All language subtitles for [S1.E4] Dans l'ombre - Elu par la foudre.qsm_2

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Original subtitles

-Tu pourras pas nier son existence.

-Oui, j'établirai la vérité. -Iris en est la détentrice.

-J'ai eu de la visite cette nuit, elles étaient deux.

Elles cherchaient des infos. Il faut

renforcer la sécurité.

-Mes chers compatriotes, me voici touché par un cancer.

*Je renonce officiellement

*à être candidat à ma réélection en avril.

-Ce sera Vital.

-Le Président, c'était une baudruche. Vital, je le connais.

C'est un tueur. -Tu m'as pas tout dit.

C'est quoi vos relations ?

-Quoi ? -Tu connaissais le fils Pinguet.

-Oui, par le marché avec Droïde.

-Pourquoi t'as choisi Droïde ?

-Paul me l'a demandé, en renvoi d'ascenseur.

-Paul impliqué dans la fraude, vous me voyez plus.

...

*-Les soupçons s'accumulent à droite

*sur les résultats de la primaire qui ont désigné P. Francoeur

*candidat à l'élection présidentielle.

*Le vote électronique aurait été utilisé

*frauduleusement pour influencer le résultat.

*La technique : une zone muette de 3 secondes

*pendant laquelle le système

*était sans pare-feu, des votes frauduleux pouvant être effectués.

*Les enquêteurs sont sur la piste d'un complice recherché,

*le 2nd passager de la voiture accidenté.

*Il a été identifié, le suspect s'appellerait

*Stanislas Mukki.

-Allô ?

-On a un problème. -Mukki,

drôle de nom.

-Il y a pire.

Brouhaha.

-Derrière.

-On collabore.

Pour les médias, aucune image volée, aucune déclaration.

*-Une perquisition

*a lieu au siège de campagne.

-On filme pas.

On collabore.

Messieurs dames,

excusez-moi.

Vous êtes la greffière ? -On prend tout.

Agenda, ordinateur, téléphone.

-D'accord, code.

COEUR, 25 en chiffres.

-(Je peux pas te parler là.)

-Vous prenez pas les stylos ?

C'est gentil.

-Alors la sortie, c'est là-bas.

-Non mais c'est bon.

Je te rappelle.

-Il fallait s'y attendre. -Bah ouais.

-J'aurais préféré qu'on fasse l'actu

avec notre plan sur une maison de santé.

Non, attendez !

C'est du courrier personnel, vous n'allez pas prendre ça.

-On a un mandat. -C'est du courrier de M. Francoeur.

César ? César ?

Tiens. Le haut !

Le bas !

Meuleuse.

-Monsieur ?

...

-D'abord, vous me touchez pas. -Vous touchez pas à ça.

On va faire simple : ça, c'est les clés.

Le haut.

Le bas.

-Un demi-tour à droite chaque clé.

*-A 10 jours du dépôt des 500 signatures des maires,

*une perquisition a lieu au QG de campagne de P. Francoeur.

*Une première réaction de César Casalonga.

*-Nous coopérons pleinement avec les autorités policières

*et on veut que toute la lumière soit faite.

*-Quelles sont les conséquences sur la campagne ?

*-Je pense avoir été clair, laissez-nous travailler.

*-Marie-France Trémeau a exprimé très tôt son scepticisme

*du vote par Internet.

*On veut que la lumière soit faite.

-Bonjour, M. le maire. *-Bonjour.

-Comment vas-tu ?

*-Ca va mais avec cette affaire...

-Ca va nous faire du mal.

*-Francoeur doit tenir. -Bien sûr qu'il faut tenir.

*-Je serais plus rassuré si t'étais à la barre.

-Tu es gentil de me dire ça, merci.

*-On est nombreux à envisager une candidature alternative.

*Je vais attendre avant de signer. -Je ne me défile pas.

*-Je sais.

-Je fais face.

*-On va tout droit vers la défaite. -Absolument.

Je t'embrasse. *-Moi aussi, à très vite.

*Tonalité.

*...

-Tu m'as appelée ?

-France Info me tanne pour une réaction en exclu.

*Vous vous exprimez après Francoeur ?

-Si on soutient, on parle tout de suite. Si on tape, on attend.

