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Bof. Après tout.
La vie c'estdu vent.
Tiens, Hector.
Julot, salut.
Qu'est-ce que tu fais là ?
Je profite de l'été.
À côté de la date du jour et je fais semblant que c'est ma bagnole.
Je vois pas ce que ça t'apporte.
Tu ferais mieux de faire comme moi : va aux cours du soir
plutôt qu'être gardien de musée.
Salut les mecs. Elle est à vous, cette voiture ?
Ben ouais.
Vous voulez pas venir boire un coup avec moi ? Je suis avec une copine à la terrasse du Bar des jeunes.
Bon, d'accord.
Il n'a qu'à venir aussi votre copain.
C'est pas mon copain. Je ne le connais pas, ce type.
Salut.
Bah, après tout...
ça me fera peut-être oublier la fille du 14 juillet.
"La Commune" !
Achetez "La Commune" !
Demandez "La Commune" !
Demandez "La Commune" !
Achetez !
Laissez-vous tenter par la Révolution.
Ben dis donc ! C'est pas comme ça que tu vas partir en vacances.
J'y suis pour rien si les gens sont radins.
Attends ! Ils sont peut-être tous victimes de la crise, comme toi.
C'est pas possible. On serait trop nombreux.
"La Commune" !
Achetez !
Achetez "La Commune" !
Ah ben voilà ! T'es là.
Alors ? Comment ça se passe ?
C'est quoi, ça ?
C'est un pavé. En mousse.
Normalement j'en vends plein mais là c'est pas dans l'air du temps.
Mademoiselle !
Eh, Funeste !
Espèce de communistes de merde...
Regarde, Funeste ! Une mini-guillotine.
Ça c'est génial. C'est vachement bien.
On peut avoir une démonstration ?
Alors, c'est comme à l'époque. Soulevez, placez le doigt...
et comme à l'époque...
paf !
- C'est génial. - J'achète.
C'est 40... 50...
C'est 60.
Quand je pense à tous ceux qui se sont fait guillotinés...
ça n'a pas eu que du bon cette Révolution.
Pas terrible cette année au défilé.
Enfin bon ça fait toujours 50€.
Moi je me rentre. Tu m'accompagnes ?
Non, je pars bosser. Le musée est ouvert aujourd'hui.
Au fait, ça avance ta recherche d'appart à louer ?
Tiens justement regarde ! 300 m² !
On peut dire que t'as de la chance.
Ce récidiviste a été interpellé grâce aux armes de la police.
Nouvelles armes qui, tournez-vous Messieurs,
tirent des balles qui perforent la colonne vertébrale,
remontent jusqu'au cerveau pour exploser.
C'est le seul moyen de lutter efficacement contre la petite délinquance de quartier.
Alors si vous ne possédez pas ces armes,
il vous reste bien évidemment le self-défense.
Il était pas mal le défilé cette année.
Tu m'enlèveras pas de la tête que ça n'a pas eu que du bon cette Révolution.
Ça, tu me l'as déjà dit.
Attends j'ai une idée. On va bien rigoler.
Mets ton doigt.
C'est cool de m'accompagner au musée. Ça va être désert aujourd'hui.
Ils sont tous au défilé.
Oh mais j'ai un nouveau collègue. Il travaille dans la salle à côté de la mienne.
C'est mon nouveau collègue.
Il s'appelle Hector.
Vas-y. Approche-toi de lui.
Sois pas timide.
Merde, il m'a vue.
Je vais te montrer un truc dans la réserve.
Regarde. C'est sa chambre.
Il fait chaud ici.
- Tu veux un cocktail ? - Oui.
T'as un couteau ?
Non.
Comment on va faire ?
Tiens, regarde. Une hache, là !
Ah oui.
Ça me donne envie de partir en vacances.
C'est super ici.
T'as qu'à faire comme lui : habiter là où tu travailles.
Sauf que j'ai pas de travail, je te signale.
Parce que moi je peux pas te loger 107 ans. T'imagines si je me trouve un amoureux ?
Et moi alors, je peux m'en trouver un aussi.
Sinon t'es toujours OK pour les vacances ?
C'est-à-dire... est-ce que tu pourrais me prêter un peu d'argent jusqu'à la rentrée ?
Ça devient urgent que ce satané diplôme me serve à trouver un boulot.
Ah bon ? T'as eu ton diplôme ?
Bah oui, je t'ai pas dit ? Hier je suis allée à la fac.
Zut ! On dirait qu'ils sont affichés depuis une semaine.
Mais j'avais bossé pourtant.
Ouais, t'avais pas un peu triché, aussi ?
Mais ça n'a jamais empêché personne de réussir.
Sauf que ça a dû se savoir.
De toutes façons c'est toujours les cancres qui sont récompensés dans cette fac.
Tiens mais c'est Julot !
Alors c'est fini les cours du soir, tu l'as eu cette fois ! Bravo !
Ben non.Qu'est-ce que tu racontes ?
Ben si. T'es sur la liste.
Justement, c'est la liste de ceux qui l'ont pas eu.
Ah mais je comprends ! Mais c'est pour ça que j'y suis pas.
Trop drôle ! Du coup, je l'ai eu.
Pardon, mais c'est pas grave. Il ne faut pas te démoraliser.
Sauf que ça fait quatre fois de suite que je le loupe.
De toutes façons c'est toujours les cancres qui sont récompensés dans cette fac.
Mais faut pas dire ça.
Toi, tu vas pouvoir profiter de tes vacances, au moins.
- Tu pars toi et ta copine ? - Non.
Enfin si. Enfin non.
Elle part, mais avec le type qui est là-bas.
Près de la machine à cava.
C'est celui qui est tout en haut de la liste de ceux qui ont eu leur exam.
D'accord, je comprends.
Tu vas pouvoir en profiter pour réviser, alors.
- C'est quoi ? - Pas touche ! Aïe !
Pardon.
Au moins tu as de la chance d'avoir un appart.
Ouais sauf que non. Je me suis fait viré à cause de la musique qu'on a faite à la fête de la musique.
C'est là que ma copine a rencontré l'autre type.
Bon ben salut.
Bonne chance pour avoir de la chance !
La Bourse s'est encore effondrée aujourd'hui.
Que faire pour améliorer les bénéfices et la compétitivité ?
Bien je dirais qu'il faut virer tout le monde et...
Bonjour !
J'ai fini mes études et je rentre dans la vie active.
Donc je viens voir ce que vous avez à me proposer comme travail.
Et voilà aussi mon diplôme.
Voilà.
Jamais vu ce diplôme de ma vie.
Vous avez une attestation de domicile ?
Non parce que j'habite chez une copine. J'ai mon adresse e-mail, si vous voulez.
Il faut un domicile.
On me donne pas de boulot sans appart et pas d'appart sans boulot.
Il va peut-être falloir vous entendre entre vous.
