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Original subtitles

LE SOUVENIR DE VOS L�VRES

OP�RA MUNICIPAL RICHARD HERALD

dans L'EMPEREUR VICTORIEUX

Frances, tiens-toi droite.

- Tu devrais prendre le nom de ton p�re. - Pourquoi ?

Parce que quand nous serons mari�s, je serai Mme Richard Herald II.

Parce qu'�tre Mme Dick Johnson n'est pas suffisant pour toi ?

Ne sois pas stupide, Frances.

Tout le monde saura que Richard Herald est ton beau-p�re.

Mesdames et messieurs,

depuis maintenant 25 ans,

vous t�moignez d'une grande indulgence pour moi et pour mon travail.

C'est pourquoi je voudrais partager avec vous la joie qui �treint mon c�ur

en accueillant un jeune soldat qui revient apr�s avoir si bien servi son pays.

Bient�t, je l'esp�re, vous l'entendrez chanter au sein de notre troupe.

Et avec votre aimable permission,

je voudrais vous pr�senter mon fils, Dick.

� quoi est-ce que tu penses ? Tu dois te lever.

Dick, attendez votre p�re et amenez-le � la soir�e.

Frances, viens avec moi.

Mais je voulais aller avec Dick.

Ne fais pas l'enfant. Tu viens avec moi.

Tr�s bien, m�re.

Dis � ton p�re de se d�p�cher.

Merci, papa.

�a a �t� le plus beau moment de ma vie.

Une petite bi�re, Dick ?

Non, je n'arrive pas encore � la boire si froide.

Je m'en occupe, papa.

Tu n'es pas parti avec Frances et sa m�re ?

Non, je suis venu t'attendre pour t'emmener � la soir�e.

Sur la suggestion de Mme Allenbury.

C'est une femme qui adore sugg�rer.

Je suis content que tu m'aies attendu.

J'avais � te parler.

Pourquoi ce sourire sur ton visage ?

C'est juste que ce ton dans ta voix, me fait l'effet d'�tre encore un bleu.

- Un bleu ? - Un d�butant.

Dans l'op�ra, tu n'es plus un d�butant.

J'y veillerai moi-m�me.

Papa, je ne suis pas tr�s s�r de vouloir int�grer la troupe.

Qu'est-ce que tu veux faire ?

Pour le moment, je voudrais juste profiter du fait que je ne suis plus dans l'arm�e.

Je vois.

Alors, tu vas te reposer un moment.

Tu vas laisser ta voix se reposer.

Mais ton fran�ais, ton italien, ils ne peuvent pas se reposer.

Mais papa, je n'ai pas une voix comme la tienne.

Qui l'a, � part moi ?

Votre bain est pr�t, monsieur.

Ce soir, je vais prendre une douche.

Bien, monsieur.

Ne sous-estime pas ta voix, Dick.

Je te garantis que tu auras �norm�ment de succ�s.

Tu m'entends, Dick ?

Oui, papa.

Il te faut du travail, une femme et mes petits-enfants.

Tu aurais d� �pouser Frances avant la guerre.

Mais non, tu as voulu attendre.

- Je sais pourquoi j'ai fait la guerre. - De quoi est-ce que tu parles ?

La fille dans la piscine a tout pour elle.

De beaux yeux, de beaux cheveux,

une peau magnifique, un sourire qui te chatouille les c�tes

et une silhouette...

Bon sang, un v�ritable mannequin.

Elle ne peut pas �tre si parfaite.

- Elle l'est. Sortie tout droit de Esquire. - Elle doit d�j� �tre grand-m�re.

Y'a plein de jolis minois dans ce pays

Et plein de jolies silhouettes aussi

Mais il y a une fille Qui combine les deux

Les mots me manquent Mais je vais vous la d�crire

Elle a un petit peu de ci Et un petit peu de �a

Et encore un truc qui vous laisse � plat Tout le monde aime cette fille

Elle a un petit truc ici Et un petit truc l�

Oh l� l�

Quand je suis avec elle Si je compte 1-2-3-4-5-6-7

Ne voil�-t-il pas qu'elle encha�ne Avec 7-8-9- 10-11

Une dipl�m�e de l'universit�

Elle a un peu de ci Et aussi un peu de �a

Tout le monde aime cette fille

Elle a un peu de ci Et un peu de �a...

- Bonjour, l'ami. - Bonjour.

Dites, est-ce qu'ils se fichent de moi avec cette fille ?

Ils disent qu'elle est tr�s belle.

Belle ! C'est vraiment un euph�misme.

Vous repr�sentez-vous le d�sert au clair de lune ?

Ou le parfum du lilas dans un jardin de la Nouvelle-Angleterre ?

Ou une valse de Vienne jou�e par Kreisler, en r� mineur ?

Mettez tout �a ensemble et qu'est-ce que vous obtenez ?

Nora.

C'est son nom.

Elle a la beaut�, une belle attitude

Elle a de la longitude, de la latitude

De la d�termination, de l'�ducation

Et en plus de �a, elle est jolie.

Merci pour la description.

Vous �tes son petit ami ?

C'est vraiment tr�s gentil, soldat.

Mais je ne sonne pas � sa porte. Je me contente de l'ouvrir.

Quelles sont les heures de visite ?

Mon gar�on, je suis cette institution qu'on trouve souvent � la une des journaux,

juste un ami de la famille.

Si facile � idol�trer

Tellement au-dessus des autres

Tellement d�sirable

Si digne de faire br�ler Les feux de l'amour

Nous serions tellement heureux

Tellement insouciants ensemble Que �a semblerait une honte

Que vous ne puissiez voir Votre futur avec moi

Parce que vous seriez Si facile � aimer

Alors ne voyez-vous pas

Votre futur, ma ch�re, avec moi

Parce que vous seriez si facile

� aimer

Merci pour la chanson. Elle �tait ravissante.

Je suis l�.

�a vous d�range ?

Bien s�r que non.

Vous �tes superbe.

Merci.

Non, ne faites pas �a. Vos yeux.

Ses bandages, c'est de la frime, mademoiselle.

- Quoi ? - Le docteur tarde � faire sa visite,

sinon, il les aurait d�j� enlev�s.

Esp�ce de...

Le culot de ce gar�on.

Il doit penser que ses baisers font partie du domaine public.

Esp�ce de...

CABRIOLES AQUATIQUES

Papa ? Je ne me souviens plus. Mme Allenbury �tait d�j� aussi autoritaire ?

- Qui pr�tend qu'elle l'est ? - Moi.

Oui, elle l'est peut-�tre un peu.

Mais Frances ne l'est pas.

Et Frances n'est pas une fille irresponsable.

N'oublie pas que tu as �t� parti trois ans.

Beaucoup de filles auraient rompu leur engagement bien avant �a.

Mais Frances n'a pas chang� du tout.

Non, elle n'a pas chang� du tout.

Elle ne sera jamais autoritaire comme sa m�re.

Je l'aime bien. Et tu l'aimes aussi.

Tu feras comme je te dis.

LES BELLES BAIGNEUSES

GRANDE PREMI�RE

Merci, petit. Je m'en occupe, maintenant.

Entrez.

Gordon.

Mon Dieu. Elles sont magnifiques.

Il va me falloir une plus grande loge.

- Mais vous avez d�j� la plus grande. - Je sais.

Les fleurs sont ravissantes, merci.

Tu veux que je les sente pour toi.

Il faut que j'y aille. La salle se remplit.

Merci d'avoir apport� les fleurs vous-m�me.

- Il n'y a pas de quoi. - Il avait besoin d'un peu d'exercice.

- Un joli bouquet. - Allons, Ferdi.

Gordon est adorable.

J'ai bien peur de finir par l'�pouser.

L'�pouser. �pouser �a.

Je ne te vois pas lui beurrant ses tartines pour le reste de ton existence.

Ce type n'est rien d'autre que 80 kilos de totale stupidit�.

Voyons, Ferdi, Gordon n'est pas stupide.

Il manque juste d'imagination.

Oui, en plus.

S'il me raconte une histoire dr�le et que je ris, je lui tombe dans les bras.

Ne t'inqui�te pas, il en est incapable. Tu ne risques rien.

Bonnes r�ceptions, Nora.

Merci, Ferdi.

Si j'avais su que tu allais faire �a, je me serais mis sur la pointe des pieds.

Pourquoi n'essaies-tu pas ?

Je vais le faire. Je vais essayer d'�tendre ma longitude.

Maintenant, je vais me mettre une tiare sur la t�te, avec des diamants.

Mais, Mlle Cambaretti et moi sommes de vieux amis.

- Sans blague. - Nos familles sont amies de longue date.

