherchiez?
Je suis légèrement énervé aujourd'hui, ce n'est pas mon habitude.
Vous êtes le Dr Max Sporum?
Oui, et à qui ai-je l'honneur?
Je m'appelle Luisa G...
- Luisa? - Ginglebuscher.
Comment allez-vous. Gingle quoi?
- Buscher. - Ah oui.
Et vous vouliez me voir pour...?
Je voulais juste voir de quoi vous aviez l'air.
Et de quoi ai-je l'air?
Horrible.
Vraiment?
On dirait du Ginglebuscher.
Alors je ne peux pas être si horrible. Voulez-vous vous asseoir?
- La raison de ma visite... - Oui, Miss Ginglebuscher?
Je veux dire...
Vous ne pensez pas que si vous avez quelque chose à dire à quelqu'un,
il faut le dire tout de suite?
Ainsi on ne se trompe pas et on ne gâche pas tout
en disant quelque chose qu'on ne devrait pas dire ou...
Vous ne croyez pas?
Pardon?
J'espère que vous ne serez pas déçu.
Déçu? Ma chère enfant,
après ce qui s'est passé aujourd'hui, je peux tout supporter.
Tant mieux, parce que je ne savais pas...
Certaines personnes sont bizarres.
- La raison de... - Savez-vous ce qui m'est arrivé?
Oui. Je veux dire, non.
Vous avez devant vous le représentant légal général pour l'Europe
de la Compagnie... Sud-américaine de Viande.
A responsabilité limitée.
D'où, cette magnificence.
- Vous êtes content? - content?
Quand vous dites "content", vous voulez dire : stupéfait,
jubilant, triomphant... et abasourdi?
- Je suppose. - Alors je suis content.
Et c'est la preuve de ce que j'ai toujours soutenu :
l'intégrité est le plus court chemin vers le succès.
- C'est vrai, mais... - Permettez-moi de finir.
Pendant des années j'ai souffert de la faim
dans ce bureau aujourd'hui plein de richesses.
Pendant des années, ma chère enfant, j'ai redouté chaque coup de sonnette.
Sachant que c'était toujours pour un impayé de loyer,
ou pour me couper l'eau, ou pour un problème de gaz.
Et pourquoi? Je vous le demande?
Je vais vous dire pourquoi.
- C'est ce que j'essaie de vous dire... - Parce que je m'en tiens à mon éthique.
Et un tel avocat ne peut pas servir
à des gens qui ne veulent que nuire à leurs semblables.
Souvent j'ai faibli.
Souvent j'ai failli sombrer jusqu'au bas niveau des autres avocats,
qui s'en tiennent à la loi mais sont indifférents à la Justice.
Souvent j'ai vacillé.
Mais quelque chose... m'a toujours retenu.
Et maintenant, grâce à ce quelque chose, l'honnêteté me récompense.
Vous avez devant vous un homme
dont les honoraires oscillent entre 100 et 120 000 couronnes par an
et... à responsabilité limitée.
Oh, je n'avais pas réalisé.
- En récompense de quoi, avez-vous dit? - L'intégrité.
La compagnie cherchait un homme honnête,
et notre président, M. Konrad, un homme charmant,
a entendu parler de moi, et voilà !
Je vois.
Et qui l'a envoyé, d'après vous?
Qui?
Un de nos ministres les plus distingués, le Dr Metz.
Oui.
Et que vouliez-vous me dire?
Je me suis laissé emporter.
- Rien. - Mais il y avait quelque chose.
Vous aviez peur que je sois déçu par quelque chose.
Non, je...
Je... je voulais un conseil juridique.
Qu'avez-vous fait que vous n'auriez pas dû?
Oh rien, vraiment.
Voilà ce que je vais faire.
D'abord parce que vous êtes ma 1ère cliente depuis cet incroyable évènement.
Et ensuite parce que vous êtes une jeune fille charmante, et vous me plaisez.
Dorénavant, je suis votre conseiller juridique pour rien.
- Pour rien? - Pour rien.
Gratuit. Gratis. Sans frais.
- C'est très généreux, mais je... - Non, ne me remerciez pas.
Ça me fait plaisir.
Si vous avez l'occasion de faire quelque chose pour quelqu'un,
faites-le.
- Faites-le avec le sourire. - Exactement.
Et quel est ce grand problème juridique?
Le café.
Vous saviez qu'il y a un réfrigérateur qui fait sa propre glace?
- Non ! - Et avec du gaz !