C'est comme ça. Je ne fais pas le règlement.
Je connais bien l'ordinateur. Ça ne marchera pas sans domicile.
Actuellement, on ne peut plus donner du boulot à ceux qui n'offrent pas des garanties.
Des garanties de quoi ?
Les garanties de vouloir gagner de l'argent.
Si vous avez un logement, on est sûr que vous irez bosser pour payer votre loyer.
Très bien.
Puisque c'est comme ça, je pars en vacances. Vous êtes pas prête de me revoir, Mme !
C'est ça, partez en vacances, Mlle !
Avec des gens comme ça, ils sont pas prêts de résoudre leur crise.
J'ai une idée. Je vais te présenter Hector en faisant croire que c'est par hasard.
Ça marche toujours !
Tu vois pas que cette fille est perdue ?
Allez !
Pator !
Tu vas pas me croire.
Qu'est-ce que ça fout là ?
- Qu'est-ce qu'elle a ? - Elle ne sait pas ce qu'elle veut.
A force d'avoir envoyé valser les garçons, elle est toute seule.
Pendant 30 ans elle a mis des claques à tout le monde, maintenant c'est la vie qui lui en donne.
Elle s'en est pris une bonne. C'est la vie qui donne des claques.
C'est trop tard. Vous m'entendez ? C'est comme un sablier.
Alors raconte.
La police est venue foutre la merde au cabinet.
Heureusement, le Dr Placenta était absent.
Pour être plus juste, il était sur le point de s'absenter...
Avec le temps, tout s'en va.
C'est pas vrai. Au contraire.
Les choses restent et s'additionnent.
Alors, Dr, mon diagnostic ?
Bon. Vous allez perdre la vue l'ouïe, l'odorat...
la parole, le sens du toucher,
vos facultés intellectuelles,
pour finalement sombrer...
dans une douce léthargie.
Comment je vais gérer mon argent ?
Il me dit, "C'est l'hôpital qui se fout de la charité."
Moi j'ai dis, "Mais justement, M.
C'est bien la différence entre le système de santé français et anglo-saxon."
Tu rayes le parquet. Mets-le plutôt là-bas.
Le mec me fait une gueule !
Je choisirais toujours les hôpitaux à la charité.
Pator, vous prenez la suite. J'ai rendez-vous avec ma femme.
- Monique ? - Marie-Jo ! On est vendredi aujourd'hui.
On en reparle.
Les gens te disent :
"Il y a le trou de la sécurité sociale. Il y a pas d'argent."
Mais c'est pas un trou qu'il y a.
C'est pas un trou d'argent, c'est un trou de rêve.
Quand on a créé la sécurité sociale,
on avait des rêves.
L'espoir que tout le monde soit bien portant.
- Enlevez votre chemise. - Je viens de la remettre.
La fumée vous gêne ?
Vous êtes sûr d'être médecin ?
Vous êtes sûr d'être médecin ?
Ça se voit pas ?
Vous êtes jeune.
Vous êtes jeune.
Rassurez-vous, de moins en moins.
Vous n'êtes pas sans ignorer la vitesse fulgurante du temps qui passe.
Est-ce que je vais mourir, Dr. ?
Ben ça mon vieux...
c'est garanti par la maison. Mais quand ?
Ecoutez. Je siège dans cinq conseils d'administration différents.
Je suis consultant au Ministère de l'industrie,
professeur honoraire à la Sorbonne, et j'en passe.
Je suis même conseiller culturel à l'UNESCO.
Si je disparais, qui va me remplacer.
Un autre comme vous.
Et quand l'autre aura disparu ?
Personne.
Personne.
Parce que les gens en auront, marre, mais vraiment marre,
ils feront une révolution...
pour virer les gens comme vous.
Vous vouliez un diagnostic ? Ça c'est un diagnostic.
Pator ? Euh... Dr. Pator ?
La police veut voir le Dr. Placenta.
C'est bizarre... Vous êtes sûre que c'est pas pour le Monsieur ?
Exercice illégal de la médecine, ça te dit quelque chose ?
J'avais oublié le juge qui venait pour une sorte de comparution immédiate.
Exercice illégal de la médecine, ça te dit quelque chose ?
Bon, ça a commencé à dégénérer quand je leur ai tiré dessus.
Ils ont voulu me mettre des menottes, des coups de matraque...
Les papiers, Pator.
Je peux fumer ?
Mort aux vaches !
- On t'aura ! - Vous m'aurez pas !
Figure-toi que le Dr. Placenta
exerce depuis 1968 sans diplôme !
Du coup, ils ont découvert que moi aussi j'exerce sans diplôme.
Bon ben voilà. Le cabinet est fermé.
Mon patron est en fuite et moi avec.
Et toi ?
Je suis devenu obsédé.
Par le visage d'une fille.
J'essaie de l'oublier mais...
plus je l'oublie,
plus ça me revient,
et plus ça me revient...
J'ai l'impression de la voir partout.
Là, là...
ou là.
Tu lui as parlée ?
Pas tout de suite. Pas vraiment.
Attention !
Ne rien faire, c'est prendre le risque de tout regretter.
Surtout avec les jolies filles.
Bon elle ressemble à quoi ?
Une statue...
grecque.
Période ionienne.
Interessant.
Enfin comment dire ?
C'était au musée.
Voilà c'était ici.
J'étais assis là-bas un peu plus loin.
Et la fille était derrière la statue.
Très belle Grecque. Excellent choix.
C'est comme la vérité.
Derrière chaque vérité, il y a une autre vérité.
Mais alors laquelle est la vérité ?
Laquelle est la vraie ?
La statue ou la fille ?
Hector ! Tu vois pas que cette fille est perdue ?
Allez !
Bonjour.
- Je peux vous aider ? - Oui, d'accord.
Elle a quel âge ?
Qui ça ?
La statue, là ?
- Ah ! 3 000 ans et deux mois. - 3 000 ans et deux mois.
Quand je suis arrivé, on m'a dit qu'elle avait 3 000 ans.
Et comme ça fait deux mois que je suis là, voilà.
Vous voulez que je vous la sorte ?
Pardon ?
La statue.
Ah. Il y a le droit ?
Je suis gardien.
Merci.
Bon ben salut !
Attends !
Attends !
Comment tu t'appelles ?
T'as qu'à m'appeler Truc.
Attends ! Truc n'est pas un prénom de fille !
Ben Truquette.
Et quand j'ai reposé la statuette
Charlotte et la brune avaient disparues.
Mais j'ai un plan.
La brune habite chez la blonde et elles partent en vacances ensemble.
On pourrait faire pareil.
Enfin je veux dire...
avec elles.
Ton cabinet est fermé. Et moi, je veux pas que la brune s'en aille sans moi.
Appelle-la tout de suite.
Tout de suite ? Elle voudra jamais !
Les jolies filles sont pour les autres.
