All language subtitles for La.Vieille.Fille.1972.1080p.NF.WEB-DL.DDP2.0.x264-playWEB.fre

af Afrikaans
ak Akan
sq Albanian
am Amharic
ar Arabic
hy Armenian
az Azerbaijani
eu Basque
be Belarusian
bem Bemba
bn Bengali
bh Bihari
bs Bosnian
br Breton
bg Bulgarian
km Cambodian
ca Catalan
ceb Cebuano
chr Cherokee
ny Chichewa
zh-CN Chinese (Simplified) Download
zh-TW Chinese (Traditional)
co Corsican
hr Croatian
da Danish
nl Dutch
en English Download
eo Esperanto
et Estonian
ee Ewe
fo Faroese
tl Filipino
fi Finnish
fr French Download
fy Frisian
gaa Ga
gl Galician
ka Georgian
de German Download
el Greek
gn Guarani
gu Gujarati
ht Haitian Creole
ha Hausa
haw Hawaiian
iw Hebrew
hi Hindi
hmn Hmong
hu Hungarian
is Icelandic
ig Igbo
id Indonesian
ia Interlingua
ga Irish
it Italian Download
ja Japanese
jw Javanese
kn Kannada
kk Kazakh
rw Kinyarwanda
rn Kirundi
kg Kongo
ko Korean
kri Krio (Sierra Leone)
ku Kurdish
ckb Kurdish (Soranî)
ky Kyrgyz
lo Laothian
la Latin
lv Latvian
ln Lingala
lt Lithuanian
loz Lozi
lg Luganda
ach Luo
lb Luxembourgish
mk Macedonian
mg Malagasy
ms Malay
ml Malayalam
mt Maltese
mi Maori
mr Marathi
mfe Mauritian Creole
mo Moldavian
mn Mongolian
my Myanmar (Burmese)
sr-ME Montenegrin
ne Nepali
pcm Nigerian Pidgin
nso Northern Sotho
no Norwegian
nn Norwegian (Nynorsk)
oc Occitan
or Oriya
om Oromo
ps Pashto
fa Persian
pl Polish
pt-BR Portuguese (Brazil)
pt Portuguese (Portugal)
pa Punjabi
qu Quechua
ro Romanian
rm Romansh
nyn Runyakitara
ru Russian
sm Samoan
gd Scots Gaelic
sr Serbian
sh Serbo-Croatian
st Sesotho
tn Setswana
crs Seychellois Creole
sn Shona
sd Sindhi
si Sinhalese
sk Slovak
sl Slovenian
so Somali
es Spanish
es-419 Spanish (Latin American)
su Sundanese
sw Swahili
sv Swedish
tg Tajik
ta Tamil
tt Tatar
te Telugu
th Thai
ti Tigrinya
to Tonga
lua Tshiluba
tum Tumbuka
tr Turkish
tk Turkmen
tw Twi
ug Uighur
uk Ukrainian
ur Urdu
uz Uzbek
vi Vietnamese
cy Welsh
wo Wolof
xh Xhosa
yi Yiddish
yo Yoruba
zu Zulu

Original subtitles

[fille 1] Moi, je mourrai à 35 ans,

parce que je ne veux pas voir la troisième guerre mondiale.

Je me laisserai mourir un jour d'hiver

où il fera beaucoup en-dessous.

Je marcherai toute nue vers le Nord

sur une route pas trop fréquentée,

jusqu'à ce que mes pieds seront si gelés

que je tomberai, doucement,

comme une pierre,

foudroyée par le froid et par la faim.

[musique dramatique]

[fille 2] Pourquoi tu t'arrêtes ? Continue…

Tu me donnes le frisson…

Ça fait du bien.

Je rêve à de la neige…

de la neige poudreuse,

nue…

nue dans la neige.

Ça va tes coups de soleil ?

Ça va mal…

Tu devrais pas t'exposer.

Il faut savoir souffrir…

C'est la loi du cosmos.

[musique dramatique]

[voix indistinctes] Une jeune fille de 16 ans qui est morte.

[voix indistinctes] Elle est morte noyée.

[voix femme] C'était une étudiante.

[voix homme] C'est bien fait.

[bruits des vagues]

[bruits de l'eau]

[musique intrigante]

[chant des cigales]

[l'homme souffle]

[coup]

[cri de douleur] Vacherie de vacherie !

Putain de vacances, putain de voiture !

Salope ! Aïe !