Appelle Hernandez, mais dans la soirée,

il loupe jamais le feuilleton de la 3. Il dit des choses malignes.

Il est mûr pour nous rejoindre.

-On n'a pas accès au dossier.

Si tu chopes quoi que ce soit, tu me fais remonter les infos.

Tu comprends pas ce que je te dis.

-Putain de merde !

-Calme-toi. Attends, excuse-moi deux secondes.

-Merci. -C'est le stagiaire.

-S'il te plaît.

-Oui, oui.

-Ah ! -Attends, je te rappelle.

Voilà !

*-Tout est fait pour la manifestation de la vérité.

*Les Français

*l'attendent et moi aussi. Paul Francoeur a fait

*le choix de la transparence et il a bien fait.

La justice agit, elle doit agir vite.

Le poison du doute s'administre rapidement et se diffuse lentement.

*Dans cette période difficile,

*je consacrerai mon énergie

*à convaincre les Français du bien-fondé de notre projet. Merci.

-Plutôt cool, non ?

Elle couvre bien le patron. -Vraiment hyper cool.

Elle nous flingue en direct devant les téléspectateurs.

-"Le poison du doute

"s'administre rapidement", elle compte qu'il fasse bien effet.

Digne et pute à la fois. -Du Trémeau pur jus.

-La candidature de Trémeau est testée au 1er tour,

avec un score supérieur à celui de Paul. Putain,

24,5.

-Si ce sondage existait, on l'aurait su.

-Qu'il existe ou non n'a pas d'importance, ils veulent raconter

cette histoire, ça va sortir.

-Joli système. -Oui.

-Ca, c'est des infos sur Mukki.

Dans mon ordi, y avait mes mails.

Et dans mes mails, il y en avait un datant du 23 juin

où j'insistais pour que ce soit Droïde qui organise la primaire.

-Montre-moi ce mail. -Viens.

-Le mieux, ce serait

de déposer la plainte avec M.-F. Trémeau.

On peut viser faux et usage de faux et escroquerie aggravée.

*-Pas sûr que Trémeau porte plainte avec nous.

*-Elle le fera.

*Comment tu vois la suite ?

-Les perquisitions vont se poursuivre

chez les autres candidats,

mais ça devrait surtout se concentrer chez Droïde.

*-Là, on sera seuls.

-Pourquoi ? *-J'ai appris

que le Major avait dans son ordinateur,

qui est parti chez nos amis les juges,

un mail signé par lui-même,

*insistant pour que ce soit la société cofondée par Pinguet fils,

*qui organise la primaire.

*-Alors, je vois pas comment échapper aux convocations.

*-Ca commencerait par qui ?

-Difficile à dire.

*Ca devrait commencer

*par l'accessoire pour finir par l'essentiel.

*On peut retarder. -Non.

Laura, ne donnons pas l'impression de vouloir retarder les choses.

On verra plus tard si on accélère ou on ralentit.

-OK. Je rédige la plainte et je vous rappelle.

*-Oui, fais ça, merci.

Alors tu en es où ? -Toujours au même point.

Je reviens sans cesse à ça : à qui profite le crime ?

-T'obtiens toujours la même réponse : à moi.

-Mais qui voulait ta victoire ?

-A part nous ?

-Personne ne la souhaitait autant que moi.

Tant que le commanditaire

reste caché, il nous entraîne vers le fond. Il n'y a rien de pire que

de combattre un ennemi de l'ombre. -Ramène-le

à la lumière. -L'ambiance se détériore,

tout le monde a ses secrets. -Même toi ?

-Je ne cache rien

qui pourrait nuire à la campagne. -Comme un Goya, par exemple ?

-Par exemple. -Et tu te dis que

j'aurais pu te cacher autre chose.

-Une chose, en particulier.

-Les commanditaires de la fraude ont réussi leur coup,

tout le monde doute de tout le monde, même toi.

Tu doutes de moi.

-Tu sais...

J'ai compris que... j'allais te perdre.

Je sais... que tu ne seras plus le Paul que j'ai connu.

Tu seras...

Président.

-On l'espère, non ?

-Je sais que tu vas m'échapper. C'est normal.

Les autres ne l'ont pas encore compris. Moi, je le sais.

Mais pendant les semaines qui nous restent,

si on veut atteindre notre objectif,

on doit pouvoir se dire les choses.

