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- Bonjour, lieutenant. - Bonjour.
- Salut, doc'. - Compliqué de se dire
bonjour vu le spectacle.
Bonjour quand même.
C'est un homme broyé
par un train, on n'a pas
encore retrouvé tous les morceaux.
La mort a eu lieu
entre 23 h et 4 h
du matin.
-Pourquoi
Il a de la terre sous ses semelles, notre bonhomme ?
-Bizarre, il n'y a que des cailloux
et des gravillons, là. - D'où vient cette terre ?
- Le corps a été déplacé jusqu'ici. - Sans doute,
Mais est-ce qu'il est mort avant ou après le passage du train ?
-On ne peut pas l'identifier, on n'a rien
pour le reconnaître. - Si, les chaussures.
C'est des Richelieu.
C'est du sur-mesure. - "Richelieu".
Duchesse, tu t'occupes des trucs de luxe.
Marijo, tu vois avec le labo pour la terre.
-Je m'occupe
Des avis de disparition.
...
-Merci pour votre confiance déjà.
-Patron, que faites-vous là ?
-Une vente, Léo !
-Roussel et moi, on comptait sur la com'.
-Tu vois Roussel quelque part ?
Et toi, t'es en retard.
-Et pour la com' ?
- Je vais partager avec Roussel ! - M. Vidal, je comptais dessus.
-Hé ! M. le directeur.
Sans Roussel, je t'aurais déjà fait virer.
Et tes chaussures, fais un effort la prochaine fois.
Allez !
On se voit au bureau.
-La terre sous les pompes de Richelieu vient des Catiches,
le meurtre a donc eu lieu dans une carrière.
La SNCF n'a rien noté de bizarre, le conducteur,
Pauvre gars, il est sous le choc.
Richelieu n'est pas fiché. On attend pour l'ADN.
On n'a pas grand-chose à se mettre sous la dent.
Ses pompes.
-J'ai un truc.
Il y a deux ans au même endroit, un fight Stabbers-Pitbulls.
-Et en français ?
-Pardon, une bataille rangée entre hooligans de clubs rivaux.
En l'occurrence,
les Stabbers côté Lens,
et les Pitbulls du côté de Lille.
Et ce jour-là, il y a eu un drame de chaque côté. Du côté lensois,
Stéphane Lefèvre
est mort de coups de couteau, on n'a pas trouvé son meurtrier.
Et le chef des Pitbulls de Lille s'est retrouvé en fauteuil.
On l'appelle l'homme de fer.
- Tu penses à une vengeance ? - Ouais.
Les hooligans aiment bien ça.
-D'où tu connais les hooligans ?
-Quand j'étais ado, j'étais un petit peu ultra.
-Hooligan ?
-Non, ultra, c'est un vrai supporter.
Les hooligans, eux, leur truc,
C'est de se battre contre les clubs rivaux soi-disant au nom du foot.
Moi, à l'époque, j'étais
chez les Molosses,
la tribune Est, à Lille.
Mon coach m'a repéré,
m'a mis à la boxe. Et après,
Les plus extrêmes des Molosses ont fondé les Pitbulls.
-D'accord.
Mais j'ai du mal à croire
que Richelieu, vu sa dégaine, ait quoi que soit
à voir avec l'hooliganisme. - Ca, ça ne veut rien dire.
La plupart des hooligans,
des "casuals", ils s'habillent comme toi et moi,
Ils ont un job normal.
Et les soirs de match, ils rejoignent
La meute des copains, et là, ils se métamorphosent.
-Donne la balle !
-Allez, renvoie !
-Allez !
-Joue !
-Allez !
-Vas-y, joue !
-Fais la passe !
-Tu sers à quoi ?
-T'as gardé des contacts là-bas ?
-Ils ne parleront jamais à un flic.
Par contre,
du côté lensois,
les Stabbers étaient tenus à l'époque par un clan gitan connu,
Trivalic.
-Bon, j'ai compris.
- Mais ça te dérange ? - Non, je vais faire marcher
le réseau.
- Commandant. - Oui, M. Legal ?
-L'hôpital psychiatrique les Charmettes a fait envoyer ça
Au SRPJ.
Les affaires de votre père.
