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Yoruba
Zulu
...
N'ayez pas peur. Je suis là. Ne vous énervez pas.
Mesdemoiselles, 1, 2, 3...
Elles chantent.
...
Rends-le-moi. Tu ne sais pas t'en servir.
Toi non plus. Tu vois bien qu'il faut attendre.
Plus vite. C'est pas si lourd.
Grouillez-vous.
Lisette!
Lisette! Viens, Lisette.
Où sont-ils? Je ne sais pas.
Phil et Vinca!
Ils se débrouilleront. Je les appelle.
Allez, en route.
Allez, avance!
En voilà toujours une.
Vinca, où est Phil?
Je ne sais pas.
La mer est forte.
Nous sommes à l'abri. Elles iront à la corde.
Sifflet.
...
Vinca!
Vinca!
Attention, Simone. Ne remuez pas tant.
Vous allez défaire votre boucle. Vous m'écoutez?
Vinca!
Elles crient.
Oh! Ça, par exemple!
Vinca!
C'est un noyé ou un fou.
Je vous le dis. Ils se baigneront bientôt nus.
Là, vous exagérez.
Elle crie.
Quand je vous le disais.
Elles rient.
Mesdemoiselles, c'est fini. Le bain est terminé.
... Le bain est terminé.
Regardez par ici. C'est compris?
Marguerite, j'ai dit de regarder par ici!
Marguerite, je vous ai défendu de vous retourner.
Allez, allez.
Les petites filles rient.
...
Marguerite, je vous ai défendu de vous retourner.
...
Margot!
Elle rit.
Si tu l'avais vu...
Il faisait pitié. Arrête. Tu vas les ameuter.
On devait pas le voir. Il est si maigre.
Pas autant. Qu'est-ce que tu en sais? Ah oui.
Comment était-il?
Tout nu, avec un pauvre petit chapeau.
Elle rit.
Une culotte, une ceinture.
Il avait froid? Je n'ai pas pensé à lui demander.
À quoi pensais-tu?
Et pieds nus, aussi? Tout nu, je te dis.
Oh, l'imbécile!
Il aurait pu se noyer.
Une chance que je l'aie vu. Pourquoi?
Tout le monde savait, pour le coup de vent.
Il n'a pas peur. Lui? Pas plus froussard.
Il veut se faire remarquer. Il est où?
C'est à moi qu'il l'a demandé. Je voudrais bien voir ça!
Qui a encore fait ça? Ça doit être le vent.
Tiens-moi ça. "Le vent"?
"Le vent"! Oui.
Il a bon dos, le vent, aujourd'hui.
Qu'est-ce que c'est?
Attentat à la pudeur. Il se promenait tout nu.
Sur la plage? La route.
Elle rit.
Trop tard, Margot. Je suis mobilisé.
Et dans la gendarmerie. On ne voudrait pas de vous.
Pourquoi? Il a un casier judiciaire.
Vous savez ce que ça veut dire? On va le condamner?
Je l'espère bien.
Il y a d'autres distractions que de se promener nu.
Le cerf-volant, par exemple.
- ll était derrière un arbre. Le délit est flagrant.
C'est un attentat à la pudeur.
Personne ne l'a vu. Je suis tombé sur le Sacré-Cœur.
- ll s'est montré tout nu
aux demoiselles du Sacré-Cœur.
Elles se baignent une fois par an. Pas de chance.
Approchez.
Votre nom? Philippe Audebert.
Âge? 17 ans.
Il n'a que 16 ans et demi. Donc mineur.
C'est vous, le père? Non.
Où est-il? Mort à la guerre.
Vous allez le laisser tranquille?
Toi, après. Vous ne voyez pas qu'il claque des dents?
On ne vous a rien demandé. Moi, si.
En mer, vous sauvez votre peau ou votre culotte?
Tu es dégoûtante!
Ne viens pas tout compliquer.
Je ne complique rien. Je veux le frotter.
On n'a pas pensé à lui faire un grog.
Si, on y a pensé.
Merci, maman.
Bois. Brûle-toi bien, et bois vite.
- Voilà 15 ans que nous venons ici tous les étés.
Nous sommes connus. Oui. Depuis la naissance de Vinca.
Maintenant, je l'emmène.
Tourne-toi.
On t'a déjà vu avec un chapeau sur le ventre.
Tu voulais que je fasse quoi? Que tu m'appelles.
Je l'ai fait.
Non. Tu as appelé Margot.
C'est elle qui passait par là. Sale menteur.
Je lui ai dit d'aller te chercher. Sale menteuse.
Je ne vois pas ce qu'elle t'a fait.
Si tu as quelque chose contre elle, dis-le.
Je n'ai rien contre elle.
Et alors? Seulement contre toi.
Tu es sorti en mer sans moi. Tu n'as pas eu peur!
Je le regrette.
Les filles sont compliquées. Pas Margot?
Toi seule, si ça te fait plaisir.
Dis, Phil, c'est vrai que tu as failli mourir?
Plus que failli.
Comment ça se passe?
Il ne se passe rien. On nage.
À qui as-tu pensé?
À moi.
Ça ne prouve rien, tu es en vie. Dommage, hein?
Ne plaisante pas. Enfin une bonne parole.
N'éternue pas.
Je peux mourir mais pas m'enrhumer. C'est ça, les gendarmes.
Et la vie, c'est plein de gendarmes. Pas moi.
On verra.
Je suis quand même contente.
Vinca?
Oui?
Tu es prête?
Il siffle.
Tu vas y aller comme ça? Tu n'aimes pas?
Pas du tout.
