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BIENVENUE À MARWEN
INSPIRÉ D'UNE HISTOIRE VRAIE
AU-DESSUS DE LA BELGIQUE DURANT LA 2E GUERRE MONDIALE
Commandant de chasseur, c'est Foxtrot Uniform Charlie Kilo,
je viens de m'aventurer dans un foutu merdier de première.
On se croirait en plein feu d'artifice.
On me tire dessus de tous les côtés.
Merde !
Mayday, Mayday, je suis touché !
Je prends feu. J'ai de la fumée partout !
La fumée s'infiltre !
Je n'ai plus le contrôle !
Il y a une rivière et un marais en dessous.
Je vais l'échouer là !
C'est ça, mon grand !
J'y vais !
Putain de...
Foutues bottes militaires minables et inflammables.
Des sous-vêtements à froufrous.
Pas mal.
Pas mal du tout.
C'est exact, Fritz, un fieffé Américain.
Désolé, je ne parle pas nazi.
Les mains en l'air.
Quoi ?
Allez-y !
Rigole, sale Boche.
Mais ces groles sont pas à vendre.
Puisque de toute évidence, tu préférerais être eine Fraü,
on devrait peut-être couper ton Schwanz.
Ah, ouais ?
Eh bien, Schwanz-moi ça.
Qui êtes-vous ?
Je m'appelle Wendy,
et vous êtes sauvé.
Hé, c'est super.
Oh, non ! Non !
Nom de Dieu !
Merde !
Je peux pas le croire.
Eh bien...
Merde.
Je crois que j'y suis arrivé.
Ouais, je crois que j'y suis enfin arrivé.
Après toutes ces années...
Ça fait combien d'années ?
Trois ans, bon sang !
Trois ans...
Le temps file quand on s'amuse. Pas vrai, Hogie ?
Je mettrai les escarpins dans le bar.
Désolé, Wendy, tu dois y retourner.
Ce n'est plus d'actualité.
REPOSEZ EN PAIX
Ça va, Deja ?
Bonjour !
Vous êtes venus si vite.
Une seconde, je dois ouvrir la porte.
Garde la tête baissée, Deja.
C'est la nouvelle voisine, on dirait.
Une rouquine.
Tu es jalouse. Tu l'as toujours été.
Lâche-moi un peu, tu veux rire ?
Tu fais la même chose depuis des siècles.
Voilà les problèmes.
Nicol.
C'est quoi, tout ça ?
Je te demande d'arrêter et de partir immédiatement.
- Partir ? - Tu dois partir.
- Pourquoi ? - Tu dois arrêter de me harceler.
Elle s'appelle Nicol. Joli prénom.
Je te le demande gentiment, OK ?
Nicol. Te harceler ? Vraiment ?
- Oui, vraiment. - Je rentre à la maison, tu es partie.
Qu'en penses-tu, Deja ?
Si c'est ce que tu veux, je m'en vais.
Oui. Je veux que tu t'en ailles, Kurt.
D'accord, je m'en vais.
Il s'appelle Kurt.
Et c'est un con.
- Bonjour, Anna. - Dobriy den, Mark.
J'apporte les courses et le courrier.
Je t'apporte un minuteur.
Utilise ça pour respirer. Trente secondes, pas plus d'une minute,
quand tu as de l'anxiété.
Mark, comment ça va ? Horosho ?
OK. Pas mal. Je suppose.
Et comment va le capitaine Hogie ?
- Le SS lui a mis une raclée. - Encore ?
Mais Wendy et les femmes l'ont sauvé.
Wendy ?
Elle est revenue à Marwen ?
Non. Elle ne reviendra jamais.
Je l'ai juste ressuscitée pour une vieille photo que je voulais réparer.
Une photo pour l'exposition ?
L'exposition a l'air bien. Tu y vas ?
Pas question.
C'est un truc que Roberta et son cousin ont préparé.
Je ne voulais pas d'exposition.
C'est idiot, de ne pas y aller. Mauvaise décision.
Je t'apporte plus de médicaments.
Pourquoi t'en faut-il d'autres aussi vite ?
Je... les ai fait tomber dans l'évier.
Encore ?
Tu en prends juste un, da ? Juste un par jour.
Trop, ce n'est pas bien. C'est dangereux.
J'ignore pourquoi ton docteur te les prescrit encore.
Ce n'est pas bon.
C'est très addictif. Tu peux devenir accro.
- Les exercices des mains, c'est fait ? - Da.
Et mangé ? Tu as mangé comme il faut ?
Nyet !
Tu es trop maigre ! Il te faut de la viande sur les os.
Debout.
Bien.
Horosho.
OK, j'y vais.
J'oubliais.
J'ai vu Julie.
Elle dit bonjour. Elle fait le marathon de Rochester.
Julie. Comment va-t-elle ? Elle est encore à Ithaca ?
Da, et ses enfants ont grandi. Six et huit ans.
- Six et huit ans. - OK, j'y vais.
S'il te plaît, ne perds pas les cachets.
Et ne sois pas stupide. Tu es un artiste.
Va à ton exposition. Sois-en fier.
TOUS NOS VOEUX POUR UN PROMPT RÉTABLISSEMENT
JOYEUX ANNIVERSAIRE
OK. D'accord.
On ne joue plus.
Tu connais la routine.
C'est ça. Tu y es, Mark.
Un pied devant l'autre. Allez, chéri. Tu y es.
Tu y es. On dansera le tango, le mois prochain.
Je suis là. Je te soutiens.
Je suis là, il ne t'arrivera rien.
- Ça fait un mal de chien. - Je sais.
Mais tu dois accepter la douleur, Mark.
Tu dois aimer la douleur.
Tu dois aimer la douleur. Aimer la douleur.
DÉSOLÉ MAMAN... - DÉSESPÉRÉ "MA DERNIÈRE SOÛLERIE"
JUGEMENT DE DIVORCE
ENCORE ! ENCORE ENCORE
SEUL BRISÉ
JE DIS QU'ON DOIT ROMPRE ! MOINS QUE RIEN
VIN DU DEJA TU ES TOUTE À MOI
JE CROIS QUE J'ÉTAIS MARIÉ
AGRESSION VIOLENTE HOMME BRUTALEMENT ATTAQUÉ
UN HOMME LAISSÉ POUR MORT APRÈS UNE AGRESSION HAINEUSE
AGRESSION BRUTALE AU PETIT MATIN
VICTIME DANS UN ÉTAT GRAVE
Hogie...
Voici Elsa.
LAIT
C'est une laitière.
Tu l'as trouvée à deux kilomètres à l'est de la rivière.
Une escouade de SS voulait faire une fête entre hommes...
mais tu les as tués.
Monsieur...
Comment vous appelez-vous ?
Capitaine Mark Hogancamp. Armée de l'air des États-Unis.
Mais tout le monde m'appelle Hogie.
À votre service, mademoiselle.
BIENVENUE À MARWEN
Eh bien, nous y voici.
