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Henri le Vert
Donne-moi ta main, bien-aimé!
Longue vie à Lys, le roi du Carnaval!
Longue vie à Lys, le roi de la fête!
Longue vie à Lys!
Henri! Henri le Vert, viens!
Henri le Vert, ce soir, tu seras le roi des fous.
Reste avec moi etje te montrerai la vie. La vraie vie!
Tout est prêt?
- Les sauces sont-elles assez épicées? - Goûtez, Madame.
Madame, ils arrivent.
Reste ici!
Salut à toi, belle Rosalie!
J'apporte le déchaînement, la folie et le voluptueux plaisir de carnaval.
Salut à vous! Soyez les bienvenus.
Ce soir, je t'ouvre ma porte ainsi qu'à tous les artistes.
Je serais un homme heureux si ta porte m'était ouverte tous les soirs.
Et ton amant? Derrière quel masque se cache-t-il?
Mon amant,
je le trouverais même si j'étais aveugle.
J'ai très envie de toi!
Tu sais que je suis fiancée.
Ma tête tourne.
Henri, Henri le Vert!
Veillez sur ma fiancée, j'ai à faire.
Il semble que tu aies un fou pour compagnon ce soir.
Il me semble que je sois la folle.
Pourquoi me regardes-tu ainsi?
Pardon. Tu me rappelles quelqu'un.
Ericson!
Viens avec moi.
Tu permets?
Ton amoureuse?
Je parie que tu l'as trompée comme il me trompe!
Agnès?
Laisse-moi tranquille.
Il ne veut pas te faire de mal.
Lys déborde de vie. Tu ne peux le changer.
Il fut le premier.
J'avais confiance en lui.
Je vais me tuer.
Je me tuerai.
Non! Ne parle pas ainsi!
Je ne peux continuer.
Je n'en peux plus.
Agnès, je t'en prie! Je le ramènerai.
Le porc, le porc!
Frappe fort, frappe fort!
Lys, viens vite. Agnès parle de se tuer.
C'est vrai? Elle veut mourir d'amour pour moi?
C'est ridicule, Henri.
C'est vrai.
T'importe-t-elle si peu?
Fripouille!
Agnès!
Ma vie est finie.
Il a pris la seule chose que j'avais... mon honneur.
Il ne me reste que la mort.
Tu te trompes.
Pour moi, tu ne mourras jamais.
Anna...
Anna.
Henri, qu'as-tu fait à ma fiancée?
L'as-tu fait exprès?
Pour m'avoir tout à toi?
Eh bien alors...
pourquoi cette rage, mon jeune fou?
Quelle mouche t'a piqué?
Tu ne comprends plus la plaisanterie?
Tu l'as tuée.
Lève-toi, Agnès. Cesse ces sottises.
Tu la veux? Je te l'offre.
Tiens, prends-la!
Tu l'as détruite.
D'abord, je l'ai tuée. Puis, je l'ai détruite.
Je t'ai couronné roi des fous, maintenant tu l'es.
Elle aura oublié demain.
Elle veut mourir.
Elle va mourir. Elle va mourir,
la pauvre idiote.
Et tu me hais pour cette raison?
Oui, je te hais.
Vas-y, alors. Tue-moi.
Qu'y a-t-il? N'es-tu pas un homme?
Tu ne comprends rien à rien.
Tu n'es qu'une ombre parmi nous.
Ta peinture est vide, stérile.
C'est le contraire de la vie, qui est belle, riche, fertile.
Allez, montre-moi qu'il y a de la vie en toi.
Un geste quelconque, même de haine. Vas-y! N'importe quoi!
Tue-moi!
Non, pas comme ça.
Un duel.
Un duel!
Un duel? Tu es fou?
C'estjuste une fille, il y en a des milliers comme elle.
Un duel, je veux un duel. Retrouvons-nous à l'aube.
Henri le Vert. Veux-tu vraiment connaître la mort?
La mort?
Je l'ai connue avant de connaître la vie.
Papa!
Je t'ai eu, petit chasseur.
Pas si vite.
A l'attaque!
Allons-y!