- Je ne vous crois pas. - Je ne le croyais pas non plus,
mais je vais peut-être en acheter un.
Autre chose : notre président, M. Konrad,
a suggéré que j'aie une automobile.
- Non? - Si !
Pas une grosse, bien sûr, une petite pour me déplacer.
Combien de cylindres?
Je ne sais pas, je dirais... un, pour commencer.
Oh, n'est-ce pas merveilleux?
Je l'utiliserai pour visiter nos succursales. Il y en a beaucoup.
Vous parlez comme si vous travailliez pour eux depuis longtemps.
C'est comme si j'avais grandi avec la compagnie.
Elle sera de quelle couleur?
Le rouge ressort bien. Ou le vert?
Je pensais plutôt à un beau noir tranquille.
Si bien sûr j'en achète une !
Vous voulez ressembler à un croque-mort?
Pourquoi ne pas prendre une couleur joyeuse, jaune, ou bleu, ou vert?
- Ou ce que je préfère, le rose ! - Rose?
C'est pourtant très joli !
Je vais m'en tenir au noir traditionnel. Très sombre.
Après tout c'est votre voiture.
Mais moi, je n'achèterais jamais une voiture noire.
Et... je ne porterais certainement jamais de barbe non plus.
Quoi?
- Non. - Ah non?
Ce ne sont pas mes affaires,
mais si je n'avais rien à cacher, je ne porterais certainement pas la barbe.
Quel était le problème juridique que vous vouliez me soumettre?
- Je suis désolée. - Vous aviez une question?
Si une fille dit à un homme qu'elle est mariée mais qu'en fait elle ne l'est pas
mais elle ne l'a fait que parce qu'elle devait le faire parce qu'elle avait peur
et alors il la questionne sur son mari et elle lui dit...
- Est-ce que c'est mal? - Qu'est-ce qui est mal?
Eh bien, il lui demande le nom de son mari,
et elle, cette fille, choisit un nom au hasard dans le...
- Est-ce que c'est mal? - Je ne pense pas.
Peu importe le nom, ou autre chose?
Elle n'a rien obtenu de lui sous ce faux nom, n'est-ce pas?
Oh non, elle n'a rien obtenu. Rien.
Alors elle n'a pas à s'inquiéter.
Et elle peut boire son café tranquillement.
Mais si j'avais un nom comme Ginglebuscher,
je n'en utiliserais pas un autre.
Si j'avais une barbe comme ça, je ne me moquerais pas des Ginglebuscher.
Ceci, je crois, conclut le problème juridique.
- J'aimerais que vous l'enleviez. - Jamais.
Mettez votre main comme ça, que je vois. - Non !
S'il vous plait !
- Magnifique. Vous devez l'enlever. - Vous ne savez pas ce que vous dites.
D'accord, alors il faut qu'elle soit rose.
- Rose? - Bien sûr !
Vous ne pouvez pas promener votre barbe dans une voiture noire,
vous feriez peur aux enfants.
Vous méritez la fessée.
Je suis désolée.
- Allons l'acheter tout de suite. - Je viens juste d'avoir la nouvelle.
Personne n'achète une auto juste comme ça.
Il a dit de l'avoir, et pour que vous l'ayez il faut l'avoir.
Sinon il pourrait changer d'avis demain.
- Et alors que vous arrivera-t-il? - Pourquoi changerait-il d'avis?
Je ne sais pas. Il pourrait. Venez.
Si je viens avec vous, c'est seulement pour y jeter un oeil.
Jamais je n'envisagerai d'en acheter une.
Oui monsieur. Venez.
C'est une des plus merveilleuses sensations que j'ai pu expérimenter.
Je me sens comme un oiseau.
Je... je crois que vous devriez rester sur la gauche.
Je me sens plus en sécurité au milieu.
Vous savez ce qui me rendrait encore plus heureuse?
Quoi?
- Quand vous aurez un nouveau costume. - Vous croyez que je devrais?
Docteur, je le pense vraiment.
Alors je vais le faire.
On va l'acheter aujourd'hui.
Qu'on ne dise pas qu'un Sporum a rejeté la requête d'une Ginglebuscher.
Oh, vraiment?
- Comment ça, "vraiment"? - Vous le savez très bien.
Ma chère miss Ginglebuscher, sous prétexte d'un problème juridique...
"Qu'on ne dise pas qu'un Sporum a rejeté la requête d'une Ginglebuscher."
Vous ne savez pas ce que signifie une barbe pour un homme sans enfant.
Je sais à quoi ça ressemble sur un homme sans enfant.
