Afrikaans
Akan
Albanian
Amharic
Arabic
Armenian
Azerbaijani
Basque
Belarusian
Bemba
Bengali
Bihari
Bosnian
Breton
Bulgarian
Cambodian
Catalan
Cebuano
Cherokee
Chichewa
Chinese (Simplified)
Chinese (Traditional)
Corsican
Croatian
Czech
Danish
Dutch
Esperanto
Estonian
Ewe
Faroese
Filipino
Finnish
Frisian
Ga
Galician
Georgian
German
Greek
Guarani
Gujarati
Haitian Creole
Hausa
Hawaiian
Hebrew
Hindi
Hmong
Hungarian
Icelandic
Igbo
Indonesian
Interlingua
Irish
Italian
Japanese
Javanese
Kannada
Kazakh
Kinyarwanda
Kirundi
Kongo
Korean
Krio (Sierra Leone)
Kurdish
Kurdish (Soranî)
Kyrgyz
Laothian
Latin
Latvian
Lingala
Lithuanian
Lozi
Luganda
Luo
Luxembourgish
Macedonian
Malagasy
Malay
Malayalam
Maltese
Maori
Marathi
Mauritian Creole
Moldavian
Mongolian
Myanmar (Burmese)
Montenegrin
Nepali
Nigerian Pidgin
Northern Sotho
Norwegian
Norwegian (Nynorsk)
Occitan
Oriya
Oromo
Pashto
Persian
Polish
Portuguese (Brazil)
Portuguese (Portugal)
Punjabi
Quechua
Romanian
Romansh
Runyakitara
Russian
Samoan
Scots Gaelic
Serbian
Serbo-Croatian
Sesotho
Setswana
Seychellois Creole
Shona
Sindhi
Sinhalese
Slovak
Slovenian
Somali
Spanish
Sundanese
Swahili
Swedish
Tajik
Tamil
Tatar
Telugu
Thai
Tigrinya
Tonga
Tshiluba
Tumbuka
Turkish
Turkmen
Twi
Uighur
Ukrainian
Urdu
Uzbek
Vietnamese
Welsh
Wolof
Xhosa
Yiddish
Yoruba
Zulu
- Ravanat ! Encore en route ?
- Les vieux mulets ne s'arrêtent pas.
- Vous aurez beau temps. Mais ce sera peut-être enneigé.
- Oh, ça me gêne pas, la neige fraîche.
- Les Grandes Jorasses ? La Verte ? Les Droites ?
- Laissez-moi vous conduire à ma fantaisie,
et vous verrez que Ravanat, à 2 jours de la retraite,
peut encore mener une caravane et en remontrer !
- Vous avez encore du coffre.
- La soixantaine dans 2 jours.
- Et pourtant toujours jeune.
- Oui, mais en bas,
ils ne plaisantent pas avec le règlement.
- C'est tout de même très amical à vous,
d'avoir organisé cette course pour me consoler.
Ma dernière.
Ma dernière de guide.
Tintements de cloches
...
- Un saut en vol plané, et on tomberait sur la ferme d'Aline.
- T'inquiète pas, Georges. Elle est chez les Servettaz.
- On était invités, nous aussi. - Oui.
Allez.
...
- On arrivera à la cabane vers 16 h.
C'est de la promenade, mais demain...
ou plutôt cette nuit... Vous vous en souviendrez, M. Hubert.
- Ravanat, Jean Servettaz pourrait croire que vous l'avez fait exprès.
- Exprès quoi ?
- Choisir aujourd'hui, le jour où il inaugure son chalet.
- Ils ne penseront rien du tout.
Trop heureux, le Jean Servettaz, de lâcher le métier.
- Belle montée, pour demain. - Ouais.
Mais il faudra partir de bonne heure.
Si le soleil chauffe, la neige va mollir.
C'est pas le tout, de monter.
Il s'agit de redescendre.
- Je saute ! - Non !
Prends ton temps, contourne la crevasse.
Saute pas ! La montagne, ça se traite pas
à la légère. - Ça s'apprend.
- C'est une responsabilité, une organisation.
- Salut. - Salut, Alfred.
Tu as fini ton engagement?
- Je pars dans 3 jours en Corse. On va boire un coup ?
- Ah, le bistrot, toujours le bistrot.
On quitte la montagne à cause du fémur en bouillie,
on se met bureaucrate et voilà le danger : le petit blanc !
Messieurs.
- Un guide pour le mont Blanc ?
-800, plus le porteur, 500.
- Nous porterons nous-mêmes.
- C'est le règlement. Pour la sécurité de la cordée.
- Ah...
Téléphone - Sacré téléphone. Permettez.
- Mais oui.
- Allô ?
Quoi ? Vous voulez Jean Servettaz ?
Le meilleur, quoi.
Et vous venez exprès de Norvège pour les Drus ?
Non, aujourd'hui, il n'est pas disponible.
Il fête l'inauguration de son chalet, de sa pension de famille.
- Jean Servettaz est notre camarade, notre maître à tous !
Et l'honneur de Chamonix.
Il nous a enseigné...
Non pas en parole, parce qu'il ne bavarde pas beaucoup,
mais en action, ça vaut mieux.
Au moment où il change de carrière,
je bois à sa santé.
Prospérité et longue vie !
Et à Marie, aussi. - BRAVO !
- À la tienne, Jean.
Applaudissements Tintement
- Votre amitié me va droit au cœur.
Les discours, c'est pas mon rayon.
Pas de mots, des actes.
Suzanne, fais monter 6 bouteilles. Celles du fond.
Les réservées des grands jours !
- BRAVO !
- À mon tour !
Je lève mon verre à mon neveu. - Silence !
Laissez causer l'oncle Paul.
- Pierre, dans les générations des Servettaz,
marque un changement d'orientation.
Il sera hôtelier, comme moi. Beau métier.
Pierre apprendra la profession dans les plus grands établissements.
Mais... il nous reviendra.
La pension de famille de Jean et de Marie aura servi de transition.
Moi-même, je me retirerai.
À ce moment, Pierre aura rencontré la jeune fille qui saura donner
son cachet d'élégance à l'hôtel Continental, que j'ai fondé.