Quand Nora et moi �tions b�b�s, nos familles allaient dans la m�me blanchisserie.

Bien s�r, nous �tions un peu plus grands quand nous nous sommes fr�quent�s...

Leonora Cambaretti ne vous pardonnerait jamais de ne pas nous avoir r�unis.

- Vraiment ? - Bonjour.

Ce n'est pas vrai, Nora ?

C'est bon, Riley.

Par ici.

Merci.

Depuis combien de temps avez-vous quitt� l'arm�e ?

Pas tr�s longtemps.

- C'est ce que je pensais. - Pourquoi ?

Vous avez toujours un peu de la technique d'assaut.

- C'est votre loge ? - Oui.

Entrez.

- Ferdi, voici monsieur... - Dick Johnson.

- Mais �a ne vous dira rien. - C'est exact.

Nous nous sommes d�j� rencontr�s, mais vous ne vous en souvenez pas.

J'ai une excellent m�moire. Voyons un peu.

Oui, je me souviens.

�a vous d�range ?

Bien s�r que non.

Vous �tes tr�s beau.

- Vous m'avez cass� le nez. - Et je vais faire bien pire.

Si vous ne sortez pas, je vais vous l'arracher.

M. Farro. M. Johnson.

- Comment allez-vous ? - Salut.

Ferdi, tu te souviens de M. Johnson.

Il a chant� pour nous � l'h�pital des bless�s de guerre.

- Vous �tes l'ami de la famille. - J'ai eu une promotion.

Maintenant, je suis le chien de garde.

�a pourrait �tre tr�s amusant.

Non seulement il grogne, mais il mord.

Donc, si vous n'avez pas une raison de vouloir me rencontrer...

- Eh bien... - Une bonne raison.

Eh bien, je viens de quitter l'arm�e et j'ai un peu de mal � me poser.

Certains de mes amis sont partis.

Et d'autres ont tellement chang� que ce ne sont plus vraiment des amis.

Et d'autres n'ont pas chang� du tout.

Il n'y a donc pas de travail ?

Eh bien...

Entrez.

Vous �tes l�, Nora. Vous avez �t� merveilleuse.

Merci, Gordon.

C'est son fr�re, j'esp�re.

Je vous pr�sente Dick Johnson.

M. Coome. M. Johnson.

- Bonjour. - Enchant�.

M. Johnson vient de quitter l'arm�e. Il cherche un emploi.

- Ne vous donnez pas... - Vous n'avez rien pour lui ?

- Que savez-vous faire ? - Pas grand-chose, en fait...

Il chante, et superbement. Je vous ai entendu.

- Vous aviez de l'eau dans les oreilles. - J'ai entendu et j'ai aim�.

- Demandez � Ferdi. - Je n'ai rien entendu. J'�tais au piano.

Je vais voir ce que je peux faire.

- Dans une demi-heure, Nora ? - Oui, je serai pr�te.

Pas �tonnant que vous n'ayez pas trouv� de travail.

- On dirait que vous n'en voulez pas. - Eh bien, c'est que je...

Pourquoi est-ce que vous restez tellement en retrait ?

Je suis peut-�tre du genre modeste.

Vous savez, j'ai presque envie de m'occuper de vous.

Vous savez, je pense que ce serait tout � fait merveilleux.

Quand j'entends de la musique

Je r�ve d'une romance

C'est pour �a que j'aime la danse

Je cherche la romance Sur les pistes surpeupl�es

Car c'est l� qu'avec vous Je fais ce qui me pla�t

Quand nous sommes tous les deux Je n'ai pas l'ombre d'une chance

C'est pour �a que j'aime la danse

Dis-moi pourquoi cette musique Ne peut pas durer toujours ?

Devons-nous nous arr�ter Parce que les autres s'arr�tent ?

Il me faut la musique Avec tout ses charmes

Pour que je puisse vous avoir dans mes bras

Quand nous sommes seuls Vous �tes aussi loin que la France

C'est pourquoi j'aime tant la danse

C'est pourquoi j'aime tant

La danse

Gordon r�gle toujours l'addition.

�a ne se fait pas de chuchoter ainsi.

N'est-ce pas sympathique d'�tre tous ensemble ?

On peut � pr�sent parler de ce travail.

En effet, le travail.

- Eh bien, monsieur... - Johnson.

M. Johnson, je me demandais si...

- Vous pourriez chanter sous l'eau ? - Sous l'eau ?

Ferdi veut dire, pourriez-vous nager, puis chanter ?

- Eh bien, je chante sous la douche. - L�, ce serait enti�rement diff�rent.

Et si vous et Nora alliez danser ? C'est un pas de deux entra�nant.

Une rumba, Ferdi, mais entra�nante.

Commandez pour nous, Gordon, et on parle de ce travail quand nous revenons.

Qu'est-ce qui se passe ?

Gordon, vous me surprenez chaque jour, dimanches et jours f�ri�s inclus.

Allez-vous donner un emploi � ce gandin dans le spectacle de Nora ?

- Nora me l'a demand�. - Et alors ?

Vous �tes oblig� de faire tout ce que Nora vous demande ?

Je crois que oui.

Votre p�re ne vous a jamais parl� de la vie et des femmes ?

- Que voulez-vous dire ? - Gordon,

je crains que vous ne soyez pas pr�t � affronter le monde.

Attendez une minute.

Cugi.

- Salut, Ferdi. - J'ai l'homme de l'ann�e pour toi. �coute.

- Je peux parler devant elle ? - Bien s�r.

Je viens de d�couvrir un baryton, et en plus il sait chanter.

- Tu es s�r d'elle ? - Bien s�r. Elle travaille ici.

Cugat, quand ce type chante, les canaris ont des complexes.

C'est un ex-soldat, un h�ros, il est s�duisant, il a de l'allure

et les femmes se p�ment devant lui. Il faut lui trouver un travail.

- Tout �a d'un coup ? - Il vient de quitter l'arm�e.

Je l'avais gard� sous le coude.

- Tu es s�r d'elle ? - Absolument.

Elle a l'air du genre qui jacasse par-dessus les murs.

Bref, regarde l�-bas. C'est celui qui danse avec Nora.

Il a de l'allure, mais j'ai d�j� un chanteur.

Juste une femme.

Et si tu les mettais en duo ?

Repr�sente-les toi chantant ensemble, � l'unisson.

Ils seraient vraiment comme des tourtereaux qui gazouillent.

Non, il me faut un gars de type latin.

Eh bien, Cugat, mets-lui un sombrero sur la t�te,

une couverture sur l'�paule, tu lui peinturlures un peu le visage

et tout le monde jurera qu'il est n� au sud du Guatemala.

Mon gar�on, vous avez de la chance. Il s'est pass� une chose inattendue.

- Venez avec moi. - O� ?

Pas de questions, mais il se peut que vous deviez changer votre nom en Jose.

- Que se passe-t-il, Gordon ? - Je ne sais pas.

- Vous avez �t� promu comme videur ? - Je vous pousse dans la lumi�re.

Arr�tez de me pousser. Vous avez perdu la t�te ?

Ne vous pr�occupez pas des probl�mes sans int�r�t.

Allez, je suis derri�re vous.

Je n'en ai aucune id�e.

Vous savez que je ne ferais rien qui puisse vous contrarier.

Je sais, Gordon, mais Ferdi n'est pas comme d'habitude.

Mesdames et messieurs,

vous allez entendre une chanson chant�e par M. Richard Johnson,

ex-soldat, ex-h�ros, ex-citant.

Il va vous interpr�ter "Pourquoi ne me laisse-t-on pas chanter l'amour."

En me regardant, vous pensez Que tout, pour moi, est tranquille

Mais aussi d�sabus� que je sois

Il a une belle voix. Il ira loin.

Je l'esp�re bien.

Je l'aiderai � faire ses bagages.

Je crois que ce n'est pas toujours l'amour

Pour moi

Pourquoi ne me laisse-t-on pas Chanter l'amour ?

Pourquoi ne puis-je trouver une fille ?

J'ai lu Rom�o et Juliette

Du d�but jusqu'� la fin

Mais je suis loin d'�tre un amant parfait

Combien de temps dois-je Continuer � faire semblant ?

Mon cerveau est toujours Dans un tourbillon

Ris, clown, ris bien

Je sais que je tiens bien le r�le

Mais m�me un clown

Ne peut cacher un c�ur bris�

Pourquoi ne me laisse-t-on pas Chanter l'amour ?

Pourquoi ne puis-je me trouver

Une fille ?

Bonsoir, papa.

Il est 2 heures du matin.

Oui, je sais. Tu n'arrivais pas � dormir ?

