All language subtitles for The.Cook,.the.Thief,.His.Wife.&.Her.Lover.1989.7

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Original subtitles

Ouvre la bouche !

Prends plaisir à ce que tu manges.

À côté de ce que tu sers

dans ta sale gargote,

ça mérite trois étoiles, ce dîner !

Tu dois apprendre les règles !

Manger et boire ce qu'il y a de mieux, ça coûte cher.

Tu connais le poulet à la Reine Marie,

les huîtres sauce Mornay,

les grenouilles à la parisienne ?

Bien sûr que non !

Baissez son pantalon !

Papa ne t'a pas appris à t'essuyer le derrière ?

Albert, laisse-le !

Allons manger.

Avant de manger, Georgina,

nous devons nourrir et abreuver les animaux.

Roy !

Voici ma femme, Georgina Spica.

Un cœur d'or et un corps idem.

Moi, je suis Albert Spica, cœur d'or et fortune idem.

Toi, tu es Roy.

Tu n'as absolument rien, sauf ce que tu me dois.

Tu es humilié devant une dame,

humilié devant nous.

Georgina,

je ferai aussi vite que possible.

Apporte-moi de l'eau chaude, une serviette et du savon.

Je t'ai offert un bon repas, tu vas boire un bon coup.

Tiens-toi bien à l'avenir et paie quand je le demande.

Sinon, je te ferai manger ta propre merde

en la sortant de ta bite comme du dentifrice.

Non, range ça, Spangler.

Bon sang, pas devant une dame.

Elle ne veut pas voir tes attributs rabougris.

Merci beaucoup.

La serviette !

Je n'aime pas la cuisine chinoise.

En te voyant, je l'aime encore moins.

Une surprise à Richard pour notre anniversaire.

Les lettres.

De la crasse sur ta figure, de la cendre sur tes seins.

En noir, tu as l'air d'une pute.

Ce n'est pas du noir, c'est du bleu.

Du noir ! Et ne fume pas, ça fait négligé chez une femme.

Avant de manger, ça détruit les papilles,

ça brûle la langue et ça fait puer la pisse.

Conneries.

C'est pas des conneries.

J'ai senti les chiottes quand tu avais pissé.

Tu crois toujours tout savoir !

Ayez pitié de moi

Effacez mes transgressions

Purgez-moi à l'hysope

et je serai propre

Lavez-moi

et je serai plus blanc que neige

Où est Richard ?

Il plume.

Richard, où es-tu ? Arrête de plumer.

Te voilà, Richard.

Laisse ça.

Viens voir le cadeau que je t'ai apporté.

C'est notre anniversaire.

Trois mois de bonne entente,

trois mois que je t'ai invité à être

mon restaurateur préféré.

M. Spica, ceci est un canard.

Les canards naissent avec des plumes.

Mais celui-ci est votre dîner.

Si vous voulez garder les plumes,

on peut essayer

en laissant les plumes telles quelles :

"canard en ses plumes torche".

Mitchel, tête de mule !

Je te l'ai dit cent fois : on ne fume pas à la cuisine !

Voici ta... notre nouvelle enseigne.

Il fait noir dans la salle.

Oui, Philippe, grâce à la générosité de M. Spica,

il fait noir partout.

Pas de courant, pas de lumière.

Pensiez-vous à un buffet froid ?

Je ne veux pas de buffet froid.

Pâté d'alouette sauce chicorée...

dinde froide citron et basilic...

anchois au vinaigre d'ail...

Pourquoi froid ? Vous avez le gaz, bon Dieu !

Un cul comme deux pastèques laquées dans un sac.

Poulet froid...

Remets l'électricité, Mitchel. Remets-la, ou bien...

...tu ne manges pas.

Je t'ai dit de ne pas fumer.

Tenez-vous tranquille, M. Spica, ou qui sait,

vous abîmeriez quelque chose. Vous marcheriez dedans.

Un repas chaud ce soir ?

Quelque chose de spécial. Par exemple...

On dit "poisson".

Qu'est-ce que t'as dit, Georgie ?

Qu'est-ce que t'as dit ?

Eh bien, M. Spica, j'espère que vous avez faim.

Toujours... Allez-y, les gars.

Georgie, relève ta jupe et réchauffe ma place.

Alors, Richard ?

Si vous dépensez autant pour le repas

que vous gaspillez dans le décor,

votre goût pour la bonne chère ne peut que s'améliorer.

Ne te paie pas ma tête, Borst.

Tu dépends de moi, n'oublie pas.

Sans moi, toi, un étranger, tu ne ferais pas long feu.

Regarde ce que je t'ai apporté.

Deux camions de bonnes choses, tout pour ta cuisine.

Je n'y toucherai pas.

Pourquoi ?

Je tiens à acheter ma propre nourriture,

pour être sûr de la qualité.

Ici, mon nom représente la qualité.

J'offre qualité et protection.

Protection contre quoi, et contre qui ?

Protection contre le caractère emporté

de mes hommes...

contre les empoisonnements alimentaires soudains...

contre les rats...

contre l'inspecteur de l'hygiène.

Si vous avez faim ce soir, il vous faudra attendre.

Fermez le troisième bouton de votre luxueuse veste.

Vous vous sentirez moins vide...

au-dedans, M. Spica.

Tu ne peux pas me faire attendre.

Délivrez-moi

de la culpabilité

Mon Dieu,

ma langue chantera

Votre justice

Ayez pitié de moi

Effacez mes transgressions

Seigneur,

ouvrez mes lèvres

et ma bouche proclamera

Vos louanges

On ne mange pas comme ça ! Je vais te montrer.

Imagine que tu suces les petits doigts d'une dame.

Jamais tu ne t'approcherais d'une dame...

Qui voudrait de toi ?

C'est pas les doigts qui...

De toi, ça ne m'étonne pas.

Tu penses qu'à l'entrer, la sortir et l'essuyer

sur ta veste.

Regarde ta veste. Une porcherie.

Et tes ongles sales... Fais voir tes ongles !

Pourquoi mes associés n'ont pas de classe ?

Les mal lavés et mal habillés devront payer leur dîner !

Je vais vous donner des cours, par écrit. Georgina tapera.

"Notes pour gourmets."

C'est-à-dire bon mangeur en français.

Un gourmet ne rote pas.

Au contraire !

Pour montrer qu'on apprécie.

Pas avec les doigts, Spangler. Tu connais que ça !

Manger avec tes mains en marchant dans la rue.

Tu as dit à Mews de manger le céleri avec les doigts.

C'est autre chose, crétin ! Et c'est des asperges.