Tu vas voir.
Si des types comme nous
vous proposaient de partir en vacances...
vous iriez ?
J'irais.
- Et toi ? - Je fais tout pareil que ma copine.
Ben c'est fastoche. Y a plus qu'à faire pareille avec les autres.
Whisky !
T'as un téléphone ?
C'est bon.
- Vas-y, appelle-la ! - Attends...
T'as pas peur que ça fasse comme la rousse que j'avais rencontrée ?
- Tu te souviens ? - Appelle-la.
La rousse n'avait pas voulu que je l'embrasse.
Alors j'avais embrassé sa copine.
Une histoire avait commencé.
Mais la rousse, jalouse, voyant que sa meilleure amie s'éloignait d'elle,
a tout fait pour nous séparer.
Elle a récupéré son amie et moi...
mon amertume.
Et maintenant j'y pense dès qu'on me parle d'André Breton.
Parce qu'elle s'appelait comme ce bouquin avec une fille qui termine à l'asile.
Y a des filles qu'on oublie.
Et d'autres à cause d'un bouquin, d'un reflet lumineux,
d'une odeur...
qu'on oubliera jamais.
Ben justement. C'est toujours ça de prit.
Un souvenir est comme partir en vacances.
Tu fais un voyage.
Vas-y. Appelle-la.
Allô Charlotte ? Oui c'est Hector.
Je connais quelqu'un qu'a une voiture et qui descend dans le sud.
On pourrait y aller tous les quatre ?
Pator, très sympa.
Heureuse ?
Oui. T'inquiètes pas, tout est organisé. Il s'apercevra de rien !
Ah ouais ?
Sauf que ça vous l'aviez pas prévu.
Prends ça.
On est au café, on boit des cafés...
C'est bon ?
Vers le pont qui passe au-dessus de la rue ?
Ok, à demain.
Attendez-moi !
- Qui est ce con ? - C'est mon frère !
- J'ai loupé mon train ! - T'as qu'à venir avec nous.
Bouge pas.
Allez, on y va.
On m'attend à la plage. Je suis surveillant de baignade.
En partant de Paris, Hector pensa à cette phrase :
"La tour Eiffel lance ses rayons aux Îles Sandwich."
En partant de Paris, Pator pensait à ces monuments devenus panneaux publicitaires.
Le Palais de Justice, le musée d'Orsay
et le Louvre, là où travaillait Hector.
En partant de Paris, Truquette pensait à la Seine.
Elle s'en va vers la mer, en passant par Paris
en passant comme un rêve au milieu des mystères
et misères de Paris.
Et tous partaient vers un vent de liberté.
Accélère.
C'est ça les vacances. Les femmes, l'alcool, la voiture...
Merci le Front Populaire !
"Une femme qui boit est plus vulnérable"
T'en reveux ?
Ben oui j'ai soif.
Merci.
- Et moi ? - Juste un petit peu.
En roulant à vitesse bourgeoise, on devrait pas se faire arrêter.
J'ai pris les petites routes. C'est plus sûr pour les flics.
Tiens ça me fait penser à un tableau du musée.
Donne-moi ton chapeau, s'il-te-plaît.
Qu'est-ce que tu fais, Pator ? T'as pas faim ?
Va voir s'il y a pas des flics. Je suis recherché par les flics.
C'est une mauvaise idée.
Vous êtes en panne ?
Non, je viens de la réparer. Je viens de faire la vidange du carburateur.
Qu'elle avait soif ! Vous aussi peut-être ?
Ah vous êtes parisiens ?
Ici dans le village on adore les parisiens !
On va réouvrir les cuisines. Mettez-vous là.
Je vais vous préparer à manger.
Des parisiens !
Regarde cette application que j'ai récupérée.
Et le clou du spectacle...
- Pas mal, hein ? - Génial !
Et sinon tu pars en vacances ?
Ouais avec mes copains là-bas.
Si tu veux je suis ton copain.
Je travaille dans la com.
Ouais, les vacances c'est... waouh !
Si tu veux je t'amène.
Si, avec ta copine.
- Tu veux un fruit ? - Non, on m'attend pour manger.
Si, regarde, ils sont super bons !
Désolé, je viens de rencontrer un type ! Il est trop génial et je pars avec lui.
Tu veux dire lui, là ?
Je crois qu'il est déjà parti.
Franchement je comprends pas ce que tu trouvais à ce type de la com.
Il me faisait penser à un ex.
- Tu sais, le mec du train. - Qu'est-ce qu'il est devenu, cet idiot-là ?
Pas grand-choses.
Il est devenu fou. Il a prit le train.
Il est parti dans un voyage intérieur et il est jamais revenu.
Merde, c'est triste.
Moi aussi j'ai eu une histoire. J'ai pas toujours été tout seul.
Donc c'est l'histoire d'un type,
ben moi,
qui avait une fille dans la peau.
Un jour cette fille est partie
et le gars a eu un cancer de la peau.
Et c'est la fille qui est morte.
Regardes tous les juilletistes qui rentrent de vacances.
Ils nous font signe.
- Je vais leur faire des appels de phare. - Klaxonne.
Quelque chose ne va pas.
Faut pas tomber en panne, hein !
Ben y a rien, je ne comprends pas.
Qu'est-ce qu'ils avaient tous à nous faire des signaux ?
Tout va bien. Elle est parfaite.
Je t'avais dit que c'était une idée géniale !
Peut-être qu'il marche encore.
Donnez-moi toutes vos affaires. Ça vous évitera de les casser ou de les perdre.
Viens voir !
Y a un téléphone portable à gagner. T'as de la monnaie ?
Si ça pouvait toujours être comme ça dans la vie...
Vivement qu'on soit à la mer.
Ah vous êtes là. On a failli se perdre !
Ça te dirait pas d'aller faire un tour dans le labyrinthe fantôme là-derrière ?
Moi j'ai trouvé autre chose pour toi. Une attraction incroyable !
- T'es sûr que tu l'as vue ? - Oui, aux auto-tamponneuses.
Avec ça je risque pas de l'oublier !
Ça m'énerve un petit peu d'avoir perdu au bonneteau, quand même.
- Messieurs, voulez-vous essayer ? - Justement on en parlait.
1€ seulement. C'est absolument sans danger.
1€
Et voici Monsieur.
Vous passez votre bras ici.
Tu vois ? Rien à craindre !
Marcel, viens-là !
C'est génial, ce truc !
On essaye.
En plus on va économiser 1€.
Tu vas voir, ça va te réconcilier aves la guillotine.
Ça n'a pas eu que du bon, cette guillotine !
Non, arrêtez !
Venez voir. De l'argent facile.
Ça va faire des histoires, ça.
Dame rouge, joker. Dame rouge...
Vous retrouvez la dame rouge. Attention, ne la quittez pas des yeux.
Les 2 jokers sont là, voilà.
