Afrikaans
Akan
Albanian
Amharic
Arabic
Armenian
Azerbaijani
Basque
Belarusian
Bemba
Bengali
Bihari
Bosnian
Breton
Bulgarian
Cambodian
Catalan
Cebuano
Cherokee
Chichewa
Chinese (Simplified)
Chinese (Traditional)
Corsican
Croatian
Czech
Danish
Dutch
English
Esperanto
Estonian
Ewe
Faroese
Filipino
Finnish
French
Frisian
Ga
Galician
Georgian
German
Greek
Guarani
Gujarati
Haitian Creole
Hausa
Hawaiian
Hebrew
Hindi
Hmong
Hungarian
Icelandic
Igbo
Indonesian
Interlingua
Irish
Italian
Japanese
Javanese
Kannada
Kazakh
Kinyarwanda
Kirundi
Kongo
Korean
Krio (Sierra Leone)
Kurdish
Kurdish (Soranî)
Kyrgyz
Laothian
Latin
Latvian
Lingala
Lithuanian
Lozi
Luganda
Luo
Luxembourgish
Macedonian
Malagasy
Malay
Malayalam
Maltese
Maori
Marathi
Mauritian Creole
Moldavian
Mongolian
Myanmar (Burmese)
Montenegrin
Nepali
Nigerian Pidgin
Northern Sotho
Norwegian
Norwegian (Nynorsk)
Occitan
Oriya
Oromo
Pashto
Persian
Polish
Portuguese (Brazil)
Portuguese (Portugal)
Punjabi
Quechua
Romanian
Romansh
Runyakitara
Russian
Samoan
Scots Gaelic
Serbian
Serbo-Croatian
Sesotho
Setswana
Seychellois Creole
Shona
Sindhi
Sinhalese
Slovak
Slovenian
Somali
Spanish (Latin American)
Sundanese
Swahili
Swedish
Tajik
Tamil
Tatar
Telugu
Thai
Tigrinya
Tonga
Tshiluba
Tumbuka
Turkish
Turkmen
Twi
Uighur
Ukrainian
Urdu
Uzbek
Vietnamese
Welsh
Wolof
Xhosa
Yiddish
Yoruba
Zulu
Downloaded from YTS.MX
Official YIFY movies site: YTS.MX
Ariane, sois prête à faire ça vite.
Sinon, ça ne finira jamais.
OK.
Messieurs.
Quand vous descendez du bus,
prenez une copie du contrat.
C'est compris ?
Merci.
Bonne soirée.
Merci.
Stéphane, voici Ariane.
Elle sera la coordinatrice des Guatémaltèques.
Vous vous connaissez ?
Elle sort avec mon pote, Pat.
J'ai appris pour son procès, je suis vraiment désolé.
Ça va ? Il tient le coup ?
Je ne sais pas, on n'est plus ensemble.
- Désolé, je l'ignorais. - Ça va.
Alors, tu es revenue ?
Je suis chez ma mère, au bord de la rivière.
Ah oui, Nicole. Elle l'a recommandée ?
Elle m'a dit qu'Ariane parlait espagnol et vivait tout près.
Tu n'as jamais travaillé dans une usine ?
Non, mais ma mère si.
Et j'aidais Pat avec le personnel du chantier.
Ça ira.
C'est notre première fois aussi, avec les Guats.
On sera là pour te former, tu apprendras vite.
Le gros du travail, c'est la traduction.
N'importe quel idiot qui parle la langue peut faire ça.
Excuse-moi.
Il y a une question ?
Il ne sait pas très bien lire.
Il demande à quoi correspond ce montant-là.
S-A-R ?
Il dit quoi ?
Il demande ce que veut dire S-A-R.
Les cotisations syndicales.
Syndicat Aliments Richelieu.
Ce sont les cotisations syndicales.
Qu'est-ce que c'est ?
Mais le contrat dit qu'on a pas droit au syndicat.
Et il faut payer des cotisations ?
Ils n'ont pas droit au syndicat mais doivent payer des cotisations ?
Oui, je sais. C'est comme ça.
C'est comme ça.
Oui, mais avec 300$ de loyer, les impôts...
Et on paye un service pour rien ?
Que dit-il ?
À la ferme où j'étais avant, c'était moins cher.
Il ne veut pas payer les cotisations.
Les cotisations ?
Les cotisations syndicales, puisqu'il n'a pas droit au service.
Robin n'acceptera jamais.
Et si on modifiait son contrat ?
Non, il faut payer les cotisations.
C'est la loi.
S'il veut pas, personne le force.
D'autres prendront sa place.
Si ça ne te convient pas, tu peux rentrer chez toi.
Je suis désolée.
Tu es d'accord avec ça ?
On n'a pas le choix.
Maman, laisse ça.
Ça vaut pas la peine. Je repars bientôt.
Tu es sûre ?
On ne va pas vivre dans les cartons tout l'été.
Je vais ranger ça. Tu les verras plus.
Ça s'est bien passé ?
Ça a été.
Tu ne m'avais pas dit
que Stéphane Cournoyer dirigeait l'usine.
Tu le connais ?
Oui, il était dans la bande de Pat.
Je l'avais dénoncé quand il embêtait les filles de Martine.
Ça ne me dit rien.
C'est grave ?
Non.
C'est juste bizarre de revenir et de voir
que les brutes de l'école sont directeurs d'usines.
Je ferai ça demain.
Je suis fatiguée.
Ariane.
Quoi ?
Pat a appelé de la prison.
Je lui ai dit ce que j'en pensais.
Je ne veux pas lui parler.
Je sais bien, voyons.
Grouille-toi. Ça va me sortir par la bouche.
Chacun son tour !
Il est là depuis au moins 15 minutes.
Si tu me mets la pression, ça va barder.
Ah oui ? Tu vas faire quoi ?
Me pisser dessus ?
Ça va être chaud, après tant d'attente.
Ariane.
Je compatis, tu le sais.
Mais on ne peut pas dire aux créanciers
"Désolée, je suis juste une victime".
Au moins, l'appartement est à ton nom.