Je claque une fortune

au restaurant, et vous refusez de manger correctement.

Dis-lui, Georgina.

Lui dire quoi ?

Imitez Georgina. Elle sait y faire.

Cory, amène Richard. Je veux qu'on répare mon enseigne

et qu'on l'accroche au mur.

Si Richard s'intéressait aux slogans,

il se ferait plus d'argent.

Il fait trop sombre ici.

On pourrait repeindre.

De l'or. Il faut plus d'or.

Pourquoi pas de l'or et du bleu ?

Hein, Henry ? Dix mille, et c'est bon !

Deux mois de recettes. Tu devrais t'en occuper.

Les prix de Borst sont impossibles.

Il a la tête dans les nuages. C'est un grand cuisinier.

Sauf qu'il met des champignons partout.

Henry, éteins ta cigarette.

Tu veux bien que je mange pendant que tu fumes ?

Gordon fumait en mangeant, il s'est brûlé l'épiglotte.

Tu en as une aussi, Mitchel,

et pas dans ton pantalon.

On ne met pas

le zeste au bord de l'assiette. Il est là exprès !

Un bon cuisinier réunit ce qui ne va pas ensemble,

canard et orange, ananas et jambon...

c'est ça, l'art.

Je suis un artiste parce que je combine travail et plaisir.

L'argent est mon travail, manger est mon plaisir...

et aussi Georgie,

mais d'une manière plus intime

que bâfrer et fournir les égouts...

quoiqu'il y ait un rapport,

parce que ce qui est coquin et ce qui est dégueulasse,

c'est si proche

que ça montre le rapport entre la bouffe et le sexe.

Les trucs coquins de Georgie

ont un joli rapport...

surtout quand elle m'écoute !

Appelle Philippe. À l'avenir, je veux des serviettes pliées.

Adele t'apprendra.

Spangler, va me chercher Philippe.

Amène-moi Richard.

J'ai une proposition à lui faire.

Et qu'Adele apporte de l'eau d'angustura

avec du citron,

un bol d'eau glacée pour me rincer les doigts.

Henry, débarrasse les verres. Et les fleurs.

On doit voir que cette table est la plus importante.

J'aime avoir des tas de verres, ça en jette.

Qu'est-ce que c'est ?

Pour Madame Spica,

avec les compliments de la maison.

C'est pas une madame. Pourquoi j'en ai pas ?

Je doute que ça vous plaise.

Faut voir.

Vous avez des goûts conservateurs.

C'est pas vrai, Borst. J'aime le risque !

Votre femme a le palais fin.

C'est toujours un plaisir de la servir.

Je veux une serviette humide, présentée avec des pinces.

Adele est mauvaise comptable. Elle est juste décorative.

Des lèvres et des nichons. On va la remplacer.

Je peux la remplacer ?

Remplis-toi la gueule, Mitchel.

Tu ne l'ouvres que pour sortir des vulgarités.

Tu es revenue !

Tu as essuyé le siège avant de poser ton cul ?

On n'est plus sûr de rien. Les chiottes sont minées.

Pour toi. Richard m'a suggéré de goûter.

De la part du chef !

Mange, ça ne m'a pas plu. L'odeur...

Iris a ramassé un chancre au cul aux W. -C.

Un mécanicien avait débouché à l'acide sulfurique.

Il y en avait sur le siège. Elle est sortie en hurlant,

les fesses qui fumaient... elle n'est plus la même depuis.

Elle fait son strip-tease,

mais jamais le dos au public.

Elle a dû changer son numéro. Maintenant, tout est de face.

Où tu vas ?

Oublié mon briquet.

T'en as pas besoin !

Richard, demain on accroche des écriteaux :

"Interdiction de fumer."

Tu devrais en rajouter sur ton accent français.

Fais comme si tu débarquais de Paris...

Un peu plus de "ouh-là-là"...

Vous ne me comprendriez plus.

Tu comprends bien les capotes anglaises.

Qu'est-ce que tu fous ?

Tu es là-dedans depuis une éternité !

Tu accouches ?

Je fume une cigarette.

Tu détestes que je fume à table, alors...

Bon Dieu, Georgina,

pourquoi cette histoire de briquet perdu ?

C'est vrai. Je l'avais laissé devant la glace.

Je sors dans un instant.

Ne reste pas là,

c'est gênant pour les clientes.

Fais voir le briquet.

Tu veux aussi une cigarette ?

Fais pas la conne.

Qu'est-ce que tu fous là-dedans ?

Tu te branles ?

C'est interdit, ça m'appartient.

Tu n'as pas le droit de te tripoter.

Boucle-la, Albert.

Ouvre-moi. Je vais t'apprendre à te torcher.

Va-t'en, j'arrive dans une minute.

Ne traîne pas.

Je te commande du gâteau aux poires...

des profiteroles...

Et lave-toi les mains.

Tu ne connais pas les femmes qui viennent ici.

Tu y as mis le temps !

Je t'ai attendue pour te faire plaisir.

Tu sens bon la sueur.

Lave-toi les mains, je te donnerai un baiser.

Tu sais ce qu'on dit des hommes dans les toilettes des dames ?

Qu'est-ce qu'on dit des hommes dans les toilettes des dames ?

Ils veulent perdre leurs illusions.

Je n'ai plus aucune illusion sur toi.

On a fait tout le tour.

Va me commander des profiteroles.

Vendredi

À mon avis, les Éthiopiens aiment mourir de faim.

Pour rester sveltes,

avec une grande tête et des yeux rêveurs.

Tu sais, les gosses...

Tu es malade !

Je vais l'être, si tu continues de la ramener.

Que sais-tu de la famine, Georgina ?

Tu as tout ce que tu veux.

Tu es en retard !

Vendredi soir. Beaucoup d'argent à ramasser.

Un honnête homme devrait mettre des gants pour toucher ça.

Voilà ce qu'il faut ici !

Mets les couverts !

Qu'est-ce qu'il y a, Mitchel ? Tu n'aimes pas les moules ?

Apprends à les aimer, si tu dînes avec moi.

Si tu dégueules, Spangler te forcera

à tout ravaler.

1 000 livres du restaurant malais de Pultzer Street.

Ils ont eu peur de l'empoisonnement.

On n'a pas besoin de les aider pour ça.

Avec leur bouffe, ils s'empoisonnent tous seuls.

Il y a des Indiens qui boivent leur propre pisse.

C'est toujours la même eau en circuit fermé.

Forcément, il s'en perd un peu par évaporation,

et il faut compléter. La pisse de qui tu boirais ?

Moi, j'ai une réserve, hein ?

Georgie et moi, on a nos petites séances !