-Tu peux poser ça, là, merci.
-J'ai entendu qu'il y avait quelques mecs de Mouscron
Qui se sont fait éclater avant-hier.
-Salut, Franck.
-Ici, qui décide
s'il y a un fight ?
C'est le Dandy ? C'est qui ?
C'est moi. J'ai donné l'autorisation ?
Non. Alors ?
-Il faut que ça bouge, Franck.
Il y en a qui pensent que tu t'es ramolli.
-C'est le Dandy qui pense ça.
S'il n'ose pas me le dire, c'est que je ne suis pas si ramolli.
-Allez, Franck ! On te respecte, loyauté et tout ça.
On fait quoi nous ici, si ça tabasse plus ?
On se fait chier, voilà, je te le dis en face.
-Les Stabbers font les malins, on doit bouger.
-Même ton gamin
pense pareil !
-Viens ici.
Approche.
Tu réfléchiras
Peut-être avant de l'ouvrir.
S'il y a une provoc
sans mon autorisation, ça va chier.
Transmets
au Dandy.
En fauteuil, mais pas encore mort.
-Le Dandy finira par prendre ta place, papa, si tu ne fais rien.
Tous les gars veulent remonter au fight.
Notre honneur, c'est notre ADN.
-L'ADN, c'est la loyauté et le respect au chef.
-Tu dois la même loyauté aux Pitbulls.
-Je leur ai donné mes jambes. Tu veux quoi, retourner en taule ?
-Qu'est-ce qui s'est passé ?
-Il a été insolent, il a compris.
-Coucou, m'man.
-France Travail a appelé, tu as raté ton rendez-vous.
-J'étais au local, je m'entraînais.
-Tu n'as rien de mieux à faire ?
-Non.
♪Match de football.
-J'ai préparé du gratin, il doit être tiède maintenant.
-Tu le repasses au four et tu nous l'apportes.
-Hm hm !
-Il est en retard, ton mec.
-S'il a dit qu'il venait, il viendra.
Rumeur de la salle.
Par contre, on est d'accord, tu me laisses parler.
- Pas un mot, tu me connais. - Justement.
Le voilà !
Salut, Lexor. - Salut, Luis.
-Marijo,
dont je t'ai parlé, Lexor famille Trivalic,
une famille amie.
-Pour ton macchabée, j'ai checké, les Stabbers sont clean.
-Le corps a été retrouvé
au même endroit que votre rixe, ça pourrait être une réponse
À la mort de Stéphane Lefèvre ?
-Déjà, il aurait fallu qu'on sache qui l'a buté.
Quand ça bastonne, tu ne vois rien. Et si on avait su,
On n'aurait pas attendu deux ans.
-Les Pitbulls voudraient vous faire porter le chapeau ?
-On a passé un accord
avec l'homme de fer.
On a perdu un ami et lui,
Ses jambes. - On peut rompre une trêve.
-Je te dis qu'on a un accord.
L'homme de fer est un gars correct.
On se voit pour maintenir la paix.
Mais je veux pas qu'on sache
qu'on sympathise.
C'est peut-être un règlement de comptes entre eux.
Il y en a qui veulent reprendre les fights.
Soit il a fait disparaître un rival, soit un rival
veut le faire tomber,
et nous provoquer, c'est là qu'il faut chercher.
-Ca va ?
-Pourquoi, ça risque d'aller moins bien
Une fois qu'on se sera parlé ?
-J'ai réfléchi au truc.
Je vais faire court. - Vas-y.
-Marijo aura peut-être des infos,
Mais un hooligan ne parlera qu'à un autre hooligan.
J'aimerais ton feu vert pour une infiltration
Chez les Pitbulls.
-Et tu envisages
D'arrêter les opioïdes ?
T'as un chamallow dans le cerveau, tu tiens à peine debout.
-C'est un peu ton problème aussi.
- Si c'est mon problème, c'est non. - Mais...
T'as mieux ? On ne sait même pas quelle tête il a, Richelieu.
J'ai un contact, Cindy, une fille avec qui j'ai grandi.
-Mais tu m'as entendu ?
-Oui, depuis le début, je t'écoute, regarde-moi, tu trouves
Que je m'en sors ? - Ca prend du temps.