Ah ouais, facile.
Dame rouge...
C'est parti. On la quitte pas des yeux.
On la suit.
Elle est où ?
Mademoiselle ? Messieurs ?
- L'autre côté. - Et non, perdu !
La demoiselle a gagné.
On rejoue.
On se concentre.
La perdez pas des yeux.
Pas mal le mec !
Concentrez-vous.
Ne la perdez pas des yeux.
On regarde les cartes, s'il-vous-plaît.
Attention !
Vous retrouvez la dame rouge. C'est parti.
Dame rouge, dame rouge...
Elle est où ?
- Celle-là. - Non, l'autre.
C'est perdu.
Gagné, Mademoiselle !
Par ici la bonne soupe !
- On remise. - Ça va faire des histoires.
Vous êtes là. On a failli se perdre.
Pator !
La trouille que je vous ai foutue ! Paraît que t'as eu des problèmes avec les flics ?
J'habite dans le coin maintenant. Passe bouffer, tu verras.
J'appelle ma femme, elle prépare un truc pour ce soir.
J'appelle ma belle-sœur, elle est en instance de divorce, et paf !
Tiens, je te présente le gamin.
Je veux aller à la grande roue !
Le soleil !
La belle vie !
La démocratie !
Le capitalisme !
Le Général de Gaulle ! Les vacances !
Pas trop fort, vous allez les abîmer !
Mais ça va pas non !
Vous avez l'air drôlement énervé.
C'est pas moi qui vote au parlement.
Regardez-moi ce torchon ! Qui a dit qu'il y aurait plus de vacances ?
Prends ça ! Tous, tu les descends !
Tu vois comme ils sont ? C'est pas compliqué.
Et je suis pas un terroriste. Je suis un guide très gentil !
La rentrée est avancée d'un mois ???
"à crise exceptionnelle, mesure exceptionnelle" ?
"Le gouvernement remet la France au boulot" ?
Bon, ça me donne deux jours pour me débarrasser de l'autre tocard et de son pote claudo.
Qu'est-ce que je vais pouvoir inventer ?
On est poursuivi par la mafia !
- Quelle mafia ? - La mafia du bonneteau !
On prend la voiture direction la plage. Les autres feront diversion.
- Ils sont où les autres ? - Ça y est, on s'est perdu.
- Peut-être que de là-haut on peut les retrouver. - D'accord, vas-y.
- Non, vas-y, t'as une meilleure vue. - Il a raison. Vas-y, Charlotte.
Mauviette !
Je vais juste chercher quelqu'un !
Ils sont pas là.
- Tu les vois ? - Non, je vois pas !
Je ne les vois pas !
Charlotte, est-ce que tu les vois ou pas ?
Ils sont là !
Courrez leur après !
- Quoi ? C'est pas clair. - Est-ce que tu les vois ?
Ils sont là ! Ils vont partir !
Articule !
Là, dans le parking ! Ils s'en vont !
Je les ai vus !
Ça va, j'arrive.
Ça vient...
Ah, c'est vous !
- Qu'est-ce que vous foutez là ? - On a eu un problème de voiture.
- Ah merde elle est cassé ? - Non, on nous l'a volée.
C'est mon frère qui est parti avec.
Qui c'est ceux-là ?
Ma femme ! Je vous présente Mme Placenta, ma femme.
Ça c'est Hector, Pator et Charlotte. Des amis !
Et ils viennent à cause de la rentrée ?
On venait voir si le Dr Placenta pouvait nous dépanner avec sa voiture.
- Ben y a pas de problème. - Mais la voiture on s'en sert !
C'est vrai ! Quoiqu'il y ait la vieille bagnole dans la remise.
La dernière fois qu'on a prêté une voiture à un de tes amis, on ne l'a jamais revue.
Il a qu'à la garder. M'en fous ! M'en sert plus !
Du coup, vous restez manger ? Y a de la soupe de cheval.
Mais nous attendons les Guillotins !
Ah merde.
Tu décommandes.
Ils sont pas encore en route, et puis avec tout ce qui se passe...
Faites comme chez vous. Prenez les patins.
Allez, comme chez vous.
- De toute façon, avec tout ce qui se passe... - Pourquoi, qu'est-ce qui se passe ?
- Vous êtes pas au courant ? - De quoi ?
La rentrée est avancée d'un mois.
La rentrée est avancée d'un mois ?
Oui. La rentrée est avancée d'un mois.
Il ne fait pas ça pour s'amuser. 25 pages de devoir de vacances.
Il a 3 jours pour terminer.
La preuve !
La rentrée avancée d'un mois a déclenché quelques émeutes sporadiques
menées par divers groupuscules anarcho-syndicalistes.
Par mesure de prévention, le président de la République a fait appel à l'armée
pour remettre de l'ordre dans le pays.
Je vois rien.
La rentrée avancée d'un mois a déclenché quelques émeutes sporadiques
menées par divers groupuscules anarcho-syndicalistes.
Y a pas des jeux ? Ah ben voilà
On va se faire virer de l'Europe à coup sûr.
Le président de la République...
Ils ont remis Sarkozy au pouvoir !
pour remettre de l'ordre dans le pays.
Enfin ça prouve que ça va mal.
La rentrée avancée d'un mois...
La rentrée avancée d'un mois...
- Je vous l'avais dit. - Y a plus rien, quoi.
C'est sur les assiettes du mur que vous voulez manger ?
Fallait le dire tout de suite !
Elle est prête la bouffe ?
Elle est prête ?
Allez.
- T'as eu quoi, toi ? - Louis XVI.
Moi j'ai eu son exécution, regarde.
Louis XVI et son bourreau...
200 ans plus tard, les mêmes mecs ont tout l'argent et tout le pouvoir.
Et la même société pyramidale de merde.
Du coup, tous les trains sont pris d'assaut, la bourse complètement déréglée
et la rentrée sociale est également avancée.
On va y aller.
Asseyez-vous !
J'ai pas préparé tout ça pour rien.
Y a du super bon vin...
Par ici la bonne soupe !
Servez-vous.
Faites des mélanges. Tout est bon.
Le bouchon !
Il faut vraiment qu'on y aille.
De la soupe de cheval. Elle est bonne, hein ? Allez, glouglou !
Ça sent le cheval.
Elle est pas aussi bonne que la dernière fois.
- Ce sont des grands crus. - Ils ont réussi à diviser la France en deux.
Il paraît qu'il y a déjà eu des échauffourées entre des juilletistes et des aoûtiens jaloux.
Il est bon pour un Beaujolais.
C'est tout de même bizarre votre truc du copain qui vous pique la bagnole.
Je ne comprends pas que vous pouviez vous la faire piquer par l'un d'entre vous.
Mais ça, c'est à cause des coups de feu. Après on s'est perdu de vue et je sais pas...
Merde, c'est de ma faute !
