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LA SOURCE
Scénario de Ulla Isaksson
d'après une ballade suédoise du XIVe siècle
Adaptation : Michèle Roth-Gervais
Sous-titrage : DUBBING BROTHERS
Odin, réponds à mon appel !
Odin, réponds à mon appel !
Odin, réponds à mon appel !
J'implore ton aide !
Que le Père, le Fils,
le Saint-Esprit et la cohorte des anges
nous protègent aujourd'hui et à jamais des ruses de Satan.
Protégez-nous, ô Seigneur,
du péché, de la honte et du malheur.
Nous sommes vendredi, jour de la Passion du Christ.
Mon Dieu, dans le noir, j'ai failli les piétiner !
Là, pauvre petit, calme-toi.
Vis ta misérable vie
puisque le Seigneur te l'a accordée.
Où as-tu donc passé la nuit ?
Tu aurais au moins pu être là pour la traite !
J'ai dû la faire, malgré mes pauvres jambes.
Jésus Marie, quel regard ! Qu'y a-t-il ?
C'est toujours la même histoire :
les bâtards font des bâtards.
Ça t'apprendra à te conduire comme tu le fais.
À siffler et cracher comme un chat sauvage !
Tu devrais remercier le Seigneur de t'avoir permis de vivre ici,
comme un membre de la famille, toi, une fille de catin.
Va chercher le lait !
Tu porteras à l'église les cierges de la Vierge.
- C'est moi qui dois y aller ? - Oui.
- Ce n'est pas Karin ? - Elle n'est pas bien.
Elle ira mieux après les matines !
Je la trouve un peu fiévreuse.
Hier, elle avait la fièvre pour danser !
Tais-toi donc !
Ma fille ne sera jamais aussi dévergondée que toi.
Elle te ressemble moins que la rose à ses épines.
Tu ne fais que piquer !
Alors même qu'on devrait te jeter dehors à cause de ton état.
Seigneur, bénissez notre pain quotidien. Amen.
Où est Karin ?
Elle devait emmener les cierges de la Vierge.
Karin n'est pas bien.
Hier, elle était en forme ! Elle aime trop dormir.
Ce matin, elle n'est pas bien.
Elle est trop mal pour aller à l'église ?
Frida portera les cierges.
Ils doivent être portés par une jeune fille.
Tu es toujours si sévère quand il s'agit de Karin !
Tu n'es jamais si magnanime qu'avec elle.
Elle est le seul enfant qui me reste.
C'est pourquoi son éducation est importante.
J'ai fait de mauvais rêves, cette nuit.
Tu mortifies trop cruellement ta chair, la nuit.
Envoie Ingeri éveiller Karin.
Je vais y aller.
Allez... va réveiller la flemmarde !
Ingeri, prépare un repas pour Karin.
Des galettes de blé avec du fromage
et un peu de mouton.
- Tu es malade, Karin ? - Non, je vais bien.
Je suis encore endormie.
Je peux déjeuner dans mon lit ?
Père veut que tu portes les cierges à l'église.
Oh non !
- Si tu es malade, Frida ira. - Je vais bien.
Alors tu dois y aller.
- Si je mets ma robe de soie jaune. - En semaine ?
Sinon, je n'y vais pas.
Ne fais pas l'enfant.
Si j'avais parlé à mes parents sur ce ton, à ton âge,
j'aurais été fouettée et mise au jeûne.
Alors fouette-moi et affame-moi !
Je veux des fruits avec mon pain, pas du beurre.
Tu sais que je devrais être plus sévère avec toi.
Tu ris mais Père est en colère.
Un jour, tu me feras honte.
Sors ma robe jaune,
ma jupe du dimanche et mon manteau bleu.
Alors je serai heureuse, tu seras heureuse
et Père sera heureux.
Tu verras comme je serai digne pour aller à l'église.
Et mon cheval trottera aussi posément qu'en pèlerinage.
Je ne regarderai ni à droite, ni à gauche
mais droit devant moi...
Je ne penserai qu'aux cierges et à la sainte Mère de Dieu.
Les bas blancs
et les souliers bleus brodés de perles.