-Et le sac de merde que je me trimballe sur le dos,
tu m'as dit que j'en ferais quelque chose,
Non ? - C'est déjà le cas.
-Mais quoi ?
-Simplement il y a des endroits et des moments pour agir.
-C'est l'endroit, c'est le moment.
Ne me laisse pas louper ce rendez-vous, s'il te plaît.
Je ne te décevrai pas.
-Et s'ils te crament, t'as un gamin, putain !
T'es en état ? - Bien sûr, je pète le feu.
-Et ton contact, c'est une femme hooligan ?
-Une femme de hooligan, elle a accepté de m'infiltrer.
Elle est fiable.
On a tout bordé,
C'est l'affaire de quelques jours.
-Vous n'allez pas accepter !
C'est n'importe quoi !
- On se calme, bonjour ! - Bonjour !
-Bonjour, je suis Darius,
J'arbitre pas vos engueulades, c'est clair ?
-Marijo, dis...
- S'il te plaît. - Quoi ?
- Pas de cette manière-là. - Ca vous gêne ?
-Toi, il y a un truc qui te gêne ! On va en parler, mais après.
-L'incident est clos.
-Désolée, chef,
Je ne suis pas d'accord non plus.
La porte claque.
-Vas-y, dis-moi ce qui ne va pas.
-Envoyer Ben en infiltration, comme ça,
C'est pas le mettre en danger ?
-Si.
-Vous êtes son supérieur,
C'est vous qui décidez. - On n'en est plus là.
Tu es effrayée par la situation, je le suis aussi.
- Pourquoi vous acceptez ? - Il m'a demandé
de lui faire
confiance. - Ben, quand il est comme ça,
Il ne prend pas les bonnes décisions.
- Il a besoin de notre confiance. - Vous n'êtes pas son psy.
-Duchesse, arrête, explique-moi ton vrai problème.
Tu m'en veux pour Ben,
Dis-le, ce sera plus simple. - Evidemment.
Il a failli y passer,
Et dès qu'on m'a dit qu'il allait s'en sortir, je vous ai perdu.
L'image que j'avais construite de vous a éclaté.
Quand on commande, on protège ses hommes,
Et vous ne l'avez pas fait, et vous n'avez rien dit.
Et depuis ce moment-là, je vous déteste.
-Je veux bien porter la responsabilité de tout,
sauf de l'image que tu t'es faite de moi,
Je ne suis pas un modèle.
Si ça ne va pas, demande ta mutation.
-Je vais y penser.
-Tu vas me faire la gueule encore longtemps ?
- Je ne fais pas du tout la gueule. - Ah ! Tant mieux, ça me rassure.
Arrête-toi
deux secondes.
Tu vois le petit balcon jaune ?
La 4e fenêtre à gauche,
C'était ma chambre.
Quand ça gueulait trop chez moi, je descendais là, au square.
On zonait, on fumait des joints, on se prenait pour des caïds.
Quand on rentrait chez nous, on se prenait une branlée.
-C'est à cette période que tu as rencontré ta garantie ?
-Oui, on traînait ensemble.
Elle s'est toujours maquée avec des connards.
Un d'eux a failli la faire tomber pour recel, j'ai agi.
Du coup, elle a accepté de m'infiltrer.
-J'avais compris.
-J'ai eu plus de chance qu'elle, j'ai eu la boxe,
J'ai eu Darius, Marijo, toi.
Gare-toi là, elle va arriver.
-Ben, tu cherches à prouver quoi exactement là ?
- Allez ! - Que t'es courageux ?
Que t'es un bon flic ?
Ca ne t'a pas suffi de te prendre une balle et qu'on s'inquiète ?
-A chaque fois, je recommence tout, on me prenait pour un débile,
Maintenant on me prend pour un infirme.
J'en ai plein le cul !
Tu ne vois pas la différence entre ma tour et ta tour ?
Si tu ne vois pas pourquoi je fais ça,
on ne se comprendra jamais !
Pardon, excuse-moi...
Excuse-moi, Estelle, pardon, je suis désolé, pardon.
Elle est là, il faut que j'y aille.
Et ce n'est pas la peine d'en vouloir à Darius.