As-tu pensé à le vendre ?
Non, je veux faire une consolidation de dettes.
Le plus simple serait de vendre.
Tu pourrais tout rembourser d'un coup.
Oui, mais je veux pas.
Tu peux revendre plus cher, faire une plus-value.
Il lui reste que cet appart'.
Peut-on au moins éviter de le perdre ?
Ariane, on se connaît depuis longtemps.
Je vais être honnête.
Même en négociant un super accord, les paiements mensuels seront lourds.
Comment tu vas payer ?
Elle a un nouveau travail.
Un qui paye bien.
C'est quoi au juste ton nouveau travail ?
Ariane ?
Le problème avec le décortiqueur,
c'est que les feuilles et la barbe de maïs bouchent l'évacuation.
L'équipe doit nettoyer en continu,
il y a pas de machine pour ça.
Sinon, ça déborde et la production s'arrête.
Je n'ai jamais rien senti de pire.
Et j'ai été aux toilettes après Guillermo.
Messieurs.
Messieurs.
Il y a deux évacuations d'eau.
Il faut retirer les feuilles de maïs.
Quand les brouettes sont pleines,
vous allez les vider par là-bas.
- C'est compris ? - Oui.
Il doit bien pelleter dans l'eau lui, avec sa jambe de bois.
Il a dit quoi ?
Il blaguait.
"Vas-y, toi, avec ta jambe de bois."
Vous êtes là pour déconner ou pour travailler ?
J'ai pas de temps à perdre.
Il demande si tu es là pour déconner ou pour travailler.
Pour travailler.
Alors au travail.
C'est bien.
Madame.
Je peux vous parler ?
Oui, assieds-toi.
On a besoin de votre aide.
Le supermarché où on fait les courses
n'est pas tout près.
Je voulais voir avec vous
si vous pouviez parfois nous conduire au supermarché dans la semaine.
Je ne sais pas.
Je ne conduis pas, je ne peux pas t'emmener.
Quelqu'un de l'équipe pourrait le faire ?
L'autre fois, ça nous a pris deux heures pour y aller à pied.
Et on finit tard.
On ne peut pas faire ça tous les jours.
Oui, je comprends.
Je vais voir ce que je peux faire, mais j'ignore
si Stéphane voudra louer un transport
parce que ça coûte cher.
Mais ça ne relève pas de votre responsabilité ?
Ma responsabilité est de traduire ce que tu dis.
Je veux dire, comme intermédiaire entre nous
et l'usine.
Connaissant Stéphane...
À qui je parle sinon ?
D'accord, je vais voir ce que je peux faire.
Manuel Morales ? On vient de recevoir un chargement.
Quoi ?
C'est les heures sup'.
Ramirez ? Heures sup'.
Plus vite, Manuel, l'eau monte.
Vous ne voyez pas que ça va déborder ?
Vous êtes trop lents !
Prends une pelle, fais quelque chose !
Allez, tout le monde attend.
Ça va ?
Stéphane, faut qu'on parle des surgelés.
Rien de grave, juste un peu de retard.
Lâche-moi, ça fait trois heures que je parle à Ricard.
Tu ne manges pas ?
Plus tard, je dois rendre ces rapports avant seize heures.
Putain de rush.
Le village t'a manqué ?
Non, le bord de l'eau m'a manqué.
Tu as revu tes amies, Amélie et tout ça ?
Non, c'était plus les amies de Pat de toute façon.
Sacré Pat, tout un numéro.
Tu savais, non ?
Savais quoi ?
Pat et ses magouilles, tu devais savoir.
Non, pourquoi tu dis ça ?
On sait tous comment il est. Tu devais t'en douter.
Ne te fâches pas, on ne fait que parler.
Je ne suis pas fâchée. J'ai juste 24 rapports à finir.
Ça va, madame ?
Oui, j'avais juste chaud.
Que dirait Stéphane s'il te prenait à flâner comme ça ?
Tu es là pour déconner ou pour travailler ?
Allô ?
Rassurez-vous, madame, Il est comme ça, Juan.
Il prend facilement la mouche.
Une vraie gamine.
Va te faire foutre, foutu Mexicain.
Une vraie gamine.
C'est si drôle que ça ?
Je ne vois pas ce qui est si drôle.
Madame.
Je pourrais parler au patron ?
Accouche, ma journée est finie et mon fils m'attend.
On t'écoute, qu'y a-t-il ?
Mon père est mort.
Son père vient de mourir.
Il faudrait que je rentre.
J'aimerais partir cinq jours
avec votre permission.
Il demande à rentrer cinq jours pour aller aux funérailles.
D'abord, présente-lui nos condoléances.
Je suis désolée, toutes nos condoléances.
Il peut y aller, mais il perdrait sa place.
Je ne peux pas dépêcher un remplaçant pour cinq jours.
Tu peux rentrer, mais tu ne pourras pas revenir.
Je vous en supplie.
Je me suis endetté pour venir.
Il a besoin de ce travail, il s'est endetté pour venir.
Je suis désolé, je ne peux pas faire plus.
Je suis désolée.
Et si je ne pars que deux jours.
Je reviens le lendemain de l'enterrement.
Et s'il ne part que deux jours et qu'il...
C'est compliqué avec les rushs de maïs.
Il n'y aura jamais de bon moment.
On ne peut pas, je ne veux pas créer de précédent.
Stéphane, son père vient de mourir.
On peut pas faire venir un intérimaire québécois ?
Aucun ne le fera pour 10 dollars de l'heure.
Je te jure, ça ne me fait pas plaisir.
Si je dis oui, je finirai par le payer.
Désolé, mon gamin m'attend.
Je suis désolée.
Stéphane est caractériel, mais il règle les choses vite.
Quand les Français ont acheté l'usine,
ils voulaient la fermer.
- Ah oui ? - Stéphane s'est battu.
Il a eu l'idée des Latinos. Grâce à lui, on a du travail.
Je l'ignorais.
Et puis Ricard lui met tellement de pression.
Je ne pense pas que je ferais mieux.