Papa! Je n'aime pas ce jeu!
Mon oncle.
Non! Tu vas le tuer.
Tu es l'homme de la maison maintenant. Tu porteras le costume de ton père.
Retourne dans ton lit.
D'après toi, je suis l'homme ici. Alors, je dois dormir dans son lit.
Je ne le répéterai pas.
Henri, retourne dans ton lit.
J'ai peur.
Henri...
il faut remercier Dieu notre Seigneur.
Prie avec moi.
"Notre Père qui êtes aux cieux..."
Père est mort, Dieu est mort.
Je veux mon père!
Henri!
Non!
Viens, ta mère a besoin de toi.
- Non! - Henri!
Viens, allez, mon garçon.
Henri, il faut que tu dises au revoir à ton père.
Il sera mangé par les vers.
Venez, tous les deux.
Reste ici avec ton cousin, Anna.
Non Christian, c'est mon tour!
Henri!
Je ne peux pas jouer. J'ai mal aux doigts. Ils sont gelés.
Eh bien, si vous ne voulez pas mourir gelés, il vaudrait mieux danser.
Descends!
Une chaise!
Debout!
Menuet.
Menuet.
Comment oses-tu... Comment oses-tu faire ça!
Viens ici immédiatement, Anna...
et prends la fleur.
C'était moi!
Idiot!
Je lui ai donné le perce-neige.
Qu'avons-nous là?
Un romantique? Un héros?
Tends la main!
Voler est un péché, Henri Lee.
Répète.
Tu vas te repentir
et demander pardon à Dieu.
Sur l'armoire, immédiatement!
Tu t'en repentiras amèrement!
Ne fais pas de bruit ou il t'attrapera.
Je sais.
Je t'ai apporté à manger.
Ce matin, tu m'as sauvé la vie, alors, c'est à moi de sauver la tienne.
Cela signifie que nous resterons ensemble toute notre vie.
Oui... et nous nous marierons.
Et une fois mariés, nous devrons nous embrasser.
Anna, as-tu jamais embrassé quelqu'un?
Moi non plus.
- Comment tu as trouvé? - Ça avait un goût de poisson.
J'ai bien aimé. On recommence?
"L'homme quitte son père et sa mère et s'attache à sa femme,
et ils deviennent une seule chair."
Une côte, elle est faite d'une de mes côtes.
Tu n'as pas à te sentir coupable de lire la Bible.
Je suis très contente que tu le fasses.
Cela montre que tu deviens raisonnable.
Anna.
Que vais-je faire de toi?
L'oncle dit que lui aussi se fait du souci pour Anna.
Dieu merci, ton père n'est pas là pour voir ça.
Que vais-je faire de toi?
Regarde-moi.
Regarde-moi!
Depuis le départ de ton père, je suis seule.
Te demandes-tu d'où viennent le repas, les chaussures?
Jamais...
Je peux me gratter le nez?
Oui, si tu veux.
Ce n'est pas moi que tu peins.
Si, c'est toi, Anna. Tu es ma côte.
Ta côte?
C'est ce que dit la Bible:
"Et le Seigneur fit tomber l'homme dans un profond sommeil
et de la côte qu'il avait tirée
de l'homme, il façonna une femme et l'amena à l'homme."
Oui, je suis ta côte.
J'ai passé toute la nuit à compter mes côtes, je crois les avoir toutes.
Laisse-moi voir.
Une, deux, trois, quatre... ne bouge pas!
Tu me chatouilles.
Cinq, six, sept...
Celle-ci est courte.
Mais c'est bien une côte.
Alors, comme ça, tu sais voir?
Et tu veux que je t'apprenne à peindre.
Pourquoi m'as-tu choisi?
Il n'y a personne d'autre ici.
Bien.
Anna? Tu ne crois pas être un peu jeune pour l'amour?
Elle a une de mes côtes.
Une de tes côtes...
Les femmes ont eu chaque partie de moi.
Etj'ai possédé chaque partie d'elles.
Si tu veux peindre, tu dois connaître la vie.
Et pour connaître la vie, il faut connaître la mort.
Tu ne peux vivre dans la lumière sans connaître les ténèbres, jeune homme.