Ça fait moins gamine.
Oui, mais plus grand-mère. Dépêche-toi.
Bonsoir. Bonne nuit.
Où allez-vous, encore? Au cinéma. C'est dimanche.
- Rentrez pas trop tard.
La clé sera dans le pot de géraniums.
Je serai toujours mal coiffée, avec ces cheveux courts.
C'est en attendant. La laideur, ça t'est égal?
Oh non, Phil.
J'ai même envie d'être jolie. Ça viendra peut-être.
Si je te dégoûte, va en trouver une mieux coiffée.
C'était donc ça? Quoi, "ça"?
Ne sois pas stupide. Viens. Non.
Très bien. Mais tu le regretteras.
- On ne les élevait pas ainsi.
Tu n'es jamais sorti seul le soir, même avec ta cousine.
- Dites ce que vous voulez.
Moi, ça ne m'amuse pas de les voir courir le soir.
- Tu exagères toujours.
- Aucune raison qu'ils soient toujours ensemble.
- Le cinéma, passe encore, mais ce voyage à bicyclette...
Qu'est-ce que vous avez contre la bicyclette?
Eh bien, vous aurez un mariage de bicyclettes.
Phil et Vinca?
C'est absurde. Autant marier le frère et la sœur.
Musique épique.
...
Huées.
...
Monsieur, c'est retenu. Excusez-moi, mademoiselle.
Huées.
...
Phil, par ici!
...
Te voilà. Je te croyais noyé.
Je savais qu'elle ne viendrait pas. Pourquoi?
À cause de moi. Ce que vous êtes gourdes.
Pourquoi? Parce que j'ai envie de t'embrasser?
De m'embrasser?
Ne crie pas comme ça.
Ça t'étonne? Ben, je n'y pensais pas.
Moi non plus... jusqu'à hier.
Ben, c'est du propre.
Ça ne t'a rien fait, de me voir?
J'avais autre chose en tête. D'abord, j'avais froid.
Tu ne t'es pas beaucoup réchauffé, depuis.
Huées.
ASSlS! ASSlS! AH...
Tiens, voilà Vinca. Décidément, elle te colle.
Musique douce.
Tu l'embrasses, Vinca?
Naturellement. Eh bien, tu mens.
Si tu l'embrassais, tu embrasserais aussi les autres.
Huées. Phil!
...
ASSlS! ASSlS!
AH...
Réactions du public.
Ce que les gens sont bêtes.
...
Viens, Phil.
Non, écoute. Restons. Non, viens.
Je veux me faire rembourser.
Huées.
...
Vos gueules, hein! Vos gueules, les Parisiens.
Rentrons.
Tu es folle. Il n'est pas 22 h, et c'est dimanche.
Pourquoi les gens rient, quand on s'embrasse?
C'est drôle.
Pourquoi "drôle"? Parce qu'ils n'y pensent pas.
C'est parce qu'ils sont laids. Alors ils sont jaloux.
Et voilà. Je te le jure.
Je suis peut-être laid, mais je ne suis pas jaloux.
Et si j'embrassais quelqu'un? Non. Ce serait moi.
Attention, les amoureux, la marée monte.
Idiot! On est frère et sœur.
Qu'est-ce que tu racontes?
Vois-tu, Phil, si tu m'avais rencontrée à la plage,
tu aurais pu tomber amoureux de moi.
Tu es bête, Vinca.
Tu es vraiment sûr que tu n'es pas mon frère?
Alors, Vinca?
Alors voilà.
Ça devait arriver.
C'est arrivé.
C'est ce que je dis. On s'est embrassés.
Aïe. Brute. "Brute" toi-même.
Je t'ai fait mal? "Mal"?
Penses-tu.
Attention...
La mer.
Phil, attends-moi.
Lisette!
Quoi? Tu entends ce que je te dis?
On ne sort pas de table avant les parents.
Ta fille est rudement mal élevée. Évidemment. Tu ne lui dis rien.
Attends un peu si je me lève. Pas dans la mer en sortant de table!
- C'est pas une table.
...
Phil...
...
Dis, Vinca...
J'ai bien réfléchi.
Ce n'est pas très malin, ce que nous avons fait.
"Malin"? Comprends bien.
Naturellement, ça m'a fait plaisir de t'embrasser.
Il faut que ça change quelque chose. Ça a beaucoup changé, Phil.
Je veux dire qu'il faut que ça change la vie qu'on mène.
Tout ce qu'on fait.
Autrement, c'est pas la peine.
Ça prouve simplement que ça ne t'a pas changé, toi.
Alors il n'y a rien à faire.
Ce qui aurait changé quelque chose,
c'est que je t'embrasse, et que d'un coup, j'aie 25 ans.
Toujours l'âge.
Eh oui, Vinca. Qu'est-ce que tu veux?
J'ai 16 ans. C'est ça qui empêche tout.
Moi, j'en ai 15. Est-ce que je me plains?
15 ans, pour une fille, ça existe.
Si tu veux, tu peux te marier demain. Me "marier"?
Tu sais que je t'attendrai. Tiens, donne-moi ça.
C'est toi qui ne m'attendras pas. Oh, si, j'attendrai.
Je suis bien forcé.
Qu'est-ce que je peux faire d'autre?
T'attendre, toi,
ou n'importe qui...
ou n'importe quoi.
C'est beau, la jeunesse.
365 multiplié par 5 est égal à 1 825.
- C'est quoi?
C'est la jeunesse.
1 825 jours à tirer avant d'avoir 21 ans.
Tout ce temps à être à peu près un homme et amoureux.