Mais n'anticipons pas.
Je porte un toast à Pierre, à l'hôtellerie, au progrès...
- À la montagne, aux bouteilles décachetées !
- BRAVO !
- Ces aubergistes feraient des discours pendant une heure.
- Tu vas inaugurer la danse, avec Aline ?
- Oui, oui. Je reviens.
Air festif
-il y a rien à faire
contre la Boucle de Napoléon.
2 ans qu'elle est la reine des alpages.
- Ma Lionne leur donnera du fil à retordre.
J'attends encore 2 ou 3 saisons pour qu'elle ait sa pleine forme.
- La Boucle de Napoléon, aucune vache ne la fera caponner.
- On lui rivera son clou, à Napoléon.
Rendez-vous à Charamillon quand les bêtes choisiront leur reine.
Vous la verrez.
- C'est rustique. C'est propre, c'est gai.
Pas le grand confort, mais il y a une clientèle pour ça.
-8 chambres, dont 4 pour 2 personnes.
- Si t'avais commencé plus tôt,
t'aurais plus de foin dans tes bottes.
- Oh, je ne regrette rien.
Je n'ai pas dit mon dernier mot à la montagne.
Ici, c'est la chambre de Pierre.
- Si tu regrettais rien, tu n'aurais pas commandé à ton garçon...
Ils s'embêtent pas, en bas. Ça donne envie.
- Une minute. Je te rejoins, Paul.
Un-
- Je vais rejoindre Ravanat. - Pas aujourd'hui.
- C'est sa dernière de guide. - Et ?
Vous avez fait exprès de choisir aujourd'hui.
Le fils court la montagne pendant que le père est au chalet.
Tu veux me donner des leçons ?
- Personne n'y songe,
mais vous ne pouvez pas me le refuser.
- Ça ne servirait qu'à te donner de la rancœur.
- J'en ai déjà.
- Quand tu seras à l'école d'hôtellerie,
tu te ficheras de la montagne.
- Jamais ! Je l'aurai toujours sur le cœur.
Vous me prenez ma vie !
- La montagne, c'est une misère. Ne me raconte pas
tes niaiseries.
- Des "niaiseries" ?
Alors, votre honneur de guide,
votre carrière, ce sont des niaiseries ?
Mais pourquoi m'avez-vous élevé ici ?
- C'est le père qui commande. Tu obéiras, comme j'ai obéi au mien.
- Pour devenir un lâche ?
- Alors je suis un lâche car j'ai pris cet hôtel ?
- Vous avez fait vos preuves. - Assez, Pierre !
Tu ne seras jamais guide. C'est tout.
Tu devrais comprendre que c'est pour ton bien.
- Si on vous avait envoyé à 20 ans dans un hôtel,
auriez-vous accepté ?
- J'étais un imbécile. - Et vous êtes fier de l'avoir été.
J'étais fier de vous et de vos ascensions.
- Tu veux savoir pourquoi je te racontais toutes ces histoires ?
C'était pour te dégoûter.
Pierre, regarde l'oncle Paul, son hôtel.
Une belle succession.
- Je préfère la vôtre. - Non.
Sois raisonnable. Je ne faiblirai pas.
Je n'ai pas l'intention de te brusquer.
- J'ai encore du temps pour... - Bien sûr.
De loin en loin, en amateur, je ne dis pas non.
Allez, va rejoindre Ravanat.
- Pierre ! Où vas-tu, Pierre ?
Tu aurais pu ne pas nous quitter en sauvage.
- J'ai eu peur que tu m'en veuilles. - De quoi ?
- De pas résister.
On n'aurait pas pu te forcer, toi.
Aline, tu consentirais à devenir la femme d'un homme de bureau ?
D'un homme de la vallée ?
Qui ne risque rien ? Qui ne ramène pas l'air de là-haut ?
Non, hein ?
Quand je monte, je ne m'éloigne pas, au contraire.
La montagne et toi, je ne vous sépare pas.
Qui perd l'une... perd l'autre.
Aline, est-ce que je t'ai perdue ?
- Ne t'attarde pas, Pierre.
Va rejoindre Ravanat.
- Elles sont belles, hein ? - Oui.
On n'y songe plus dès qu'on arrive au pied.
Ah, demain, il y aura du bon boulot.
Ils verront que Ravanat n'est pas encore fini.
- J'ai débuté là avec Jean Servettaz.
- Je m'y suis trouvé il y a 25 ans. Et pas avec un Jean Servettaz, non...
Avec un sacré client qui m'a fichu la frousse.
La peur, c'est comme le vertige, il faut tous y passer.
Ceux qui disent le contraire, des menteurs ou des oublieux.
Pierre...
C'est toi, Pierre ?
T'as lâché les autres ? - Ça me durait, là-bas.
- Alors, demain, avec nous ?
- Avec vous !
- Bravo.
Musique majestueuse
- Oui, ils viennent de Norvège
exprès pour toi et pour les Drus.
Ils veulent absolument Jean Servettaz.
Ils insistent. Tu ne peux pas refuser.
Ah. Bon, j'en étais sûr.
Tu acceptes.
La dernière, bien sûr.
Ou l'avant-dernière. Entendu.
- Marie...
J'avais promis, mais j'ai le venin dans le sang.
On ne guérit pas en un jour. - Pierre aussi.
À son âge, si on t'avait obligé... - On aurait dû.
- Tu l'as pourtant laissé rejoindre Ravanat.
- Sans ma permission.
C'est la dernière fois. Malgré Aline...
- Une fille honnête et courageuse. Les certificats l'ont pas gâtée.
- Elle le mène par le bout du nez.
Et même si ça lui coûte, il faudra bien qu'il soit heureux.
On se tire de tout quand on a encore la jeunesse.
La montagne, comme du reste.
- Hein ? Ça paye de tout.
Mille journées comme ça, et je ne me suis jamais embêté.
Tenez, regardez.
Nos traces de pas sur le glacier.
Comme c'est loin, la vallée, les hommes, les trains...
Regardez ces crêtes, ces cimes, ces arêtes.
-Il n'y a que près d'elle qu'on peut être heureux.