Attention, ce n'est pas une tenue ordinaire !
Quinze jeunes filles l'ont brodée.
Ne t'énerve pas comme ça !
- Quinze en même temps ? - Oui.
Assieds-toi que je peigne tes cheveux.
Non, je veux les laisser pendre pour rehausser ma tenue.
Si tu ne fais que ce qui te plaît, le diable s'en réjouira.
Et les saints t'enverront des furoncles.
Pourquoi parles-tu toujours du diable ? Père n'en parle pas.
Parce que le diable séduit les innocents.
Il s'efforce de détruire toute forme de bien dès sa naissance.
Je dis toujours mes prières.
Avec qui as-tu dansé hier soir ?
J'ai dansé avec celui-ci...
et celui-ci... et celui-là.
Pourquoi ?
J'ai fait de mauvais rêves.
Qu'as-tu rêvé, Mère ?
Ce que j'aimerais rêver aussi !
De grands rêves merveilleux...
Mais je ne rêve jamais.
Maintenant, les jupes !
La bleue et celle qui a des fils d'or.
Plus serré ou ça ne s'évasera pas comme il faut.
Tu as oublié le fermoir.
Garde-le pour dimanche, ça suffit comme ça !
Tu me caches la lumière.
Voilà Père. Il est en colère, maintenant.
Mère dit que tu n'es pas bien.
Me trouvez-vous l'air malade ? Suis-je pâle et fatiguée ?
Trouves-tu vertueux de dormir le jour ?
Je demanderai pardon à Père Erik
pour avoir manqué les matines.
Je lui dirai que Mère était malade, que personne ne m'a réveillée.
Que les cierges n'étaient pas prêts.
Que mon cheval n'était pas ferré !
Je vais aller dans la montagne avec cette méchante damoiselle
et déclarer que je ne veux pas d'une telle fille.
Qu'on l'enferme sept ans dans la montagne.
Afin de l'assagir.
Puis j'irai la chercher...
peut-être.
Ingeri peut venir avec moi ? Elle ne sort jamais...
C'est une honte de vivre si loin de l'église.
Tu aurais bien besoin d'un confessionnal tout proche !
Oublierais-tu que tu as fui ton pays pour sauver ta vie ?
Je connais ton histoire, "homme de lettres".
Superbe ! L'oiseau qui vole trouve sa pâture,
celui qui reste au nid meurt.
J'ai vu des femmes et des églises.
- Comment étaient les églises ? - Aussi hautes que le ciel.
Et larges... Elles n'étaient pas en bois mais en pierre et en chaux.
Avec des fenêtres aux couleurs de l'arc-en-ciel.
Tu peux venir à l'église, Ingeri.
Père le permet.
Dépêche-toi ou vous n'arriverez pas avant la nuit.
Vite, Ingeri !
Bois de la bière tiède.
La route est longue et tu n'as pas mangé.
Non, merci. Donne-la à Ingeri, elle m'accompagne.
- Qui l'a permis ? - Père vient de le faire.
Tu ne m'embrasses pas avant de partir ?
Que Jésus-Christ bénisse ta jeune vie.
Donne ce paquet de galettes de fromage et de cierges
au Père Erik, pour moi.
Dis-lui bien que c'est de ma part pour il sait quoi.
Demande-lui de dire cinq Pater et quinze Ave.
J'ai vu dans un verger si beau et si ensoleillé
Une jeune fille dont la vertu n'a pas de prix
Sa chevelure est pareille à l'or pur
Ses yeux sont plus bleus que les cieux
Les ruisseaux joyeusement chantent
À travers les vallées verdoyantes
Quand vient le printemps
Quand vient le printemps
L'oiseau léger vole si haut dans le ciel
Le vent souffle et soutient ses ailes
Sa puissance se fait douceur pour le porter
Jusqu'à la montagne et son sommet
Les ruisseaux joyeusement chantent
À travers les vallées verdoyantes
Quand vient le printemps
Quand vient le printemps
- L'enfant te fait mal ? - Un jour, tu sauras ce que c'est.
Pas avant d'avoir mon foyer, d'être honorablement mariée.