J'ai connu les ténèbres... J'ai connu la vie.
Moi aussi.
Toi?
Quoi? Jeune comme tu es...
Raconte-moi la pire chose qui t'est arrivée.
Voir ma mère mourir.
Ta mère est morte?
Non, c'est mon père qui est mort.
Dessine, dessine ce que tu as vu.
Montre-moi!
Oui, c'est ça. Allez, montre-moi!
Oui.
Bien.
Le premier pas est fait.
Combien y a-t-il de pas?
Autant qu'il faudra.
Henri, j'ai quelque chose à te dire.
Partons voir le diable.
Mais il faut que je te parle.
"Ma poitrine commence à brûler. Partons, viens vite.
Qui me frappe?
Monstre damné. Tu manques le chaudron. Tu fais roussir la femme.
En deux, en deux!
Voici la bouillie, voici le verre, tout n'est que jeu,
la mesure, charogne, de ta mélodie!
Me reconnais-tu?
Squelette, épouvantail!"
C'est lui, le diable.
"Reconnais-tu ton Seigneur et Maître?"
Va-t'en, Anna!
Mais c'est M. Zimmermann, le patron.
M. Zimmermann, le patron?
Non, impossible. C'est le diable.
Je veux le voir.
"Ton hésitation fait approcher la mort.
J'ai tué ma mère.
J'ai noyé mon enfant.
C'est ton enfant, Henri.
Il nous fut offert à tous deux.
Ce n'est pas un rêve.
Donne-moi ta main, Henri."
Que faites-vous ici?
"Elle est mouillée. Essuie-la."
Partez, partez!
"Elle dégouline de sang!
Dieu, qu'as-tu fait?"
Eh bien, que voilà?
Un couple de singes?
Pardonnez-nous, Monsieur.
Nous voulions voir le diable.
Vous vouliez voir le diable.
Venez, venez.
Henri, j'ai quelque chose à te dire, c'est important, je t'en prie.
Mais il faut que j'y aille.
Ce que j'ai à dire est très important. Je t'en prie, Henri, s'il te plaît.
Ce ne sera pas long.
Je te le promets.
Vous feriez deux excellents petits singes.
Déshabillez-vous!
Le pantalon aussi?
Oui, complètement.
Oh, mon Dieu!
Ça ne va pas, il m'en faut un plus grand.
On n'en a pas d'autre.
Habille-toi et pars.
"Tu essaies de m'échapper.
Qui m'a chassée de ton coeur?"
Saute un peu.
- Qu'est-ce qu'il a? - Il croit que tu es le diable.
Il ne se trompe pas beaucoup.
Viens ici.
Viens!
Quel est ton nom?
Henri... Henri Lee, Monsieur.
Henri Lee.
Je veux que tu bondisses pour moi, Henri, comme un petit singe.
Tu sais ce que le diable fait aux enfants qui lui désobéissent?
Bien, Henri. Tu feras un excellent petit singe.
Je t'apprendrai ce que c'est d'être un vrai singe.
Tiens, pour ta récompense.
Ça fait mal. Pas comme ça. Ça fait mal.
Mais c'est bon quand ça fait mal.
C'est bon quand ça fait mal.
Dis que tu aimes ça.
Dis que tu aimes ça.
Je n'aime pas ça.
Hé, arrête! Arrête! A quoi ça rime?
Il va la tuer. Vite. Il va la tuer. Je l'ai vu. Je l'ai vu.
Arrête! Hé!
Que se passe-t-il?
Rentre chez toi, on est tous fatigués.
Il va la tuer.
Il croyait qu'on était en train de te tuer, que tu appelais à l'aide.
Viens.
C'est ce que tu voulais?
Personne ne s'estjamais fait de souci pour moi.
Viens.
Il est toujours là?
M. Zimmermann?
Non, le diable.
Non, il est parti.
Mais tu as raison, c'est un diable.
Je travaille pour lui depuis deux ans.
Ce n'est pas un méchant homme.
Tu sais, il m'a aidée quand je suis arrivée ici.
J'ai d'abord été serveuse.
