All language subtitles for Le pacte des loups (2001) DC [4K BluRay 02h30m53s]

af Afrikaans
ak Akan
sq Albanian
am Amharic
ar Arabic Download
hy Armenian
az Azerbaijani
eu Basque
be Belarusian
bem Bemba
bn Bengali
bh Bihari
bs Bosnian
br Breton Download
bg Bulgarian
km Cambodian
ca Catalan
ceb Cebuano
chr Cherokee
ny Chichewa
zh-CN Chinese (Simplified)
zh-TW Chinese (Traditional)
co Corsican
hr Croatian
cs Czech
da Danish
nl Dutch
en English Download
eo Esperanto
et Estonian
ee Ewe
fo Faroese
tl Filipino
fi Finnish
fr French Download
fy Frisian
gaa Ga
gl Galician
ka Georgian
de German
el Greek
gn Guarani
gu Gujarati
ht Haitian Creole
ha Hausa
haw Hawaiian
iw Hebrew Download
hi Hindi
hmn Hmong
hu Hungarian
is Icelandic
ig Igbo
id Indonesian
ia Interlingua
ga Irish
it Italian
ja Japanese Download
jw Javanese
kn Kannada
kk Kazakh
rw Kinyarwanda
rn Kirundi
kg Kongo
ko Korean
kri Krio (Sierra Leone)
ku Kurdish
ckb Kurdish (Soranî)
ky Kyrgyz
lo Laothian
la Latin
lv Latvian
ln Lingala
lt Lithuanian
loz Lozi
lg Luganda
ach Luo
lb Luxembourgish
mk Macedonian
mg Malagasy
ms Malay
ml Malayalam
mt Maltese
mi Maori
mr Marathi
mfe Mauritian Creole
mo Moldavian
mn Mongolian
my Myanmar (Burmese)
sr-ME Montenegrin
ne Nepali
pcm Nigerian Pidgin
nso Northern Sotho
no Norwegian
nn Norwegian (Nynorsk)
oc Occitan
or Oriya
om Oromo
ps Pashto
fa Persian
pl Polish Download
pt-BR Portuguese (Brazil)
pt Portuguese (Portugal) Download
pa Punjabi
qu Quechua
ro Romanian Download
rm Romansh
nyn Runyakitara
ru Russian
sm Samoan
gd Scots Gaelic
sr Serbian Download
sh Serbo-Croatian
st Sesotho
tn Setswana
crs Seychellois Creole
sn Shona
sd Sindhi
si Sinhalese
sk Slovak
sl Slovenian
so Somali
es Spanish Download
es-419 Spanish (Latin American)
su Sundanese
sw Swahili
sv Swedish
tg Tajik
ta Tamil
tt Tatar
te Telugu
th Thai
ti Tigrinya
to Tonga
lua Tshiluba
tum Tumbuka
tr Turkish
tk Turkmen
tw Twi
ug Uighur
uk Ukrainian
ur Urdu
uz Uzbek
vi Vietnamese
cy Welsh
wo Wolof
xh Xhosa
yi Yiddish
yo Yoruba
zu Zulu

Original subtitles

Monsieur, le temps est compté Partez, je vous en conjure,

ils vont vous arrêter

Apporte-moi des chandelles, je vais travailler tard cette nuit

- Mais monsieur - Et un verre de vin comme d'habitude

Il fallait bien que ce monde change

mais la révolution est devenue terreur

et à mon tour, je vais être emporté.

Les certitudes rendent les hommes aveugles et fous.

Elles peuvent dévorer leur cœur et les changer en Bête.

C'est en l'an 1764

que la Bête apparut sur nos terres et les fit siennes.

Un an plus tard,

sa renommée dépassait les frontières de notre province,

et l'on commençait à penser que nul mortel n'en viendrait jamais à bout.

Sous ses assauts,

le pays de Gévaudan s'enfonçait peu à peu dans les ténèbres...

Qui va là ?

Qu'a-t-il fait ?

- Qu'a-t-il fait ? - C'est un voleur !

Et elle ?

Sa fille ! Foutue sorcière !

Je suis guérisseur J'ai soigné leurs chevaux, ils refusent de me payer !

Ne l'écoutez pas, ils n'ont pas de parole !

- Les chevaux ont-ils guéri ? - Oui

Allez, file

Bienvenue au pays de la Bête, Seigneurs !

Gare aux pièges à loups !

Le Chevalier Grégoire De Fronsac

et l'homme que l'on appelait Mani n'étaient ni chasseurs ni soldats.

Naturaliste au jardin du roi,

il avait une réputation bien établie

de libertin et de bel esprit.

Quant à celui qui le suivait comme son ombre,

c'était un étranger et l'on ne savait rien de lui.

À la nuit tombée, les deux hommes arrivèrent au château du Marquis d'Apcher

qui leur offrit asile

aussi longtemps que durerait leur mission.

Nos gens n'auraient pas peur d'un simple loup

La Bête est différente

Elle fuit les hommes comme si elle savait devoir les craindre,

mais n'épargne ni femme ni enfant

- L'avez-vous jamais vue ? - Non

Alors comment savez-vous qu'il s'agit d'un seul animal ?

Ceux qui lui ont survécu en font le même portrait

La bête est plus grande qu'un loup Elle ne craint pas les armes

Je comprends votre scepticisme, Fronsac

Pas plus que vous, je ne crois aux dragons,

mais j'ai fait établir pour vous

un mémoire sur les crimes de la bête

Vous jugerez par vous-même

Grand-père m'a dit que vous avez combattu les Anglais en Nouvelle-France

Oui ! J'y étais parti pour étudier les animaux et la nature

et je suis revenu avec des blessures et le grade de capitaine

J'ai fait ouvrir un hôpital pour les victimes de la Bête,

dans un ancien prieuré

C'est une femme de Lorcières

Elle rentrait de la foire quand la Bête l'a attaquée

Deux hommes l'ont secouru La Bête s'est sauvée,

mais a emporté la moitié de son visage

Dites-moi Chevalier Comment se porte M Buffon ?

Et comment se porte Paris ?

Et L'lngénu ? Vous avez lu L'lngénu ?

Il est un peu tard pour parler philosophie

Vous avez raison Parlons théâtre !

Vous connaissez des comédiennes ? Que donne-t-on au théâtre cet hiver ?

Vous pouvez poser là

On dit qu'elles sont galantes

J'ai lu que certaines offrent leurs charmes

Racontez-moi

Voilà de quoi satisfaire ta curiosité

Le Mercure de France !

Ici, nous n'avons que le Courrier d'Avignon !

- Je vais te montrer la salle - Il va dormir ici

Très bien Bonsoir, Chevalier

Ce n'est pas Versailles, mais son vin est bon !