- Allons, mes enfants, il faut pas flânocher.
Il faudra faire vite.
Quand le soleil chauffe, la neige mollit.
Je m'en vais tailler les pas. - Ça revient à moi.
- Si tu veux.
- Assure-moi, Georges. - Oui, vas-y.
Martèlement
- Attention, cailloux !
- Montagne pourrie.
Fais vite, Pierre.
- Gare-toi !
- Tiens bon, Georges.
- Les chemises blanches dans le tiroir de droite.
- Tu étais là ?
- J'aide Marie à ranger le linge. Qu'a dit le docteur ?
- D'ici un mois, Pierre sortira de la clinique.
Après, il partira en stage le plus tôt possible.
Pourquoi me regardes-tu comme ça ?
- Vous boudez contre votre cœur.
- Tu penses que je vais changer d'avis ?
- Vous ferez le malheur de Pierre.
- Ça ne te suffit pas ? Pierre, il y a 5 semaines.
Et aujourd'hui, Georges. - Des nouvelles ?
- La caravane le ramène.
Toute la nuit dans une crevasse. - Et le client?
- Mort de froid.
Après ça, vous ne comprenez pas ?
Marie, tu devrais lui expliquer.
- Ce sont les risques du métier.
- Tu n'aimes pas Pierre ?
- J'aime Pierre ! Est-ce que Marie ne vous aimait pas ?
Vous repartiez, elle vous attendait. Je saurais l'attendre aussi.
- Si tu l'aimais, tu ne le pousserais pas dans la bonne voie.
Tu l'aiderais à oublier.
- Je l'aime ici, là où il est né.
J'aime un homme de chez moi, de la montagne.
- Quand il aura une belle situation, tu feras pas la dégoûtée.
Mais vous n'êtes pas encore fiancés. - Pierre ne me quittera jamais.
- Tu lui mets ces idées dans la tête.
Je le regrette pour toi, mais Pierre partira.
- Je peux me lever ?
- Te lever ? Après la trépanation ?
Au bout de 3 semaines ?
Oh, pas de bêtises, pas d'imprudences,
si tu veux guérir complètement. - Complètement ?
Alors vous pensez que je retrouverai tous mes moyens ?
- Mais bien sûr, bien sûr.
- Vous me le jurez ?
- Les médecins ne jurent jamais.
Je t'affirme que, sauf complications, que je ne prévois pas,
tu guériras.
- Bonjour.
- Ah ! Bonjour, Aline.
Une visite pour le malade ? Rien de meilleur pour lui.
Et un livre ?
Sifflement
"Les Grandes Ascensions".
Pas de ça. Du facile, mais rien qui puisse renforcer son idée fixe.
Je garde Les Grandes Ascensions jusqu'à nouvel ordre.
- Docteur...
Je peux lui parler de Georges ? -Il finira par l'apprendre.
Mieux vaut éviter les cachotteries. - On a téléphoné
du bureau des guides. La caravane arrive avec le blessé.
- Chambre 26, à côté de Pierre. A-t-on avisé le chirurgien ?
- Oui. Il vient tout de suite.
- Aline, tu sais, ici, à la clinique, j'ai beaucoup réfléchi.
J'ai trouvé la force de résister.
Le père ne peut pas m'enlever ce que j'aime.
- C'est difficile de désobéir à un Jean Servettaz,
même quand on est soi-même un Servettaz, un têtu.
- Tu verras, Aline.
Tu n'es pas très confiante.
- À moitié.
- Et Georges, est-ce qu'il viendra, aujourd'hui?
- J'ai une mauvaise nouvelle à t'annoncer.
Georges est tombé dans une crevasse.
- Mort ? - Non.
On a pu le tirer, ce matin.
Seulement, il a passé toute la nuit là-haut.
La caravane le ramène.
- Georges, mon meilleur copain.
Va vite, tu me donneras des nouvelles.
S'il n'avait pas tenu bon, avec Boule...
Vas-y tout de suite.
- Où est l'ambulance ?
- Je ne sais pas. Elle va sans doute arriver.
- Ah, tu y as pensé, Aline.
Aline, ma pauvre Aline. Je suis fichu.
Les pieds gelés. Il va falloir m'amputer.
Un mutilé, une espèce de cul-de-jatte.
- Georges aujourd'hui, il y a un mois, Pierre.
- Le métier d'hôtelier, ça supporte l'infirmité.
Tandis que moi...
- La voiture est là.
- Ne désespère pas, Georges. Il y a des imprévus.
- À moins d'un miracle. - Ça arrive aussi, les miracles.
- Ah, tu t'y entends, Aline.
-Il faut se dépêcher de préparer le petit déjeuner.
- Et Pierre ?
- Parti voir Aline.
-Il trotte, maintenant. Il se remplume.
- Laissez-moi vous aider. - Pensez-vous !
- Ça m'amuse ! - Puisque vous insistez.
Brassez-moi cette crème. Pierre aime ça.
- Vous le dorlotez.
- Dame ! J'ai eu si peur, depuis 5 mois.
- Mais vous voilà rassurée. - Un peu trop, peut-être.
- C'est joli, cette neige.
- On ne sera jamais d'accord, là-dessus.
Quand c'est blanc, je pense à ceux de là-haut.
- Hé là ! Oh!
Hein ? Quelle bête !
- S'il l'excitait moins, elle serait moins hargneuse.
C'est un enfant, avec sa vache.
- On gagnera une fortune avec la Lionne.
- À moins qu'on ne se ruine.
Tu ferais mieux de t'occuper du toit de la grange.
- Le toit, je m'en charge. Pierre, qui est rétabli, m'aidera.
- Vous ? - Nous deux.
Avec ces souliers orthopédiques, bientôt, je pourrai danser.
Ne perdons pas de temps.
Tu viens ?
- Viens, Pierre.
Bravo, Georges !
-Il m'en bouche un coin, l'animal. Quand il est sorti, il y a 3 mois...
-il pouvait à peine marcher.
- Alors, hein ?
Reste là-haut, Pierre.
J'amène les tavaillons.
Musique inquiétante
- C'est le vertige.
La fracture du rocher t'a laissé des troubles.