Ces r�unions d'anciens combattants durent toujours aussi longtemps ?

Je suis un grand gar�on.

Nous t'avons attendu pendant tr�s longtemps.

J'ai oubli� que j'avais promis que je viendrais, papa. Vraiment.

Frances �tait extr�mement d��ue.

Oui, je veux bien le croire.

Papa...

est-ce que tu serais tr�s d��u si je continuais pas ?

- Enfin, je veux dire si... - Quoi donc, Dick ?

�a t'ennuierait si je cherchais un autre travail ?

Encore �a. J'en serais extr�mement d��u.

Non, chanteur � l'op�ra, mari� � Frances, c'est �a que je veux.

Nous sommes fatigu�s. Nous ferions mieux d'aller nous coucher.

Tu sais, j'ai pratiquement d�cid� de ne jamais avoir d'enfant.

C'est ce que tu dis. �a se d�cide � deux. Pourquoi ?

Les enfants sont de telles d�ceptions pour leurs parents.

Pas s'ils sont assez sens�s pour faire ce qu'on leur dit.

- Bonne nuit. - Bonne nuit.

Bonne nuit, Peter.

Et n'oublie pas que demain,

tu dois te r�veiller avec une belle voix, pr�t pour ton audition.

Si tu le dis, papa.

C'est ce que je viens de dire.

TABLEAU DES R�P�TITIONS DATE : 26 NOV.

SC�NE l 10 h 30 MARTHA ACTE III

12 h 30 AUDITION DE Richard Johnson

Maestro, je voudrais vous...

Enfin, tu as r�ussi � te lever.

�a a �t� une belle lutte, mais j'y suis parvenu.

Je t'ai secou�.

Je t'ai arros� d'eau glac�e.

- Tu as fait tout �a ? - Non. J'ai juste voulu le faire.

Viens par ici.

Tout de suite apr�s, j'irai retrouver Norman.

Norman qui ?

Norman Randall, le directeur de l'op�ra.

Tu chanteras pour lui, il aimera ta voix. Peut-�tre.

Mais �coute, papa, je ne...

Chante. Chauffe ta voix. Je reviens dans une minute.

Vous voulez vous chauffer, M. Johnson ?

Oui, d'accord. Merci.

Tr�s bien.

Marta, ma bien-aim�e Marta

Attends un peu, tu as vol� mon c�ur

Et tu as pris une partie de moi

Je t'aime, Marta

Je veux t'envoyer une charrette de baisers

Parce que c'est la dame Qui m'en a envoy�

Marta, ch�rie, vas-tu m'�couter

Allez, oublie le Met, pas de regrets Oublie tout de ces op�ras

Tout ce temps, tu as fait semblant Mais tu peux encore �tre sauv�e

Allez, Marta, tope l�

Allez, Marta, bienvenue au bercail Tu �tais froide, tu �tais vieille

Mais maintenant, tu as le rythme

Allez, Marta, allez, Marta

�coute le cri des trompettes

Les clarinettes qui s'�clatent

Marta, on dirait que tu appelles De la Nouvelle-Orl�ans

Marta, c'est �a la vie

Allez, Marta, tope l�

Arr�te. Arr�te �a.

Tu sais que ce genre de musique me tape sur les nerfs.

Je suis d�sol�, papa.

Norman, voici mon vilain garnement, Dick.

- M. Randall, Dick. - Ravi de vous conna�tre.

Comment allez-vous, Dick ? Vous �tiez d'humeur badine ?

Oui, �a m'arrive de temps � autre.

- J'essayais de dire � mon p�re... - Je te pr�viens. Plus d'auditions.

Fiche le camp. Va te reposer durant quelques mois.

- Mais sois � l'heure pour le d�ner. - Merci, papa.

- Au revoir, M. Randall. - Au revoir, Dick.

Au revoir, papa.

Tope l�.

Il est tr�s perturb�.

Il est soit euphorique, soit plus bas que terre.

Donnez-lui un peu de temps.

Oui, je vais lui donner un peu de temps.

Ensuite, je lui donnerai autre chose.

Je lui rappellerai ce qu'est le bon vieux pays.

En place, tout le monde.

Bonjour, Duncan.

Bonjour. Quand je commence ?

Un de ces jours.

O� est ta m�re ?

Je l'ai encore perdue.

Mon vieux, tu es victime de la production de masse.

En place.

- Allez, Duncan. - O� �tais-tu cach�, sous l'eau ?

Nora n'est pas encore l�.

Nora ne fera pas la r�p�tition. On prend la doublure.

- Elle n'est pas malade ? - Non, elle va tr�s bien.

� quoi avez-vous dit oui cette fois ?

Ferdi, je sais que vous me prenez pour le paillasson de Nora. Je le suis peut-�tre.

Peut-�tre que je pense que c'est ce qu'il y a de mieux.

C'est une chose utile, un paillasson.

Oui, les femmes �pousent autant des paillassons que des patineurs.

Nora est all� faire du patin � roulettes.

Pas avec ce baryton braillard ?

Maintenant, il veut la lui faire fa�on sportif.

La r�p�tition est annul�e.

Voil� que je dois aller la secourir en patins.

Duncan, ne t'avise pas d'y sauter.

Ne t'avise pas de...

Allez. Attrape-moi.

S'il te pla�t, arr�te.

Quand je serai...

LEONORA CAMBARETTI et FERDI FARRO dans CABRIOLES AQUATIQUES

Chaque fois qu'on entame Un ballet aquatique

Il y a l'habituelle piscine O� l'on peut nager

Mais nous ne voulons pas De la mani�re habituelle

Donc, nous commencerons juste Avec des maillots de bain et des femmes

Moi, j'appelle �a de la mutinerie.

Vous devriez �tre en maillot de bain.

Au moins, j'esp�re que notre vedette Ne va pas me jouer un vilain tour

Alors ? Vous allez bien nager, non ?

- Absolument. - O� est votre bonnet de bain ?

O� est-elle pass�e ?

J'esp�re que Gene Kelly n'est pas l�.

Vous m'avez bless�. Faites attention.

Quand je pense au temps que j'ai g�ch� � faire la collection de timbres.

Parce que vous avez une fourrure sur le dos

Votre ambition va diminuendo

- Mais, fourrure �gale argent - Et argent �gale revenu

Et quand il y a revenu, il y a imp�ts

Et � propos d'imp�ts, attention

Suivez bien les conseil des experts

Gardez bien 10 pour cent pour votre agent

Gardez 10 pour cent pour la presse

Puis 10 pour cent Pour le type de la publicit�

Qu'est-ce que c'est que 10 pour cent ?

Puis pr�voyez quelques faux-frais

Ce sont les petites choses Qui comptent vraiment

Quiconque a un peu de cerveau Peut avoir de l'argent pour ce qu'il vaut

Si vous gardez ce qu'il faut Et que vous �coutez bien votre papa

Gardez bien la bonne quantit�

Et ils enl�veront les faux-frais

Et ils feront compter chacun

Et c'est s�r, mon amie Que vous aurez plus � la fin

Si vous gardez bien ce qu'il faut Que vous �coutez votre papa

Que vous gardez la bonne somme

Alors ?

Je voulais juste voir comment vous �tiez sans Ferdi � l'arri�re-plan.

- Il s'occupe bien de mes int�r�ts. - Et de vous.

Bien s�r.

Ferdi est un peu comme un parent.

Il l'a toujours �t�, depuis qu'il travaillait avec mon p�re.

Je ne me rappelle m�me plus quand Ferdi n'�tait pas l� pour s'occuper de nous.

Parlez-moi de vous, Nora.

De votre famille, de ce que vous aimez, de ce que vous n'aimez pas,

de tout ce qui pourrait m'�tre utile.

Bon, alors, ma famille.

Cambaretti sonne italien, mais �a ne l'est pas. C'est fran�ais.

Et j'aurais �t� la cinqui�me g�n�ration � travailler au cirque.

Sauf que j'ai choisi la natation.

L'ont-ils accept�, ou voulaient-ils que vous restiez dans le cirque ?

Non, �a s'est bien pass�,

une fois que je suis devenue une vedette.

Les Cambaretti ont toujours fait la une des journaux.

Bref, il y a m�me une sixi�me g�n�ration, alors peut-�tre que...

Vous n'�tes pas mari�e ?

Bien s�r que non. C'est ma ni�ce, Deborah Cambaretti.

Qu'ils disent �a avec des fleurs

Qu'ils disent �a avec des bonbons

Qu'ils disent �a en patinant

Qu'ils disent �a au restaurant

Qu'ils disent �a avec des diamants

Qu'ils disent �a avec du vison

Mais faites quand m�me bien attention

Ne les laissez pas dire �a avec...