Grosse comme une vache

Jacques a vu de nombreux loups

L'animal qui l'a attaqué n'en est pas un

Son museau était allongé, ses dents ont des couteaux

- Si c'était pas un loup, c'était quoi ? - Un Diable !

Chevalier ! La Bête a attaqué une fille du côté de Saint-Alban

Là !

Du calme, il n'y a personne !

Halte là !

Qu'est-ce qu'ils fichent ici ? Fils de putains !

Bonjour, capitaine

Monsieur le Marquis ! Je vous présente mes respects

Prenez garde ! Il y a des pièges partout !

Duhamel, voici le Chevalier Grégoire De Fronsac, du Jardin du Roi

Il veut regarder de près le corps de cette malheureuse,

avec votre permission, bien sûr

C'est donc vous qui avez brutalisé mes hommes !

Je savais pas qu'ils agissaient sur vos ordres

Ce n'est pas le cas

Vous avez bien fait et je vous présente mes excuses

Mes soldats ne sont pas d'ici, ils connaissent la guerre, pas la chasse

Prenez garde, on lui a vidé les entrailles pour y fourrer du poison !

Quelle sorte de jardinier êtes-vous ?

Quand vous aurez tué la Bête,

le roi veut qu'elle soit ramenée et étudiée à Paris

Je dois en faire le portrait sitôt après la chasse

J'essaye de la connaître

Avec une telle mâchoire, cette bête doit peser 500 livres

Cette fois, je vais l'avoir,

avant les premières neiges

Si tout le monde vient, nous l'aurons

- L'avez-vous déjà vue ? - Une fois

Une fois en 13 mois je l'ai au bout du fusil

Je l'ai touchée, parole

Je l'ai vue s'effondrer et ressusciter

On l'a perdue au Mont Mouchet Elle s'est évanouie dans les bois

Est-ce qu'elle ressemblait à ça ?

Elle avait une raie noire sur le dos, avec des piquants

Mes amis, je vous présente l'auteur de ces esquisses,

le Chevalier Grégoire de Fronsac,

homme providentiel, puisqu'il vient de Paris pour

Croquer la Bête !

Son Éminence, l'Évêque de Mende

Monseigneur le Duc de Moncan

Monseigneur le Comte de Morangias

et Madame la Comtesse,

leur fils Jean-François qui a voyagé lui aussi

- Belle patte, Monsieur ! - Merci, Monsieur

M Laffont, notre intendant

le père Henri Sardis, curé de Saint-Alban

Alors, racontez-nous, Monsieur Parle-t-on de la Bête, à Paris ?

- On en fait même des chansons ! - On devrait dire des prières !

Le capitaine aura besoin de l'aide de Dieu ?

Qui pourrait s'en passer ?

Duhamel est juste bon à déguiser ses soldats en filles !

Pour attirer la Bête !

Duhamel fait ce qu'il peut

Je vous trouve bien indulgent

Duhamel est un incapable !

Ses battues épuisent nos gens, ses soudards dévastent nos terres

- Mais la Bête, elle, court toujours ! - Certes !

Par Dieu, si c'est à payer Duhamel que sert l'impôt que je verse à Paris,

j'aimerais mieux le donner à mes valets !

- Qu'en pensez-vous ? - Vous n'êtes pas obligé de répondre

M le Duc aime la chicane, mais c'est un bon chrétien

Quand vous êtes arrivé, l'assemblée était à me rabattre les oreilles

avec le Bon Dieu, le saint-frusquin

Il paraît que le pape a envoyé un espion pour déterminer

si la Bête était oui ou non une manifestation du Diable !

Excusez-moi

De Morangias

Difficile, Chevalier, très difficile

Les beaux partis s'y sont cassé les dents !

- Qui est le futur édenté ? - Des Forêts Auteur de théâtre

- Alors, ce sera facile - Attention ! C'est une Morangias

Bonjour, nous devisions

- Maxime Des Forêts ? - Oui

Quel joie de vous rencontrer Les bons auteurs sont rares

Le marquis d'Apcher m'a parlé de vous

Il désire un mémoire et il pense à vous

Vous croyez ?

Il est de bonne humeur C'est le moment

Mais faites cela finement, n'ayez l'air de rien

Surtout, attendez qu'il vous en parle

Mademoiselle, excusez-moi

- Vous n'avez pas honte ? - Par Dieu Non !

M le naturaliste, notre pays est à votre goût ?

Je n'ai pu qu'en entrevoir les beautés Tout du moins une

Est-ce ainsi qu'on parle aux jeunes filles, à la Cour ?

Non C'est un couplet que vous réservez aux innocentes de province

Je fréquenterais la Cour si on y rencontrait des filles comme vous

On va servir, Chevalier Allons dîner

Je ne vous quitte plus

Nous remontions le Saint-Laurent depuis 12 jours lorsque nous ramenâmes

le plus étrange animal que j'aie vu

Les Indiens m'ont parlé de leurs poissons sacrés

mais j'étais persuadé qu'il s'agissait d'une légende

J'avais devant moi un poisson

à la forme et à la taille d'une truite

mais dont le corps était recouvert d'une fourrure noire comme le jais !

Un truite velue ? Monsieur, vous vous moquez !

Non, monsieur

Salmo trutta dermopila, du Canada

C'est doux comme de l'hermine

- La Nature est extraordinaire ! - L'eau doit être bien froide

Cela prouve que l'impossible est parfois possible

Bien dit

Découverte qui a dû valoir les honneurs du Jardin du Roi !

Mais, je doute que Monsieur les mérite !

Je dois vous reconnaître un talent pour la comédie !

Si j'avais deux mains, j'applaudirais !

- Veuillez l'excuser - Votre fils a raison, M le Comte,

cet animal n'existe pas

Mon maître embaumeur, au Jardin, est un homme habile

Pardonnez-moi cette farce

La morale de votre histoire est qu'il n'y a pas de Bête en Gévaudan

et que nous sommes des imbéciles ?

La morale de ma fable :

on a jamais vu de monstres que dans les livres, les poèmes

Les mensonges apparaissent parfois comme vérités

Prenez garde On finirait par ne plus savoir de quoi vous parlez

Et d'ailleurs, qu'êtes-vous ? Naturaliste ou philosophe ?

Ou pire comédien !

Je crois que M le Chevalier est surtout parisien !

Assez parlé de cette bête : elle dévore que des vilains !

Si nous faisions des devinettes ? Des impromptus ?

Je viens de composer un petit compliment amoureux La Comtesse me permet

- Si ça n'est pas licencieux - Non !

C'est un compliment chaste, pur

C'est sans étude Ça m'est venu comme ça

Ça s'intitule Au loup, au loup.