"À peu près" seulement?
Oui, "seulement".
Si je me contente de ça?
Je ne veux plus.
Tu penses toujours à ce que tu n'as pas.
Nous ne sommes pas si mal, tous les deux.
Nos parents nous ennuient pas. On est libres et on s'aime.
Prends ce qui s'offre.
Je n'ai pas le droit.
Alors si tu veux, Phil, redevenons comme avant.
C'est trop tard.
Phil, tu vois bien que ça a changé quelque chose.
Mais tu ne comprends rien. Attends-moi!
Alors grouille.
Lisette, on s'en va.
Non. J'ai un crabe.
Toi, tu me le paieras.
Au moins, dépêchez-vous!
Moteur.
...
Hé! Petit!
Dis-moi, petit...
Je me suis trompée, n'est-ce pas?
Pardon, monsieur.
Je ne peux pas aller plus loin?
Dans la mer, madame.
C'est-à-dire... Ce chemin ne va nulle part?
Non. C'est le chemin du goémon. Et c'est loin, le goémon?
C'est drôle?
Le goémon, c'est pas un endroit. C'est du goémon.
Ici, on peut juste pêcher la crevette?
Le bouquet.
"Le bouquet"? Et ça a marché?
Bien. Vinca en a plein.
C'est votre sœur? Mon amie.
Elle a votre âge? Non, pas du tout.
Elle a 15 ans. Moi, 16.
Vous avez du sable. Là, sur la joue.
Oh, pardon. J'avais cru que c'était de la barbe.
J'en ai. Mais ça ne se voit pas.
- Hou! Hou!
Phil, attends-nous.
Je peux vous ramener. Je suis à Ker-Anna.
Merci. Ça n'est pas la peine. Nous rentrons à pied.
Alors au revoir, monsieur.
Au revoir, Vinca.
Une bonne femme qui s'était perdue.
Comment sait-elle mon nom? C'est pas un secret.
Elle t'appelle "monsieur", et moi, "Vinca".
Qu'est-ce que ça prouve? Rien de mal, Phil.
C'est toi qui es un homme, et c'est moi qui suis petite.
Il faut que tu ramènes tout à... A nous, Phil.
Oui, comme tu dis. En route, la famille. Suivez l'homme.
Si tu es un homme, prends le panier.
Elle chantonne.
...
Tiens...
Il n'y a personne?
Télégramme.
Que faites-vous ici?
La petite vieille du télégramme m'en a donné un pour vous.
Tenez, je l'avais mis là.
Elle n'a pas le droit.
C'est moi qui le lui ai proposé. Elle avait chaud.
C'est très gentil.
Cette pauvre vieille. Et c'était presque mon chemin.
Presque seulement, j'espère.
Vous savez, à bicyclette...
Au facteur, on donne un verre de vin. Vous voulez un peu de porto?
Non, merci. Je vous jure.
Alors il ne fallait pas venir.
Moi, j'en ai envie.
Vous allez me l'offrir.
Mais qu'est-ce que vous faites?
Excusez-moi, je suis tombé.
Il éternue.
Ne buvez pas si vite. Vous êtes en nage.
J'ai l'habitude.
Je m'appelle Mme Dalleray.
Excusez-moi. Philippe Audebert.
Une mauvaise nouvelle?
Pas de nouvelle du tout.
C'est quelqu'un qui ne sait pas écrire,
et qui d'ailleurs n'a rien à me dire.
Un peu de porto? Non, merci, vraiment.
Vous êtes si pressé? C'est-à-dire que...
Oui, un peu.
Vinca vous attend? Pourquoi Vinca?
Battements d'ailes.
Belle bête.
D'autant plus beau qu'il est muet, lui aussi.
J'aime les perroquets qui se taisent, mais j'aime les hommes qui parlent.
De quoi parlions-nous?
Alors, de quoi pourrions-nous parler?
De vos études?
Ah non?
Des ennuis avec votre bachot?
Pas du tout. J'ai été reçu.
Vous voyez bien. Vous pouviez au moins me dire ça.
Plus tard, que comptez-vous faire?
Je ne sais pas.
Bon.
Essayons autre chose.
Vos parents viennent tous les ans sur cette côte?
Oui.
Vous l'aimez?
Qui ça?
Cette côte. Qu'aviez-vous donc compris?
J'aime beaucoup la côte.
Excusez-moi. Je vous assure, il faut que je parte.
Je n'oserai pas vous retenir.
Au revoir, monsieur Philippe.
Au revoir, madame.
Merci pour le télégramme. Ça n'était rien.
N'est-ce pas?
Bonjour.
Bonjour.
Je ne savais pas que tu la connaissais.
Qui ça? Mme Ker-Anna.
Écoute, je passais par hasard. C'est ça.
Entraîne-toi. Invente ce que tu vas dire à Vinca.
Pourquoi à Vinca? Elle pourrait apprendre d'où tu sors.
Tu veux que ça lui fasse quoi? Ah... Bon.
Margot! Attends.
Si jamais tu lui dis un mot...
Je ne lui dirai rien, mais à une condition...
Aucune condition.
Ah...
Laquelle?
Bon.
Tu sens l'alcool.
C'est tout ce que ça te fait? Tu embrasses mal.
Elle se contente de ça, la bonne femme?
C'est mieux. Ça viendra.
Et maintenant, rien que pour mon plaisir.
C'est fait.
Tu sais que ce n'est pas toi que j'ai envie d'embrasser.
Ce n'est pas non plus Vinca!
Ces radis sont aussi ébouriffés que toi.