Qu'est-ce que c'est ?

Voilà que tu reçois des spécialités du chef !

On devient le cobaye d'une expérience de Borst ?

On dirait un aliment pour lapins français constipés.

Albert, commande-moi

du chianti. Tu sais que j'aime le chianti.

Une bouteille avec du raphia. Pour pouvoir l'emporter

et l'accrocher chez moi.

Tu n'en as pas déjà assez ?

Où tu vas ?

Aux toilettes.

Tu n'as encore rien bu.

Sa vessie coule comme de la moelle.

Fais vite !

Fais vite, Georgie ! Tu es si bavarde

qu'on ne supporterait pas le silence sans toi !

Lave-toi les mains !

Pas frais !

Cette crème est salée.

C'est de la sauce hollandaise. Que puis-je pour vous ?

Je viens pour ces plats offerts par la maison.

À l'avenir, je veux que tous mes invités en reçoivent.

Que devient mon poisson ?

Vous pouvez le servir vous-même si vous voulez.

Que cherchez-vous ?

Non, rien. Apporte-le.

Chercheriez-vous votre femme ?

Bien sûr que non !

J'ai quelque chose à vous montrer.

- Qu'est-ce que c'est ? - De nouveaux couverts.

Donner de la classe à ton restaurant.

J'en ai apporté trois cents. Mes hommes les disposent.

Qualité médiocre.

Vous n'avez qu'à vous en servir chez vous,

de tous les trois cents.

Où tu étais ? Tu te torchais le cul ?

De la main gauche, comme je t'ai montré ?

Où t'as trouvé cette camelote ?

Rapporte-les.

Fais-toi rembourser à 150 %.

Qu'est-ce que tu manges ? Pas grand-chose.

Je vois que d'autres reçoivent le même traitement de faveur.

On dirait une espèce de salade insipide.

Rien d'extraordinaire. À part ce que ça coûte.

Mais ça fait pas grossir. T'as l'air pâlot.

Des rognons, du foie, du fer, voilà ce qu'il te faut.

Tu sais qu'une vache boit son poids en eau

deux fois par semaine...

Pour le lait,

parce qu'une vache a de gros nénés.

Comme toi, Georgie...

Vous devrez me croire sur parole, parce que,

pour une raison connue d'elle seule,

elle n'a pas de soutien-gorge.

Cory, tu as déjà goûté du lait humain ?

Récemment... Autrefois, ça ne compte pas.

Tu ne pouvais pas vraiment apprécier ce que tu buvais.

Le lait humain est recherché dans certains pays.

Pourquoi pas ici ?

Cory, qui pourrait nous fournir du lait humain ?

Chaud ? À la pression, si on peut dire ?

C'est un produit rare, il n'y a pas de quoi rire !

Georgie ne rit pas de ça.

Hein, Georgie ?

Tu fais honneur aux femmes.

Tu peux leur en remontrer, aux femmes d'aujourd'hui.

Et en apprendre aux jeunes gens.

Regarde Mitchel.

Ou plutôt non, c'est un sale petit con.

Pourquoi vous avez pas de gosse, alors ?

À quoi ça sert, les gosses ?

Je voulais des gosses !

On aura des gosses un jour, hein, Georgie ?

Oui, quand tu seras vieille avec des cheveux blancs.

Le problème, c'est qu'elle mange pas bien.

Tu devrais boire de l'eau et manger des rognons,

et, merde, peut-être que t'aurais un bébé, un jour...

Mais Georgie n'aime pas les bébés.

Parfois, Georgie,

tu te conduis comme une idiote.

Quand ça, Albert ? Comment c'est ?

Lève-toi de table ! Petit merdeux !

Va manger ta soupe de légumes à la cuisine.

Sale petit pervers !

Allez, continuez de manger.

C'est Mitchel qui joue au con. Va au coin.

Cory, fais-lui un bonnet d'âne.

Au coin, comme un vilain petit garçon.

Va là-bas. Prends ta fourchette et ton couteau.

Fais pas l'idiot.

Tu veux le rejoindre ?

Fiche-lui la paix !

Il t'imite, comme toujours.

Tiens-toi bien, il se tiendra bien.

Je m'en vais.

Oui, on s'en va.

Gracie,

paie la note et prends un taxi.

Georgie et moi, on va faire une balade.

Notre anniversaire de mariage demain...

On ira peut-être à la mer.

On s'amusera sous la jetée, comme autrefois.

Désolé.

Ce n'est pas une bibliothèque ici,

c'est un restaurant.

Il y a du personnel pour ça.

Il a besoin d'être cuit.

Grille-le avec de la purée de pois.

Pourquoi tu fais toujours la vaisselle ?

C'est un travail de femme. Tu n'as pas ce qu'il faut ?

Une cuirasse !

Protège-toi, petit, tu en as besoin.

Innocent... j'étais innocent avant de rencontrer Georgie.

C'est ce qu'elles veulent...

Viens, tu es saoul !

Je dois chanter ?

Albert, viens, ce n'est qu'un enfant.

Chanter pour moi ? Oui.

Je chantais bien quand j'étais petit,

pas vrai, Georgie ?

Allons, chante pour moi.

Chante, bon Dieu !

Lavez-moi entièrement

de mon iniquité...

Tu n'y arrives pas ?

J'ai été enfant de chœur.

Les femmes aiment les enfants de chœur.

J'étais presque enfant de chœur quand j'ai connu Georgie.

Mais tu as tout gâché !

Georgie a fait mon éducation.

Elle peut tout apprendre à un jeune homme.

Georgie, montre au petit ce que tu m'as montré.

Montre quel bon professeur tu es...

Fais ce que je te dis !

Venez dans le parking avec moi, tous les deux.

Je vais te donner la meilleure éducation...

Je vois. Je ne suis pas censé faire ça.

Je vais faire ton éducation.

Lâche-le !

Reste là. Et ne bouge pas !

Regarde.

Attends qu'on soit à la maison.

Quoi ! Tu ne portes pas de slip !

Tu étais assise dans ce restaurant sans slip ?

Avec Cory, Mitchel et tous ceux-là !

Qu'est-ce que c'est !

Où il est ? Donne-le-moi !

Regarde ça... Monte en voiture...

Sale putain.

Pourquoi tu n'enlèves pas tout ?

Allez, monte.

Toi, monte aussi.

Samedi

Purgez-moi à l'hysope

et je serai propre

Lavez-moi

et je serai plus blanc que neige

Faites-moi entendre Votre joie

et Votre allégresse

Afin que les os

que Vous avez brisés

se réjouissent

Tu sais ce que c'est qu'une amourette ?