-Ne t'inquiète pas, je gère, je sais ce que j'ai à faire, merci.
...
-C'est Ben,
dont je vous ai parlé.
-Salut, Franck.
Tu vois qui je suis ?
-Ouais, une légende vivante, ravi de te rencontrer.
Cindy m'a parlé de toi, en bien.
-J'espère bien !
Vous étiez ensemble chez les Molosses,
Je ne me rappelle pas de toi. - J'ai pris de la masse.
-Bof ! Vous vous connaissez depuis quand
avec Cindy ? - 3e 4, Maxence Van Der Meersch.
-C'était
ta meuf ? - Non, on était potes, c'est tout.
- T'es vigile ? - Ouais, plus ou moins.
Je cherche du boulot en ce moment. - T'es pas une espèce de flic raté ?
-Non, un ancien boxeur, il sait cogner.
-T'as boxé quoi, t'as boxé qui ?
-J'étais dans le circuit pro,
ça a merdé, j'ai couru le cacheton, Asie, Europe de l'Est, Maghreb.
Je suis rentré au bercail, et vu que j'ai le club
Dans la peau, me voilà.
Je ne cherche pas les emmerdes.
Juste dans ma vie, ça ne va pas très fort,
J'ai besoin de taper sur des gars, être avec des copains.
Si ma gueule ne vous revient pas,
Dites-le, je m'en vais.
-Si tu la joues loyal, que t'es collectif,
ça me va.
Qu'est-ce qu'il fout ?
-Putain !
Coup de sifflet.
-Faute !
-Je joue le ballon !
-Ne discute pas, il y a faute.
- Bien sûr ! - Jouez !
Allez ! Un bon petit coup franc.
Pourquoi
il ne shoote pas ?
Oh ! Coups de sifflet.
C'est bon, gamin !
Les perdants payent un coup aux gagnants, et à moi !
-C'est bien, gamin, bravo.
T'en as sous le capot, c'est bien.
- Arrête, t'as vu mon gabarit ? - On s'en fout de ça.
-Ce qui me parle, c'est la boxe.
-Ca va être une terreur.
Il va tous les éclater. - Ben, ouais !
Ouais, ouais, le Dandy m'a montré quelques trucs.
-Le Dandy, ah ouais ! Genre quoi ? Vas-y, montre-moi.
Vas-y ! Ouais ! Ouais !
Vas-y, pas mal !
Il faut le faire mieux, mais c'est bien.
-Ouais, tu diras ça au Dandy ! Il ne faut pas trop
se la péter avec lui. - J'ai compris où était ma place.
Je t'entraîne, si tu veux. - Ouais, de fou !
-Tiens !
-C'est qui
Le bourge sur la photo ?
-Pourquoi ?
- Comme ça, il a un look marrant. - T'as cru
que c'était une question
de look ?
-Le sang, c'est galère à faire partir
sur un costard.
-Bébé, tu peux dégager un moment ?
- OK, je vous laisse entre mecs. - C'est ça, merci.
Alors, c'est la galère de thunes ?
-C'est un peu tendu, ouais.
-J'ai un petit business
pour mettre un peu
du beurre dans les épinards. - OK.
-Je me fais une Merco ce soir, tu vas venir avec moi.
-Chaud, un peu d'action, ça me fera du bien.
A quelle heure ? - Je t'appelle.
-OK.
-A ce soir.
-Le type sur la photo,
C'est le Dandy, un casual, un ouf qui prêche le retour au fight.
Son truc, c'est plus les lames. - C'est lui qui a planté Lefèvre ?
-Je risque gros, moi...
Fracas.
-(Ecoute, je suis là pour ça, moi, obtenir des réponses.)
(C'est mon boulot.)
(Qu'est-ce que tu es allée foutre avec ces mecs, sérieux ?)
-On fait ce qu'on peut.
Tout le monde sait que c'est lui.
-L'homme de fer en pense quoi, il doit l'avoir mauvaise ?
-Ben, ouais.
Ses fils sont à fond sur le Dandy.
Il les a endoctrinés,
surtout Maël, le pauvre.
-Tout le monde parle de lui, il a bien un nom.
-Franck sait, pas moi. Il n'est pas venu dernièrement.