Le beau centre-ville de Marwen...
le jardin de la Belgique.
Et mon petit coin de paradis.
Il y a tout ce qu'il te faut.
Une fontaine, une boulangerie, une église, bien sûr,
un marché, un hôtel, un café avec terrasse,
et juste là, c'est chez moi.
Le Bas filé, célèbre dans le monde entier.
Le bar le plus amical de toute l'Europe.
Voilà Julie. Hé, Jules, quoi de neuf ?
Suzette, bonjour. Ça va, ma beauté ?
Ces belles poupées,
ce sont les Femmes de Marwen.
C'est qui, la nouvelle ?
Elle est laitière. Je l'ai trouvée à 2 km à l'est de la rivière.
Une escouade de sales Boches voulaient faire une fête entre hommes...
mais je les ai tués.
Elle a une vache ?
Elle a été prise entre deux feux.
Dégât sacrément vachard.
Mais quelle est son histoire ?
Elle peut manier une barre ?
Non, mais elle peut manier une mamelle, ça, c'est sûr.
Elle est laitière, elle sait juste presser les mamelles de vache.
Vous, les poupées, lui apprendrez à presser la maudite vie
hors d'une ordure de Nazi au coeur noir.
Mais elle est douce.
Elle a dû baigner dans le lait toute sa vie.
Beaucoup trop maigre.
- Pas de viande sur les os. - D'accord.
Assez parlé de maigreur. Vous êtes toutes des poupées maigres.
Et désolé de jouer du galon, mais elle reste.
Compris ?
Viens, chérie. J'ai une blouse qui va t'aller.
Et j'ai un pantalon capri qui t'ira à ravir.
BELGIQUE
Alors, écoute, on a des règles.
Règle numéro un, ne pas t'approcher trop près de Hogie.
Tu te ferais certainement tuer.
Capitaine.
Merci !
Non. Arrête, arrête !
Arrête !
L'église !
Dans le clocher !
Bouge pas, poupée. On va te réparer en un rien de temps.
Elle perd beaucoup de sang.
Capitaine...
Pauvre gosse.
Cette sale balle de Boche m'était destinée.
C'est exact, mon amour !
Cette balle t'était destinée !
Je te préviens, Deja.
Ne commençons pas à créer un tumulte, ici.
Que veux-tu dire, mon amour ?
Je suis ton salut, ta protectrice.
Je t'ai sauvé.
Les femmes sont désespérément attirées par toi.
Mais j'arrêterai ces femmes insensées !
Recule, sorcière !
J'ai assez entendu ton vaudou merdique, aujourd'hui.
"Vaudou" ?
Eh bien,
inutile de pleurer sur le lait versé.
Jules, quel est le problème ?
Je ne sais pas.
Je n'arrête pas de penser à cette pauvre petite laitière.
Elle n'a rien vu venir.
Comme je l'ai dit, la balle m'était destinée.
Non. Je parle d'après s'être fait tirer dessus.
Quand Deja Thoris l'a fait disparaître.
Pouf ! Évanouie. Comme Wendy.
Oui. Comme Wendy.
Écoute, on connaît tous l'histoire.
Entre la sorcière belge et toi, ça dure depuis presque 3 000 ans.
La petite laitière aux yeux larmoyants s'est approchée de trop près.
- C'est tout. - Da.
De beaucoup trop près.
Et nous, alors ?
Quand va-t-on se faire envoyer Dieu sait où ?
Arrête, arrête.
Elle pourrait nous entendre.
Écoutez, les poupées.
Voici ce dont vous devez vous rappeler.
Nous, on est ici, en ce moment même.
On est vivants
et c'est tout ce qui compte.
Alors, buvons...
à la vie, à l'amour, à Marwen.
Et à ses belles femmes.
Te voilà donc.
Petite sorcière sournoise.
Bien, les filles. C'est l'heure d'aller dormir.
Allez vous ranger.
Bonjour, vous êtes bien chez Mark Hogancamp.
Il ne peut pas répondre au téléphone actuellement.
Si vous laissez votre nom et votre numéro, il vous rappellera.
UN SEUL PAR JOUR
Mark, c'est Demaryius Johnson.
Désolé de vous appeler si tard.
Et je suppose que vous écoutez, alors, je serai bref.
Je ne sais pas si vous vous en souvenez,
mais le jugement aura lieu vendredi 13.
Et comme on en a souvent parlé, il est très important que vous soyez là,
que vous soyez au tribunal ce jour-là.
13 AOÛT - SE SOUVENIR DE LA DATE D'AUDIENCE
On veut que le juge donne la sentence maximale,
alors il est important que vous soyez là
pour regarder votre assaillant droit dans les yeux
et pour que le juge vous voie confronter vos agresseurs.
Ils doivent payer pour ce qu'ils vous ont fait.
Je veux que le juge leur donne la peine maximale.
Je veux que le juge leur donne la peine maximale.
- Mords la poussière ! - Mords la poussière !
On a des Boches qui affluent de toutes parts !
Je suis à court !
J'ai besoin de plus de munitions !
Plus de munitions !
Plus de munitions ! Il nous faut plus de munitions !
Nom de Dieu ! Donnez-moi plus de munitions !
Ohé ?
Tout va bien ?
J'ai entendu des cris.
Tout va bien ?
Oui.
D'accord.
Je croyais vous avoir entendu demander plus de poisson.
Non.
Pas de poisson.
Pas de poisson.
D'accord, désolée de vous avoir dérangé.
Je t'aime.
Enfuis-toi avec moi.
Je t'aimerai toujours.
Moi seule ai le pouvoir de t'aider.
Moi seule peux faire cesser ta douleur.
Allez, debout !
Sortez de votre boîte, prenez vos chaussettes.
C'est jeudi. On a du travail.
Je suggère que vous abandonniez la position couchée.
Vous m'entendez ?
- Da ! - Oui, monsieur !
Ouvrez l'oeil. Il peut y avoir des salopards partout.
Carlala, surveille bien la route.
Jules, tire sur tout ce qui bouge.
Message reçu, capitaine.
RELAIS DE L'AVALANCHE
- Salut, Larry. - Hé, Mark.
Carlala te cherche.
Et dis-lui que j'ai besoin de plus de limes.
- Compris. - Et n'oublie pas,
jeudi, c'est le jour des boulettes de viande.
Compris. Le jour des boulettes de viande.
Alors, c'est le gars ?
Oui.
C'était juste là. Juste au milieu de la route.
Cinq d'entre eux l'ont attaqué.
C'est un miracle qu'il ait survécu.
Wendy, la fille qui tenait le bar ici, l'a trouvé.
Elle croyait que c'était un foutu sac d'ordures avant qu'il bouge.
Faut que je te dise, Carlala...
Deja l'a vaincue.
Alors elle l'a éliminée ?
Ouais, tout simplement. Comme Wendy.
Cette Deja Thoris, c'est un sacré numéro, hein ?
Mais je ne comprends pas. Pourquoi elle est si bizarre ?