Ce n'est pas ce que je dis, c'est juste...
Il est dur.
Si tu veux un conseil,
tu devrais t'endurcir un peu aussi.
Le Mexique, le Guatemala, ce n'est pas la même réalité.
Et tu es une femme.
Vous pouvez lui demander de choisir un code PIN à quatre chiffres ?
Il faut choisir un code à quatre chiffres.
Tape-le sur le clavier.
Encore une fois.
Encore.
Ça ne correspond pas, il faut recommencer.
Tu as dû te tromper, il faut recommencer.
Quel code je dois saisir, alors ?
Celui que tu veux.
Encore une fois.
Non, attends.
Il faut saisir le même code.
Un code facile à retenir.
Mais à quoi ça sert ? Je comprends pas.
Pour ton argent.
Fais-moi confiance.
Allez.
Encore une fois.
Parfait, merci.
Tu permets.
Merci.
Non, messieurs, j'apporte juste les horaires.
Cache la bière !
Vous pouvez continuer, voyons !
Les inondations nous ont ralentis, mais ça va aller mieux.
Je vais être honnête avec vous.
On n'est pas impressionnés par les résultats du dernier trimestre.
Je sais pas quoi vous dire.
On vous a fait confiance.
Vous vouliez de la main d'œuvre étrangère,vous l'avez eue.
Qu'est-ce qu'ils foutent ?
À 3 % d'augmentation, on est loin des objectifs.
Vous inquiétez pas, M. Ricard, J'ai confiance.
C'est quoi cette histoire de maïs qui a pourri au soleil ?
J'ai jamais vu ça !
On a 23 usines, ça n'arrive jamais !
C'est quoi le problème ? De l'incompétence ?
On fait de notre mieux.
C'est simple, c'est le dernier avertissement.
Soit vous atteignez 8 % soit j'envoie quelqu'un à votre place.
C'est clair ?
Est-ce que c'est clair ?
C'est compris. On prendra les mesures nécessaires.
Bien. On se reparle la semaine prochaine.
Merci, monsieur.
Il est de bonne humeur.
Je le verrais bien travailler de nuit.
Il est en forme.
C'est juste son style.
Toujours aussi sympathique.
Je peux pas le blairer.
Peu importe ce que tu fais, ça sera jamais assez.
On peut avoir des bonbons aussi ? Ça nous ferait du bien.
OK, les gars. Je pense que ça suffit.
Excusez-moi.
Excusez-moi.
On a arrêté la production 13 fois ce mois-ci car c'était bouché.
Tu peux voir ça avec tes gars ? Faut les pousser un peu.
Pourtant, ils rentrent de nuit, ils font des heures sup' tous les jours.
C'est ma tête qui est sur billot.
Faut les pousser, sinon je devrai les remplacer, tu comprends ?
Stéphane, on t'attend.
J'arrive.
Tu fais du super boulot depuis un mois.
J'ai besoin de toi.
Fais ce qu'il faut, OK ?
Bien, messieurs.
Les choses vont changer
Désormais, on travaillera en alternance.
Le matin, vous aurez votre poste habituel.
Et l'après-midi,
vous échangerez de poste.
Pour les formations sur la trieuse optique,
Manuel et Alfonso ?
Venez avec moi.
Oui ?
On est vraiment obligés, Madame ?
Oui, c'est nécessaire.
C'est difficile, mais on doit tous faire un effort.
Vous pouvez pas demander à des volontaires ?
Tu en connais beaucoup des gens qui veulent faire ce boulot ?
Qu'est-ce que tu fais ? Tu les changes de poste ?
Je leur fait faire des rotations.
Tu pouvais pas m'en parler ?
Tu m'as dit "Fais ce qu'il faut".
J'ai dit de leur parler, pas les changer de poste.
Je voulais pas te déranger.
Je connais les formations. T'inquiète pas.
Au contraire ! En cas de pépin, je suis responsable.
Ça ne sert à rien de les faire pelleter 24/24.
Je sais ce que c'est, j'en ai pelleté du maïs.
Ça peut pas aller plus vite, les gars sont crevés.
Et alors ? Un coup de fil à l'agence et on les remplace.
Voyons, Stéphane.
C'est épuisant de pelleter 50 heures par semaine.
C'est un job de merde. Qu'est-ce j'y peux ?
Excuse-moi.
Tu as peut-être raison.
Mais ça me dérange que tu m'aies pas consulté.
Je comprends, j'aurais dû t'en parler.
Mais je m'en occupe, OK ?
Ça prendra pas de ton temps, ça sera pas un stress de plus.
Ça ne sert à rien d'avoir des gars blessés.
Pourquoi ils refusent pas de faire des heures sup'?
Ils connaissent pas leurs droits.
Et depuis qu'ils sont ici,
on leur dit qu'on peut les renvoyer n'importe quand.
Ils ont peur.
N'exagère pas.
On est au Québec, c'est pas des esclaves.
Je dis juste que s'ils ne performent pas,
Stéphane va les renvoyer.
Tu sais bien qu'il bluff. Il peut pas, il a besoin d'eux.
Tu connais pas Stéphane, il plaisante pas.
Tu n'exagères pas un peu ?
Je sais que tu veux pas l'entendre,
mais je trouve que ça ressemble à ton histoire avec Pat.
Tu t'endettes pour lui et tu aides encore les autres.
Tu donnes, tu donnes.
Tu t'en rends pas compte, mais on profite de toi.
C'est toi qui est dans la mouise, faut que tu penses à toi.
Super.
Merci, maman.
Je dis ça parce que je t'aime.
Ce serait bête que tu perdes ton job pour ça.
C'est tout. Fais-en ce que tu veux.
Bonne soirée, à demain.
Madame.
- Madame, attendez. - Oui ?
Qu'est-ce qu'il y a, Alfonso, j'ai fini ma journée.
On voulait vous remercier pour ce que vous avez fait pour nous.
C'est vraiment sympa.
C'est normal.
Dites, ce soir, on fête l'indépendance du Guatemala.
On vous offre une bière ?