J'ai 2 questions.

-Je t'écoute.

-Stanislas Mukki.

-Qui ?

-Un informaticien du parti, tu l'as recruté ?

-Non.

-C'est lui, là.

A gauche. -Tu sais combien de gens

me demandent un selfie ?

-C'est lui qui a trafiqué les algorithmes.

-Je le connais pas. -Tu sais ce qu'un juge

pensera de la photo ?

OK.

Le Major m'a dit que tu avais insisté pour que ce soit Droïde.

-Oui.

Ca, c'est vrai.

-Pourquoi ?

-Pinguet père me l'a demandé comme un service.

Son fiston traversait une mauvaise passe,

mais j'ai consulté chacun des candidats à la primaire

sur ce choix et personne n'a émis d'objection. Le Major te le dira.

Il vaut mieux faire travailler

ses amis plutôt que ses adversaires.

-Certains amis peuvent devenir des adversaires.

-C'est la règle.

-Pourquoi tu m'en as pas parlé ? Ca m'aurait évité...

-De me soupçonner ?

-Des noeuds au cerveau.

Le seul élément valable,

c'est qu'on sait que Mukki avait accès aux fichiers des adhérents.

Donc il suffit

de le croiser avec la liste des votants. Je finirai par savoir.

Un peu plus de lumière.

Mais je vais savoir.

-Lui aussi, il est mort.

-Qui ça ?

-Goethe.

Juste après avoir prononcé ces mots : "Mehr Licht".

"Plus de lumière".

-Et un tartare, on sera trois. -Très bien.

-On n'a que 40 mn. -Aucun problème.

-Vous désirez boire quelque chose ? -Une eau plate.

Il m'a juste confirmé qu'il avait demandé au Major de choisir Droïde

pour faire plaisir au père Pinguet.

-Ca aussi, il aurait dû nous le dire.

On va penser qu'il a voulu influencer le processus.

-Il a nié connaître Mukki.

-Tu l'as cru ? -Il était convaincant.

Si je commence à douter de lui, autant que je change de métier.

-Tu sais faire autre chose ?

-Non.

-Peut-être

qu'il t'a pas menti,

mais on n'est pas plus avancés.

-On passe à côté d'une évidence.

-Trouve-la.

Sonnerie de la porte.

-César.

-Leïla.

-Vous avez commandé pour moi ? -Ouais !

-Ce Goya, il existe, ça va.

Pas la peine de continuer à se raconter des fables.

-On a eu une matinée agitée, on aimerait déjeuner en paix.

-Vous allez perdre... et c'est magnifique.

L'autruche ne sort pas la tête du tas de sable.

-Pourquoi s'infliger ça ?

-On peut parler d'autre chose ?

Hein ?

-L'agressivité est inversement proportionnelle à la libido,

César.

Assumez vos désirs

pour une paix intérieure.

-Tu as l'antidote ?

-Arrête.

-Il faut que tu choisisses...

Ou bien elle se calme,

ou bien on la débranche,

on a assez de problèmes comme ça.

Désolé.

Une urgence.

-Ta pintade ?

-Je te la laisse

avec plaisir.

Mesdames.

Bon appétit.

-Ca va ?

-Ca va.

-Voilà.

5 semaines dans la flotte, c'est pas joli.

C'est lui que vous avez vu tomber ?

-Difficile à dire.

Possible.

-Si, si, c'est lui.

Et le sac ?

-Il avait un sac ?

-Oui, il avait un sac à dos en cuir noir.

-C'est important pour vous ?

-Sans doute plus que pour lui.

*-C'est quoi, ce bordel ?

*J'ai reçu un appel de Texier qui me demande de signer pour Trémeau.

*J'ai joué au con, je lui ai demandé pourquoi je devais faire ça

*alors que j'allais signer pour Francoeur.

*"C'est mieux, un candidat dans notre famille politique."

-Merci de m'avoir prévenu.

C'est important que tu puisses signer pour Paul.

*-Bien sûr que je vais signer !

*Simplement, elle est en train de préparer sa candidature.

*Elle va vous la faire à l'envers.

-Vous nous dites que vous passiez tous les jours dans ce couloir.

Vous avez grandi dans cette maison.

C'est particulier un Goya. -Sans doute, oui.