Du poisson.

Si on te servait une amourette, qu'est-ce que tu mangerais ?

Du poisson.

Du poisson de lac... comme des clams,

avec des petites perles.

Alors les amourettes vaudraient très cher.

Imagine-toi

que ceci est une amourette.

Vas-y, mange-le, mets-le dans ta bouche.

Quel goût ça a ?

Du pain mouillé.

C'est tout mou,

avec des petits morceaux granuleux.

Du sable...

Tu es un comique. Non, âne bâté.

Il y a une peau.

On la recrache ?

On se cure les dents après. On la mâche.

Avale, Mitchel, vas-y !

Tu viens de manger une couille de mouton.

Et si tu veux travailler pour moi,

tu devras mâcher les couilles d'un mec à la demande.

Qu'est-ce qui te fascine tant dans ces toilettes ?

Je vais pisser, pour voir.

Qu'est-ce qu'ils ont mis ?

Des sièges en velours, des photos pornos ?

Du parfum gratuit ? Un bar privé ?

Quelle puanteur !

Une vraie porcherie !

C'est dégueulasse !

Un jeune homme de Durban fut surpris se...

Une honte !

On devrait les mettre en prison, non ?

Effroyable. Je n'ai pas l'habitude... Scandaleux.

Vous ne trouvez pas ? Hein ?

Qu'est-ce que vous regardez ?

Je vous demande pardon !

Faites pas semblant. On attend mes jeunes associés !

Ils devraient pouvoir pisser sans être agressés.

Je vais chercher le directeur.

Le directeur, c'est moi. Et vous, dehors !

Surpris à rôder dans les toilettes.

C'est ce qu'il leur faut. Un traitement de choc.

Alors, encore à lire ?

C'est pas une bibliothèque.

La seule chose qu'on peut lire ici, c'est le menu.

Vous insultez le chef. Lire donne des indigestions.

Vous ne saviez pas ? On ne lit pas à table !

Moi, je viens de lire des trucs à vous faire froid dans le dos,

là, dans les toilettes.

C'est ça que les gens lisent, pas ce genre de truc.

Vous ne vous sentez pas dépassé ?

Ces trucs-là, ça fait du fric ?

Je parie que vous êtes le seul qui ait lu ce livre,

mais que tout le monde ici a lu l'autre truc.

De quoi réfléchir, non ?

Vous lisez parce que vous ne savez pas à qui parler.

Je vais vous dire.

Ne restez pas seul, venez à notre table.

Je vous présenterai ma femme.

Elle vous a vu.

Je sais qu'elle vous plaint d'être tout seul.

Elle aussi, elle aime lire.

Elle passe des heures à lire au lit.

Elle lit même aux chiottes.

Voici Cory.

Et Mitchel.

Il ne sait pas lire, hein ?

Des B.D. et des revues pornos.

Et voici Georgina.

C'est ma femme.

Tu t'appelles ?

Michael.

Michael. C'est un nom juif ? Tu manges kascher ?

Parle-nous de la cuisine kascher.

Désolé, je ne suis pas juif.

Pourquoi être désolé ?

60 % des gens ici sont un peu juifs, Michael.

Richard, mets un couvert pour Michael.

Il est juif, des côtelettes. Pas de porc.

Il n'a pas besoin de ça.

On va bavarder, hein, Michael.

Commence, Georgie. Parle de toi à Michael.

Votre femme veut manger en paix.

Parle, Georgina.

C'est l'occasion d'améliorer ta conversation mondaine.

Dis-lui que tu vis dans une grande maison,

que tu achètes pour 400 livres de robes par semaine.

J'achète pour 400 livres de robes par semaine.

Tu reçois 40 livres par semaine pour l'essence.

40 livres pour l'essence, que je ne dépense pas.

Tu portes de belles choses...

Tu manges dans les meilleurs restaurants.

Georgina, fais un petit effort.

J'ai un bon coiffeur.

Le meilleur.

Un bon dentiste.

Oui... il est juif.

Un bon gynécologue.

Comment ?

Qui dit qu'il est peu probable que j'aie un enfant...

Cela n'intéresse pas Michael.

Mes trois fausses couches ont détruit mes organes.

Ce n'est pas vrai. Michael n'a pas besoin de savoir ça.

Parlons de toi, Michael. Qu'est-ce que tu fais ?

Je suis gynécologue.

Vous pouvez venir me voir.

On ne va pas parler de ça ici.

Ma stérilité fait qu'on peut tirer son coup en sécurité.

Ta gueule, Georgie !

Je m'excuse pour ma femme, Michael.

Retourne à ta table, tu risques de la perdre.

Il y a du monde.

Mitchel, raccompagne Michael à sa table, parle-lui...

parle-lui de chevaux !

Merci, M. Spica.

Je préfère lire mon livre.

D'ailleurs, j'ai terminé.

Merci de m'avoir présenté à votre femme.

J'aime votre...

...nom.

Qu'est-ce qui te prend ?

Tu racontes à un inconnu

des détails intimes sur nous ?

Pas sur nous. Sur moi !

Sur nous !

Et combien de temps tu passes aux chiottes ?

C'est quoi, cette histoire de gynécologue ?

C'est une femme, j'espère.

Je veux pas qu'un mec te mette le doigt !

C'est un homme.

Il est juif... et éthiopien.

Mère catholique. Il a été en prison en Afrique du Sud.

Il est noir comme du charbon... il doit boire sa propre pisse !

Salope de menteuse. Dans la voiture !

Tu vas être punie, salope !

Enfoiré de gynécologue !

Dimanche

Maiser est venu...

et Trelawny, avec ses amies noires,

qui portaient des pêches dans les cheveux.

Fausses... Les Autrichiens étaient assis là-bas.

Des funambules... qui jetaient l'argent par les fenêtres.

Et là, Tim Tranter buvait sa soupe avec une paille,

il avait la mâchoire brisée.

Là-haut, il y avait une marque...

là où Goshy Capps avait lancé une assiette de kippers...

Oui, des kippers, bon Dieu !

On ne trouverait pas de kippers ici.

Ils en servent au petit déjeuner.

Tu l'as pris ici ?

Le passeur et sa femme le prenaient tous les matins !

Le passeur était pédé et supportait pas le poisson.

Qui sont ces gens ?

Des petits malfrats et des macs...

Borst a repeint dessus. Je la lui ferai remettre.

...gigolos, boxeurs sonnés, putes bon marché...

J'ai les coupures à la maison.

...marlous, merlans, tapettes...

Robin des bois !

Au coin d'un bois.

Tu deviens très malin.