Ma chère, même si vous continuez à argumenter pendant les prochains 78 ans,
D'accord, d'accord...
je continuerai quand même à garder ma barbe.
Une seconde, s'il vous plait.
Merci.
Allez-y.
Non, non, attendez.
Vous n'êtes pas obligé, si vous ne voulez pas.
Vous ne voudriez pas aller regarder toutes ces jolies choses là-bas?
Oh, pardon.
Et si vous ne preniez qu'un shampoing et c'est tout?
Non.
Enlevez-la.
- C'est criminel, tout simplement. - Vous le pensez?
Bien sûr que je le pense. Cette barbe est magnifique.
Merci. La vôtre aussi.
Merci.
Pourquoi ne pas changer d'avis?
Regardez !
- Non. - Non?
- Non. - Non.
"RENARDINE VÉRITABLE - jusqu'à épuisement du stock."
Mais Meredith...
Mais Meredith...
Ravissante.
Je pensais que vous feriez un commentaire à mon sujet.
J'ai peur que vous fassiez une erreur.
Bien sûr que j'ai fait une erreur, miss Ginglebuscher.
Regardez ce que vous m'avez fait. Regardez.
Vous...
Oui, c'est moi, ou ce qu'il en reste.
D'abord, je vais devoir me RASER.
La plaie d'une existence. C'est long, fastidieux, néfaste au tempérament...
- Vous êtes... - Laissez-moi finir.
Ensuite elle me tenait chaud l'hiver et me rafraîchissait l'été.
Et j'avais un endroit où mettre mes mains quand j'étais nerveux.
Oh très drôle. Très drôle.
Vous ne réalisez pas que la barbe est la gloire suprême de l'homme.
Ce qui le distingue des animaux.
Car il y a des animaux qui peuvent parler, comme les perroquets.
- Mais aucun n'a de barbe. - Comme le bouc.
- Je me sens si nu. - Vous êtes si beau.
- Ne dites pas de balivernes. - Mais c'est vrai !
Mais n'importe qui peut ressembler à ça. Avant, je ressemblais à un avocat.
Et maintenant vous avez l'air d'un juriste général sud-américain.
Eh bien, je pense qu'avec le temps je m'y habituerai.
Qui est ce gentilhomme?
- N'est-ce pas magnifique? - Oui, mais qu'est-ce que c'est?
De la renardine véritable.
Sûrement une parente du renard.
Non, je vous en prie, non. Ne le retirez pas.
Après tout, qu'est-ce qu'une renardine entre amis?
Vous avez été si gentille, et je vous pardonne même ça.
J'aimerais que vous acceptiez, vraiment.
Oh, vous n'avez pas à m'offrir de cadeau.
Bien sûr, je le sais, mais...
mais ça me rendrait heureux de savoir
que vous êtes confortablement enveloppée dans une renardine véritable.
C'est sûrement très chaud.
Je l'accepte avec joie, de votre part.
Bien.
S'il vous plait.
- Merci, monsieur. - Merci.
Qu'avez-vous? Que se passe-t-il?
Rien.
Je vous en prie, qu'est-ce qu'il y a?
C'est juste que... personne ne m'avait jamais rien offert avant.
Et je me sens toute drôle.
- Personne ne vous a jamais rien offert? - Quand vous êtes orpheline...
- ...vous n'avez pas de famille ou... - Je suis si désolé.
Si vous savez que vous n'avez personne pour qui faire une bonne action,
bien sûr vous en avez beaucoup, mais personne à qui vous teniez vraiment...
- Vous comprenez? - Oui, mais pas clairement.
Je suppose que tout le monde veut faire quelque chose pour quelqu'un,
parce que ça vous rend meilleur, et ça vous réchauffe le coeur.
Je suppose que tout le monde veut se sentir comme ça, vous ne croyez pas?
Sans aucun doute.
C'est pour ça que je vous aime bien.
Dois-je comprendre par votre déclaration que vous avez, ou êtes sur le point,
ou que vous voulez faire quelque chose de bien pour moi?
Oh, non, je voulais juste dire que...
si quelque chose survenait qui me permette
de faire quelque chose pour vous...
naturellement, je serais ravie de le faire.
Mais je ne crois pas que ça arrivera, et vous?
Je ne sais pas, si le cas se présentait, si je pourrais.
Pourquoi?
Eh bien, c'est peut-être parce que je suis orpheline.
Il devrait y avoir plus d'orphelines.
Puis-je vous aider, monsieur?
- Oh non. - Merci monsieur.
