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Lecture en anglais
-"Garnison des cuirasses
"qui s'en vont par le plus court
a la terre."
Pere, je le quitte.
Et je vais...
divorcer.
Tu as l'age de savoir que faire.
Je pars pour Edimbourg. Par avion.
Il le sait ?
Je le lui dirai.
-Vous etes une enfant. Pire qu'une femme.
Je vous deteste !
Vous ne comprenez donc pas ? Vous etes pour moi...
-Vous vous etes fait mal ?
-Un lys, Patricia.
Vous etes belle comme la fleur sur les armoiries de nos rois.
-Andre, remontez et cessez de faire le pitre.
-Patricia,
depuis le jour ou je vous ai vue pour la 1re fois...
-Le jour de votre mariage.
Elle rit.
-Vous mettez Catherine entre nous.
-Vous etes son mari.
-Oh, etre enfin seul avec vous...
j'aurais tant a vous dire.
Vous etes la femme de ma vie.
Je vous aime, Pat.
-Mon cher Andre, vous employez des mots
dont vous ne connaissez pas le sens.
-Ah, je vois !
Catherine est encore passee par la.
Je suis un infirme, hum ? Pas de coeur.
Je vois.
Cris des enfants qui jouent.
Elle rit.
A temps pour le the !
Mais vous etes trempe ! Je vais vous procurer des vetements.
Que s'est-il passe ?
Rien.
Comment... rien ?
Rien.
Tu veux du the ?
Il t'a comparee a une fleur ?
Dans ce cas, c'est tres serieux.
Moi, j'etais un glaieul...
Un glaieul !
Il veut sans doute devenir fleuriste...
Mais tout ca ne veut rien dire.
Ce n'est pas de ta faute.
Tu ne voudrais pas me faire du mal ?
Toi que j'aime tant...
toi que j'ai vue grandir aupres de moi.
Je vais te dire :
il veut que chaque femme...
croie qu'elle est la femme de sa vie.
Meme toi.
Si elle ne cede pas, elle l'ennuie.
Elle l'ennuie encore plus en lui cedant.
Et ca depuis toujours.
Et ce sera toujours ainsi...
pour lui.
Moi, j'en ai assez.
Avant, ca m'amusait...
mais plus maintenant.
Il siffle.
-Monsieur, vous avez laisse votre manteau.
Il chantonne.
Telephone
-Merci !
Tenez, je vais le prendre.
Allo ? *-Alle ? Alle, Andre ?
-Patricia !
Vous etes a Londres ?
*-Pour 2 jours. Je peux parler a Catherine ?
-Je vais la chercher a l'avion.
Elle est allee a Edimbourg passer 8 jours.
*-Soyez gentil de lui dire de m'appeler au Brown's Hotel.
Regent, 60-20. -Un moment.
Je vais le noter.
Vous etes a deux pas, non ?
Vous dites ? *-Regent 60-20.
-Regent...
60-2...
Vous etes seule, Pat ? *-Oui. Pourquoi, Andre ?
-Pat... si je passais vous voir maintenant ?
*-Non, Andre, vous allez vous mettre en retard.
-Mais que vous ai-je fait ?
Je suis infiniment triste, Patricia.
Dites-moi quelque chose de gentil.
Pat ?
Allo ?
On nous a coupes.
Merci !
Telephone
Fermez la porte.
Allo ? *-Mme Ripois va vous parler.
-Catherine ?
Mais ou etes-vous donc ?
*-Toujours a Edimbourg.
Une derniere conversation avec mon avocat.
Je vous dirai ce que vous avez a faire pour notre divorce.
-Oh, mais je suis navre !
Je partais justement vous chercher a l'aerodrome.
*-Eh bien, vous allez chercher d'autres sacs.
-Pourquoi etes-vous si dure avec moi, Catherine ?
Vous avez recu ma lettre ? *-Oui.
Vous l'avez copiee dans "Le Courrier du coeur".
-Il faut tout effacer, Catherine.
*-Tout effacer ?
Vous trouvez vite la solution la plus facile.
-Catherine, appelez-moi demain.
*-Ma decision est prise. Adieu.
Elle a raccroche la ligne.
Il chantonne.
*Musique jazzy
-Oui...
Allo ?
Il crie.
-Hi ! Come on up !
Il siffle.
Il chantonne.
A Ripois, on ne la fait pas
-Chut !
-Diana, ma petite orchidee sauvage !
Attention a la bonne. -Hein ? Ah...
C'est pas son jour de sortie ?
Cri d'oiseau
-J'attends des amis. -Non !
Oh !
C'est bien ma chance !
-Tu n'etais pas libre ce soir. -Oui, mais ca a change.
Liquide-les, tes amis... -Ils arrivent dans un instant.
-Pas moyen de les refouler ? -Je ne veux vraiment pas.
Arrivee de l'ascenseur
Bribes de paroles, rires
Tu pourrais rester avec nous. -Merci.
Il siffle.
Allo ? Brown's Hotel ? Miss Patricia Hadley, je vous prie.
*-Oui, monsieur.
*-Alle ?
Patricia, je n'y ai pas pense, mais venez donc diner chez nous.
Catherine sera tres heureuse.
*-Avec joie, je serai la dans une heure.
-Alors, a tout a l'heure, Pat.
-Je mets le couvert pour 3 ? -Non, pourquoi ? 2.
Quoi ? Oui, oui, 3.
Mettez tout sur la table. Ca suffira.
-Je ferai le service. -Vous pouvez prendre votre soiree.
-Merci, mais je n'en ai pas envie.
-Envie ou pas, je vous repete que vous pouvez vous en aller.
Service des abonnes absents ?
Ici, Mayfair 00-95.
-Bien, monsieur est bien bon. -Je vous en prie.