Ah, te voilà, toi. Tu sais l'heure qu'il est?
Le pain n'était pas cuit. Il a fallu attendre.
Tu sens l'alcool. Décidément...
Quoi, "décidément"? Je sens l'alcool?
Plutôt, oui.
Où as-tu bu? Dans un bouge.
- Sérieusement.
Qu'est-ce que tu as fait pendant tout ce temps-là?
J'ai été arrêté dans le bois, enlevé, abreuvé de narcotiques puissants,
Iié à un poteau,
fouetté jusqu'au sang et mis à la torture. Là.
Essuie ta joue, Phil. Tu as du rouge.
Non, l'autre.
Je n'ai plus le droit d'embrasser Philippe?
Bon. Je n'ai rien dit. Ah, tu trouves?
Depuis ce matin, tu aurais eu le temps de te laver.
Tu tombes mal. C'est-à-dire?
Tu ne comprends rien.
Même si j'embrassais une autre fille,
tu n'aurais pas le droit de dire que je ne t'aime pas.
C'est comme ça.
Oui. C'est bien possible,
puisque quand tu m'embrasses, ça ne prouve pas que tu m'aimes.
Naturellement,
Ies enfants ne pêchent plus.
Passez-moi le beurre, grand-mère.
Merci.
...
Oh!
Vous n'êtes pas encore couchés? On est de service.
On ferme tout.
Dites donc, grand-mère...
quand vous tentez vos coups de main,
attendez que la patrouille passe. Et toi, sois poli.
On mange trop le soir, et on dort mal.
Bonne nuit.
Bonne nuit. Laisse.
Qu'est-ce que c'est? L'argent du voyage.
Oui, je sais. Mais tu veux qu'on parte?
Non. Toi, seulement.
Ça te prend comme ça, tout d'un coup.
Oui, Phil.
Va-t'en. Je ne veux plus te voir.
Mais c'est un voyage que nous devions faire ensemble.
Tu me raconteras.
Tu vois, Phil, je n'ai plus envie d'être seule avec toi.
C'est trop dangereux.
Je te fais peur?
Terriblement.
Phil,
je te le demande comme un service : va-t'en.
Tu crois?
Qu'est-ce que tu leur diras?
Demain, je leur dirai...
J'inventerai. "Demain"?
Mais je n'en ai aucune envie.
Moi non plus, Phil.
Mais si tu restais ici, tu me ferais encore plus de peine.
Si tu m'aimes vraiment,
accepte que je te fasse de la peine. C'est ça, apprends-moi à t'aimer.
Je t'assure que je n'ai pas besoin de leçons.
Tu me vois seul sur les routes?
D'abord, combien y a-t-il?
10, 20, 30, 50,
75, 100.
Et 32.
On ne va pas loin, avec ça. Seul, tu iras plus loin.
C'est aussi ton argent à toi. Je te le donne.
Tu pourrais dire merci, tu sais.
Au fond, que tu acceptes de partir, ça me rassure plutôt.
Pourquoi?
Ça prouve que rien ne te retient ici...
ni personne.
Là, tu abîmes tout.
Tu vas retirer ça. Autrement, je reste.
Je n'ai rien dit, Phil.
Je ne veux pas gâcher ton plaisir.
Ne dis pas que ça me fait plaisir.
Est-ce que je prends mon chandail?
Il ne fait plus chaud, le soir.
Allez, viens,
je vais faire ta valise.
Chut... Doucement.
...
...
Idiote.
...
Phil!
Phil...
Phil...
Monsieur!
Vous passez par le village? Il faut bien.
Vous seriez gentil. Il faut que je rattrape quelqu'un.
Il est à pied? A bicyclette.
Je ne réponds de rien.
Il y a longtemps? Non. Il vient de partir.
On va essayer.
Allez, tassez-vous, là-dedans.
Merci. Ce que vous pouvez me rendre service.
Encore une souris, naturellement.
Oh! Quel est l'imbécile...
Ah, c'est vous?
Oui, c'est moi, "l'imbécile".
Qui vous appris à offrir des fleurs de cette façon?
Personne. Je l'ai inventée.
C'est génial.
Vous offrez des fleurs, donc vous êtes bien élevé.
Oh...
Seulement, pour être très bien élevé,
il faut savoir quand et pourquoi on envoie des fleurs.
"Envoyer" est bien le mot, d'ailleurs.
Pourquoi ces fleurs?
Je ne sais pas. C'est un souvenir.
J'espère.
Mais, dites-moi,
si je ne m'étais pas trouvée là pour le recevoir en pleine figure,
je n'aurais pas su que ce bouquet venait de vous.
Alors?
Ça aurait quand même été de moi.
C'était un souvenir pour vous. Ça me faisait plaisir.
Vous les avez cueillies pour vous ou pour moi?
J'ai pensé que ça vous ferait plaisir aussi.
Et puis, vous avez été si aimable avec moi...
Tant que ça?
Vous m'avez offert du porto.
Eh bien, monsieur Philippe, porto, égratignures...
Je crois que nous sommes quittes.
Mon petit, il faut vous en aller,
et ne plus revenir ici.
Mais je ne reviendrai pas, madame.
À moins que...
Non. Au revoir.
"À moins"...
"À moins que" quoi?
J'aime mieux faire des cadeaux qu'en recevoir.
Si vous revenez, on verra si c'est pour votre plaisir.
Je n'aime que les mendiants ou les affamés.
Revenez donc la main tendue.
Allez... Allez.
J'ai compris.
Mais vous ne m'avez pas dit que vous partiez.
J'ai jeté les fleurs.