Elle adore Hogie. Elle le veut pour elle toute seule.
Mark, je peux te poser une question ?
Pourquoi je dois être seule à Marwen ?
Je n'aurai jamais d'amoureux ?
Qui sait ?
La troisième armée de Patton peut arriver à tout moment.
Si ça se produit, veille à ce que la sorcière belge
ne s'approche pas de mon homme.
Non. Deja n'aime qu'Hogie.
Elle est obsédée par lui.
Tu as des nouvelles de Wendy, parfois ?
Wendy, voulez-vous prendre Hogie comme époux légitime
jusqu'à ce que la mort vous sépare ?
Oui.
Par le pouvoir qui m'est investi par le royaume de Belgique
et par le commandant suprême des forces expéditionnaires alliées,
je vous déclare mari et femme.
Vous pouvez embrasser la mariée.
Elle a tourné la page.
Quoi ?
Qu'as-tu dit ?
Elle a tourné la page. Déménagé en Californie.
Ah, oui. La Californie.
RAMPE DE HOGIE
MAISON DES LOISIRS D'AL
Mark, bonjour.
Bonjour, Roberta.
Je fais du café, tu en veux ?
Non, merci.
La Jeep a l'air bien. L'éclaboussure de boue, parfaite.
Ça prendra longtemps et beaucoup de kilomètres
pour user correctement ces pneus.
Le café est bon. Du café torréfié colombien.
Oh, non. J'en ai déjà assez bu aujourd'hui.
Tu ne bois que du café. Toute la journée.
Oui, je dois diminuer ma caféine.
C'est du déca.
- Je suis pressé, alors... - C'est de l'instantané.
Ouais. OK. Du déca instantané.
- Ce sera prêt en un instant. - OK.
Hé, Mark.
Ma mère fait cuire un jambon, dimanche.
Tu veux venir dîner ?
Un jambon ? Chez toi ?
C'est la maison de ma mère. Mais, oui, c'est chez moi.
Ouais, je sais pas. Je suis pas fana de jambon.
Je suis sûre qu'elle sera contente de faire rôtir un poulet.
Je suis pas fana de poulet non plus.
Et un rôti en cocotte ?
Ça me donne des gaz.
- Des côtes de porc ? - C'est salissant.
Des sushis ?
Ta mère sait faire des sushis ?
Non. Mais on peut en acheter quelque part.
En fait, je n'ai...
Je n'ai jamais mangé des sushis.
Mais je serai contente d'y aller avec toi.
Je n'en ai jamais mangé non plus.
Tu vois ?
Autre chose qu'on a en commun.
Ni toi ni moi n'avons jamais mangé des sushis.
Je cherche une poupée Glamonista aux cheveux roux.
Une rouquine ?
Je croyais que tu aimais les blondes.
Oui, mais j'ai besoin d'une rousse.
- Ah, oui ! - Celle-là ?
Oui.
Bons yeux. Beau travail de peinture.
Comment tu vas l'appeler ? Scarlet ?
Non, Nicol.
Nicol, hein ?
Viens, Nicol, je vais t'encaisser.
- Je la mets sur ta note ? - Oui.
Tu es emballé pour ton exposition ?
Mon cousin est ravi.
Comme tout le monde à la galerie.
Regarde ça.
Ce général SS vient d'arriver.
Les figurines de luxe sont trop belles.
Elles sont merveilleusement détaillées.
Tu veux que je l'emballe aussi ?
Non.
Je ne peux pas, je...
Je ne peux pas me permettre ça.
Ça dit ici
que c'est un général de division de la Waffen-SS.
Il a combattu en Belgique en 1944. Quelle coïncidence, non ?
GÉNÉRAL DE DIVISION DE LA WAFFEN SS - KURT MEYER
FIGURINES DE FURIE
Il s'appelle Kurt. Kurt Meyer.
... l'artiste et photographe, Mark Hogancamp.
Allons retrouver en direct Jennifer Cook
- qui est au tribunal du - Désolée. Je cherche la télécommande.
... comté d'Ulster. Avec les dernières informations. Jennifer ?
LES AGRESSEURS BIENTÔT CONDAMNÉS
Oui, Bill, je viens d'apprendre que le juge Harter a refusé
l'évaluation psychiatrique plus poussée de l'un des accusés.
La condamnation des cinq agresseurs, auteurs de l'attaque brutale
contre l'artiste Mark Hogancamp, aura lieu comme prévu.
Nom de Dieu, Carlala.
Tu te crois au volant de quoi ? L'Indy 500 ?
Je ne fais que du 128 à l'heure.
Désolée, Mark.
À PRENDRE LE MATIN
Prends ce médicament, mein amour.
Tu te sentiras mieux.
Je sais combien tu souffres.
Combien ça fait mal.
Combien de douleur tu as endurée.
Je serai toujours là pour toi.
Je suis la seule en qui tu peux avoir confiance.
La seule qui te comprenne.
La seule à ressentir ta douleur.
La seule à t'aimer.
Prends ce médicament, mein amour.
Prends ce médicament.
Lâchez-moi immédiatement !
Dis-nous juste où on peut trouver ton capitaine Hogie,
et on se mettra en route. Promis.
Retirez vos paluches, sale vermine !
Vous l'avez entendue, vermine.
Retirez vos sales paluches.
Allez. Les mains en l'air.
Tendues vers le ciel.
Faites-moi un salut Sieg Heil, espèces de singes débiles du Rhin.
Pareil pour toi, binoclard.
Où est mon chemisier ?
Qu'est-il arrivé à mon chemisier ?
Les Nazis l'ont déchiré.
Encore ?
Je sais !
Ça ne s'arrête jamais avec ces gars-là.
Hé, je t'ai apporté ta poupée.
Tu es parti en vitesse, hier.
C'est quoi, son nom, déjà ?
Nicol. Merci.
Et j'ai trouvé ça à la friperie.
- Des semelles compensées ! - Oui. Totalement vintage.
De 1960. Pointure 11.
La vendeuse a dit que c'étaient des espadrilles.
Super.
Des espadrilles compensées. Merci.
Je t'en prie.
Je suis désolée pour la télé, hier.
Tu avais l'air terrifié.
Tu prends tes médicaments ?
Bien.
Tu vas aller au tribunal ?
J'en doute.
J'irai avec toi, si tu veux.
C'est important.
Tu dois y aller.
Pour que ces cons récoltent ce qu'ils méritent.
Tu ne peux pas les laisser s'en tirer facilement.
Ils ont ruiné ta vie, nom d'un chien !
Je ne peux pas.
Je ne peux pas être dans la même pièce.
Je comprends, mais fuir,
ça ne t'aidera pas.
Tu es sûr de ne pas vouloir la poupée SS ?
Elle est mieux faite que les figurines de luxe, même les Glamonistas.
Quelqu'un a dit : "Glamonistas" ?
Le portail était ouvert. J'espère que ça va.
J'adore les Glamonistas.
