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Grincement d'une porte Brouhaha
Tout le monde en place.
...
- Moteur. - Silence, s'il vous plaît !
- Ça tourne. - Annonce.
- 14 sur 2, première. Clap
Action !
- Je ne vois pas ce qu'elle a qui te plaît autant.
Elle me plaît pas.
Elle m'impressionne.
Après des années, traverser la France pour retrouver ce type...
Ça m'impressionne.
Quand t'es partie, j'ai même pas traversé la rue pour te rattraper.
Coupez ! Très bien.
C'était très bien, mais on peut faire mieux.
"Quand t'es partie...", ne lui dis pas dans les yeux.
Dis-lui avec un peu plus de pudeur,
- comme si t'en étais pas fier. - C'est bien, ça.
Tu le regardes pareil. Change rien.
Allez, on la refait tout de suite.
Léger brouhaha
...
- Moteur. - Silence, s'il vous plaît !
- Ça tourne. - Annonce.
- 14 sur 2, deuxième. Clap
Action !
- Tiens. - Merci.
Tu sais, j'ai vu Daniel.
Qui ça ?
Daniel. Mon père.
Au cinéma ?
Non, en vrai.
J'avais laissé une lettre chez son agent et il m'a répondu.
Pourquoi t'as fait ça ?
Euh... Je voulais le rencontrer.
Le rencontrer ?
Il a jamais rien fait pour toi. Ça va pas changer.
Il était très gentil.
Petit rire jaune
Très gentil ? Ben voyons.
Bien sûr qu'il l'a été. Ça lui coûte quoi, maintenant ?
Je voulais juste le voir.
- Mais il a jamais voulu de toi ! Tu comprends, ça ?
C'est moi qui t'ai élevée.
Ton nom, c'est mon nom.
Et puis non, il est pas très gentil.
Comme tout homme, il baise tout ce qui passe
et après, il retourne voir sa bourgeoise.
C'est ça que tu veux ?
Alors vas-y. Vas-y.
Arrête de pleurnicher.
- Je pleure pas. - Arrête... de pleurnicher.
Elle soupire.
Tintement de clés
On ferme la porte.
- Même en tête d'affiche ? - Ah non.
Je pourrai pas, je comprends rien à ce qu'il fait.
Ses films sont trop prétentieux.
- C'est pas parce que tu comprends pas que ça l'est.
- Le père qui court dans le désert... On sait même pas après qui.
Petit rire
- Il est très en avance. C'est un grand cinéaste.
- N'importe quoi. - T'as vu ses films ?
- Non. - Je vais t'emmener les voir.
- Eh ben, bon courage. Rires
- J'adorerais tourner avec lui. Il doit pas savoir que j'existe.
- N'importe quoi. - Je suis de l'ancien temps, c'est comme ça.
En même temps, c'est pas à moi de lui demander un rôle.
Les acteurs choisissent pas les rôles.
- Les rôles choisissent les acteurs. - T'as quel âge, Maria ?
- Seize ans. - Ah oui !
L'année de tous les dangers.
- T'as un très beau regard. Tu devrais le mettre en valeur.
- Merci. - Messieurs-dames,
tout le monde sur le plateau.
Pour une mise en place. Merci.
- Bon ? - Très bien.
- Merci. - Je t'en prie.
Allez, viens. "L'ancien temps"...
Elle chuchote.
...
- Qu'est-ce tu fais ?
Je révise l'histoire. J'ai interro.
Tu veux que je te fasse réciter ?
- Merci, mais je sais pas encore toutes les dates.
Tu continues de voir ton père ?
Un peu, oui.
Pas à l'approche
- Ben, vas-y, raconte.
Tu veux savoir quoi ?
Je sais pas.
Il t'a présentée à sa femme ?
Non.
Mais il voudrait que je rencontre mes demi-frère et sœur.
Mmh.
Tu vois, il s'en fiche pas.
Faut croire que je me suis trompée.
Il m'a présenté un ami à lui, aussi.
Tu devineras jamais qui.
Qui ?
Alain Delon.
Petit rire
T'as rencontré Alain Delon ?
Oui.
- Et quoi ? T'as fait quoi avec lui ?
- Bah, rien. Enfin, on a déjeuné avec Daniel et d'autres gens.
C'était sympa.
T'as vu, t'as dit "Daniel".
T'arrives pas à dire "papa". Tu dis "Daniel".
Pourquoi tu t'emmerdes à réviser ?
Plus besoin d'aller en cours.
Petit rire jaune
Depuis que tu traînes sur les tournages
et que tu dînes avec Alain Delon, hein ?
Ça sert à quoi d'aller en classe ?
- Tu m'as demandé de te dire. - Tais-toi !
- Aïe ! - Tais-toi !
Allez.
- Qu'est-ce que tu fais ?
- Debout. Lève-toi.
Non.
Non ?
Barre-toi, je te dis ! Allez !
- Arrête ! - Sors !
- Allez, sors de chez moi ! - Mais arrête !
- Barre-toi ! - Mais ça va pas ?
- Allez, va vivre chez ton père s'il est si sympa.
Va faire ta belle ailleurs.
Je veux plus te voir. Tu m'entends ? Tu dégages.
- Mais arrête ! - Tu dégages !
- Je voulais juste le voir ! - Je ne veux plus te voir !
Barre-toi ! Respiration forte
...
