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Original subtitles

Chaque fois qu'un chirurgien opère, c'est comme si c'était la première fois.

- Tu fais quoi ? - J'esquive James.

- Il se gare. - Je croyais qu'il te plaisait.

Oui. On a couché ensemble. Deux fois.

Puis, j'ai trouvé son album de noces. Avec Ryan.

J'ai couché avec le mari de Ryan. Je suis miro ou quoi ?

C'est rien, ça.

C'est un homme de Dieu adultère.

J'attends des jumeaux.

Hé, je...

Je te vois. On peut discuter ?

Je t'ai pris un thé.

Je t'entends pas.

Demande s'il est caféiné.

OK, je prendrai un café au chariot.

Je sais que ça fait peur, mais on y arrivera.

On prendra une nounou, la nuit. Ma mère peut emménager.

- On va où ? - À l'autre entrée.

Même si on a fait des centaines de néphrectomies ou de greffes du cœur,

on n'a jamais retiré ce rein-là ou transplanté ce cœur-là.

Nos expériences passées nous aident, mais pour les cas uniques, on simule.

Non. Désolée.

C'est pour qui, alors ?

Moi. Je vais les mettre au frais. J'ai pas le temps de revenir.

Faudra prévoir l'ECG après avoir bu 400 mg de caféine.

J'ai remplacé Yasuda deux fois, cette semaine.

Idem. Sa sœur et elle sont touchées.

Pas assez pour partager les cookies de leur mère.

Je suis ravie que Chloe récupère.

Excusez-moi, vous votez ?

- Déjà inscrite. - Moi aussi.

- Idem. - C'est pas mon truc.

On s'entraîne sur des répliques des heures durant,

et une fois le patient au bloc,

on sait ce qu'on fait.

Beaucoup de gens planifient le sexe.

Quand on a une vie surchargée,

c'est normal de planifier son intimité.

On prend rendez-vous chez le coiffeur.

Je ne veux pas prendre rendez-vous avec ma femme.

Qu'est-ce qui vous froisse ?

J'ai l'impression qu'elle ne fait pas d'efforts.

Le navire coule et elle y colle une rustine.

Si je ne veux pas résoudre nos problèmes comme toi,

- je ne fais pas d'efforts ? - Non...

On doit s'arrêter là. Mais je vous demande d'y réfléchir.

Essayez de programmer un rapport, cette semaine.

Vous pourriez être surpris.

Tous les deux.

On se voit demain soir à 22 h, alors.

Tu ne vas pas être ravi, mais je dois reporter.

Ça fait un bail que je t'ai pas vu.

Je sais. Désolé. J'ai été pas mal occupé.

Je voulais te rendre ça.

Tu l'as laissé chez moi.

Oui.

Tu as dû être occupé, en effet. C'est pas à moi.

- Tu en es sûre ? - Oui.

Mais c'est très joli. Elle a bon goût.

C'est pas vrai. Pardon.

Hé. T'avais besoin d'un avis.

J'attends une patiente de Friday Harbor avec une blessure à la tête.

L'hôpital local envoie ses scans.

- Je vous dérange ? - Non.

J'allais partir. J'y vais.

Dis aux infirmières de me biper quand les scans sont là.

Schmitt est avec le Dr Beltran, j'ai vos affectations.

Mettez-vous en rang.

On faisait ça à la caserne pour bien commencer la journée.

Discipline, organisation.

Ou ne bougez pas. Ça marche aussi.

Yasuda est en congé, aujourd'hui.

Adams, avec Schmitt dans le service de Beltran.

Millin, tu es avec Ndugu et moi.

Griffith, avec Lincoln.

Tu as oublié quelqu'un.

Et tu as oublié tes notes.

Il y a plus de cent dossiers incomplets à ton nom.

Éclate-toi à rattraper ça toute la journée.

On demande un aide-soignant dans l'aile est 6.

Tu rôdes, ou quoi ?

OK, tes...

tes formulaires d'évaluation sont arrivés.

Je sais. Ndugu sera le premier à m'évaluer.

Comment tu le sais ?

Tu as laissé ton portable ouvert dans la cuisine.

Hé. Tu rôdes, je fouine.

D'accord, sois...

Sois toi-même.

Je suis jamais allé à Friday Harbor.

J'y ai fait une sortie scolaire en 5e. On a cueilli des pommes.

Hé. Vous allez chercher Ofelia Lopez. Elle a dix ans.