J'espère que je ne vous dérange pas.
Je viens d'emménager en face.
Je voulais juste dire bonjour. Je m'appelle Nicol.
- Bonjour. - Salut.
Je suis Roberta. C'est Mark.
Bonjour, Mark.
Enchantée.
J'ai toujours aimé le prénom Nicol.
Ah, oui ? Merci.
Le mien s'épelle bizarrement. Sans E à la fin.
Vous avez acheté la maison de Colleen ?
Oui. Je l'adore.
Colleen et son mari sont un couple adorable, hein ?
Oui. Ils ont l'air très amoureux.
Ils ont toujours été très gentils avec moi.
Je suis...
triste qu'ils soient partis.
Qu'est-ce que c'est, tout ça ?
C'est une maquette de train ?
C'est le village de Marwen, connu dans le monde entier.
Une installation artistique de Mark.
Marwen.
Ce n'est pas près de Poughkeepsie ?
C'est en Belgique durant la Deuxième guerre mondiale.
Je n'ai jamais rien vu de pareil.
Et vous êtes un artiste ?
Je prends juste des photos.
Il est trop modeste.
C'est un grand photographe.
Et il a une exposition en ville à partir du 27.
C'est génial !
Je vous donnerai un prospectus.
Je travaille à la Maison des loisirs d'Al, en passant.
Alors, je suis prête à vous satisfaire s'il vous faut des Glamonistas.
- Fantastique. - Oui.
Bon, je suis désolée de vous avoir dérangés.
Je suis enchantée d'avoir fait votre connaissance.
Maintenant, on sait qui est Nicol.
C'est mieux.
On doit régler le problème de ces chaussures.
Il faut que tu saches une chose, Nicol.
Même si les stilettos n'ont été inventés qu'en 1954,
ils te vont à ravir.
Ce sont des espadrilles ?
Désolée.
- Désolée. - Des semelles compensées.
On m'a dit ce qui vous est arrivé.
Je suis vraiment désolée,
vous ne méritiez pas du tout ça.
Je suis vraiment désolée.
Elles sont de chez Zappos ?
Non, elles sont vintage.
De 1960, je crois.
Ah, oui.
Je crois que ma mère en avait une paire.
Il se passe quelque chose dans l'église ?
Oh, oui.
Vous permettez que je regarde ?
J'adore, tout est tellement mignon.
Les petites fleurs, la boîte à lettres
et ces jolis petits rideaux. C'est tous les détails...
Oh, mon Dieu !
Que font-ils ?
Qui sont-ils ?
Ce sont des Nazis.
Ils torturent Hogie.
Pourquoi ?
Ils le détestent.
Parce qu'il est américain ?
Parce qu'il est différent.
Que va-t-il lui arriver ?
C'est une histoire compliquée.
Racontez-la-moi.
Je trouve ça fascinant.
- Vous voulez vraiment la connaître ? - Oui.
D'accord.
Les Femmes de Marwen sont les femmes qui gardent le village.
Et elles se sont rassemblées au bar.
Elles n'ont pas vu Hogie depuis un moment.
Quelqu'un a vu Hogie ?
Non. Pas depuis le petit déjeuner.
Je l'ai entendu dire qu'il allait vérifier l'église.
Excusez-moi.
Bonjour.
Je viens d'arriver. J'ai emménagé en face.
Je cherche votre commandant.
C'est le capitaine Hogie.
Personne ne sait où il est.
Et qui êtes-vous ?
Ils ont Hogie ! Cinq SS le détiennent dans l'église !
Ils le battent et le torturent !
- Allons-y. - Attendez !
On ne peut pas.
Les Boches ont cerné l'église comme un gros cul assis sur une bombe.
On ne pourra jamais y entrer.
Ils tueront le capitaine Hogie dès qu'ils nous verront.
Alors, que peut-on faire ?
On ne peut pas le laisser se faire battre et torturer.
J'ai une idée.
Regardez-moi ça !
Camarades...
faisons la fête.
On a du schnapps, chéri.
Ja, allons trinken.
C'est ça. Octobre-fiesta !
Cul sec, les filles.
Grillons-les.
Je suis sauvé.
Tu es sauvé.
Je suis sauvé.
Tu es sauvé.
Tu as les plus beaux yeux du monde.
Et les talons les plus incroyables que j'aie jamais vus.
Ça s'appelle des stilettos.
Mais ils ne seront pas inventés avant 1954.
C'est bizarre, hein ?
Il se passe beaucoup de choses bizarres, ici, à Marwen.
Des choses qui n'ont aucun sens.
Comme la manière dont tu es arrivée ici.
Je viens d'emménager en face.
Comment t'appelles-tu ?
"Nicol, sans E à la fin",
dit-elle.
À suivre.
C'est adorable.
C'est une sacrée histoire.
Assez violente.
Mais au moins, les Nazis sont morts.
- C'est bien. - Pour un petit moment.
Ils semblent avoir plus d'une vie.
Et cette Nicol me plaît bien.
Elle est très maligne.
Moi aussi, elle me plaît.
J'aime bien porter des talons, quelquefois.
Je ne sais pas pourquoi, mais ils me lient à l'essence des dames.
Ça vous ennuie ?
Pas le moins du monde.
Tant mieux. Parce que j'adore les dames.
J'adore vraiment les dames.
Fais de beaux rêves, Nicol.
Bienvenue.
Bonne nuit, les filles.
Je crois qu'ils sont amoureux.
Que dit Deja de tout ça ?
Elle n'est pas contente.
Hier soir, je l'ai surprise en train de...
Quoi ?
Rien.
Je sais que tu as dit que j'étais folle,
mais je ne fais pas confiance à cette sorcière belge.
- Tu dois la surveiller. - Je sais.
Elle ressuscite constamment les Nazis,
et ça me déconcerte.
Elle s'appelle comment, déjà, cette rouquine ?
Nicol. Sans E.
D'accord. Et elle a été nommée ainsi d'après qui ?
Personne en particulier.
Tu ne veux pas me le dire ?
Hé, Mark.
Tu as un coup de fil. C'est ton avocat, Johnson.
Il est désolé d'interrompre ton travail,
mais il dit qu'il doit te parler.
Dis-lui...
Dis-lui que c'est le jour des boulettes de viande.
Il sait que c'est le jour des boulettes de viande.
Bon, alors... dis-lui...
Dis-lui que je le rappellerai.
Compris.
PHOTOS À RAMASSER OU À VOTRE PORTE !
Bonjour, Mark !
Bonjour.
- Bonjour. - Vous rentrez juste du travail ?
Oui.
Je peux vous demander une faveur ?
J'ai un clapier à l'intérieur, j'ai besoin d'aide pour le déplacer.
Pourriez-vous me donner un coup de main ?
- Bien sûr. - D'accord.
D'accord.
Merci.
C'est très lourd.
Vous passez une bonne journée ?
- Oui, très bonne. - Oui ?
- J'aime ce chapeau. - Merci.