Peut-�tre vaut-il mieux c�der et l'adopter.

Je l'ai adopt� depuis longtemps, quand j'�tais petite fille.

Je dois pouvoir vous dire que vos yeux sont magnifiques m�me quand Ferdi regarde.

Vos yeux sont magnifiques

et je pourrais continuer si...

Si quoi ?

Si on pouvait s'�clipser vers un petit endroit que je connais.

Ils servent des p�t�s et des saucisses et ils n'ont pas de place pour un piano.

�a signifie tout simplement...

- Bonne nuit, Dick. - Bonne nuit, Nora.

Merci pour cette merveilleuse soir�e.

On se voit demain.

Entre donc.

Je suis d�sol�e, pour ce soir.

De m'avoir laiss� tomber ?

On ne t'a pas laiss� tomber...

C'est juste que Dick voulait aller dans cet autre endroit et...

Nora, qu'est-ce que tu sais de ce gar�on ?

C'est juste quelqu'un qui est arriv� comme �a.

Je suis une grande fille, Ferdi.

Tu n'es pas en col�re, si ?

�a a de l'importance ?

Une fois, quand j'�tais petite, tu t'es mis en col�re contre moi,

ou du moins, je l'ai cru.

Je n'ai pas pu dormir pendant des heures, cette nuit-l�.

Et je ne voulais pas me coucher...

Eh bien, sans �tre s�re que tout allait toujours bien entre nous.

Il n'y aura jamais de moments

o� tout n'ira pas bien entre nous.

Merci, Ferdi.

Allez, va dormir, grande fille.

Il commence � se faire tard.

Oui, je crois que tu as raison.

Bonne nuit, Ferdi.

Bonne nuit, Nora.

Et pas de panne de r�veil demain matin.

Toi et moi sommes ennemis.

Lui trouver ce boulot avec Cugle n'a pas arrang� la situation.

Il pourrait aussi bien travailler ici.

- Qu'est-ce qu'il fait l� ? - Il regarde.

Oui, il regarde Nora.

Il devrait �tre chez lui, � travailler sa voix.

Au lieu de �a, il est ici, � faire travailler ses yeux.

Vous �tes le boss. Dites-lui que personne n'est admis pendant les r�p�titions.

Nora pourrait ne pas appr�cier, un bon paillasson ne risquerait pas �a.

Elle s'en remettrait.

Si vous en �tes si s�r, pourquoi n'y allez-vous pas ?

D'accord, j'y vais. Et je ne vais pas �tre tr�s diplomate.

Pour qui il se prend ? Toujours � tra�ner partout o� elle est.

Je vais lui dire.

- Bonjour, Dick. - Bonjour.

Que pensez-vous du changement dans la sc�ne ?

Tr�s bien. Bien s�r, tout ce que fait Nora est magnifique.

Il nous faut un peu de rythme. Vas-y.

Je ne sais pas ce qu'il y a.

J'aurais d� lui dire de s'en aller et...

- Dick, je suis emb�t�e. - Pourquoi ?

Je crois que je suis en train de tomber amoureuse de vous.

Je comprends que �a vous inqui�te.

Je m'inqui�te, car dans ma famille, on fait toujours tout ensemble.

M�me tomber amoureux ?

Est-ce difficile � arranger, ou bien avez-vous d�j� essay� ?

Une seule fois, auparavant, et ce fut une grosse erreur.

Finalement, �a s'est bien termin�. On a arr�t� d'�tre amoureux ensemble.

Vous allez aimer ma famille, Dick.

J'esp�re qu'ils ne sont pas bloqu�s par la neige. Parfois, le lac g�le aussi.

- O� est-ce qu'ils vivent ? - Sur l'�le Mackinac.

On pourrait y aller quelques jours.

- Et le spectacle ? - J'ai une doublure.

Et j'ai une touche avec le producteur,

- vous l'avez remarqu� ? - Je l'avais remarqu�.

Est-ce que Ferdi l'agresse en musique, lui aussi ?

Je vais arranger �a avec eux.

- Permission accord�e. - Je voudrais clarifier une chose.

Avant qu'on puisse tomber amoureux, votre famille doit me passer � l'inspection ?

Bien s�r que non. Pas toute la famille.

Seulement grand-m�re.

N'ayez pas l'air si inquiet. C'est un chou. Vous verrez.

Cher papa :

D�sol�, je n'ai pas pu attendre ton r�veil.

Je m'absente quelques jours. On devra parler � mon retour.

Ton fils qui t'aime, Dick

- Richard. - Harriet.

Asseyez-vous donc.

Que se passe-t-il, Richard ?

Je m'inqui�te pour mon fils.

Nous l'avons gu�re vu ces derniers temps.

Je sais. Il est perturb�.

Le contrecoup de la guerre.

Je voudrais que vous fassiez quelque chose pour Dick.

Bien entendu, Richard.

Je voudrais qu'aujourd'hui, vous annonciez ses fian�ailles avec Frances.

Qu'en pense Dick ?

Harriet, c'est comme �a.

Depuis cinq ans, qui a pens� pour Dick ?

Des sergents-chefs.

Nous qui l'aimons, nous qui pensons pour lui,

nous voulons qu'il se marie et qu'il soit heureux.

Arr�ter avec le stress de la guerre.

Je vais appeler le journal pour vous.

Ce n'est pas tr�s orthodoxe.

Mais je suppose qu'on peut faire une r�ception un peu plus tard.

Je vous compose le num�ro.

Et voil�, c'est l� que sont les Cambaretti.

N'est-ce pas splendide ?

Allez, venez.

- Bonjour, Teddy. - Ravi de vous revoir, Mlle Leonora.

Moi de m�me.

Il n'y a que quelques centaines de personnes, en hiver.

Pratiquement tout est ferm�.

C'est mon arri�re-grand-p�re qui a achet� ici.

Je pr�sume que c'�tait en �t�.

Ensuite, mon grand-p�re a construit la maison.

Parlez-moi de votre grand-m�re.

C'�tait une �cuy�re renomm�e.

Ce sont les aristocrates du cirque.

Elle n'a que m�pris pour mes barbotages.

Comment monter juste un cheval pourrait se comparer � votre nage ?

Monter juste un cheval ?

Ma grand-m�re faisait un double saut p�rilleux d'un cheval � un autre derri�re.

Un saut p�rilleux simple depuis un cheval au galop

sur un cheval galopant dans la direction oppos�e.

Monter juste � cheval.

Vous ai-je dit qu'il n'y avait que deux personnes, grand-m�re et Deborah ?

C'est vrai ? Je m'attendais � affronter toute une pyramide de Cambaretti.

Deborah.

C'est Nora et le jeune homme en question.

- Je vais ouvrir. - Tr�s bien. Surveille tes mani�res.

Oui, grand-m�re.

Deborah, te voil�.

- Tu ne t'attendais pas � me voir ? - Si, ma ch�rie, bien s�r.

Ton nez est tout froid.

- Voici Deborah. - Comment va la sixi�me g�n�ration ?

Bonjour, monsieur.

Nora, ne tra�ne pas dehors. Rentre.

Et ferme la porte.

Bonjour, grand-m�re.

- Comment vas-tu ? - Nora, ma ch�rie.

Grand-m�re, je te pr�sente Dick Johnson.

Dick, voici ma grand-m�re.

Comment allez-vous ?

Nora m'a tout dit sur vous.

Vous �tes bien mieux que les autres hommes que Nora a amen�s ici.

Grand-m�re, il n'y en a eu qu'un seul.

Balivernes, tu es jeune. Tu as oubli�. Deborah.

Oui, grand-m�re ?

Montre sa chambre � M. Johnson.

Merci.

C'est � l'�tage.

Redescendez vite, Dick.

- Nous serons dans le salon. - D'accord.

C'est bien, n'est-ce pas, grand-m�re ?

Je veux dire, tu vois que c'est quelqu'un de bien, oui ?

Avant de me faire une opinion sur un homme,

j'attends de le voir sans son manteau.

Personne ne va te presser, grand-m�re.

Prends le temps que tu veux pour te faire ton opinion.

Tu sais, je ne l'ai m�me pas encore embrass�.

Nora,

arr�te de me mentir.

Enfin, pas encore vraiment.

Et Ferdi ?

Il aime bien Dick.

Je veux dire, comment va-t-il ?

Il va bien.

Il est souvent avec Dick.

Je crois qu'il l'aime bien.

Avant que tu ne repartes, j'aurai une conversation avec ce jeune homme,

je lui poserai quelques questions.

Grand-m�re, ne lui parle pas d'argent.

Je suis s�re qu'il n'en a pas.