...
On est trop chargés. La route monte, quoi.
La route, mais pas la voiture.
Qu'est-ce qui se passe?
Je parie qu'il y a quelqu'un d'accroché.
Hé, vous! Engueulez-le un peu.
Vous allez lâcher ça?
C'est Phil. Arrêtez! En pleine côte? Merci.
Phil! Phil!
Qu'est-ce que tu fais là?
Je te courais après, et c'est moi qui étais devant.
Et toi?
Je sais pas ce que j'ai, j'ai pas de jambes.
Ça se voit.
Attention, quoi.
Mais qu'est-ce qui te prend?
Je veux que tu restes. Oublions ça.
Tu avais raison. C'est mieux que je parte.
J'aime mieux qu'on soit ensemble, même pas heureux.
Bon. Je te ramène.
Et alors?
Qu'est-ce qui t'a fait changer d'avis?
Peut-être les fleurs. Il rit.
Pourquoi tu ris?
C'est la première fois que tu me donnes des fleurs.
Une porte grince.
...
Qu'est-ce que vous faites ici? Vous voyez : j'attends.
Je devais revenir comme un mendiant, la main tendue. Voilà.
Vous n'allez pas me renvoyer?
Je m'étais trompée, Philippe.
Il faut partir.
Mendiant, affamé. Vous avez dit les deux.
Choisissez, ça m'est égal.
En tout cas, vous m'avez dit de revenir.
Les mendiants attendent aux portes.
C'est vous qui pourriez me donner quelque chose.
Ça, je ne le veux pas.
Vous donner quoi? Je n'ai rien.
Vraiment rien?
Personne? Rien.
Allez, on vous attend.
Non, rien... ni personne.
Le vrai mendiant.
Peut-être, Philippe.
Mais prenez garde.
Ce que je peux vous donner, moi,
ce n'est pas grand-chose.
N'importe qui pourrait le donner. Ne dites pas de mal de vous.
Vous avez froid?
Je ne crois pas.
Vous tremblez.
C'est vous.
Oui. J'ai un peu froid.
...
Petit mendiant,
tu ne sais pas ce que tu peux me donner.
...
...
Philippe...
Philippe, il est 2 h.
Il faut partir, Philippe.
Non. Pourquoi?
Je suis très bien, ici. Non, mon chéri.
Il faut partir. Tu reviendras.
Quand? Demain, si tu veux.
Demain, c'est aujourd'hui. Ah non. Allons...
Vous êtes pire que les parents.
Comment vas-tu rentrer chez toi? Je parie qu'on ferme à clé, la nuit.
J'ai l'habitude.
J'ai laissé une fenêtre ouverte. Et si on voit que tu es parti?
J'ai fermé ma chambre à clé.
Zut. Où est-ce qu'elle est?
Oh, ça alors.
Ou alors devant votre porte.
Ça y est. La voilà.
Tu étais donc sûr que tu en aurais besoin?
Pas vous?
Moi?
Pas du tout.
Et vous le regrettez?
Pas encore, monsieur.
Tu es tout ébouriffé.
À qui la faute?
Elle est bonne, votre brosse.
Mais... votre glace...
Qu'est-ce qu'elle a?
Je ne me reconnais pas.
Bien sûr, Philippe.
J'ai changé?
Vous avez 16 ans et une nuit.
...
- Phil!
- Allez, debout, là-dedans!
M. Ferrat imite le bruit d'une fanfare.
- Phil, qu'est-ce que tu fais?
Philippe...
Philippe...
Il est 10 h.
Il faut te lever.
En voilà une heure, Philippe.
Quelle heure?
Ah, c'est idiot. Qu'est-ce qui m'est arrivé?
Et là, qu'est-ce qui t'est arrivé? Ah oui.
Hier soir, je me suis cogné. C'est un bleu, quoi.
- Phil!
Je ne te conseille pas de te baigner avec ça.
Pourquoi?
Si, je me baignerai.
- Alors, tu arrives?
Oh! Phil!
Oh, tout de même.
Grande marmotte. Ne crie pas comme ça.
Vas-y sans moi.
Tu es malade?
Oui, je suis malade.
Pourquoi me regardes-tu comme ça? Je ne te regarde pas sévèrement.
Ne me regarde pas. Je veux m'habiller.
Très bonne idée.
Je suis vraiment malade.
Tu as mal dormi, c'est tout.
...
...
Vous avez l'air en pénitence.
Si je ne suis pas là,
vous n'avez qu'à entrer.
J'ai failli le faire.
Asseyez-vous. Les cigarettes sont ici.
Si vous vous ennuyez, il y a des livres.
Tenez. Faites-vous beau en attendant.
Je peux l'essayer? C'est à vous.
Elle vous plaît? Moins que ce qu'il y a dedans.
Vous êtes bien fat, Philippe!
Quand c'est vous
qui êtes dedans.
Je t'adore.
Je t'apprendrai aussi à faire des compliments.
D'ailleurs, non. C'est pas la peine.
Cette nuit, chez toi, on s'est douté de quelque chose?
Je crois bien que ma mère... Oui?
Qu'est-ce qu'elle a dit? Je ne peux pas vous raconter.
D'ailleurs, elle a été parfaite.
Elle est jeune?
Non, à peu près... Si, elle est jeune.
Et Vinca? Vinca? Elle a 15 ans.
Je veux dire... est-ce que vous l'avez revue?
Je la vois tout le temps.
Et elle?
Elle a dit quelque chose? Non.
Je ne veux pas parler de choses tristes.
Pourquoi?
Elle est triste?