C'est quoi, ce bordel ?
Mon frère aime les stilettos.
De 16 cm ou plus.
Sa famille et lui vivent à New Haven.
Il... Il collectionne aussi la lingerie.
Je collectionne juste les chaussures.
Vous avez une collection de chaussures ?
J'en ai 287 paires.
Vous n'êtes fétichiste que de la chaussure ?
Ce n'est pas un fétiche, je recherche l'essence.
L'essence d'une femme.
Je collectionne l'essence des femmes.
Quand je les porte, je ne sais pas pourquoi...
elles me lient à l'essence des dames...
des femmes.
Je comprends ça.
Ça vous ennuie ?
Non. Pas le moins du monde.
C'est pour ça que vous vous êtes fait tabasser ?
Je portais des chaussures de tennis, ce soir-là.
Mais je suppose que j'ai dit quelque chose sur l'essence.
C'est affreux.
Je suis vraiment désolée.
J'avais bu. Je buvais beaucoup à l'époque.
Si je n'avais pas été soûl, je me la serais peut-être fermée.
Ne dites pas ça.
Il n'y a aucune excuse pour ce qu'ils vous ont fait.
C'est un crime de haine. Pur et simple.
Quoi que vous avez dit. D'accord ?
Je crois que j'étais un très bon illustrateur.
Même si je peux à peine écrire mon nom, maintenant.
J'ai des BD sur la 2e guerre mondiale où je signe comme illustrateur.
Vraiment génial.
Vous ne vous souvenez pas de ce qu'était votre travail ?
Non. Ils ont bouté chaque souvenir hors de ma tête.
Ils ont bouté tous les souvenirs hors de votre tête ?
Je me souviens encore de choses comme les multiplications.
Mais je...
Je n'ai pas de souvenirs de ma vie personnelle.
Tout ce qui précède l'agression a disparu.
La seule chose dont je me souviens dans l'agression, c'est...
le mot "pédé".
Ils m'ont traité de pédé.
Et...
La boîte à musique jouait Tammy Wynette.
"Stand By Your Man."
C'est tout ce dont je me souviens.
C'est affreux.
Vous avez de la chance qu'ils ne vous aient pas tué.
Je suis resté couché sur la route plus d'une heure
avant que Wendy me trouve.
Elle servait au bar, ce soir-là.
Une seconde, d'accord ?
Oui.
Allô ?
Oui. Oui, c'est Nicol.
Oui, je peux y être. À quelle heure ?
Ils ont retiré le respirateur ?
Combien de CC ?
OK. Quelqu'un a contacté la famille ?
D'accord, bien.
OK, j'y serai.
EN SOUVENIR AFFECTUEUX DE NOTRE FILS CHÉRI
D'accord, parfait.
Merci.
Le travail.
Qu'est-ce qu'on peut y faire ?
Vous aimez les théières ?
Oui, j'adore le thé.
J'aime tout ce qui se rapporte au thé.
J'aime le faire. Le rituel qui consiste à le servir.
Je songe même à construire un salon de thé.
Maintenant que j'ai un jardin.
Juste un petit, derrière la maison.
La dernière fois que j'ai bu du thé, j'étais à l'hôpital.
Pas étonnant. Ça a de remarquables vertus thérapeutiques.
Vous êtes infirmière ?
Je suis tech en santé animale.
Technicienne vétérinaire.
Et je fais du bénévolat à Sous un ouaf.
Sous un ouaf.
Vous saisissez ? Ouaf ?
Un refuge animalier.
- Oui. - D'accord.
Enfin, merci.
J'apprécie infiniment.
Merci.
- Tenez. Ça vient des déménageurs. - Oh, non.
Merci. Je ne bois plus. Je n'ai plus bu un verre depuis...
Ils m'ont rendu sobre en me tabassant.
OK. Tenez.
Et ça ? Des muffins des agents immobiliers.
Merci.
OK. On prendra une tasse de thé, un jour ?
- Merci. - Oui.
Oui, on fera ça.
Prenons le thé, un de ces jours. Un thé avec des muffins.
Quelle chaleureuse idée.
- Kurt, que fais-tu là ? - Qui c'est ?
C'est Mark. Il habite en face.
Dieu du ciel, Kurt.
Arrête.
- Alors, dis-moi, Mark. - Kurt, je t'en prie.
- Ça rime à quoi, les jouets nazis ? - Je t'en prie. Arrête !
Tu es un espèce de pédophile suprémaciste blanc, Mark ?
Arrête ! Quel con !
Moi, je suis un con ?
BAISSER LE CHAUFFAGE ÉTEINDRE LES LUMIÈRES
Bonjour, M. Johnson.
Bonjour, Mark.
Vous êtes difficile à joindre par téléphone.
Oui, j'ai été très occupé.
J'imagine.
Je suis très heureux de vous avoir enfin trouvé.
J'ai tenté ma chance en conduisant jusqu'ici pour vous demander
une fois de plus d'assister au jugement, demain.
C'est important que vous soyez là pour la condamnation.
Je veux les voir vraiment punis.
Je...
Je dois aller travailler. C'est le jour des boulettes de viande.
Non.
Non. Le jour des boulettes de viande, c'était aujourd'hui.
J'ai fait nettoyer à sec votre costume et votre chemise.
J'ai parlé avec votre amie, Roberta.
Du magasin des loisirs.
Elle est d'accord pour venir vous chercher le matin
et rester avec vous pendant toute la procédure.
Oui, je ne sais pas, M. Johnson.
Mark...
J'ai préparé une déclaration de la victime que vous lirez demain.
Vous n'aurez qu'à la lire.
Et elle sera incorporée officiellement dans les dossiers de la cour.
Je parlerai ensuite de l'étendue de vos blessures.
De la manière dont on vous a sauvagement battu,
et presque tué en vous rouant de coups.
Vous vous souvenez de la façon dont on vous a battu, hein ?
Ensuite, je montrerai au tribunal vos journaux d'art.
Les illustrations élaborées que vous dessiniez.
Non. Ça mentionne les talons hauts.
Je ne veux pas parler des talons hauts.
Mark, j'ai mentionné les talons hauts pour renforcer le fait
que l'agression était un crime de haine.
Pas juste une agression de la rue.
Je veux que vos agresseurs soient coffrés pour très longtemps.
Je veux que la juge voie votre visage.
Qu'elle comprenne...
que vous êtes un être humain en souffrance.
Les affaires de ce genre peuvent se dénouer d'une manière ou d'une autre.
D'accord, j'irai.
- Bonjour, Mark. - Bonjour.
Bonjour, Roberta.
Les poupées devraient peut-être rester dans la voiture.
Je ne vais nulle part sans mes renforts.
Peut-il les apporter comme objets de réconfort ?
Alors, apportez-en une.
Veuillez vous lever.
La séance de la Cour supérieure de l'État de New York,
comté d'Ulster, est ouverte.
L'honorable juge Martha J. Harter préside la séance.