Est-ce que tu vas l'entretenir ?

Non. Il va avoir un travail. Un excellent travail

avec l'orchestre de Cugat.

De quelle famille vient-il ?

Eh bien, je ne sais pas trop.

Il semble ne pas trop aimer parler de sa famille.

En fait, je pense qu'il est seul au monde.

Donc, je ne dois pas lui parler d'argent

ou de sa famille.

Je demande quoi ?

Interroge-le sur sa sant�.

Il m'a fait excellente impression, Nora.

Je te remercie, ma ch�rie.

Je suis l�.

Tr�s bien.

Mon arri�re-grand-m�re est mont�e dormir et Nora attend qu'elle se r�veille.

Quand on est vieux, on s'assoupit vite,

mais on ne dort pas longtemps.

Vous �tes nerveux, non ?

- Un peu, oui. - Je suis de votre c�t�.

Merci, Deborah.

Revoil� mon arri�re-grand-m�re.

C'est bon.

Je sais encore marcher.

Oui, grand-m�re.

Eh bien, jeune homme,

Nora m'a demand� ce que je pensais de vous.

Oui, je sais.

- Je peux rester, grand-m�re ? - Absolument.

C'est une question familiale.

- J'aime beaucoup votre apparence. - Merci.

Mais j'ai appris il y a longtemps, � mes d�pens,

que les apparences sont parfois trompeuses.

Oui, je veux bien le croire.

Bont� divine, les enfants, d�tendez-vous.

Je vais juste poser quelques questions.

Seulement trois questions, en fait.

Alors, M. Johnson...

- Vous voulez bien m'appeler Dick ? - D�sol�e.

Je n'aime pas cette habitude moderne d'appeler les gens par leur pr�nom.

Bien, madame.

D'abord, parlez-moi de ce que vous avez fait � la guerre.

Il n'y a pas grand-chose � en dire, sauf que �a a �t� tr�s long.

- Trois ans, je crois. - Plus quatre mois et deux jours.

Nora m'a dit que vous �tiez soldat.

De premi�re classe.

J'ai m�me failli devenir sergent.

�a a �t� une progression longue et p�nible, mais une r�gression tr�s r�guli�re.

D'apr�s ce que vous m'en dites, je juge que vous �tes honn�te.

Maintenant, j'aimerais que vous me parliez des femmes de votre vie.

Moi ? Vous voulez dire, moi ?

Je ne vous demande rien sur votre pass�.

Il me d�plairait de penser que Nora �pouse un homme qui n'a pas de pass�.

Je veux �tre certaine qu'aucune femme ne peut s'interposer entre Nora et vous.

Personne ne le fera.

- Absolument personne. - C'est du domaine du possible.

Pourrez-vous subvenir aux besoins de Nora ?

Grand-m�re, tu m'avais promis.

J'ai des fonds qui me rapportent. De ce c�t� l�, �a va.

�a ne va pas du tout.

Les fonds de d�p�t, les actions, obligations, comptes en banque, annuit�s.

J'ai v�cu assez longtemps pour savoir que tout ceci peut dispara�tre en une nuit.

Mais le talent, jeune homme,

c'est quelque chose qu'on conserve.

- Dick a du talent. - Nora, je pr�tends en juger par moi-m�me.

Alors ?

Vous voulez que je chante ?

� moins que vous ne pr�f�riez faire la roue.

Eh bien, j'ai la gorge un peu s�che.

La chanson pr�f�r�e de grand-m�re, c'est "Apple Blossom Time".

Merci.

Vous permettez ?

Certainement.

Je serai avec toi

Quand les pommiers refleuriront

Je serai avec toi

Pour te faire changer de nom

Un jour du mois de mai

Je viendrai te dire

Vive la mari�e

Le soleil brille, aujourd'hui

Quelle merveilleuse noce ce sera

Quel merveilleux jour pour toi et moi

Les cloches de l'�glise sonneront

Et tu seras mienne

Quand les pommiers

Vont

Refleurir

Merci.

�a faisait un quart de si�cle que je n'avais pas entendu cet air.

Viens, Deborah, c'est l'heure de te coucher.

Mais, grand-m�re, tu n'as pas dit si tout allait bien.

Utilise un peu ton cerveau.

Est-ce que j'emm�nerais Deborah se coucher si ce n'�tait pas le cas ?

- Dis bonsoir. - Bonne nuit.

Bonne nuit.

Et merci.

En place.

Nora est sur le plongeoir pour �a, Lucy. Tu plonges � la huiti�me mesure.

Ce sera tout pour aujourd'hui, les filles.

Comment �a ? La doublure doit travailler.

Ferdi.

Asseyez-vous, Ferdi.

FIAN�AILLES DANS LA HAUTE SOCI�T�

Ce mariage sera l'�v�nement social de l'�t�

Je voulais lui �viter �a.

Elle sait peut-�tre qu'il est fianc�.

Ce n'est peut-�tre pas si s�rieux que �a.

Elle l'a emmen� voir grand-m�re.

Alors,

qu'est-ce qu'on fait ?

Il va falloir le lui dire.

Mais comment ?

- On ne peut pas lui donner une telle claque. - Vous pensez que je dois l'appeler ?

Je ne sais pas.

Laissez-moi r�fl�chir � la fa�on de faire, d'accord, Gordon ?

Bien s�r, Ferdi.

Hue.

Vive le vent, vive le vent Vive le vent d'hiver

Qui s'en va sifflant, soufflant Dans les grands sapins verts

Vive le temps, vive le temps

Vive le temps d'hiver

Pas �tonnant qu'ils soient amoureux

Amoureux

Pas �tonnant qu'ils soient amoureux

En silence, ils remercient chaque flocon

Pour ce joli moment de repos

Pas �tonnant qu'ils soient amoureux

Il a dit : "Par piti�, juste un baiser

Mieux vaut ne pas refuser

Ne savez-vous pas que dans la neige Il ne faut pas le faire"

Elle n'a pu r�sister � son charme

Alors, elle s'est blottie dans ses bras

La neige vous fait faire des c�lins

La neige vous fait vous recroqueviller

Pas �tonnant qu'ils soient amoureux

Le monde entier �tait comme un r�ve

Couvert de cr�me fouett�e

Pas �tonnant qu'ils soient amoureux

Amoureux

Pas �tonnant qu'ils soient amoureux

Depuis que la balade a commenc�

C'�tait son bon ami

Pas �tonnant qu'ils soient amoureux

Il a dit : "Ch�rie, s'il te pla�t, avoue

Ch�rie, ne refuse pas

Ne sais-tu pas que dans la neige

Cela ne sert � rien"

Puis on les a perdus de vue

Et sur la piste, on lit "Je vous aime"

Ils s'en allaient tous deux

Faire un peu de luge

Pas �tonnant qu'ils soient amoureux

Vive le vent, vive le vent, Vive le vent d'hiver

Dommage que tu ne puisses rester pour le spectacle.

� qui le dis-tu ?

Je suis fan de la belle Nora Cambaretti.

Merci. Tu veux mon autographe ?

Nora...

Qu'y a-t-il, Dick ?

On se voit plus tard.

Bien s�r.

Y a-t-il un probl�me ?

Non, aucun probl�me.

J'ai des choses � faire ce soir, voil� tout.

Je vois.

Au revoir, ma ch�rie.

Au revoir, Dick.

- Bonjour, Peter. - Comment allez-vous, M. Johnson ?

Remont�, Peter. Pr�t � ouvrir le feu sur mon p�re.

Rien ne pourra l'emb�ter.

Il est tellement content.

Puis-je ajouter mes f�licitations ?

Des f�licitations ? Comment �tes-vous au courant ?

- Personne ne peut l'�tre. - Tout le monde le sait.

Ne me dites pas que vous n'avez pas vu le journal.

Qui a fait cela ?

Qui est responsable ?

Je n'en sais rien, monsieur.

Ce n'est pas vous ?

Personne n'a rien � se reprocher, � part moi.

C'est de ma faute, Ferdi.

Il ne voulait pas aller voir grand-m�re.

C'est moi qui l'ai forc�.

D�s le d�but, c'est moi qui l'ai forc� � tout faire.

Il aurait pu te le dire.

Oui, il aurait pu me le dire.

Dick n'aime pas faire du mal aux gens.

- Tu ne savais pas �a, Ferdi ? - Je ne le savais pas.

Il ne m'a jamais vraiment dit une seule fois qu'il m'aimait.

Ou il n'a jamais parl� de nous deux ensemble.

Mais je me sentais si s�re de moi.

N'y pense plus, Nora.

Il y a � dire sur la fa�on de faire de grand-m�re, n'est-ce pas ?