Et maintenant, je suis actrice.
Il n'est pas toujours méchant comme ça, juste quand il a bu.
Quelqu'un a volé mes vêtements.
Sans habits, tu ne peux rentrer chez toi.
Si tu veux, tu peux rester ici, avec moi.
Dans le lit de l'homme?
Oui, si tu veux lui donner ce nom.
Que fais-tu?
Tu n'es plus un bébé...
mais tu n'es pas encore un homme, alors, il faudra attendre.
On va au lit...
et on va dormir, petit singe.
Tu peux rester avec moi si tu veux.
Tu peux devenir acteur.
Et qui sait, un jour, on pourra aller en Amérique.
Anna! J'ai oublié Anna!
Au secours!
Je suis humain! Je suis humain!
Je suis humain! Ne tirez pas!
- Bon sang, qu'y a-t-il? - Que veux-tu dire?
Regarde, là!
Hé, petit!
Au voleur! Arrêtez-le!
Maman!
Bonjour, M. Haber.
Asseyez-vous!
J'ai tout d'abord une annonce à faire.
Anna, qui a toujours craint Dieu, nous a quittés.
Ses parents ont décidé de l'envoyer à la campagne...
pour son bien-être.
Henri, retourne à ta place!
Tu vas rêvasser toute la journée?
Quelque chose te cause du souci?
Non, c'estjuste mon autoportrait, je n'avance pas.
C'est difficile de se voir...
surtout à ton âge.
- Avez-vous déjà fait votre portrait? - Jamais!
Je crains ce que je verrais.
Tu as redonné un sens à la vie d'un vieil homme.
Le maître...
et son élève.
La jeunesse et la vieillesse.
Excessivement passionné, parfois trop passionné...
et souvent trop doux...
peureux et brave.
Je vais bientôt perdre ma virilité et tu vas bientôt découvrir la tienne.
Quand cela adviendra, tout sera différent.
Ce n'est pas fini parce que tu ne sais pas qui tu es.
Vous avez raison, je dois trouver qui je suis.
Je vais vous quitter.
Où iras-tu?
A la campagne. Je veux essayer les paysages.
A la campagne...
Anna!
C'est Anna!
C'est Anna qui t'éloigne d'ici.
Comprenez-moi, je vous prie. Je dois le faire.
Tu n'es pas encore prêt.
Tu as encore beaucoup à apprendre.
Vous m'avez tellement appris.
Je ne vous oublierai jamais.
Sais-tu vraiment...
ce qu'il faut... pour devenir un grand peintre?
Il faut cela...
du sang!
Du sang... du sang!
Tu as tout?
Je crois que oui, mère.
Couvre-toi bien, lis la Bible,
et n'essuie pas tes chaussures pleines de boue avec tes mouchoirs neufs.
D'accord. C'est promis.
J'ai quelque chose pour vous.
Je t'ai préparé un repas pour le voyage.
Oh, maman Rosa!
Henri!
Comme le gars de la ville a grandi!
Tu ne les reconnais pas, Lisette et Margot?
Margot, Lisette, rentrez.
Laissez-les seuls.
Je suis heureux de te voir, Anna. Ça fait longtemps.
Pas mal, mais un peu maigre à mon goût.
Il n'est pas là pour toi. Pas plus que ce lourdaud de Gottfried.
Elle estjalouse parce que mon fiancé est parti gagner de l'argent à Munich
pour que nous puissions nous marier.
Mais il se sent si seul que cet idiot dépense tout son argent en boisson...
pour noyer ses chagrins.
- Depuis quand est-il parti? - Quatre ans.
Et il s'en écoulera vingt autres avant qu'il ne rentre l'épouser.
Langue de vipère!
Viens, tu dois être fatigué et affamé.
Me voilà enfin avec un fils.
Je suis heureuse que tu portes toujours ton costume vert.
Tiens, c'est pour toi.
Comment as-tu deviné?
Je le savais, c'est tout.
Parfois, je vois des choses.
Une fois, je t'ai vu comme un petit animal perdu...
puis je t'ai vu blessé...
tu saignais ici.