-Depuis 20 ans, vous voyez ces tableaux dans la maison de famille.

Non ?

-Je peux pas vous dire, je me souviens plus.

-On va faire en sorte que vous vous souveniez.

-Vous connaissez la peinture de Goya ?

Vous sauriez reconnaître sa peinture d'un autre peintre ?

-Je sais pas. -Si ! Là.

Goya a un style particulier.

Il y a un tableau qui pourrait y ressembler ?

Peut-être que vous l'avez vu sans savoir que c'était un Goya.

-J'y arrive pas. J'y arrive pas, je...

Je sais pas ce que je dois dire ou pas, cacher ou pas. J'invente ?

Je sais qu'il existe ce tableau. Alors je dis quoi ?

-Ce serait mieux qu'il n'existe pas mais il existe.

-Demain, je viens pas, j'arrête. -Ca n'arrangerait rien,

il y aura quand même une enquête.

-Si, j'arrête. -Non.

Ca ne ferait qu'ajouter du désordre au chaos et, vraiment,

on n'a pas besoin de ça.

-Ce qui compte, c'est que je dise pas de conneries jusqu'au 1er tour.

-Tu sais bien... -Attends.

On se connaît depuis longtemps.

Tu sais à quel point il y a des choses qui rentrent en compte.

Il faut pas que je fasse trop de vagues mais la mémoire de ma mère ?

Le scandale, la vérité, tu t'en fous ?

-On est là pour t'aider. -J'essaie de régler les problèmes

un par un et, en ce moment, la liste est longue.

Mais on va trouver une solution.

-OK, alors je dis quoi ?

J'invente ce tableau ?

Je suis censée dire qu'on est amateurs d'art

dans la famille et je sais pas reconnaître un Goya ? Ridicule !

J'ai l'impression que tout repose sur moi.

Si je foire cet interrogatoire, la campagne est foutue en l'air,

la famille est détruite, ce qui reste de la famille est détruit,

c'est ça ? Moi, je veux pas

porter tout ça, je peux pas.

Ca peut pas être que moi

qui porte tout ça sur mes épaules.

-Bon, t'inquiète pas.

On va faire autrement.

-Le concept,

c'est d'alimenter le Francoeur bashing

pour fabriquer de l'empathie. -Voyons ça.

-Un handicapé à l'Elysée ! *Roulement de tambour.

*...

*-Ah !

-T'as eu l'idée tout seul ou vous étiez plusieurs ?

-On cherchait une diversion.

-C'est nos méthodes, ça ? -Non.

-Personne remontera jusqu'à nous. -On a déjà entendu

cette phrase.

-Vu la situation, il va falloir prendre des risques.

-J'aurais préféré

ne pas le savoir.

-C'est humiliant. -Ce qui nous intéresse,

c'est la réaction, l'empathie !

*-Ah !

*Ah !

-On y va.

-Tout le monde fait confiance à Paul,

mais on nous pose des questions. -Que veux-tu savoir ?

-Vous avez déposé plainte ?

-Oui, conjointement.

-Ah ! -Paul veut que la lumière

soit faite. -On en a tous besoin.

-Comme on a déposé plainte,

on a désormais accès au dossier. Il n'y a pas grand-chose

à ce stade, on pense à une manipulation

par une officine étrangère.

-Rien d'inquiétant donc ?

-Exactement.

-Tu racontes n'importe quoi. Les députés sont très inquiets.

Tu sais ce qu'on dit ? Qu'ils soutiennent un tricheur.

-Donc Paul veut être transparent.

-Il a intérêt à être rapide aussi, sinon son score sera transparent !

-Et les parrainages ?

-On en a plus de 2 000, ça rentre comme il faut,

même si sur le terrain, tout le monde ne joue pas le jeu

avec l'enthousiasme nécessaire. -Ca ne se décrète pas.

Il faut le susciter, mais dis-moi si tu veux un coup de main,

on reçoit beaucoup

d'appels. -Merci, c'est précieux.

-Vous allez donner les investitures après le 2nd tour ?

-Oui, tout le monde doit faire campagne.

L'heure n'est pas aux négociations d'appareils.

-Il est plus simple de faire campagne quand on est candidat,

je ne parle pas pour moi. -Tu parles pour qui ?