- Quels coups de feu ? - A la fête foraine.
Vous êtes allés à la fête foraine ?
Mais non, tu vois bien qu'il plaisante !
Petit ?
Dis-moi, papa t'a bien amené chez l'orthophoniste ?
Vous n'êtes pas allés à la fête foraine, au moins ?
Euh non...
Tu vois.
Merde ! Et l'apéro, j'avais oublié.
On quitte tout. On passe au salon.
La soupe tu la serviras après.
Moi ce que j'aime dans la vie...
c'est du bon whisky
en écoutant du...
jazz...
qui craque !
Liberté !
Faudrait que je change le diamant et que j'en offre un à ma femme.
Whisky !
- Glaçon ? - Non, merci.
Merci.
Je suis content de vous avoir retrouvés.
Je bois mon whisky préféré, j'écoute ma musique préférée,
Je suis avec mes amis préférés,
et je vais m'asseoir dans mon fauteuil préféré.
Il y a quelque chose qui te tracasse ?
Ben j'ai l'impression...
que vous vivez avec un patch de substitution.
Votre femme ressemble beaucoup trop à la première.
On peut pas croire à l'amour sincère.
C'est toujours ce qu'on dit dans ces cas-là...
"La deuxième est toujours la pâle copie de la première."
Pourtant détrompe-toi.
La première est souvent le brouillon de la seconde
qui sera peut-être à son tour le brouillon de la troisième, etc...
Enfin...
Docteur...
Et si c'était vous le brouillon ?
Et si c'était l'existence ?
Imagine-nous arrivant à un tournant de notre vie où on s'aperçoit
que notre existence a été un immense brouillon.
Alors on est prêt à tout remettre au propre pour recommencer une seconde vie.
Une vie éternelle.
On danse ?
Volontiers.
Merde, les Guillotins !
Ils sont venus quand même.
Ouf, ils sont partis.
Bon ben on passe à table.
C'est quand même bizarre qu'on ait pas de nouvelles des autres.
Ils doivent être dans une zone sans réseau.
N'y pensons plus. Demain, on est à la plage.
Hector te plaît ?
Mais t'as pas peur qu'il soit homosexuel,
ou bien qu'il ait une copine, ou même qu'il soit impuissant ?
Non. Quand Charlotte me l'a présenté au musée,
je l'ai tout de suite trouvé très sexy.
Il était assez maladroit,
Je trouve ça assez sexy.
Après je l'ai suivi dans la rue.
Et après plusieurs heures de filature,
je l'ai abordé, enfin pas tout de suite.
Mais au moment où j'allais l'aborder...
Tu sais comment savoir si un garçon est fait pour toi ? Tu lui demandes de choisir entre Racine ou Marivaux.
Et tu es fixée sur la façon dont il envisage l'amour.
Tu vas voir.
Hep, s'il-vous-plaît ?
Votre auteur préféré, c'est plutôt Racine ou Marivaux ?
Non, moi c'est Tchékhov.
Tchékhov...
La neige...
Ma luge !
Comment vous remercier ?
Faisons une descente ?
Ah non. C'est que la pente est trop forte, j'ose pas y aller. J'ai peur.
Ouais ?
Allons-y ensemble.
On y va à trois.
Un, deux, go...
Je t'aime...
J'ai pas réussi à tout de suite aller lui parler.
Je me suis dit : bon, c'est un garçon qui me plaît.
Alors justement il ne faut pas aller lui parler tout de suite sinon il va croire que je lui plais pas.
Mais ça me plaît pas trop...
"Soyez tactile."
"Trouvez un prétexte pour lui donner une leçon."
Je suis fatigué ! Tu veux pas prendre le volant ?
- Tu sais bien que j'ai pas le permis. - Tu vas voir. Je vais te montrer. C'est facile.
Allez, quatrième vitesse !
D'abord tu règles ton rétro. Toujours avoir un œil sur l'arrière.
Et toujours un œil sur les instruments. Un troisième œil.
Le tachymètre.
Le stigmomètre. Fais toujours bien attention.
En même temps tu enfonces les pédales
le plus profond que tu peux.
A gauche...
A droite...
A gauche.
Les essuie-glaces ?
N'oublie pas le clignotant : à gauche, à droite, en haut, en bas.
Et puis voilà. En route !
Et le train ?
Vous pouvez pas prendre le train pour les rejoindre ?
Mais non ! Tu sais bien que la gare comme la poste et l'hôpital sont fermés.
Il faudrait qu'ils prennent un car privé jusqu'à Paris ou un TGV.
Aujourd'hui prendre le train coûte un bras.
A vos risques et périls. Si vous allez en sens inverse du travail,
vous allez vous faire mal voir !
Bon allez on file.
Attends, s'il-te-plaît.
Tu pourrais pas nous dépanner d'un peu d'argent ?
Y a plus d'argent en France. Y a plus que du fric.
Combien tu veux ?
1 000 € ?
1 000 € chacun ?
Paniquez pas, c'est notre gamin.
Il est déguisé en cloporte.
Ils ont adapté le bouquin de Kafka et il y a un déguisement de cloporte vendu avec.
- Bon, maintenant, petit, faut aller te coucher. - Non, je veux pas aller me coucher !
Mais réveillez-vous !
Petit, ta mère t'a dit d'aller te coucher. Ne m'oblige pas à sévir.
Je vais pas me coucher. Mais réveillez-vous !
Vous voyez pas que tout le monde est endormi dans ce pays ?
Réveillez-vous !
Tu vas voir si tu vas pas faire dodo !
C'est un jeu entre nous quand il est l'heure d'aller se coucher.
C'est des balles au chloroforme.
Bon, les amis, je crois qu'il est temps de partir.
Déjà ?
Mais oui. C'est une allégorie de la vie.
Mais non. Vous prendrez bien un petit digestif.
C'est-à-dire plus vite on y va, plus vite on retrouvera Truquette.
Ah, c'est une fille que vous cherchez ?
Fallait le dire tout de suite ? Whisky ? Champagne ?
- Ca va ? - Dr. Placenta ?
Il est coincé. Passez-moi un marteau.
- J'ai un marteau ! - Qu'est-ce que tu fais ?
Enlève tes mains.
Plus fort !
Ça va ?
C'est une fille que vous cherchez ? Il fallait le dire tout de suite.
J'ai un truc à vous raconter.
Soirée diapo !
Paf ! Voilà l'écran. Ca devrait suffire.
Diapo ?
Moi aussi j'étais à la recherche d'une fille à une certaine période de ma vie.
Je m'en souviens très bien.
Très très bien, même.
C'était mai 1968.
Merci, Cohn-Bendit.
J'allais avoir mon diplôme.
J'ai rencontré cette fille.
Je suis allé dormir chez elle à l'improviste.
Elle s'appelait Nathalie.
Certainement la plus belle fille que j'ai rencontrée.