Pourquoi ne m'as-tu pas embrassé à mon arrivée?
J'ai cru...
Tu te souviens de notre premier baiser?
Tu t'es faufilée pour m'embrasser.
Je t'avais apporté à manger.
Tu as mangé si vite que tu as failli t'étouffer.
Tu m'as sauvé...
et on s'est promis...
et tu m'as embrassé.
Ton baiser sentait le poisson.
Le tien aussi.
Et maintenant...
il sent quoi, maintenant?
L'anis.
Tu sens l'anis.
Henri, danse avec maman Rosa.
Excuse-moi.
Maintenant, c'est ton tour.
J'avais le souffle coupé.
Parfois, tu sembles si fragile.
Je vais aller dans ma chambre m'allonger un peu.
Oh, vous les jeunes, vous n'avez aucune endurance.
Henri, tu ne dois pas juste le voir...
il faut le sentir.
Il faut sentir la terre tourner. Nous volons à travers les nuages.
- Je ne veux pas que cet instant finisse. - Il ne finira jamais.
Une famille de païens se réfugia ici pour échapper aux Chrétiens.
A bout de force, ils finirent par sauter de la falaise.
Depuis, la montagne les pleure.
Je suis souvent venue ici penser à toi.
Je pensais que tu ne viendrais jamais.
Prends mon cheval, Henri.
Pas maintenant, Anna.
Mais si, Papa, il veut venir avec toi.
Tiens.
Ramène-le sain et sauf.
La nature est comme les femmes.
Lisette est le printemps... débordant de vie.
Rosa est l'été... brûlant et généreux.
Margot... Margot est l'hiver, trop froid pour le lit d'un homme.
Et Anna?
Ma petite Anna est comme l'automne...
quand les arbres sont les plus beaux, mais...
Où allons-nous?
- Je vais chercher un paquet. - Au village?
Non, en dehors, chez une femme qui a été rejetée par le village.
Quel crime a-t-elle commis?
Elle est trop belle, c'est son crime.
Les hommes la désirent et les femmes la haïssent.
Et vous?
J'ai une bonne raison de lui être reconnaissant.
Bonjour.
Bonjour.
Comment ça va?
Ni bien ni mal.
Voici notre artiste.
Bonjour, l'artiste.
Le cheval d'Anna s'est emballé.
Il voulait me ramener à Anna le plus vite possible.
- Lisette. - Oui, Papa.
Tiens.
Judith!
Que fais-tu ici en pleine nuit?
- Rentre chez toi! - C'est moi, Henri.
Je ne connais aucun Henri.
Le singe, Henri.
Henri Lee. Tu voulais m'emmener en Amérique.
Sèche-toi.
Et Anna?
Anna? Anna va bien.
Tu l'aimes?
Oui.
Alors, pourquoi viens-tu ici?
C'est différent. C'est autre chose. Ça n'a rien à voir avec nous.
Nous?
Rentre. Va voir Anna.
Ce n'est pas ce qu'a fait le petit singe?
Le petit singe ne peut-il rester, juste une heure?
- Que veux-tu? - Tu n'es pas allée en Amérique?
Tu sais, tu peux marcher sans arrêt sans jamais rencontrer personne.
- C'est ce que tu veux? - Plus que tout au monde.
Et Zimmermann?
On dit que tu l'as tué.
Après notre mariage, il est devenu invivable.
Toujours ivre. Ivre d'alcool et fou de jalousie.
C'était un monstre. Je me souviens.
Jadis, tu as essayé de me sauver.
Tu crois que je l'ai tué?
Tu as peur de moi?
Non.
Il y a plein de façons de mourir, Henri Lee.
C'était ta première fois?
Je le voulais depuis longtemps.
Doucement... doucement.
Doucement... doucement... doucement.
L'artiste ne peint plus beaucoup.
Merci.
Tu te souviens?
Je l'avais toujours avec moi.
Tu croyais que j'avais une seule moitié de ta côte.
Je me souviens.
- Tu ne demandes pas où j'étais? - Tu es allé à l'auberge du village?
Oui, j'ai été à l'auberge du village.
Comment as-tu deviné?