-Marie-France, on parlait...

-J'imagine bien de quoi vous parliez.

Je suis moi-même très préoccupée. -Il n'y a aucune raison

d'accélérer le calendrier des investitures.

Ce serait revenir sur la parole du patron, dire qu'il y a un problème.

-Un problème ?

César !

Il n'y a pas un problème, il y a des problèmes.

Et en cas de problème, le candidat doit trouver des solutions,

faire bouger les lignes.

-En agitant la menace

d'une candidature alternative ? -Une menace ou un espoir.

-On sait tous qu'une candidature rivale nous serait fatale.

-On est beaucoup à s'inquiéter

d'être balayés par une défaite et je dois protéger le parti.

Paul doit reprendre la main et vite.

-Personne ne songe à affaiblir personne.

Je suis la 1re à souhaiter la victoire de nos idées.

-Ca passe par celle de notre candidat.

-On est loin du compte.

Les investitures ne doivent plus être une source de tension.

-Revenons au calendrier historique.

-C'est quoi là ?

Un pacte de non-agression ?

Les investitures contre votre soutien ?

-Un pacte de mobilisation.

Voilà.

-Vous connaissez déjà sa réponse. -César. César.

Je crains que Paul n'ait plus le choix, tu dois lui dire ça.

-Je transmettrai, Marie-France.

*-Ah !

*Ah ! Ah ! Ah !

-J'ai combien de signatures pour les parrainages ?

-1 387. J'en attends une centaine d'ici demain et après-demain.

Francoeur, lui, en a 2 500. On est à la croisée des chemins.

Et vendredi 18 heures, c'est clos.

-Parfait !

-Vous avez toutes les cartes en main.

On dépose ?

Vous pensez que c'est le bon moment ?

-Pile, je gagne. Face, il perd.

-Dis au petit César que je veux voir son patron samedi matin.

-Ce sera fait.

-On a quoi d'autre ?

-Un dernier point que je voulais évoquer avec vous.

Ce sont ces chiffres-là.

-César ?

-Non. C'est toi qui me rappelles.

-Iris a déniché une perle.

-30 secondes.

-Avec nos vidéos, la parole s'est libérée sur les sites identitaires.

On a trouvé ça.

-Ca fait froid dans le dos, hein ?

-T'aimes la bière serbe ? -Je sais pas, jamais goûté.

-C'est le péché mignon des identitaires,

je vais te donner l'adresse.

Brouhaha.

...

-Bonsoir. -Bonsoir, je vous sers quoi ?

-De la bière serbe !

-Je vous sers une Ziveli. -"Diveli".

Vous n'êtes pas d'ici.

-"Ziveli". Ca veut dire "santé" en serbe.

-LES CHACALS CRAIGNENT

POUR LEUR PEAU.

HE, YA, OH !

CAR L'HEURE DES COMPTES VIENDRA BIENTOT.

HE, YA, OH, OH !

OH, OH, OH. AU CLOCHER,

NOUS METTRONS

CLAQUANT DANS LE VENT NOTRE FANION

SUR NOS EMBLEMES FACE AU SOLEIL,

HE, YA, OH, OH !

ET CES TRAITRES, NOUS LES PENDRONS.

HE, YA, OH, OH !

DANS LA NUIT

PARTENT NOS COMMANDOS,

HE, YA, OH, OH !

DEJA PARAIT L'ORDRE NOUVEAU.

HE, YA, OH, OH !

OH, OH, OH. AU CLOCHER...

-Je l'ai vu 3 secondes, mais c'est lui.

Je vais le retrouver.

-Tiens, le Major.

-Alors ?

-Bon !

Chaque votant a laissé une adresse IP,

une carte de paiement.

Et un 06 sur lequel il a reçu un code secret pour voter.

Ca, c'est les infos qui nous manquent.

-Elles sont dans le disque dur, on sait pas où.

Ou alors sur les serveurs

des sites hébergeurs,

mais pour avoir l'info, ça va nous prendre un siècle.

-Il y a un votant qui n'apparaît pas sur la liste des adhérentes.

-Cassius.

Le plus intéressant, c'est l'heure du vote : 13h54, 59 secondes.

-Juste avant le "shut down". Le dernier votant avant la panne.

-Cassius !

Avec un tel nom, je serais étonné de l'avoir croisé en meeting.