[grognements d'irritation]

[la portière claque]

[bruits de moteur]

[bruits de moteur]

[la portière claque]

Vous voulez que je vous pousse ?

[petite fille essoufflée]

[musique mélancolique]

Oh, pardon, excusez-moi.

Bonjour monsieur, vous avez des chambres ?

- Pour dormir ou pour coucher ? - Pardon ?

[réceptionniste] Une chambre…

une chambre…

Il m'en reste juste une.

Mais une qui donne sur la mer.

Clothilde, conduisez monsieur au 992.

Je prierai monsieur de bien vouloir remplir cette fiche.

Pour la police…

Monsieur restera quelques temps ?

[Gabriel] Une nuit seulement. Je vais en Espagne.

L'Espagne…

[réceptionniste] Allons Clothilde, pressez-vous.

[Clothilde] Bonjour monsieur. - Bonjour.

Mon petit, soyez gentille,

allez chercher ma valise.

Une valise noire,

dans ma voiture, une Cadillac noire, juste devant.

[miaulement]

- Il y a une salle de bain ? - Oui monsieur.

mais il est interdit de prendre des bains le soir.

[musique enjouée]

C'est bien, mon petit, merci, vous pouvez y aller.

[musique douce]

[sonnerie]

Monsieur a appelé ?

Oui, le téléphone ne marche pas.

Il n'y a personne au standard.

Ah si, si, il y a quelqu'un au standard,

mais il n'y a pas le téléphone.

Ça, qu'est-ce que c'est alors?

Si monsieur veut réclamer, il faut aller aux réclamations.

C'est un téléphone décoratif, ce n'est pas un vrai.

C'est pour faire mieux. Mais la poste est tout près…

Pour commander mon petit-déjeuner il faudra que j'aille à la poste !

Non, mais y'a une cabine publique en bas avec des jetons.

Voulez-vous que je vous y conduise, j'ai rien à faire, je suis libre.

- Non, merci. - Quant au petit-déjeuner,

c'est moi qui m'en occupe, il suffit de sonner et je suis là.

C'est parfait.

Bien.

À quelle heure dîne-t-on ?

19 h 15 le soir

et 12 h le midi.

Les repas se prennent à heure fixe. Passé l'heure, on ne sert plus.

Bien.

Voilà.

Monsieur n'a plus envie de moi ?

Non, vous voulez dire plus besoin de vous, je suppose ?

Monsieur…

[la porte claque]

Heureusement qu'il est sur le guide celui-là, il mérite un détour.

[brouhaha]

- Bonsoir monsieur. - Bonsoir, je veux dîner.

C'est qu'il n'y a plus de places.

Pas de places…

Ça tombe mal, j'ai faim.

C'est tout de même déplaisant, j'ai fait de la route.

Monsieur voudrait-il un amuse-gueule ?

Enfin, vous n'allez pas me dire qu'il n'y a pas de place pour moi ?

Attendez monsieur…

Il y a peut-être une solution, attendez-moi là.

Tout est arrangé, monsieur.

Oui, j'ai réussi à vous caser avec une charmante dame, suivez-moi.

Vous voulez du saucisson ?

- Je ne sais pas, qu'est-ce qu'il y a ? - Du saucisson.

[bruits de couverts]

[Ils rient]

[brouhaha]

[elle boit bruyamment]

[elle expire]

C'est long.

[homme] La voilà.

Y'a plus de saucisson, monsieur, alors je vous apporte un hareng.

[bruit de succion]

[femme] Qu'est-ce qui sent ce poisson, c'est pas Dieu possible.

C'est agréable de manger une pâtisserie avec cette odeur…

J'ai envie de rendre.

Ce qu'il me déplaît, ce type.

Vous m'excuserez de manger mon poisson

pendant que vous entamez votre dessert, mais…

[Il bafouille]

Vous êtes en vacances, évidemment ?

Évidemment.

[homme] Quelle histoire… Ça commence bien.

Heureusement que je file demain.

Ce qu'elle est désagréable cette fille.

J'ai jamais vu une bobine pareille.

Avec un peu de chic, elle serait pas mal.

C'est comme mon hareng… Avec un peu de goût, il était mangeable.

Elle, on dirait une bonne sœur.

Une bonne sœur en civil,

elles se foutent en civil maintenant, les bonnes sœurs.

Sûrement que c'est une Autrichienne…

Je m'aperçois que je ne me suis pas présenté.

Marcassus, Gabriel Marcassus.

[femme] Marcassus…

Muriel Bouchon.