Mauvais équilibre, méfie-toi.
Et plus de grandes ascensions.
De la montagne à vaches, de la neige, des courses faciles,
à condition d'être bien accompagné.
Et surtout : jamais en premier de cordée.
Tu pourrais lâcher d'un coup, sans prévenir.
C'est grave pour un guide, pas pour un hôtelier.
- C'est une conspiration.
Maman vous a parlé, le père et l'oncle Paul.
Je ne suis pas un idiot. Avant 2 mois, nous irons au Grépon.
- Tu bats la campagne, fiston.
Je ne suis de mèche avec personne. Je te conseille pour ton bien.
Voilà tout.
- Alors, incurable ?
- À ton âge, on ne sait jamais.
Peut-être que...
- Non, non.
Les médecins n'y connaissent rien. Il faut savoir par soi-même.
Au fond, c'est simple, de savoir.
- Il suffit d'une expérience.
Il suffit, une fois pour toute, de se pencher sur un toit.
Alors, on est fixé.
- Et si je tombe, tant mieux !
Musique douce
Musique inquiétante
- Il faut combattre, Pierre.
Il faut lutter.
Il faut se surmonter.
Musique dramatique
Musique douce
Musique dramatique
Il faut combattre, Pierre.
Il faut lutter.
Il faut se surmonter.
- Maintenant, tu es fixé.
Tu ne peux pas répondre d'un client.
Sa vie est un dépôt sacré. Tu ne seras jamais un vrai guide.
Un vrai guide...
- Quoi ?
Quoi, monsieur ?
Je ne suis pas un vrai guide ? Vous allez voir.
Tenez, monsieur, prenez cette corde.
Ce n'est rien, un petit passage.
Surveillez la corde, qu'elle ne s'embrouille pas.
Le vide ? Une rigolade.
Le vertige ? Ça se commande, monsieur.
Faites comme moi, de la volonté.
Voyez comme j'y vais.
Musique dramatique
Non. Non, fuyez, monsieur.
Je veux sortir de là ! Je veux sauver ma peau !
Attention, la montagne est folle ! Elle valse !
Non, monsieur. Faites comme moi.
À genoux.
Rampez.
Tombez, monsieur. Tant pis pour vous.
Un hôtelier, ça ne répond de la vie de personne.
Pleurs
...
- Alors ?
- Pas de nouvelles.
On ne l'a pas aperçu de la journée.
- Ça ne me trompait pas, cette nuit. J'ai peur.
- Peur?
- Depuis sa convalescence,
il n'a jamais parlé de l'avenir. Il refuse la conversation.
À 20 ans, si on avait voulu t'enlever à la montagne,
tu aurais fait quoi ?
- Ah, toujours mes 20 ans... J'étais fou. Oui, prêt à crever.
Nous le sauverons, va.
Un peu de colère, de rancœur sur le moment.
Plus tard, il nous en sera gré.
- Ah, c'est toi, Pierre ? Tiens...
Pierre, qu'est-ce que tu as ?
- Aline, je...
- Pierre, tu me caches quelque chose.
- Mais non, au contraire.
Tout ce que je t'ai dit avant, ça ne compte pas.
La montagne, j'en ai assez.
Elle ne me possédera pas.
C'est le père qui a raison. Hôtelier...
Je serai hôtelier, ça risque moins.
- Pierre, qu'est-ce que tu as ? Tu parles sans suite.
Et ton regard qu'on ne saisit plus. Explique-toi.
- Mais je n'ai rien à expliquer !
Je change de métier. Que veux-tu de plus ?
- Pierre...
Pierre !
- Vous m'en direz des nouvelles.
- Aussi expert en vin qu'à l'escalade.
- Vous vous y intéressez ? - Du bas de mon rocking-chair.
Ou en téléphérique, à 25 centimes le mètre de dénivellation.
- Papa.
Pierre vient de rentrer.
- Tout va bien ?
- Et une bouteille. Une vieille.
- Un moment, Pierre.
J'ai mon gigot, là, et puis mon riz qui peut s'attacher.
- Une résolution comme celle-ci, ça s'arrose.
La porte s'ouvre.
Père, vous serez content.
Je me range aux conseils de l'expérience.
Pierre Servettaz, le fils de Jean, le guide,
a décidé de devenir hôtelier.
Maman, 3 verres, pour trinquer.
Que vous arrive-t-il ? Ça ne vous fait pas plaisir ?
- Avec tes façons de te venger...
- Ils croient que je leur en veux. - Change de ton.
Cette manière d'insulte.
Que tu m'en veuilles un peu, au fond de toi, je l'excuse.
Mais il y a des limites.
Je n'admets pas... - Calme-toi.
Vous allez vous disputer parce que vous êtes d'accord ?
- Georges, tu seras mon poulain.
J'ai le temps, maintenant que je suis à la retraite.
Je vais te rééduquer, moi.
D'abord,
des exercices simples. - Vous croyez que je...
- Sans doute. Reste pas
le bec en l'air.
Ils t'avaleraient ta part.
Quelles belles inventions, tes chaussures orthopédiques.
Mais le courage, ça vaut toutes les orthopédies du monde.
- Pour retaper
un homme, vous n'avez pas votre pareil.
Si, une pareille : Aline.
Dommage que...
- Bientôt, tu entreprendras des courses plus difficiles.
- Dites donc... - Tiens, Luc !
- Vous savez la nouvelle ?
Pierre s'embarque.
- Sans prévenir personne ?
Sans dire adieu ? - Pas même pris congé d'Aline ?
- Parti tout seul, avec son baluchon, comme un pestiféré.
- Depuis sa trépanation, il avait changé.
C'était un autre homme.
Un étranger.
Musique mélancolique
- Allô ?
Il parle espagnol. Oui. L'hôtel Alcazar.
Bien.
Rien de libre avant le 10, monsieur.
Oui, oui.
Bien. Une chambre pour deux personnes.
À quel nom ? Angeleti ?
Bien, monsieur. Merci.
Une note pour Lady Wilcox. Elle prend le bateau ce soir, à 18 h.
Enlevez-moi cette affiche.
Ça fait agence de tourisme.