Bonjour.
Asseyez-vous, je vous prie. Merci.
Ayant été jugés coupables par le jury
des accusations d'agression collective au premier et second degré,
et de mise en danger d'autrui au premier degré
contre la victime, Mark Hogancamp,
les accusés sont convoqués aujourd'hui à la cour du comté d'Ulster
pour entendre la peine recommandée.
Quelqu'un a-t-il une raison légale pour que
je ne continue pas le jugement ?
- Non, Mme la juge. - Non, Mme la juge.
Avant de continuer, le ministère public veut-il faire une déclaration ?
Oui, nous le souhaiterions, Mme la juge.
La victime est là ? Il aimerait s'adresser à la cour ?
Oui, Madame la juge.
M. Hogancamp, adressez-vous à la cour quand vous serez prêt.
Silence ! Silence !
Baissez-vous !
Debout, Hogancamp ! Allez !
Maître.
M. Hogancamp n'a pas de mal ?
Mme la juge, si la cour n'y voit pas d'inconvénient...
le ministère public demande une pause de 20 mn.
J'ai une meilleure idée, Maître.
M. Hogancamp semblant perturbé, aujourd'hui,
je vais ajourner la procédure d'application de peines.
La cour se réunira le 27 de ce mois à 10 h du matin, dans cette salle.
La séance est levée.
Bonjour, Mark, c'est Roberta.
Quelle journée, hein ?
On est passés aux nouvelles. Tu n'as sûrement pas regardé.
SUZETTE ST. SWEET DANS
Je ne peux pas croire que la juge ait mis la nouvelle audience...
RENCONTRES À L'HÔTEL PERVERS
...le même jour que ton exposition.
Quel gâchis, hein ?
Mais dis-moi si tu as besoin de quoi que ce soit.
À plus tard. Au revoir.
J'étais juste en train d'astiquer.
Amène tes nichons français par ici, chérie.
J'ai quelque chose à te faire mettre...
Je craque !
D'accord.
Oh, mon Dieu.
La lune est si belle.
C'est vrai.
Aussi belle que toi.
Hé, Hogie.
Je n'ai jamais été aussi heureuse.
Arrête.
Je te l'ai dit.
Je suis maudit.
Non.
Quand quelqu'un qui m'est cher s'approche de trop près...
On a de la visite.
Mark ? C'est Nicol.
Dure journée, hier, hein ?
Je vous ai vu à la télé.
J'espère que je ne vous dérange pas.
Je voulais m'excuser pour le comportement de Kurt.
C'est votre mari ?
- Non. - C'est votre petit ami ?
- Pendant 10 secondes. - Il m'a fait une peur bleue.
Oui, je sais. Il a vraiment des problèmes.
C'est certain.
Je crois que c'est un truc de flic.
Il est flic ?
Oui. Enfin, il était flic.
Ça va si j'entre une seconde ?
Oh, oui. Entrez.
Oui, commandant d'escouade antibombe.
Bureau de police d'Endicott.
Jusqu'à son deuxième arrêt pour conduite en état d'ivresse.
- Je... - Je peux prendre votre manteau ?
Oui. Merci.
Enfin, je nettoyais mon placard...
- Merci. - Merci.
... et je me suis dit que vous aimeriez peut-être... ça.
Certaines ont fait des kilomètres,
d'autres n'ont été portées qu'une fois.
Mes talons aiguilles chéris.
Ce sont des Christian Louboutin ?
Non. Ce sont des imitations.
Elles ne me vont pas.
Alors, si vous ne les voulez pas, jetez-les.
Oh, non. Vous plaisantez ?
Je les ajouterai à la collection.
Alors, 200 paires de chaussures, ça ressemble à ça.
287.
J'ignore d'où elles viennent.
Je suis rentré de l'hôpital, j'ai vu tout ça,
et j'ai demandé à mon ami Larry : "J'ai une petite amie ?"
Il m'a dit : "Non. Elles sont à toi !"
- Désolé. - Je m'en occupe.
- C'est bon. Ça y est. - Désolé.
Ce sont vos dessins ?
C'est mon journal d'art.
- Je peux regarder ? - Oui.
Pourquoi la 2e guerre mondiale ?
Je ne sais pas.
Au moins, on était les gentils dans cette guerre.
- Ils sont magnifiques. - Merci.
Alors, vous êtes passé aux photos ?
Obligé. Je ne peux plus dessiner,
mes poupées doivent raconter l'histoire.
J'ai recherché Marwen sur Google.
Il n'y a pas de ville nommée Marwen en Belgique.
Oui, je l'ai inventée.
"Mar" pour Mark, et "wen" pour Wendy.
La même Wendy qui vous a trouvé sur la route ?
Wendy a sauvé Hogie le jour où il a crashé son P-40.
C'était l'amour de sa vie,
Et les poupées de Marwen sont des personnes que vous connaissez ?
Oui, en général.
J'ai rencontré Wendy et Carlala à l'Avalanche.
Carlala y travaille toujours.
Anna est mon aide-soignante. Elle vient chaque mois.
C'est une Russe un peu dingue.
J'ai rencontré Julie en réhabilitation.
Elle a perdu une jambe dans une explosion en Irak.
Et Suzette.
Suzette St. Sweet est mon actrice préférée.
Elle est dans la série Les chéries méga-bonnes de la porte dérobée.
Je ne l'ai pas vue.
C'est pas mal.
Que font-ils, ces deux-là ?
Ils flirtent ?
Nicol aimerait bien, mais Hogie ne la laisse pas faire.
Il ne laisse jamais personne l'approcher.
Pourquoi ?
Il ne veut pas se retrouver à nouveau seul.
Et qui est-elle ?
Quelle est son histoire ?
C'est Deja Thoris.
C'est la sorcière belge de Marwen.
Elle a un gant magique.
Elle peut envoyer tous ceux qu'elle n'aime pas
à 15 millions d'années-lumière dans le futur.
Génial.
Et qui est-elle dans la vraie vie ?
Personne.
Je ne sais pas vraiment d'où elle vient.
Enfin...
j'aimerais vous inviter pour le thé.
- Comme promis. - Oh, d'accord.
Oui.
Jeudi, ça irait ?
Oui, c'est parfait.
- À quatre heures ? - Super.
C'est l'heure officielle pour le thé.
Je fais un excellent mélange canneberge-grenade.
- D'accord. - Je dois vous dire une chose.
Dès que je vous ai vue, j'ai su que vous étiez une femme à stilettos.
C'est pour ça que je vous ai mis des stilettos.
Vous voulez dire, à la poupée ?
C'est pour ça que vous avez mis des stilettos à la poupée.
Oui. C'est ça.
D'accord. À jeudi.
Ferme les yeux. J'ai une surprise pour toi.
Tu sais que je peux pas les fermer. Je suis une poupée.
Voilà.
OK. C'est quoi, la grande surprise ?
Qu'est-ce que tu fais ?
Non, tu es folle ? Tu...