[Gabriel] Bouchon…

Sûrement que c'est une Autrichienne.

Vous ne voyez pas d'inconvénient à ce que monsieur se mette à votre table ?

[homme] Je ne me suis pas présenté.

Pasteur Henri Jacques Monod, professeur de théologie appliquée.

[réceptionniste sifflote]

[elle mange bruyamment]

[réceptionniste] Merci, monsieur. Oh, c'est parfait.

Clothilde, portez les bagages de M. Marcassus jusqu'à sa voiture.

Calez-la là.

[Gabriel] Attention !

[la porte s'ouvre]

Est-ce que Madame, enfin, je veux dire Mademoiselle,

me permettra de faire la chambre ?

[elle ricane]

Ça marche pas ?

[bruit des vagues]

C'est charmant, ce coin.

C'est pas tellement fréquenté.

Vous revenez du bain ?

Je vais y aller aussi, moi.

C'est mon premier.

Elle était bonne ?

[bruit de galets qui roulent]

C'est pas tellement agréable, ces galets…

[bruit des galets]

[Gabriel] Elle était bonne.

Un peu froide…

C'est vrai que c'est mon premier bain…

Alors…

Il faut toujours être prudent pour son premier bain.

L'organisme a besoin de s'habituer.

Ma mère me disait toujours…

[Gabriel] que… Quand elle était petite…

[elle gémit]

Vous ne savez pas s'il y a des excursions à faire dans la région ?

[sèchement] Adressez-vous au syndicat d'initiatives.

Cette année, je comptais faire l'Espagne.

Mais j'ai ma voiture qui a besoin de vacances.

Elle aussi…

[musique douce]

Salope.

[Monod] M. Marcassus, vous êtes toujours là ?

[Gabriel] Bah oui, c'est ma voiture.

Elle veut plus rien savoir…

- Qu'est-ce que vous avez comme voiture ? - Une Cadillac.

Ça reste une bonne voiture, mais elle n'est plus très jeune.

Vous avez vu le mécanicien ?

C'est dimanche, il était à la plage avec sa famille.

Ah oui, c'est dimanche, merde.

C'est peut-être tout simplement le delco…

Ou bien les bougies ?

[Monod] Je vous présente ma femme.

- Monsieur Marcassus. - [Gabriel] Madame.

Je voudrais tant que ta journée ait été sereine…

T'es-tu baigné au moins ?

Moi, j'ai prié…

Vous voudriez bien m'excuser,

il faut que je m'assure que je puisse loger ici cette nuit encore.

- Et moi, j'ai encore à prier. - À tout à l'heure.

C'est ça. À tout à l'heure.

[Gabriel] Pardon.

Et oui, c'est encore moi.

On vous a prévenu que je gardais la chambre ?

Je sais tout cela, monsieur.

Je prierai monsieur, lorsqu'il nourrit l'intention de quitter l'hôtel

de s'assurer qu'il puit le faire réellement.

[réceptionniste] Aussi, je vous conseille de faire réviser votre Cadillac.

J'ai d'ailleurs à cet effet, téléphoné à mon demi-frère, mécanicien,

de venir la remorquer jusqu'à son établi.

Votre clef, monsieur.

Chère moman, cher popa.

[brouhaha]

Désormais, ce sera votre table personnelle.

Votre femme est absente ?

Elle n'est pas malade au moins ?

Non, elle jeûne.

Édith est merveilleuse.

Elle ne s'alimente plus depuis bientôt trois mois.

[on frappe]

Entrez, c'est ouvert.

Bonjour, monsieur.

[Gabriel] Bonjour.

Quel temps fait-il ?

Le même temps qu'hier, monsieur.

Soyez gentille, apportez-moi le plateau au lit.

Au lit ou sur le lit ?

Comment ?

Je plaisantais, naturellement.

Voilà, monsieur.

Merci.

Comme j'ai envie, monsieur, de faire la grasse matinée…

Comment vous appelez-vous mon petit ?

Je m'appelle Vicka. Vicka Montero.

- Vous êtes Espagnole ? - Non, pourquoi ?

- Portugaise ? - Mais non…

Vous n'êtes pas Suédoise ?

Et non, monsieur.

Je suis Roumaine par ma mère, Mexicaine par mon père,

et Hollandaise à cause de la loi hollandaise.

Mais j'ai toujours vécu en France.

Vous voulez un croissant ?

Oui, je veux bien.

Qu'est-ce qu'ils sont bons quand ils sont frais les croissants.

Nous, le matin, on a que les croissants de la veille.