On verra ça, quand un homme essayera de t'embrasser !
Je n'irai pas dans son lit avant le mariage.
Et si on te pousse derrière un buisson, une nuit ?
Je me débattrai.
Et si l'homme est plus fort ?
Les matines sont finies. Vous êtes mieux au soleil qu'à l'église !
Je porte les cierges à l'église.
Vous vous êtes fait belle pour la Vierge. Telle une jeune mariée
pour son époux.
C'est pour saluer ce beau jour
et pour contrarier Mère. Pas pour vous.
Merci pour hier soir.
- Il n'y a pas de raison. - Non ?
Et vous le savez aussi bien que moi.
- Qu'y a-t-il, Ingeri ? - Je t'ai vue avec lui, hier.
Je voulais savoir s'il s'occuperait de toi et de l'enfant.
Et il a dit : "Oui, si tu te couches dans le foin avec moi."
Tu lui as souri !
Tu as dansé avec lui !
Et avec tous ceux qui m'ont tendu la main.
Excuse-moi de t'avoir frappée.
Tu n'as pas à me demander pardon.
- Rentrons ! - Pourquoi ? Nous allons à l'église.
- Je porterai les cierges. - Père et Mère n'aimeraient pas ça.
La forêt est trop sombre, je ne peux pas continuer.
Ne pleure pas si fort, tu vas faire mal à l'enfant.
Vous avez peur de la forêt ?
Non, pas moi. J'irai à l'église.
Peut-elle se reposer ici jusqu'à mon retour ?
Il y a assez pour vous deux, là-dedans.
Tu as cru que j'allais encore te frapper ?
Es-tu en travail ?
Pire que cela.
Viens, je peux t'aider.
Assieds-toi.
Il y a bien longtemps que je n'ai eu de visiteur.
- Comment vous appelez-vous ? - Je n'ai plus de nom.
Cet endroit est calme et isolé. Vous êtes loin de vos voisins.
J'entends ce que je veux,
je vois ce que je veux.
J'entends ce que les gens murmurent en secret,
je vois ce qu'ils pensent que personne ne voit.
Tu peux entendre toi aussi, tout comme moi.
Il suffit d'écouter.
Quel est ce grondement ?
Trois hommes morts chevauchent vers le nord.
Il y a bien longtemps
que je n'ai eu une femme assise à mes côtés.
Que ceci apporte un remède à ton tourment !
Que ceci apporte un remède à ton malheur !
Sang, arrête-toi de couler !
Poisson, échoue-toi dans ton ruisseau !
Aigle, tombe des cieux !
Voici la puissance !
Vous avez versé le sang en offrande.
Un sacrifice à Odin.
J'ai su qui tu étais dès que je t'ai vue.
Je t'ai reconnue à ton regard, ta bouche, tes mains.
Tu as peur.
Il ne faut pas.
Je te donnerai la force.
Drôle de guimbarde !
Elle me vient de mon père, qui la tenait de son père,
qui la tenait de son père.
Puis-je la regarder ?
Qui êtes-vous ?
Nous sommes 3 frères, devenus trop tôt orphelins.
Qui s'occupe de vous ?
Nous sommes chevriers et nous vivons dans la forêt.
J'ai des provisions.
- Mon frère dit... - Est-il muet ?
De méchants hommes lui ont coupé la langue.
Mais je le comprends.
Il dit que nous n'acceptons que si vous partagez avec nous.
Je dois aller à l'église porter des cierges.
- Aux matines ? - Non, j'arriverai trop tard.
J'ai trop dormi.
Dans ce cas, vous n'êtes pas si pressée.
Et votre mère aimerait que vous mangiez vos provisions.
Il connaît une clairière ensoleillée.
Si la demoiselle veut bien nous faire cet honneur...
Dieu le père, Notre Seigneur
et le Saint-Esprit descendu du Ciel...
rendez-moi digne de recevoir ce pain
et sauvez mon âme de la mort éternelle.
Mon frère se demande où vit la belle demoiselle.
À l'est des montagnes, à l'ouest des forêts.
Ma ferme est si grande qu'il faut se pencher pour en voir le toit.