Non. C'est moi.
À cause de quoi, Philippe?
Ou à cause de qui?
Vous savez...
C'est dommage que je ne vous aie pas rencontrée plus tôt.
Déjà trop tard?
Je veux dire plus tôt dans les vacances.
Oui.
C'est dommage.
Oui.
Parce que maintenant, ça va finir.
On va rentrer à Paris. Allons!
Il ne faut pas y penser déjà.
Pour vous, c'est peut-être mieux.
Quoi, Philippe?
Que ce soit tout de suite fini.
Et le retour à Paris.
Vous serez triste de me quitter? Et vous?
Moi?
Sûrement.
Oui.
D'ailleurs, au fond... Oui, je serai triste.
Mais je ne serai pas malheureux. Comment cela?
Parce qu'à Paris, vous arrangerez bien quelque chose.
C'est-à-dire que je vous inviterai un peu chez moi.
Comme ici. Oui.
Le jeudi. Quand on pourra.
Parce que le dimanche est réservé à la famille.
Vous me donnerez, par-ci, par-là, un peu de votre temps.
De ce qu'il en restera.
Pourquoi vous vous fâchez? Je ne suis pas libre, vous le savez.
Je ne me fâche pas. Je le pourrais bien, pourtant.
C'est moi qui ne comprends plus.
Vous ne comprenez pas qu'une femme - je ne parle pas de moi -
puisse être blessée si vous lui parlez comme ça?
Vous vous rendez compte de ce que vous me demandez?
Une petite heure de temps en temps.
C'est tout ce que vous attendez?
Seulement ça?
"Seulement ça."
Comment pouvez-vous dire?
Je sais bien, Philippe.
Oui, c'est déjà beaucoup, mais...
Est-ce que vous m'aimez?
Pourquoi me demandez-vous ça?
C'était pour jouer, Philippe.
Je n'ai rien demandé.
Ce serait de la triche que je demande quelque chose,
puisque je n'aime que les mendiants.
Vous êtes un vilain petit avare, monsieur Philippe Audebert.
Mais je ne sais pas ce que vous voulez dire.
Je devrais te dire : "Va la rejoindre."
Et pourtant...
Je vous le défends.
Vinca n'a rien à voir.
Tu viens prendre ici ce que tu n'oses pas lui demander.
Oh non. Je vous le jure.
Que tu m'aimes? Mais naturellement, Philippe.
Quand tu viens ici, c'est comme si tu l'emmenais jusqu'à ma porte
pour l'y retrouver en sortant.
Vous dites ça pour vous faire du mal.
Non. Même pas, Philippe.
Je crois que je t'aurai fait du bien.
À toi... et à elle.
Tu comprendras plus tard.
Peut-être dans très longtemps,
peut-être très vite.
Et puis, après tout, qu'est-ce que ça me fait?
- Tu viens? Hein?
Tu viens? Oui.
Alors, les enfants? Vous ne sortez pas, ce soir?
Vous devriez profiter des derniers jours.
Non. Phil est fatigué. (Qu'est-ce que tu racontes?)
(Ce matin, tu ne tenais pas debout. Tu as tourné de l'œil.)
(ll y a longtemps que c'est fini.)
(Tu viens faire un tour?) (Non.)
(Disons que c'est moi qui suis fatiguée.)
(Qu'est-ce que tu attends? Tu es assez grand pour sortir seul.)
(Ce ne serait pas la première fois.)
(Si tu ne viens pas, je ne sortirai pas.)
(Mais si, Phil, tu sortiras.)
(Tu le sais mieux que moi, peut-être?)
(Je voudrais bien savoir qui t'empêcherait de sortir.)
(Moi.)
Bonsoir, tout le monde.
Bonsoir. Bonsoir.
Qu'est-ce qu'il y a? Vous vous êtes disputés?
Non. Je ne sais pas.
Une porte claque.
Heureux caractère.
Vous pouvez toujours m'attendre.
Éclats de verre.
Ça, c'est une vitre.
Oh! Philippe! Ouais?
T'as entendu? Quoi?
Rien. Dors.
Qu'est-ce que c'est, Vinca?
Rien.
...
Qu'est-ce que c'était? La clé du mystère.
C'est-à-dire? La clé du mystère, quoi.
Grand-mère triche.
Oh, Vinca!
J'allais faire mah-jong. Allons.
Tantôt triste, tantôt gaie. Moi, je vous le dis, c'est l'amour.
Vous êtes sûre, grand-mère?
Quelle mémoire.
...
On ouvre une fenêtre.
...
...
On ouvre la porte.
Qui est là?
Moi.
Je vois, Philippe.
Mais je ne vous attendais pas.
Ça ne fait rien, j'espère?
Non, bien sûr.
C'est quand même gentil d'être entré.
Vous passiez par ici? Non. Je venais ici.
Ne soyez pas fâché, Philippe.
Mais ce soir, je ne peux pas vous garder.
Ça, non, alors...
Si vous saviez...
Voyons! Voyons...
Non, Philippe. Ce soir, je vais sortir.
Avec qui? Ça, par exemple.
Ça ne regarde personne. Si, moi. Où allez-vous?
Philippe!
Philippe, partez gentiment.
Pourquoi?
Vous ne m'aimez pas?
C'est une question qu'on a toujours tort de poser, Philippe.
C'est peut-être ma faute.
J'aurais dû vous faire mieux comprendre.
Il faut être sérieux.
Vous et moi, ça ne s'appelle pas "s'aimer".
Ne dites pas ça. Vous le savez.