Ce n'est pas juste, hein…

[bruit de tasse]

Non, laissez-moi faire.

[musique enjouée]

[Vicka] Je mets combien de sucre ? - Deux et demi.

[Elle soupire] Voilà.

Maintenant, il faut que je me sauve, parce que…

Ce serait pas convenable si je restais… plus longtemps.

Vous m'êtes très sympathique vous savez….

[La porte claque]

[bruit de poulie]

[Gabriel] Vous parlez d'une histoire. C'est la transmission.

Y'en a au moins pour huit jours.

Huit jours, s'il n'y a pas de complications,

parce qu'avec ces histoires, il y a souvent des complications.

- Bonjour. - Bonjour.

En fait d'aller en Espagne, je vais rester ici.

C'était à prévoir avec ces bon sang de voiture, c'est toujours le même scénario.

Non, c'est vrai ça.

Autrefois, moi j'avais une Citron…

C'était une très bonne voiture, j'ai jamais rien fait dessus.

Avec l'augmentation du pouvoir d'achat,

la démocratisation des mœurs,

tout le monde a voulu sa voiture, plus moyen de rouler…

[Monod] Je vous le dis, les gens ont trop d'argent, ils sont jamais contents,

Ne fais pas de politique, mon chéri.

[mouettes]

[Gabriel] Hello.

Hello.

Elle est bonne, vous savez.

C'est mon deuxième bain. Si vous y allez, je vous accompagne.

Oh non. Ça ne fait pas trois heures que j'ai mangé.

Faut attendre un peu… Pour la digestion.

Vous attendez trois heures ?

Oui, pour la digestion.

- Moi, j'attends deux heures. - Moi trois.

Y en a qui font pas attention, qui vont se baigner après manger.

C'est trop dangereux. Une jeune fille de 16 est morte noyée.

[musique violons]

C'est beau, un galet.

Dommage que ça fasse si mal aux pieds.

Pourquoi vous ne mettez pas votre maillot à l'hôtel ?

Pour vous éviter toute cette gymnastique ?

Moi, mon slip, je le mets à l'hôtel.

Je le mets à l'hôtel, mon slip.

Moi, je trouve déplaisant de porter un maillot de bain sous des vêtements.

Un maillot de bain, c'est fait pour n'avoir rien dessus.

C'est vrai…

C'est vrai, c'est une question de sensibilité.

[Gabriel] D'épiderme… - Oui, et puis ça pique.

Regardez cette pierre.

Vous avez vu ce dessin ?

Et cette forme ?

Ça brille, ça vibre.

Pour moi, elle est radioactive.

Il n'y en a pas deux pareilles.

[Gabriel] Ça fait longtemps que vous êtes là ?

[Muriel] 23 jours.

Ah…

La mer…

[Gabriel inspire]

- L'air est bon, vous ne trouvez pas ? - Oui…

L'iode…

[Gabriel] Oui…

[Gabriel] L'iode…

Au fait, qu'est-ce que vous pensez des gens de l'hôtel ?

Je ne fréquente personne.

Vous avez vu le pasteur ?

C'est un drôle de personnage, non ?

Pouvez-vous me prêtez un franc, je vous le rendrai.

Merci, monsieur. Passez de bonnes vacances.

[musique romantique]

La femme du pasteur aussi, c'est un drôle de personnage.

Vous avez vu, ses mains et ses pieds.

Ça fait comme des stigmates.

Oui, c'est ça.

Jésus Christ…

C'est fascinant de passer ses vacances dans le même hôtel.

Elle a une façon de s'exhiber…

[voix couverte par la musique]

[musique romantique]

Si on prenait l'apéritif ? C'est amusant ici, non ?

Oh non, une autre fois.

Pourquoi ? Si, venez…

J'ai plein de choses à faire.

Il faut que j'écrive, j'ai du linge à laver.

C'est défendu de laver du linge dans les chambres.

Je vais vous dénoncer, si vous ne prenez pas l'apéritif avec moi.

Non.

Non.

Dites-moi, vous ne seriez pas Autrichienne des fois ?

[claquements de doigts]

[on frappe]

Entrez.

Bonjour monsieur.

[Gabriel] Bonjour.

[Gabriel] Quel temps fait-il ?

Le même temps qu'hier, monsieur. Bon appétit.

Merci.

[coup de chaise]

[on frappe]

Entrez !

[Vicka] Bonjour, monsieur.

Bonjour.

Ça va ?

Oui.