- Bien, monsieur.
- Vraiment, j'en reviens pas.
C'est inespéré. - La laine s'embrouille.
Pense à ce que tu fais.
- Une course moyenne ne m'effraie pas.
J'ai réussi l'aiguille du Plan.
Je vous dois une belle chandelle, à Ravanat et à toi.
Mes anges gardiens.
- Ne rêve pas tout haut, Georges.
- Aline, tu te souviens du bureau des guides ?
Tu es venue pour mon accident
et tu m'as dit : "Ça arrive, les miracles."
- Oui.
Pierre m'avait envoyée
pour avoir de tes nouvelles.
- Ah, c'était Pierre...
Les miracles, il y en a qui n'arrivent pas.
- C'est ça, les miracles.
Cloches - Oh, là ! Oh !
- Attends.
...
Tu vas finir par la rendre dangereuse.
- Pour la Boucle de Napoléon.
- Laisse-la tranquille.
- Regardez-la. Elle est en pleine forme, ma Lionne.
J'y miserais la prunelle de mes yeux.
...
- Monsieur trouvera tout dans le petit salon.
- Merci.
Pierre !
Je ne pensais pas vous trouver à Paris.
- Vous me vouvoyez ? Ai-je donc tant changé ?
- Ma foi, 2 ans sans te rencontrer...
Te voici citadin ? Tu as minci.
- C'est les collets.
- Moins étoffé, moins athlétique, évidemment.
- Puis-je vous inviter ?
2 whiskies.
- Pour moi, un quart Perrier.
Tu ne buvais pas d'alcool.
La condition physique commande la sobriété.
- Oh, la condition physique d'un hôtelier...
- Tu n'es pas retourné à Chamonix ? - Non. Ça vaut mieux.
Et vous ? - J'ai pas manqué une saison.
Quelques ascensions avec ton père. Il ne dételle pas.
Ta mère grogne un peu.
- Monsieur Pierre ? - Oui ?
Le 127 se plaint du phonographe du 128 qui l'a réveillé,
et comme c'est un grincheux, je n'ose pas...
- C'est bon, je parlerai au 128.
Et Georges et ses pieds gelés ? -Il fait des progrès.
Il se rééduque avec l'aide de Ravanat.
Il est capable d'accomplir le prodige de redevenir porteur.
Il faut ajouter qu'Aline Lourtier l'a bien aidé.
T'écrit-elle, parfois ?
- Oh, Aline...
Celle-là, pourvu qu'on grimpe la montagne...
- Au-dessous de 2 O00 m, le monde n'existe pas.
Veux-tu dîner avec moi, un de ces soirs ?
Tu as besoin de te détendre. Tu me sembles cadenassé.
Je suis l'élève de ton père, un peu ton grand frère.
- Demain, si vous voulez, j'ai congé.
Musique de cirque
- Quelle souplesse.
Roulement de tambour
...
Musique inquiétante
...
- Je peux pas...
Venez, venez !
Applaudissements
...
Vous êtes un peu pour moi comme un frère.
Vous comprenez, je n'ai rien révélé à personne.
Pas même à Aline.
J'ai honte de ça comme d'une lâcheté.
Ça me rendait mauvais, surtout contre mes proches.
- Qu'est-ce qu'il y a, mon vieux ?
- J'ai le vertige.
Oui, depuis mon accident.
J'ai essayé, mais j'ai pas pu me surmonter.
La montagne ne voulait pas de moi, je l'ai quittée.
Vous pouvez pas savoir comme j'ai souffert.
Et seul, toujours seul...
Ça fait du bien, de se confier.
- Ça se guérit. - Non.
- Si, il faut vouloir, comme Georges.
-Il n'y avait pas de honte, dans son cas.
- D'abord, plus de whisky. Ça, tu me le jures.
Et ces migraines ? - Passées.
- C'est bon signe ! Demain, tu commences.
Viens avec moi au gymnase.
L'hiver, je m'entraîne. C'est convenu ?
Je veux pas de l'obéissance mais de l'élan.
Et au printemps, à la transhumance, tu rentres rétabli.
Il ne serait pas décent que les amis, Aline et la montagne
te revoient dans l'état où je t'ai trouvé.
Tintements de cloches
...
- Salut, Fernand. Charette est en forme ?
- Pleine forme !
- Elle aura du fil à retordre. J'ai vu passer la Boucle de Napoléon.
Il l'a droguée. Elle avait les yeux rouges.
- Ma Lionne ne cane devant personne.
- Aline !
Aline...
- Pierre.
Pierre, c'est toi ?
- J'étouffais, là-bas.
Tant de mois sans... - Pierre.
Moi aussi, j'ai...
Alors, tu ne m'avais pas complètement oubliée ?
Tu pensais à moi quand tu avais le temps ?
- Toujours, Aline. Même quand je croyais m'en empêcher.
- Tu m'avais si mal quittée, la dernière fois.
Comme si tu m'en voulais.
- Je ne pouvais pas te dire.
- Pierre ! Pierre !
Il y a Pierre qui est revenu !
- Le jour où on l'attendait le moins.
- Un peu pâle seulement.
- Les couleurs lui reviendront avec la saucisse du grand-père !
- Et toute la bande des copains.
Tintements de cloches
...
- La Douce, à Roger, 4 ans.
La Blanche, à Poulard, 5 ans.
- La Noiraude, du troupeau d'Alfred, 3 ans.
- Non, 4.
- Bon, bon.
...
- Hein, Pierre ? C'est beau, hein ? Ces bêtes ?
Une race qui vivait sauvage
au pied des glaciers.
Demain, ma Lionne sera reine. Elle conduira le troupeau.
À l'automne, elle le ramènera dans la vallée pour l'hiver.
Les bêtes ont leurs lois.
- Alors, il y a pas d'amateurs ?
Contre la Boucle de Napoléon ?
Non ?
Et par là ? Il y a pas de preneurs ?
Ah. Vous avez peur, hein ?
Allez ! Qui donc ?
Une, deux... - Hé !
Pas si vite, Napoléon.
- Alors ?
Il y a personne ? - Si, moi. Je tiens le pari.