Ça ne vous fera pas plus de peine qu'à moi.
Simplement, vous aurez appris une chose bien vraie, bien utile :
Ies femmes, enfin, certaines femmes,
ont des caprices.
Vous mentez. Ce n'était pas ça.
Eh si, Philippe.
Et un caprice, ça ne doit pas être trop...
Je ne veux pas vous faire de peine.
Mais enfin, ça ne doit pas être
trop encombrant.
Hier soir, cet après-midi, ce soir...
Pour un garçon qui n'est pas libre...
Après tout, moi aussi, je ne suis peut-être pas libre.
Je vous permets de vous inventer un gros chagrin
de deux ou trois jours.
Ça me fera plaisir.
Voilà.
Adieu, petit caprice.
Et si ça peut vous faire plaisir,
vous serez le souvenir de mes vacances.
Un souvenir de plage, hein?
C'est cela.
Essayez aussi de me détester.
C'est très bon.
Non!
Assez joué, Philippe.
...
...
Tu rentres tôt, cette nuit!
Pourquoi ne dors-tu pas?
Ça me regarde.
Que fais-tu ici?
Je rentre chez moi.
J'ai perdu ma clé.
Remonte par les murs, chat de gouttière!
Tu m'as vu? Tu as fait assez de potin.
Ce n'est pas le moment de me dire des choses désagréables.
On t'en a déjà dit, là-bas?
Oui. Si ça te fait plaisir.
C'est ça que tu viens me raconter?
Je n'ai rien dit.
Tu ne me racontes plus rien.
Tu me prends pour une idiote? Ne crie pas.
Il a peur des parents!
Dans le même lit, ils croiraient qu'on est fatigués.
Vinca!
Oui.
Je peux bien plaisanter. Au point où nous en sommes...
Quoi? Après ce que tu m'as fait.
Vinca...
Parlons, si tu veux. On est forcés, maintenant.
Je ne sais pas ce que tu sais au juste,
mais j'ai à te dire...
Me dire comment ça s'est passé, comment elle t'appelle.
Tu lui as parlé de moi? Oui, naturellement.
C'est du propre.
C'est un mot de trop. Tu me fais de la peine.
Je te fais de la peine?
Tais-toi, je te tuerais. Moi, je te fais de la peine?
Toi qui m'as trompée, sale menteur,
avec une femme qu'on ne connaît même pas.
Tu devrais rire de honte, rire de ce que tu dis,
mais tu n'as ni honte, ni bon sens, ni pitié.
Je t'ai fait mal, hein? Très.
Je ne te battrai pas.
Dommage. Ça aurait été la première fois.
Tu en battras une autre avant moi. Je ne suis la première en rien.
Tu en dis, des bêtises.
Écoute-moi bien, Vinca...
Qu'est-ce que tu m'as fait?
Qu'est-ce que tu m'as fait?
Qu'est-ce que tu m'as fait?
Qu'est-ce que tu m'as fait?
Sauvage. Plus que tu ne crois.
Alors? Tu vas la retrouver? Idiote!
La présenter à ta maman? Chiche!
Qu'est-ce que tu ferais? Tu te tuerais, peut-être?
Me tuer? Moi, me tuer? Pour une aventure de Monsieur?
Tous les garçons de mon âge...
Enfin, Philippe.
Tu t'expliques, tu fais le malin, mais c'est toi qui es en faute.
Tu vois? Je te parle tranquillement.
C'est à moi que tu aurais dû demander.
"Demander" quoi?
Tu vois ce que tu dis? Je sais autant que toutes les femmes.
Tu ne sais rien. À qui la faute?
Tais-toi!
Je veux savoir.
C'est vrai?
Tu m'as embrassée.
C'est pas la première fois.
Si.
...
Qu'est-ce que tu cherches?
Ma clé.
Je l'ai jetée pour ne pas aller là-bas.
Un beau geste.
Mais tu y es allé quand même.
Tiens.
La voilà, ta clé.
Hein? Merci.
Où était-elle?
Bien cachée.
Méfie-toi, Phil. J'y vois, la nuit.
Une autre fois, je t'enfermerai moi-même.
Je crois que ça ne sera plus la peine.
Qu'attends-tu pour rentrer?
Je ne sais pas.
Pas sommeil.
Je comprends ça.
Pauvre Phil.
Pauvre Phil.
Ou pauvre Vinca.
Pauvre Phil, naturellement.
À moi, il n'est rien arrivé.
Attention où tu marches.
Tu n'as pas froid?
J'étouffe.
J'étouffe.
C'est plein de géraniums.
Tu vois bien.
Et à côté, la grande pelle.
Passe.
Je tiens.
Ne marche pas dans les salades.
Tu m'embêtes, avec tes salades.
Tu es fou.
Ménagère.
Où est-ce qu'on va?
Je ne sais pas.
Il est tard.
...
...
Qu'est-ce que tu manges? Rien.
Une petite poire.
Pas assez bonne pour que je te la donne.
Vinca chérie, comme tu es loin.
Tu m'as appelée "Vinca chérie"? Naturellement, Vinca chérie.
C'est pas naturel du tout.
Oh, Phil...
Je voudrais qu'il fasse nuit tout le temps.
Rester près de toi...
Ne rentrons pas, Phil.
Laisse-moi être un peu heureuse comme ça.
On verra après.
Mais en ce moment, je suis tellement sûre de toi.
Tu as raison.
Ne me lâche surtout pas.
Tu vois?
Tu vois?
Je n'ai pas été méchante, je n'ai pas pleuré,
je ne me suis pas mise en colère.
Ou tellement peu.