Malin, lui ? Même son argot n'est plus dans le coup.

Maintenant, c'est moi, la clientèle, vu ? Moi.

Et Georgie, et Cory Peterson.

Le coq au vin est bon.

Coco quoi ?

Du poulet cuit dans du vin, tête de mule.

Bess Riddle n'aimait que ça.

Plutôt le petit oiseau que le vin.

Ne sois pas vulgaire, Starkie. Il y a des dames.

Il y avait. Où est-elle ?

Grace n'est pas une dame.

Elle a peut-être une inflammation de la vésicule.

Elle est des nôtres.

Elle n'a rien, sauf qu'elle va tout le temps aux chiottes !

Et quelle sorte d'inflammation as-tu, Starkie ?

Les dames vont aux toilettes !

Les vraies dames vont pas aux toilettes,

elles vont aux lavabos.

Borst n'a pas de lavabos.

Ta gueule, Mitchel. Tu pisserais dans ton froc

avant de reconnaître des W. -C. respectables.

Il a brisé le silence pour nous...

et vous vous appelez Georgina.

Et ne m'appelez jamais Georgie.

Vous avez de très beaux yeux, Georgina.

Vous avez une très belle bite, M. le gynécologue.

En dépit de ses convictions racistes.

Votre mari est une curiosité.

Pourquoi ?

Pourquoi quoi ?

Pourquoi je suis sa femme ?

Pourquoi n'êtes-vous pas marié ?

Qu'en savez-vous ?

Vous ne l'êtes pas.

Non.

Pourquoi ?

J'ai vu un film dont le héros

ne parlait pas pendant une demi-heure.

Comme nous ?

Avons-nous passé ensemble une demi-heure en tout ?

J'étais complètement fasciné par l'histoire

parce que tout était possible.

Et ensuite ?

Il a tout gâché. Il a parlé.

Après cinq minutes, je m'ennuyais.

Vous avez parlé. Vous pensez que je vais m'ennuyer ?

Ce n'était qu'un film.

Nous parlons depuis une minute,

il nous en reste quatre avant de vous ennuyer.

Quatre minutes. C'est suffisant.

Où est la bombe ?

Il mange...

un avocat vinaigrette aux crevettes...

avec les doigts.

Embrasse-moi.

Ton restaurant est bruyant, Spica.

Il y a du monde le dimanche soir.

J'aime les restaurants calmes, avec spectacle.

Borst fait de l'art culinaire,

pas des variétés.

Mais pour te faire plaisir, Terry, tu auras ton spectacle.

Appelle Santini. Cinq filles,

des strip-teaseuses.

Le bon genre,

ma fille est ici.

Cinq danseuses avec musique.

Pas de saleté, la classe.

Et pas bruyant. Je veux pas devenir sourd.

Quel spectacle tu aimes ? Des bonnes sœurs muettes ?

Si elles m'appellent Monsieur, peut-être.

Je ne suis Terry que pour ma femme.

Comme moi.

Tu t'appelles Terry ?

Je ne suis Albert que pour Georgina.

Même aux chiottes ?

Tais ta pute, Cory !

Ce que tu es bruyant !

Je vais avoir une indigestion.

Ton nom ?

Patricia, M. Fitch.

Tu danses bien, Patricia ?

Tu as une tête à ça.

On aimerait te voir danser

avec Geoff.

Geoff est très bon danseur.

On ne danse pas ici !

Je mange chez moi.

C'est mieux.

On s'empoisonne pas.

Ricky Borst est aussi sûr que chez soi.

Sa cuisine est très propre. Allez voir.

J'irais bien voir.

Mitchel, accompagne la dame à la cuisine.

J'y vais.

Dis-moi où c'est.

Par là.

Je passerai aux lavabos

et je renverrai Georgie tout de suite.

C'est-à-dire immédiatement.

Ta nouvelle est vulgaire, Cory.

Elle apprend le français. C'est un restaurant français ?

Quelqu'un a commandé du faisan.

On pourrait être interrompu sept cents fois.

Ton ami te paie combien ?

Me payer ? Il ne me paie pas.

Il m'invite à dîner, à boire...

Pas d'argent de poche ?

Rien pour un sandwich tard le soir ?

Ou une bouteille de gin, pour faire passer le déjeuner ?

Bon Dieu, ça pue ici.

Et si...

je te donnais un peu d'argent de poche ?

Contre quoi en échange ?

Les voilà. Où est Fitch ?

Enlève ces tables, on a besoin de place.

Mais ils dînent.

Qu'ils aillent dîner ailleurs.

Le spectacle va avoir lieu ici. Vous devrez vous déplacer.

Pas question, on dîne.

Si tu manges très vite... tu peux finir ta soupe.

Tu ne veux pas te faire piétiner !

Tenez-le.

Tu aurais dû m'écouter.

Toutes ces bonnes choses. Richard sera déçu.

Vous mangerez à la cuisine, comme des enfants pas sages.

C'est quoi, ton nom ?

Comment dis-tu ? J'ai entendu William ?

Méchant petit Willie, mon tout petit Willie,

si on te faisait panpan sur ton gros derrière ?

Puisque tu aimes tant les champignons de Richard,

je vais compter jusqu'à 5.

Je veux te voir partir vers la cuisine,

ou tu te retrouveras dans la rue.

L'heure ! Je dois retourner.

Encore une minute.

Trente secondes.

Qu'est-ce que tu fous ?

Je me suis payé un tour, non ? Arrête de bouger !

Pardon, M. Fitch, j'ai eu une surprise.

Qu'est-ce qui pourrait encore te surprendre ?

J'abandonne, salope !

Ras le bol des putes agitées.

Tu ne vaux qu'une étoile, et pas pour le corps,

pour la disponibilité.

Regarde qui voilà !

Qu'est-ce que tu faisais ?

Ne sois pas idiot. J'ai gagné de l'argent pour toi.

Et je viens de voir comment en gagner davantage.

Lundi

Des gens se sont plaints de l'odeur venant de deux camions.

Le restaurant rejette toute responsabilité.

On ne peut pas se voir ailleurs ?

C'est impossible.

Mieux vaut le faire sous son nez.

Il ne croira jamais que je le fais sous son nez...

entre les plats,

entre les hors-d'œuvre et le canard à l'orange,

entre le dessert et le café.

D'ailleurs...

j'apprends vite

comment gagner du temps.

Je fais des progrès, non, Michael ?

Hein que je fais des progrès ?

Hein que je fais des progrès ?

C'était à chier hier soir, et par ta faute.

Ce soir, tu seras privé de dîner.