Elle habitait du côté de la Sorbonne.
Les flics avaient bouclé le secteur.
Plus moyen de rentrer au Quartier Latin.
J'allais dormir chez ma mère.
On avait pas le téléphone comme aujourd'hui
alors elle a cru que je l'avais plaquée
et elle est partie pour un autre type.
Tout ça à cause des flics.
Aujourd'hui quand j'y repense à chaque premier mai,
chaque année Nathalie s'éloigne d'un an.
Aujourd'hui il ne me reste plus que ce petit point minuscule
au fond de ma mémoire.
Finalement vous devriez y aller si vous tenez à cette fille.
C'est surtout moi qui y tient.
Des fois, je me demande si c'est pas foutu d'avance.
Merde ! On a oublié les 1 000 €.
Pas grave.
Merde, un barrage. Comme dans l'histoire de Placenta.
Accélère.
Accélère, je te dis.
- C'est trop tard. - Putain, mais tu pourrais m'aider.
Moi je t'ai bien aidé avec la Grecque !
Je suis hors-la-loi, un "out-of-law", tu sais ce que ça veut dire ?
Tu sais ce que c'est que la prison française ?
Tu te rends pas compte. Est-ce que t'as vu "Un Prophète" ?
Bonjour. C'est pas notre voiture.
Descendez de la bagnole, s'il-vous-plaît.
Ne tirez pas. J'ai mal à la tête. Je suis migraineux.
Vous mettez pas en colère. On va retourner bosser.
Ouais, on a plein de boulot à la maison.
On va retourner bosser.
C'est dingue comme les flics sont malhonnêtes de nos jours.
Y avait 100 000 €. C'est l'argent de la région.
- Et en plus on a plus de bagnole, maintenant. - Venez, on va les rattraper.
Tiens mets la fréquence 22.
Des braqueurs déguisés en gendarmes circulent dans la région.
Ordre à toutes les patrouilles de faire le nécessaire pour les repérer.
Il s'agit de faux individus. Je répète. Il s'agit de faux individus.
Libérez-moi ! J'ai rien à voir avec votre bande de voleurs.
Je ne suis pas pour la violence.
Je ne fais pas partie de ces gens qui prône la violence du haut de leur petit confort bourgeois.
La situation politique actuelle ne nécessite pas de violence révolutionnaire.
Merde, encore un barrage !
C'est bon, les gars. On les a arrêtés.
Remettez vos uniformes.
On vous laisse les truands, nous on reprend la voiture.
Je pense que c'est honnête.
Hého. C'est à nous. On les a coffrés.
Fallait être plus efficace, les gars !
C'est le coup de filet de ma carrière. Je peux pas le laisser aux collègues.
Ma femme attend ça depuis 10 ans. Ça va ressouder mon couple.
J'arrête les braqueurs et ma banque me fait chier tous les jours.
Des fois je me demande si je suis pas un peu con.
On a tous du boulot avec la rentrée qui arrive.
N'en parlons plus. Remettez les uniformes.
Remettez vos uniformes.
Allez-y. Vous êtes allergiques à l'uniforme ou quoi ?
Ben c'est que je préfèrerais m'habiller en toute intimité.
Camarades. Ecoutez-moi. C'est une grande victoire.
Camarades délinquents, attendez !
C'est une grande victoire !
Avec ou sans culotte, nous sommes majoritaires !
La plus grande manifestation est organisée sans syndicat !
Il y a 350 km de bouchon entre Paris et Versailles !
Jamais une organisation n'avait fait une telle manifestation !
Ce sont des complices ! Ne les laissez pas s'échapper !
Visez au cerveau !
Attendez !
Je vais faire une ruse.
On se rend ! On a plus de munition !
Qu'est-ce que t'as fais ?
Ne paniquez pas !
Ce sont les balles au chloroforme du Dr Placenta.
Ils sont juste endormis.
En route !
Monte ! T'as vu où ça nous mène, ta Grecque !
On est tous en cavale, maintenant.
Allez, je suis en retard.
- On se retrouve tout à l'heure. - A tout à l'heure.
Je vais bosser !
C'est pas grave. C'est joli aussi la vase.
Eh ben voilà !
C'est pas mal.
Où sont les gens ?
Vivement que les autres arrivent !
Allez, hop, c'est parti.
Allez, ma vieille.
Joli maillot.
Moins joli que vous.
Les chips donnent soif.
Vous savez où il y a de l'eau ?
Ben il y en a plein là. Mais il faut marcher.
T'es gentille, mais je suis champion de natation. Niveau quasi-pro.
Tiens.
Quoi ?
- Non, merci, ça va. - Vas-y !
Tu es légère et craquante comme une chips.
J'ai mon brevet de secouriste, aussi.
Je peux faire du bouche-à-bouche...
Je vois bien que vous mangez des trucs.
Je suis responsable de baignade. Vous êtes sous ma responsabilité.
Vous ne pouvez pas aller vous baigner. Vous devez attendre 3h30 sinon risque d'hydrocution.
Eh bien à dans 3h30.
Et puis quand je nage, j'ai les muscles qui doublent de volume.
Allons plutôt du côté de ma chaise.
Il y a des boissons gratuites et comme ça on sera tranquille.
Je comprends vraiment pas.
Ça fait trois fois que j'appelle. Ils ne répondent pas.
Ils se sont trouvés des auto-stoppeuses, ou quoi ?
Tu penses encore à Tocard 2000 et à son pote le claudo ?
Tu permets que je l'appelle Tocard 2000 ?
J'en ai pour une minute. J'ai un truc à faire.
"Seuls avec
des auto-stoppeuses.
Charlotte"
Oh, c'est Charlotte !
Incroyable, regarde !
Exactement ce que tu disais. Ils se sont trouvés des auto-stoppeuses.
Tocard 2000 et le claudo. Et ma sœur.
Jojo, le problème, c'est qu'il était amoureux.
Moi, ça me fait flipper.
Surtout qu'il commençait à se passer un truc sérieux entre nous.
Moi j'avais pas l'habitude.
Alors je l'ai refilé à une copine.
D'ailleurs depuis ils vivent le grand amour.
Parfois je suis un peu jalouse.
Après...
Après c'était l'époque où je pensais qu'on pouvait faire une vie en travaillant plus.
J'y pensais nuit et jour.
Et puis un soir, ce travail qui était devenu comme un amant,
m'a dit qu'il fallait mieux qu'on en reste là.
Là je suis rentré chez moi, et mon mec...
- le vrai, pas l'amant -
était parti.
Eh, les gars ? Vous m'écoutez ?
Allô ? Y a quelqu'un ?
Regardez, un lion !
Salut. J'ai déserté le Tour de France.
Vous avez pas des fringues pour me dépanner ?
On a que ça.
Paniquez pas. On est pas des flics, au contraire.
Je vais rester en lion. Merci quand même.