C'est mon jour de repos.

Eh bien, mon petit ?

Ben je suis libre.

[Gabriel] C'est pas vrai… Elle va m'inviter…

Je vais faire une petite promenade. Je vais me balader en voiture.

Si monsieur veut que je l'emmène… Comme je vous trouve sympathique.

[Gabriel] Ça y est, elle m'a invité.

- Qu'est-ce que vous avez comme voiture ? - Une Cooper.

Une mini.

[Gabriel] le pasteur a raison. Ils en ont du pognon les gens.

Alors, comme je suis libre…

[la Cooper démarre]

Vous avez lu "Le Miracle de Théophile" ?

Euh, non.

C'est une pièce de Rutebeuf.

Ah bon ?

T'as vu a fille là-bas ?

Oui, je la vois, eh bien ?

Je l'ai déjà vu quelque part.

[Monod] Bof, elles se ressemblent toutes maintenant.

Pour en revenir à mon histoire…

C'est un jeune homme, Théophile, qui se fait dépouiller par un évêque.

J'ai mes défauts comme tout un chacun, mais j'adore le fromage de tête.

Elle est réellement belle, vous ne trouvez pas ?

Elle est un peu grasse.

Ce soir nous sortons, ma femme et moi.

Nous allons écouter un concert de musique sacrée.

Ah bon ?

[Monod] C'est vraiment tous des cinglés maintenant.

Voilà votre femme.

Ce soir nous sortons, mon mari et moi.

Nous allons écouter un concert de musique spirituelle.

[chuchotant] Au temple.

Elle veut dire de musique sacrée et à la Maison de la Culture.

C'est à la Maison de la Culture, pas au temple.

- Tu m'avais dit que c'était au temple. - Mais non, j'ai jamais dit ça.

Ce serait sympathique si vous nous accompagniez au concert.

Et puis mademoiselle Bouchon aussi peut nous accompagner, si elle veut.

[Édith] Mademoiselle Bouchon !

Mademoiselle Bouchon !

[Muriel] Ce que je voudrais être ailleurs…

[Édith] Mademoiselle ?

Elle n'entend pas.

Mademoiselle Bouchon.

Comment ?

Il y a un concert de musique sympathique, je veux dire spirituelle.

Moi, je dirais sacrée.

À la Maison de la Culture.

En ville.

[conversations]

Alors ?

[musique douce]

Ce concert de musique liturgique ?

Ça vous a plu ?

Oh oui. C'était bien joué.

Oui. C'était bien joué.

[Gabriel] Mais qu'est-ce qu'ils font ?

On les laisse ?

[chuchotant] Oui.

[Elle respire fort]

[bourdonnement de moustique]

[elle halète]

[elle expire]

[un bébé pleure]

C'est pas trop bruyant ?

Non madame, pas trop, non.

[elle rit]

[aboiements]

- Bonjour. - Ah bonjour.

- Vous allez à la plage ? - Oui et vous ?

Non, pas ce matin parce que il faut que je passe voir mon mécanicien.

Vous voulez pas faire une excursion en autocar ?

Certainement pas.

Vous n'allez pas me dire que vous les avez toutes faites ?

Je suis venue ici pour me reposer, pas pour faire de la route, ni du tourisme.

[Muriel] Me reposer… Dormir… Nager

[musique mélancolique]

[bruit moteur, mouettes]

Moi, j'ai jamais été malade en mer.

Le mal de mer, je connais pas… Connais pas.

Oh ! Regardez !

Regardez, des marsouins.

Là, là, au bout de mon doigt.

Là-bas, vous voyez ?

Là… C'est dommage.

C'était juste là.

Ah… La mer…

"Si j'étais roi des Ondes,

vous seriez ma Thétys, reine des eaux profondes,

et pour votre maison, l'Océan, vous auriez…"

Joli ?

[on frappe]

Entrez.

Bonjour, monsieur.

Vous avez fait un gros dodo ?

Magique.

Merci.

Vous êtes bien calé comme ça ?

Oui, je crois.

J'avais une de ces faims, ce matin.

Vous avez bon appétit ?

Oh oui.

Moi aussi, j'ai bon appétit.

J'ai envie de faire pipi.

Je peux utiliser votre bidet ?

Mais faites.

[bruit d'urine]

[bruit d'urine continue]

Bonjour, mademoiselle.

[Vicka] Messieurs, dame.

[réceptionniste] Ça va pas ?

Eh bien Sacha ?

Sacha ?

Tout va bien ?