500 francs. - Oh ! Le petit orgueilleux !
Le grand dépensier ! Tu veux dévorer ton bien ?
- Ma Lionne va massacrer ta bourrique à cornes.
- Tu vas manger la ferme.
- T'es pas fou de miser ça ?
- T'as encore 2 minutes pour t'en dédire.
Je veux pas t'escroquer. - Je ne me dédis pas.
- As-tu demandé son avis à ta vache ? Elle a plus de raisonnement.
- Je mise aussi 500 francs. - Tu perds la tête, Pierre.
- J'appuie les chances de la Lionne. Tiens.
- Moi aussi, Jacinthe.
500 francs. -500 francs !
Georges, t'es amoureux !
-3 fois 500 francs. Ils m'en font cadeau.
Je prendrai plus un sou, même si on me supplie,
un cierge à la main.
Je suis pas un voleur.
- J'ajoute encore 500 francs. - J'en veux pas !
- Tu flanches. - Moi ? Oh, blanc-bec !
Prends-les. 3 gros billets pour la Boucle.
Ma parole,
vous vous cotisez pour me rendre riche !
Tintements de cloches Beuglements
...
Brouhaha
Je lui donne 15 minutes, à ta vache.
Et encore, je suis généreux.
- Elle peut se battre toute la nuit. - Oui, que tu dis!
- Et ta façon de me quitter, Pierre.
Comme si tu m'avais subitement détestée.
- Tu ne pouvais pas comprendre.
- Jamais une carte, jamais un mot.
J'ai eu beaucoup de peine.
- Tu faisais pourtant un visage riant à Georges.
- Jaloux, peut-être ?
Ça m'aurait consolée de l'apprendre.
Georges a été si amical, si brave.
-Il t'aime. Tu ne l'as pas découragé. - Ni encouragé.
Devais-je le rendre malheureux pour te plaire ?
À toi qui m'as abandonnée ?
Mais te voilà revenu, Pierre.
Tu es là. Ça me suffit.
-Il faut que tu connaisses la vérité.
Un lâche, un froussard ne pouvait pas te parler.
-"Un lâche" ?
- Aline, je... Non.
Plus près de moi.
Là.
Je te dirai ça tout doux.
Tout bas. Rien que pour toi.
Tintements de cloches
...
- Et d'une !
- La finale, ce sera la Boucle et la Lionne.
- La Lionne sera fatiguée.
- Elle a la jeunesse.
- Et la Boucle a l'assurance. La domination.
- Vous verrez ce que je vous dis.
Les bestioles ne se frotteront pas à la Boucle.
La Lionne aura 3 fois plus de combats.
- Elle a pas de chance de gagner.
- Le pauvre... - T'as vu Pierre et Aline ?
- Ici, il s'agit pas d'amourette, mais de combat de vaches.
- Aline ?
Aline ?
- Si tu m'avais parlé tout de suite, Pierre, je t'aurais aidé, moi.
Ça me revenait de droit.
As-tu déjà travaillé avec M. Hubert?
- Oui, au gymnase. De la frime.
Mais devant le véritable... Je ne me sens pas trop fier.
- C'est un commencement, pourtant.
Et puis peut-être que cette maladie, ce n'est qu'imaginaire.
Tu en es guéri sans le savoir. Hein, Pierre ?
Alors je t'entraîne ? Je suis ton Ravanat ?
- Un Ravanat qui a la peau douce.
Qui ne sent pas la pipe, mais la fleur.
- Qui a moins d'expérience.
- Ça se compense, à mon goût.
Tintements de cloches
...
- Allez ! Vas-y !
Allez ! Vas-y !
Vas-y, ma poulette !
- Tu vas déranger l'engagement. - J'ai le droit !
- Non ! - Quoi ?
Cris d'encouragement
Elle caponne, ta Lionne, hein ?
Vas-y.
- C'est aux bêtes de décider, pas à nous.
- Ça me regarde. - Et moi ?
Beuglement
- Allez, allez.
Vas-y. - Tu m'en imposeras pas !
- Va donc, grande bringue ! - Nabot !
- Je n'ai pas peur de toi.
- Je vais me fâcher, moustique. - Répète ça.
- C'est une bataille de vaches. - De cornes pas de poings.
- Regardez !
- Vas-y, ma poulette. Allez, fonce ! Fonce !
- Allez !
Allez, vas-y !
Allez, fonce !
Écorne-la !
Cris d'encouragement
- Allez. Allez, vas-y, ma poulette.
Allez !
- Mais fonce !
- Allez, fonce ! Fonce !
Cris de joie
...
- Je vous avais bien dit que la Lionne gagnerait.
J'ai du flair, moi.
- Tu m'as déshonoré.
Musique joyeuse
- Alors Pierre, tu traînasses ?
- Si jamais il t'arrivait un malheur, c'est moi qu'on rendrait responsable.
- Alors tu n'es pas décidé ?
Tant pis, je pars.
- Aline !
Musique dramatique
Attention, Aline !
- Dépêche-toi, Pierre ! Dépêche-toi !
Arrivée. Tu peux suivre.
Pierre, sans toi, je crois bien que je lâchais.
Tu vois que tu peux monter.
- Non, non, je peux pas. Je ne pourrai jamais.
C'est parce que tu étais en difficulté.
Et après j'ai eu peur.
Peur, tu entends ?
Aline...
- Madame Servettaz.
Je pourrais déjeuner à 11 h ? J'ai un train à 12 h 10.
- Je vous ferai une omelette. - Entendu.
- On vous attendait depuis une quinzaine.
- Les affaires. - Mon mari s'inquiétait.
- Oui, il me l'a dit. Et ses bonnes dispositions ?
-Il promet toujours. Serment d'ivrogne.
Il a su en détourner son fils
et pas lui-même.
- As-tu vu les Ravours ?
Ravours du matin mettent l'eau au moulin.
Et regardez le mont Blanc...
- Tant que la Verte a pas coiffé son chapeau.
- Mais gare si elle se couvre.
- On continue ? - Oui, pour le moment.
-10 h 40.
Nous sommes dans les temps prévus.
Une prime si nous gagnons 30 minutes sur le tableau de marche.