Mademoiselle, pourriez-vous, s'il vous plait, prendre mes...
-Merci, bonsoir. -Oui, bonsoir.
*-Bonsoir. -Non, ce n'est pas vous.
Pourriez-vous prendre mes appels jusqu'a 21h30 et m'appeler ?
*En anglais
-C'est ca.
Merci, vous avez une jolie voix. *-Oh...
-Non, elle n'etait pas dans l'avion.
Telle que je la connais, elle prendra le suivant.
Pas mal.
Bougies.
J'apprends vite, dis donc.
Sonnette
-Tiens, je croyais etre en avance.
Catherine ?
Catherine ? -Elle n'etait pas dans l'avion.
-Pourquoi ? -Je l'ignore.
-Oh ! -Elle prendra le suivant.
-Il y en a un autre ? -Oui, vers 22h.
-Ah bon !
-On ira la chercher ensemble. Voulez-vous ?
Si on dinait maintenant ? -Oh...
Sans l'attendre ?
-A cette heure-la, elle aura surement dine dans l'avion.
-On n'a pas le temps. -Tout est pret.
-Bien. -Vous enlevez votre manteau ?
-Du champagne ! -Pourquoi pas ?
-Pour votre reconciliation ?
-Asseyez-Vous.
-Attendons-la pour le boire. -Mais il y en a d'autres.
-Quelle idee avez-vous derriere la tete ?
-Moi... Pression du bouchon
Oh, mais... boire une coupe de champagne.
-Franchement, je n'en ai p. -Trop tard.
-Non, je vous en prie.
-L'autre aussi, ca porte bonheur.
-Non. -Skal !
Je trouve pas les petites cuilleres.
-Andre, je vous ai deja demande de ne pas flirter avec moi.
-Mais je ne flirte pas avec vous.
Je vous aime.
-N'est-il pas temps d'aller chercher Catherine ?
-Vous n'entendez pas ? Je vous aime.
Je ne pense qu'a vous, je ne dors plus, je ne mange plus.
Enfin, tres peu.
Pardon.
Allo ? *-21h30.
-21h30 ?
Oui, merci. Edimbourg.
Allo ? Catherine ?
Hum-hum.
Hum-hum.
Brouillard. All... vous rentrez...
Elle rentre demain matin. Oui, je vois, je vois !
-Je voudrais lui dire un mot. -Alle ? Je n'entends plus.
Pat voudrait vous parler !
Ne raccrochez pas !
-Catherine ? Allo ?
On a coupe. Comme c'est ennuyeux !
-Alle ?
C'est toujours comme ca avec cette ligne-la.
-Bon.
Alors, je vais m'en aller maintenant.
-Vous ne finissez pas les fraises a la creme ?
Elle rit.
Ouvrons une autre bouteille. -Non.
-Je veux dire, on va prendre le cafe.
Hein ? -Bon. Mais...
-Mais ?
Mais quoi ?
-Je ne peux pas passer la soiree seule avec vous.
-Vous avez besoin d'un chaperon. Je vais en appeler un.
Un chaperon, s'il vous plait.
Oui, un petit chaperon rouge.
Pour le grand mechant loup.
Tenez. Oh... Petite cuillere.
Vous croyez que je plaisante ?
Vous avez tort.
Si vous saviez de quoi je suis capable.
-Je suis sure que vous n'etes pas si terrible que ca.
-Ah oui ?
J'ai connu beaucoup de femmes.
Avec toutes, je me suis mal conduit.
Pourquoi ?
Je sais pas.
Je ne trouvais peut-etre pas en elles ce que je cherchais
et je l'ai trouve en vous.
Vous seule
pouvez m'aider.
-C'est une mission que vous me confiez, n'est-ce pas ?
-Patricia, je suis tres serieux.
Vous etes la seule personne qui puissiez me sauver.
Aucune n'a reussi.
Ni Marcelle ni Norah
ni Anne...
La pauvre Anne !
-Que lui avez-vous fait, a la pauvre Anne ?
Vous l'avez tuee ? -Non, fait souffrir.
-Il n'y a pas de cafe.
-Hum.
-Et alors,
cette Anne,
vous l'aviez epousee ?
-Pas precisement.
Mais au bout d'un an, j'en avais assez, de sa cuisine.
-C'est pour ca que vous l'avez fait souffrir ?
-C'est elle qui avait commence. Vous connaissez le pudding ?
-Naturellement, c'est delicieux. -Le sien etait immonde.
Un sacrilege gastronomique !
Un soir, j'ai pris le dit sacrilege dans la main
et je l'ai flanque dans le feu !
Eclats de verre
Ca se passait
ERCRIL) de notre liaison.
-Et Anne
n'a rien dit ? -Ce n'est pas son genre.
Tres bien. Si ca t'amuse de jeter des choses,
je peux jouer, moi aussi.
-Tu me le paieras !
C'est ca, tue-moi.
Tu me tues deja a petit feu.
Tout le monde le sait !
Je travaille autant que toi.
Meme plus que toi !
Et je dois en plus faire la cuisine en rentrant !
Si ca te plait pas,
ta cuisine, fais-la toi-meme. A la francaise !
J'en ai plus qu'assez !
Assez, assez, assez !
Il soupire.
-Et...
ou aviez-vous connu cette furie ?
-Un an avant, au bureau.
On etait dans la meme entreprise,
mais elle, elle avait, comme on dit,
une belle situation.
J'etais sous ses ordres.
C'etait pas gai.
Moi, ce que je voulais, c'etait emigrer.
Je voulais pas rentrer en France.
Apres la guerre, j'etais reste ici provisoirement.
Et voila.
-Ou est M. Waters ? -Sorti, madame.
-Ces cachets sont-ils poses a la place indiquee ?
Non, n'est-ce pas ?