- Non, merci. - Juste une.
J'ai des trucs à faire.
Allez.
Non, j'ai du travail.
Ça nous ferait plaisir.
Non, merci. C'est gentil, mais...
Allez.
Non, vraiment.
Ariana ! Ariana !
OK, d'accord.
Santé !
Une seule, pas plus.
Je leur en veux pas de nous confondre.
Je trouve aussi que les Québécois, ils se ressemblent tous.
Stéphane, Marcel, Ariana, je les confonds tout le temps !
C'est pas vrai. Voyons, les gars.
Je tenais à vous dire, madame,
c'est extra ce que vous avez fait.
Vraiment, merci du fond du cœur.
Tant mieux.
Dites,
comment vous me voyez ?
Comment je te vois ?
Avec ses yeux.
Non, je veux dire, comme employé.
Faudrait faire attention à l'attitude parfois.
OK, on se calme.
Et le travail en lui-même ?
Le travail, ça va.
- Ça va ? - Oui.
Ça mérite une lettre de recommandation ?
Une lettre de recommandation ?
Vous savez, pour pouvoir revenir.
Je ne sais pas de quoi tu parles.
À la fin de l'année,
l'usine nous fournit une lettre de recommandation
qui dit au gouvernement du Canada qu'on est fiable.
Sans ça, on ne peut pas se réinscrire au programme, l'année d'après.
Sérieux ? Vous êtes sûrs ?
Croyez-moi, c'est ma septième année ici.
Ça coûte cher d'avoir une place
alors faut revenir tous les ans, sinon c'est pas rentable.
Il a raison.
J'en mérite bien une, non ?
Vous nous le devez bien.
Qu'est-ce que je vous dois, exactement ?
Vous avez bu notre ''chela'' toute la soirée.
Votre "chela" ?
Oui.
Ça veut dire bière. Notez-le dans votre calepin de traductrice.
Qu'est-ce que vous croyez ?
Que je me fends le cul toute la journée pour quoi ?
Pour qu'on se serve dans mon frigo ?
Faut pas pousser !
Allez, Juan. Viens nous jouer un peu de guitare.
Du calme, c'est juste une blague !
On ne peut plus rien dire !
Allez, une petite chanson.
Je peux vous poser une question ? Comment vous avez appris l'espagnol ?
Ma mère m'a fait apprendre
pour que je puisse parler avec mon père.
Il est Mexicain ?
Non.
Il est Guatémaltèque.
Sérieux ?
Ouais. C'est fou, je sais !
Ça alors !
Il vit ici ?
Non, il est là-bas.
Je me souviens que j'écrivais à mon père
pour qu'il m'invite au Guatemala,
pour qu'il me présente mon pays.
J'ai jamais eu de réponse.
Ça veut dire que
vous n'êtes jamais allée au Guatemala ?
Je peux te poser une question ?
Pourquoi tu pleurais dans le bus, le premier soir ?
Pour rien.
Allez, dis-moi.
Ou peut-être qu'il te faut une autre ''chela''.
C'est parce que
Maria, ma femme,
avant mon départ, elle m'a préparé une fête surprise.
Jamais autant de gens que j'aime ne s'étaient déplacés pour moi.
J'ai réalisé que j'étais parti sans la remercier.
Avec la fatigue, je me suis mis à pleurer.
C'est ridicule, je sais !
Non, pas du tout.
Je vais vous montrer une photo.
Ça va, le dos ?
Oui, merci.
Si tu veux, on peut voir le médecin.
Je ne veux pas perdre de jours de travail.
C'est ma famille.
C'est ma petite dernière.
Qu'est-ce qu'elle est belle !
Comment elle s'appelle ?
Roxana.
Trop mignonne.
Merci.
J'en ai d'autres. Attends.
Non, celle-là.
Tu as une moto ?
Oui.
Je suis livreur.
- De propane? - Oui.
Si ça suffisait à faire vivre ma famille,
ça serait le boulot de mes rêves.
Le boulot de tes rêves ?
Oui, le boulot de mes rêves.
Quand je suis sur ma moto, je suis libre.
J'ai la paix.
Je rentre pas à la maison exténué, comme ici.
Je peux m'occuper de mes gosses.
Et vous ? C'est le boulot de vos rêves, ici ?
Non.
J'ai besoin d'argent
pour sauver mon appartement.
C'est bête, hein ?
Qu'est-ce qu'il s'est passé ?
J'étais avec quelqu'un qui...
Dis donc, ils ont l'air de s'éclater.
Oui, c'est la fête nationale.
Il y a un voisin qui s'est plaint du bruit.
Il est une heure. Je veux pas voir les flics.
Je m'en occupe. Merci, Mathieu.
Les gars !
La fête est finie.
Sérieux ?
Oui, il se fait tard.
Ariane, une dernière chanson, rien que pour vous.
Non, il faut arrêter maintenant.
Allez, offrez-lui une bière. La soirée commence tout juste.
C'est le gardien de l'usine.
La fête est terminée.
Oh, désolé monsieur !
Vous êtes le gardien de l'usine ?
Que s'est-il passé ? On n'a pas voulu de vous dans la police ?
Pardon, je ne savais pas que vous étiez si important !
C’est bon, va te coucher, ok.
C'est quoi son nom, à lui ?
Enrique, je crois. Je sais pas, ils sont tellement nombreux.
Je comprends. En plus, ils se ressemblent tous.
Ouais.
Ils pourront nettoyer tout ça demain.
- Bonne soirée. - Merci, Mathieu.
Hé, mec ! Tu en mets du temps !
- Je la mets où ? - À côté des escaliers.
C'est quoi ça ?
Une pétition.
Une pétition pour quoi ?
Je suis occupée, Alfonso.
On est seize à exiger le retrait des caméras.
Voyons, on ne peut pas retirer les caméras de l'usine.
C'est une question de sécurité.
Non, tu m'as mal compris.
Pas dans l'usine, dans la résidence.
Jusque dans les dortoirs.
Quoi ?
De quoi tu parles ?
On paie un loyer.