- Allez.
-Il valait mieux me laisser là-bas.
Pourquoi venir me chercher, Hubert et toi ?
Pour mieux me désespérer ?
Elle tournait, la montagne.
La maladie ne pardonne pas.
- Mais tu pourras, Pierre.
J'ai été un mauvais entraîneur. Je t'ai trop brusqué.
J'ai eu une minute de défaillance. Il y a pas que toi.
Tu t'es lancé à mon secours.
- Parce que j'avais perdu la tête. Sinon, j'aurais renoncé.
- Mais tu t'es lancé tout de même. Je t'assure que c'est possible.
- Ça ne t'ennuie pas de faire la garde malade ?
- Ne dis pas de bêtises.
- La Verte ? - Oui.
Le chapeau.
Alors, demi-tour.
Dans 2 heures, l'orage sera sur nous.
- Et mon record ? - Dans 2 heures, il faut être en bas.
- J'ai payé pour aller au sommet des Drus.
- J'ai charge de vous ramener.
- Guide, j'ai fait les plus hauts sommets d'Europe.
Et je suis allé au bout.
Les guides ici auraient moins de cœur ?
- Compris.
Vous voulez y aller, on ira. À vos risques et périls.
En route. Si tu as des mitaines,
laisse-les dans ta poche.
Grondement du tonnerre
...
Musique dramatique
...
Souffle du vent
...
Grondement du tonnerre
...
- Formidable. Le record est battu.
Bourdonnement
- Ne perdons pas de temps ici.
...
Entends-tu des abeilles ?
...
Des abeilles qui bourdonnent ?
L'orage est sur nous.
Descendons en vitesse.
C'est un ordre. Vous les avez eus, vos Drus.
Vous nous avez fourrés dans de jolis draps.
Plus une minute à perdre.
Et cette crasse...
5 h là-dedans. Si on se retrouve, on aura de la veine
- J'ai eu des mots durs, mais je ne croyais pas que...
- Ça va, ça va. Plus tard.
Allez, c'est le moment.
Rafales de vent
...
Grondement du tonnerre
...
...
- Après le Grépon-Mer de Glace, il est redescendu par la même voie.
Il a passé la nuit à la tour Rouge.
Le lendemain, il faisait la dent du Géant.
- Boule, fais pas le modeste.
- Du boulot, ça ! Et le mauvais temps ?
- On a eu plus de chance que Servettaz.
- Te tracasse pas pour lui.
Il a remisé son client au refuge.
Il doit faire une belle chambrée, là-haut.
- T'as vu Pierre ?
- En balade probablement. Et bien rincé.
- Ça a pas l'air de s'arranger, là-haut.
Grondement du tonnerre
...
...
- On est complètement en dehors du passage normal.
- On remonte ? - Trop tard. L'orage.
Avec des rappels, on s'en sortira toujours.
- Quel métier !
Risquer ses os pour des lubies. Si c'était... Si c'était à refaire...
- Oh, tu referais la même chose. Un beau métier !
Je n'aurais pas dû empêcher Pierre.
C'est bizarre que cette idée me vienne maintenant.
...
Vas-y, Paul, laisse-toi glisser.
Bourdonnement
...
Souffle du vent
Grondement du tonnerre
...
À vous, maintenant. Allez.
Allons, monsieur. N'hésitez pas. Sautez dans le vide.
Activez, bon sang. Activez.
Bourdonnement
...
Souffle du vent
Grondement du tonnerre
...
Claquement de la foudre
-il faut descendre tout de suite.
- Mais vous êtes fou !
Mettez-vous là, à l'abri.
Allez, mettez-vous là !
Jean!
Souffle du vent
Grondement du tonnerre
...
Jean!
Jean!
J'y vais.
...
- Mais, Paul... Restez, Paul. Paul !
...
Souffle du vent
...
Il rit.
...
Il chante.
Souffle du vent
- Du beau travail, monsieur.
- Et l'autre ? - Foudroyé. Nous ne valons pas mieux.
- Si nous attendions ici, on viendra bien nous chercher.
- On retrouvera 2 blocs de glace. - Ah non.
- J'ai charge de votre sauvegarde.
Allez, ouste !
Il chante.
Est-ce que vous allez vous taire ?
Est-ce que vous allez vous taire ?
Il rit.
Taisez-vous !
...
Grondement du tonnerre
...
Il fredonne.
Vous tournerez dans le vide. Après, vous reprendrez pied.
Vous faites un pendule à droite pour atterrir sur la brèche.
Autrement...
Il chante.
Vous voulez me rendre fou ?
Allez !
Attention ! Attention !
Rattrapez le rappel, bon Dieu !
-"Service, 12 %." Voilà.
Maman, est-ce que M. Branet a eu une fine, aujourd'hui ?
Maman ?
- Quoi, Suzanne ?
- Pourquoi te ronger, maman ?
-Il est parti depuis 36 heures. - La tourmente a cessé.
- Le téléphone. - Mais non !
- Ça sonne. - Non, je t'assure.
Sonnerie de téléphone
- Oui, oui. Ici le bureau des guides.
Comment ?
Foudroyé ?
Et les autres ?
Oui. La caravane de secours ?
Comment est-ce, là-haut ?
Et le froid ? Oui.
Merci.
Je prends les dispositions.
- Salut, Brocherel.
- Hé, Pierre !
Pierre, il y a eu un accident aux Drus.
- Mon père... Il y avait que lui, là-haut.
- Foudroyé.
La caravane de secours est partie pour la Charpoua.
Mais c'est pas sûr qu'ils arrivent au sommet.
- Pierre.
Quoi, tu...? Les Drus, ce n'est pas encore possible pour toi.
- Possible ou pas, il le faudra bien. Il s'agit de mon père.
Je les rattraperai à la Charpoua. - Pierre.
- Tu m'as assuré que je pourrai. Tu ne vas pas te dédire ?
Toi, tu vas rejoindre notre mère. Tu resteras près d'elle.
C'est ton rôle, aujourd'hui.
Souffle du vent
...
- Dis donc. Ça souffle, dehors.
Demain, il fera froid aux Drus.
Avec ton infirmité, t'aurais pas dû venir.