J'aime pas cette bouffe étrangère.

Me parle pas sur ce ton, ignorant !

Tu saurais pas monter un viol dans un bordel !

Filles minables, musique minable,

t'as merdé partout.

Tu contrôlais même pas ta propre gonzesse.

Elle commence par frimer...

J'ai pas frimé !

Ta gueule. Est-ce qu'on te parle ?

Ensuite elle fait la difficile. Si elle est avec toi,

comment elle pourrait être difficile ?

Spangler, apporte à boire. Elle a réussi à vexer Fitch.

C'est un porc !

Fitch a de l'éducation.

Il faisait une de ces gueules ! Tu lui as pissé dessus ?

Elle revient en gloussant comme une pucelle avec une bougie.

Tu dois rattraper ça ou il m'en voudra.

Tu lui as plu, alors que t'as l'air d'un gland.

Peut-être son genre.

Pas de ces propos homosexuels devant moi !

Il est pas près de me pardonner hier soir.

Je n'irai pas avec lui.

Il sue, il pue, et il peut pas !

Tu lui fermes sa gueule ?

Comme à Georgie ?

Comment ça ! Georgie ne me laisserait pas tomber.

Sans blague !

Ta gueule, Pat ! Elle débloque.

Sans blague ? Débarrasse-moi de ce veau.

Pas à une femme !

Je fais ce que je veux.

C'est ce qui va pas chez toi.

Normal que Georgie puisse pas te blairer !

Qu'est-ce que tu racontes ?

Normal qu'elle s'envoie en l'air !

Tu parles fort mais tu vois que dalle !

Ferme-la ! Elle délire.

Non ! Je les ai vus !

Georgie et ce juif.

Le mec qui est assis là et qui lit.

T'as rien vu ? Ils vont toujours aux chiottes ensemble.

Pourquoi Georgie passe tant de temps aux chiottes ?

T'es aveugle ?

Elle a pas la chiasse toutes les cinq minutes.

Je vais aux chiottes.

C'est fini. Il sait tout.

Je vais le faire partir.

Ne prenez pas de risques pour moi.

Parlons-lui.

Tu es fou ! Il te tuera.

Vite. Venez avec moi.

Attendez ici... cinq minutes.

On va mourir de froid.

Il ne cherchera jamais ici.

Rien que cinq minutes. J'apporte vos vêtements.

Où est-elle ? Où est ma femme ?

Qu'y a-t-il, M. Spica ?

Tu lui apportes ses cigarettes...

Où est ma femme ?

On n'est pas au bureau des objets trouvés.

Je veux ma femme ! Où est-elle ?

Face de rat, où est ma femme ?

Si vous avez fini, sortez de la cuisine.

Je dois m'occuper d'autres hôtes.

Je suis le seul hôte qui compte !

Ce restaurant est à moi !

Tu as caché ma femme. Où est-elle ?

Je les trouverai et je le tuerai !

Je le trouverai,

je le tuerai et je le mangerai !

Je le tuerai et je le mangerai !

On peut vous faire sortir.

Eden vous conduira. Où voulez-vous aller ?

Je connais un endroit.

Et nos vêtements ?

Je vous les ferai porter.

Où sommes-nous ?

Dans un dépôt de livres.

Quand ma librairie est tranquille,

je fais un inventaire.

Je catalogue l'Histoire de France.

Il y a une cuisine et une salle de bains.

C'est un peu primitif, mais la vue est extraordinaire.

Tu as lu tous ces livres ?

Celui qui tient les livres

n'a pas besoin de lire tout le stock.

Avec ce métier, tu pourrais être très ennuyeux.

On est en sécurité ?

Est-ce qu'Albert lit ?

Si on ne lit pas, on est protégé ?

Seulement des mauvais livres.

On pourrait passer une vie entière à lire ici.

On pourrait.

Deux vies.

La tienne, et la mienne.

C'est ce qui m'attend ?

À quoi te servent ces livres ? Tu ne peux pas les manger.

Ils te rendent heureux ?

Je les trouve très raisonnables.

Ils ne changent pas d'avis derrière mon dos.

Ce serait plutôt un handicap.

Embrasse-moi !

Mardi

Lavez-moi entièrement

de mon iniquité

et effacez...

On peut peut-être arrêter le chant...

si tu veux bien... pour le moment.

Et le restaurant ?

Et Richard ?

M. Borst ?

Il va bien.

Il y a d'autres ennuis...

comme hier soir ?

Tu veux manger avec nous ?

Je mangerai plus tard, avec M. Borst.

Faites un bon repas.

Tu as d'autres nouvelles à nous donner ?

M. Borst dit...

Il m'a dit de vous dire de rester cachés.

Et il vous souhaite

bon appétit.

Quand vous aurez fini, je dois remporter les couverts.

Si des livres t'intéressent, tu peux en emprunter.

Alors, où ils sont ?

Je ne sais pas.

Tu n'as pas mangé tout ça ? Voyons un peu !

Poisson mayonnaise basilic... j'aime le basilic...

Et quoi encore ?

C'est collant... je devine... des profiteroles.

Georgina aimait les profiteroles.

Des serviettes... avec son rouge à lèvres...

et une bouteille de vin. Du très bon.

Son compte est bon, à ce Richard... je l'aurai.

Touche pas à ce petit pain ! Tu vas me dire où ils sont.

Ouvre la bouche. Allons, ouvre la bouche.

Pense à ce que tu manges !

Laisse-le. C'est pas la peine.

Quoi, tu deviens délicat ?

Ce n'est qu'un gosse.

Debout ! Baisse ton froc.

Albert, fous-lui la paix.

Tirez-vous ! J'ai pas besoin de tantouzes comme vous !

Et emmène le binoclard !

Vous vous passerez de moi pour vous moucher.

Cassez-vous !

Alors, mangeur de boutons, où sont-ils ?

Mangeur de boutons...

où sont-ils ?

On n'a plus de boutons.

Mais il en reste un. Tu sais où ?

Sur ton ventre. Ton nombril. Tu aimerais manger ça ?

Encore là ?

Alors, regardez !

Réveille-le ! Il faut que je sache où elle est !

Je les tiens !

J'ai apporté votre dîner.

Et le marmiton ?

Il est à l'hôpital.

Il dit qu'il n'a pas parlé... et je le crois.

Je dois le voir.

Ce n'est pas prudent.

Je viens.

Emmenez-moi.

Fais les bagages.

Quels bagages ?

Prenez ça pour Pup.

Que pouvez-vous pour lui ? Vous vous exposez inutilement.

Je reviens dans une heure.

Vous pouvez me ramener ?