-Cassius, c'est peut-être un chien.

On en connaît, des chiens qui votent.

L'important n'est pas de savoir qui est Cassius,

mais de savoir qui l'a engagé.

-Excusez-moi, je vous rejoins.

J'arrive.

-Ah ! -Merck cherche

ses 500 signatures.

-Il manquait plus qu'eux.

Les centristes ont eu une idée. -Ils risquent de passer.

Donc, il nous reste 5 jours

pour éviter la candidature Trémeau et éviter la candidature Merck.

Il va falloir s'assouplir.

-Il y a du travail.

-On est loin de la campagne qu'on s'était racontés.

On subit tout,

on est même obligés de descendre au niveau de ceux qui abaissent tout,

qui abaissent la politique.

-Ecoute, on en est là.

Il faut utiliser les mêmes armes.

Sinon, on n'a aucune chance.

Le système est comme il est,

on va pas le changer. -Et pourquoi pas !

-Paul ?

On est en mode survie.

-J'y suis depuis 5 ans.

J'aimerais inverser la tendance.

-Je fais au mieux, mais je peux pas faire plus.

-Il va falloir !

Sois créatif.

-On va se mettre sur le côté.

Donne-moi ta main.

Allez, 1, 2...

Ca va ? -Hm.

-Tes appuis.

Equilibre.

Seul.

Tout seul, tout seul.

Bravo.

-Merci.

...

-Bonjour. -Bonjour.

-Tiens. Tu m'as demandé d'être créatif.

-Je suis arrivé à la même conclusion.

D'un coup, tu règles tout. -Mais le risque est maximal.

Tu serais prêt ? -On a rendez-vous pour déjeuner.

On va renverser la table. -On va déjeuner d'abord.

-Ca fait quoi d'avoir le même cerveau dans 2 boîtes crâniennes ?

-Ca fait presque peur.

-Vlad ? J'ai oublié mon téléphone dans la voiture.

-Ah !

-Je ne peux pas annuler son déjeuner avec "Paris Match".

-Il tenait à son déplacement de cet après-midi.

-C'est bon ? -On peut pas travailler comme ça.

-Improvisez.

-Ca fait des semaines que je ne fais que ça :

improviser ! -On en est tous là.

Aboiements.

-Ataï !

Assieds-toi.

Assis !

-Tu devrais goûter ce boeuf à la citronnelle.

-Je suis végétarienne. -Il te faut des protéines.

-Tu m'as invitée pour me parler de mes apports nutritionnels ?

-Non. Je t'ai invitée pour te parler de Matignon.

-Matignon ?

-Je voudrais qu'on forme un ticket.

-Pourquoi je monterais à bord du Titanic ?

-Il s'agit de manoeuvrer ensemble pour éviter l'iceberg.

-La double commande ne fonctionne pas.

La Ve République a été conçue comme ça et ça fonctionne.

-Quand on se tire une balle dans le pied, c'est involontaire.

-Dans 2 mois, il y aura un Président et un 1er ministre.

Si c'est pas nous, ce sera

les affreux d'en face. -Un ticket à l'américaine.

-Oui.

Voilà ! Scellé par un contrat de gouvernement.

-OK.

Je t'écoute.

-Je dois être au second tour. Je gagne,

tu es cheffe de la majorité, je perds, cheffe de l'opposition.

-La pièce à deux faces.

-Chut !

Si je suis pas au 2nd tour,

on coule tous les deux,

et t'auras rien que tes yeux pour pleurer.

On dira que tu as une grosse part

de responsabilité dans cet échec.

-Pas autour de cette table ? -Non.

Pas autour de cette table évidemment.

-Tu me proposes ce duo parce que tu es dans la merde,

parce que tu sais que les centristes vont y aller

et tu penses que j'ai les 500 signatures.

-Exactement.

-Il reste 3 jours.

J'ai encore rien décidé. -Bon, Marie-France.

Tu peux me faire perdre, je le reconnais.

Mais tu pourras pas gagner. Tu seras à 10 %.

-Quand tu auras vu ma liste de courses,

ta proposition ne sera peut-être pas

une si bonne idée. -Regardons ça en détail.

-Je sors.

Pause cigarette.

Je vais le faire danser.