Merci.
- Vous savez ce qui serait terrible? - Quoi?
De nous perdre et de ne plus jamais nous voir,
maintenant que nous nous connaissons.
C'est vrai !
Nous sommes tous les deux pratiquement seuls au monde.
Je suis heureuse que vous le soyez aussi.
Allons nous intéresser au cas du réfrigérateur sans glace.
Quelle heure est-il?
Je ne peux pas, je dois aller travailler.
- Mais je peux vous voir ce soir. - Splendide.
Je pourrai passer vous prendre en voiture. Où travaillez-vous?
Au... Non je ne peux pas, j'avais oublié.
Je dois souper avec un gentleman.
Ce n'est pas important, mais je ferai mieux d'y aller.
- Je dois aller à son hôtel. - À son hôtel? Dans sa chambre?
Je suppose.
- Je ne devrais pas? - Allez-y, si c'est ce que vous voulez.
Je ne veux pas, mais j'y suis obligée.
Vous savez que je préfèrerais être avec vous, mais après tout ce qu'il a fait...
Je veux dire... je ferais mieux d'y aller.
S'agit-il du gentleman au nom d'emprunt?
- Oui. - Je vois.
Pour une si jeune fille, vous commencez bien !
Je ne fais rien de mal.
Ça dépend du point de vue. Bonne journée, miss Ginglebuscher.
- Attendez une minute ! - Que voulez-vous?
Vous ne voulez plus me voir? Je croyais qu'on s'entendait bien.
Apparemment c'était une erreur. Au revoir.
Oh, bonsoir.
J'ai pensé que je ferais mieux de vous surveiller.
Où avez-vous eu cette fourrure?
Je ne veux pas être surveillée.
- Où allez-vous? - J'ai un rendez-vous.
Avec qui?
Ce ne sont pas vos affaires.
Pas encore ce je-ne-sais-qui, ce marchand de viande...
Et si c'est lui?
- Je vous l'interdis. Plutôt mourir... - Mais je suis obligée !
Il croit que c'est parce qu'il a été honnête toute sa vie,
il est si heureux.
Il doit rester comme ça, Detlaff, même s'il ne m'aime plus,
Il doit garder son taille-crayon !
De qui parlez-vous, quel taille-crayon?
- Vous avez recommencé à réfléchir. - Ne soyez pas stupide.
Si vous commencez à être une bonne fée, vous ne pouvez pas arrêter au milieu.
Au milieu de quoi? D'où vient le taille-crayon?
- Vous voulez retourner à l'asile. - Laissez-moi.
Je vous interdis d'aller dans sa chambre, ou aux environs de l'hôtel.
- J'y vais quand même ! - Pas question !
Quelque chose de terrible va arriver si vous allez à l'hôtel.
Quoi?
La plus grande calamité, une catastrophe,
une chose si terrible que je ne peux pas la nommer,
un vrai cataclysme.
Je ne sais pas de quoi vous parlez.
Mais je ferais n'importe quoi pour Max !
Je ne le permettrai pas !
- Vous n'y pouvez pas grand-chose. - À qui est cette voiture?
Vous devriez avoir honte. Je vous en empêcherai.
- Non, vous n'en ferez rien ! - Oh si !
- Oh non ! - Oh si ! Oh si ! Oh si !
Conduisez-moi quelque part où je pourrai téléphoner.
Oui madame.
Oui?
Oui, c'est le Dr Spo...
Oh ma très chère...
C'est si bon d'entendre à nouveau votre voix.
Je suis contente que vous ne soyez plus fâché contre moi, parce que je...
Fâché contre vous? Non, j'étais furieux contre moi-même...
Mais quand je suis revenu vous le dire... vous étiez partie.
Et j'ai réalisé que je ne savais pas où vous trouver,
et que je n'allais plus jamais vous revoir...
Dites-moi... vous me pardonnez?
Bien sûr que je vous pardonne...
C'est ce que je voulais vous dire, et que je veux que vous soyez heureux.
Je veux que vous soyez riche...
Je peux vous voir avec votre taille-crayon,
comme un petit garçon, vraiment, surtout sans la barbe.
C'est idiot, non? Un petit garçon sans barbe...
Faites quelque chose pour moi. Vous allez me prendre pour une folle,
quand j'aurai raccroché, pensez à moi un petit moment.
Pensez à moi...avec bienveillance.
Presque comme...
Presque comme si...
... je vous aimais.
Non, attendez, miss... miss... Luisa !
Allo?
Allo?