"Je n'y prenais pas garde Tandis que sans songer à mal, je vous regarde

"Votre œil en tapinois frappe en mon cœur un coup

"Au loup, au loup, au loup !"

Vous reverrai-je bientôt ?

Avez-vous d'autre animal à me montrer ?

Vous avez sur moi une idée bien arrêtée Permettez-moi de la changer

Essayez !

- Venez-vous à la battue de Duhamel ? - Certainement

Je vous l'interdis, ma fille C'est bien trop dangereux

L'obéissance est la première vertu des jeunes filles bien nées

Ce jeune homme a raison !

Ce jour-là eut lieu en Gévaudan

la plus grande battue jamais organisée dans le Royaume...

Le Roi offrait une prime de 6000 livres à qui tuerait la Bête...

Aux paysans, aux gens d'épées, aux soldats,

s'ajoutèrent des chasseurs, des aventuriers.

Quelques heures durant, nous oubliâmes que c'était la Bête qui nous traquait.

Vous avez une carte et un point de ralliement Le mouvement commence à 7h00

Je vous remercie

Vous pouvez, capitaine ! Mes gens ont autre chose à faire !

Votre générosité est à la mesure de votre courage

Assez, Duhamel J'espère que cette fois nous l'aurons !

C'est une certitude, M le Duc

Qu'est-ce que c'est que ce raffut ?

Belle arme, n'est-ce pas ?

Je l'ai fait faire par un armurier de Mende

Vous comprendrez qu'il me faille du sur mesure

Tenez, regardez, même à Paris, vous trouverez pas de telles balles !

Je les fonds moi-même

De l'argent ? Vous craignez les loups-garous ?

Non, mais j'aime signer mon coup de fusil

Je suis un chasseur, c'est une passion qui m'a déjà coûté

Que vous est-il arrivé ?

Disons que j'ai appris que certains fauves demandent plus d'une balle

Et quoi que dise Sardis, il faut plus que des prières pour soigner la gangrène

- C'est un ours qui vous a blessé ? - Un lion

Un lion ?

Oui, deux ans dans la marine m'ont fait beaucoup voyager

Vous ne connaissez pas l'Afrique

Messeigneurs Ma fille est cause de tout cela

Je vous l'amène Punissez-la comme bon vous semble

- Sorcière ! - Démon !

Oui, c'est la fille du Diable !

- Regardez-là, c'est le démon ! - Elle est malade

Elle n'est pas possédée !

Le Mal ! La marque du Diable !

- Sortilège ! - On devrait la brûler !

Empêche-la d'avaler sa langue Elle étoufferait

Elle n'est pas possédée

Je sais

Naturaliste, philosophe et même rebouteux !

Bravo !

Elle n'est pas venue Vous me devez un louis !

Marquis !

Et les indigènes ?

Des bêtes superstitieuses, comme partout Comme ici

Les indiens mangent le cœur de leur proie pour s'approprier leur force

Sont-ils des brutes pour autant ?

En Afrique, c'est celui de leurs ennemis qu'ils dévorent

M le Comte, il faut demander à vos gens de se rabattre vers l'Est

Tiens, vous voilà !

Madame votre mère va se faire du souci

Elle s'en fait toujours Si je l'écoutais, je serais déjà au couvent

Vous me croyez pas, vous êtes un libertin

On n'est pas libertin quand on aime

Vous aimez ?

C'est ridicule ! Nous ne nous connaissons même pas !

Vous pensez que je parle de vous ?

Il faudra lui apprendre à monter comme une dame

Il n'y a pas de mal à son age à faire un peu d'exercice !

- Mon père ne voit le mal nulle part - Mon fils voit le mal partout !

Des gens sont morts, ici

Comment le sais-tu ?

J'entends leurs cris

Mani, arrête avec ça

Il a raison Il y avait ici une commanderie templière

Lors de l'incendie, 25 hérétiques ont brûlé vif

Il serait donc devin ?

Nul besoin d'être devin

Il suffit d'observer

Petite fille, je venais jouer ici avec mon frère

Vous n'aviez pas peur ?

Il disait qu'il me protégerait des fantômes

Vous n'aimez donc pas la chasse ?

Est-ce un crime, dans ce pays ?

Les Indiens disent que dessiner quelqu'un, c'est voler son âme

Vous vous intéressez aussi à mon âme ?

Que fais-tu à pied ? Tu veux te faire estropier ?

C'est ma faute

Je ne vous demande rien

- Qu'est-ce qui vous a pris ? - Il s'agit que d'un loup !

- Et si c'était la Bête ? - Je ne crois pas, Marianne

Merci

J'espère pour vous que la Bête est l'un de ces loups !

En tout cas, ceux-là ne mangeront plus personne

Quel singulier personnage !

- Où l'avez-vous déniché ? - En Nouvelle-France

C'est un Comment dit-on un Acadien ?

C'est un Indien Un Iroquois de la tribu des Mohawks

Un Indien ? Un vrai ? Il n'a pas l'air de tout d'un Indien

Soyez avec nous ce soir à Saint-Alban Nous nous amuserons avec votre valet

Il n'est pas mon valet

- Alors que diantre est-il ? - C'est mon frère

Tout de même ! Comment avez-vous pu mêler votre sang à celui de ce sauvage ?

On ne regarde pas comme sauvage celui qui partage votre malheur

Grâce à Mani, j'ai pu échapper à la bataille de Trois-Rivières

Je les croyais cannibales, ces animaux-là

Comme vous pouvez le voir, Intendant, Mani n'est pas un animal

Pourrais-tu te reproduire avec une femme de notre race ?

Toutes les femmes ont même couleur quand chandelle est éteinte

Et oui, mon père, ils ont même de l'esprit !

Ils ont couché avec des blanches, eu des enfants

Nous somme de la même espèce

C'est vite dit ça C'est un peu comme les nègres, finalement

Qu'en pensez-vous, Sardis ?

Votre frère de sang est-il une créature de Dieu

- Il a été baptisé ? - Il ne me l'a pas demandé

Bonne raison ! Vous êtes de votre temps !

Mani a ses propres croyances

Chez lui, il était une sorte de curé, pourrait-on dire

Ils ont des curés ? Ils sont perdus !

Quelles sont au juste leurs croyances ?

Les Mohawks pensent qu'à chacun correspond un esprit animal : un totem

C'est amusant, mais je comprends pas

Mani ?

Tu veux bien ?

N'ayez pas peur, ce n'est pas douloureux

Caribou C'est une sorte de cerf

Oui, un cerf Et qu'en pensez-vous, ma femme ?

Suis-je un cerf à cause des cornes ou à cause d'une autre partie ?

Et mon cher Thomas, quel est son totem ?

Rat Rat de bibliothèque, probablement

Serpent

Serpent ?

Pour les Indiens, le serpent incarne la sagesse

Serpent sage

Et vous, Intendant ?