Elle est tombée d'un tracteur.

Elle est stable, mais a une vilaine plaie à la jambe et un trauma crânien.

L'hôpital local n'est pas équipé pour ça.

J'ai trop de patients pour y aller.

Ça ne me dérange pas. La route est sympa.

Oui, mais vous prenez l'hélicoptère.

- Non ! - Super.

Une ambulance serait plus économique.

Plus écologique aussi.

- Et on volerait pas. - Tenez-moi au courant.

Bonjour, M. Riley.

Non, non. Gauche, droite, gauche.

Ton autre gauche, Kenneth.

Ça rentre par une oreille et ça sort par l'autre.

Son directeur doit lui manquer.

Il lui manque un truc, oui.

On t'écoute.

Darren Riley, 55 ans.

Atteint d'une pneumonie antibiorésistante,

aggravée d'une infection nécrosante à propagation rapide.

Intubé, mais n'oxygénait pas malgré une ventilation maximale,

placé sous ECMO-VV, et extubé hier soir.

La radio pulmonaire de ce matin.

Le gauche est entièrement blanc.

Il faut un scanner avec agent de contraste.

M. Riley, je vais changer votre perfusion.

Je peux m'en occuper juste après.

- On vous suit en radiologie. - Inutile.

- Je veux le transporter. - On peut le faire.

Déplacer un patient sous ECMO peut être délicat, je préfère être là.

D'accord.

Super.

On a expliqué les risques,

et le patient a signé un formulaire de consentement éclairé...

Hé, ça va ?

Oui. Ça va. J'ai dû me coincer en dormant.

Le patient a été emmené au bloc et placé...

Hé, vous êtes sûr que ça va ? Je peux vous examiner.

J'ai besoin d'un brancard !

M. Wheeler, comment ça va ?

J'ai la pêche.

- Je vais pouvoir sortir ? - Pas encore.

J'ai vu une accumulation de fluide autour du cœur à l'écho.

C'est courant après une opération du cœur.

On devra peut-être le drainer, et vous garder encore un peu.

Je peux pas rester. Je dois être rentré la semaine prochaine.

C'est mon 40e anniversaire de mariage.

Félicitations. C'est énorme.

Si on attendait de voir si ça se résorbe

avant d'intervenir ?

Macie et moi, on s'est fiancés à 19 ans.

Elle voulait un grand mariage à l'église,

mais nos parents étaient contre, donc on a filé à la mairie.

On sait ce que c'est.

On voulait se marier dans le parc, mais on a fini dans un bar.

Chaque année, on recrée notre dîner de noces.

Les hot-dogs du chariot du coin.

On devrait aller chez Joe's pour notre anniversaire.

On y passe déjà notre vie.

Je vais refaire les facteurs de coag, et on avisera.

Achetez-lui des fleurs, ce soir.

Ça marche à tous les coups.

Merci du conseil.

Merci d'être venus. Trauma grave du membre inférieur gauche.

Importante lésion des tissus mous et lésion vasculaire.

Et trauma crânien avec contusions et lacérations.

OK. Bonjour.

Bonjour.

Elle a du mal à respirer.

La sat était dans les 80 à son arrivée. L'oxygène a aidé.

- Pas d'intubation ? - Notre seul ventilateur est pris,

Et on n'a pas les moyens humains de la ballonner.

- OK. - On l'a amenée le plus vite possible.

Le médecin dit que vous pourrez l'aider ?

Et sa jambe ? Elle adore jouer dans les champs.

Je suis le Dr Schmitt. Voici le Dr Adams.

On en saura plus après l'avoir examinée.

- OK. - On a temporisé avec un garrot.

Temps d'ischémie, environ 45 minutes.

Salut.

Je suis Levi. Toi, c'est Ofelia, c'est ça ?

Mon ami Lucas et moi allons t'aider à aller mieux.

OK.

Tenez, voici mon numéro.

On sera à Grey Sloan avant vous, appelez-moi en arrivant.

On ne peut pas venir ?

Navré, on manque de place dans l'hélicoptère.

Mais je promets de prendre soin d'elle.

- D'accord. - OK.

Ofelia, ma chérie.

Dieu te protégera.

On se retrouvera vite.

On t'aime, mija.

Je t'aime très fort.

On devra l'amputer si on ne se presse pas. Intubons-la et partons au plus vite.

En hélicoptère.