... Elle claque la porte.
Respiration forte
...
Ça va ?
Je t'ai cherchée partout.
Je t'avais dit d'attendre près de la cabine.
Je savais plus, pardon.
J'étais fatiguée.
Ça va aller.
Hein ?
Elle m'a jetée.
- Elle a un sale caractère des fois, ma sœur.
Tu vas dormir à la maison.
Et demain, on l'appellera.
Elle te demandera pardon, tu verras.
Elle veut plus de moi.
- Elle a jamais voulu de moi. - Dis pas ça.
C'est vrai.
Allez, viens.
- Juste lui parler. - Pas possible.
- Deux minutes. - Il faut prendre rendez-vous.
Comme ça, c'est pas possible.
S'il vous plaît.
Arrêtez, mademoiselle.
Monsieur Berhman ?
Oui ?
Je voudrais vous voir.
Je viens de la part de Daniel Gélin.
Et vous êtes ?
Sa fille.
- Asseyez-vous.
Vous avez le même regard décidé.
Vous vous appelez comment ?
Maria.
Maria Schneider.
- Et que puis-je pour vous, Maria ?
Alors voilà, je...
Je voudrais intégrer votre agence.
Être actrice.
Oui.
Mais vous êtes très jeune.
Non.
- Être la fille d'une vedette suffira pas pour être actrice.
- Je sais pas ce qu'il m'a pris de venir là.
Attendez.
Attendez, je vous dis.
Revenez, asseyez-vous.
Asseyez-vous.
Brouhaha de la rue
...
Léger brouhaha
...
Bonjour.
Bonjour.
...
Alors ?
Qu'est-ce que vous en avez pensé ?
C'est beau.
...
Mais c'est sombre.
Ce n'est pas un film familial,
c'est certain. Petit rire
Léger brouhaha
Mais moi,
je comprends pas tout.
- Qu'est-ce que vous ne comprenez pas ?
...
De quoi ça parle.
- D'un homme et d'une femme qui se rencontrent par hasard
et qui décident
de se mettre entre parenthèses.
C'est-à-dire de vivre une relation physique
intense et désespérée,
sans rien savoir l'un de l'autre,
même pas leur nom,
comme une sorte de pari impossible.
...
C'est beau.
...
Mais ça me ressemble pas.
J'ai jamais vécu une histoire pareille.
Aussi tourmentée.
Vous êtes actrice, non ?
Mmh.
Vous savez, mon producteur
est très surpris
que je vous aie donné le scénario.
...
Vous n'avez joué que des rôles mineurs pour l'instant.
...
Mais c'est aussi pour ça que je crois en vous.
...
Vous êtes comme une page blanche.
...
Et puis vous avez quelque chose de blessé
qui me plaît beaucoup.
...
Je me trompe ?
...
Je sais pas.
...
C'est pas à moi de le dire.
...
Vous avez quel âge, Maria ?
19.
...
En lisant,
vous avez dû voir que vous étiez souvent nue.
...
Ça vous dérange ?
...
Non.
Enfin, ça dépend comment...
...
C'est surtout les scènes d'amour.
- Qu'est-ce qu'il faudra faire ? - Comme dans la vie.
...
Je plaisante. Petit rire
Vous en faites pas.
On filmera ça le plus artistiquement possible.
Mais il faut avoir en tête que c'est le sujet du film.
"Une relation physique intense", je vous ai dit.
- Vous avez qui en tête pour le rôle masculin ?
Pas mal d'acteurs ont eu peur du rôle.
Et puis Marlon Brando m'a dit oui.
- Brando ? - Mmh.
Vous seriez la deuxième tête d'affiche.
Avec lui.
À égalité.
Alors il faudra que je fasse des essais ?
Non.
Mais si le producteur a des doutes ?
- C'est moi qui choisis avec qui je vais travailler.
Et je vous choisis.
Si vous voulez le faire, évidemment.
Oui.
Oui, bien sûr.
Tu dois signer. C'est parce que je suis mineure.
Je regarde quand même, si tu permets.
Attends.
T'as le rôle principal ?
Oui.
Petit rire jaune
Eh ben...
T'en as fait du chemin, ma fille.
C'est bien payé, au moins ?
Oui. Enfin, normal.
Au moins, ils ont mis ton vrai nom.
- C'est-à-dire ?
Schneider.
Maria Schneider.
Tu voulais qu'ils mettent quoi ?
- Quand t'as tourné dans Madly, un journaliste avait mis "Gélin".
C'est des conneries, ça.
Ça venait sûrement de lui.
Prêt à tout pour m'effacer de ta vie.
Moi, je sais d'où je viens.
Musique oppressante
... Brouhaha des journalistes
... ...
...
Stop ! Bougez plus, s'il vous plaît.
...
- Vous pouvez rester comme ça ? - Oui.
...
Grognements
Miaulements
Grognements
...
Petits rugissements ...
Miaulements Grognements
... ...
Feulement Grognements
... ...
... Miaulements
Grognements
...
... ...
...
... ...
Il soupire.
Coupez ! Formidable.
Bene. Propos inaudibles
Petit rire
Respiration forte
Ça va, j'étais pas trop ridicule ?
Pas plus que moi, sweety.
Heureusement,
le ridicule
ne tue pas.
(En anglais) Autrement,
il resterait plus beaucoup d'acteurs.