Un sanglier

Déridez-vous, Laffont

Chez ces barbares, les cochons symbolisent peut-être la noblesse !

Bon alors à qui le tour ? Sardis !

Non ! Non !

Et moi ? Que suis-je ?

Un demi-lion ?

Une moitié d'aigle ?

Allez, transforme moi-en lézard, que mon bras repousse

Jean-François, ça suffit

Qu'est ce qu'il y a ? Je ne suis pas de bon goût ?

Laisse-moi, laisse-moi, laisse-moi

Mademoiselle, voudriez-vous ?

Pardonnez-moi, mais je suis lasse de vos tours.

Je me retire avant que vous vous mettiez à jongler ou à danser.

Bonsoir.

Ça vous changera les idées.

C'est la meilleure maison de Mende,

et on y dort mieux qu'à l'auberge.

Elles sont toutes à vous, Messieurs.

Et nous avons une nouvelle, très, très...

Mon petit marquis !

Viens.

Je coûte cher, Grégoire De Fronsac.

- Nous nous connaissons ? - Vu d'ici, le Gévaudan est tout petit.

Italienne ?

Si. De passage dans ce beau pays.

J'ai de l'argent...

Il ne s'agit pas seulement d'argent...

Alors ?

Veni con mi !

- Qui t'a fait ça ? - Une flèche iroquoise.

Ton cœur n'était pas loin.

Je suis peut-être un homme chanceux.

Et ça ?

Un ours.

Il ne m'appréciait guère.

Tu n'as encore rien vu.

Je fais un métier dangereux.

Tous les hommes n'ont pas tes façons.

Cela te fera un souvenir de moi.

Non, mais c'est un scandale ! Dans ma maison !

- Qu'est-ce que c'est ? - Je ne couche pas avec les sorciers !

- Quoi ? - Il a des serpents sur le corps.

Mais notre réputation, il faut y aller !

Ce n'est rien, notre ami est un Indien, pas un sorcier !

- Pas d'Indiens ! - Tes putains sont délicates !

Allez, les filles. Qui veut aller avec M. Peau-Rouge ?

Allons, je double la prime !

- Moi, J'aime bien ses dessins. - Et voilà, tout s'arrange.

Alors, comme ça, tu es sorcier ?

Tu feras mon portrait ?

Si tu n'es pas sage.

Des semaines passèrent

sans que les soldats de Duhamel ne trouvent la Bête.

C'était le troisième hiver que nous allions passer sous son règne,

et la neige, le froid ne l'arrêteraient pas plus que nos fusils et nos chiens.

Souvenons-nous des menaces que Dieu faisait

par la bouche de Mose :

"Je viendrai à vous comme une ourse à qui on a dérobé ses petits !

"Je dévorerai vos enfants comme un lion et j'arracherai leurs entrailles.

"J'enverrai contre vous la Bête farouche, qui vous consumera,

"vous et vos troupeaux,"

"et fera de vos chemins des déserts."

Jusqu'à quand, Seigneur, serez-vous en colère ?

Une victime par cierge.

Croyez-vous vraiment que nous sommes au temps de la raison ?

Miséricorde !

Je demande pardon !

Miséricorde !

Bénissez-moi !

Que se passe-t-il, mon fils ?

Dieu m'a puni pour mes péchés. Mes petits ont disparu au Mont Mouchet !

Je suis maudit ! Nous sommes tous maudits !

Rassemble tes gens, nous partons sur-le-champ.

Préviens Mani, je vous retrouve sur la route.

Marianne !

Bonsoir, Monsieur L'ami-des-loups.

J'ai quelque chose pour vous.

J'aimerais vous voir, Marianne. Seule.

Dans dix jours, ma mère va faire retraite et mon père sera en cure.

- Dix jours ? - Je ne suis pas aussi libre que vous.

Amène la torche.

Amène la torche !

La tempête se lève. Nos gens sont fatigués.

Nous ferions mieux de rentrer.

Non. Nous allons chercher la fille.

J'ai trouvé l'enfant !

Les pièges que vous avez posé ont pris plus de paysans que de loups.

Vos hommes se sont livrés à des exactions sur la population.

Et depuis votre battue, le loup a tué 12 fois.

Je ne comprends pas. Il n'aurait pas dû nous échapper.

Comment ?

Jamais il aurait dû nous échapper.

Et vous, Chevalier,

savez-vous devant quelle sorte de loup nous sommes ?

Ma seule certitude, c'est qu'il ne s'agit pas d'un loup.

Les loups attaquent rarement les hommes. J'ai pu les observer en Nouvelle France.

Ces loups ne sont peut-être pas de la même trempe.

Un loup enragé attaquerait n'importe qui.

Avec la rage, il crève dans les deux semaines,

et voilà deux ans que la Bête saigne vos campagnes.

J'ai vu des blessures que le loup n'aurait pu commettre.

Et j'ai trouvé tantôt, dans le corps d'une victime

ce morceau de métal.

- Et alors ? - Et alors ?

Aucun animal n'a des crocs de fer.

La Bête n'est donc pas un animal. Soit.

Dites-nous comment la capturer.

Pendant que nous spéculons, elle tue nos gens.

Je crois qu'il nous faut écouter M. de Fronsac avec une grande attention.

Ainsi donc Chevalier, selon vous,

la Bête ne serait pas un animal ordinaire

mais nous pensons tous la même chose,

et pour ma part, je suis heureux que vous conveniez

de son caractère surnaturel.

Je ne conviens de rien, mon père. Je n'ai que des doutes.

Chevalier, avez-vous autre chose à dire ?

Non, messieurs.

Messieurs, j'ai reçu ceci de Paris.

Capitaine Duhamel, le roi a été informé de l'inefficacité de vos tentatives.

Il m'a demandé de vous relever de vos fonctions.

Vous et vos hommes rejoindrez votre régiment de Langogne sans délai.

Le sieur Beauterne, porte-arquebuse du roi, est en route.

Sa Majesté l'a chargé de tuer ce loup féroce,

et il est seul habilité à chasser sur le diocèse.

Messieurs !

Vous m'avez donc pardonné ?

J'étais curieuse de connaître mon totem. C'est comme ça qu'on dit ?

Je dirais...

une sirène.

Vous n'êtes donc jamais sérieux. Je demanderai à votre Peau-Rouge.

Et la Bête ? L'avez-vous enfin aperçue ?

Non.

Vous ne voulez pas en parler ?

Je n'ai que des suppositions absurdes

qui me feraient passer pour fou !

Si je vous disais que la Bête est constituée de chair et de fer mélangé,

qu'elle est douée de raison, et qu'elle a le don de disparaître à volonté,

que penseriez-vous ?

Que l'air d'ici vous fait croire à des chimères.