J'ai des copines. Elles sont du Tour aussi.
Vous venez vous baigner ?
On est pressé !
Je t'aime...
J'ai pas rêvé. Je suis sûr qu'il l'a dit.
Il a dit "je t'aime."
Ça doit être le vent dans tes cheveux.
Alors, pas trop peur ?
Si. Je crois que je serai pas capable d'en refaire une autre.
Enfin, je veux dire...
pas toute seule.
Allons-y ensemble.
Ouais.
T'es complètement folle, ma vieille. Là t'es bonne pour la crise cardiaque.
En même temps, ce n'est qu'un mauvais moment à passer pour en avoir le cœur net.
J'ai changé d'avis. Je ne veux plus y aller.
Dans ce cas je vais aider le fossoyeur à faire des trous.
Il y a eu le choléra et la peste la semaine dernière au village.
Il y a beaucoup de monde à enterrer.
À plus tard.
Attendez...
Je veux bien en refaire une.
Je t'aime...
Quand la vie ne me plaît pas...
je disparais.
Trop de déconvenues.
Et puis déserter c'est super.
Des fois, j'ai l'impression d'être pas né sur la bonne planète.
Je suis pas en phase.
Comment vivre ?
Tu vois, avec l'âge, le seul truc que je retiens de la vie, c'est...
plus ça avance...
et plus je perds pied.
Hé ho ! Cueillette interdite.
Vous arrêtez la cueillette.
Pêche interdite.
Baignade interdite. Vous arrêtez de vous baigner.
Bikinis interdits. Vous m'enlevez ça.
Feux interdits. Vous m'éteignez ça.
Vous déplacez votre voiture. Elle gêne.
Au cas où les secours doivent intervenir.
Allez ! C'est fini les vacances.
Retournez au boulot.
Feignants !
Fascistes !
Je vais vous montrer !
On est en panne.
Bagnole de merde.
Il aurait pu nous filer la neuve, non ?
Pas de panique. Il y a une casse dans le coin.
C'est pas un garage. Mais ça pourra faire l'affaire.
Cette fois-ci, j'y retourne pas.
Désolé, il faut que j'y aille.
Comme tu sais, je suis charpentier aussi.
J'ai tout le village à reconstruire. Parce qu'il a brûlé la nuit dernière.
Eh, salut.
Qu'est-ce qu'il y a ?
Il y a que je suis triste.
Bientôt le printemps va arriver.
Il n'y aura plus de neige.
On ne pourra plus faire de luge.
Non...
et puis...
tu pourras toujours noyer ton chagrin...
dans l'alcool.
Faisons encore une descente.
Je t'aime...
Je m'appelle Marcello.
Marcello Sogni d'Oro.
Bonjour.
Bonjour.
On vient pour une voiture.
On vient pour une voiture.
Ça tombe bien. C'est ici que ça se termine.
On vient pour se débarrasser de son vieux véhicule ?
Non.
Elle est en panne.
Elle ressemble à ça.
On ne fait pas de réparations ici, mon gars.
De toutes façons, j'ai trop de boulot.
C'est la rentrée. Il y a eu un carambolage sur l'autoroute. Y a plein de morts.
C'est pour retrouver une fille.
Ben fallait le dire tout de suite.
Filez-moi la voiture. Allez manger.
Quand c'est fini, je viens vous chercher.
Je voudrais lever mon verre à l'amitié et à l'amour.
Et à l'audace.
On nous a éduqués pour des postes de guardien de phare.
La seule chose qu'on nous laisser faire, c'est préserver le patrimoine.
Regarde cette ville de merde. Que des vieilles pierres.
Qu'est-ce qu'on va faire ? Il n'y a pas d'avenir possible ici.
C'était à l'auberge du déjeuner.
L'endroit m'avait fait penser au tableau d'un musée
à cause de l'ombre des bégonias.
M. le cassier ?
Monsieur ?
M. le cassier ?
Y a quelqu'un ?
Elle est foutue. Morte. Finie.
À cet age-là, je peux vous en donner que 50€.
Et ça c'est quoi ? C'est notre voiture.
Non.
C'est vrai qu'elle lui ressemble comme deux gouttes d'eau.
- Je vous la fais à 1000 €. - On a pas.
Alors 500.
- On a pas non plus. - Alors vous êtes bloqué ici.
Et ta bague. On pourrait la vendre.
Bonne idée.
Non, c'est le cadeau d'un ex.
Et puis il faudrait trouver un prêteur sur gage.
Je suis prêteur sur gage.
La bague.
De toute façon l'univers n'est que le rafistolage...
d'un gros sac de merde.
- C'est tout ? - Elle est en plastique.
Ouais mais elle a une grande valeur sentimentale.
Venez. On a affaire ailleurs.
On se casse de cette casse.
On se voit à la buvette.
Mais ça alors ! Julot !
- Pardon. T'es là, toi ? - Salut.
Ben oui je suis là.
J'ai bossé toute l'année comme on me l'avait demandé.
À peine j'arrive, et pof ! Je suis déjà obligé de rentrer.
À cause de la rentrée.
Calme-toi. La rentrée c'est dans un mois.
Justement. La rentrée a été avancé d'un mois.
Tu déboules de la planète mars ou quoi ?
T'étais pas au courant que les banquiers ont ruiné le pays ?
Du coup, hop ! Tout le monde rentre au boulot pour remplir les caisses.
Quoi ?
En tous cas, j'ai jamais raté une rentrée de ma vie
et c'est pas aujourd'hui que ça va commencer.
Je te laisse. Il me reste 30 minutes de plages. Donc je préfère en profiter.
À ta place, je me grouillerais de faire comme moi.
Vite, à boire, s'il vous plaît.
Clopes.
- Salut. T'es là pour les vacances. - Ouais, et toi ?
- Moi je pars ce soir pour la rentrée. - Moi pareil.
J'ai pas encore eu d'amourette cet été.
On danse.
On s'embrasse.
Eh, Truquette !
Oh, Marcello !
Ça va ?
J'ai un petit cadeau pour toi.
Merci. C'est gentil.
Je suis sûr que ça t'ira très bien.
Non, sur les chevilles.
C'est plus sexy, non ?
Mais attend. Je m'appelle pas Patrick, moi.
Ah oui.
Mais je l'ai trouvé dans le sable.
Tout le monde n'a pas la chance de s'appeler Truquette, non ?
Si le prénom ne te plaît pas, j'en ai d'autres.
Roberto...
J'en veux pas.
@&$§%!!
Eh Truquette ! T'as oublié le flip book.
Crème dans le dos ?
Fille brune... petite copine ?
Non, mais c'est comme aux échecs.
Plusieurs coups d'avance.
Plus haut.
- On va manger une glace ? - Allons-y.
Tiens.
- Le flip book. - Merci.
Oh. Je crois que ton copain s'est trouvé une copine.