Hors des heures de travail, nous surveiller est illégal.
On peut faire quelque chose, non ?
Je ne fais que demander.
Tu te prends pour une représentante syndicale ?
Je leur dis quoi ? Pourquoi il y a des caméras soudainement ?
Ils boivent et dérangent les voisins.
Si Ricard l'apprend, je suis mort.
Ce n'est pas illégal de les surveiller ?
Pardon ?
Ils payent, ils sont chez eux.
On a le droit de faire ça ?
- Ne t'en mêle pas. - Je demande juste.
Ariane, je ne plaisante pas.
Tu es trop sensible pour travailler ici.
C'est illégal ou pas ?
Pourquoi tu buvais avec eux à la résidence ?
Tu sais que le règlement l'interdit.
Je comprends ta situation, mais sache que moi aussi, j'ai des dettes.
Tu menaces mon travail.
Bordel de merde.
Désolé, mais moi je refuse d'être filmé pendant que je dors.
C'est invivable.
Il y a bien un moyen d'agir, non ?
Lequel ?
Une plainte ?
Je doute que ce soit possible.
Pourquoi pas ?
Il y a même une caméra devant les toilettes.
C'est normal qu'ils sachent quand je chie ?
Je ne suis pas d'accord avec Stéphane.
Je lui ai parlé, il n'a pas écouté.
Ces conneries me fatiguent.
Je vais appeler l'Inspection.
Ils refusent les plaintes anonymes, Stéphane saurait que ça vient de toi.
Tu sais ce que je crois ?
Je crois que tu as peur de perdre ton travail.
Tu l'as dit à Manuel, tu veux juste sauver ton appartement.
Ta gueule, Juan. C'est pas ce que j'ai dit.
Je dois fermer ma gueule, en plus ?
- C'est ta faute, cette galère. - Quoi ?
Tu étais saoul, elle t'a aidé.
Fais pas le con.
Manuel, tu viens ?
Alfonso, merci de nous défendre, mais elle a raison.
Je viens pour bosser, pas pour me révolter.
Moi aussi, mais il y a des limites.
Toi, ça va.
Ta place dans le programme est rentable, pas la mienne.
Ils enfreignent la loi, tu es d'accord avec ça ?
Je l'ignorais avant aujourd'hui.
Et je m'en fous.
Que faites-vous ?
C'est quoi, cet argent ?
C'est juste une petite dette.
Ça ne vous regarde pas.
Une dette de quoi ?
Julio m'a pistonné pour le programme.
C'est normal que je le remercie.
Combien tu lui donnes ?
Quarante.
Quarante quoi ?
Quarante pour cent.
De ton salaire ?
Oui.
Quoi ?
Tu lui donnes quarante pour cent
parce qu'il t'a pistonné ?
Et alors ?
Tout le monde fait ça.
Quel est le problème ?
Vivre ici te coûte une fortune et tu lui donnes quarante pour cent ?
Dans un an, Manuel recommandera quelqu'un
et touchera un pourcentage.
Non, rends-lui son argent.
C'est comme ça, au Guatemala.
Je m'en balance.
Rends-lui son argent.
Je te conseille de ne pas t'en mêler, ma petite.
Sinon quoi ?
Tu vas faire quoi ?
Dis-moi.
Je suis là, à essayer de vous aider
pendant que vous vous exploitez entre vous.
Je t'ai rien demandé.
Rends-lui son argent.
Ou tu veux que j’appelle la sécurité ?
Je claque des doigts et tu repars chez toi !
On dirait Stéphane. Tu as bien appris la leçon.
Tiens, prends mon argent.
Bien.
Je veux juste sauver mon appartement, après tout.
Bien joué, Juan.
Fais une pause, je m'en occupe.
Non.
Je vais bien.
On change bientôt de poste.
Bois de l'eau.
Tu n'as pas l'air bien.
Tu veux quoi ?
Allez Manuel, c'est mon argent.
Tu n'as pas compris ce qu'a dit Ariane ?
Elle a raison.
Ne t'en mêle pas.
J'ai besoin de cet argent.
Non, Manuel.
De quel droit tu t'en mêles ?
Il t'a déjà assez donné. La dette est remboursée.
Ça va.
Il a raison, on avait un engagement.
Tu lui trouves quoi, pour l'aider comme ça ?
Tu veux le sucer ?
Arrête, Julio.
Répète pour voir.
Tu veux le sucer, Mexicain de merde ?
Tu aimes les grosses bites ?
Arrêtez.
Stéphane.
Stéphane.
Et merde.
Lui. Et l'autre, c'est qui ?
C'est lui, je crois.
Ces deux-là, tu les sors.
Qu’est-ce qu’il se passe ?
Dis-leur de s'habiller.
Qu’est-ce qu’il y a ?
Je ne sais pas. Habillez-vous.
Jean-Pierre, prépare une voiture pour l'aéroport.
Qu’est-ce qu’ils font ?
J'en sais rien.
Tu peux me dire ce qu'il se passe ?
Vous les renvoyez ?
Tolérance zéro. C'est la règle.
Ce n'était même pas au travail.
Où nous emmènent-ils ?
Je ne sais pas, je ferai ce que je peux.
Rassemble tes Guats, je dois leur parler.
Appelle l'agence, il m'en faut deux autres.
Stéphane, attends !
Ariane, calme-toi.
Ça ne mérite pas d'y perdre ton travail.
Traduis.
Que ça vous serve d'avertissement.
Les prochains à causer des problèmes seront aussi expulsés.
Dis-leur que les rotations sont finies.
Je n'aurais pas dû t'écouter.
Quoi ?
Sérieusement ? Pourquoi ?
On a essayé ta façon et je n'ai eu que des ennuis.
S'ils ne suivent pas, on les remplace.
Hors de question.
Fais ça et j'appelle Ricard pour lui dire comment tu les traites.
Tu crois qu'il l'ignore ?
Ariane, tu vas perdre à ce jeu.
Je te le redemande.
Traduis.
Traduis ou je vire tes petits amis sur-le-champ.
D'accord.