La belle demoiselle est fille de roi ?
Père s'habille de soie et d'or tous les jours.
Sa lance brille comme l'or au soleil.
Mère ne peut porter toutes ses clés à sa ceinture.
Une servante doit la suivre partout
avec les clés sur un coussin.
Et vous êtes peut-être 3 princes à qui on a jeté un mauvais sort.
Vos chèvres sont peut-être des ours et des loups envoûtés.
Mon frère dit que la demoiselle a les mains très blanches.
Une fille de roi n'a jamais à laver le linge ou allumer le feu.
Mon frère dit que la demoiselle a un cou gracile.
C'est pour mieux faire étinceler l'or de mes bijoux.
Mon frère dit que la demoiselle
a la taille bien fine.
Peux-tu couper cela pour nous ?
Tu n'as pas de couteau ?
On dirait la marque de Simon de Snollsta.
Je porte à l'église les cierges de la Vierge.
Surveille les chèvres jusqu'à notre retour ou gare à toi !
Qu'avez-vous à dire ?
Nous disons seulement
que la nuit est froide et la route longue.
D'où venez-vous ?
Nous venons du Nord, de Västernol.
Comment a été l'hiver ?
Très froid, beaucoup ont été malades.
Les gens souffrent de la faim et le bétail est très faible.
Oui, j'ai entendu dire que vous aviez eu un hiver terrible.
- Où allez-vous ? - Chercher du travail au sud.
Vous pouvez rester. Cette nuit, il va geler.
Bonsoir.
Le maître nous a permis d'entrer.
Asseyez-vous jusqu'à son retour.
Vos chaussures sont bien usées.
Un jour peut bien commencer et finir dans le malheur.
J'ai rarement vu un matin aussi plein de promesses.
Le soleil brillait et a chassé tous les malheurs de l'hiver.
La joie donnait des fourmis dans les jambes.
Mais avant la nuit, la jeune fille a trouvé la mort.
On a même vu la Reine de mai chevaucher au soleil.
Elle n'est jamais revenue.
Dieu le père, Notre Seigneur
et le Saint-Esprit descendu du Ciel
rendez-moi digne de recevoir ce pain,
et sauvez mon âme de la mort éternelle.
Amen.
- Avez-vous fini le travail ? - Oui.
La parcelle nord a été fumée.
Mon père disait : "À fumage gras, bonne terre."
Excusez mon frère.
- Est-il souvent ainsi ? - Il a eu trop faim.
Frotte ses tempes avec du sel et du vinaigre.
Et garde-lui le ventre au chaud.
Humblement merci.
Mieux vaut ne pas y prêter attention.
Nous allons avoir du travail, ici.
Nous en reparlerons.
Laissez brûler le feu, la nuit sera très froide.
Bonne nuit.
Viens.
Viens avec moi. Viens...
Bonne nuit.
Tu diras tes prières, hein ? Même si personne ne te voit.
Pauvre petit.
Mais le Seigneur est miséricordieux.
Plus miséricordieux que tu ne le crois.
Dis bien tes prières, ce soir et tous les autres soirs.
Tu vois comme la fumée tremble sous le toit.
Comme si elle frissonnait de peur.
Pourtant elle ne va qu'à l'extérieur.
Dehors, elle pourra tournoyer en toute liberté.
Mais cela, elle l'ignore.
C'est pour cela qu'elle se tapit et frémit dans le noir, sous le toit.
C'est la même chose pour les gens.
Ils tremblent comme la feuille dans la tempête,
effrayés par ce qu'ils connaissent
et par ce qu'ils ne connaissent pas.
Et toi,
tu vas bientôt traverser une passerelle étroite.
Si étroite que tu ne sais pas où poser les pieds.
Dessous, court un torrent sauvage.
Il est sombre et veut t'engloutir.
Mais tu traverses sans encombre.
Une vallée s'étend maintenant devant toi,
si profonde que tu n'en vois pas le fond.
Des mains cherchent à t'attirer à elles
mais elles ne peuvent t'atteindre.
Tu arrives enfin devant une montagne redoutable.
Elle crache les flammes tel un four.