-Mais, madame... -Monsieur Ripois,
les besognes les plus simples demandent,
sinon une certaine intelligence, du moins une attention eveillee.
Miss Wilson,
je me vois obligee de vous demander de jeter un coup d'oeil en plus
sur le travail
de monsieur Ripois.
Au fait, monsieur Ripois,
vous n'ignorez pas que le telephone ne doit pas etre utilise
pour raisons personnelles.
-Quoi, c'est tout ?
-On vous a avance 5 000 francs. Vous vous rappelez ?
-Oui.
Si j'etais mieux paye, je prendrais pas des avances.
-Ah oui.
-Chaque semaine,
le jour de paie etait un supplice.
Comment moi, Andre Ripois,
c'est tout ce que j'arrivais a gagner a Londres ?
Ah, si j'avais eu une affaire a moi !
Une affaire que j'aurais dirigee a ma guise,
avec un capital minime.
Sonnette
Une fois dans la rue,
le cauchemar se dissipait, d'un seul coup,
comme si ce maudit bureau n'avait pas existe.
Et pour celebrer cette liberation,
j'allais me changer.
Comme un lord qui va diner chez un autre lord.
C'etait la ville de Londres tout entiere
qui m'invitait.
Parmi toutes ces femmes que je croisais dans les rues,
il y en avait bien une qui m'etait destinee a moi.
Celle-la, c'etait peut-etre...
c'etait surement la plus belle, la plus charmante,
la femme ideale.
Oh, dans cette recherche, j'etais infatigable.
Marcher dans une ville qu'on aime, quel plaisir !
Mais suivre une femme,
c'est encore mieux.
Je guettais les signes d'encouragement,
le moindre regard qui pouvait passer
pour une marque d'attention,
et je preparais la phrase, heureuse, drole,
la phrase qui permet de faire connaissance, quoi.
Au dernier moment, il m'arrivait de changer d'avis
et je reprenais mon chemin,
pour aller ailleurs, n'importe ou,
toujours en quete d'une aventure.
Un genre de femmes ne m'interessait pas :
celles qui voulaient de l'argent car moi aussi, j'en voulais.
C'etait meme tres exactement ce dont j'avais le plus besoin.
Ce qui m'etonnait, c'est qu'il y en eut tant dans le monde
et si peu dans ma poche.
Alors, il fallait bien retourner a la caserne,
sans broncher, humblement,
pour retomber sous la coupe de l'autre,
de l'adjudant en jupon.
Telephone
-Oui, monsieur.
Mais oui.
En votre absence, j'ai pris sur moi d'envoyer cette lettre.
Naturellement.
Je crois que c'est une affaire interessante pour la maison.
Oh, flute !
-Oh...
-Vous m'avez mal comprise.
-Voila qui me donna aussitot une idee.
-Au revoir.
-Une idee propre a ameliorer ma situation.
Telephone
-Bonjour.
-Le lendemain, j'entrepris de reduire toute resistance
par un coup d'eclat.
C'est un peu gros, mais il fallait ca.
J'avais tout prevu,
sauf l'imprevu.
-Merci.
-De l'audace, me dis-je, encore de l'audace.
Claquement de porte
Et hop !
-Qu'est-ce que c'est ?
-Si vous voulez bien regarder. C'est un cadeau.
-Vous etes fou !
-Peut-etre.
-Merci. Claquement de porte
-Pour suivre mon offensive, je pris le meme metro.
Je lui dis alors combien j'admirais ses qualites d'ordre,
d'organisation, d'efficience.
Encore une qui voulait jouer au petit soldat.
Il fallait encore lui ceder la place.
A ce moment-la,
j'ignorais que c'etait moi qui jouais au petit soldat,
je ne me doutais de rien.
En atteignant mon but,
d'employe, j'etais devenu esclave.
-Pauvre Andre !
C'est difficile, oui ? -Non. Pourquoi ?
Non, non, ca Va. Ca va tres bien.
Elle rit.
Andre... -Si c'est trop...
Depeche-toi, mon cheri, si tu veux remettre les meubles en place
avant la nuit.
Brouhaha -Merde !
Claquement
C'est bete, cette table qui est mal equilibree !
Fracas
Elle chantonne.
Elle siffle.
-Fatigue, hum ?
Elle fredonne.
Oh !
Andre !
-Et cela dura pendant un an.
Mais a ses cotes, je me sentais aussi seul.
Elle se croyait le centre du monde.
Malgre sa passion pour moi,
au fond, elle ne pensait qu'a elle.
-Vous aviez rencontre un autre vous-meme.
-Peut-etre.
Enfin, apres la bataille du Manchester pudding,
j'avais remporte une victoire.
Je profitai aussitot de cet avantage
et le lendemain,
comme on sortait du bureau...
-Je vais faire un tour. A tout a l'heure.
-A tout a l'heure. Andre !
Ne rentre pas trop tard, je t'en prie.
-On est maries ?
Non. Alors...
Bien sur j'etais pas marie avec elle, mais j'ai dit ca,
betement, comme ca.
Ce n'etait pas une raison pour aller aussitot
roder autour d'une autre femme.
D'accord, mais...
j'avais peut-etre envie de me changer les idees.
Une jeune fille, sans doute.
Elle ne paraissait pas
d'un abord facile.
Pour y arriver, j'ai du mettre en oeuvre
les plus subtiles ressources de ma technique.
Orchestre
Qu'est-ce qu'il y a ?
-Vous ne m'avez meme pas demande mon nom.
Norah.
-Andre.
Applaudissements
Elle avait un faible pour les films de terreur.
Ce qui, dans le noir, decourage les plus entreprenants.
Et malgre ca, elle voulait me faire croire
qu'il y avait quelque chose entre nous.
-Je me demande ce que vous pensez de moi.