Attendre jusqu'� ce qu'on te demande.

Ta grand-m�re n'a jamais attendu personne, ni homme, ni femme.

Elle se serait pr�vu un endroit pour se cacher.

Elle est jolie, non ?

�a me para�t si �trange.

Je suis all�e tant de fois l'�couter chanter.

Le p�re de Dick, je veux dire.

Je lui ai m�me cit� son nom, une fois.

�a a d� lui para�tre tellement amusant.

Arr�te, Nora.

Il n'en vaut pas la peine.

Entrez.

Tout est arrang�. Je viens d'avoir Mme Fields.

- Je vais vous y conduire. - Merci, Gordon.

Je suis toujours d'avis que Nora devrait retourner chez sa grand-m�re.

Non, Ferdi.

Je ne pourrais vraiment pas.

Pas encore.

J'ai ce couple comme gardiens depuis 10 ans, Ferdi.

Ils prendront bien soin d'elle.

Eh bien,

au revoir, Ferdi.

- Viens me voir quand tu peux, d'accord ? - D'accord.

Occupez-vous de tout, voulez-vous ? Je serai de retour ce soir.

Et �a vaut aussi pour les paillassons.

SC�NE

O� est Nora ?

Partie.

Alors, elle a vu �a ?

Eh bien, f�licitations.

Nora a cru � cette histoire ?

Histoire ? Ce n'est pas vrai ?

Bien s�r que non.

Vous n'�tes donc pas fianc� � cette pulpeuse jeune beaut� ?

Eh bien, si, je le suis.

�a suffit. Je ne veux rien �couter de plus.

Ferdi, avez-vous d�j� essay� de rompre des fian�ailles avec une tr�s gentille fille ?

C'est vraiment tr�s difficile.

Vous auriez pu en parler � Nora.

J'ai essay�. Une bonne douzaine de fois.

Mais je n'ai vraiment pas pu.

Comment demander � Nora de m'attendre pendant que je rompais ma promesse ?

Il fallait d'abord clarifier la situation.

Tout est arriv� tellement vite.

Nora a d� vous bousculer.

Non, bien s�r que non.

Mais si j'avais eu quelques heures de plus, j'aurais...

Ferdi, je dois trouver Nora. O� est-elle ?

L� o� vous ne la trouverez jamais.

Elle est retourn�e � Mackinac ?

Si vous y alliez voir, en prenant des sous-v�tements chauds ?

Ferdi, dites-moi o� je peux la trouver.

- Quel droit avez-vous de d�cider pour elle ? - Aucun. Mais je d�cide pour elle.

Vous ne pouvez pas me faire �a. J'ai �t� accept� par grand-m�re.

Elle peut aussi se tromper.

J'�tais assis � mon piano

L'autre jour

Mais mon esprit �tait mal � l'aise

Ils devaient venir l'emporter l'apr�s-midi m�me.

J'�tais donc l� tout seul

Et d'une humeur maussade

Improvisant des symphonies

Ma main droite Jouait un menuet de Mozart

En m�me temps, ma main gauche jouait la "Habanera" de Carmen.

Et en m�me temps, ma bouche sifflait le sextuor de Luigini.

Et pendant que je faisais tout �a,

que croyez-vous que faisait mon pied ?

Tout en marquant le rythme, il �crasait des noix.

Pourquoi ?

Vois-tu, il faut bien que je mange.

Puis, au milieu de mon soliloque, un sentiment �trange m'a envahi.

Ma main droite a arr�t� de jouer. Ma main gauche aussi.

Ma bouche a arr�t� de siffler et mon pied d'�craser des noix.

Pourquoi ? Parce que, mesdames et messieurs, j'avais trouv�.

Je l'avais enfin trouv�.

L'accord perdu.

C'est lui, l'accord perdu.

Alors, faisons la f�te

Je suis bien dans ma t�te

Je suis celui qui a trouv� l'accord perdu

Il n'a pas chang�.

J'aurai mon nom au Panth�on

Tout �a parce que j'ai trouv� L'accord perdu

Mesdames et messieurs, comment puis-je lutter ?

Je me suis �corch� le cerveau.

D'abord, j'ai mis un la b�mol avec un si mineur.

J'ai mis un si mineur avec un fa majeur, puis un fa majeur avec un si mineur.

J'ai essay� un la et un si et un si et le sol et le sol.

Et un mi et le si et le r� et le sol et le si...

Mais c'est quoi, ce piano ? Pas d'apostrophes.

Alors faisons la f�te

Je me sens bien dans ma t�te

Je suis celui qui a trouv� l'accord perdu

Vous savez, �a n'a pas �t� facile de trouver cet accord perdu.

Je travaillais dans mon grenier, sans dormir pendant des jours.

J'aurais �t� dans un triste �tat si je n'avais pas dormi la nuit.

Les gens disaient que j'�tais fou.

Mais �a ne me d�courageait pas, on disait que Mozart �tait fou.

On disait que Puccini �tait fou.

On disait que Louis �tait fou.

C'est qui Louis ?

Mon oncle. Et il �tait fou.

Bient�t, mes efforts ont port� leurs fruits et je l'ai trouv�.

L'accord perdu.

Amoureux de la musique,

r�alisez-vous ce que vous entendez ?

Je vais vous le rejouer.

Que se passe-t-il ? Ce n'est pas l'accord.

Et �a non plus.

�a non plus.

J'ai perdu mon accord. C'est une catastru-strophe.

Fermez les portes.

Personne ne sort tant que je ne l'ai pas retrouv�.

Il n'est pas ici.

Il n'est pas l�.

Il est fou.

Il n'est pas l�.

Mesdames et messieurs, je vais m'asseoir sur le clavier de ce piano

jusqu'� ce que l'accord soit retrouv�.

C'est lui.

L'accord perdu.

C'est tr�s �trange.

D'habitude, je le joue d'oreille.

Alors, faisons la f�te

Je me sens bien dans ma t�te

Car je suis celui qui a trouv� l'accord perdu

Allez, les filles, on se remet au travail.

En place.

Qu'est-ce que vous faites l� ?

Je cherche une jeune femme qui se fait appeler Leonora Cambaretti.

Comment �a, qui se fait appeler ?

Elle s'appelle Leonora Cambaretti.

Excusez mon anglais, je vous prie.

Alors, faites attention. Bref, Mlle Cambaretti n'est pas l�.

Et o� est-elle ?

Vous �tes quoi, un d�tective ?

Non, je suis Richard Herald, de la troupe de l'Op�ra.

Vous �tes son p�re.

Vous connaissez mon fils, Dick ?

Vous �tes peut-�tre le p�re de la jeune demoiselle.

Non, juste un ami de la famille.

Je peux me remettre au travail ?

Je n'ai pas vu mon fils, Dick, depuis six semaines.

Il n'est pas encore mari� ?

J'ai fait une grosse erreur.

En toute honn�tet�, vous comprenez ?

J'ai pens� que c'�tait la femme qu'il lui fallait.

Donc, le mariage est annul� ?

Oui, il a litt�ralement...

D�sol�, je ne peux pas vous aider.

Allez, les filles, en place.

Vous ne savez pas o� se trouve Leonora ?

Je le sais parfaitement.

Mais Mlle Cambaretti ne veut pas qu'on la trouve.

Je pr�f�re lui demander moi-m�me si elle veut qu'on la trouve.

Vous pouvez partir par o� vous �tes rentr�, vous g�nez la r�p�tition.

D'accord, je vais partir par o� je suis venu.

Mais je la trouverai.

Je vous montrerai. Esp�ce de stupide ent�t�.

Esp�ce de petit bleu.

Ferdi. Vous avez chang� d'avis ?

Quelle surprise que vous veniez me voir.

Pourquoi n'allez-vous pas voir votre p�re ?

Qui vous dit que je n'y suis pas all� ?

Il est venu me voir.

Qu'est-ce qu'il voulait ?

La m�me chose que vous.

Papa essaie de trouver Nora.

Vous voyez, Ferdi ? Vous devez comprendre que j'ai �t� honn�te avec vous.

Je vais passer l'�t� � Mackinac.

C'est une belle adresse pour faire suivre votre journal du dimanche.

Mais c'est une perte de temps.

C'est purement professionnel.

Cugi a �t� engag� pour l'�t� au Grand H�tel.

Je pr�sume que vous avez arrang� �a.

Je n'ai rien � voir avec �a. C'est juste arriv� comme �a.

M�me les �toiles sont contre vous, Ferdi.

Si je ne ma�trisais pas mes impulsions, c'est vous qui verriez des �toiles.

Vous �tes totalement stupide.