Ah... vous voilà ! Entrez, entrez.
Maintenant, allons par là.
J'ai tout préparé,
et puis, au dernier moment... Regardez.
Très...maladroit.
Plusieurs tasses ont glissées, et d'autres choses...
La lampe est tombée, en tout cas. Asseyez-vous.
Ne vous coupez... Attention.
J'avais tout préparé et...
Vous savez, c'est mon premier...
Je ne suis pas habitué à...
- Comment vous sentez-vous? - Bien, merci.
- Et comment vous sentez-vous? - Bien !
Et comment ça se passe à la maison?
Très bien. Je lui ai parlé.
Et nous sommes allés acheter une voiture.
Oh, très bien, très bien !
- Et je lui ai fait acheter un costume. - Il en avait besoin.
Et ensuite un nouveau chapeau, une nouvelle canne, de nouveaux gants,
et puis des meubles.
- Mais... - Et puis j'oubliais :
- chemises, cravates,... - Mais, et vous?
- Qu'avez-vous eu? Après tout... - Ça.
Quoi, ça?
- Cette chose? - N'est-ce pas magnifique?
- Il me l'a donné cet après-midi. - Ah oui?
- Et qu'est-ce que c'est supposé être? - De la renardine véritable.
Oh, de la renardine véritable.
Il s'achète une automobile, des meubles, des vêtements,
et vous, vous récupérez cette... cette chose.
Renardine véritable...
Faribole véritable !
Ça me plait, c'est à moi.
Je trouve ça magnifique.
Comment ose-t-il vous offrir ce... ce morceau de chat?
- Ce n'est pas du chat. - Je le sais, c'est mon travail.
C'est du chat. Et de mauvaise qualité.
Oh, regardez ce que vous avez fait !
Oh, je ne voulais pas...
Je l'aimais tant.
Il devrait avoir honte.
Je ne suis pas sûr d'aimer l'idée que vous soyez mariée avec lui.
Non, renardine véritable...
En premier lieu, je n'aime pas sa personnalité.
En second lieu, je le trouve avare, ingrat et hypocrite.
Et en troisième lieu, ...
En septième lieu, je ne lui fais pas confiance.
Et en huitième lieu, je ne l'aime pas en premier lieu !
Ne parlez pas comme ça de... mon mari.
Il n'y peut rien s'il est tout ça, il est né ainsi.
Eh bien, il le mérite.
Mais ne parlons plus de lui.
- Vous ne m'avez pas vu. - D'accord.
Vous ne devez pas avoir peur. Il n'y a aucune raison. Asseyez-vous.
Oh d'accord. Vous voyez?
La nuit dernière, j'avais bu comme un polonais,
et quand je bois comme un polonais je me comporte comme un français.
Je suis un vrai play-boy !
Mais quand ce n'est pas le cas, je suis... différent.
Bien sûr, quand j'ai décidé quelque chose, je le fais.
J'ai fait tout ce que j'avais dit que je ferais, n'est-ce pas?
Oh oui, vous avez été très généreux.
C'est très bien.
Maintenant je veux vous dire un secret : ne vous fiez pas à mon apparence.
- À l'intérieur, je ne suis pas... - Pas quoi?
Je ne suis pas ce que vous croyez que je suis.
- Ah non? - Non, certainement pas.
La raison de mon grand succès est que je n'ai jamais triché.
Je frappe fort, oui, mais toujours sous la ceinture.
Je veux dire, au-dessus de la ceinture.
Vous voulez dire que je ne vous plais plus?
Me plaire?
Je vous adore. Je vous vénère. Vous m'électrifiez.
Vous me fondez en...
Vous voyez l'idée? Vous m'étourdissez.
C'est exactement ça.
Je vous aime tellement que... je pense que vous êtes merveilleuse !
Je croyais pouvoir être un de ces hommes
qui jouent avec le sexe opposé. Mais je ne sais pas jouer.
Je ne suis vraiment pas un papillon. J'en ai juste l'air.
Je veux entendre le bruit de petits pieds,
je veux entendre des voix m'appeler "Papa".
- Beaucoup de voix. - Non, M. Konrad...
Je veux m'asseoir chez moi avec mes bretelles, et je veux...
Pardon, vous êtes sur ma renardine...
Je veux vous regarder tricoter des chaussettes pour les petits,
des piles de chaussettes, je...
Vous ne comprenez pas? Je veux que vous m'épousiez.
Luisa, prenons le taureau par les dents et...
Qu'est-ce que c'est? Qu'est-ce que ça veut dire?