"Tellement peu"?
Tu ne peux pas m'en vouloir pour si peu?
Non.
Alors embrasse-moi vite.
Je t'en prie... Je t'en prie.
Tu t'es fait mal?
...
...
Avec ça que c'est doux, cette sale paille.
...
...
...
On ouvre une fenêtre.
...
...
Tu as dormi? Comme un plomb. Et toi?
Moi, je n'ai pas fermé l'œil.
Non? Pourquoi?
J'attendais que tu m'appelles.
Ça, alors. Tu pouvais toujours attendre.
Je me suis endormie tout de suite. Comme jamais.
Oui.
Moi, j'écoutais à travers le mur.
Je soufflais?
Non. J'avais peur que tu pleures.
Pourquoi? Je ne sais pas.
Tu aurais voulu? Pas voulu, mais j'avais peur.
Eh bien, rassurez-vous. Tu peux m'embrasser.
Eh bien, rassurez-vous. Tu peux m'embrasser.
Je sens bon? Oui, chérie.
J'ai une de ces faims.
Attends.
Attention, tout de même. Ça, je reconnais.
Deux singes qui s'épouillent.
On y va?
Eh bien, Vinca.
En voilà une heure.
Désolée, maman. J'ai veillé tard. Me voilà. Pardon, tout le monde.
Merci, maman.
Pas faim? Si. Merci.
Regardez-le. Plus il dort, plus il a sommeil.
Des cauchemars?
Non.
Moi, j'ai fait un drôle de rêve.
Ce n'est pas racontable. Je te raconterai, Phil.
Raconte tout de suite.
Chiche!
Je ne sais pas, moi.
Lisette, pince-le. Il dort encore.
Pince-le, je te dis.
Vinca, tu es stupide.
Brouhaha.
C'est ta faute, aussi.
Lisette, donne-moi une gifle, et ce sera fini.
Une vraie? Oui.
Petite garce!
Tu pourrais au moins l'aider un peu.
Tu sais ce qu'il voulait? Le mioche? Non. Pourquoi?
Il apportait une commission pour toi. Et alors? Dis-la.
De la part de cette dame.
Ah.
Alors ne la dis pas.
Sûr?
Sûr.
Tu m'en fais cadeau?
Oui.
Je peux en faire ce que je veux?
Oui.
Tu veux venir au marché avec moi?
"Au marché"? Maintenant? C'est tout ce que tu trouves?
Il faut bien manger tous les jours.
7,50 francs.
Et si je prends un petit carrelet avec?
7,50 francs!
Dépêche-toi, voyons.
C'est pour ta mère, le carrelet. Elle l'adore.
Moi, je le déteste. J'adore ta mère, remarque.
7 francs, ça va. Mais non, ça ne va pas.
7,50 francs, mademoiselle. C'est bon. J'irai ailleurs.
Tu es terrible. Pourquoi fais-tu une tête pareille?
Si tu ne comprends pas... Biniou.
...
Qu'est-ce que tu me reproches?
De ne pas m'aimer.
Oh.
Bon.
Il faut croire que je n'y connais rien.
Même après ce qui s'est passé?
À te voir, on croirait qu'il ne s'est rien passé.
Phil, tu es fou.
Je ne peux pas le dire à tout le monde.
Moi, je veux bien, tu sais.
C'est peut-être moi qui demande trop.
Je te jure, Phil, je suis heureuse.
Tu n'es pas heureuse, tu es gaie.
Oui, peut-être, mais en plus...
Quand on est heureux, il n'y a rien en plus.
Et alors? Qu'est-ce que c'est, d'être heureux?
Est-ce que je sais, moi?
Oh, si, Philippe. Je vois bien que tu le sais.
Tu es fatigué? Non, mais on est mieux.
Écoute, Vinca, ne pensons pas trop à cette nuit.
Moi, je crois que tout sera très bien.
Quand? Tout sera très bien, Vinca chérie.
Il faut que tu y croies.
Messe en latin.
Regarde.
In nómine Patris, et Fílii et Spíritus Sancti.
Tu veux?
Oui.
...
Phil...
Le petit garçon de tout à l'heure...
Vite, Vinca.
Elle part ce matin.
Heureusement que c'était pour rire. Quoi?
Non. Je veux dire...
Ça.
...
...
Et voilà, ma pauvre amie.
J'aurai encore vu cet été-là. Ce sera le dernier.
Allons. Vous dites ça tous les ans.
Ce sera bien vrai, un jour.
Il fait mauvais : c'est moins triste.
Où est Phil? Il n'aiderait pas, non?
Où est-ce qu'ils sont? Pardon.
Phil et Vinca!
- Phil et Vinca!
Allons-y.
Phil et Vinca.
Tu entends? Ça faisait un seul mot.
"Philévinca."
Oui, j'entends.
Phil et Vinca, c'est toujours la même chose.
Qu'est-ce que tu as?
Ce qui me fait tant de peine,
c'est que cette année,
ça ne m'ennuie même pas de partir.
Tu dis ça. Tu verras l'an prochain.
Non.
Vois-tu, ce que je voudrais au contraire,
ce serait revenir en arrière.
Et avoir un an de moins.
Il ne faut pas dire ça.
Pourquoi?
Parce que ce n'est pas possible.
Phil et Vinca!
Viens.
Tiens.
Garde ça.
Qu'est-ce que c'est?
Je ne sais pas. N'importe quoi.
Un souvenir.
Merci, Philippe.
Pourquoi "Philippe"?
Merci, Phil.
...
Sous-titrage : Éclair Vidéo
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