M�me si Nora ne va pas voir grand-m�re, et Deborah me pr�viendra si elle y va,

elle va � nouveau nager, et son nom sera sur les affiches.

Vous ne pourrez pas m'emp�cher de la retrouver.

Vous pouvez juste me compliquer les choses.

Les compliquer suffisamment longtemps, peut-�tre.

Ne croyez pas que je ne comprends pas votre attitude de cerb�re.

Vous �tes vous-m�me amoureux de Nora.

Moi ?

Je ferais n'importe quoi pour elle.

Oui, n'importe quoi, sauf la voir heureuse avec un autre homme.

Barman.

Combien �a me co�terait de r�duire ce miroir en un million de morceaux ?

BIENVENUE DANS L'�LE MACKINAC

VIEUX FORT DE MACKINAC

Gordon, j'esp�re que vous comprendrez.

Comprendre quoi ?

Que vous n'avez aucune notori�t� au sein de leur communaut�.

Pourquoi dis-tu �a ?

Un estivant, voil� ce que vous �tes.

Et nous, les anciens, les estivants, on les m�prise.

Et je peux faire �a extr�mement bien.

J'aimerai tout ce que cet ancien me fera.

� partir du moment o� grand-m�re t'aime, tu deviens un ancien.

Et grand-m�re va aimer Gordon.

Prenez ma bicyclette, je vous prie.

Bien, madame.

Un poquito de amor

Veut dire un peu d'amour

Mais un peu d'amour De quelqu'un comme vous

Pourrait r�aliser tous mes r�ves

Le ciel ouvre ses portes

� l'id�e de votre �treinte

Silence !

Donc, imaginez le merveilleux frisson

Si cela venait � se produire

Si le vin �tait divin

On le g�terait en ne le go�tant pas

Excusez-moi.

Non, pas une femme de cet �ge.

- Arr�tez la musique. - Deborah, elle est l� ?

Oui, mais elle a amen� un rival avec elle.

Un rival, qui �a ?

Je ne sais pas, mais il est s�duisant.

Et il fait les yeux doux � Nora.

Les yeux doux d�go�teraient Nora.

Je n'en suis pas certaine.

Grand-m�re dit que les femmes sont faibles.

Et Nora est une femme.

Ferdi est arriv� avec eux.

Viens, on va r�gler �a.

Tu parles d'une premi�re !

Merci.

Grand-m�re ?

Qu'est-ce qu'il y a ?

Rien, tu as promis de poser quelques questions � Gordon.

J'ai promis �a, n'est-ce pas ?

- Tu es s�re qu'ils sont l� ? - Ils y �taient quand je suis partie.

Bien, M. Coome, �a vous d�range, si mes questions sont un peu personnelles ?

Pas du tout.

C'est parce que le bonheur de ma petite-fille est important pour moi.

Je crois que je comprends.

Maintenant, je voudrais que vous me parliez des femmes qui sont dans votre vie.

Ne r�pondez pas.

Vous n'avez pas le droit de lui poser des questions.

Vous m'avez pos� des questions et j'y ai bien r�pondu.

Bonjour, Nora.

Bonjour, Dick.

� moins que ma m�moire ne me fasse d�faut, M. Johnson,

votre r�ponse � cette question �tait un mensonge.

Seulement temporaire.

Nora, il faut que tu me laisses m'expliquer.

Je comprends que j'aurais d� �tre honn�te avec toi

et j'ai fait une erreur.

Une erreur ?

N'es-tu pas un peu s�v�re avec toi-m�me ?

J'ai fait tout ce que je pouvais pour la r�parer.

Il n'est pas possible de la r�parer.

Ne dis pas cela.

Tu ne peux pas vouloir dire �a.

Pourquoi n'as-tu pas �t� honn�te avec moi ?

Je voulais d'abord clarifier la situation.

Toute ma vie, je me demanderais si tu me dis la v�rit�

ou bien si tu es en train de clarifier la situation.

Tu n'es pas juste.

Cette affaire a �t� compliqu�e � loisir.

Mon p�re voulait que j'aille jusqu'au bout.

Je me suis m�me disput� avec lui � ce sujet.

Ce n'�tait pas simple de quitter une fille qui avait toujours �t� honn�te avec moi.

�coute-moi, Nora.

J'ai d�j� fait du mal � trois...

Je ne veux rien entendre.

Je me fiche de ce que tu as fait ou pas fait.

De ce que tu as l'intention de faire.

Tu veux bien le comprendre ? Je ne suis pas int�ress�e.

Tr�s bien, Nora.

Si tu n'es pas int�ress�e,

alors, je ne le suis pas non plus.

- Au revoir, Deborah. - Au revoir.

Deborah, arr�te de pleurnicher.

M. Coome, je m'excuse pour ma petite-fille.

Et pour mon arri�re-petite-fille.

Et pour mon r�le dans cette sc�ne.

Jamais trois g�n�rations ne se sont excus�es aupr�s de moi.

Il y a vraiment des moments o� la vie devient trop ridicule.

Nous continuons notre partie ?

Merci. Avec plaisir.

Entrez.

Pourquoi ces larmes ? Qu'y a-t-il ?

J'ai amen� Dick pour voir Nora et elle a �t� m�chante avec lui.

Et maintenant, il est furieux contre elle.

Deborah, c'est exactement le contraire.

Dick a �t� m�chant avec moi et je suis furieuse contre lui.

Ils sont furieux l'un contre l'autre.

Tu es un ami de la famille, tu ne peux rien faire ?

All� ?

Un appel longue distance, je vous prie.

Je m'excuse. Vous n'�tes pas un bleu.

Je me le demande. J'ai de s�rieux doutes sur le sujet.

Apportez �a � grand-m�re.

C'est tout ce qu'il restait. � moins que vous ne pr�f�riez �a.

Au Danemark, c'est moi qui tenais le guidon.

R�cemment ?

Attendez...

Vous feriez mieux d'aller derri�re.

Montez. N'en faites pas tout un probl�me.

Vous �tes l�.

Vous pensiez que j'allais recevoir votre invit� dans la cuisine ?

�a ne m'aurait pas surpris.

Bref, voici M. Richard Herald.

Mme Cambaretti, M. Herald.

Comment allez-vous ?

Je suis enchant� d'�tre ici, Mme Cambaretti.

Bon, je crois que je vais y aller.

Voulez-vous vous asseoir, M. Herald ?

C'est gentil � vous de m'�couter, Mme Cambaretti.

Je peux vous expliquer clairement tout ce quiproquo.

Votre fils n'y a pas trop bien r�ussi.

Dick vous a dit.

J'ai outrepass� mes pr�rogatives en annon�ant le mariage dans les journaux.

Dick ne nous a pas dit �a.

Il n'aurait pas pu.

Quand on a �t� bien �lev�, �a se refl�te dans le comportement.

Savez-vous ce que j'ai pens� quand j'ai appris que Dick �tait votre fils ?

Je vous en prie, Mme Cambaretti.

Je me suis dit : "Tel p�re, tel fils."

Dans votre jeunesse, M. Herald, vous faisiez souvent la une des journaux.

Maintenant, je vous reconnais.

Vous �tes la fameuse Cambaretti.

Une telle joie � regarder.

La pure po�sie du mouvement.

Mais c'est un mariage parfait.

Nous allons arranger cela. Tous les d�tails.

Puis nous le dirons � ces deux idiots.

La m�thode � l'ancienne n'a pas trop bien fonctionn�, si ?

L'autre fois, vous l'avez essay�e.

Je ne sais pas pour Dick, mais Nora ne veut rien entendre.

Peut-�tre qu'on pourrait la motiver un peu.

Vous nagez pas ?

J'ai plus envie de regarder, aujourd'hui.

Allez, Deborah. Il faut que tu travailles un peu.

Fais �a bien, Deborah.

C'est bien, Deborah.

Tu ne me regardais pas.

Je sais que ce n'�tait pas bien.

Ce n'est pas grave. On va r�essayer.

Allez, on nage un peu, d'accord ?

D'accord.

Un, deux,

trois, quatre, cinq, on tourne.

Un, deux, trois, quatre, cinq,

six, sept, sous l'eau.

C'est Chiquita banana Et elle vient pour dire

J'ai une petite �le pr�s de l'�quateur

Je vogue sur un bateau depuis les Cara�bes Pour voir si je peux me faire des amis

J'ai une chanson sur les bananes

Je la chante en bas Je la chante en haut

Elle a beaucoup de succ�s Avec les "Mericanos"

Je chante des chansons de bananes

Je pourrais chanter sur le clair de lune Sur l'�quateur tropical

Mais non, je chante sur les bananes Et le r�frig�rateur

C'est Chiquita bananas Et elle vient nous dire

La banane doit m�rir d'une certaine fa�on

- Quand elle est tachet�e de... - Il est si facile de t'aimer

Si facile de t'adorer

Bien sup�rieure � tous les autres

Tellement digne d'�tre d�sir�e

Si capable d'entretenir la flamme

Quand il doit chanter, il ne chante pas. Quand il ne doit pas, il chante.