Écoute, il ne s'est rien passé.
Je t'ai embrassé et il ne s'est rien passé.
Que le diable m'emporte.
Non !
Ils se croient très malins.
Je vais leur donner une leçon.
Personne ne défie Deja Thoris.
Je suis la sorcière belge de Marwen et le capitaine Hogie m'appartient !
À moi, et à personne d'autre !
Tu me construiras une machine à explorer le temps !
Une machine à explorer le temps ?
Nom de Dieu !
- Carlala. - Oh, mon Dieu ! Mark !
Tu m'as fait une peur bleue.
- Larry est là ? - Oui, il est là.
Mark.
Que fais-tu là ? On ferme.
Hé, Larry, je peux t'acheter cette lampe à lave ?
- La lampe à lave ? - Oui, on peut vraiment l'utiliser.
Si tu grimpes là-haut et souffles sur la poussière,
- tu peux l'avoir. - Merci.
Mince, ta ville est devenue une sorte de Place Melrose.
Elles ne sont en sécurité pour s'embrasser qu'entre minuit
et l'heure la plus sombre avant l'aube.
Je vois.
Alors, il ne lui arrive rien, hein ?
C'est une question de moment où il leur est permis de s'embrasser ?
Oui, ça pourrait être ça.
- Ou autre chose. - Quoi ?
Le véritable amour.
Je crois qu'Hogie est amoureux.
J'aime bien celle-là dans la cour de l'église.
Il y a une belle lumière.
Tu vas les présenter à ton exposition ?
Hé, tu aurais des théières et des tasses miniatures ?
- Des théières ? - Oui, des théières et des tasses.
Au rayon des poupées.
Mon cousin doit imprimer le programme de ton exposition.
Alors il veut que je te demande une fois pour toutes...
tu vas y aller ?
Oui.
Quoi ?
J'ai dit : "Oui."
Tu es sûr ?
Car il met dans le programme que tu y seras.
J'y serai.
Tu iras au tribunal le matin ?
Car l'application des peines aura lieu après-demain.
Tu as des biscuits de la taille des poupées ?
Non. Mais on a reçu une nouvelle salade de fruits.
Wouaou ! Une Purple Heart.
Regarde ce détail.
Juste comme la vraie.
À propos de ça...
- Combien ? - 39,95 $.
40 $ pour une Purple Heart ?
Al a dit qu'elle appartenait à un vrai vétéran blessé.
Pas maintenant.
- Ne regarde pas. - Maintenant ?
Ne regarde pas.
- Un peu plus loin. - D'accord.
D'accord.
Un salon de thé.
Juste pour toi.
C'est magnifique.
J'ai toujours voulu un salon de thé. Comment l'as-tu deviné ?
Mon petit doigt me l'a dit.
Merci !
Merci !
Je peux te verser une tasse de canneberge-grenade ?
Oui, s'il te plaît.
J'ai une autre petite surprise.
Il y a quelque chose que je voulais te demander.
Je n'ai pas pu trouver de bague.
Mais dès que la guerre sera finie, je t'en achèterai une belle. Promis.
Il lui a construit un salon de thé et
lui a demandé de l'épouser à l'intérieur ?
Oui.
C'est ça.
C'est exactement ce que Nicol a dit.
Et il lui a donné une médaille ?
Il n'a pas pu trouver de bague.
Souviens-toi, la guerre bat son plein...
Oui, bien sûr.
Roberta m'a dit que vous avez décidé d'aller à votre exposition.
C'est une excellente idée.
- Oui. - Je pense...
Voilà la Purple Heart d'Hogie.
Il a été blessé à Burma. Il servait sous le général Stilwel.
Et là...
ils ont décidé de se marier la nuit, une minute après minuit.
Quand c'est le moment d'embrasser la mariée, ils peuvent le faire.
Et il a mis un genou à terre et tout ça.
Qu'a-t-il dit ?
"Je n'ai jamais rencontré une poupée
qui ait une aussi belle paire de torpilles de toute ma vie."
Quel charmeur, ce Hogie.
Et vous êtes la plus attentionnée,
la plus généreuse,
la meilleure et la plus belle femme
que j'aie eu la chance de connaître.
Ce serait un honneur pour moi.
Voulez-vous m'épouser ?
Mark...
Levez-vous.
S'il vous plaît.
Levez-vous, maintenant.
Je suis désolée, c'est un grand malentendu. Je...
Désolée si vous avez mal interprété mes intentions.
Mais je ne...
Je suis désolée...
On est amis.
On est de très bons amis.
Mais on n'est pas au même diapason, à présent.
Mais notre amitié est très importante pour moi.
Mais je ne vois pas notre amitié d'une façon romantique.
Et vous méritez quelqu'un qui la verra ainsi.
Je suis désolée si...
je vous ai blessé. Ça n'a jamais été mon intention.
Hé. J'ai quelque chose pour vous.
Mark, voulez-vous me regarder ?
Ou dire quelque chose ?
D'accord, je reviens.
Mark,
j'ai trouvé ça pour vous.
Je n'étais pas sûre de ce qu'il vous
fallait, le gars du magasin des loisirs...
Bon sang, Deja !
Tu es vraiment infernale, tu sais ?
Ouais ?
Alors, maintenant, c'est moi, hein ?
Pourquoi tu me suis, tout à coup ?
Oui, c'est prêt.
C'est exactement ce que tu voulais !
C'est un minuteur.
Cinquante-cinq secondes et un aller simple vers le futur.
Bien sûr qu'il peut voler.
Mark ?
Je sais que vous m'entendez.
Je vous ai trouvé ça.
Pour commémorer votre exposition.
Bon. J'espère que ça vous plaira.
Non !
Hogie...
Où es-tu passé ?
Que fais-tu là ? Qu'est-ce que tu veux ?
Je veux que tu te fasses pousser des couilles.
Que tu arrêtes de te comporter comme un petit pleurnichard...
C'était un Luger !
Oh, non !
Oh, non, que s'est-il passé ?
Un salopard de Nazi l'a tuée.
La médaille a empêché la balle d'atteindre le coeur.
Mais elle perd beaucoup de sang. On doit y aller.
Pourquoi ?
T'es quoi, putain ?
Pédé ?
Quoi, t'es pédé et sourd ?
Je t'ai posé une question, connard.
Tu portes des vêtements de femme ?
Des chaussures seulement.
Plus haut est le talon, mieux c'est.
Sale pédé !
C'est toi.
C'est toi qui es déficient, minable.
Criblé de peur.
Vois-tu...
TRIBUNAL VENDREDI ?
Il n'y a pas de justice pour toi.
Tu ne peux pas aller dans ce tribunal,
car tu es le coupable.
Ce qui est arrivé au bar était de ta faute.
C'est pour ça qu'on ne t'aime pas, mein amour.
Je suis ton seul espoir.
La seule qui puisse enlever la douleur.
La seule qui puisse te libérer
de ta honte.
C'est de ma faute.
Tout est de ma faute.