Sors-moi ces trois-là.
Ces trois-là ?
Non, c'est bon, arrête !
Messieurs.
Il n'y aura plus de rotations.
C'est injuste, je sais.
Mais c'est un trou du... Vous savez.
Je vais voir ce que je peux faire pour arranger ça.
C'est bon.
Ce n'était pas si difficile ?
Bonjour, Alfonso.
J'imagine que tu ne peux pas répondre.
Je voulais te dire que je suis vraiment désolée.
Je vais essayer de t'avoir une lettre de recommandation.
Rappelle-moi quand tu atterris.
Ciao.
Qu'est-ce qu'il y a ?
Tu vas dire qu'on profite de moi ?
En trente-cinq ans dans les RH, je n'ai jamais vu ça.
Alors je fais quoi ?
Aide-moi, maman.
Et l'agence de recrutement ? Elle peut t'aider ?
Ils facturent à chaque recrutement.
Plus il y a de renouvellement, mieux c'est pour eux.
Tu pourrais parler aux médias, écrire sur le sujet ?
Je ne peux pas en parler publiquement !
Sinon je viole mon contrat et je me fais poursuivre.
Sans syndicat et avec la vidéo,
tu ne peux pas faire grand-chose pour eux.
Mais...
Tu peux peut-être aider celui qui a mal au dos.
Penche-toi.
Je ne peux pas plus.
C'est le maximum.
D'accord, il peut s'asseoir.
Assieds-toi.
Tu es sûre que c'est une bonne idée ?
Oui, avec l'assurance, tu auras ton salaire complet.
Ne t'inquiète pas.
On dirait bien une entorse lombaire.
Je le mets en arrêt de travail pendant une semaine.
C'est un relaxant musculaire.
À prendre une fois par jour pendant les repas.
Il peut aussi prendre l'ibuprofène, au besoin.
Mais le plus important, c'est le repos.
Ne pas bouger.
D'accord, c'est bon.
Ça ira.
Merci.
C'est ta mère qui t'a dit de faire ça ?
C'est fait, laissez-le se reposer.
Tu savais qu'on avait un médecin attitré !
Tu compliques les choses en impliquant l'Assurance Maladie.
Excusez-moi, mais ils sont là.
On s'en occupe.
Ce ne sera pas long.
Tu me fais perdre un autre gars et je dois le payer, en plus ?
- T'as qu'à plus les renvoyer. - Attention, Ariane.
Désolée, je ne peux plus être complice.
C'est dégueulasse de les traiter ainsi.
On nous regarde.
Tu ne peux plus être complice ? Rends-moi ton pass.
Rends-le.
Tu as eu assez de chances.
Tu peux pas me virer comme ça.
Je te vire pas, tu démissionnes.
Tu dis que tu n’en peux plus. Ton pass !
Doucement.
Ta gueule, Michèle !
Donne-moi ton pass.
Tu te sens viril quand tu parles comme ça ?
Donne-moi ton putain de pass !
Il y a des rapports à traduire avant 16 heures.
Rien que de la traduction.
N'importe quel idiot peut faire ça.
Pourquoi je pleure ?
Je suis tellement en colère.
Je vais tout expliquer à Robin.
Le syndicat va te soutenir.
Tu seras réembauchée d'ici ce soir.
Non, maman, ça n'en vaut pas la peine.
Allons, il n'en est pas question !
Quand j'y vais, je me sens comme une merde.
Ariane, tu vas faire quoi sans travail ?
Tu as fait tout ça pour rien ?
C'est injuste.
C'est toi la victime.
Maman, ne dis pas ça.
Mais c'est la vérité.
Pense à toi avant les autres,
au moins une fois dans ta vie.
Tu crois vraiment que j'ignorais que Pat fraudait ?
Quoi ?
J'ignore comment il faisait,
mais je savais bien qu'il y avait un truc.
Il gagnait tellement et travaillait à peine.
Je ne suis pas stupide.
Je me suis tue et j'en ai profité.
Alors ne dis pas que je ne pense pas à moi.
Pourquoi tu ne me l'a pas dit ?
Parce que, je...
J'avais peur que tu ne m'aides pas.
Tu sais,
je pourrais ignorer ce qu'il se passe à l'usine.
Comme j'ai fait avec Pat.
Mais regarde où ça m'a menée.
Comment tu te sens ?
J'ai encore un peu mal.
Plus que quatre semaines.
Je sais.
Tu me manques.
Je te rappelle plus tard.
Bonsoir.
Je m'appelle Richard.
Je suis le nouveau coordinateur.
Comment ça va ?
Très bien.
Super.
On aurait une faveur à te demander.
On vient de recevoir un chargement imprévu
et on est un peu à court d'effectifs.
Ça, ce sont tes meilleurs amis.
On peut reporter les paiements d'un mois ?
On a de la chance que les créanciers aient accepté l'accord.
- Je peux rien faire. - Un mois ?
C'est déjà une grosse concession.
Ça finirait en poursuite.
Tu comprends, Ariane ?
- Oui, je comprends. - Tu as l'air absente.
Qu'est-ce que tu comprends ?
J'ai quinze jours pour trouver un job sinon faut vendre l'appartement.
On a besoin d'aide. C'est urgent.
Faut que je demande.
- Il est fiévreux ou froid ? - Froid.
- Attention, écartez-vous ! - Désolée.
- Attends ! - Quoi ?
Les caméras vont te voir.
Je m'en fous. Allez !
Oui, j'y arrive.
Manuel ?
Manuel, ça va ?
Il respire, en tout cas.
Qu'est-ce qui s'est passé ?
Je ne sais pas, il divaguait.
Qui l'a trouvé ?
C'est moi.
Il m'a réveillé. Il gémissait.
Il gémissait ?
Oui, il avait l'air souffrant.
L'ambulance arrive ?
Oui, ils disent de lui verser de l'eau froide sur le visage.
Je vais en chercher.
Oui, je reste en ligne.
Tu sais, tout a empiré depuis que tu es partie de l'usine.
Ils l'ont remis à pelleter ?