Tu comprends ?
C'est vrai.
OK.
Respiration forte
(En anglais) Tu as encore tombé le masque.
Tu dis ça à chaque prise.
Oui, et la vérité
est sortie.
OK.
Toi aussi, Maria. C'était bien.
Merci.
Maintenant
j'aimerais refaire une prise
en version "chien" pour toi.
A what?
En version chien.
- Version chien ? - Comme un chien
et un chat.
Mon Dieu. Chat et chien.
Pourquoi pas une vache ?
Meuglement Propos inaudibles
Miaulements Meuglements
...
Je vais me marier.
Je vais me marier, tu comprends ?
C'est une grande nouvelle.
Félicitations, alors.
Je te félicite. Qui est l'heureux élu ?
Un garçon très bien.
Ah.
Un garçon très bien.
Comment ça ?
Jeune.
Cultivé.
Très gentil.
Tout l'inverse de toi, vieux schnock !
Quoi qu'il en soit,
tu vas découvrir
que les jeunes garçons gentils et cultivés
baisent toujours mal.
Vas-y, fais la tête.
Tu dis rien, tu sais que j'ai raison.
De toute façon...
qu'est-ce que tu ferais
avec un gentil garçon ?
Toi qui es une vilaine fille.
Hein ?
Une très vilaine fille. Elle rit.
Et tu sais ce qu'on fait aux vilaines filles ?
On les noie comme des chatons.
Tu es malade !
Tu le sais ?
T'es bon à interner !
Brando rit légèrement.
Coupez !
- Parfait. - Ça va ?
C'était pas trop fort ?
Ça va...
Bernardo.
Euh...
Que penses-tu de la tête sous l'eau ? C'était pas trop ?
C'était génial.
Il lui fait payer.
D'accord ?
Il faut que les rapports physiques soient violents.
C'est le contrat entre eux.
Leur seule façon
de communiquer.
- D'accord ? - Hin hin.
Changement de décor.
On retourne au salon avec Maria.
Il faut lui sécher les cheveux.
Léger brouhaha
...
Bravo, petite sardine.
- (En anglais) - Un café, Marlon ?
- (En français) - S'il vous plaît.
Pardon, pardon.
Je pouvais pas entrer. J'avais pas la place.
C'est pas grave. Merci.
...
- Vas-y, viens.
...
Tu me suis ?
Musique classique
- Vous m'avez fait peur. Comment êtes-vous entré ?
...
Je suis idiote, j'ai laissé la porte ouverte.
Je vous ai même pas entendu arriver.
...
Pardon.
...
Vous m'avez fait peur.
Comment êtes-vous entré ?
...
- Je suis idiote... - Ferme les yeux.
...
(-Pardon.)
...
Maria, regarde Marlon.
Voilà.
Regarde bien.
Tu aimes ce que tu vois ?
- Non. Elle rit.
...
Marlon,
Respiration forte
s'il te plaît, concentre-toi sur Maria.
- Salut, Maria. Petit rire
- Tu es magnifique ! - Shh shh !
OK.
Euh...
Propos en italien
Il soupire.
Marlon,
tu m'as épatée, hier.
Ah ?
Oui ?
Oui.
Merci.
Tes larmes à la fin de la scène,
j'ai cru que tu pleurais pour de bon, tellement ça sonnait vrai.
Je sais pas comment tu fais ça.
Je jouais pas.
J'ai vraiment pleuré.
- Vraiment ? - Oui.
Dans la vie,
je pleure pas.
D'habitude,
on me met des fausses larmes.
Mais là...
Lui, là,
il a fait sortir des choses
que je ne pourrais dire à personne.
Il me les a arrachées.
Mmh.
Tu sais,
à l'Actor's Studio,
on t'apprend à faire n'importe quoi.
À être une poule, Petit rire
ou un chien,
une vache, un oiseau.
À pleurer sur commande.
Et...
j'ai toujours détesté ça.
Ce mensonge.
Cette tromperie.
Mais hier,
j'ai détesté la vérité
encore plus.
Tu comprends ?
Mmh.
Tu verras,
le film
sera bien grâce à nous.
Petit rire
Sa meilleure idée...
c'est de nous avoir mis ensemble.
Et toi et moi...
Ce truc unique que tu dégages...
Hein ? Ta...
Ta présence
et tes qualités...
...
Et tout le reste, petite.
Vraiment.
Et moi.
Toi,
ton phrasé.
- Mon quoi ? - Ton phrasé.
- Ta façon de parler. - Hin hin.
Ça compte, ça. C'est important.
Moi, quand je parle, on croit que je mâche du chewing-gum.
- Chewing-gum.
- Chewing-gum. - OK.
Si tu le dis.
*"Valse numéro 3" (Chopin)
*...
*... Elle rit.
*... ...
*...
*... ...
*...
*... ...
*...
Madame.
*...
This way.
*...
*... ...
*...
*... ...
*...
Pas eu trop de mal
- à trouver ? - Ça va.
- T'es toute belle comme ça. - C'est pour le film.
- Ça me fait tellement plaisir que tu sois là.
Viens.
Léger brouhaha
Maria,
ma première fille.
Bonsoir.
Bonsoir.
- Enchantée. Judith. - Maria.
- Jacques. Enchanté. - Maria.
- Bonsoir. Vincent. - Bonsoir.