-Quelqu'un saurait où il est ?
-Tiens, regarde !
C'est sûrement ici que Richelieu s'est fait buter.
-Il n'y a aucune trace au sol, on l'a porté jusqu'à une bagnole
pour le sortir.
Donc, on a affaire soit à un gros costaud,
Soit à quelqu'un de plein d'adrénaline.
-Attends !
Ici, il y a une trace de pneu.
Il n'a plu que l'après-midi
Du meurtre et ce matin.
-Bien vu.
Il va falloir faire un moulage. - Hm hm.
-Je vais
m'arrêter, Marijo.
Je vais passer la main.
Voilà !
J'ai vu avec Chistera,
dès qu'on a terminé cette affaire, c'est toi qui reprends
la direction de l'équipe.
-Je ne sais pas quoi dire.
-Ben, ne dis rien.
-C'est pas trop tôt ?
-J'espère surtout que c'est pas trop tard.
Je crois que j'ai mieux à faire.
Ailleurs.
Autrement.
Voilà !
Téléphone.
C'est Ben.
"Type disparu surnommé Dandy, commercial panneaux solaires".
-Ouais, Duchesse.
♪-Ouais, Marijo... - Je te mets sur haut-parleur.
Vas-y.
♪-J'ai trouvé la boutique.
♪Notre client s'appelait Roussel,
♪50 ans, commercial dans une boîte de panneaux solaires.
Carillon.
-Hé ! Qu'est-ce
Que tu fais là ?
Des véhicules approchent. - Qu'est-ce qui se passe ?
-(Heureusement que j'étais là.)
-(Qu'est-ce qu'ils veulent au Dandy ?)
(Qu'est-ce qui se passe ?)
-(Le Dandy, il est mort.)
(Ils ont prévenu mon boss, tu diras merci au daron.)
-Vu ses fringues et sa déco...
Je ne vois pas le rapport avec les hooligans et le foot.
Je ne comprends pas.
C'est bon, on peut exfiltrer Ben ?
...
-Bon,
Tu as la réponse à ta question.
Le rapport avec les hooligans, tu ne le vois toujours pas ?
-C'est vous qui voyez.
-(C'est celle-là.)
Le propriétaire
Arrive à 1 h du matin. - OK.
(Attends, regarde là.)
Si tu veux
Te faire du blé, il y a un moyen.
-Explique.
-On reprend les fights, on met les ultras dans notre poche,
Et on tient les tribunes.
-Mon père ne voudra pas.
-A Marseille, ils ont racheté la paix au stade en échange
De la billetterie des ultras. Et là, tu te payes ta Merco.
-Idée à la Dandy, lui et mon père, c'était
La guerre. - La vraie ?
- Ca ne te regarde pas en fait. - Oui, tu as raison. Allez !
- On y va ? - Ouais.
Vas-y, go !
Sirène d'alarme.
- Putain de merde !
Cris.
Gémissements de lutte.
-Je suis flic,
Tout va bien, désolé.
-Roule ! Roule ! Roule !
Allez ! Gémissements de douleur.
-Ca ne t'a pas suffi un an de prison ?
- Ca va. - Tu recommences
tes conneries. - On ne pouvait pas
Savoir qu'il y aurait autant de vigiles.
Merci.
-Et toi ?
- Quoi ? - Tu es venu
pour foutre la merde ?
Le Dandy t'envoie ?
-On l'a foutu sous une voie ferrée.
-Et tu crois que c'est moi ?
- Non ? - Peut-être !
Je lui ai roulé dessus avec mon fauteuil.
Qu'est-ce que t'as été foutre
chez lui ?
-On avait rendez-vous pour qu'il me montre des trucs.
-Comment planter un mec ?
-Peut-être.
Ca peut servir.
-Approche.
-Franck...
-Je joue collectif.
- Arrête. - Je ne pense pas qu'à ma gueule.
Je pense à la vôtre.
Casse-toi.
Ca va être bourré
de flics demain au local.
Ils vont vous poser des questions, vous allez parler du Dandy ?
- Qu'il a planté le Lensois ? - Il n'y a pas de secret.
- Alors ? - Tout le monde le sait !
Je devrais quoi,
le balancer ?