- C'était un devoir, pour moi.
Depuis mon accident, j'ai réussi des courses difficiles.
- Atout ! Regarde, avant !
Tu joues comme un pied.
- Un peu plus, on perdait.
- J'ai plus d'atout.
- Vous avez pas...
- Qu'as-tu, Pierre ?
Où as-tu appris la nouvelle ?
- À la descente des Périades.
Par Jean Brocherel.
- Oui. Et ici, j'ai pu voir où la chose s'est passée.
Voilà les Drus.
C'est là, en dessous, à 20 minutes du sommet.
- En dehors de la voie normale ? - Oui.
Dans le brouillard, ils ont pas tiré sur la gauche.
- Mais comment ton père a pu s'aventurer si haut en plein orage ?
- C'est une position du diable.
Le sauvetage n'est pas commode.
Une montée où on risque gros. - On ira quand même.
- Nous, peut-être. Toi, tu nous attendras ici.
- Non, j'irai avec vous.
- Tu manques d'entraînement. - J'irai tout de même.
- Je ne te permettrai pas.
- Tu veux m'empêcher d'aller chercher le corps de mon père ?
- Demain matin, on décidera. Mais tu sais, ici, je commande.
En attendant, mange et bois un thé bouillant.
La montagne, ça ne se domine pas avec des bons sentiments,
des pieds gelés et des hôteliers.
- Ni avec des amateurs, n'est-ce pas ?
- Je ne pensais pas à vous ! Non, non.
- Excuse-moi, Marie. Il faut que je te quitte.
Mon hôtel, tu comprends.
Je reviendrai demain à la première heure.
Bonsoir.
- Pourquoi a-t-on empêché Pierre de suivre sa vocation ?
Il y aurait là-haut maintenant quelqu'un de qualifié. Un vrai fils.
- Mais il y a un vrai fils, mère.
- Merci, Georges. Tu es venu malgré ton accident.
- Toi aussi. - Ça ne se compare pas.
Ça respire bien ensemble, une équipe.
Sentir cette chaleur, c'est comme une consolation,
un soutien.
Ça vous ôte le dernier doute.
- L'amitié, vois-tu.
Moi aussi, dans ma peine, je ne pouvais pas tout avoir.
Aline...
la montagne.
Dormons. Demain, il y aura du boulot.
- Bonsoir, Georges.
- Bonsoir.
- Ce ne sera pas commode.
- Ne compterons-nous que sur la chance pour aller le chercher ?
- Que décidez-vous ?
- Ça risque d'être bouclé pour les Drus cette année.
- La saison prochaine, on ne pourra pas le retrouver.
-Il faut monter.
- Risquons.
Seulement, je vous avertis : ce sera dur.
Le corps est en dehors du chemin normal.
Arriverons-nous à passer ?
En tout cas, la caravane ne peut s'imposer la charge d'inutiles.
Ceux qui ne se sentent pas en forme, qu'ils restent au refuge.
Il y a pas de honte à cela.
C'est de la franchise et de la camaraderie.
- Je réponds de Georges, maintenant.
- Et Pierre ? Qui répond de Pierre ?
-Il doit vous accompagner. Personne n'a le droit de le retenir.
Il n'est pas dans ta responsabilité.
Quant à moi, je vieillis.
Il ne faut que des souples. Je vous attendrai ici.
J'ai plus de sagesse à renoncer
qu'à hasarder ma carcasse. - Je n'en doute pas.
Tu m'enlèves un poids du cœur.
Ne perdons pas de temps.
- Allez doucement et changez de tête de cordée.
Et surtout : pas de folies.
Jean Servettaz ne l'aurait pas permis.
Musique douce
- Jean Servettaz aurait commandé d'aller plus loin ?
- Vous êtes le chef.
- Laisse. C'est mon tour.
- Boule.
Mince, le passage. Il n'y a pas une prise.
Donne-moi le marteau et un piton.
Martèlement
...
- On n'a jamais trouvé ce passage. Il y a trop de risques...
Mais bon.
- T'es assuré ? - Oui, oui.
Vas-y.
- On va pouvoir passer.
Musique douce
- On ne passera jamais.
C'est de plus en plus dur!
- Assure-moi toujours.
- Des morceaux comme celui-là, je les referais jamais.
J'en ai plein les bras.
- On a tenté tout le possible.
Ils ont failli dévisser, à forcer le passage.
Ton père n'aurait pas consenti.
- Oui, vous avez tout fait. Mais c'est mon tour, maintenant.
- Méfie-toi, Pierre !
La musique s'intensifie.
- C'est de la démence.
- Le marteau et un piton.
Musique dramatique
Garce ! Elle ne bouge plus.
Je l'ai clouée.
- Vous entendez ces bruits ?
- Non, maman. Repose-toi. Dors un peu.
- Ces bruits...
- Ce sont les bûcherons dans la forêt.
- Non, non, autre chose.
Vous saurez ça aussi plus tard, par vous-mêmes.
Avec les années, les enfants, les mêmes peines, les plaisirs,
la même soupe mangée, le même sommeil...
La grande habitude.
On finit pour ainsi parler par ne plus faire qu'un seul.
- C'est bien, ce que tu as fait là.
Sans toi...
Ton père serait content.
Ton père est content.
-Il t'a pendu au cou la croix et le cœur.
Tu te prépares bien du tourment.
Épouser un guide et un Servettaz...
Enfin, les femmes de notre race...
On n'échappe pas à son sort.
- Mais vous avez eu du bonheur. - Oui, beaucoup de bonheur.
- J'ai comme un scrupule au moment de devenir guide.
Il avait l'air de commander, là-haut.
-"Commander..." Paul nous a répété ses dernières paroles.
- Oui. Il a douté de lui-même.
Ses commandements ne disaient pas la vérité de son cœur.
- Salut. Encore en route ?
- Salut. Faut bien.
- Te voilà guide, maintenant.
Il fera beau. À savoir si c'est pas trop enneigé.
- Ça ne me gêne pas,
la neige fraîche.
Musique joyeuse
Can't find what you're looking for?
Get subtitles in any language from opensubtitles.com, and translate them here.