Pauvre Pup.

Garde-moi à manger.

Sois très prudente.

Ayez pitié de moi

Effacez mes transgressions

Purgez-moi à l'hysope

et je serai propre

Lavez-moi

et je serai plus blanc que neige

Tiens-le par les cheveux.

Il n'en a pas assez.

Dégoûtant, d'être son amant à cet âge !

Il a ton âge.

Je suis son mari, pas son amant.

On ne peut être que l'un ou l'autre ?

S'il avait été plus jeune, j'aurais pu comprendre.

Ce n'aurait été qu'une tocade. Salopard !

Voilà ta chance, Mitchel. Tu vas mâcher des couilles !

Il est trop vieux !

Comment ? Il a mon âge, quarante ans... presque.

S'il était plus jeune, ça t'irait ?

Quand on a 17 ans, 40 ans c'est vieux ?

Il n'a pas dû se laver !

Tu es une vraie mule !

Je veux dire... il a dû être avec Georgina cette nuit...

Ta gueule !

Petit ver pisseur !

Quel con tu es, Mitchel.

On est sûr que tu diras ce qu'il ne faut pas.

Je ne disais pas que tu devais

littéralement lui mâcher les couilles.

C'était une métaphore.

Qu'est-ce que ça veut dire ?

"Libraire juif massacré par un jeune obsédé sexuel..."

Ce ne doit pas être un crime sexuel.

C'est une vengeance. Une affaire de cœur.

Un crime passionnel.

Je ne veux pas que l'on me calomnie.

On dira : "C'était une vengeance digne."

On admirera le style. "Il a été farci.

"Et Albert aimait la bonne chère."

Peut-être même qu'on sourira.

Il a été farci avec ses outils de travail...

Avec des livres. Le minable petit libraire...

Pas d'inutiles... d'inutiles...

Liquidez-le, fermez-lui la bouche, tenez-lui le nez.

Enfoncez-lui les livres dans la gorge.

Étouffez cette ordure !

Voilà comment on mange l'écrevisse.

D'abord, on arrache la tête.

Puis on enlève les moustaches,

on dépiaute les pattes,

et puis, on extrait

la chair la plus tendre.

Tu as éteint les lumières ?

Crétin. Tu oublierais de péter !

Si ça prend feu, avec tous ces livres ?

Cela détruirait le corps du délit.

Je ne veux pas qu'il soit détruit.

Je veux que Georgina le voie.

Qu'est-ce qu'il a dit ?

La Révolution française était plus digeste que Napoléon ?

Napoléon était un con. Il a tout gâché, tout jeté.

Il aimait les fruits de mer.

Son plat préféré était les huîtres à la florentine.

Incroyable, non ?

Churchill aimait les fruits de mer.

Tous les grands généraux aimaient les fruits de mer.

Et Jules César ? Ou Hitler ? Hitler aimait les clams.

Et Mussolini le calmar.

Tu inventes !

Qu'est-ce que tu en sais ?

Et le libraire, il mangeait quoi ?

On le verrait au vomi.

Qu'est-ce que ça fout ? Tout finit en merde.

Je suis si fatiguée...

Je vais dormir.

J'ai beaucoup à te raconter demain.

Je veux que tu m'écoutes.

Quelqu'un doit savoir,

et à qui le dire, sinon à toi ?

Quand je me réveillerai,

je veux que tu m'embrasses.

Après, je veux le petit déjeuner.

Café, petits pains et beurre.

Et marmelade...

toasts...

Bonne nuit, Michael.

À demain.

Je t'aime.

Tu n'aurais pas dû... ça valait pas le coup.

Georgina valait pas le coup ? Tu oses dire ça ?

Georgina vaut mille petits juifs

employés de librairie qui se masturbent

sur la Révolution française.

Il va nous attirer des ennuis, et il valait pas le coup.

Cette médiocrité circoncise baisait ma femme.

Je ne me calmerai pas.

Harris, je t'ai vu mater Georgina, la femme d'un autre.

Regarder sa jupe qui s'envolait quand elle sortait de voiture.

Oui, je t'ai vu la renifler.

Et dire que je te l'ai confiée !

Que tu l'as reconduite quand j'étais saoul. Tire-toi !

Calme-toi.

Appelle Richard !

Il lui est interdit d'entrer ici !

Si vous voulez crier...

Je peux crier, je suis le propriétaire ! Dehors !

Richard, je ferme le restaurant !

Tu es fini. Ton restaurant est fini.

Tu laisses des honnêtes gens dîner avec des séducteurs.

Je ne crois pas. Si je fermais,

où iriez-vous manger ? Qui voudrait de vous ?

Si vous voulez bien partir,

nous pourrons nettoyer vos saletés.

Je te préviens, Richard,

demain, ton restaurant ne sera plus qu'un grand parking.

Comment ferez-vous ?

Au bulldozer ! Ta cuisine sera à six mètres sous les gravats !

Fous le camp, Harris. Du balai !

Je sais reconnaître la loyauté.

Tu ne m'as pas embrassée.

Je vais devoir faire mon petit déjeuner.

Ne te lève pas encore.

Eh bien, Michael.

Voilà.

Court, et délicieux.

Comme tu ne m'écoutes pas, je peux te parler d'Albert.

Je pensais t'en parler quand je t'aurais mieux connu

parce que j'ai tellement honte.

Mais c'est important que je te le dise,

pour que ce soit fait.

Albert me battait,

tu le sais,

tu as vu les bleus.

C'était un homme d'habitudes.

En rentrant, je devais prendre une serviette chaude,

l'accompagner aux toilettes

et je devais lui essuyer...

Quand j'avais fini, il me faisait...

Aide-moi, Michael.

Près du lit, il avait une valise pleine d'objets.

Une brosse à dents,

une cuiller en bois,

un train en plastique,

une bouteille de vin,

et il s'en servait.

S'il ne me voyait pas le faire,

il exigeait de le faire lui-même.

Quand c'était moi, ça faisait moins mal.

Il n'aimait pas beaucoup faire l'amour.

Avec moi, avec les femmes.

Je l'ai quitté quatre fois.

J'ai pris le bateau de nuit.

Lui et Harris m'ont retrouvée à Bruxelles

et ramenée.

Sur le bateau, il pleurait, me faisait des cadeaux.

Mais à terre,

à peine sortis du port,

avant l'autoroute, il a arrêté la voiture,

lui, Harris et Spangler

m'ont sortie, déshabillée et battue...

Michael,

tout ça doit finir.

Aide-moi, Michael, je t'en supplie.

Il est mort.

Ils l'ont gavé avec les pages de son livre préféré.