- Peut-être, ouais. - Un Pitbulls ?
J'aurais dû.
J'ai été con.
-Je vais prendre l'air.
Pleurs.
-Non, ne pleure pas, c'est rien, on s'engueule.
-Ca ne va pas ?
-C'est rien, des vieilles blessures de guerre.
Une douleur, c'est dans la tête.
-Ca rend vite accro, ces saloperies.
-Il lui met souvent sur la gueule, comme ça ?
-Quand il est en colère, oui.
Il pense que c'est comme ça qu'il va comprendre.
Mais Franck ne comprend rien à son fils.
Le Dandy,
Maël s'en foutait.
C'est son père qu'il veut impressionner surtout.
Et il va foutre sa vie en l'air pour ça.
J'avais réussi à lui faire accepter de passer un CAP,
Et ça a raté.
Il cuisine bien.
-Ce n'est pas une fatalité, madame.
Ce n'est pas trop tard.
Maël ne s'aime pas parce qu'il ne se connaît pas bien.
Mais c'est un chouette gamin, ça se voit.
...
...
On entre.
-Ronald... Tu peux venir avec moi ?
Viens, s'il te plaît. Dépêche-toi !
Excusez-moi, Marjo, viens, s'il te plaît.
-Qu'est-ce qui se passe ?
-Tu connais le journaliste "JPH" ?
-Oui, Jean-Paul Himberg, journaliste local.
Il est mort. - Il bossait où ?
-Il pigeait au "Nord Matin", "Le Message", "Ch'ti Direct"...
Enfin, il était surtout à la rubrique des chiens écrasés,
Des trucs sans importance.
-Ronald, c'est quoi ce bureau ?
- Les archives. - Remplies de trucs sans importance.
Marijo, un jour, tu m'as dit :
"La solution de toutes nos affaires est peut-être dans ce bureau."
- Ouais, je m'en souviens. - OK.
Mon père a gardé ça
Sur lui toute sa vie, un article signé JPH.
Il est quelque part ici.
Vous voyez qui sur la photo ?
-C'est ta mère,
Darius.
-Oui, c'est ma mère.
Donc, l'article
En entier se trouve quelque part dans un de ces journaux.
Entre 1968 et 1978.
Et je n'arriverai pas à le trouver tout seul.
...
-Je l'ai trouvé.
-"Tentent de s'inventer leur monde idéal."
Voilà où ma mère s'est enfuie après avoir quitté mon père.
Comment tu vas ?
-J'ai volé une voiture et couché
deux vigiles.
Assure-toi qu'ils vont bien. Tout est sous contrôle.
-Tiens !
Michael Roussel, alias Richelieu. - C'est le Dandy.
C'est lui qui a poignardé Lefèvre il y a deux ans.
Les Pitbulls l'ont couvert. J'ai failli enregistrer l'aveu.
En tout cas, ça sent bien le putsch chez les Pitbulls. Le Dandy,
Il voulait renverser l'homme de fer.
-Et l'homme de fer...
-En théorie, oui, dans la pratique, non.
- Il aurait pu avoir un complice. - Non, il est seul, même ses gamins
sont passés à l'ennemi,
Et la mère est dépressive. - Chouette famille !
-Ca n'explique pas la symbolique du corps déplacé sur les rails.
Il y a autre chose.
-Un collègue jaloux qui veut être calife à la place du calife.
Lui te dit quelque chose ?
-Ouais.
Lui, là,
C'est Léo.
Le bras droit du Dandy, ce mec-là, c'est un pervers.
-Le type fait d'une pierre quatre coups.
Il prend sa place au boulot, chez les Pitbulls,
Il incrimine les Stabbers et fait tomber l'homme de fer.
-Oui, ça se tient.
-Donc, on a de quoi avancer.
Dis-moi, Ben. - Hm.
-On arrête, non ?
-Non, je continue à creuser. Tu m'envoies une photo du pneu ?
-Hé ! Tu vas continuer de creuser jusqu'à ta tombe ?
Si tu ne le fais pas pour moi, fais-le pour ton gamin,
Fais-le pour Duchesse.
-C'est pour moi que je le fais, c'est tout, pour moi.
Tu veux m'aider, vraiment ?