- Bonsoir. - Sylvie.
Enchantée.
Léger rire
- Qu'est-ce que tu veux boire ?
- Bonsoir, Fiona. - Bonsoir.
Léger brouhaha
- Toi, tu dois être Manuel. C'est ça ? - Oui.
Moi, c'est Maria.
...
Daniel m'a beaucoup parlé de vous.
...
- Ce tournage ? Je veux tout savoir. C'est comment, Bertolucci ?
C'est bien.
On tourne beaucoup.
14 heures par jour et des fois le week-end.
- Ça, c'est le cinéma moderne. - Et Brando,
il est comment ?
- Humainement, je veux dire. - Bien.
Très bien, oui.
Très simple.
J'avais un peu peur d'être intimidée. Mais en fait, non, pas du tout.
- Il paraît qu'il a beaucoup grossi. - C'est l'alcool, ça.
J'apprends beaucoup avec lui.
C'est un grand professionnel.
- Quand je pense que tu tournes avec des stars...
- Il paraît que vous êtes tout le temps nue ?
"Tout le temps"...
C'est du travail, comme tout le reste.
- Le film a déjà une réputation sulfureuse.
On dit qu'il y a plein de scènes qui...
Des choses vulgaires, crues.
Je vois pas qui peut dire ça.
On peut pas parler d'un film qu'on a pas vu.
Les journalistes voulaient voir Brando.
Ils ont pas eu accès au plateau, alors ils racontent n'importe quoi.
Puis c'est une histoire d'amour, surtout.
Et il vous a choisie, vous ?
Oui, oui... Il m'a choisie, moi.
Vous savez pourquoi ?
- Elle a sûrement pas le droit d'en parler. Arrêtez de l'embêter.
À nous.
- Au cinéma ! - Au cinéma !
- À nous ! - Santé.
- Allez, on se met en place pour une répétition. On se concentre.
(Allez, allez, allez.)
Léger brouhaha
Silenzio per favore.
Propos en italien
Allez.
Comme si on tournait.
Avec la même intensité.
Shh, silencio!
Action.
Surprise!
J'ai apporté de la musique.
Tu pourrais dire bonjour, quand même.
Bonjour.
Tu as regardé ?
T'as pas essayé de l'ouvrir ?
On a dû cacher quelque chose là-dedans.
On va peut-être trouver un trésor.
- Ah oui ? - Mmh mmh.
Et ça ?
Et si on regardait là-dedans ?
Il est peut-être là, le trésor.
Non ?
T'as peur de quoi ? Rire jaune
J'ai pas peur.
Non ?
Regardons à l'intérieur, d'accord ?
Non.
Stop.
Hein ? Hé.
Tu joues la femme libérée,
mais t'es juste une gamine,
une gamine avec plein de principes.
T'es un malade !
Parfait.
Super.
On finit la lumière et on tourne.
Mmh ? OK.
Léger brouhaha
...
Tu as regardé ?
Tu as regardé ?
Tu n'as pas essayé de l'ouvrir.
On a dû cacher quelque chose là-dedans.
On frappe. Oui ?
Ça va ?
- Ça va. - Maria...
Il soupire.
Je trouve ça
un peu sage, en fait.
À partir de là, il faudrait changer la couleur de la scène.
C'est-à-dire...
que ce soit plus intense, hein ?
Plus agressif.
C'est le moment
où l'espèce de contrat sexuel que vous avez passé,
- tu n'en veux plus. Tu veux le déchirer. - Mmh.
Et lui, pas du tout.
Alors, il dépasse les bornes.
C'est ça que je veux voir.
D'accord.
- Tu veux répéter comme ça ? - Non.
Non, on va tourner.
Laisse-toi aller.
Laisse-toi embarquer par la scène.
Tu n'as pas essayé de l'ouvrir.
Tu n'as pas essayé de l'ouvrir.
On a dû cacher quelque chose là-dedans.
Et si c'était un trésor ?
Un trésor.
Peut-être que le trésor est là.
Motore!
Azione!
Surprise !
J'ai apporté de la musique.
Tu pourrais dire bonjour, quand même.
Bonjour.
Tu as regardé ?
Tu n'as pas essayé de l'ouvrir.
On a dû cacher quelque chose là-dedans.
Et si c'était
un trésor ?
Et ça ?
Tu caches quoi, là ?
Il est peut-être là,
le trésor.
Mmh mmh.
Non ?
Et si on ouvrait ça ?
On y trouvera peut-être quelque chose.
- Tu as peur de quoi ? - J'ai pas peur.
- Non ? - Non.
T'es sûre de ça ?
Hein ?
Je vais t'apprendre
ce que c'est, la pureté
Respiration forte
et la vertu.
...
- Qu'est-ce que tu fais ? Gémissement
Qu'est-ce que tu fais ?
Je veux que tu répètes ça.
Non !
- Non ! - Répète-le-moi.
Non !
- Non ! - Dis-le !
- Dis-le. - Non.
La religion
éduque
les sauvages.
Non. Non !
- Répète. - Non !
Répète.
...
La religion
éduque les sauvages.
Répète.
- La religion... - Éduque...
Répète.
Je peux pas.
La religion...
La religion !
Elle sanglote.
Éduque...
Éduque...
- Les sauvages. - Les sauvages.
- Non ! - La pureté et la vertu.
- Non ! - Répète.