Pouvez-vous le cuire ?

Cuire qui, Georgina ?

Michael.

Vous êtes célèbre

pour toutes sortes de plats expérimentaux.

Il sera peut-être bon,

j'en suis sûre.

Qu'est-ce qui serait le meilleur ?

Son cœur ? Son foie ?

La chair de ses fesses ?

Ses amourettes ?

Asseyez-vous.

En préparant le menu, comment décidez-vous des prix ?

Je fais payer cher tout ce qui est noir.

Raisin, olives, cassis...

Les gens aiment penser à la mort.

Manger du noir, c'est comme consommer la mort,

comme dire :

"Mort,

"je te mange."

Les truffes noires, c'est le plus cher.

Et le caviar.

La mort et la naissance,

la fin et le commencement.

N'est-il pas approprié

que les choses les plus chères soient noires ?

Et je fais payer la vanité.

Les menus diététiques ont un supplément

de 30 %.

Les aphrodisiaques, de 50 %.

À ce que j'ai vu, votre amant

n'avait pas besoin d'aphrodisiaques.

Qu'avez-vous vu ?

Je veux savoir.

Vous seul étiez au courant.

On me plaignait,

même vous.

Comment savoir s'il m'aimait, s'il n'y a pas de témoins ?

Si vous l'aimiez,

la question paraît superflue.

Mais non ! Dites-moi ce que vous savez.

J'ai vu ce que vous m'avez laissé voir.

Bien sûr.

Comment savoir que c'était réel si personne ne regardait ?

Dites-moi ce que vous avez vu.

Est-ce que vous auriez honte ?

Je l'ai vu vous embrasser

sur la bouche,

dans le cou,

derrière l'oreille.

Je l'ai vu vous déshabiller...

je l'ai vu embrasser vos seins,

je l'ai vu mettre la main entre vos jambes.

Et que m'avez-vous vue faire ?

Je vous ai vue l'embrasser sur la bouche,

je vous ai vue couchée sous lui par terre, à l'office.

Je l'ai vu vous prendre par-derrière.

Je vous ai vue mettre son pénis dans votre bouche.

Je vous ai vue...

Les amants font toujours ainsi ?

Mes parents le faisaient.

Vraiment ? Vous les avez vus ?

Et les amants au cinéma, parfois.

Ils ne comptent pas.

Et dans mon imagination, les amants font toujours ainsi.

Vous étiez jaloux ?

Nous vous rendions jaloux ?

Vouliez-vous être avec nous ?

Alors, aidez-moi maintenant.

En souvenir de notre amour dans votre cuisine

et dans vos rêves, aidez-moi.

En souvenir de vos parents qui faisaient l'amour.

Georgina, non !

Ceux que j'aime apprennent mon nom trop tard.

Faites cuire Michael pour moi.

C'était son restaurant préféré.

C'est aussi le mien.

Faites cuire Michael pour moi !

Si je le faisais,

qui reviendrait jamais manger ici ?

Comment vous faire changer d'avis ?

Vous voulez faire l'amour avec moi ?

Faites ce qu'il a fait.

Comment vous persuader ?

Impossible. Vous l'aimiez peut-être...

Vous le savez, vous m'avez vue.

Mais nous n'êtes pas forcée de le manger.

Vous vous imaginez que si vous le mangez,

il fera partie de vous ?

Qu'en le mangeant, vous serez toujours ensemble ?

Je ne vais pas le manger.

Albert le mangera.

11 000 livres. C'était à Michael.

Reprenez votre argent.

Où est-il ?

Vendredi

Le restaurant est fermé pour une soirée privée

Qu'est-ce qui se passe ?

Je dois entrer dans mon propre restaurant

comme un inconnu ?

Une invitation spéciale...

Qui pourrait être mieux imprimée.

Je dois taper sur la porte comme un paria.

Georgina Duckles !

Quel bon vent t'amène ? Salope !

Je m'étonne que tu oses te montrer ici, traînée !

Où as-tu disparu, Georgina ? Albert était hors de lui.

Ta gueule, Grace, apporte-moi à boire.

Bon anniversaire, Albert.

Je te tuerai pour ce que tu m'as fait.

Tu n'aurais aucun mal.

Et si tu crois que je te reprends... Tu paieras !

Tu auras les fesses en sang pendant des semaines.

Fini, les livres.

Je te mets sous clé, et plus question

de livres et de touche-pipi !

Bon anniversaire, Albert.

Qu'est-ce que tu racontes ? Ce n'est pas mon anniversaire.

Non, mais c'est un anniversaire que je fêterai toujours,

même si tu n'y es pas... et tu n'y seras pas.

De quoi tu parles ? Où est tout le monde ?

Ils vont arriver.

Écoute, Georgina...

Tout ça, c'est du passé.

Grace, va regarder par la fenêtre.

Mitchel, dégage.

Quand les autres arriveront...

C'est marqué 9 h. Où vont-ils s'asseoir ?

Ils vont arriver.

Georgina, il ne te plaisait pas vraiment, hein ?

Un sale petit libraire, un rien du tout !

Écoute.

Je vais essayer... on va oublier, oui ?

Rentre à la maison avec moi.

Pour te dire la vérité, j'ai été malheureux.

Pour ton anniversaire...

Quel putain d'anniversaire ?

Je t'ai acheté un cadeau...

J'ai pas besoin de cadeaux. C'est moi qui fais les cadeaux.

Et puis, tu n'as pas d'argent pour m'en offrir.

Richard l'a cuit pour toi,

sur mes instructions.

Sachant comme tu aimes manger,

comme tu aimes te goinfrer,

on a invité quelques-uns de tes amis.

Qu'est-ce que c'est que cette fête ?

Que se passe-t-il ?

Assieds-toi, Albert.

On peut s'asseoir ?

Non, c'est le festin d'Albert.

Je ne mange pas

devant Roy.

Tais-toi, Albert.

Tu es ici pour te régaler.

Dieu !

Ce n'est pas Dieu.

C'est Michael.

Mon amant.

Tu avais juré de le tuer, et tu l'as tué.

Tu avais juré de le manger...

mange-le...

Qu'y a-t-il ?

Fourchette et couteau, tu sais t'en servir.

Aurais-tu oublié tes manières de table ?

Mitchel va te servir à boire.

Ton serveur s'est défilé.

Grace va te donner un verre.

Mange, Albert.

Roy, versez à boire à Albert.

Goûte la queue.

C'est une friandise.

Et tu sais où elle est allée.

Vas-y, Albert.

Mange.

C'est du français.

Cannibale !

Sous-titrage : C.M.C.

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