Tiens, tu prends cette saloperie, tu la jettes dans la poubelle.
Le reste, c'est ma décision, je gère.
-Qu'est-ce qu'il y a ?
-Je crois que ton intuition est la bonne.
Je voudrais que tu ailles voir ce qui se passe là-bas.
Et tu ne fais rien, mais rien, sans m'en tenir informé.
Je compte sur toi ?
Merci.
...
-Tu fais quoi ?
-Hein ?
A ton avis ?
Je suis venu te chercher. - On doit
Être au local dans 1 h.
-Justement, on y va à pied, ça nous fera prendre l'air.
Tiens, viens, on va s'asseoir là !
-Qu'est-ce que c'est moche.
-Quand on vit dans un endroit
Qu'on n'aime pas, on trace.
-Pour que mon daron me retrouve et m'en colle une, flemme.
-Il te fait peur
À ce point ? - Il fait peur à tout le monde.
-Si ton daron te demandait de te jeter du 5e étage,
Tu le ferais ?
-Qu'est-ce que tu veux qu'il me demande, mon daron ?
Il passe sa vie à me rabaisser.
Peut-être qu'un jour, il verra de quoi je suis capable.
-Tu sais, moi, je ne ressemble pas à mon père, vraiment pas.
Ta mère dit que tu cuisines, tu aimes cuisiner ?
-Oui, j'aime bien.
- Super, essaie d'en faire un truc. - Pour quoi faire ?
-Pour toi, pas pour les autres, pour toi.
On a tous une passion, un truc pour lequel on est doué.
Moi, maintenant, j'adore lire.
Ca prend du temps pour bien se connaître.
Il faut aller vers les gens
Qui auront envie de voir qui tu es.
-Ben !
Ils viennent tous d'arriver.
-OK ! Vas-y, je te rejoins.
S'il reste ici, il est foutu, et toi aussi, tu es foutue.
Il faut que tu te tires d'ici, Cindy.
Ils vont tous plonger.
Ca ne va pas être beau.
-Tu sais qui a buté le Dandy ?
-J'ai peur de le savoir, oui.
Rentre chez toi,
Ne repasse pas par le local.
Et s'il te plaît,
Arrête de te maquer avec des "cassos".
...
-Bonjour, madame, SRPJ de Lille.
Est-ce que ce serait possible
de parler à votre mari rapidement ?
- Franck n'est pas là. - Il n'est pas là ?
-Non.
-Il est où, au local ?
-On t'a tous fait confiance. T'as plus le physique,
Plus la niaque, t'es "old school".
On fait peur à qui, nous ?
On fait peur à qui ?
Plus personne !
Tout le monde se fout de nous, et on en a ras le cul !
-Il est où ?
On le trouve au local ?
-Madame !
-Oui.
-OK.
-Le Dandy a essayé de te prévenir, et tu l'as buté.
C'est lui qui l'a buté.
Et je vais vous dire pourquoi.
Parce qu'il a dealé
avec les Stabbers.
- Alors ? - Elle ne répond pas.
Tu sais ce que je pense ? - Je pense la même chose.
-Je vous ai protégés, tous.
Comme ma famille.
Quand Roussel a planté le Lensois,
J'étais contre, mais j'ai clapé ma gueule.
Parce qu'on est un collectif, ce qui nous rassemble ici,
C'est ce putain de club.
Et on le défend... - C'est moi qui l'ai buté.
C'est moi.
-Ferme-la.
Sors ! - Pourquoi ?
Je ne fais pas partie
du club ?
Mais regardez-vous, vous vous croyez forts ?
Le Dandy,
Je l'ai poussé sous le train.
Et celui qui pense que je ne suis pas taillé pour,
Qu'il ouvre sa gueule. Tu vas l'ouvrir ?
Hein !
- Ta gueule ! - Hé !
Si tu veux cogner, je suis là. - Touche pas à mon père.
-Lâche-moi !
Fracas.
-Je vais t'éclater.
-C'est de famille !
- C'est ça ! - Viens !
-Hé !
C'est quoi ?
Tu nous écoutes ?
Il nous écoute, cet enculé.
T'es flic ?
Cris de combat.
Détonations.
-Reculez !
Reculez et lâchez-le.