Est-ce que les jeunes filles francaises flirtent comme ca ?
En tout cas, je dois partir.
Ma famille est fachee si je rentre tard.
-Ah...
Vous vivez avec votre pere et votre mere.
Hum-hum. -Et mon frere.
Et mes deux soeurs. -Ah...
Ils sont tous faches lorsque vous rentrez en retard.
Il rit.
Et si on se promenait demain ? C'est dimanche.
-Oui.
-A Green Park station, a 14h pres du kiosque.
-Oui. Voila le bus !
-Alors, au revoir. -Et merci pour cette belle soiree.
-Mais non, pas du tout. Vous pensez !
-Au revoir.
- J'avais vu tout de suite qu'avec Norah, ca serait dur,
mais je patienterais.
Avec Anne, par contre, je commencais a en avoir assez.
Je ne la supportais plus. Cette comedie avait trop dure.
Qu'elle dise un mot et je la quittais !
Grincement de la porte
Musique militaire
En pleine nuit ! Il est 23h45 !
*Musique jazzy
Air melancolique a l'harmonica
-Westbourne Crescent, please.
-Darling, prenez bien soin de vous.
Il chantonne.
-Pardon.
-Vous etes content comme ca ?
-C'est tres bon, merci. Pouvez-vous aussi servir le the ?
-Oui, je vous l'apporte a l'instant.
-Non, non, pas maintenant, plus tard.
Pour deux personnes. -Oui.
-Hum.
Peut-etre pour une seule. Je vous le dirai.
Clapotis de la pluie
Rires
Oh...
Clapotis de la pluie
-Qu'est-ce qu'on va faire ? -Ah...
-Pensez a quelque chose.
-Si on allait prendre le the ?
-Mais c'est seulement 14h30 !
Il rit.
-Si je vous connaissais mieux, je vous proposerais
de venir chez moi et...
-Regardez, je pense que ca va s'eclaircir.
Clapotis de la pluie
-Vous savez, j'habite a 5 minutes d'ici.
-Non, je ne peux pas.
Que dirait ma mere ?
-Je vois pas pourquoi votre mere va le savoir.
-Si on allait a la National Gallery ?
Il soupire.
-La peinture me deprime.
-Ou au musee des Sciences.
-Hum... je suis pas un scientifique.
Pleurs d'un chien
-Oh, la pauvre petite chose !
Oh, le pauvre ! Oh...
-Allez, va-t'en.
Good bye.
Clapotis de la pluie
-On ne voit ca qu'en Angleterre.
-Il ne pleut jamais en France ?
-Non.
Pleurs du chien -Oh...
Oh, le pauvre !
-Il est collant, ce cabot !
-Mais il a l'air
perdu.
-Il a faim,
ce chien. -Oh, le pauvre !
Il faut lui donner
quelque chose a manger. -Mais le dimanche, tout est ferme.
-Mais ca, c'est terrible. -J'ai ce qu'il faut a la maison.
-Vraiment ? Vous aimez
les chiens ? -Je les adore.
Allez, viens.
Viens, on va prendre le the. -Oui.
Si vous continuez...
je m'en vais.
-Je ne comprends plus.
On peut s'embrasser
sous la flotte et pas ici. Pourquoi ca ?
-Parce que... hum...
Ressort
Pourquoi ?
Pleurs
-Andre,
je suis fachee, tres fachee avec vous, Andre.
Vous n'etes pas...
un gentleman.
-Je vois vraiment pas... Norah.
-Il n'y a plus de Norah.
Je n'ai plus confiance en vous.
Non, non.
C'est fini, fini, fini !
-Norah... Mais enfin, vraiment...
Il y a pas de quoi...
-Vous etes affreux.
Je m'en vais.
-C'est ca, allez-vous-en.
Courez chez maman !
Faites-vous bonne soeur.
Comme dit votre Shakespeare.
Toi, fous le camp.
Allez, hop !
Claquement de porte
*-This is the BBC Home Service.
Pauvre chien !
Il ne devait pas comprendre ce qui lui etait arrive.
J'aurais pu le garder, il m'aurait tenu compagnie.
Evidemment, le resultat n'etait pas tres brillant,
mais je m'obstinais.
Je suis mauvais joueur, j'aime pas perdre.
Aussi, j'allais l'attendre a la sortie de son bureau.
Jusqu'a present, Norah avait marque tous les points.
C'etait a moi de gagner la seconde manche
et la belle.
Je racontai a Norah un conte de fees.
Des parents riches, tres riches
avec lesquels j'avais eu un differend
et dans quelques semaines,
j'allais toucher une petite fortune,
quelques milliers de livres,
alors on pourrait se marier.
Maintenant, dans nos promenades,
elle m'attirait vers les magasins de meubles.
Andre, quelles jolies tasses !
Tu ne trouves pas ?
Des tapis ! Il nous faut des tapis.
Mais ils sont un peu grands.
Viens, cheri.
C'est fou, tout ce qu'on doit acheter !
J'aime ce set de casseroles.
Mais il y en a peut-etre trop, qu'en dis-tu ?
-Comme il m'etait facile de deviner ses pensees
car pour elle, le bonheur consistait a depenser de l'argent
en casseroles et en presse-puree.
-Pour beaucoup de choses, il faudra demander l'avis de maman.
-C'est une heureuse idee. -Oui.
-Chez nous.
-Ah, chez nous !
Quel mot merveilleux, non ?
C'est a peine croyable que le bonheur soit si proche.
Tu quitteras ton emploi. Hum ?
He, forcement,
avec un interieur dont il faudra s'occuper.
Quant a moi, j'aurai une petite affaire,
une affaire a moi, dont je serai le maitre.
-Quel genre d'affaire ?
-Je suis justement en train d'envisager des possibilites...