- Dr Kwan ? Vous ne devriez pas... - Je sais, j'ai de la paperasse

en retard, ça pose problème et vous détestez ça...

C'est Zayne, l'homme d'entretien ?

Oui, il s'est effondré sur douleur abdominale et à la hanche.

M. Johnson, c'est l'étagère qui vous a blessé ?

La douleur date de bien avant. Je m'en accommode depuis des mois.

On vous examinera aux urgences. C'est la règle.

Je prendrai un truc à la fin de mon service.

Je vais vous faire gagner du temps. Ne discutez pas.

- C'est inutile. - Vous pouvez faire vite ?

Je ferai les choses bien.

Allons-y.

Vous aussi, Kwan.

- Le docteur va arriver. - OK.

On ne fera jamais rentrer quatre sièges auto dans nos voitures.

- Il va falloir un minivan ? - Tu sais qui transporte ces bébés, là ?

Moi.

Tous les maux de la grossesse en double.

Deux fois plus de reflux, de kilos en trop, de fatigue.

Et après, je retournerai mettre au monde des bébés.

En m'occupant de deux nourrissons.

Mais je t'en prie, va tester des minivans.

Comment puis-je t'aider ?

Je te le dirais bien, mais le sang qui allait au cerveau

est désormais redirigé vers mon utérus.

J'ai surtout besoin que ça passe vite.

J'ai une patiente à 29 semaines qui attend des triplés.

Trois bébés ?

Ça pourrait être pire.

Tu en veux trois ?

Un avis aux urgences.

Va-t'en.

Non, je veux rester pour l'écho.

Ce sera pareil qu'hier.

Tu vas sourire et dire : "On va y arriver."

Et là, tout de suite, franchement...

J'ai pas besoin de ça.

Vous étiez dans la fanfare ?

- Non. - Cool. Moi non plus.

J'aime pas le sport.

C'est la fanfare.

- Ils sont en uniformes ? - Oui.

Alors, c'était pas mon truc.

Bon sang.

Son poumon est complètement envahi par la nécrose.

Que proposez-vous ?

Drain thoracique et nouvel antibiotique.

Le drain n'y fera rien. Et les antibios ne pénètrent pas.

On doit complètement exciser la source.

La source, c'est son poumon.

Réservez un bloc. Je vais le chercher.

Vous ne voulez pas qu'on le...

Il fait tout lui-même, d'habitude ?

Il m'a laissée suturer un patch sur angioplastie, un jour.

Ça vient peut-être de toi.

Tu dis que c'est "pas ton truc", mais tu votes, hein ?

C'est récent ?

Et en 2016 ?

Qu'est-ce qu'on a ?

Zayne Johnson, 32 ans.

Douleur aiguë dans l'abdomen et la hanche droite

après qu'une étagère lui est tombée dessus. J'allais l'interroger.

- Vous prenez un traitement ? - Vous avez de la place ?

Acide folique, hydroxyurée, ibuprofène et tramadol si besoin.

- Drépanocytose ? - Oui.

Je sais qu'il y a une thérapie génique, mais mon assurance ne la couvre pas.

Et j'ai pas trois millions. Donc, je reste avec.

La FDA approuve un remède, personne ne peut se l'offrir.

Même si j'avais l'argent, je le dépenserais autrement.

J'achèterais un bateau pour faire le tour du monde.

J'étais avec un autre patient, là-haut.

Je vous ai fait descendre pour la hanche.

La surface articulaire est détruite.

Griffith, monte-le à l'IRM.

Et on devrait faire un scanner abdominal.

- Non... - Ça ne prendra pas longtemps.

Si vous avez besoin de quelque chose, demandez aux internes.

N'hésitez pas.

Il y a de la pluie et du brouillard. J'essaie d'en sortir.

Pense à des chiots. Des couvertures lestées.

Des aventures de sorciers.

Soit quelqu'un est mort, soit tu ghostes quelqu'un.

J'ignore une erreur. Et ne regarde pas mon portable.

C'est le type du couloir ? Quoi, il déteste les chiens ?

Il a mal mis le papier toilette ?

- Il ne sait pas cuisiner ? - Et toi ?

C'est pas parce que c'est pas le bon que c'est une erreur.

Tu as raison. C'était pas une erreur. C'était un énorme échec.

Oh, non ! Bon sang.

Sa tension monte. Elle fait peut-être un engagement.

Ses pupilles ne sont pas dilatées.