Qui est-ce? Restez calme.
Au secours !
Tout va bien.
Detlaff, arrêtez.
Où... Luisa? Non !
Detlaff, lâchez-moi !
Ascenceur...
- Arrêtez ! - Venez !
Luisa !
Si vous ne venez pas, je lui raconte tout.
Detlaff, vous ne feriez pas ça.
- Venez. - Je vous ferai arrêter !
Vous ! Euh, qu'est-ce que vous faites?
Non, Detlaff !
Je ne peux pas...
Attention !
Par ici.
Taxi !
Venez.
Que signifie cet outrage?
- Lâchez-moi. - Je vais vous faire enfermer.
Ne vous ai-je pas déjà vu? Je n'oublie jamais un visage.
Qui êtes-vous?
Ne me dites pas. Le serveur !
Chauffeur !
Je comprends tout maintenant.
Comment pouvez-vous encore me regarder en face, madame?
- Quant à vous... - Démarrez !
Suivez ce taxi, vite.
Non attendez ! Allez plutôt chez le Dr Sporum.
Dépêchez-vous.
Où est le Dr Sporum? Est-il à la maison? Qui êtes-vous? Le nouvel employé?
J'ai l'air d'un employé?
Oui, et d'un bon. Les choses vont vite.
Pourquoi restez-vous planté là? Vous devriez être renvoyé.
- Encore? - Vous essayez de faire le malin?
- Allez vite me chercher le Dr Sporum. - Je suis le Dr Sporum.
Vous, le Dr Sporum? Mais que voulez-vous dire?
Il porte une barbe... Vous ne croyez pas que je...
- Qu'avez-vous fait? - Je me suis rasé.
Vous vous êtes rasé? Vous êtes horrible.
Vous n'êtes pas terrible non plus. Qu'avez-vous à l'oeil?
- Qu'est-ce que vous croyez? - Je dirais un oeil au beurre noir.
Eh bien, c'est exactement ça. Venez dans votre bureau, j'ai à vous parler.
Et que pensez-vous de notre nouveau matériel?
Ça ne m'intéresse pas.
Je viens juste de quitter mon hôtel pour faire un tour,
- juste pour me calmer, vous voyez? - Oui.
Un taxi, devant moi, qui déboitait au même moment,
a reculé et a cassé mes phares,
et ... m'a donné cet oeil au beurre noir.
Je vous explique juste pourquoi j'ai suivi ce taxi.
Parce qu'il avait cassé vos phares.
Exactement. Vous pensez que j'ai eu tort?
Bien sûr que non. Je l'aurais suivi aussi.
Certainement.
C'était de nouveaux phares Zeiss que j'avais fait mettre ce matin.
Mais je ne savais pas s'ils étaient couverts par l'assurance,
parce qu'ils n'étaient pas là quand j'ai souscrit la police.
- Je vois. - Non vous ne voyez pas.
Je vous explique pourquoi j'ai suivi le taxi. Pour aucune autre raison.
- Que ce soit parfaitement clair. - Un moment.
Le taxi appartenait à une grosse compagnie?
Ça ne compte pas.
- Si, ça compte. - Je vous dis que non.
Quand j'ai rattrappé le taxi, j'ai regardé dedans. C'est normal, non?
Oui, les compagnies de taxi forment un groupe...
J'ai regardé dedans, ce qui est normal, et que croyez-vous que j'ai vu?
Je me souviens d'un cas similaire, un certain Webber...
Dans le taxi il y avait un serveur laid, impertinent et vendeur de soupe,
- et à côté de lui, votre femme ! - J'avais raison.
La compagnie d'assurance est entièrement responsable.
C'est très clair, l'assurance doit payer pour ces phares.
- Pour les phares? - Parfaitement.
La théorie du réflecteur nerveux.
- Quoi? - Apparue dans le droit romain.
Vous n'avez pas à vous inquiéter.
Pas à m'inquiéter?
Avec le temps, chaque pièce d'un vaisseau est remplacé par une nouvelle.
Néanmoins l'ensemble garde son intégrité légale.
Mais votre femme était dans le taxi avec ce serveur !
Ma femme?
Comment pouvez-vous rire en pareil moment?
Parce que je n'ai pas de femme.
Pas de femme? Que voulez-vous dire, pas de femme?
Je veux dire que je n'ai pas de femme.
Mais, vous... vous... vous n'avez pas de femme?
- Non, je ne suis pas marié. - Vous n'êtes...
- Que voulez-vous dire, pas marié? - Je veux dire, pas marié !