T'as entendu, tu recules !
Lutte.
-Défonce-la !
Cris d'encouragement.
Détonation.
-Maël...
Donne-moi ça.
Donne.
Barrez-vous.
-Coup de filet
spectaculaire chez les Pitbulls, association de supporters radicaux
du club de Lille connus pour leur violence.
La police lilloise a procédé
à l'arrestation du président Franck Liénart
pour avoir couvert le meurtre d'un supporter lensois.
-Les interpellés sont entendus
par le procureur Bidaud. C'est une opération qui va mettre
hors jeu une partie de ces ultras qui pourrissent les stades
Et les matchs.
J'en profite pour saluer le travail de mes équipes,
le commandant Darius,
la capitaine Cantini et les lieutenants
Ferrer et Lacorderie.
-Vous avez un garçon qui a beaucoup de courage, madame.
C'est Maël qui va tomber pour un acte qu'il n'a pas commis.
Sinon, il aurait su que le meurtre
avait eu lieu aux Catiches.
Cette terre des Catiches présente dans la camionnette,
Que Kévin n'a pas conduite, il était chez Cindy.
On sait que ce n'est pas Franck.
Et ça ne peut pas être Maël.
Parce que Maël n'a pas cette nature-là.
C'est son drame, mais c'est surtout sa chance.
Conclusion, Mme Liénart,
il n'y a que vous qui puissiez me dire ce qui s'est passé
ce soir-là.
Je sais que vous vomissez toute cette violence.
Et quand vous avez compris que, quoi que vous fassiez,
Maël prendrait le même chemin,
vous avez décidé d'agir.
Pour protéger Maël, vous deviez mettre un terme à tout ça.
-Le voir tous les jours chercher le regard de son père,
le voir revenir avec des marques de coups,
et ne le voir jamais pleurer...
C'était insupportable.
Et quand le Dandy a commencé à prendre
le pouvoir... Je ne sais pas, il lui a retourné la tête,
Il l'aurait fait basculer !
J'ai donné rendez-vous au Dandy, aux Catiches.
Et puis, j'ai pris le van... - Votre mari dormait ?
-Il prend des antidouleurs, ça l'assomme en général,
J'ai forcé la dose.
Le Dandy ne s'est pas méfié, il a pensé
Que j'allais lui donner des infos contre Franck.
Et il a juste suffi qu'il me tourne le dos quelques secondes.
-Mais pourquoi tout ce cirque ?
Pourquoi mettre le corps sur la voie ferrée ?
-Je savais que ce serait un symbole fort
Qui leur ferait peur à tous.
Je voulais qu'ils tombent
Les uns après les autres.
Je voulais juste que ça s'arrête.
-(Tu l'emmènes chez Vincent.)
-T'as joué une partie risquée, chef.
-Oui.
-Comment je vais t'appeler
Quand tu ne seras plus là, Gabriel ?
-Darius ! Darius, c'est bien aussi.
-Tu es toujours décidé ?
-Il me reste un dernier petit truc à faire.
-Il est où, Ben ?
-Il a pris son après-midi.
-Et Duchesse ?
-Elle a grandi.
...
-Hé !
- Tu sais, mon premier jour au SRPJ. - Hm.
-J'avais un trac énorme avant de vous rencontrer.
Darius m'avait demandé d'arriver un peu en avance,
Je m'étais mise sur la place et je vous avais regardés rentrer.
Et comme une idiote, je répétais mon discours de présentation,
Comme si j'allais passer un oral.
Je ne sais pas si tu te souviens, mais je n'ai fait que bafouiller.
-Oui.
-Mais ce n'est pas Marijo qui m'a fait perdre mes moyens.
C'est toi.
-Je m'en souviens très bien de ce jour-là.
Tu avais ta veste à carreaux à l'anglaise.
-Hm.
-Je me suis dit que ça allait être très compliqué
De t'avoir face à moi tous les jours.
Et ça fait quatre ans que ça l'est. - Quatre ans et six mois.
-Quatre ans et six mois ? Voilà !
Ca serait bien qu'on ne passe pas à nouveau quatre ans et six mois
À tout gâcher.
Je ne sais pas ce que tu en penses.
Merci.
Pour le...
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