...
On punit les enfants jusqu'à ce qu'ils apprennent à mentir.
Répète !
...
- On punit... - On punit les enfants !
- ... jusqu'à ce... - ... jusqu'à ce...
- Qu'ils apprennent à mentir. - Qu'ils apprennent à mentir.
- Répète-le.
...
Répète.
Répète.
La religion...
Apprendre...
Apprendre.
- La pureté et la vertu. - La pureté et la vertu.
Il gémit.
On les punit
jusqu'à ce...
- jusqu'à ce... - Jusqu'à ce...
- Jusqu'à ce qu'ils apprennent à mentir. - Ils apprennent à mentir.
Ils apprennent à mentir.
... Respiration forte
...
...
Maria sanglote.
...
...
...
...
...
Coupez.
...
Merci.
- (En anglais) - Génial.
... Il respire fort.
Il souffle.
Elle sanglote.
Il souffle.
Ça va ?
Elle sanglote. Respiration forte
Elle sanglote.
C'était très bien, Maria.
Respiration forte
- Hé. Elle sanglote.
Non.
Respiration forte
Non, Bernardo. C'était pas bien.
...
Hé...
...
Elle sanglote.
...
... Pas à l'approche
... ...
Elle sanglote.
Maria...
...
Je t'avais dit que je voulais que ce soit intense.
Pas comme ça.
Pas le beurre.
...
- Et qu'est-ce que ça change ?
Tout ! Ça change tout.
Et tu le sais très bien.
...
- On a déjà tourné beaucoup de choses improvisées.
Et c'était souvent les meilleures.
...
Si je t'avais prévenue, tu aurais joué,
et je ne voulais pas que tu joues.
...
Sur mes films, il n'y a ni acteur
ni actrice.
Il n'y a que les personnages.
Le film...
et les personnages,
c'est tout.
...
Je croyais que tu l'avais compris.
Allez.
Viens, on fait la suite.
On tourne dans cinq minutes.
...
Propos en italien
- J'ai besoin de Maria, per favore, sur le plateau.
On va bientôt être prêt à tourner.
On termine avec les derniers raccords.
Propos en italien
On termine avec les derniers raccords.
...
On avance. Marlon, ready ?
Thank you very much.
Faut qu'on tourne. Allez, allez.
Allez, c'est bien. Merci beaucoup.
On termine le raccord des costumes.
- Faut remettre le pantalon comme tout à l'heure.
Chuchotements
OK, silencio, per favore.
Motore.
Ça tourne.
Ce n'est qu'un film.
- 23 sur 2, première. Clap
Et...
azione.
*"Ain't Nobody Like You" (FOXY Willim)
*... Brouhaha animé
*... ...
Whisky Coca, s'il te plaît.
*... ...
Pourquoi tu me regardes ?
*... ...
Respirations fortes
...
Il siffle.
C'est beau, chez toi.
- C'est pas chez moi. C'est chez mon père.
Il fait quoi, ton père ?
Industriel.
- Et il est où, là ? - En vacances. Je garde le chat.
Tu veux boire quoi ?
Une bière.
Tu veux pas plus fort ?
Non, ça va.
Bonsoir, Monstre.
Miaulement
Oui, bah, deux minutes.
(Allez, viens.)
Ronronnement
Qu'est-ce qu'il t'arrive ? T'as pas faim ?
...
Tu l'as prise où, la cuillère ?
C'est à moi.
Ça te dérange ?
Non.
T'en veux ?
Non.
T'as tort.
(-T'es bien, là ?)
Elle soupire.
Musique oppressante
... ...
... Brouhaha
... ...
Mademoiselle Schneider !
... ...
- S'il vous plaît, Maria. - Regardez par là.
Au milieu, Maria.
Bernardo !
Regardez par ici. Voilà.
- Maria ! - Maria Schneider !
Souriez !
... ...
Maria, par ici, à gauche !
Un petit sourire.
Bernardo, par ici !
- Rapprochez-vous.
Merci.
Mademoiselle Schneider !
... ...
Monsieur Bertolucci !
... ...
Regardez Bernardo, Maria.
Regardez-le !
... ...
Regardez l'objectif.
... ...
Maria !
... ...
...
- En Italie comme en France, y a une scène qui marque les esprits.
Une scène très crue dont tout le monde parle.
Oui.
- On ne s'attend pas dans un film avec Marlon Brando
à une scène aussi...
Crédible ?
Voilà.
Et si le film est partout qualifié de...
pornographique,
c'est beaucoup à cause de cette scène,
dont on se demande
comment vous avez fait pour l'aborder.
C'est plutôt la scène qui m'a abordée.
Elle était pas écrite comme ça dans le scénario.
On m'a...
prise par surprise, en quelque sorte.
Je n'ai pas joué.
C'est quand même vous qui l'avez jouée.
Et quand même, vous êtes allée loin.
- J'ai pas eu le choix, je vous dis.
Mes larmes étaient vraies.
Ils m'ont pas laissé le choix.
"Ils" ?
Vous voulez dire
Bertolucci et Brando ?
Oui.
Très bien.
Je vous remercie.
Merci à vous.
- Tu peux pas dire des choses pareilles. - Je dis la vérité.
On s'en fout, de la vérité.
Tu fais ton boulot d'actrice, et rien d'autre.
"C'était formidable, une expérience enrichissante."