Qu'est-ce qui vous a fait penser que je l'étais?
Eh bien... ne vous ai-je pas donné un contrat de 5 ans ce matin?
- Oui. - Et une avance de 10 000 couronnes?
Oui, merci beaucoup.
Et bien, voilà ! Comment pouvez-vous dire que vous n'êtes pas marié?
- Quel rapport avec mon mariage? - Mais un rapport évident !
Nous n'engageons pas de célibataires. Ils ne sont pas stables.
Je suis désolé, mais vous n'avez rien dit à ce sujet.
Pourquoi me dire que vous n'êtes pas marié,
alors que je sais parfaitement que vous l'êtes?
Êtes-vous en train de me traiter de menteur?
Pas exactement.
Mais pourquoi fuir vos responsabilités? Seriez-vous un lâche?
- Vous le sauriez si c'était le cas. - eh bien...
Je m'occupe de vous dans une minute.
Nous verrons qui s'occupe de quoi.
- Vous allez tout gâcher. - Quelle ingratitude...
Mais il voulait juste m'épouser.
C'est ça, et Jonas a mangé la baleine !
Comment pouvez-vous être si...
Bonsoir.
Je suis désolée, ma chère, vous arrivez au mauvais moment.
Notre président est là.
Oh, il est là...
C'est bien ce que je vous disais.
Vous et votre ami, revenez plus tard, peut-être demain matin.
J'adorerais vous voir.
Alors vous n'êtes pas marié, hein?
Vous n'êtes pas marié ! Et qu'est-ce qui a bien pu me donner cette impression?
- Menteur ! - Monsieur !
Il vous faudrait une affaires de coups et blessures, comme votre ami.
- Que voulez-vous dire, pas marié ! - Que voulez-vous dire?
Bonsoir, Madame Sporum.
As-tu dit à ce gentleman que nous n'étions pas mariés, Maxie?
- Si j'ai dit au gentleman... - Si vous voulez mon avis...
- Personne ne veut votre avis ! - Si vous me parlez encore sur ce ton...
Que signifie tout cela?
C'est ce que je voudrais savoir aussi. Ça sent mauvais.
Vous parlez de moi? Faites bien attention !
Arrêtez ça tout de suite ! Ou je vous fais arrêter !
Venez à l'intérieur.
Quand Max et moi on s'est mariés, je lui ai fait promettre
de ne jamais le dire à personne, parce que mon oncle, oncle Detlaff,
n'aime pas l'idée du mariage, parce qu'il a essayé une fois,
et ça ne lui a pas beaucoup plu.
Laissez-moi expliquer, je peux tout expliquer.
Vous ne voulez pas dire que cet individu est...
- Ma chère Luisa... - Maxie, laisse-moi continuer.
Vous voyez, M. Konrad, c'est pour ça
que Maxie a dit que nous n'étions pas mariés,
et que j'étais dans le taxi avec oncle Detlaff, et vous...
Mais vous voulez dire que cette tête d'abruti est votre...
Oui, oui. Il est vraiment très gentil.
Et maintenant, tout est clair, n'est-ce pas.
Je vous raccompagne, M. Konrad, Max a beaucoup à faire.
- Je ne sais pas... - Detlaff !...
Occupe-toi de Detlaff.
Que signifie tout ceci?
Mais je viens juste de tout expliquer, ne me faites pas recommencer !
J'ai bien peur que vous le deviez.
Maxie.
Oh, je ferais peut-être mieux de partir.
- Ces problèmes familiaux... - Vous devriez rester.
Et vous aussi, oncle Detlaff.
Très bien, monsieur.
- Que signifie tout cela? - Je peux tout expliquer.
- Personne ne vous le demande ! - Laissons miss Ginglebuscher le faire.
Miss Gingle... Qui est Miss Ginglebuscher?
C'est moi.
Oh non, ne soyez pas idiote, vous ne pourriez pas...
Qui est Madame Sporum?
C'est ma mère, elle vit à la campagne.
Mais je croyais...
Petit à petit, vous allez finir par comprendre.
Taisez-vous ! Mais qui vit à la campagne?...
Pourriez-vous vous taire un moment?
Allons, qu'est-ce qu'ils vous ont fait?
Venez. Si, si, venez.
Non, non, non.
Et j'étais dans le salon privé, et Detlaff me faisait des signes comme ça.
Et M. Konrad disait qu'il était un riche magicien
qui allait me donner des manteaux de fourrures et tout,
et j'avais promis de faire une bonne action par jour en sortant de l'asile.