C'est à croire qu'elle me fuit !

Vous êtes là depuis trois mois et vous voudriez en avoir terminé !

Croyiez-vous qu'elle allait se rendre à votre vue ?

Peut-être que vous lui faites peur ?

Suis-je donc si effrayant ?

On savoure mieux une victoire qui nous a coûté.

Jean-François m'a dit que vous vouliez partir en Afrique.

C'est qu'un rêve de naturaliste qui en a assez de l'hiver.

Vous, n'avez-vous pas envie de découvrir d'autres horizons ?

Les filles d'ici ont plus de devoirs que d'envies.

Vous voyez Sardis, sur les remparts ?

Il vous surveille ?

Non, il veille sur moi.

Seule avec vous, Dieu sait ce qui pourrait m'arriver.

Rentrons, notre curé va attraper froid.

Bonsoir, Chevalier !

- Tu es amoureux ? - Je ne sais pas.

Moi je sais.

Les cartes ?

Pour toi, je n'ai jamais eu besoin d'elles.

Alors, buvons.

À Mademoiselle de Morangias !

- Comment ? - Son frère était là l'autre soir.

Tu as couché avec lui ?

Lui, coucher ? Il ne supporte pas qu'on le touche !

Il regarde, il boit.

Quand il a beaucoup bu, il parle en dormant,

comme tous les hommes.

Je parle dans mon sommeil ?

Et que dis-je ?

"Encora !"

"Encora !"

Sais-tu comment les Florentines gardent leurs maris à la maison ?

Non.

Elles leur donnent chaque matin

un poison lent,

et chaque soir son antidote.

De sorte que le mari qui découche

passe une bien mauvaise nuit.

Tu n'a pas besoin de cela ?

Non.

Et puis, nous ne sommes pas mariés.

Place à Antoine de Beauterne, porte-arquebuse de Sa Majesté,

venu délivrer le pays de la Bête !

- Je suis Grégoire de Fronsac. - Oui ! L'envoyé de Buffon !

L'embaumeur-naturaliste.

De Beauterne loge chez l'Intendant. Il vous attend là-bas à 14h00.

Sa Majesté m'a demandé mon avis sur votre rapport.

Une fable bien compliquée que tout cela.

Je crois, moi, que la Bête est un loup.

Je partirai en campagne demain.

Je ne souhaite pas que vous veniez avec moi.

Pourquoi cela ?

Le roi m'a chargé de l'affaire

et me laisse gérer la chose tout seul.

Je n'ai plus besoin de vous.

Il y a sur la table une lettre signée par le comte de Buffon

et notre bien-aimé roi.

Je suis à ses ordres. Mais il ne s'agit pas d'un loup.

J'ai déjà lu votre mémoire.

Ne vous mettez plus en peine de cette Bête.

Je m'en occupe.

Vous pouvez disposer.

Viens, viens, viens...

"C'est une femme de Lorcières.

"Elle rentrait. La Bête l'a attaquée."

"On l'a perdue au Mont Mouchet, elle s'est évanouie."

"La Bête a attaqué une fille de Saint-Alban !"

"Dieu m'a puni pour mes pêchés, mes petits ont disparus au Mont Mouchet."

"Je ne crois pas aux dragons."

"Son museau est allongé et ses dents ont des couteaux."

"Ma seule certitude, c'est que ce n'est pas un loup."

- "C'est pas un animal ?" - "Un loup attaquerais."

"Mais comment la capturer ?"

"Aucun animal n'a des crocs de fer."

Venez tout de suite.

Je l'ai vu !

Il versait du poison, en prononçant des invocations sataniques !

Dieu sait depuis quand ça dure !

Lâchez-le !

Il s'agit d'un remède indien.

Seules nos prières peuvent la délivrer !

Mais, elle n'était...

Un miracle !

Dis-moi, qu'est-il arrivé à ton frère ?

- Un homme avec la Bête ! - Elle ne sait pas ce qu'elle dit.

Oui ! La Bête est morte !

Dix balles, elle ne s'en est pas remise !

On a apporté votre nécessaire. Mettez-vous au travail sans tarder.

- Ce n'est pas la Bête ! - Au travail. M. de Beauterne va arriver.

- Ce n'est pas la Bête. - Il faut attendre.

Je n'aime pas tes façons.

Bonjour, chevalier. Laisse-nous.

Alors ? Ma Bête ne vous revient pas ?

Qu'est-ce que ça veut dire ?

Cet animal n'est pas la bête.

Sa mâchoire est plus large que celle-ci !

Vous avez ce qu'il faut.

Comment ?

Je ramène la Bête à Paris.

Je n'ai que ce loup. Vous allez m'en fabriquer une.

- Vous espérez faire croire au roi ? - Mais non !

J'exécute Sa volonté. Vous devriez faire de même. Ce serait sage.

Vous me menacez, Monsieur ?

À mon âge, allons donc. Vous savez qui je suis.

Vous êtes trop intelligent pour qu'on vous menace.

Si vous le faites, le roi sera reconnaissant.

Sinon, il sera très contrarié.

Vous avez tout ce qu'il faut ? Je compte sur vous.

À tout à l'heure.

Bonsoir, chevalier à la triste figure.

Tu ne te réjouis pas de rentrer à Paris ?

La Bête est morte, tu devrais être content.

Tu veux que je te dise un secret ?

J'en fais collection !

Beauterne n'a tué qu'un loup. C'est un imposteur.

Et moi je suis son complice.

Allez buvons à nos petites trahisons !

Tu n'as rien vu.

Vous n'êtes plus le bienvenue au château.

Tu vas dire à Mlle de Morangias que je suis là !

- Je vous ai dit... - Quand on parle du loup !

Mon fils et moi causions justement de vous, Monsieur.

C'est votre fille que je suis venu voir.

- Cela est impossible. - J'insiste !

Laisse-le entrer, mère.

Fais attention Jean-François. Tu sais comment cela finit.

Laisse-nous !

Chevalier, Marianne est souffrante.

Je ne comprends pas.

Pourtant, Fronsac, vous n'êtes pas étranger au mal qui la ronge.

Où est-elle ?

Suivez-moi !

Vous êtes bon de venir me visiter.

Mademoiselle, que se passe-t-il ?

Je dois retourner à Paris Il ne tient qu'à vous.

Je vous souhaite bon voyage !

Je vous avais prévenu !

Vous m'avez naguère offert un présent

et je vous en rends deux. Pour votre collection.

On m'avait prévenue contre ceux de votre espèce.

Ceux de mon espèce

ne condamnent point les gens sans les avoir écouté.

J'ignore comment ça a été fait, que je vous explique.

Ne vous donnez pas ce mal.

Ne rendez pas ce moment plus difficile qu'il ne l'est.