Nous serions tellement heureux

Tellement insouciants, ensemble

Que �a semblerait une honte Que vous ne puissiez voir

Votre futur avec moi

Parce que vous seriez, oh, si facile

� aimer

Dick a chant� avec cette jolie fille.

Deborah, si tu pleures, je te ram�ne � la maison.

- Viens, nous allons nager un peu. - Je ne veux pas.

Je veux �tre une �cuy�re.

Comme grand-m�re.

Mais aujourd'hui, tu nages.

Et tu vas faire comme si... Comme si tu ne l'avais pas entendu.

Viens, allons-y.

Gordon, �a m'ennuie de dire �a.

Alors, ne le dites pas.

Pourquoi les gens lents sont-ils toujours vus comme stupides ?

- Mais, Gordon, personne n'a jamais... - Laissez tomber.

Je n'ai pas besoin d'un dessin.

Croyez-moi, je suis vraiment d�sol� de tout �a.

Mais pas surpris ?

Si cette piscine faisait des vagues de 3 m, je serais int�ress�, mais pas surpris.

Entrez, M. Herald.

Bonsoir.

Mes pr�monitions faiblissent.

Est-ce qu'ils vont venir ?

Je pensais que vous alliez amener votre fils en le tirant par l'oreille.

Non, je n'ai pas vu mon fils.

J'avance avec pr�caution.

J'attends de recevoir des renforts.

Bonsoir, M. Herald.

Bonsoir, Mme Cambaretti.

Nous aurions d� nous rencontrer il y a des ann�es.

D'autres gros titres.

Ma canne, s'il vous pla�t, Ferdi.

Et Leonora ? Elle vient avec nous voir Dick ?

Ma petite-fille a une grosse migraine.

Une migraine extr�mement tenace.

Mais ce n'est pas ce que nous avions pr�vu.

Nora n'en fait souvent qu'� sa t�te.

Et selon son propre emploi du temps.

Je vais lui parler.

Je vais lui dire que c'est stupide d'avoir une migraine tenace aujourd'hui.

Je ne donnerais pas un tel conseil d'une mani�re trop ouverte.

On pourrait envoyer Dick avec un rem�de contre la migraine.

- Vous venez, Ferdi ? - Plus tard.

Je vais aller m'informer sur la migraine de Nora.

Tr�s bien. Alors, � plus tard.

Nora ?

Entre.

Ta migraine va mieux ?

Tu sais tr�s bien que je n'ai jamais eu la migraine de ma vie

et je n'ai aucune intention d'en avoir.

Tu vas quelque part ?

Oui, je pars avec Gordon. Et n'essaie pas de m'en dissuader.

Je sais ce que je veux.

Gordon est honn�te et droit.

Il n'�lude jamais les probl�mes ni ne fait de compromis avec la v�rit�.

On sait toujours o� on en est avec Gordon.

Oui. C'est un peu rasoir, non ?

Tu vas arr�ter �a ? C'est toi qui a dit � Gordon de partir.

- M�me Gordon a vu... - Tu recommences.

Pourquoi dis-tu : "M�me Gordon ?"

Encore une chose. Je sais que tu as fait venir le p�re de Dick.

Grand-m�re me l'a dit.

Oui, c'est exact.

Pourquoi ne sortirais-tu pas avec lui et grand-m�re, ce soir ?

Ce n'est pas assez que vous soyez tous l� � essayer de le soutenir ?

Tu ne crois pas que j'ai aussi un peu d'orgueil ?

De l'orgueil ?

�a fait moins l'affaire que le bonheur.

Je sais que tu veux mon bien, mais m�me comme ami de la famille,

j'appr�cierais �norm�ment que tu ne te m�les pas de �a.

Tr�s bien, Nora.

Si c'est ce que tu veux,

c'est ainsi que ce sera.

Je ne suis plus l'ami de la famille, mais avant �a, je vais te dire une chose.

Tu te montres �go�ste, sans piti� et ent�t�e.

Ton orgueil est touch�, alors tu te jettes dans les bras de Gordon.

Eh bien, il m�rite mieux que �a.

Et peut-�tre que Dick m�rite mieux que �a.

Si tu veux le convaincre que tu souffres en silence,

reste donc l� � bouder et fais semblant d'avoir la migraine.

Bonne nuit, Nora. Je te conduirai au bateau demain matin.

- Deborah ? - Je ne dors pas.

J'ai essay�, encore et encore, mais je ne peux pas dormir.

Quelque chose te tracasse ?

Oui. Est-ce que Nora va �tre une vieille fille ?

Je ne pense pas.

Mais Dick est vraiment en col�re contre elle.

Et le gentil M. Gordon est parti par le bateau de l'apr�s-midi.

Il m'a donn� un souvenir.

Tu devrais peut-�tre le mettre avec ceux de ta grand-m�re.

C'est ce que M. Gordon a dit.

C'est ce que je ferai demain.

Et si tu dormais maintenant ?

Promets-moi d'abord quelque chose.

Croix de bois, croix de fer.

De quoi s'agit-il ?

Tu aimes Nora, n'est-ce pas ?

Oui.

Depuis que ses nattes n'�taient pas plus longues que les tiennes.

Alors, si �a devenait vraiment n�cessaire, est-ce que tu l'�pouserais ?

Si j'�pouserais Nora ?

Je te promets que Nora ne sera jamais vieille fille.

Un poquito de amor Signifie un peu d'amour

Mais venant de quelqu'un comme vous

Cela pourrait r�aliser tous mes r�ves

Le ciel ouvre ses portes

� la pens�e de votre �treinte

Alors, imaginez ce merveilleux frisson

Si cela arrivait un jour

M�me si le vin est divin

On le g�che si on n'y go�te pas

Et ce soir, on peut dire que le paradis

N'est plus qu'� un baiser de nous

Un poquito de amor

Juste un peu d'amour pour d�marrer

C'est quelque chose, m�me si c'est peu

Et je vous donnerai tout mon c�ur

Je vous donnerai tout

Mon c�ur

Applaudir, je ne peux pas.

Bonjour, papa.

C'�tait une superbe chanson.

- J'ai beaucoup appr�ci�. - Merci, papa.

Pour tout le reste, pour t'avoir envoy� dans la mauvaise direction,

je suis vraiment d�sol�.

Ce n'est pas grave.

Il y a certaines choses qu'il vaut mieux d�couvrir soi-m�me.

Asseyez-vous, Dick.

- Bonsoir, Mme Cambaretti. - Quittez donc cet air but�.

Il tient �a de moi.

Je ne sais pas de qui Nora le tient.

Leonora a une tr�s forte migraine.

Tu dois vite aller lui porter de quoi la soulager.

Eh bien, qu'est-ce que tu attends ?

Pour ce qui me concerne, Nora peut s'occuper de �a elle-m�me.

C'est toi qui dis �a ?

Tu viens nous chanter une chanson � propos de pequito amor

avec une fille dont je ne connais m�me pas le nom,

alors que Leonora souffre d'une migraine tenace.

Les m�thodes � l'ancienne.

Merci.

Dick, je te demande un service.

Mesdames et messieurs, j'ai une surprise pour vous.

Parmi les joyeux noceurs, ce soir, le plus grand chanteur de notre temps,

le se�or Richard Herald.

Peut-�tre aura-t-il la gentillesse de nous chanter quelque chose ?

Peut-�tre ?

Ne pars pas, sauf si tu vas porter le m�dicament.

Vous savez, Dick, j'ai peur que ce ne soit un mal pour un bien.

- Quoi donc ? - Cette querelle.

Vos enfants, � Nora et � vous, seront trop t�tus pour simplement se nourrir.

Gracias, Se�or Herald. Peut-�tre ?

Maestro, je chanterai � une seule condition.

Que vous cong�diez mon fils.

Avec le plus grand plaisir.

Bon, alors je vais chanter "La donna � mobile".

"La donna � mobile"?

Nous vous suivons.

Tellement digne d'�tre d�sir�e

Si capable D'entretenir la flamme

Nous serions tellement heureux

Tellement insouciants, ensemble Que ce ne serait pas une honte

Que vous ne puissiez voir Votre futur sans moi

Parce que vous seriez, oh, si facile � aimer

Vous seriez si facile � aimer

Si facile � aimer

[FRENCH]

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