Oui.
Et le soir, en rentrant a la maison,
je retrouverais ma douce pervenche
et mes cheres pantoufles.
Quelquefois, ma petite fleur viendrait me chercher en ville,
on irait au theatre,
a deux.
Rien qu'a deux.
-Et apres ?
-Apres ? -Oui.
-On souperait dans un endroit chic ou l'on danse,
comme a Saint-Germain-des-Pres.
Oh oui !
Et puis les voyages.
Paris. Hum ?
Venise.
Ah, les gondoles !
Naples.
Les Indes.
Les flots bleus.
Le bonheur, quoi.
Pleure pas.
-Je suis heureuse.
-Pauvre chou !
-Il va falloir que je le dise a maman.
-Hein ?
Lui dire quoi ?
-Qu'on est fiances.
-Ah oui.
Naturellement.
-Vous viendrez a la maison et je vous presenterai.
-Bien sur.
-Cher Andre,
je sais a quoi vous pensez.
Quelqu'un frappe a la porte. -Oui ?
Il soupire.
Entrechoc de la vaisselle
Vous pouvez dire a Mrs Cummings
que...
pour des raisons pour le moins inattendues que...
independantes de ma volonte...
je...
je dois quitter cette chambre aujourd'hui.
-Ves, sir. -Oui.
Ben quoi ?
-Vous etiez fier de vous ? -Oui.
Mais je ne le suis plus.
-Vous en etes sur ? -Oui.
-Est-ce que l'on raconte ce qui ne vous rend pas fier ?
-A une certaine personne, on peut, celle que l'on aime.
-Voulez-vous me redonner du cafe ? -Non.
Ca y est, j'etais renvoye.
Elle m'avait renvoye.
Renvoye, hein ?
"Darling, prenez bien soin de vous."
-Andre,
faut-il que vous ayez l'ame bien basse
pour penser que je puisse faire une chose pareille ?
Des semaines se passerent. J'aurais bien emigre de nouveau.
Les emplois etaient rares pour un Francais a Londres.
Je n'avais pas paye ma chambre depuis plus d'un mois.
Quelqu'un frappe a la porte.
Oui ? Oui, entrez, oui.
-Et alors ?
-Je pense avoir trouve quelque chose.
J'ai 2 adresses, je pense que... -Vous pensez, hein ?
-D'ici demain... -Vous pensez.
Eh bien, moi, je ne pense pas.
Quand vous aurez fini de penser, je vous les rendrai.
Euh, laissez vos affaires ici.
-Ah...
Raclement de gorge
Rire et entrechoc de la theiere
Oh...
Une theiere !
Que faisaient tous ces gens attroupes devant la Tamise ?
Qu'est-ce qu'ils regardaient ? Une fete nautique ?
Une baleine ?
Ou bien un homme en train de se noyer ?
Ces imbeciles ! Ils n'avaient qu'a se retourner.
C'etait moi qui etais en train de me noyer.
Ce salaud de proprietaire !
Qu'est-ce qu'il venait de faire,
sinon de m'enfoncer un peu plus la tete dans l'eau !
Il fallait bien que je dorme.
Passer la nuit dehors...
Moi, Ripois !
Les autres, que faisaient-ils dans mon cas ?
Oh, ils devaient savoir.
Mais moi,
c'etait la premiere fois.
Cloche
J'avais toujours ma radio.
J'aurais prefere crever plutot que de la vendre.
Ils avaient mange, eux, tandis que moi, je pensais
que jamais, jamais,
je ne connaitrais plus le gout des gateaux a la creme.
Brouhaha, bribes de paroles
Nos peches seront effaces.
Ils seront laves.
Aussi loin que sont loin l'est et l'ouest...
Je vous ecoute, messieurs.
Donnez-moi un probleme, j'ai la solution.
Faits, nombres, formules,
ce que vous voulez.
Rires
Ayez la foi.
Frappez, et l'on vous ouvrira.
Car quiconque demande recoit.
Si vous aviez de la foi
comme un grain de seneve...
Brouhaha, bribes de paroles
Chant
Coup de klaxon
Je n'etais pas superstitieux,
mais je commencais a avoir peur.
C'etait pas possible que je passe une seconde nuit dehors,
pas possible.
J'avais trop peur, j'avais trop faim.
J'etais pret a tout.
-On prend un taxi ?
-Oh...
Si ca t'ennuie pas, allons a pied.
Alors, marchons.
Un peu plus, un peu moins...
*Radio
C'est la.
-Il y a quelqu'un ? -T'es bete, c'est la radio.
Elle tient compagnie a Tarzan.
Alors, on s'est pas ennuye ?
Aboiement
Ferme la porte.
Alors, comme ca, t'es francais.
Contente de parler francais.
J'ai des clients qui tiennent a ce que je cause en francais,
mais c'est different quand on n'est pas comprise.
Mon petit cadeau, s'il te plait.
Aboiement
Qu'est-ce que t'as ?
Qu'est-ce que t'as ?
Qu'est-ce qui te prend ?
Ca, alors !
Qu'est-ce qui ne va pas ? -J'ai pas d'argent.
-T'as pas d'argent ?
T'as pas d'argent ?
T'es drolement culotte ou t'es tombe sur la tete.
Qu'est-ce que tu crois ?
-J'ai pas mange depuis 2 jours.
Et je me mis a lui raconter ma vie. -Comme a moi.
-Non.
Seulement ce qui etait necessaire pour l'attendrir.
-Et moi, vous ne cherchez pas a m'attendrir ?
-Non, Pat.
Je veux me montrer a vous tel que je suis.
-C'est vrai que t'as si faim que ca ?
Attends un peu.
-Elle est bien logee.
-Tu viens ?
Pas trop vite, tu vas te rendre malade.