Convenez que vous n'étiez pas un homme pour ma sœur,

et restons-en là, mon ami, sans rancune.

Croyez-vous qu'elle restera votre garde-malade toute sa vie ?

N'êtes-vous pas heureux de pouvoir quitter notre beau pays entier ?

Ils auraient pu vous rosser pour l'avoir regardée.

Les temps changent.

Pas partout, en tout cas, pas ici.

Je suis désolé.

Me frapperez-vous aussi si je vous demande de sortir ?

Adieu.

Ne regrette rien, il ne te méritait pas.

En ce jour, je voudrais remercier le Chevalier de Fronsac.

du jardin du roi

La Bête du Gévaudan n'est plus, grâce à lui.

Mais c'est avant tout, grâce à Votre Majesté.

Qu'on se le dise,

en votre personne réside la puissance souveraine,

seul un animal pouvait l'ignorer,

mais cet animal n'est plus.

Je n'ai que peu de mérite, en vérité.

Investi de votre puissance, je n'ai eu qu'à paraître dans le Gévaudan

pour que la Bête rende les armes !

Que signifie cette mascarade ?

Beauterne exécute les ordres reçus. Nous devons tous le faire.

- Quels ordres ? - Les miens.

Fronsac, je vous présente M. Mercier,

Conseiller spécial de Sa Majesté, chargé des Affaires Intérieures.

Il a eu l'idée d'envoyer Antoine de Beauterne en Gévaudan.

C'est à vous qu'on doit cette victoire sur la Bête ?

Vos scrupules vous honorent, mais il s'agit de raison d'État.

Avez-vous lu ceci ?

Vous ne le trouverez plus en librairie, gardez-le.

Vous l'avez fait interdire ?

On y bafouait l'autorité du roi.

Nous avons attendu, Ça devenait gênant. Les gens sont crédules.

Si je comprends bien, mieux vaut mentir que de laisser dire des mensonges.

La vérité, c'est très compliqué.

Pour gouverner, il faut aller au plus simple.

Plus de Bête, plus de problème.

- Elle va continuer à tuer. - On va l'oublier.

C'est ça qui compte.

Fronsac, j'oubliais, Sa Majesté tient à vous remercier pour tout.

Elle sait que vous désirez explorer l'Afrique.

Dans six mois, une goélette partira de Nantes vers le Sénégal.

Si vous le désirez, vous serez du voyage.

Bien entendu, nous ne reparlerons jamais du Gévaudan.

Bien, Fronsac ?

Marianne de Morangias ?

Madame, je ne crois pas vous connaître.

Nous avons toutes deux un ami en commun.

Que faites-vous ici ?

Inutile de vous cacher,

votre parfum n'est pas celui d'une dame.

Grégoire de Fronsac n'a jamais aimé qu'une seule femme...

C'est votre nom qu'il prononçait dans son sommeil.

Il va bientôt partir. Pour un long voyage.

Peu m'importe.

Quand vous reverrez Fronsac, ne lui dites rien de notre rencontre

ou vous le perdriez pour de bon.

Qui était-ce, ma fille ?

Personne.

Celle-là, dans la cale avec les autres.

Celle-ci et celle-ci dans ma cabine. Attention, c'est fragile.

Bonjour, Chevalier !

Marquis !

Quel bon vent.

Pas si bon que ça.

Deux jours après votre départ, tout recommençait.

Le roi n'envoie plus de soldats. On ne trouve plus de volontaires.

Je n'y peux rien. J'ignore comment l'attraper.

Pour être franc, ce n'est pas à vos talents que je songeais.

Mani a bien retrouvé la petite !

Une chasse, Fronsac ! Une seule ! Retour dans un mois !

Impossible. Le roi nous défend de retourner en Gévaudan.

- Il n'en saura rien. - Détrompe-toi.

La tranquillité du roi vaut-elle tous ces sacrifices ?

Tu ne me feras pas changer d'avis.

- Vous voulez parier ? - La dernière fois, tu as perdu.

J'aurais aimé ne pas devoir vous convaincre,

enfin, c'est de Marianne.

Et Mani ?

Mon ami !

Comment vas-tu ?

- Nous repartons en chasse, Mani. - Nous le ferons à ta façon.

Alors, bonnes nouvelles ?

Les meilleures du monde, Marquis...

Dans le Gévaudan, les crimes continuaient.

Mais officiellement, la Bête était morte.

Ce qu'il advint en vérité n'est pas dans les livres d'histoire.

On s'est bien gardé de l'ébruiter.

Il nous souhaite la bienvenue ?

Il veut nous aider.

Partez au château.

Je vous retrouverai plus tard.

Qu'est-ce que c'est ?

Tu connais la maison des Roulier ?

C'est tout droit. C'est la dernière maison du village.

Je te présente Jeanne, ma nourrice :

Grégoire de Fronsac.

Pierre, va donc chercher du vin.

Ma mère me surveille. On sait peut-être que tu es de retour.

Au diable ta famille, je t'arracherai à eux.

Je ne supporte plus ma mère, ni Jean-François.

Je veux partir loin d'ici.

Dans une semaine, je t'emmène à Paris.

Pourquoi attendre ?

Je repars en chasse. Je l'ai promis au Marquis.

Tu étais pas revenu pour moi ?

Non ! attention !

Marianne, sauve-toi ! Doucement, sans courir.

Approche ! Regarde-moi.

Viens là, toi ! Viens là !

Allez, viens là !

Allez !

Sauve-toi, Marianne !

Qu'est-ce qui se passe ici ? Ouvrez ! Pierre !

Mon Dieu !

Dites-moi, pensez-vous vraiment que nous allons trouver cette Bête ?

Je nous imaginais plus nombreux.

Mani sait ce qu'il fait. C'est un homme que je chasse.

Un homme ?

La Bête n'est qu'un instrument aux mains d'un esprit malade...

- Un assassin agirait secrètement ! - Tu as raison.

Le premier mystère de la Bête est sa célébrité.

Son maître veut qu'on parle d'elle. Il lui faut faire peur.

Comment cela ?

Ce livre s'est vendu partout.

Il dit que la Bête est venue punir le roi de son indulgence envers les philosophes.

- Sornettes. Qui a écrit cela ? - Ça, Je l'ignore.

Mais la Bête a un maître et je le veux.

Finalement, ton arme sera peut-être utile...

Si c'est toi qui la porte !

Et toi, Mani,

tu vas prendre laquelle ?

Mani n'aime pas les armes à feu.

Trop de bruit... Trop de fumée... Mauvaise odeur !

Tout se passera bien, grand-père !

Vous inquiétez pas. On a tout préparé.

- Racontez-moi les Amériques. - Les Amériques...

Vous n'y retournerez pas ?