Lui ? C'est pas mon copain.
Ah bon ?
Regarde. C'est lui qui me plaît.
Ah oui.
T'as un copain. C'est super. Mais dis-moi alors...
comment il est ?
On était sur la route pour venir ici.
On a fait une halte dans une auberge.
Tiens. Viens. Je te montre. Suis-moi.
Alors il vient pas ?
Tu vas pas rester comme ça, non ?
J'organise une soirée à la maison pour la rentrée.
Viens !
Je crois que j'ai une poussière dans l'œil.
Ça fait mal.
- Je vois rien. - Souffle dedans !
Regarde. Je dois bien avoir une poussière, non ?
Et puis faut pas lui en vouloir à ton Hector s'il a trouvé quelqu'un d'autre, non.
Vous les français c'est normal de tromper sa femme, non.
Ça fait trois présidents qui donnent l'exemple. T'as qu'à faire pareille.
Tu te prens en charge, non ?
J'ai pas très envie de ressembler au Président de la République.
Ça croustille. C'est délicieux.
Très bon.
On se voit ce soir après ton travail ?
Ouais, peut-être.
À ce soir !
Peut-être.
Salut !
Alors, cette fille ? Vous l'avez trouvée ?
Faut vous grouiller !
Je pars défitivement. Je quitte tout. Je liquide tout.
Je viens prendre mes points Total.
Qu'est-ce que vous foutez, là. Faut foncer !
Je quitte ma femme, mon gamin, ma situation. Je fais une croix sur 58 ans de ma vie.
Direction l'inconnu !
J'ai fait un check-up, j'en ai encore pour 20 ans !
J'ai pas prévenu ma famille. Je leur ai dit que j'allais chercher des clopes.
Ça fait 15 jours que j'ai arrêté.
Ils m'attendent encore.
La France est prête pour une bonne psychose !
Et voilà l'avion de la liberté.
En route pour un voyage dans le temps...
et dans l'espace.
De toutes façons, c'est la même chose.
Il nous faudrait de la chance maintenant.
Merde !
J'ai plus de monnaie. Comment on fait ?
Tiens.
Je vois rien là.
Encore, c'est reparti. C'est un grippe-sou, ce truc !
- Regarde ! - Je regarde.
C'est un grippe-sou, ce truc. Remets-en !
Vas-y. Montre. À moi !
Remets de l'argent.
Can't see a thing.
- Non, il est pas là. - Fais voir.
Je vais faire de la monnaie. T'as 50€ ?
Il est pas là.
- Attends. Je veux voir. - Il nous faut de l'argent. Des sous !
Ça y est. Je le vois.
Vas-y, monte !
Démarre !
On va récupérer la bagnole. On va récupérer Truquette.
En avant !
Il va s'en prendre plein la gueule.
Bertier ! Bertier !
Tu nous dois des explications ! Elle est où Truquette ?
Truquette est partie avec un mec qui s'appelle Julot.
- Ma voiture ! - Non, pas Julot !
Julot et Truquette ! J'aime mieux en finir tout de suite.
Mais qu'est-ce que tu fais ?
- Mais ça va pas ! Recrache ! - Reprends goût à la vie.
Grouille, je suis pas là pour rigoler.
Eh, doucement là !
C'est une voiture de fonction.
Maintenant t'es gentille. Tu reprends ta valise et tu la repose tout doucement.
Ça t'apprendra.
Si j'arrive en retard, ils vont me foutre aux Prud'hommes !
Voilà.
Ben monte !
Je te préviens, je dépasse pas les limites de vitesse.
C'est une voiture de fonction.
Eh, c'est mes amis !
- C'est Hector ! Suis-les ! - Calmos ! Tu veux m'envoyer au tribunal, ou quoi ?
On est sur la route du travail. Je ne ferai pas demi-tour.
Soit tu restes, soit tu sors, mais tu fais pas les deux.
- Je me casse. - Claque pas la portière !
Je fais ce que je veux !
Elle m'énerve cette Truquette !
Ma valise.
- Rentre ! - Salut.
J'ai un petit problème de logement ce soir.
Rien à foutre. Faut qu'on trouve Truquette.
Si vous pouviez nous accueillir...
pour quelques heures ?
Ils recherchent la fille brune.
Vous cherchez amie de Bertier ?
- Et ma voiture. - Fille brune, c'est ça ?
Et ma voiture.
Pourquoi vous lui téléphonez pas ?
My briefcase!
Vos affaires sont dans mon cartable.
À la plage.
C'est de votre faute ! Vous n'aviez qu'a pas me dire de me dépêcher.
Silence !
Copine brune avec l'italien, Marcello.
Il l'a vu passer avec mobylette vers plage.
Marcello ?
Mais c'est qui encore ce mec ?
C'est un bellâtre avec une voiture. Si j'étais toi, j'abandonnerais.
Où est ma voiture ?
Il faut aller à la fête de la rentrée. Y aura sûrement copine brune.
La fanfare peut vous amener.
Bon. On y va les mecs.
Non, tu sors pas.
Si ça se trouve, c'était pas eux.
T'as peut-être juste été victime de ton imagination.
T'es peut-être juste obsédée par son visage.
Obsédée ? Non !
Eh, Truquette. Tu t'amuses bien ?
Pas très sympa, tes amis d'être partis sans toi.
C'est la vie.
Mes copains sont là
Je t'assure que c'est elle.
Mais non !
Bonjour, Messieurs-Dames, c'est pour la nuit du 4 août.
On va tous leur couper la tête.
Je plaisante.
C'est pour un tour de magie.
Tiens c'est la sacoche de ton frère. Je l'ai trouvée sur la plage.
C'est bien ton frère ?
Dis donc, t'oublieras pas de me ramener à Paris, après ?
Oui, t'inquiète pas.
Monsieur veut essayer ?
Vas-y ! Mets ta tête !
Allez ! Vas-y !
Eh ben voilà !
Ça n'a pas eu que du mauvais, 1793 !
Ça va ?
Pas mal.
Truquette !
Truquette !
Tu ne m'embrasses pas, moi ?
Je suis pas ton type d'homme, c'est ça ?
C'est qui ton type d'homme ?
Ben moi je préfère les hommes...
qui ressemblent à mon père.
Quoi ?
Moi je vais t'en donner du papa !
Tu me prends pour ton père, là ?
Une fois sur les flots, Truquette pensait à l'été.
Et au soleil,
qui faisait un point d'interrogation là-bas sur l'horizon.
Pator trouvait que l'horizon avait changé.
Il se dit qu'un vent de liberté soufflait sur l'horizon.
Charlotte se dit qu'ils avaient vécu un été débraillé.
Dans lequel elle aimerait voyager toute sa vie.
Hector pensa à Truquette.
Elle s'en va vers la mer, ballotée par la vie.
Entraînée par la mer,
elle s'en va vers la vie.
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