Tout va bien, mon vieux. Oui, laissez-nous.

J'ai l'air fin.

Allez, retournez travailler.

Vicka vous restez, j'ai à vous parler.

J'y comprends rien, patron.

Vous savez Vicka…

Vous savez Vicka, votre tenue…

Votre tenue laisserait plutôt à désirer…

[Monod] Alors…

C'est aujourd'hui que vous reprenez votre voiture ?

Avec ces histoires de transmission, y'a toujours des complications.

Vous avez vu, Vicka…

elle a été renvoyée.

Tiens, voilà votre dame.

J'ai faim.

Pourquoi vous ne m'avez pas attendu ?

Vous parliez avec le pasteur.

[Gabriel] Ah.

Décidément, ce pasteur et sa femme,

ça fait un drôle de couple…

Vous savez pas ce qui est arrivé ?

Vous savez pas ?

Je ne sais pas.

Elle s'est trouvée mal, la femme du pasteur.

Ça vous fait rire ?

Non, je vous assure.

Elle s'est tellement empiffré de yaourt, de gâteaux et de confiture,

ça l'a rendue malade.

C'était pas beau à voir, c'est moi qui vous le dit.

J'ai aidé le pasteur à la monter dans sa chambre.

Je croyais qu'elle était morte. Quand on est arrivés…

Oh écoutez, ça suffit.

Je sais que la femme du pasteur est un personnage…

Mais tout de même, y'a pas qu'elle.

Moi aussi, je suis un personnage,

vous aussi, vous êtes un personnage.

Il y a d'autres sujets de conversation.

[Gabriel] Oui…

À 6 h ce soir, je vais chercher ma voiture.

On va jusqu'au ponton ?

Je ne pourrai jamais revenir.

Vous êtes content ?

Vous allez retrouver votre auto ?

Bah oui…

C'est toujours embêtant d'être sans voiture.

Vous reprenez la route ?

Je sais pas.

Je sais pas. Cette année je voulais faire l'Espagne.

Je connais pas l'Espagne.

Vous connaissez l'Espagne ?

Je connais San Sebastian.

L'année dernière, j'ai fait l'Italie. Venise, Rome…

Florence, la Sicile…

parce qu'il faut pas oublier la Sicile.

- Vous connaissez l'Italie ? - Je connais San Remo.

Mais cette année, avec cette semaine de retard,

à cause de cette maudite voiture…

Je sais pas si je ferais mieux de rester quelque part pour me reposer.

- [Muriel] Faut recharger ses "accus". - Comment ?

Je disais, il faut recharger ses accus.

Ah, oui…

Vous êtes là jusqu'à quand ?

Jusqu'à la fin du mois ?

Oh non, je pars dimanche.

Dimanche là ?

[Muriel] Et oui. Ça fera quatre semaines que je suis là.

Cette année, nous avons obtenu une cinquième semaine de congé.

- Je vais la passer dans ma famille. - Pardon.

En Corrèze.

Je suis de là-bas.

Toute une ribambelle de neveux, de nièces, d'oncles, de tantes.

Comme y'en a qui sont assez vieux, je dois pas tarder à les visiter…

Vous devriez rester.

Je vais m'ennuyer, moi, si vous partez.

J'ai chaud.

Quel jour on est aujourd'hui ?

Aujourd'hui, nous sommes jeudi.

Vous êtes sûre ?

Oui.

Je compte les jours, et il ne m'en reste plus que deux jusqu'à dimanche.

Nous sommes jeudi.

Quand même, c'est dommage que vous partiez.

Je m'étais habitué à vous.

Je ne suis pourtant pas une femme liante.

Je ne suis pas facile d'accès.

C'est comme ce ponton.

[Gabriel rit]

[Muriel] J'ai une nature méfiante, je suis sauvage…

- [Gabriel] Sauvage ? Mais non. - Si, si.

[Muriel] Vous ne savez rien de moi. Je ne sais rien de vous.

C'est là tout le charme des relations de vacances.

Dans trois jours on se quitte.

C'est comme ça, on n'y peut rien, vous verrez.

Une fois rentrés, on reprend ses occupations.

Bah, vous habitez Paris ?

Moi aussi.

Des relations de vacances, ça finit pas forcément à la fin du mois d'août.

Tenez, moi, l'année dernière, j'ai rencontré un couple à Milan.

Depuis on se revoit régulièrement à Paris.

Cette année, ils font l'Écosse.