-Ca va mieux.
-Que vas-tu faire ?
-Ben...
je pourrais peut-etre rester
puisque ta nuit est fichue.
Il fait pas chaud dehors. -A qui le dis-tu ?
-Oh, pardon.
Elle fait couler un bain.
C'est pour moi ? -Bien sur !
Mon Dieu, ramenez-moi dans ma belle enfance
Quartier Saint-Francois au bassin du roi
Mon Dieu, rendez-moi un peu d'innocence
Et l'odeur des quais quand il faisait froid
Faites-moi revoir les neiges exquises
La pluie sur Sanvic qui luit sur les toits
La ronde des gosses autour de l'eglise
Mon premier baiser sur les chevaux de bois
L'odeur des quais
quand il faisait froid
Faites-moi revoir les neiges exquises
La pluie sur Sanvic
qui luit sur les toits
La ronde des gosses
autour de l'eglise
Mon premier baiser
Elle fredonne.
La ronde des gosses autour de l'eglise
Mon pauvre petit !
Qu'est-ce que t'es alle faire a Londres ?
-Enfin, j'avais un moment de repit !
Marcelle etait une bonne fille.
Un defaut : elle croyait avoir fait un gros heritage.
Trois mille livres
et une quincaillerie dans le Staffordshire.
Elle passait son temps au telephone avec son notaire.
Mais enfin, c'etait une bonne fille.
Elle tint beaucoup a me presenter a ses amis.
Musique au piano
-Je ne veux pas rester. -Qu'est-ce que tu veux faire ?
-Je veux aller au cinema.
-Tiens, voila Marcelle !
-Bonsoir ! -BONSOIR, MARCELLE !
-Bonsoir, Marcelle. -Bonsoir.
-Monsieur. -Bonsoir, monsieur.
-Alors, Marcelle, tu as passe de bonnes vacances ?
-Je voudrais vous presenter mon ami Andre.
Tu viens, Andre ?
- Mme Smith. - Enchantee.
Doris Braddock. Ravie de vous rencontrer.
Madame Rose. Enchantee.
Art. -How do you do ?
-Bruno le Maltais. -Buongiorno.
-Et Charles, de chez nous.
-Ca Va ? -Merci.
- Tu es resplendissante. - C'est l'amour !
-Dites donc pas de betises. Si t'offrais un verre aux amis ?
Nick !
La meme chose.
-Et toi ? -Oui, oui.
Ca vient.
Felicitations. Ou l'as-tu trouve ?
-Maisie, ca va.
Que veux-tu ? On n'est pas invulnerable.
-Ne faites pas attention. C'est des bavardages de femmes.
Il y a longtemps que vous etes ici ?
Une petite ? -Merci, oui.
Mon Dieu, il est 20 h !
Deja si tard !
-A la sante de Marcelle !
Sante.
Piano
-Qu'est-ce que tu as ? -Rien.
Je dois m'en aller.
Andre !
Bribes de paroles
Andre !
Andre !
Qu'est-ce qu'il y a ? -Oh, rien.
-Mes amis ne te plaisent pas ? -C'est pas ca.
-T'as pas ete tres poli avec eux, tu sais.
-Je regrette.
Je me savais pas maquereau.
-Tu dis ca parce que je t'ai donne de l'argent devant eux.
Ca suffit pas pour faire de toi un maquereau.
T'es mon beguin, c'est tout.
J'ai de l'argent, t'en as pas, je t'en donne.
Quand t'auras trouve ton job, tu m'en donneras.
Pas vrai ?
-Bien sur.
-Alors, tu vois.
Accordeon
Andre ?
Elle soupire.
T'as encore rien trouve ? -Non.
-Les bons emplois,
on les trouve pas dans les petites annonces.
Pauvre chou !
Je sais bien, moi, a quoi tu penses.
Ta petite affaire, dont tu serais le patron.
-Hum.
-Seulement, si t'avais le pognon,
ta Marcelle, tu n'y penserais plus.
Tandis que maintenant, je t'ai a moi toute seule.
En tout cas, je suis gentille, pas vrai ?
-Hum.
-Dire qu'il y a une semaine, on se connaissait seulement pas.
C'est drole comme il faut pas beaucoup de temps pour s'aimer.
Il fredonne.
Elle fredonne.
-Son pognon, comme elle disait, mais j'en voulais pas.
Je la voyais venir, pas question que je l'accepte.
Et pour la premiere fois, j'ai eu l'idee de partir.
-J'ai une commission a vous faire.
-Quoi ? -Elle est sortie.
-Elle faisait le dejeuner.
-Elle est sortie telephoner a cause de quelque chose de grave.
-Un malheur ! -Probable.
-C'etait pas un malheur.
C'etait l'heritage, les trois mille livres.
Mais pour moi, je m'etais decide.
Il fallait que je parte.
Je n'aime pas les situations fausses.
-Andre, je sais pas si je dois rire ou pleurer.
-Tu devrais te depecher, il est presque 15h.
-Je vais etre en retard.
Si tu preferes, on vend la boutique.
-Oui.
-A moins que tu veuilles habiter dans le Staffordshire.
-Oui.
-Je t'acheterai un nouveau complet, un prince de Galles.
Ca t'irait bien.
Il faut que j'y sois a 15h30.
T'auras 100 livres pour ton affaire.
-Non, 50, ca suffit. -Non, 100 !
J'ai l'air comme il faut pour aller chez le notaire ?
-Tout ce qu'il y a de plus comme il faut.
-Si je le charmais ?
Peut-etre qu'il nous retiendrait pour les impots.
Je ferai de toi l'homme le plus heureux.
-Quarante...
cinquante.
Aboiement
*Musique jazzy
Chant lyrique
Je m'etais installe dans le quartier de Hampstead.