Depuis quand ?
Quelques jours, une semaine, peut-être.
Manuel, ça va ? Qu'est-ce qui t'arrive ?
Ici 694 pour la centrale, il nous faut un 10-10 pour l'hôpital.
Je crois qu'il va vomir.
Monsieur, tenez ça.
C'est bon, je l'ai.
Qu'il le tienne lui-même. Ça l'aidera à rester conscient.
Tiens-le.
Ça va aller.
Nom de Dieu.
- Est-ce... - Restez là, on viendra vous chercher.
Retenez l'ascenseur.
Madame ?
- Vous parlez espagnol ? - Oui.
On a besoin de vous. Suivez-moi.
On va les rattraper par ici.
- Ça va ? - Oui.
OK, par là.
Donnez-moi vos affaires.
Lavez-vous les mains ici.
On va lui faire une gastroscopie d'urgence.
On a besoin de vous pour s'assurer qu'il collabore.
- Vous comprenez ? - Oui, je comprends.
Mettez ça.
Venez vous asseoir ici, vite.
On va lui mettre un tube dans la gorge.
Faut pas qu'il se débatte.
Vous allez pas l'endormir ?
Il a perdu trop de sang. On pourrait le perdre.
Parlez-lui, qu'il reste conscient.
Manuel, on va prendre soin de toi.
On va mettre un tube dans ta gorge.
Faut que tu restes calme, OK ?
On y va.
Ouvre la bouche.
Il va vomir.
Où je suis ?
À l'hôpital, on s'occupe de toi.
On y retourne. Dites-lui de pas vomir.
Il ne faut pas vomir, s'il te plaît.
Ne vomis pas Manuel.
- Ouvrez. - Ouvre la bouche.
On ne lâche pas.
Ça va aller.
Du calme, tout va bien. Fais-moi confiance.
On n'a pas le choix. Faut y aller.
Madame, reculez un peu.
Ne vomis pas. Reste calme.
Continuez de lui parler.
Tu es sur ta moto.
Tu es tout seul, sur ta moto.
Tu as la paix.
On est là.
C'est bien, reste tranquille.
C'est une belle journée, il y a du soleil, du vent.
Tu roules sur ta moto, tu es libre.
Faut qu'il arrête de bouger.
- Continuez. - C'est ce que je fais !
Vous vous débrouillez bien.
Manuel, regarde-moi dans les yeux !
Tout va bien.
Tout va bien, t'inquiète pas.
Je suis avec toi, ne t'inquiète pas.
Calme-toi. Arrête de bouger.
Tu es sur ta moto.
Tu es sur ta moto, tout est calme.
C'est presque fini.
Je sais, ça fait mal.
Faut tenir encore un peu.
Arrête de bouger.
S'il te plaît, c'est presque fini.
Tout va bien.
Tu reverras bientôt ta fille.
Ta petite Roxana.
Dans quelques jours, tu vas revoir ta fille.
Elle t'attend. Allez, c'est presque fini.
Tu y es presque.
Ta femme et ta fille t'attendent.
Tu te débrouilles bien, continue.
Tiens bon, je suis avec toi.
Madame.
Ça fait un total de 43 825,95.
Quel mode de paiement ?
Attendez, vous avez dit combien ?
43 825,95.
C'est pas moi qui vais payer ça.
Je travaille même plus là.
Vous avez les coordonnées d'une autre personne à cet endroit ?
Madame ? Je peux vous parler deux minutes ?
- Je peux y aller ? - Oui.
Pour l'instant, pas de signe d'infection.
J'ai jamais vu une telle blessure à l'estomac.
Son médecin a prescrit du cylobensoprane pour son entorse.
Il respectait la posologie ?
À ma connaissance, oui.
Il prenait autre chose ? Paracétamol ou ibuprofène?
Je sais pas, peut-être.
Une chose est sûre,
pour en arriver là, il a souffert pendant des semaines.
Dis-lui de prendre une grande inspiration.
Inspire profondément.
Bon.
Il peut se rhabiller.
Tu peux te rhabiller.
Merci, tu me sauves la vie.
Tu dois mettre tes initiales à chaque page
puis signer à la fin.
Qu'est-ce que c'est, au juste ?
C'est juste pour le remboursement des frais médicaux.
C'est normal que ce soit daté d'il y a deux semaines ?
C'est rien. Juste une formalité. Je t'assure.
Je ne sais pas lire.
Tu peux m'expliquer, s'il te plaît ?
Écoute.
Si tu ne signes pas maintenant, ça va tout retarder.
Tu devras rester seul ici pendant que les autres vont rentrer.
Tu comprends ?
Qu'est-ce que l'Assurance Maladie t'a dit ?
Que c'est pas un accident de travail.
Personne ne veut payer.
Je peux pas travailler et j'ai pas de salaire.
Je vois pas ce qu'on peut faire.
Je pourrai jamais rembourser ça.
Je sais.
Tu as appelé le consulat ?
Non.
Je sais même pas quoi leur dire.
C'est quand l'appel avec l'Assurance Maladie ?
Lundi.
À dix heures du matin.
Ce lundi ?
Oui.
Je t'en prie Ariane, j'ai vraiment besoin de ton aide.
Me laisse pas tout seul.
Bonjour, c'est Ariane Bélanger,
J'ai un entretien d'embauche avec vous ce lundi.
Oui, exact.
J'appelle parce que j'ai un petit contretemps.
Ce serait possible de repousser notre rendez-vous l'après-midi ?
Oui, je comprends.
Vous pensez faire une deuxième journée d'entretiens ?
Faut faire une demande de révision administrative
avec un nouveau formulaire de réclamation.
Tu ne l'envoies pas avant de me l'avoir montré.
Faut choisir les bons mots
car si ça va au tribunal, ils peuvent l'utiliser contre lui.
Tu as les horaires de Manuel ?
J'ai ceux que j'ai faits avant mon renvoi.
Demande à Manuel de t'envoyer ceux qui manquent.
Après, faudra aller à hôpital
demander les notes des deux médecins.