Elles sont minuscules.

Fréquence cardiaque à 50.

Tiens bon.

OK. On va trouver. On va trouver.

Elle est diaphorétique, bradycarde.

Ses yeux larmoient. On doit continuellement aspirer.

Ses parents disent qu'elle joue dans les champs ?

Tu penses à une intoxication aux pesticides ?

Oui. Mettons-la sous atropine.

Oh, elle convulse.

C'est pas vrai. Le garrot.

Il s'est desserré ?

Non, la boucle est cassée.

On doit stopper le saignement. Je comprime sa jambe. Trouve l'atropine !

Les analyses d'Aurelio sont là.

OK. Super. Merci.

Je peux avoir un échographe et un kit de péricardiocentèse ?

- Je dois finir de lire ces scans. - Ce n'est qu'un petit épanchement.

Il a une coagulopathie. On peut faire la péricardiocentèse maintenant,

ou attendre qu'il s'enfonce au milieu de la nuit.

Ça n'arrivera peut-être pas.

Tu ne m'as pas accusée

de coller une rustine sur un navire qui coule ?

Quel est le rapport ?

J'essaie de faire face au problème,

et ça ne te convient pas non plus.

Peu importe que je traite des épanchements depuis des années...

Teddy...

Je voulais juste un thé.

On était en train de discuter d'un patient.

Je peux attendre une heure.

Mais on devra alors faire un autre scanner et une écho.

OK.

Goûte le thé marocain à la menthe.

Il est très rafraîchissant.

Et les élections locales ?

Les référendums ?

Ou les sondages ?

Je les envoie dans les spams.

Griffith, qu'est-ce qu'on a ?

Je lis son scanner abdominal. On attend l'IRM de la hanche.

Détendez-vous, Zayne.

- Imaginez-vous dans votre bateau. - Ça ne me détend pas.

J'ai le mal de mer.

Et vous voulez naviguer ?

Non, mais mon fils, oui. Je ferais tout pour lui.

C'est sa rate, ça ? Elle est minuscule.

Elle n'est plus fonctionnelle.

Il y a des dépôts de fer dans le foie.

Et des calculs biliaires ?

La paroi de la vésicule n'est pas trop enflammée.

Les drépanocytes ont ravagé son corps, y compris...

Sa hanche, vous l'auriez vu si vous aviez regardé son IRM.

Effondrement sous-chondral et aplatissement de la tête fémorale.

Il faut remplacer toute l'articulation.

- Ça ne lui plaira pas. - On n'a pas le choix

s'il ne veut pas qu'elle tombe en poussière.

Tu as reçu les images de ma patiente ? Schmitt et Adams s'en font pour sa jambe.

Mon collègue s'en chargera.

- OK. - Hé.

Sur les scans d'Ofelia, l'hématome sous-dural est minimal.

Pas de compression ni de déplacement. C'est bien, mais je veux la voir.

Ils arrivent dans 25 minutes.

J'ai un patient. Bipe-moi s'ils arrivent plus tôt.

Au fait, pour tout à l'heure... C'était pas ce que tu crois...

Pas mes oignons.

D'accord.

Le garrot est inutilisable.

C'est pas assez serré. Il m'en faut un autre.

L'artère fémorale superficielle semble touchée.

Il y a un autre garrot. Comprime au maximum.

Compris.

Tiens.

D'accord.

Dès qu'on a du réseau, on prévient Beltran.

C'est bon.

Bon sang.

C'est irréparable.

Il va falloir l'amputer.

On a du tube de perf.

On fait un shunt temporaire ?

On reconnecte l'artère fémorale avec la tubulure ?

Écoute, la pilote change de cap,

ça va rallonger le trajet.

Ça fait presque deux heures. La jambe est ischémique.

Si on ne fait rien, elle la perdra.

OK, c'est d'accord.

OK.

D'accord.

Si vous me retirez le poumon, je serai débarrassé de ce truc ?

Malheureusement, à cause de votre tabagisme,

votre autre poumon ne pourra pas oxygéner seul votre corps.

Vous devrez rester sous ECMO jusqu'à la greffe.

Ça pourrait se faire avant le concours de fanfares de NorthPac ?

C'est dur à dire. Ça peut être demain comme dans plusieurs semaines.

Il y aura d'autres occasions.

Je pense à mon saxophone alto.

Le premier instrument dont j'ai joué.

Il était presque plus grand que moi.