Un beau quartier !
Et pour la premiere fois, j'etais mon maitre.
J'avais l'impression, ce coup-la, d'etre bien parti.
Ce nom de Cadet-Chenonceaux,
c'est ce qui m'avait donne le plus de mal.
J'avais hesite a prendre un nom a tiroir.
Je m'etais contente d'une goutte de parfum aristocratique,
Cadet-Chenonceaux. Ca sonnait bien.
-"Mon grand-pere prend son canne."
-Sa canne.
-Pourquoi ? -C'est feminin, on dit "une canne".
Continuez.
-"La grand-mere prend sa ombrelle."
-Son ombrelle.
-Pourquoi ? -Parce que c'est feminin.
On dit "une ombrelle".
-Comme une canne. -Oui.
-Je comprends pas.
-Voyons, c'est tres simple.
On dit "sa canne", c'est feminin.
On dit "son ombrelle".
C'est feminin.
Ca ne fait rien.
Vous comprendrez ca quand vous serez plus grand.
Continuez.
-"Le pere de mon grand-pere..." -Hum.
-"Est mon arriere-grand-pere." -Hum.
Je faisais perpetuellement mes comptes.
Six eleves a 4 lecons par semaine et un qui n'en prenait que 3,
a 5 shillings la lecon, ca faisait...
Fallait que je prenne un bout de papier.
Il faut compter les lecons :
6 fois 4, 24, plus 3 egalent 27
multiplies par 5...
135 shillings divises par 20...
Eh bien, continuez.
-"Sois sage, o ma douleur
"Et tiens-toi plus tranquille
"Tu reclamais le soir
"Il descend, le voici
"Une atmosphere obscure
enveloppe la ville." -La ville.
-"Aux uns portant la paix
Aux autres, le souci."
-"Le souci", avec du coeur, du sentiment.
Allons, recommencons.
-"Aux uns portant la paix Aux autres, le souci."
- "Aux autres, le souci."
Vous lisez ca comme une note d'epicier.
-"Pendant que des mortels
"La multitude vile
Sous le fouet du...
plaisir".
Sonnerie
Desole.
-Bon.
Continuons.
Voyons, 2 eleves a 3 lecons par semaine
et 1 qui n'en prenait que 2,
ca fait 3 fois 2, 6 et 2, 8
a 5 shillings,
ca fait 40 shillings divises par 20,
ca ne faisait que 2 livres.
Au bout d'un mois ou deux, je n'avais meme plus d'eleves.
Oh, mes calculs etaient vite faits.
Qu'etaient devenues mes grandes ambitions ?
Rien, zero.
Remue-menage
Entrez !
-Monsieur Cadet-Chenonceaux ?
-C'est moi. Mad...
-Mademoiselle.
La mere d'un jeune garcon a qui vous donnez des lecons,
Richard...
-Ah oui !
-M'a parle de vous avec beaucoup de satisfaction.
-Je suis heureux de voir mes merites reconnus.
-Naturellement, je ne viens pas pour des lecons de francais.
-Ah non ?
Que pensez-vous de mon emploi de la langue francaise ?
-Remarquable, mademoiselle.
-Merci.
Je ne viens pas precisement pour des lecons de litterature,
mais plutot demander quelques conseils.
-Hum hum.
Asseyez-Vous.
-A propos de litterature moderne.
-Moderne, oui, oui, oui.
Naturellement.
-Monsieur Cadet-Chenonceaux,
quel est votre auteur francais prefere ?
-Euh...
-Moderne, bien entendu.
-Il y en a tellement !
-Aucun ? -C'est pas ce que je voulais dire.
-Vous n'en aimez peut-etre aucun. -Non, je prefere les classiques.
-Comme ?
-Euh, comme...
eh bien... disons...
Lamartine,
Alexandre Dumas.
Claquement de talons
Bossuet.
-Vraiment ? -Oui.
-C'est dans ces livres que vous choisissez les dictees ?
-Oui.
-"J'irai cracher sur vos tombes",
"Journal intime" de Sally Mara. -C'est-a-dire, non...
-'"Touchez pas au grisbi."
-Oui.
Vous n'approuvez pas ce choix. -Heteroclite.
J'ai commence un grand travail de traduction
et je pense que, de toute facon,
vous pourrez m'aider.
Une cigarette ? -Merci.
-Du feu ?
-Ah...
-Monsieur Cadet-Chenonceaux. -Oui ?
- J'ai ecrit un petit poeme en francais
que j'aimerais vous lire.
Je vous en prie, prenez.
Et j'aimerais que vous me disiez ce que vous en pensez
et que vous corrigiez mes fautes, s'il y en a.
-Mais euh... avec plaisir.
Je vous donne votre 1re lecon maintenant ?
-Vous etes pris maintenant ?
-Non, absolument pas.
J'ai tout mon temps. Je vous en prie.
-"Le vierge, le vivace et le bel aujourd'hui..."
-C'est parisien.
-Oh...
-Ca devait bien peser une livre, un objet comme ca.
Une livre d'or massif, plus quelques petits diamants.
Quelle fortune !
A l'idee de tout cet argent qui etait la devant moi,
j'en ai le vertige.
- "Il s'immobilise au songe froid de mepris
"Que vet parmi l'exil
inutile le cygne."
-Etonnant.
Oh, merveilleux !
-Je n'en doute pas. C'est un sonnet de Mallarme.
-Non ?
-Monsieur Cadet-Chenonceaux,
depuis quand donnez-vous des lecons de litterature francaise ?
-Mademoiselle...
je suis en train de prendre ma 1re lecon.
Rires
-Au moins, vous, vous etes franc.
Musique instrumentale
-C'est la que je vous ai vue pour la 1re fois, Patricia.
Vous souvenez-vous, Pat ?