-Tu peux refuser ses conditions mais

elle entre dans la danse.

-Voyez ses limites.

-Elle te demandera de reprendre les points compliqués de son projet.

-La fonction publique. -La justice.

-Elle voudra choisir

ses ministres. -A Matignon,

je peux pas avoir des ministres qui attendent que je trébuche.

-Puis, les investitures pour les législatives.

-Je veux maîtriser la majorité si j'en suis la cheffe.

Nos amis doivent avoir la majorité

dans la majorité. -Mes couilles sur un plateau.

-Elle est végétarienne. -Lui ne l'est pas.

-C'est à elle de parler.

Tu l'écoutes,

tu discutes. Si quoi que ce soit sort dans la presse...

-On démentira.

-On n'est pas d'accord sur tout... -On est d'accord sur rien.

-De toute façon,

elle va placer la barre haut. -Ils placeront la barre bas.

-Eh oui ! Les demandeurs, ce n'est pas nous.

-Objectif : poser les bases d'un accord ce soir,

lister les points difficiles,

décider demain et annoncer après-demain.

-LA SEULE QUESTION, C'EST : -QUI CLAQUERA LA PORTE EN 1ER ?

-Viens, on y retourne.

J'ai un truc qui va vraiment l'emmerder.

...

-Marylin.

On a proposé un ticket à Marie-France.

Contrat de gouvernement

à l'américaine. -Waouh...

-Si on signe, Paul l'annoncera demain au 20 heures.

T'organises ça ? -Je préviens France 2.

-Sans leur dire pourquoi. -J'avais compris.

-Hé !

T'en penses quoi ?

-Ne me demande

jamais mon avis sur un truc déjà décidé. Jamais.

C'est encore plus humiliant.

J'en pense que vous prenez un risque colossal.

-C'est bien ce que je me disais.

-Bon !

On n'a pas parlé des postes importants : les régaliens, Bercy.

J'ai besoin d'un fidèle. -Moi aussi.

Je suis sûr que tu veilleras à me proposer des gens acceptables

que je pourrais nommer.

-Ah non ! Ne me la joue pas sur le mode cohabitation.

J'ai besoin d'être sûre de mon ministre de l'Intérieur

et de mon ministre de la Justice. -Pareil.

Il faudra tenir compte des centristes qui voudront des circos.

-Les centristes ?

Tu veux aussi que

Merck retire sa candidature ?

S'il le fait, il voudra un gros ministère.

-Si je suis à l'Elysée et toi à Matignon, aucun ministère

ne sera gros, je ne suis pas inquiet.

-Et pour le reste ?

-Pour le reste ?

-Ton engagement à ne pas te représenter.

Il rit.

-Ah, parce que...

T'étais sérieuse ? -Tu en doutais ?

-Ecoute, Marie-France. -Oui.

-Ne me demande pas de renoncer par avance à chacune

de mes prérogatives.

-Tu peux faire un mandat.

-Ne viole pas l'esprit de notre Constitution :

"Nul ne peut exercer plus de 2 mandats

"consécutifs." Ca nous reviendrait dans la gueule comme un boomerang.

-Tu n'es pas encore Président,

mais tu as les réflexes. -Merci, Mme la 1re Ministre.

Mais dans mon cas, il y a une chose que je ne peux pas faire.

-Oui, laquelle ?

-Me lever de mon fauteuil...

et quitter la pièce théâtralement en laissant la porte ouverte.

Tu sais ce que je vais faire ?

-Non.

-Je vais rouler calmement vers la sortie.

*-Oui ? -Charlotte Corday.

-Bonjour, merci.

-Charlotte Corday, elle a sauvé la France en poignardant un salopard,

Robespierre.

-Merci.

-Bonjour, cher ami.

Prenez une coupe. -Merci.

-Bonjour. -Merci de m'accueillir.

-Je vous en prie.

-Corday, c'était le nom de code de l'attentat du Petit-Clamart contre

de Gaulle ? -Ca aurait pu changer l'histoire.

-Dans certaines situations, aucune collaboration n'est possible.

"Restez debout dans l'azur."

-Vous avez des lettres, c'est bien. Vous me plaisez !

-Merci.

-Je vais vous présenter une amie. -Très bien.

Bonsoir, messieurs dames.

Bonjour.