Mais quand je l'ai maîtrisé, j'en suis tombé amoureux.

J'ai pas pu jouer depuis des semaines.

Et si je pouvais plus jamais jouer ?

Ou pire...

Plus jamais enseigner ?

Cette fanfare, c'est plus qu'un métier.

C'est ma vie.

Vous avez la musique et l'enseignement dans le sang.

Perdre un poumon n'y changera rien.

Il faudra peut-être reprendre les exercices, c'est tout.

On va vous préparer.

M. Johnson, le Dr Bailey et le Dr Lincoln aimeraient vous parler.

Je dois finir mon service pour rentrer dîner avec mon fils.

Vos scans montrent une nécrose avasculaire de votre hanche.

Je prendrai rendez-vous.

Mon fils a des besoins particuliers et ma sœur le garde.

Votre douleur ne fera qu'empirer.

Les drépanocytes ont coupé l'afflux de sang dans l'os,

ce qui cause sa nécrose.

Mais on peut opérer aujourd'hui, c'est couvert par votre assurance.

Je n'aurai plus mal ?

Plus à la hanche, du moins.

Donc, au lieu de me guérir,

ils vont laisser chaque articulation et chaque organe s'abîmer,

et payer les réparations ?

Je sais. Ça n'a pas de sens et...

Le système est pourri.

Je devrais peut-être pas dire ça, mais je sais ce que c'est.

C'est rageant d'affronter un système qui se moque qu'on souffre,

voire même qu'on meure.

Pour eux, on est un numéro, un coût, un nombre parmi des milliers d'autres.

Le système se fiche de vous,

mais si vous tenez à votre vie, vous devriez vous faire opérer.

Pensez à votre fils.

Si vous êtes incapable de marcher ou de travailler,

ce sera plus dur de vous en occuper.

D'accord.

- Que fait-on ? - Je préviens le Dr Lincoln.

Laisse. Je m'en charge.

J'ai rendez-vous avec Balcom Medical.

Je me suis toujours très bien entendu avec Ethan Chen.

Si l'hôpital a besoin de quoi que ce soit, je suis votre homme.

Ethan est en retraite.

Tant mieux pour lui.

La nouvelle DAF est Erika Desai.

Elle est super, mais son mari Nirav est aussi bien placé au conseil.

Et il n'écoute que ce qu'il veut. C'est-à-dire lui-même.

C'est un problème de communication.

Et il sous-estime souvent les efforts que je fais pour tout concilier.

Puis, il insinue que je ne me soucie que de moi,

peu importe ce que veulent les autres.

Tu veux dire, de l'hôpital.

On ne parle pas de Balcom, hein ?

Tu veux un conseil, ou des encouragements ?

Lequel sera le moins agaçant des deux ?

Vous avez vécu la guerre, ensemble.

Ça va aller.

C'était ça, le moins agaçant ?

Les tissus sont très fibrosés.

- Millin, aspiration. - OK.

Ma mère voulait que j'apprenne un instrument.

Puis, on nous a donné une flûte à bec à l'école.

Mon frère et moi avons appris l'accordéon quelques mois.

- Vous avez arrêté ? - Le prof ne prenait pas

les paiements en citrons.

J'arrive au hile.

- Plus de traction ? - Oui.

Écarteur.

Tu peux le tenir, Warren ?

Merci, Bokhee.

Avec tout le respect que je vous dois, je suis à l'essai,

mais je suis en quatrième année.

Je sais tenir un écarteur et transporter un patient

jusqu'au scanner.

Je sais faire bien d'autres choses.

Bien. Extraction.

Et voilà.

Comment va-t-il ?

Ça aurait pu être bien moins invasif il y a des années.

Quand on a une drépanocytose, la médecine est un terrain miné

de préjugés et d'incompréhensions. Zayne n'y est pour rien.

Kwan, attention avec la perceuse. L'os est dur comme la pierre.

Je m'en charge.

Laissez-le réessayer. Continuez.

Doucement, cette fois.

Pose la perceuse.

S'il ne réessaie pas, il n'apprendra pas.

On n'a pas le temps pour ça.

Cet homme souffre constamment le martyre.

Et je parle de douleur physique,

pas du fait de souffrir en silence parce que personne ne croit en lui.

C'est son seul moyen de tenir, même s'il souffre

encore plus...

Merde !

Donnez-moi une autre mèche !

C'est bon ?