Tu dois faire rêver. C'est ça, ton métier.
Je mentirai pas.
Pas sur ça.
- Quand t'es sur un plateau, tu dirais que tu mens ou tu joues ?
C'est pareil avec la presse. Vois ça comme une performance.
Tu vas te brûler les ailes.
Ils vont avoir peur de t'engager, si tu continues.
Très bien.
Je dirai plus rien.
- Je ne demande de te débrouiller pour pas avoir l'air d'une folle.
Léger brouhaha
...
Ça va pas ?
...
Qu'est-ce qu'il y a ?
...
T'es pas au courant ?
De quoi ?
La plainte en Italie.
Une poignée de catholiques
puritains.
...
Ils pouvaient pas aimer le film. C'est normal.
- Le jugement a été rendu. Le film a été interdit.
Bertolucci, Brando et moi, on est condamnés.
Condamnés à quoi ?
- À deux mois de prison avec sursis. Pour obscénités.
- Je vois pas pourquoi tu te mets dans cet état.
Deux mois avec sursis, et en Italie en plus.
- Tu iras pas en prison. - C'est pas le problème.
...
J'ai pas écrit ce scénario, j'ai pas réalisé ce film.
Je suis pas responsable.
...
Bertolucci s'est enfui. Brando aussi.
...
Ils m'ont laissée à Paris avec la presse qui écrit des horreurs sur moi.
Des horreurs, je te jure.
...
Tu connais l'adage.
"Dites du bien, dites du mal, parlez de moi."
...
- Tu voulais être actrice, être connue. - Pas comme ça.
- T'as eu tout d'un coup. - J'ai pas voulu ça.
- Avec un seul rôle, en plus. Crois-moi, c'est une chance.
...
Moi, ça m'a pris des années.
... Respiration forte
Léger brouhaha
Vous êtes une honte pour les femmes.
...
... ...
...
- T'en as rien à foutre, de cette bonne femme.
C'est rien, cette bonne femme. C'est personne.
...
Elle inspire puis soupire.
On sonne.
- Maria ! Bisous
- Ça va ? T'as grandi. - Je fais 1 mètre 12.
- Ah oui ! Tu vas finir par me dépasser.
T'étais très attendue.
Elle collectionne les articles sur toi.
Elle les colle dans un cahier.
- C'est vrai, ça ? - À l'école, tout le monde parle de toi.
J'ai ramené des cadeaux.
- Qu'est-ce qu'on dit ? - Merci !
Musique dramatique
...
Ça va, toi ?
T'as pas maigri un peu ?
Non.
J'ai une vie de dingue, c'est tout.
...
Souvent, ça n'a rien à voir avec l'histoire, mais je suis à poil.
Je viens de lire un scénario.
Nue toutes les scènes quasiment.
Y en a même une où je fais cuire des pâtes à poil.
Absurde.
À part Antonioni, ils veulent tous refaire Le Tango.
Et en moins bien, si possible.
Habillée, j'intéresse personne.
- Vittorio Gassman dit qu'il accepte d'être nu dans un film
uniquement s'il n'y a aucune raison valable.
C'est des mots, ça.
Le cul de Gassman, tu le verras jamais, crois-moi.
- Je connais plein de gens qui te trouvent super bien.
Super bonne.
C'est vrai.
En rentrant hier soir,
j'ai croisé deux types.
Arrivés à ma hauteur,
y en a un qui a dit à l'autre :
"Passe-moi le beurre."
Ils ont éclaté de rire.
C'est ça, mon fan-club.
Alors, votre mère habite Paris ?
Oui.
La banlieue.
Des fois, je me sens complètement perdue, vous savez.
J'ai du mal à m'y faire.
À quoi ?
Aux gens, à ce qui se passe.
Aux gens.
À ce qui se passe.
Elle soupire.
Coupez.
- Excusez-moi.
- Voulez-vous revoir le texte ?
- Non, allons-y.
Bon, ça va ?
OK.
Silence !
- Moteur. - Go !
Annonce.
14 sur 2, onzième.
Partez.
Alors, votre mère habite Paris ?
(-Elle n'y arrivera pas.)
Elle sonne.
- Elle soupire. - Putain.
Elle frappe.
Elle sonne.
Elle soupire.
Elle sonne.
- Qu'est-ce que tu fais là ?
Je suis dans la merde, Michel.
Quoi ?
J'ai besoin de blé.
50 balles.
100, si tu peux.
Tu sais quelle heure il est, là ?
- Les petits dorment. - Je sais.
Et on se lève tous à 7 h demain.
Je suis dans la merde.
Je suis ta famille, merde.
Va te coucher, toi.
Bonjour, ma puce.
Tu fais chier !
- Reviens demain mais là, on dort. - Michel...
Chut ! J'ai dit non.
Pas ce soir.
Il claque la porte.
Elle soupire.
Cri au loin
...
Elle va réveiller tout le quartier.
Elle est où ?
Hein ?
Rendez-la-moi, bande de cons !
Rendez-la-moi, putain !
(-Hé !)
(Arrête d'hurler.)
- Ma mob, je l'avais garée là. - Tais-toi.
- On pique ma mob neuve, je dois rien dire ?
Si les flics débarquent,
- ils vont te foutre en taule. - M'en fous !
Qu'ils s'occupent de ma mob.
Arrête !