Je suis si fatigué.
Je suis si fatigué d'être seul.
Et d'avoir honte.
Voilà ses talons hauts.
Garde-les près de toi.
On te soutient, Hogie.
On te soutient toujours. On est là pour toi.
Ça fait mal, Jules.
C'est si douloureux.
Je sais.
Mais tu dois aimer la douleur, Hogie.
Comme le sage l'a dit :
"Notre douleur est notre carburant."
Elle nous rappelle notre force.
Son coeur est faible.
Seul le temps nous éclairera.
J'ai fait tout ce que j'ai pu pour elle.
Tout ce qui nous reste à faire,
c'est prier.
Je ne suis pas sûr de savoir comment faire...
Mais si vous êtes là-haut et pouvez m'entendre...
C'est quoi, cette connerie ?
C'est ça, la réponse à ma prière ?
On se rencontre enfin, Herr Kapitän.
Je vois que tu sprechen Sie anglais, Fritz.
Les mains... en l'air !
Bien. Maintenant, lève-toi.
Lentement.
Alors, comment tu m'as trouvé, Fritz ?
Tourne-toi.
Retire ton arme.
Va dans l'allée.
Tu es un petit homme,
faible et pathétique.
Et après t'avoir tué,
je tuerai toutes les sales bonnes femmes de ta stupide petite ville.
Tu ne comprends pas, hein ?
Ce sont les femmes qui sauvent le monde !
Oh, je t'en prie !
Ça ne va pas.
Maboul !
C'est quoi, cet engin ?
- Une machine à explorer le temps. - À explorer le temps ?
Elle nous emmènera vers le futur.
- Leu futur ? - Oui, mein amour.
À quinze millions d'années-lumière dans le futur.
Pour qu'on soit libres.
Tu vois ?
Ils sont de retour.
Ils ne meurent jamais.
Oh, nein.
Oh, nein, nein, nein.
Le capitaine Hogie est dans cette machine volante !
Tuez-le !
C'est exact !
Ils ne meurent jamais, mein amour.
Ils ne cesseront jamais de te torturer.
Attends !
Les stilettos, ils sont à Nicol. J'ai besoin des deux.
Pas question, Deja.
Je ne peux pas laisser les chaussures de Nicol avec un Nazi !
Bouffe du plomb !
FUTUR
Donne-moi ton bras.
Donne-moi cette chaussure !
Tu ne peux pas baisser un peu cette caisse ?
Tu es une espionne !
C'est exact.
C'est toi. Toi qui gardes les Nazis en vie !
C'est exact.
Et qui fais durer la maladie de Mark.
C'est exact !
C'est toi, le problème !
Tu es son accoutumance !
Je ne te laisserai pas le tuer !
Au nom de Marwen,
je te vaincs !
Nicol.
On les a tous eus.
Et cette fois, les salauds ne reviendront pas.
Oui.
Nicol ?
Réveille-toi.
Réveille-toi, chérie.
Je t'en prie.
Je t'en prie.
Tu es revenu pour moi.
Bien sûr. Je ne te laisserai jamais partir.
Mon véritable amour.
Et Deja Thoris ?
Elle est partie.
Partie pour de bon.
Elle est hors de ma vie pour toujours.
Elle ne reviendra jamais.
Auf Wiedersehen.
PHOTOS DE FRANK
Je peux rien écrire du tout.
Hé, Mark. Joyeux vendredi matin.
M. Johnson m'a demandé de vous appeler
pour vous rappeler que c'est le jour d'audience.
Rappelez-vous de mettre votre manteau sport et une chemise à col.
M. Hogancamp,
veuillez vous adresser à la cour quand vous serez prêt.
"J'étais un sacré bon artiste. Un illustrateur.
J'adorais dessiner...
et maintenant, je peux à peine écrire mon nom.
Ma vie d'autrefois m'a été ôtée pour toujours.
Je ne portais pas de talons hauts quand j'ai été agressé, Mme la juge.
Mais j'ai mentionné qu'à l'occasion, je pourrais les essayer.
Et pour avoir fait ce commentaire,
ils m'ont violemment battu.
Ils m'ont agressé par derrière
et ont bouté chacun de mes souvenirs hors de ma tête."
J'admets que j'avais bu et que j'étais soûl,
et la façon dont j'ai réagi n'était pas judicieuse.
Mais maintenant, je sais...
Je sais ce que j'aurais dû faire.
J'aurais dû me la fermer et m'éloigner, mais je ne l'ai pas fait,
et j'ai été tabassé.
Tabassé au point de risquer d'en mourir.
Tabassé sans raison.
J'ai besoin que vous le sachiez, Mme la juge, car...
quelle que soit la peine que vous déciderez d'appliquer...
ces...
soi-disant personnes...
je veux qu'elles sachent qu'elles ne peuvent plus me faire de mal.
Elles ne peuvent plus me blesser.
Car elles sont parties.
Elles sont parties pour de bon.
Mais je suis encore là,
et j'ai mes amis,
ma ville,
mes photos,
et je m'en sortirai.
MARWEN - LA PHOTOGRAPHIE DE MARK HOGANCAMP
LA VENGEANCE D'HOGIE
Comment se sentent-ils ?
Vraiment bien.
Je sais que je n'arrête pas de le répéter, mais, mince, Mark,
tu as réussi.
Et tu respires encore.
Ils avaient des stilettos durant la 2e guerre mondiale ?
Non.
Il y a un tas de choses étranges à Marwencol.
Désolée. Marwen-quoi ?
Col. Marwencol.
Je suis sûre qu'il y a une histoire.
Tu veux l'entendre ?
D'accord. Eh bien...
Après que Deja Thoris se fut projetée à 15 millions d'années-lumière,
et que les Nazis furent éliminés,
la paix et le bonheur régnèrent.
Et en souvenir de cet événement,
Hogie décida de renommer la ville.
BIENVENUE À MARWENCOL
Maintenant, j'ai compris.
Ce "col" vient de Nicol.
Nicol sans E.
BIENVENUE À MARWENCOL
MERCI
Je suppose que...
dans la vie,
dans la vraie vie,
certains d'entre nous sont destinés à être seuls.
Peut-être à ne jamais trouver l'amour.
Ou connaître l'essence de l'autre.
Mais d'autres...
d'autres ont plus de chance.
Comme Hogie et sa Nicol.
Ils ont trouvé le véritable amour.
À Marwencol.
Marwencol.
Ça sonne bien.
Roberta...
Tu veux aller manger des sushis ?
On n'y a jamais goûté.
On ne les aimera peut-être pas.
Peut-être que si.
Tu as raison.
Essayons.
Mark Hogancamp mène une vie calme dans l'État de New York
où il continue de créer de l'art et des photos.
Ses oeuvres sont régulièrement exposées dans des galeries.
Mark n'a plus touché à l'alcool depuis le soir de l'agression.
... la population de Marwencol s'est agrandie à plus de 200.
BIENVENUE À MARWEN
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