- Oui. - Quoi que vous viviez,

faites-le pendant votre temps libre.

On s'occupe de Zayne, pour le moment,

je n'ai pas de temps pour vous.

Aspiration.

Adams, aspiration !

- J'essaie. - Il me reste un nœud.

C'est pas vrai.

- Faisons vite. - OK.

Voilà.

Non. Il ne tient pas en place.

- Tu peux le tenir ? - Oui.

Allez.

Voilà.

OK.

C'est bon.

Je retire le garrot.

Ça tient. On a réussi.

- Que se passe-t-il ? - Je sais pas. Je vois rien.

Je peux pas contourner l'orage.

Je vais tenter l'atterrissage d'urgence.

Macie. Macie.

- Depuis quand est-il comme ça ? - 15 minutes.

Murmures diminués, PA basse, DVJ.

Tamponnade cardiaque. C'est pour ça que je voulais opérer.

Il n'était pas si atteint.

On doit le rouvrir et soulager la pression.

On va aspirer ici. On l'a préparé.

- C'est plus sûr au bloc. - C'est mon mari !

Le sang suinte déjà de l'incision, pas le temps. Scalpel.

Je suis là, mon chéri.

- Bon sang. - Chariot de réa.

On va faire un massage à cœur ouvert.

Faites-la sortir !

Je me sens bien mieux.

Il est vivant ?

Les constantes sont stables.

On doit l'emmener au bloc.

Mon mari va bien ?

Il y avait des fluides et du sang,

mais autour du cœur, pas dedans.

On en saura plus au bloc, mais on doit agir vite.

- On y va. - Vite.

Tu ferais quoi avec trois millions ?

J'inciterais les gens à voter.

Comment crois-tu qu'on réparera le système ?

C'est mon jeu. Tu dois les dépenser pour toi.

J'embaucherais une infirmière pour retirer ma grand-mère de l'EHPAD.

Je rembourserais mes prêts. Je fonderais une asso pour la santé maternelle.

Barbant.

Je sais. Tu achèterais une caisse de frimeur.

Déjà, j'achèterais une maison pour ne plus vivre avec vous.

Je voyagerais. Et oui, j'achèterais une caisse.

Mais si j'étais malade, je dépenserais tout pour me soigner.

C'est fou, il travaille à l'hôpital,

et n'a même pas accès au traitement. Et il serait sûrement super adapté.

Il existe, il est disponible, on a ce qu'il faut

pour guérir sa drépanocytose. On a tout, sauf l'argent.

On les devance ? Mais ça fait trois heures.

Quand le temps se gâte, ils contournent l'orage.

Quand vont-ils arriver ? Ofelia va bien ?

Ça ne veut rien dire,

mais on a perdu le contact.

Non. Non.

J'appelle le Dr Schmitt et le Dr Adams.

On va aussi continuer d'appeler.

On leur a confié notre fille.

Ils ont promis de prendre soin de notre bébé.

Je sais que c'est terrifiant. On est sur le qui-vive.

Le Dr Beltran a une équipe qui est prête

à soigner Ofelia dès son arrivée.

Viens. Allons nous asseoir.

Kwan ? Griffith ?

Désolé de vous déranger, mais c'est important.

Ça concerne un patient et c'est urgent.

Bipez un autre titulaire.

On a besoin de vous. Ou du Dr Altman, mais elle va au bloc.

Notre patient a une drépanocytose. La thérapie génique pourrait le guérir.

Mais c'est cher, et son assurance ne la couvre pas.

L'hôpital ne peut pas offrir les soins à tous, mais il travaille ici.

On le croise dans les couloirs, on mange dans la même cafétéria.

Comment le regarder en face en sachant qu'on ne va pas l'aider,

parce qu'un idiot d'assureur en costard refuse ?

Docteurs, voici nos partenaires de chez Balcom Medical.

Ce sont deux de nos internes qui ont des visites à faire, je crois.

- Exact. - Merci de nous avoir reçus.

Et vous êtes magnif...

Les drains ne donnent pas trop et il est stable sous ECMO.

Il savait qu'il était malade, mais il a continué de travailler.

Il disait que s'il devait mourir,

il préférait le faire entouré que seul chez lui.

J'enchaîne les mauvaises nouvelles depuis son arrivée.

Et il a dû tout digérer seul.

Il n'a aucune famille.

Et ses étudiants ne peuvent pas venir.

Bref, mon implication personnelle dans les soins de M. Riley

n'a rien à voir avec vos capacités.