Je n'ai pas que de bons souvenirs.

Et Mani ? Sa tribu ne lui manque pas ?

Sa tribu n'existe plus.

Quand nous avons attaqué son village, la variole l'avait déjà décimé.

Nous avons eu l'ordre de tuer les survivants.

les femmes mais aussi les enfants.

Seul Mani en a réchappé.

- Comment ? - Mon chef voulait un interprète mohawk.

Je lui ai appris notre langue.

Et trois semaines plus tard, il égorgeait le Capitaine.

Pourquoi vous ne l'avez pas dénoncé ?

Vous savez comment il livrait bataille ?

Il donnait aux éclaireurs draps et linges sales des hôpitaux de Québec.

Les Iroquois achetaient, et trois semaines après, nous finissions le travail.

- C'est ainsi qu'on fait la guerre ? - C'est ainsi que nous l'avons perdue !

Où est-il passé ?

- Il est allé parler aux arbres. - Aux arbres ?

Les arbres parlent !

Les Blancs ne savent pas écouter, et pas voir...

Voir quoi, Mani ?

Tu veux apprendre ?

- Qu'est-ce que c'est ? - Une hostie Indienne !

À tes risques et périls, Marquis...

- Qu'est-ce que cela fait ? - Ça dépend des gens.

Les Indiens disent qu'on voit ce qui ne peut être vu.

Alors, Mani ?

La Bête est dans la forêt... Les loups nous aideront.

Je ne vois pas plus.

Cette nuit, nous danserons la danse du sang.

Et la Bête viendra à nous avec le soleil.

Cela ne me fait rien, cela ne me fait...

Cette nuit-là, Mani invoqua les esprits de la forêt

dans une langue que le Chevalier de Fronsac lui-même ne comprenait pas.

Et les loups leur amenèrent la Bête.

Ne t'en fais pas, va, je vais t'arranger ça.

Ça va aller, ma belle, je vais te soigner.

Je vais m'occuper de toi.

Thomas s'est endormi. Il s'en est fallu de peu.

Je suis désolé pour l'Indien.

Qu'est-ce qui se trouve là ?

Quelle est cette demeure ? J'ai besoin de savoir !

C'est un domaine. Un domaine de chasse.

Chevalier... Il faut vous reposer.

Dépêchez-vous, il y a le feu !

Il est là ! Tuez-le ! Tous !

Fronsac revint auprès du corps de Mani.

Sa vengeance était loin d'être assouvie.

Mais selon la coutume indienne,

c'est aux lueurs de l'aube qu'il devait aider son ami à rejoindre ses ancêtres.

Qu'est-ce que vous voulez ?

Le sang n'a que trop coulé sur ces terres.

Vous risquez le pire si vous ne quittez le pays.

Je ne partirai pas, j'ai une affaire à régler.

Vaut-elle que vous y laissiez la vie ?

Depuis quand savez-vous ?

Je ne sais pas de quoi vous parlez.

Allons Sardis, Comment ?

Comment en est-on arrivé à ça ?

Personne ne vous croira.

Allez-vous en, Sardis.

Dieu vous garde.

Et que le Diable vous emporte !

Vous êtes en état d'arrestation.

Par les pouvoirs qui me sont conférés,

suivez-nous sans résistance.

C'est ridicule.

- Chef ! Une dame veut vous voir. - Plus tard ! Ce soir !

Allez, debout ! T'as de la visite, là !

- Je ne suis plus au secret ? - Ça dépend pour qui, mon gars.

Désolée.

Amène donc à souper à ton invité.

- Comment ? - J'ai beaucoup d'obligés...

Tu dois m'aider. Il faut que j'écrive au roi !

Même si je t'aidais, tu serais pendu avant qu'il ait ta lettre.

Non ! Je n'ai pas encore été jugé.

Allez !

- Que sais-tu de la Bête ? - C'est un animal dressé

recouvert d'une cuirasse. Je l'ai blessé.

Depuis quand t'intéresses-tu à ça ?

Il y a deux ans,

une lettre confidentielle de Sardis a été remise au Pape.

Elle annonçait la constitution d'une société secrète,

ayant pour but, disons, de faire entendre

et de défendre par tous les moyens la parole de l'Église :

"Le Pacte".

Sardis... Il se servirait de la Bête ?

La Bête est un avertissement lancé au Roi :

tenez compte du pouvoir de Dieu ou vous risquez l'Apocalypse.

Les conjurés se nomment eux-mêmes les Loups de Dieu.

Le Pacte œuvre pour l'Église ?

Sardis ne travaille que pour lui. Les Lumières l'ont rendu fou.

Et Rome n'a aucun contrôle sur son organisation.

Toi, pour qui travailles-tu ?

Ceux qui m'emploient me paient pour qu'on ne le sache pas.

Et toi ? Tu en sais bien assez...

Mademoiselle de Morangias ! Que me vaut cet honneur ?

Comment se porte la Comtesse ? Je vous en pris, asseyez-vous !

Et votre père ? Toujours en cure ?

Cet homme-là aime trop la bonne chair !

Intendant, vous avez fait arrêter Fronsac.

Oui, qui aurait cru qu'un homme comme lui tomberait si bas.

- Il n'est ni brigand ni assassin. - Ah bon !

Écoutez, le Chevalier avait sûrement ses raisons.

Ses hommes avaient peut-être tué cet Indien.

Mademoiselle, ça n'a rien à voir !

Quand bien même, on ne venge pas un sauvage avec le sang d'un chrétien.

Je veux lui rendre visite.

C'est impossible !

Très bien.

Nous verrons ce que l'on pense de ça à Paris !

Vous ne comprenez pas,

Fronsac est décédé

dans la nuit...

De toutes façons, on l'aurait pendu.

Si on y réfléchit, il a eu de la chance.

Il était sous votre responsabilité.

Il s'est peut-être étouffé.

À moins qu'il ait attrapé la peste.

Vous mentez ! Vous mentez tous !

Soyez courageuse ma fille, c'est la volonté de Dieu.

Marianne, viens.

- Je vais te ramener. - Mlle de Morangias doit se reposer.

- Non ! Laisse-moi ! - Tu ne peux plus rien pour lui.

Il sent déjà mauvais. Enterrons-le et oublions de mettre un nom sur sa tombe.

Elle a menacé de prévenir le roi. Cette fille, elle est dangereuse.

On enterra Grégoire de Fronsac le soir même,

avant que la nouvelle de sa mort ne fut arrivée à Paris.

Nul ne savait au juste quels secrets il emportait dans la tombe.

Depuis quelques jours, la Bête ne tuait plus,

mais la disparition brutale de son plus acharné adversaire

avait des airs de sombre présage.

Andiamo.

Dépêchez-vous.

Je m'accuse mon père, parce que j'ai péché.