T'es trouée de la tête au pied.
Regarde !
Regarde, t'en as partout.
S'ils te chopent comme ça, c'est six mois minimum.
Musique dramatique
- Fous-moi la paix.
...
Qu'est-ce que tu veux, toi ?
Hein ? C'est toi qui as piqué ma mob ?
Non ?
Bah alors rentre chez toi.
Rentre chez toi et me regarde pas comme ça.
...
- T'entends ? - Ça suffit maintenant.
- Me regarde pas ! - Viens !
... Respiration forte
Vous voulez quoi ?
...
Vous entendez ? Me regardez pas.
...
Me regardez pas, je vous dis !
... Maria sanglote.
... ...
Me regardez pas.
... ...
Me regardez pas !
... ...
Casse-toi !
... ...
...
Bonjour,
- mademoiselle. - Bonjour.
Alors comment ça va, ce matin ?
La nuit a pas été trop dure ?
Mmh.
Le Seroplex, on passe à 10 milligrammes.
D'accord.
Je vous ai fait rétablir le téléphone.
Et dès lundi, vous aurez le droit aux visites.
- Au revoir, mademoiselle. - Au revoir.
Ils ferment la porte.
*-Bonjour. C'est Marie-Christine.
*Laissez-moi un message. Je vous rappelle.
*Bip
Maman, c'est moi.
Maria.
Je sais pas si Michel t'a dit, mais je suis à l'hôpital.
Enfin, dans un centre.
J'étais pas très bien, mais ça va mieux.
On me fait des électrochocs.
J'ai un traitement, maintenant.
Voilà.
Je fais plus ma belle, tu vois.
Demande-lui l'adresse.
À Michel.
Il te la donnera.
J'aimerais bien que tu viennes me voir.
Léger brouhaha
...
Mademoiselle,
il va falloir retourner dans votre chambre.
J'attends quelqu'un.
Je sais, mais...
y aura plus de visites maintenant.
...
Cri au loin
...
Musique dramatique
...
...
Grondement du tonnerre
...
La caméra
est prête ? Tu ressers sur Maria au moment où il la mord.
OK ? Tu restes bien sur elle.
Oui.
- C'est bon ? Les bougies, c'est bientôt fini ?
Raccords ?
Faut qu'on y aille tout de suite.
Allez, allez.
Moteur.
Silence.
Ça tourne !
- Annonce. - Silence.
44 sur 1, première.
Et action !
Souffle du vent
...
Maria crie.
Coupez ! Parfait.
Ça va ?
Oui.
Bonjour.
Ah oui, venez.
- Vous faites un mémoire, c'est ça? - Oui.
- On peut se voir plus tard, si vous voulez. - Non, allons-y.
Asseyez-vous.
- Ce film ne correspond pas à ce que vous avez fait jusque-là.
Vous avez fondé votre choix sur quel critère ?
L'histoire ? Le scénario ?
Le réalisateur ?
Pour le plaisir de tourner.
Et pour l'argent, aussi.
Même si c'est pas beaucoup d'argent. Petit rire
Dans votre filmographie,
y a-t-il des personnages que vous préférez à d'autres ?
Il porte sur quoi, votre mémoire ?
La place des femmes dans le cinéma.
Vous vous appelez comment ?
Noor.
N-O-O-R.
Et vous avez quel âge, Noor ?
20 ans.
Ferme les yeux.
Léger brouhaha
...
- Aujourd'hui, vous attendez quoi d'un réalisateur ?
...
Qu'il soit clair.
Loyal.
...
Et qu'il me prenne au sérieux.
...
Vous devez recevoir pas mal de scénarios.
Beaucoup de rôles vous plaisent ?
...
Non.
...
Les films sont le plus souvent écrits par des hommes pour des hommes.
...
La majorité des réalisateurs sont des hommes.
Les agents aussi.
Des hommes.
...
Alors les rôles féminins se limitent souvent
aux belles idiotes ou aux folles perverses.
Petit rire
Léger brouhaha
...
Pourquoi tu prends des notes ? Tu enregistres.
Euh, je note ce qui est important.
Je réécoute au cas où j'ai manqué des choses.
...
Ça, c'est la première impression, disons.
Et ça, la deuxième couche, quoi.
...
La première est toujours la bonne, non ?
...
... Elle se racle la gorge.
- Pensez-vous qu'on vous a moins pardonné
votre caractère, disons, entier
parce que vous êtes une femme ?
Léger brouhaha
Après Le Tango, tu veux dire ?
- Vous n'êtes pas obligée d'en parler. - Non.
Ça va.
...
Le problème avec Bertolucci,
c'est qu'il voulait voir plus que les personnages.
...
Alors,
...
que je me sente humiliée,
par exemple,
...
ça lui plaisait.
Il aimait ça.
...
Pour lui, c'était pas moi qui l'étais. C'était Jeanne.
...
Sauf que les larmes de Jeanne, c'était les miennes.
...
Tu sais, pour cette scène-là,
...
j'ai eu l'impression
d'être violée par deux hommes à la fois.
...
Marlon
et Bertolucci.
...
Et quand ça a été fini,
...
aucun des deux n'est venu s'excuser.
...
Mais bon, heureusement,
j'ai eu des bons moments aussi.
Profession : reporter, par exemple.
...
Ça, j'ai été heureuse.
Sur ce film.