Moi, quand vous partirez dimanche,

je vous donnerai mon adresse à Puteaux et mon téléphone…

Si vous ne me trouvez pas trop antipathique,

vous me laisserez votre adresse à Paris.

Je vous montrerai les photos que j'aurai faites.

À moins que…

vous ne me trouviez antipathique…

Vous avez bien des amis à Paris ?

Je suis une sauvage, vous ne me croyez pas ?

Vous avez jamais été mariée ?

Vous m'interrogez ? C'est un interrogatoire ?

Je ne parlerai pas, je ne parlerai pas…

Oh, taisez-vous.

Vous avez une voix qui me fait trembler quand vous parlez comme ça.

Je n'aime pas répondre aux questions.

Je trouve sans intérêt de vous dire ce que je fais à Paris,

comment je vis, d'où je viens.

De la Corrèze ?

Je n'ai jamais été mariée.

Je suis une vieille fille.

J'aime l'indépendance.

J'ai jamais souhaité m'associer avec quelqu'un.

Pourtant, c'est pas les occasions qui ont manqué, ça on ne peut pas dire…

Qu'est-ce que je raconte…

Vous êtes content ?

Faut-il vous dire que je me trouve laide ?

Faut-il vous parler de ma vie sexuelle ?

Allons…

Laissez-moi, qu'est-ce qui vous prend ?

Enfin quoi, mais c'est vrai…

Excusez-moi…

Non c'est moi.

Non c'est moi.

Non c'est moi…

[bruits de couverts]

[radio] 77 francs 90 dans la cinquième course toujours Vincennes

10 et 19 gagnants 383 francs 10

placés 123 francs 60…

Je vais au waters.

52 francs 30… [parasites à la radio]

[pub à la radio] Timex électrique, la montre au point blanc,

la montre qui fait ticking, ticking, ticking et ticking.

[parasites à la radio]

[changement programme radio] [musique jazz]

Alors, elle marche votre voiture ?

Elle est comme neuve. Et votre femme ?

Elle a rendu toute la journée et puis…

maintenant, elle a la colique.

[musique jazz]

[Muriel sursaute]

[radio] Bonsoir, je m'appelle Jean Bernard et, si vous le voulez bien,

et si le programme de disques vous plaît,

Mademoiselle, on vous demande au téléphone.

[musique rock]

Allô ?

Ah, c'est toi ! Ah bah, ça alors !

Il est mort la bouche ouverte, les mains en avant

et en criant "Je meurs".

Il est resté lucide jusqu'au bout,

c'est beau, non ?

[Gabriel] Rien de grave, j'espère ? - Oh non.

C'est ma famille de Corrèze qui me demande quand j'arrive pour tuer le cochon

- Vous avez fini de dîner ? - Oui, j'attends mon café.

Prenez-le avec moi, je l'attends aussi.

Ah bon, ben oui.

[parasites à la radio] [la radio s'éteint]

Comment allez-vous, Muriel ?

[Édith] Vous permettez que je vous appelle Muriel ?

Oh mais… Je vous le demande.

Vous avez vu mon camélia ?

La fleur de camélia est rare.

[Elle tousse]

[Elle tousse plus fort]

[Édith s'étouffe]

Vous prendrez votre café ici, madame, je veux dire mademoiselle ?

Et le mien ?

Une seconde, je suis seule pour servir.

[Sacha] Qu'est-ce que c'est que ça ? Qui vous a appris à servir ?

[Sacha] Reprenez cette tasse et ramenez-la sur un plateau.

Et avec une soucoupe. Non mais qu'est-ce que c'est que ce service !

Je suis désolé, je vous prie de l'excuser.

Elle est jeune. Faut la dresser.

Vous pouvez pas savoir le mal qu'on a à trouver des domestiques.

On vous demande au téléphone. Vous êtes là ou pas ?

Ben je suis là, imbécile !

[Sacha renifle avec dédain]

[réceptionniste] Tiens, elles ont besoin d'eau, ces fleurs.

[serveuse] S'il vous plaît.

[Muriel rit]

[Gabriel rit]

[ils rient tous]

[la serveuse gémit]

C'est pas très indiqué pour toi de manger de la mousse au chocolat.

[Édith] Je suis dérangée en ce moment.

Tout le monde l'est un peu, dérangé.

Maintenant que votre voiture est réparée, vous reprenez la route ?

[Gabriel] La fumée ne vous dérange pas ? - Non.

Je pense que je vais rester jusqu'à lundi.

Dites… Et si on allait faire une excursion en auto demain ?