Parfois, je vois des choses que je préférerais ne pas voir.
Anna, mon ange.
Je ne suis pas un ange, Henri. Je suis une femme.
Pour moi, tu es un ange.
Caresse-moi.
Ça ne te va pas de faire ça.
Vois-moi comme je suis, pas comme j'étais.
Que fais-tu? Qu'est-ce que c'est?
C'est pour la toux.
Je déteste le goût de l'anis.
Viens.
Attention, c'est dangereux.
Allez!
Attends!
Descends!
Que fais-tu?
Je veux t'appartenir. Maintenant!
Non, pas comme ça...
Oui. Je t'en prie, avant qu'il soit trop tard.
Prends-moi!
Je ne veux pas, tu m'entends.
Henri, je t'en supplie. Fais-le.
Prends-moi!
Du sang!
Je t'ai fait mal?
Emmène-moi à la maison.
Qu'a-t-elle?
- Que lui as-tu fait? - Oh mon Dieu!
Dégagez le passage!
- Lisette, apporte de l'eau, vite! - Tout de suite.
Tu n'as pas fait attention, tu l'as laissée s'épuiser.
- Tu l'as tuée! - Pourquoi ne pas me l'avoir dit?
Tu aurais pu le voir.
Ce n'est pas juste que ça t'arrive.
C'est ma faute.
C'est ma faute.
Ce n'est pas ta faute.
Je ne veux pas t'entendre te faire des reproches...
c'était inévitable.
Au moins...
je ne serai pas obligée de cacher ces mouchoirs...
toujours pleins de sang.
Si tu savais...
comme c'était difficile...
de ne pas tousser en ta présence.
Pourquoi ne pas l'avoir dit?
Je ne voulais pas de ta pitié.
Ni de toi, ni des autres.
Je voulais ton amour.
Etje ne veux pas de pitié maintenant...
ou de désespoir.
Je ne veux pas passer mes derniers instants à te consoler.
- Si tu ne peux te retenir, pars. - Que veux-tu?
J'aimerais voir les champs...
et le ciel...
et être dans tes bras.
Veille sur papa pour moi.
Notre Seigneur Jésus Christ a dit:
"Soyez comme des enfants!" Il voulait dire:
restez purs. Et Anna était pure.
Nous l'aimions.
Un ange
a vécu parmi nous.
Soyez fidèles à sa mémoire. Ainsi vous resterez fidèles à vous-mêmes.
Anna, mon enfant...
Nous te disons adieu.
Que Dieu Tout-Puissant te reçoive en sa grâce.
Amen.
Asseyez-vous s'il vous plaît!
Il faut être fort.
Comme vous l'avez été.
Parfois, tu es vraiment bête.
Henri! Gottfried est de retour.
Deux bières!
Pourquoi tu me regardes comme ça? Allez, chantons!
"Ta force et ta sagesse...
on nous a pris nos biens...
car ton royaume est pour ton peuple."
Cela... c'est ce qu'elle deviendra, et c'est ce que nous deviendrons tous.
Et nous ne ressentirons plus rien.
Je ne suis pas rassasié de la vie, Henri.
Tu sais ça?
Et malgré mon âge, je déborde de vie.
J'ai une de ces forces. Regarde!
- Henri! - Oh mon Dieu!
Henri!
Il est devenu fou.
Où vas-tu?
En Amérique.
Que fais-tu? Arrête!
Tu me fais mal.
Arrête!
Elle est morte, Henri... morte.
Où iras-tu?
Je vais quitter le pays.
Que vas-tu faire?
Je ne sais pas encore.
Tu avais raison.
Il y a plein de façons de mourir.
Henri Lee, il est temps.
Espèce de fou!
Tu es le roi!
Je bois à la vie!
A votre santé!
La vie est si belle, si éphémère et si précieuse.
Lys!
Mon petit fou enragé.
Debout, viens!
Embrasse-moi si tu veux.
Lys, arrête!
Ne le frappe pas. Henri, arrête! C'est ma faute, j'ai trop bu.
Ça suffit, maintenant, tu comprends? Arrête!
Assez!
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