-ENTREZ EN PAIX
DANS CE SEJOUR
TOUS VOS PRESAGES
Cloches
Chant lyrique
-Vous me regardez comme si tout cela etait de ma faute.
-Vous ne voulez pas m'aider, Pat ?
-Votre confession est terminee, n'est-ce pas ?
Alors, je peux m'en aller.
Patricia. -Andre.
-Vous ne pouvez pas vous en aller maintenant.
Toute ma vie depend de vous.
Je l'ai etalee tout entiere devant vous,
ma pauvre vie.
Vous voyez que je n'ai jamais aime,
que mon malheur a ete de ne jamais aimer,
mais voila que je rencontre enfin le veritable amour.
La femme de ma vie, c'est vous, Pat.
C'est vous. Sans vous, je suis un homme perdu.
-Si je vous comprends bien,
vous m'invitez a faire une bonne action ?
Patricia...
-Comme Anne, Norah, Marcelle, Catherine ?
Et vous vous etes imagine que c'etait a mon tour ?
Mon pauvre Andre !
-Mais, Patricia...
Vous ne voyez pas que je ne suis plus le meme ?
Vous me comprenez, je ne suis plus le meme.
Depuis que je vous aime, je ne suis plus le meme.
-Je ne vous crois pas.
Helas !
Helas ?
Vous avez dit "helas" ?
Mais alors, si vous croyez... -Andre, voyons...
vous ne m'etes pas indifferent. -Oh, Pat !
-Mais vous etes un homme impossible !
Ce soir, encore vos machinations pour me faire venir ici.
-Quelles machinations ?
-Ce coup de telephone, il venait bien d'Edimbourg ?
-Non.
-Ainsi, il n'y a pas une heure, vous jouiez encore la comedie.
-La derniere.
-Comment voulez-vous qu'une femme vous croie ?
-Vous finirez bien par me croire,
par croire a mon amour.
Je vous en donnerai des preuves.
Je vais vous en donner une tout de suite.
Je quitte Catherine ! -Vraiment ?
-Oui.
Nous divorcons.
Enfin, je veux divorcer.
-Et que dit Catherine ? -Elle est d'accord.
-Comme je la comprends !
-Ne plaisantez pas, c'est vrai ce que je vous dis la.
Catherine et moi, c'est fini !
Rien ne s'oppose plus a nous... -Si, moi.
-Oh, je vous aime, Pat !
-Comment avoir la moindre confiance en vous ?
Il soupire.
-Oui.
Oui. Comment pourriez-vous avoir confiance en moi ?
Mais...
ce que je vous ai dit sur moi et qui n'etait pas en mon honneur,
n'etait-ce pas une preuve de confiance ?
Vous avez voulu y voir je ne sais quel machiavelisme,
mais c'est sincere.
Oh, sans vous...
Il ne me reste plus qu'a mourir.
-Comme vous etes etrange !
J'en arrive a me demander...
peut-etre...
faudrait-il croire...
-Oh, Pat...
Sonnette
-Qu'est-ce que c'est ?
Vous entendez, qui est-ce ? -Je ne sais pas.
-Allez donc ouvrir, c'est peut-etre Catherine.
- J'y vais.
-Darling ! -Oh, toi ! Mais que veux-tu ?
-Ils sont partis. -Qui ca ?
-Mes amis. -Non, tu peux pas entrer.
-Pourquoi pas ? -Parce que.
-Il y a quelqu'un. Qui ca ?
-C'est Catherine. Tais-toi, elle est rentree.
Va-t'en.
-Telephone-moi. -Oui.
-Demain. -Oui, OK.
-Qui etait-ce ?
-Rien... un ami. Vous partez ?
-Oui, je m'en vais. -Non, Pat.
-Je ne peux pas rester ici toute la nuit !
-Alors, c'est la fin ? -Mais non, mon cher Andre !
-Je vous l'ai dit tout a l'heure,
sans vous, je n'ai plus qu'a mourir.
-On ne meurt pas pour un petit Waterloo.
-Pat... -Andre, ne recommencez pas.
Patricia.
-Je ne changerai plus d'opinion a votre sujet !
Telephone
-Ces sonnettes !
-C'est pour moi, j'ai telephone pour avoir un taxi.
Voulez-vous repondre ? -Non.
-Au revoir, Andre.
-Pat !
-Andre, je vous en prie.
Ascenseur
Telephone
Pleurs
Il soupire.
Patricia.
Patricia.
Vous l'aurez voulu.
Patricia !
Je vous aurai prevenue.
Crissement de pneus
-Andre !
Andre !
Andre !
Andre !
-Oh, my darling !
Oh, my darting !
Oh, mon Dieu !
Pauvre Andre !
Je n'aurais jamais du.
J'ai ete folle de vous avoir laisse seul avec elle.
-Ou est Patricia ?
-Que s'est-il passe ?
-Rien.
-Comment, rien ?
-Vraiment rien.
Alors...
c'est a cause de moi.
Oh, Andre !
Andre !
My darting !
Quelle folie !
Vous savez bien que je ne vous aurais jamais quitte.
Maintenant, tu es un homme.
Comme tu as du souffrir pour en arriver la !
-Pat.
Ou elle est ? -Ne parle pas.
Ce n'est pas a mon tour de pousser ?
-Non, ma chere, c'est votre tour de porter.
Vous avez pousse hier.
-Vous avez pousse toute la matinee, vous etes fatiguee.
-Mais non, pas du tout.
-Tu me permets ?
Maintenant, il est tout a moi.
-Patricia !
- Bonjour. - Venez jouer.
Allez !
Un neuf trous, ca vous dit ?
Au revoir !
Et nous vecumes heureux jusqu'a la fin des temps.
Sous-titrage teletexte ST' 501
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