Je ne veux pas qu'il se sente seul.

- Millin, demande les analyses post-op. - Entendu.

Super. Warren, commence à réduire la sédation,

et extube-le quand tu le penseras prêt.

C'est entendu.

Très bien.

Compris.

Du nouveau ?

Juste ma tension qui monte.

Ils auraient dû trouver une ambulance à l'atterrissage.

S'ils ont pu atterrir.

Ici, le Grey-Sloan Memorial. Il y a quelqu'un ? À vous.

C'est moi qui ai envoyé Schmitt à ma place. J'ai envoyé ton neveu.

S'il arrive malheur, je devrai appeler sa famille

et lui dire que je l'ai mis dans cet hélico.

Et ta famille...

Excuse-moi. J'envisage tout de suite le pire.

Et c'est très dur de faire autrement sachant qu'ils volent

au-dessus de l'eau et risquent la catastrophe.

J'ai assez d'expérience pour envisager le pire à chaque fois.

Et parfois, il faut savoir regarder la réalité en face

pour continuer d'avancer.

Allô ?

Son cœur a explosé. Et maintenant, il se sent super bien.

Sa pauvre épouse.

Elle était couverte de sang.

C'est horrible.

J'ai encore les chaussettes humides.

Owen, on n'a pas à programmer le sexe.

Elle nous a donné des devoirs,

et j'ai toujours été un élève appliqué, alors...

On va s'en sortir. On a vécu bien pire.

Je sais pas si tu parles de l'Irak ou des enfants.

Teddy, je peux t'inviter à dîner ? Ailleurs que chez Joe's ?

Avec grand plaisir.

- C'est fini ? - Oui. L'opération s'est très bien passée.

- Comment vous sentez-vous ? - Épuisé.

Les antidouleurs font effet.

Vous êtes bien Zayne Johnson ?

Les antalgiques sont forts, mais vous n'êtes pas le Dr Lincoln.

Je suis le Dr Webber. J'ai de bonnes nouvelles.

Vous devriez pouvoir être traité par thérapie génique.

Quoi ? Comment ?

On va le faire pro bono ?

Non, mes associés et moi chez Balcom avons appris votre histoire

et nous aimerions vous proposer de demander l'un de nos fonds.

Je n'en reviens pas. Merci.

Remerciez vos défenseurs. Ils ont fait forte impression.

OK. On en parlera plus tard.

Si vous avez le feu vert, on devra vite commencer.

Le processus pourrait prendre presque un an.

Un an ?

Parfois moins, parfois huit mois. Vous recevrez des transfusions,

on vous hospitalisera pour collecter vos cellules souches.

Et après la thérapie génique, vous ferez une chimio

et resterez en isolement un mois, le temps que votre système immunitaire se remette.

Je peux pas faire ça.

Mon fils est handicapé.

Je n'ai pas les moyens de le faire garder ni de le laisser seul si longtemps.

OK.

Réfléchissez. Vous trouverez peut-être une solution.

Le système reste pourri.

Oui. Si seulement on pouvait changer les choses.

Son état reste critique, mais elle va s'en sortir.

- Et sa jambe ? - On a pu la sauver.

Elle aura besoin d'être réopérée,

mais avec la rééducation, elle devrait récupérer.

Merci. Merci.

Merci, docteurs.

- Le Dr Adams va vous accompagner. - Merci.

Merci.

C'est ta vocation, la pédiatrie ?

- J'ai fait une demande de stage, non ? - Oui, je sais que ça te passionne.

Est-ce que tu crois vraiment que tu es fait pour ça ?

Quand j'étais enfant, j'adorais les hélicoptères.

Pour mon cinquième anniversaire, ma mère m'a offert un tour aérien de Seattle.

J'ai pris des photos avec le pilote, mis le casque.

Puis, on s'est envolés et j'ai flippé.

J'ai gardé les yeux fermés.

C'était mon seul vol en hélicoptère, jusqu'ici.

J'ai fait semblant de dormir jusqu'à Friday Harbor.

Au retour, quand son état a empiré,

je n'ai plus pensé qu'à Ofelia.

Au plus fort de l'orage, je n'ai pensé qu'à elle,

je sais que la pédiatrie est ma vocation.

Mais je ne sais pas comment le prouver.

J'ai jamais été aussi sûre qu'un interne a sa place en pédiatrie.

Je veux t'aider.