Je ne sais pas…

[Sacha] Petite dépravée !

Sale gouine !

Cochonne !

Tu me dégoûtes !

Ça vous ferait plaisir ou ça vous ferait pas plaisir

d'aller faire un tour en auto demain ?

Ben… Ça me ferait plaisir.

[musique enjouée]

[on frappe]

Entrez, c'est ouvert.

- Bonjour monsieur. - Bonjour.

C'est une journée splendide, aujourd'hui.

Y'aura sûrement beaucoup de noyés.

Je suis à votre service, monsieur.

Vous pouvez vous servir de moi. Vous auriez tort de vous priver.

Je suis bonne à rien, mais c'est moi qui fais tout.

Faut pas dire ça…

Il y a 2 ans j'étais bonne à tout faire et puis j'ai abandonné.

Parce qu'il n'y a pas de débouché.

Et maintenant… je suis serveuse.

J'aime mon métier.

Faut aimer son métier.

C'est une journée splendide. Y'aura sûrement beaucoup de morts sur les routes.

Au revoir, monsieur.

[la porte claque]

Mademoiselle va bien ?

Très bien, merci.

Moi aussi, je vais bien.

[mouettes]

[Gabriel] Bonjour.

Tiens, je vous attendais par là !

[Gabriel] Ça va ? - Oui.

J'avais vu vos affaires de plages, alors je me suis dit, je vais l'attendre.

Bah c'est gentil, ça.

Vous vous baignez pas ?

Non…

Pourquoi ?

Bah… Parce que. [elle rit]

Parce que quoi ?

Bah parce que…

[Gabriel] Elle est bonne ? - Oui, oui, oui.

Mais…

Tenez.

Si vous vous baignez pas, vous pouvez peut-être manger une glace.

- Oui, Merci. - Attention, ça fond.

Vous aimez ce parfum-là ?

Qu'est-ce que vous avez là-dedans ?

Ah, des cadeaux.

Des souvenirs pour la famille.

La famille…

C'est la première fois que vous venez ? - Oui…

La première et la dernière.

Pourquoi ?

Je n'aime pas revenir deux fois au même endroit.

Moi ça m'arrive souvent de revenir quelque part.

On retrouve des souvenirs…

- Parce que vous êtes sentimental. - Peut-être bien.

Pourquoi vous mettez pas du rouge aux ongles des pieds ?

C'est vert.

[musique enjouée]

[Muriel] Bon appétit. - À vous aussi.

Vous savez, l'autre fois, je vous ai parlé d'un livre,

"Le miracle de Théophile."

Voilà, je vous l'ai apporté.

C'est très aimable à vous.

[Gabriel] Je vais être obligé de le lire.

[Édith chuchote]

Monsieur Marcassus ?

Oui ?

Figurez-vous qu'Édith a quelque chose à vous demander, mais elle n'ose pas.

[Gabriel] Mais qu'elle ose ! Osez Madame.

Ils commencent à me cavaler ceux-là.

Elle voudrait faire une promenade en auto.

Mais qu'à cela ne tienne, c'est facile.

Je vous emmènerai demain, parce qu'aujourd'hui…

Je préfère aujourd'hui.

Elle dit qu'elle préférerait aujourd'hui.

C'est que…

- Vous n'avez rien oublié ? - Non, je ne pense pas.

Je vous ai fait levé tôt. J'aurais pu prendre un taxi.

Non, pensez donc.

On n'est pas en retard.

Le train ne s'arrête que 2 minutes.

Il faut faire vite pour trouver son wagon et monter ses valises.

Vous inquiétez pas.

[Gabriel] Y'a du vent. - Y'a du vent.

Tenez. C'est mon adresse et mon numéro de téléphone.

À Puteaux.

[Alarme train]

Tenez, c'est un souvenir.

Un souvenir de moi.

Comme vous êtes sentimental.

Non, mettez-le dans votre poche. C'est rien du tout.

Je voulais vous remercier.

Et de quoi, grand Dieu ?

Eh bien, si…

Oui…

[Muriel] Finalement, vous ne faites plus l'Espagne ?

[Gabriel] Non… J'ai plus envie.

Je vais longer la côté jusqu'à Cerbère,

et je remonterai tout doucement.

Sans doute plutôt que prévu.

Pour éviter la cohue de la fin du mois.

[signal du train]

[crissement train]

Je vous embrasse.

[musique mélancolique]

Can't find what you're looking for?
Get subtitles in any language from opensubtitles.com, and translate them here.