À son pied, s'ouvre un terrible gouffre.
Toutes les couleurs y chatoient.
Le cuivre, le fer, le bleu du vitriol et le jaune du soufre.
Les flammes crépitent et brillent tout en rongeant la pierre.
Tout autour, sautillent des hommes
pas plus gros que des fourmis.
C'est le feu
qui dévorent les meurtriers et ceux qui vivent par la violence.
Mais au moment où tu te croiras perdu, une main t'agrippera,
un bras t'entourera
et tu seras emporté si loin
que le mal ne pourra plus t'atteindre.
Si Karin ne rentre pas ce soir,
elle sera là demain matin.
Calme-toi, Märeta !
Comment peux-tu parler de calme ?
C'est tout ce que tu sais dire !
Que serions-nous devenus si j'avais été comme toi,
jamais inquiète, jamais tourmentée,
n'en appelant jamais à Dieu ?
Ouvre tes mains. Märeta !
Ouvre tes mains !
- Je sais que tu t'inquiètes. - Je n'ai plus qu'elle !
Ce n'est pas la première fois qu'elle reste au village.
Je n'ai plus qu'elle.
Elle est tout ce que j'ai.
Ils frappent le petit garçon.
J'ai cru entendre crier l'enfant.
Ce devait être le hibou, on n'arrête pas de l'entendre.
Cette robe de soie
et ce qui est dans ce sac étaient à notre sœur.
Elle est morte à la Chandeleur.
Cela nous est très précieux.
Mais... nécessité fait loi
et nous avons décidé de le vendre.
Nous voyons que vous êtes une dame appréciant les belles choses.
Notre sœur n'avait rien de plus précieux.
Elle est déchirée et souillée...
Mais admirez cette broderie, travail de neuf jeunes filles.
Des doigts habiles comme les vôtres sauront arranger cela.
Je dois demander à mon mari
quel est le prix à payer pour un vêtement si précieux.
Maintenant, je vous laisse. Vous devez vous reposer.
Qu'y a-t-il ?
Les bergers ont offert de me vendre cela.
C'est à Karin.
Elle est tachée de sang.
Que vas-tu faire ?
- Mettre la barre sur la porte. - C'est fait.
Tu prends nos gens avec toi ?
Sois prudent !
- Dis-moi ce que tu sais. - Tuez-moi la première !
Je suis plus coupable qu'eux. Je l'ai voulu.
Dès que j'ai été enceinte, je l'ai détestée.
Le jour où j'ai prié pour que cela arrive, Il l'a fait.
Lui et moi sommes coupables, pas les bergers.
Ils étaient possédés, tous les trois. De vrais diables !
Ils l'ont jetée sur le sol et maintenue à terre.
- Et ils l'ont prise. - Tu les as vus ?
Je suis restée dans la forêt et je les ai vus.
Et je l'ai voulu.
J'ai ramassé une pierre pour la leur jeter, puis je l'ai lâchée.
Quand ils ont eu fini, ils l'ont tuée d'un coup de gourdin.
Ça aussi, je l'ai vu.
Fais chauffer les bains.
Je vais chercher des branchages.
Apporte-moi le grand couteau.
Que Dieu me pardonne ce que j'ai fait.
Nous devons retrouver Karin.
Je l'aimais trop, plus que Dieu Lui-même.
Quand elle se tournait vers toi, je te détestais.
Il me punit, c'est moi qui suis coupable.
Pas toi seule, Märeta. Seul Dieu peut en juger.
Vous voyez cela ?
Seigneur, Vous voyez cela !
La mort d'une enfant innocente et ma vengeance.
Vous avez permis cela !
Je ne Vous comprends pas.
Je ne Vous comprends pas.
Cependant, j'implore maintenant Votre pardon.
Je n'ai pas d'autre moyen d'accepter ce que mes mains ont fait.
Je n'ai pas d'autre moyen de vivre.
Seigneur, je Vous promets,
ici, à côté du corps de ma fille unique,
je Vous le promets,
je bâtirai, en pénitence de mes péchés, une église.
Je la bâtirai ici,
de pierre et de chaux,
et de mes propres mains !
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