- L'asile? - L'asile pour orphelins !
- Qui vous a sonné? - Oh s'il vous plait...
Mais je n'ai pas eu peur,
jusqu'à ce qu'il m'emmène dans sa grotte des montagnes...
- Quelle grotte des montagnes? - C'était seulement un jeu !
La loi a un autre nom pour ça, monsieur. - La loi?
Alors quand j'ai vraiment eu peur, je lui ai dit que j'étais mariée.
Comme la dernière fois dans la rue,
quand j'ai dit que Detlaff était mon mari.
- Je croyais qu'il était votre oncle. - Oh non, c'est un serveur.
Mais ça n'a pas arrêté M. Konrad. Il a dit...
Mais alors elle n'est mariée à personne !
- Vous permettez, monsieur, un moment? - Il a dit :
"Si vous êtes mariée, je ne peux pas vous donner de manteau de fourrure.
Mais je me noue des obstacles."
- "je me joue" - "je me joue."
Et puis il a crié : "J'ai trouvé, je vais rendre votre mari riche."
C'est là que vous entrez en scène, monsieur.
- Moi? - Oui, et alors le Dr Metz est entré,
j'y ai vu une chance de faire une bonne action pour le Dr Schultz,
j'ai regardé dans l'annuaire pour trouver un mari, et j'ai trouvé...
...le Dr Sporum.
Tous ces docteurs... Qu'est-ce que c'est, un hôpital?
Vous m'avez choisi... dans un annuaire?
J'ai juste dit : "Am Stram... Gram !"
Et vous étiez Gram.
Je vois. Très drôle.
Je ne voulais faire de mal à personne.
Je n'aurais pas voulu vous rendre malheureux.
Je voulais juste être la bonne fée de quelqu'un.
Vous avez dit à cet homme que vous étiez ma femme?
Oui, monsieur.
L'honnêteté est le plus court chemin vers le succès.
L'éthique emmène vers le sommet.
L'intégrité porte ses fruits.
M. Konrad convoitait ma femme. J'ai été récompensé.
"À son Excellence le Dr Stanislas Metz, du ministère.
Très cher monsieur, c'est avec une certaine inquiétude
et une durable gratitude que j'ose m'adresser à vous
pour vous remercier."
Il n'y a aucune raison de pleurer. Ça été très drôle.
M. Konrad a perdu un peu d'argent, mais il en a beaucoup,
j'ai perdu un peu d'espoir, et c'est tout.
Vous n'avez rien perdu.
Pourquoi pleurez-vous?
C'est à son appartement que vous alliez ce soir?
- Oui ! - Pourquoi?
Pour que vous puissiez garder votre satané taille-crayon, voilà pourquoi !
Non, Luisa.
Je voulais juste que vous ayez...
...tout.
Je suis tellement désolée, j'ai causé tant de peine à tout le monde...
Je voudrais être une vraie bonne fée,
et d'un coup de baguette, je pourrais défaire tout ce que j'ai fait.
- Eh bien, au revoir. - Attendez une minute.
C'est si simple maintenant, c'est merveilleux.
Vous et moi, nous pourrions...
- Non? - Non.
Mais merci quand même.
- Je suppose que c'est à vous. - Oh non, je vous en prie...
Oui bien sûr. Et l'automobile. Et le mobilier. Et l'argent, je vous le rend.
Miss Ginglebuscher.
Ne partez pas.
Luisa, ne partez pas.
Lu...
Oui Docteur Sp...
Max.
- Nous serons très pauvres. - Je n'ai jamais été autre chose.
Mais nous y arriverons.
Même sans son contrat.
Ah vraiment? Quelle indépendance !
Laissez-moi vous dire, ma chère,
que cet homme a signé avec ma compagnie pour 5 ans, que ça lui plaise ou non.
Quoi?
Oui, et si quelqu'un brise les contrats ici, c'est moi !
- Pour qui vous prenez-vous? - Mais M. Konrad...
- Oh vous êtes vraiment... - Peu importe.
Je pourrais avoir besoin d'un avocat honnête. Mais n'en faites pas trop.
Vous êtes une bonne fée.
Vous êtes arrivée dans ma vie et vous avez tout changé.
Non. C'est vous la bonne fée qui avez changé ma vie.
Non, en réalité je suis entièrement responsable de...
Si vous dites que c'est vous, je vous mets mon poing dans l'oeil.
S'il y a une bonne fée ici, c'est moi !
FIN
Lulu Carabine magicienne de la traduction.
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