...
Tu l'as vu ?
Oui, bien sûr.
...
Ça t'a plu ?
...
Beaucoup.
... Musique dramatique
...
Elle soupire.
C'est ta première fois avec une fille ?
Non.
Pas du tout.
Et toi ?
C'est la première fois...
que quelqu'un me fait cet effet-là
à ce point-là.
- Est-ce que tu sais que je suis accro à l'héroïne ?
Non, je savais pas.
Ben voilà.
Tu sais.
Depuis six ans.
Tu veux toujours me revoir ?
Oui.
Bisou
...
...
...
...
(-N-O-O-R.)
Petits rires
Coupez !
Magnifique.
Ouah.
- Ça va ? - Oui, ça va. Et toi ?
Propos inaudibles
Attendez, attendez.
Maria,
André pense que ce serait mieux si t'avais pas de t-shirt.
- Pardon ? - Il dit que ce serait plus juste.
T'es dans ta salle de bains. François sort de sa douche, nu.
Et donc il faut que je sois nue aussi ?
- Pour me maquiller, je dois être nue ? - Juste le haut.
Tu crois à l'histoire qu'on raconte ?
Oui, j'y crois.
- Il faut un tour de poitrine particulier pour la raconter ?
Non ?
Alors je me déshabille pas.
T'entends, André ?
C'est pas dans le scénario, je me déshabille pas.
La prise t'a plu ou pas ?
Oui.
Très bien.
Alors on passe à la suite.
OK, les gars, on passe à la suite.
Il paraît que j'ai signé un contrat.
Je fais ce qu'on me dit, sinon je touche rien.
- Si tu quittes encore un tournage, tu vas le regretter.
Quoi ? De faire la pute ?
C'est terminé, ça.
Je veux faire des films, pas vendre mon cul.
C'est fini, ça.
*"Psycho Killer" (Talking Heads)
*... Brouhaha animé
*... ...
Olivier.
*... ...
- Et toi ? - Noor.
Comment ?
Noor.
N-O-O-R.
Ça vient d'où, ça ?
Maroc.
- T'es de là-bas ? - Non, mon père.
J'adore le Maroc, Marrakech,
les fêtes...
J'y vais souvent.
*... ...
Tu viens souvent ici ?
Non, j'aime pas.
T'aimes pas quoi ?
Rien, la foule et les mecs lourdingues.
*... ...
Excuse-moi.
*... ...
*... ...
Maria !
Maria !
Maria !
*... ...
S'il vous plaît !
*... ...
S'il vous plaît !
Appelez les pompiers.
*... ...
Vite, appelez les pompiers.
Appelez les pompiers.
*... ...
Regarde-moi.
Regarde-moi.
*... ...
S'il te plaît.
*... ...
S'il te plaît.
Respiration forte
...
...
Fracas
...
Elle est où ?
Tu la trouveras pas.
Ah bon, je la trouverai pas ?
Je te jure que tu vas me le dire ! Elle est où ?
Tu la planques où ?
Respiration forte
Ouvre !
- Ouvre ! - Arrête !
Ouvre !
...
Sors de là.
Noor crie.
Elle est où ? ...
Dis-le ! ...
Arrête !
- Dis-le !
Dis-le !
Dis-le !
Y a rien !
Elles crient.
Elle est où ?
Stop !
Respiration haletante
...
Elle sanglote.
...
T'as eu une injection ce matin.
C'est tout pour aujourd'hui.
S'il te plaît, c'est trop dur.
Non.
...
Il m'en faut une autre.
...
Ou je vais crever !
...
... Respiration forte
Deux, c'est pas possible.
... ...
Tu fais chier !
C'est pas de la came.
C'est de la méthadone. C'est fait pour ça.
Je t'ai dit non.
... ...
Va te faire foutre !
... ...
Maria claque la porte.
Elle sanglote.
...
Pas à l'approche
...
Tiens.
Merci.
Qu'est-ce que tu fous avec moi ?
Je sais pas.
T'es comment, là ?
J'en peux plus.
(-Accroche-toi.)
(Je suis là.)
- J'ai surtout beaucoup aimé l'idée de départ de Rivette.
Deux personnes qui se rencontrent parce que...
quelqu'un a donné rendez-vous aux deux et ne vient pas.
C'est merveilleux, non ?
J'ai vraiment adoré travailler avec cet homme, Rivette.
C'était une... expérience enrichissante,
comme on dit.
Et un très beau film, en plus.
Merci.
Eh bien,
merci, mademoiselle.
Merci beaucoup.
Au revoir.
Au revoir.
Il ferme la porte.
Pas à l'approche
Maria, Mathilde Perladot,
de l'Express.
- Bonjour. - Enchantée.
- Maria, il paraît que Bernardo Bertolucci est à côté.
Il est là pour son dernier film.
C'est drôle, non ?
Alors, vous voulez que j'organise...
quelque chose ?
Je sais pas, un déjeuner ou...
ou une rencontre avec des photos.
Ça fera un bon papier, non ?
Merci, mais non.
Je sais pas qui c'est.
Je connais pas cet homme.
Elle s'éloigne.
...
Elle ferme la porte.
Excusez-moi.
Musique dramatique
...
Je vous écoute.
...
...
...
...
...
...
Sous-titres : Émilie Nicolas
Sous-titrage : TransPerfect Media France
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