Pardonnez-moi.

Marianne ! Jour et nuit je pense à elle !

J'entends son cœur battre à chaque instant !

Je veux qu'elle soit à nos côtés, Sardis !

- Le Seigneur te mets à l'épreuve. - Vous ne savez pas ce que j'endure.

Il y a ces images...

il y a ces images damnées qui me viennent sans cesse !

Délivrez-moi, mon père !

Délivrez-moi, je vous en supplie !

Au mal qui te ronge, il n'est qu'un remède.

Non !

Non, ne boit pas, petite sœur.

Ils veulent te tuer,

mais je les en empêcherais.

Mais qui, Jean-François ?

Qui ?

Nous allons partir, Marianne. Juste toi et moi.

- Tu aimerais l'Amérique ? - Jean-François...

Tu m'as fait souffrir, tu sais, mais je te pardonne.

Je t'en prie, qu'est-ce que tu fais ?

Reste !

- Tu crois que je veux te faire du mal ?! - Ne t'approche pas.

Marianne, j'ai besoin de toi.

Tu m'as sauvé quand j'étais malade, et personne d'autre.

C'est ton visage que j'ai vu après mes cauchemars.

Tu as chassé mes démons.

J'ai tout fait pour te garder.

Je t'en supplie, ne me repousse pas...

Pourquoi ?

Je te dégoûte ?

Tu ne me fait pas peur. Sors d'ici.

C'est à cause de ça ?

Ne t'inquiète pas,

désormais, c'est moi qui m'occuperai de toi.

Regarde,

personne ne le sait, que Sardis et moi.

Va-t'en ! Sors d'ici !

Pourquoi ?

Pourquoi ?

Tu n'es pas mon frère.

C'est quelqu'un d'autre qui est revenu d'Afrique.

C'est vrai ! Mais c'est à cause de toi que je suis parti.

Marianne, sans toi, rien de tout cela ne serait arrivé.

Tout cela ?

C'est ton odeur, c'est ta sale odeur que cette Bête a senti sur moi.

Oui !

Nous sommes du même sang, Marianne, du même sang.

Quand père reviendra, il te tuera !

Et si c'était moi qui le tuais ? Depuis le temps qu'il nous gêne...

Vas-y ! Fais le, vas-y...

Pourquoi tu l'as pas fait ?

Ce n'est pas difficile ! Regarde.

- Arrête ! - Alors, tu m'aimes ?

Marianne...

Marianne, je t'aime !

Frères, le Seigneur me l'a fait savoir,

la Bête va revenir,

annonçant le retour de nos valeurs dans le Royaume en décadence,

et de la France nouvelle qui va renaître,

nous serons les princes invisibles, car Dieu est avec nous.

Le peuple n'a encore rien vu de la colère de Dieu !

L'injuste censure du roi

va se heurter à la terreur de la populace.

Et quand celle ci sera à son comble,

alors nous pourrons proposer un marché au roi.

S'il n'a pu en soumettre une,

imaginez, frères, ce qu'il pourrait faire si de toutes les provinces

surgissaient d'autres Bêtes...

L'heure approche où nous allons récolter ce que nous avons semé.

Lisons le livre de Malachi

"Les lèvres du prêtre seront les dépositaires de la Science,

"c'est de sa bouche que l'on approchera de la connaissance de la loi

car il est l'Ange du seigneur des armées".

"Si quelqu'un adore la Bête ou son image,

"celui-là boira le vin de la colère de Dieu,

"et il sera tourmenté dans le feu et le souffre,

"devant les Anges

"et la fumée de ses tourments s'élèvera dans les siècles des siècles !"

Je suis revenu vous nommer devant Dieu !

Pierre-Jean Laffont ! Geneviève de Morangias !

Maxime des Forêts !

Gontrand de Moncan ! Henri Sardis !

Jean-François de Morangias !

Amen !

Feu !

Bougre de fils de putain, vous êtes en état d'arrestation !

Tout fantôme que tu es,

je vais te couper en deux.

Tu n'as plus besoin de retenir tes coups.

Je n'en avais pas l'intention.

Trop tard, Fronsac, La Bête est immortelle maintenant.

Elle, peut-être. Pas toi.

- Sardis t'a dressé comme la Bête. - Comment as-tu su ?

Tu signes d'une balle d'argent.

Marianne ! Regarde !

Marianne n'est pas là, pauvre fou !

Tu nous a unis à jamais, Chevalier !

Alignez-moi-les en rang, les gars !

Pour qui vous prenez-vous ?

Regardez-moi ça !

On fait moins les fiers, à présent.

Où tu vas ? Allez !

Allons, pressons !

- Il est mort. - Maintenant c'est sûr.

Et Sardis ?

Où qu'il aille, nous le retrouverons ! Ou la montagne se chargera de lui.

Et si nous fêtions dignement notre succès ?

Tu m'as déjà tué une fois.

C'était pour mieux te ressusciter.

Je pourrais te présenter à Rome. Tu viendrais avec moi ?

Trop tard...

Je t'aime bien, Fronsac. Tu me fais oublier tous mes devoirs.

Va-t'en, avant que je change d'avis.

- Marquis que se passe-t-il ? - C'est Marianne...

Je l'ai faite emmener chez nous. Elle se meurt

Sortez ! Dehors ! Allez-vous-en ! Tous !

Marianne ! Réveille-toi !

Marianne !

Marianne ! Pardonne-moi.

Je t'aime !

Bien des années ont passé, mais Grégoire de Fronsac

et Marianne de Morangias n'ont jamais quitté ma mémoire.

Le monde qui avait crée la Bête est en train de mourir

et je dois me hâter, car mon histoire, elle aussi,

touche à sa fin.

Je me revois encore, accompagnant le Chevalier

au repaire secret de Jean-François de Morangias,

où la Bête attendait sa dernière heure.

Le vieux guérisseur nous raconta tout ce qu'il savait.

Jean-François avait rapporté d'Afrique une bête étrange

qui avait mis bas.

Il n'avait gardé qu'un seul petit. Le plus fort.

Avec patience et cruauté,

il l'avait dressé à être le plus méchant.

Ainsi mourut le Bête du Gévaudan.

Et moi, Thomas d'Apcher,

je suis sans doute le dernier à savoir toute la vérité.

Le Chevalier me proposa de le suivre en Afrique.

Mais le pays était à reconstruire,

je me devais à mes gens, à mes terres.

J'ai souvent songé à Grégoire et à Marianne,

durant toutes ces années qui m'amenèrent doucement vers la vieillesse.

Je ne les ai jamais revus,

mais je me plais à croire qu'ils vécurent heureux,

loin d'ici...

Can't find what you're looking for?
Get subtitles in any language from opensubtitles.com, and translate them here.