Pourquoi lui faire signer une fausse déclaration.
À quoi ça sert ?
À ne pas augmenter leurs cotisations d'assurance.
Comment ils appellent son poste ? Journalier?
Non, ensileur.
Regarde.
- Quel calvaire ! - Quoi ?
Vingt-neuf jours d'affilée à pelleter ?
Seulement deux dimanches de repos ?
Qu'est-ce qu'elle fout là ?
Tu l'as pas averti ?
Montre-lui.
C'est une procuration légale.
Si vous voulez parler à Manuel, désormais, ça passe par moi.
Tu te prends pour une avocate, maintenant?
Toi, tu peux y aller. On n'a plus besoin de toi.
Je vais trop vite ?
Non, continuez.
Le 18 septembre, Manuel Morales est en arrêt de travail pour sept jours.
Le 22 septembre, je ne suis plus là,
mais selon Manuel, Stéphane le remet à pelleter.
C'est pas ce qu'il dit dans sa déclaration.
Pardon de vous interrompre, M. Cournoyer.
On reconnaît l'entorse lombaire comme lésion professionnelle.
Pas besoin de revenir là-dessus.
Le problème, c'est la blessure à l'estomac.
Il n'a pas suivi sa posologie. Sans vouloir l'insulter, c'est sa faute.
Quand ils sont allés voir Manuel,
ils lui ont donné des cachets sans posologie
en disant que ça ôterait la douleur et qu'il pourrait pelleter.
C'est n'importe quoi.
C'est pour te venger d'avoir perdu ton job ?
Tu nous fait perdre du temps.
M. Cournoyer, arrêtez de l'interrompre.
Elle parle au nom de votre employé, il a le droit d'être entendu.
- Je peux continuer ? - Allez-y.
C'est un anti-inflammatoire en vente libre
mais aussi un irritant gastrique.
Et donc ?
Manuel continue de pelleter huit jours d'affilée.
Il a mal, il est confus, il ne sait pas à qui parler,
donc il se gave de cachets
et combine ça avec sa prescription.
Le neuvième jour, il est à l'hôpital avec un trou dans l'estomac.
Écoutez, on ne blâme personne.
Mais vous savez comme moi qu'il ne pourra pas payer.
On demande juste une réclamation administrative...
Vous voulez dire une révision ?
Oui, une révision administrative
pour reconnaître la blessure à l'estomac comme lésion professionnelle.
La moindre des choses serait de ne pas l'endetter.
Pourquoi M. Morales a déclaré qu'il était apte à travailler ?
Ce n'est pas lui qui a rempli la déclaration.
Vous pourriez lui poser la question, qu'on l'entende de sa bouche ?
Pourquoi avoir écrit
que tu étais prêt à recommencer à travailler ?
Non, je n'ai rien écrit.
Je sais.
Mais ils veulent t'entendre le dire, savoir que ça vient de toi.
C'est presque fini.
Je sais pas ce que j'ai signé.
Tu sais bien que je ne lis pas très bien.
Il ignore ce qu'il a signé. Il ne sait pas lire.
Ce sont de graves allégations.
Oui.
Ça mérite une enquête.
Ne me dites pas que vous la croyez.
C'est votre parole contre la sienne.
C'est sa déclaration à lui !
On ne l'aurait quand même pas forcé à signer, merde !
M. Cournoyer, votre employé est dans son droit.
Vous ne gagnerez ma sympathie en me parlant comme ça.
Je vais envoyer la demande de révision.
M. Morales, vous avez le droit de demander une enquête.
Tu peux porter plainte pour qu'ils enquêtent, si tu veux.
Non.
Je ne veux plus de problèmes.
- Tu es sûr ? - Oui.
Je veux juste rentrer chez moi.
Il veut pas porter plainte, simplement que ça se règle.
OK.
J'ai bien reçu et annoté la demande.
La réévaluation peut prendre jusqu'à deux semaines.
Je vous tiens au courant.
Que nous vaut ta visite ?
Tu nous as mis dedans avec l'Assurance Maladie.
Je m'en occupe.
Qu'est-ce que tu viens faire ici ?
Voyons, Michèle. Je viens juste leur dire au revoir.
Qu'est-ce qui t'as pris ?
S'ils font une enquête, on va tous perdre notre travail.
Au moins, maintenant, vous savez ce qu'ils ressentent.
Bonjour.
Salut les gars, comment ça va ?
Salut.
Vous devez être contents de rentrer chez vous !
Ouais.
Manuel, je vais mettre ta valise dans le bus.
Merci.
Alors ?
L'hôpital de Guatemala va reprendre ton dossier.
Ils s'occuperont de la paperasse avec l'Assurance Maladie.
Ça va, Manuel ?
Ouais.
Qu'est-ce qu'il y a ?
Rien, tout va bien.
Dis-moi. Qu'est-ce qu'il y a ?
Richard, le nouveau traducteur,
nous a dit que tous ceux qui gardent contact avec toi
n'auront pas leur recommandation pour l'an prochain.
Allez, tout le monde. C'est l'heure, on y va !
Quoi ? Tu veux revenir ? Après tout ce que tu as enduré ?
Tu es pas sérieux ?
Allez !
On se dépêche, s'il vous plaît.
Juan, tu nous chantes une chanson ?
Pour la route.
Non, ma guitare est dans la soute.
Allez, mec ! D'habitude, tu la fermes jamais !
Je te dis que ma guitare est dans la soute.
Allez, juste une.
- A cappella ? - Allez !
Et les autres, vous voulez que je pousse la chansonnette ?
Ouais.
Ceux qui la connaissent, chantez avec moi.
Encore celle-là ?
Arrêtez.
Monsieur.
Qu'est-ce qu'il se passe ?
Ça va pas ?
Qu'est-ce qu'il y a ?
Juste une minute.
Ariana !
Manuel, grouille !
Deux secondes.
Si un jour, tu viens au Guatemala,
ce serait un plaisir pour moi de te présenter ton pays.
Can't find what you're looking for?
Get subtitles in any language from opensubtitles.com, and translate them here.