C'est trop tard.

Pour le moment.

Mais j'ai des amis qui ont eu leur stage après avoir fait de la recherche.

Et j'ai un collègue au Texas

qui cherche de l'aide pour un essai clinique.

Ça t'intéresse ?

Bien sûr.

Ça tombe bien, je lui ai déjà dit que tu l'appellerais.

Tu en sais plus que tu ne le crois.

Fais-toi confiance.

Tu es allé voir M. Riley ?

Oui. Il est stable. L'infirmière nous préviendra si ça change.

Très bien. Merci.

Et je m'en chargerai. Mais pas parce que tu ne peux pas.

- Je serai en face, chez Joe's. - Avec des amis ?

Non. Je vais dîner, regarder le match, peut-être.

J'aime bien le brouhaha.

Tu es prêt ? J'ai dit à Tuck d'enfourner le gratin

et à Pru de ranger sa pâte à modeler.

Je préfère aller chez Joe's avec Ndugu.

Ça ne me dit rien.

Ça tombe bien, t'es pas invitée.

Passez une bonne soirée. On se voit à la maison.

On dit qu'il faut faire semblant jusqu'à y arriver vraiment.

Car, parfois, simuler la confiance en soi

nous aide à en acquérir.

C'est bien.

Tu peux rentrer, je vais surveiller Ofelia.

Tu évites encore ce mec ?

On a failli mourir ensemble, mais ça ne m'oblige pas à te répondre.

- Bien sûr, mais il nous suit. - C'est pas vrai.

- Hé, Levi. Salut. On peut discuter ? - Je suis au courant, pour Ryan.

D'accord.

Je croyais qu'on avait une vraie connexion, un lien profond.

Désolé d'avoir omis d'en parler.

Tu m'étonnes.

C'est dur de savoir quand parler de ton défunt mari.

Pardon ?

Je n'avais pas compris. Excuse-moi.

- Ça fera quatre ans cet été. - D'accord.

J'ai vu très peu de monde depuis, je redécouvre tout ça.

Oui. Bien sûr.

- Tu as cru que j'étais infidèle ? - Non.

Peut-être un peu.

C'est sérieux, entre nous.

D'accord ?

Tu es la plus belle chose qui me soit arrivée depuis longtemps.

Quand ça ne marche pas...

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... quand la vie ne nous donne pas droit à l'erreur,

on peut abandonner, ou foncer tête baissée.

Bonsoir.

L'écho vasculaire d'Ofelia est bien.

- Super. - Oui.

Merci pour ton aide.

- C'était juste un examen neuro. - Non. Je flippais et tu m'as calmée.

Je suis sincère.

Non. C'est pas toi. C'est l'ironie, tu le saurais si tu me connaissais mieux.

Tu sais, avec Ndugu, c'est pas sérieux.

On vit un peu la même chose.

Tu ne me dois aucune explication.

Tout va bien.

Bonne soirée.

On se convainc qu'on s'en fiche...

L'écho a montré deux cœurs costauds, des niveaux de fluides égaux.

DeLuca n'a rien vu d'inquiétant.

Super.

Excuse-moi.

Je flippais déjà pour un bébé, et maintenant, c'est...

Je suis épuisée. J'ai travaillé 24 heures d'affilée la semaine dernière,

j'ai mis huit bébés au monde sans caféine.

Je t'ai dit de te reposer.

Tu m'en veux ?

Tu m'as verrouillé la portière au nez, ce matin,

et tu m'as viré de l'échographie.

Je ne t'ai pas viré, j'ai...

J'étais bouffée par le stress.

Et les hormones. C'est une grossesse à risque.

Les chances d'arriver à terme avec deux bébés en bonne santé...

J'ai peur.

Tu crois que je pense qu'aux voitures ?

- Non... - Je suis mort de trouille.

J'ai peur pour eux. J'ai peur pour toi.

On est censés s'épauler.

Si on se déchire rien qu'à l'idée d'avoir des jumeaux,

qu'est-ce que ce sera quand ils seront là ?

... on peut tenter de cacher nos doutes et nos craintes...

ou accepter l'inconnu...

C'est quoi, tout ça ?

... et plonger tête la première.

J'ai eu une très longue journée.

Je voulais la finir avec toi.

Et un vrai repas.

- Tu as faim ? - Je meurs de faim.

Mieux vaut la réalité de toute façon.

Sous-titres : Lina Chemin

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