-Enchantée. -Enchanté.

-A qui appartient ce charmant sourire ?

-Frédéric Garcia.

-Il cite Maurras comme il respire.

-Je suis tombé dedans, petit. -Je vous laisse.

-Vous en voulez un aussi ?

-Immense plaisir !

-Moi, je sais ce que je fais là. Mais vous ?

-Tout m'intéresse...

et ils m'adorent.

En plus, ils ont du tarama au corail d'oursin.

Vous venez goûter ?

-Sans façon, non.

-Oh, mais si... Frédéric !

-Excusez-moi.

-Je cherche un jeune gars assez mince,

fuyant, cheveux courts, châtain clair,

une grosse cicatrice au front.

...

*Crépitement du feu.

*...

*-Voilà, César, ce tableau n'existe pas.

*...

...

-Ils revenaient d'un anniversaire.

Inès n'aimait pas conduire.

Mais Paul avait un peu bu,

alors il a insisté pour qu'elle prenne le volant.

Moi, je suivais, derrière.

*Musique rock.

*...

...

Embrasement.

...

Chuchotements.

...

-Ou sinon, on fait pleine page

avec celle-ci.

-C'est fait.

-Il faut que je sorte. -Bernadette, stop !

*-Arrêt d'urgence.

*Ouverture portière droite.

Il vomit et tousse.

...

Téléphone.

-Oui, allô ?

*-Tu es où ?

-Bazancourt. *-OK.

Quoi ? *-T'es OK.

-OK pour quoi ? *-T'es d'accord...

Tonnerre.

...

*Voix de la voiture en japonais.

-Ca va ? -Ca va ?

-C'était dingue.

-Texier vient de m'appeler. Téléphone.

Marie-France valide le ticket.

-Y compris le 2e mandat ?

-Ouais, c'est plus un enjeu, il n'y a plus qu'à signer.

J'ai eu peur.

-Quel aller-retour foudroyant ! -Excellent.

-Ca va sinon ? -Oui.

-Voilà les contrats pour le ticket, je crois que tout y est.

-Tu appelles les juristes ? -C'est fait.

-Quand voit-on Marie-France ?

-Dans moins de 2 heures.

-On passe dans la VIe République,

on dirait. -Ouais !

Prêt ?

-Prêt.

-Ma grand-mère disait :

"Quand tu dînes avec le diable, prends une grande cuillère."

Mon problème, c'est que le patron est venu avec une cuillère à café.

-Vous prenez toute la place. -Oui. Là, tu n'as pas paraphé.

*-Ouverture portières.

-Rentre te reposer, tu couves une crise.

-Non, je viens.

-T'es bouillant.

-On va réussir à se passer de toi, Bernadette va te raccompagner.

-Ecoute le patron.

*-Votre ceinture, César.

*-Bonsoir, Paul Francoeur. Beaucoup d'électeurs s'interrogent.

*Le dépôt de parrainage est clos.

*Vous restez le seul candidat de votre famille politique ?

-Oui, je vous le confirme.

-On dit que Trémeau avait engrangé des centaines de parrainages.

-Elle a fait le choix de l'union.

-On connaît votre pugnacité.

Où en êtes-vous de la campagne à 44 jours du vote du 1er tour ?

Toujours ce pouvoir de résilience ? -Je suis d'abord l'homme

d'un projet et, ce soir, j'aimerais vous annoncer

une initiative majeure.

J'ai décidé qu'en cas de victoire,

Marie-France Trémeau serait nommée à Matignon.

-Doucement. Doucement.

Hé ho ! Plus doucement que ça.

*-Je pense que la France

*a besoin de nouveauté et ce pacte l'est.

*-Schubert comme d'habitude ? -Comme vous voulez.

*...

*-Où souhaitez-vous aller ?

-Vous pouvez me déposer chez Mukki ?

*-Adresse inconnue. Pouvez-vous

*me la communiquer ?

-Chez Pinguet. *-Père ou fils ?

-Cassius ? *-Bien, monsieur. Arrivée

*dans 27 mn.

-Cassius, c'est le dernier votant. -Si Bernadette a mémorisé

Cassius, ça veut dire que le patron y est déjà allé.

Donc, toutes les raisons pour lesquelles je me suis engagé

à ses côtés reposent sur du sable.

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